Encyclopédie des sermons du Vendredi
Cette encyclopédie des sermons du Vendredi est un recueil de sermons du Vendredi dont le but est de renforcer la compréhension dogmatique et spirituelle chez les musulmans. Elle traite de sujets variés tels que : l’Unicité divine, l’éducation de l'individu ou la purification de l’âme, renforçant la conscience religieuse et contribuant à l'éducation de l'âme tout en orientant la société vers la vertu.
These files are generated automatically from the book's text; their layout may differ from the printed edition.
Encyclopédie des sermons du Vendredi
La Commission Scientifique de l’Association au service du Contenu Islamique en diverses langues
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Introduction
Louange à Allah, Celui qui nous a guidés vers Son droit chemin, et a fait de la piété un bouclier protecteur contre Son châtiment douloureux. Et que la prière et le salut soient sur notre Prophète Muhammad, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses Compagnons. Ceci étant dit :
A une époque où les situations fluctuent et où la communauté fait face à des défis successifs, émerge le besoin impérieux de la bonne parole qui illumine le chemin et accorde la guidée.
La chaire de la mosquée, de par son impact profond sur les âmes, demeure une source essentielle pour transmettre la vérité, guider les esprits et répandre la sérénité dans les cœurs.
Ces pages rassemblent des sermons du vendredi proposant des leçons doctrinales claires, des réflexions spirituelles profondes, des moments éducatifs pour renforcer les valeurs vertueuses, ainsi que des thèmes sur la purification de l’âme, pour l’assainir et l’élever.
Ce travail a été élaboré par la Commission Scientifique de l’Association au service du Contenu Islamique en diverses langues, en collaboration avec la Fondation pour la Prédication et la Sensibilisation des Communautés de Rabwah, convaincus de l'importance de diffuser ce précieux savoir.
Nous demandons à Allah (Élevé soit-Il) qu'Il fasse que cette œuvre soit sincèrement pour Son noble Visage, et qu'Il lui écrive l'acceptation et le bénéfice en ce monde et dans l'au-delà.
Que la paix et le salut d'Allah soient sur notre Prophète Muhammad ﷺ.
Titre du sermon
Le monothéisme est l'essence et le fondement de la religion.
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon, nous cherchons Sa guidée, et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille et ses Compagnons, et qu'ils soient salués de nombreuses salutations.
Vous qui avez la foi, craignez Allah comme Il le faut et restez-Lui fidèles jusqu’à votre dernier souffle. [La Famille d'Imrân, 3:102]
Texte du premier sermon :
Ceci étant dit :
Par conséquent, ô croyants, que chacun d'entre nous interroge sa propre personne :
Pourquoi Allah a-t-Il créé les cieux et la Terre, le Paradis et l’Enfer, révélé les Livres, envoyé les Messagers, établi les lois et prescrit le Djihad ?
Et quelle est la raison pour laquelle la création s'est divisée entre bienheureux et malheureux, au sujet de laquelle porte l'interrogatoire dans la tombe et au Jour de la Résurrection, pour laquelle ont lieu la dispute et le jugement, et en laquelle se fondent l'alliance et l'hostilité ?
La réponse se trouve dans la parole d'Allah (Élevé soit-Il) : Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. [Qui Éparpillent, 51 : 56].
C'est le monothéisme, qui est le droit d'Allah sur les serviteurs.
D'après Mu'âdh ibn Jabal (qu'Allah l'agrée), il était assis en croupe derrière le Prophète ﷺ, alors le Prophète ﷺ lui a dit : « Ô Mu'âdh ! Sais-tu quel est le droit d'Allah sur les serviteurs et quel est le droit des serviteurs sur Allah ? » Il a dit : « J'ai répondu : Allah et Son Messager savent mieux. » Le Prophète ﷺ a dit : « Le droit d'Allah sur les serviteurs est qu'ils adorent Allah sans rien Lui associer. Et le droit des serviteurs sur Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) est qu'Il ne châtie pas quiconque ne Lui associe rien. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Ô croyants...
Le monothéisme est l'origine de l'appel des Messagers et son fondement. Il n'est pas de Messager qui n'ait été envoyé avec le monothéisme. Notre Seigneur (Élevé soit-Il) a dit : À chaque peuple, nous avons envoyé un Messager pour les inviter à adorer Allah et à s’éloigner des fausses divinités... [Sourate An-Naḥl (Les Abeilles) - Coran : 16/36.]
Et Il a dit, Exalté soit-Il : Nous n’avons envoyé avant toi nul Messager sans lui révéler qu’il n’est de divinité en droit d’être adorée qu’Allah qui, seul, doit être vénéré. [Les Prophètes, 21 : 25].
Et le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Il m'a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah, qu’ils accomplissent la prière et qu’ils s’acquittent de l’aumône légale. S’ils font cela, leurs sangs et leurs biens seront préservés de moi, à l’exception de ce que l’islam exige. Et leur (compte) jugement appartient à Allah. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Et lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah le couvre d'éloges et le préserve) envoya Mou'âdh ibn Jabal (qu'Allah l'agrée) au Yémen, il lui ordonna de les inviter d'abord à l'Unicité d'Allah, le Très-Haut, et il lui dit : « Certes, tu vas te rendre chez un peuple des Gens du Livre. Fais donc en sorte que la première chose à laquelle tu les appelles soit qu’ils unifient Allah (Élevé soit-Il). » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Et il est bien connu - ô serviteurs d'Allah - qu'une construction ne peut se tenir droite sans base, ni une branche sans racine.
Le cœur et la base de cette religion reposent sur la parole du monothéisme : « Il n’existe pas de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah ».
L'acceptation de toutes les œuvres et les paroles, apparentes et cachées, repose donc sur la concrétisation de ce qu'implique cette parole sublime.
La signification de « Il n'y a d'autre divinité qu'Allah » est que l'être humain reconnaisse par sa langue et croie en son cœur qu'il n'y a aucun être adoré en toute vérité excepté Allah, Le Puissant et Majestueux. Quant aux divinités adorées en dehors de Lui, elles sont fausses et leur adoration est vaine.
Ceci exige que nous vouions une adoration exclusive à Allah (Élevé soit-Il), et qu'ainsi nous ne destinions rien de l'adoration du cœur, de la parole ou des actes à autre qu'à Lui (Puissant et Majestueux), et que nous nous désavouions du polythéisme et de ses partisans.
Allah, Exalté soit-Il, a dit : Vous avez un bel exemple en Abraham et en ses compagnons, lorsqu’ils dirent aux leurs : « Nous vous désavouons et vous renions, vous et les fausses divinités que vous adorez en dehors d’Allah. Inimitié et haine sont à jamais déclarées entre nous tant que vous ne croirez pas en Allah seul. » [L'Éprouvée, 60 : 4].
Et il relève certes de la compréhension erronée – ô serviteurs d'Allah – que d'interpréter la parole de l'Unicité (لا إله إلا الله) comme signifiant qu'il n'y a de Créateur qu'Allah et de Pourvoyeur qu'Allah, en l'isolant de l'Unicité de l'adoration
En effet, les mécréants et les polythéistes du temps du Prophète ﷺ ont reconnu cette compréhension, mais cela ne les a pas fait entrer dans l'Islam, ni n'a rendu leur sang et leurs biens inviolables ; Allah - Élevé soit-Il - a dit : Si tu leur demandes qui a créé les cieux et la terre, et soumis le soleil et la lune à Sa volonté, ils répondront certainement : « C’est Allah ! » Comment peuvent-ils ensuite se détourner de la vérité ? [L'Araignée, 29 : 61]
Et certes, les polythéistes, malgré leur ignorance et leur égarement, savaient que la signification correcte de cette parole était de vouer exclusivement à Allah tous les types d'adoration, puisqu'ils dirent : Va-t-il vraiment réduire toutes les divinités à un seul dieu ? C’est quand même assez étrange ! [Sâd, 38 : 5]. C'est-à-dire : Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu? Voilà une chose vraiment étonnante.
Ô Allah ! Guide-nous dans Ton droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs parmi les Prophètes, les Véridiques, les Martyrs et les Vertueux, et préserve-nous du chemin de ceux qui ont encouru Ta colère et des égarés.
"Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous."
Introduction du second sermon :
Louange à Allah, Seul, et que la prière et le salut soient sur celui dont il n'y a pas de Prophète après lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons. Ceci étant dit :
Texte du deuxième sermon :
Ô Musulmans :
Sachez que les créatures les plus parfaites, les plus nobles et les plus honorées sont les plus accomplies dans leur haute fidélité envers Allah ; et c'est à la mesure de la réalisation du monothéisme que résident la perfection du serviteur et l'élévation de son rang.
Et celui qui est le plus en droit d'espérer le pardon d'Allah est le monothéiste, comme l'a dit le Prophète ﷺ : Allah (Béni et Élevé soit-Il) a dit : " Ô fils d'Adam ! Tant que tu M'invoqueras et espéreras en Moi, alors Je te pardonnerai quoique tu fasses et Je ne M'en soucierai pas. Ô fils d'Adam ! Si tes péchés atteignaient la cime du ciel et que tu implorais Mon pardon, alors Je te pardonnerai et Je ne m'en soucierai pas. Ô fils d'Adam ! Si tu venais à Moi avec des péchés autant que la Terre et que tu Me rencontrais sans rien M'associer, alors Je viendrais à toi avec autant de pardon. " Rapporté par At-Tirmidhî (n°3540) et authentifié par le cheikh Al-Albânî.
Ibn Rajab (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit dans son livre *Jâmiʿ al-ʿUlûm wa-l-Ḥikam* : La foi en l'Unicité divine est donc la cause suprême ; en effet, quiconque l'a perdue a alors perdu le pardon ; et quiconque se présente avec sera assurément venu avec la plus grande des causes du pardon.
Le démon n'a aucune autorité sur le monothéiste : Ce dernier n’a en effet aucun pouvoir sur les croyants qui, à leur Seigneur, s’en remettent entièrement. [Les Abeilles, 16 : 99].
Et c'est en fonction du monothéisme du serviteur envers Allah que Sa défense envers lui augmente. Allah (Glorifié soit-Il) a dit : Allah protégera toujours les croyants contre leurs ennemis. Allah n’aime pas les hommes sans fidélité et sans foi. [Le Pèlerinage, 22 : 38].
Celui qui parfait le monothéisme d’Allah ; Allah le préserve des péchés destructeurs et des turpitudes. Allah le Très Haut dit à propos de Joseph (paix sur lui) : C’est ainsi que Nous l’avons préservé du péché et de l’infamie, il fait certes partie de serviteurs sincères. [Joseph, 12 : 24].
C’est en fonction du degré de monothéisme de l’individu et de la société que s’établissent la sécurité et la guidance. Allah, exalté soit-Il, a dit : Ceux qui croient sans entacher leur foi d’une quelconque iniquité... C'est-à-dire : l'Association / le Polythéisme voilà ceux qui sont en sécurité et bien guidés. [Sourate : Les Bestiaux, 6 : 82].
Et il ﷺ a dit dans ce sens : « Quiconque dont les dernières paroles sont : "Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah" entrera au Paradis. » [Rapporté par Abû Dâwud (n°3116), jugé bon par Al-Albânî].
Et il a dit (paix et salut sur lui) : « Quiconque rencontre Allah sans rien Lui avoir associé entrera au Paradis, et quiconque Le rencontre en Lui ayant associé quoi que ce soit entrera en Enfer » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit dans son livre [Madârij As-Sâlikîn] : Plus la foi d’un serviteur en l’Unicité divine est forte, plus le pardon d’Allah envers lui est complet. En effet, celui qui Le rencontre sans absolument rien Lui associer se verra pardonner tous ses péchés.
Nous demandons à Allah, Glorifié et Très-Haut, de nous faire vivre en L'unifiant, en Lui vouant un culte exclusif, et de nous protéger de toute forme de polythéisme, qu'il soit caché ou apparent, mineur ou majeur.
Ensuite, couvrez d'éloges et adressez le salut à celui qu'Allah vous a ordonné de couvrir d'éloges et de salutations.
***
Titre du sermon
L'unicité
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah, et nous n'adorons que Lui, ...en Lui vouant un culte exclusif et sincère, n’en déplaise aux mécréants ! [Le Pardonneur, 40 : 14]. Je Le loue, Gloire à Lui, et Le remercie, et je me repens à Lui et j'implore Son pardon. À Lui reviennent toutes les louanges, ici-bas comme dans l’au-delà. Il détient seul l’autorité et le pouvoir de juger, et c’est vers Lui que vous serez tous ramenés. [Le Récit, 28 : 70].
Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que notre maître et notre Prophète Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager, celui qui a protégé le sanctuaire du Monothéisme et a obstrué toute voie menant au polythéisme. C'est par lui qu'Allah a fait prévaloir Sa religion sur toute autre, n'en déplaise aux associateurs. Qu'Allah le couvre d'éloges, le salue et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons, les Successeurs et quiconque les suit en toute vertu jusqu'au Jour du Jugement.
Contenu du premier sermon
Serviteurs d'Allah :
Quelle est la raison pour laquelle Allah a créé les cieux et la Terre, le Paradis et l'Enfer, pour laquelle les Livres ont été révélés, pour laquelle les Messagers ont été envoyés, pour laquelle les peines légales ont été établies, pour laquelle les lois ont été légiférées, et pour laquelle le Djihad a été institué ?
Et pour quelle raison la création s'est-elle divisée entre bienheureux et réprouvés ; pour elle, l'Inéluctable s'est réalisé et l'Événement est survenu ; pour elle, les Balances de la justice ont été dressées, le Pont a été érigé, et le marché du Paradis et de l'Enfer établi ; pour elle, le Seigneur de l'univers a été adoré et loué ; à son sujet porteront l'interrogatoire dans la tombe et le Jour de la Résurrection et du Rassemblement ; pour elle a lieu le différend, à elle revient le jugement, et en elle résident l'alliance et l'inimitié ?
C'est le monothéisme qui est le droit d'Allah sur les serviteurs ; Allah (Exalté soit-Il) a dit : Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. Je ne veux d’eux aucune subsistance et Je ne veux pas qu’ils Me nourrissent. En vérité, c’est Allah qui est Le Grand Pourvoyeur, Le Détenteur de la force, L’Inébranlable. [Sourate Adh-Dhâriyât (Les Vents qui éparpillent) : 51/56 à 58].
Le monothéisme est le principe et l'axe de l'appel des Messagers, car il n'est de Messager qui n'ait été envoyé avec le monothéisme et pour l'appel au monothéisme.
Notre Seigneur, le Glorieux, a déclaré : Nous avons suscité à chaque peuple un Messager qui l’a exhorté à adorer Allah et à fuir les fausses divinités. Certains furent guidés par Nous, d’autres voués à l’égarement. Parcourez donc la terre et considérez la fin des peuples qui ont traité les prophètes d’imposteurs. [Les Abeilles:36]. Les Messagers dirent à leurs peuples : « Adorez Allah et écartez-vous du Tâghût », et ils leur dirent : « Mon peuple, adorez Allah ! Vous n’avez d’autre divinité que Lui. Allez-vous donc finir par Le craindre ? » [Les Croyants, 23 : 23].
Nous n’avons envoyé avant toi nul Messager sans lui révéler qu’il n’est de divinité en droit d’être adorée qu’Allah qui, seul, doit être vénéré. [Sourate Al-Anbiyâ`(Les Prophètes) : 21/25]
Ainsi, Noé (paix sur lui), le premier des prophètes, est resté parmi son peuple 950 ans, les appelant au monothéisme : Nous avons, en vérité, envoyé Noé à son peuple auquel il dit : « Mon peuple, adorez Allah ! Vous n’avez d’autre divinité que Lui. Allez-vous donc finir par Le redouter ? » [Les Croyants, 23 : 23].
Abraham, l’ami intime (paix sur lui) et guide des monothéistes sincères, redoutait pour lui-même et ses enfants de sombrer dans l’adoration des idoles, et adressa alors cette invocation à son Seigneur : Mentionne, par ailleurs, cette invocation d’Abraham : « Veuille, Seigneur, faire de cette cité un sanctuaire et me préserver, ainsi que ma postérité, du culte des idoles. [Abraham, 14 : 35]. Qui donc est à l'abri de l'épreuve et de la tentation après Abraham (paix sur lui).
Ainsi en fut-il des Prophètes et des Messagers qui vinrent après lui, jusqu'à notre Prophète Muḥammad ﷺ, leur maître et leur sceau, dont la vie entière, de son commencement à sa fin – que ce fût durant la période mecquoise ou médinoise, en résidence ou en voyage, en temps de paix ou de guerre –, fut entièrement vouée au Monothéisme, à l'appel à celui-ci, ainsi qu'à ce qui le parfait.
En effet, Allah a dit à Son Prophète Mouḥammad ﷺ, le guide des monothéistes : Garde-toi donc d’invoquer avec Allah d’autres divinités, car tu subirais le même sort que ceux qui seront châtiés. [Les Poètes, 26 : 213] Il lui interdit le polythéisme, bien qu'il soit l'imam des monothéistes et préservé de tomber dans le polythéisme ; que dire alors de nous, qui ne sommes pas à l'abri de tomber dans le polythéisme.
C'est pour le monothéisme que les nobles Compagnons ont lutté. Ils quittèrent cette péninsule aride dans le sentier d'Allah et pour Sa seule cause. Ils se lancèrent à l'est et à l'ouest, élevant la bannière de « Lâ ilâha illa Allâh ». Le monde se soumit alors à eux et leur fut assujetti, au point que les historiens en furent stupéfaits et se trouvèrent incapables d'expliquer ce phénomène. Y a-t-il dans toute l'histoire un phénomène plus prodigieux et plus déconcertant pour les esprits que celui-ci ?
Une communauté, surgissant de cette péninsule – de ce désert –, sans civilisation, ni savoir, ni histoire glorieuse dont être fière, n'ayant pour valeurs que l'héritage, les coutumes et les traditions de la Jâhiliyyah, s'élance pourtant pour faire entrer les gens en masse dans la religion d'Allah.
Ô serviteurs d'Allah :
La parole de l’Unité exprime le refus de reconnaître une divinité en dehors d’Allah – Puissant et Grand – parmi toutes les créatures. Cela signifie qu’on n’adore ni idoles, ni mausolées, ni arbres ; qu’on ne fait pas de circumambulations autour des tombes de saints ou des sanctuaires ; et qu’on n’obéit à aucune créature, quelle qu’elle soit, si cela implique de désobéir au Créateur.
Ainsi, on n'aime personne d'autre qu'Allah ; on ne craint personne d'autre que Lui ; on n'espère en personne d'autre que Lui ; on ne place sa confiance qu'en Lui ; on n'aspire qu'à Lui ; on ne redoute que Lui ; on ne jure que par Son Nom ; on ne se repent qu'auprès de Lui ; on ne se prosterne que pour Lui ; on ne s'incline que pour Lui ; on ne se courbe que devant Lui, Gloire et Pureté à Lui ; on ne cherche secours qu'auprès de Lui dans l'adversité ; on ne cherche refuge qu'auprès de Lui dans la détresse ; et on ne sacrifie que pour Lui et en Son Nom. On ne croit aucun sorcier, on ne consulte aucun devin, et l'on n'obéit à aucun voyant ou charlatan qui prétend connaître l'Invisible, repousser le mal et attirer le bien. Dis encore : « Nul parmi ceux qui peuplent les cieux et la terre ne connaît les mystères dont seul Allah a connaissance. » Ils n’ont pas même la plus petite idée du Jour où ils seront ressuscités. [Les Fourmis, 27 : 65].
Ô Croyants :
La validité de toutes les œuvres et paroles, extérieures et intérieures, est conditionnée par la réalisation du monothéisme : Nous nous tournerons vers les œuvres qu’ils auront accomplies et les réduirons en poussière. [Al-Furqan:23] « Si jamais tu associais d’autres divinités à Allah, tes œuvres seraient certainement réduites à néant et tu serais parmi les perdants. » [Az-Zumar:65], Et à qui cela est-il dit ? Au Messager ﷺ ; que dire alors d'un autre que lui ?
L’unicité d’Allah, exalté soit-Il, est la pleine servitude qui Lui revient, sur laquelle le musulman bâtit toute sa vie : ses prières, ses rites, son existence et sa mort. C’est une unicité dans la foi, dans l’adoration et dans la législation. Elle purifie les cœurs et les consciences de toute croyance en la divinité d’autre qu’Allah, elle purifie les actes et les rites pour qu’ils ne soient dédiés qu'à Lui, et elle purifie les jugements et les lois afin qu’ils ne proviennent que de Lui, le Tout-Puissant, le Majestueux.
Ô Musulmans :
Les créatures les plus parfaites sont les plus parfaites dans leur servitude envers Allah, et la perfection du serviteur et l'élévation de son statut sont à la mesure de sa réalisation du monothéisme. Allah défend le monothéiste dans sa religion et sa vie d'ici-bas, et celui qui peut le plus espérer obtenir le pardon d'Allah est le monothéiste. Il ﷺ a dit : Allah (Béni et Élevé soit-Il) a dit : " Ô fils d'Adam ! Tant que tu M'invoqueras et espéreras en Moi, alors Je te pardonnerai quoique tu fasses et Je ne M'en soucierai pas. Ô fils d'Adam ! Si tes péchés atteignaient la cime du ciel et tu implorerais Mon pardon, alors Je te pardonnerais et Je ne m'en soucierais pas. Ô fils d'Adam ! Si tu venais à Moi avec des péchés autant que la Terre et que tu Me rencontrais sans rien M'associer, alors Je viendrais à toi avec autant de pardon. " [Rapporté par At-Tirmidhî (3540) et Aḥmad (13493) avec une chaîne de transmission authentique].
Ibn Rajab (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : Le monothéisme est même la cause suprême ; en effet, quiconque l'a perdu a alors perdu le pardon ; et quiconque se présente avec sera assurément venu avec la plus grande des causes du pardon.
Satan n'a aucune voie vers le monothéiste : Ce dernier n’a en effet aucun pouvoir sur les croyants qui, à leur Seigneur, s’en remettent entièrement. [Les Abeilles, 16 : 99].
Et plus son monothéisme est fort, plus la défense d’Allah en sa faveur grandit. Il (Glorifié et Élevé soit-Il) a dit : Allah protégera toujours les croyants contre leurs ennemis. Allah n’aime pas les hommes sans fidélité et sans foi. [Le Pèlerinage, 22 : 38].
Et quiconque accomplit le monothéisme d'Allah, alors Allah le préserve des péchés menant à la perdition et des turpitudes, comme Il a dit au sujet de Joseph (sur lui la paix) : C’est ainsi que Nous l’avons préservé du péché et de l’infamie, lui que Nous avons élu parmi Nos serviteurs. [Joseph, 12 : 24].
Le monothéiste jouit, dans la vie d'ici-bas, de la quiétude et de la sérénité, et il y est en sécurité proportionnellement à sa foi : Ceux qui croient sans entacher leur foi d’une quelconque iniquité, voilà ceux qui sont en sécurité et bien guidés. [Les Bestiaux, 6 : 82].
Les morts bénéficient des invocations des monothéistes, et ne sont acceptées dans la prière funéraire que leurs invocations. Le Prophète -paix et salut sur lui- a dit : « Il n'est pas un seul musulman qui meurt, puis quarante hommes ne faisant aucune association à Allah, assistent à son enterrement, sans qu'Allah n'en fasse des intercesseurs en sa faveur. » Rapporté par Muslim, numéro 948.
Lorsque la mort du monothéiste approche, Allah lui annonce la bonne nouvelle du Paradis. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque dont les dernières paroles sont : "Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah" entrera au Paradis. » [Rapporté par Abû Dâwud (3116), dont l'expression est de lui ; et Aḥmad (22034), avec une chaîne de transmission jugée bonne par Al-Albânî], De même qu'Allah a honoré le monothéiste dans cette vie, Il l'a certes honoré dans l'Au-delà, a élevé son rang et l'a récompensé de la meilleure des récompenses pour ceux qui œuvrent. Ainsi, quiconque meurt sur le monothéisme aura le Paradis, soit d'emblée, soit comme devenir ; et même s'il entre en Enfer pour ses péchés, il n'y demeurera pas éternellement. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque rencontre Allah sans rien Lui associer entrera au Paradis, et quiconque Le rencontre en Lui associant quoi que ce soit entrera en Enfer. » Rapporté par Muslim (n°93).
Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : "Plus la foi du serviteur en l'Unicité divine est grande, plus le pardon d'Allah à son égard est parfait ; en effet, quiconque Le rencontre sans absolument rien Lui associer, Il lui pardonnera tous ses péchés."
Nous demandons à Allah, Glorifié et Élevé soit-Il, de nous faire vivre en monothéistes, Lui vouant un culte exclusif, croyants en Lui et magnifiant Sa grandeur, et de nous protéger tous de toute forme de polythéisme, qu'il soit subtil ou manifeste, petit ou grand.
Qu'Allah me bénisse, ainsi que vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, l'Unique, l'Absolu, Celui qui n'a pas engendré et n'a pas été engendré, et à qui nul n'est égal, et que la prière et le salut soient sur Son serviteur et Son Messager, Muḥammad, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons.
Texte du second sermon
Louange à Allah, qui nous a appris la valeur de l’Unicité et nous a montré que seul celui qui s’avilit se détourne de la religion d’Abraham. Il nous a fait comprendre qu’il n’y a de bien ni en nous, ni dans notre vie, ni dans aucune de nos affaires, si ce n’est en restant fidèles à l’Unicité d’Allah, en L'adorant Lui seul, sans aucun associé, et en suivant le Messager d’Allah, que la paix et le salut soient sur lui.
Mon noble frère :
Si tu fais partie des gens de "La ilaha illa Allah", ne consacrant aucun acte d'adoration et de pratique religieuse à autre qu'Allah, à Lui la Grandeur et la Majesté. Ne demandant qu'à Allah, n'invoquant que Lui, ne plaçant ta confiance qu'en Lui, n'espèrant qu'en Lui, n'égorgeant et ne faisant de vœu que pour Lui, et n'espèrant la dissipation d'un mal ni l'obtention d'un bienfait que de Lui Seul. Et que Satan ne te conduise, en toute occasion, vers les mausolées des morts, pour y demander le secours des saints vertueux, égorger pour eux et espérer leur bienfait. tu ne fais en revanche pas partie de ceux qui croient les sorciers et frappent à leurs portes, ou qui courent après les charlatans et les devins, implorant leur aide, espérant d'eux la dissipation d'un mal, l'obtention d'un bienfait, la guérison d'un malade ou le retour d'un absent ; ni de ceux qui s'attachent à des morceaux usés contenant des incantations ou des amulettes écrites par ces radoteurs.
Sache donc — mon noble frère — qu'Allah t'a gratifié d'un bienfait immense et sublime, et d'une faveur généreuse, devant lesquels tous les autres bienfaits s'effacent.
Je loue Allah le Très-Haut pour cela, et je Lui demande l'affermissement jusqu'à la mort, car Il est, pureté à Lui, le meilleur Protecteur et la meilleure Destination.
***
Titre du sermon
La réalité de la religion de l'Islam
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, Celui en dehors de qui il n'est point de divinité véritable [digne d'adoration], et nul Seigneur autre que Lui. Je Le loue, qu'Il soit exalté, car Il a ordonné que nul ne soit adoré en dehors de Lui. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] en dehors d'Allah, Seul et sans associé ; un témoignage par lequel j'espère le salut de Son châtiment et l'obtention de Son agrément. Et je témoigne que Mouḥammad ﷺ est le serviteur d'Allah et Son Messager, Son élu par qui Allah a scellé la Prophétie et clos le Message, et l'a envoyé avec une législation universelle jusqu'à ce que vienne l'Ordre d'Allah ; Il n'accepte ainsi de Ses serviteurs que Sa religion et Sa guidée. Que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ainsi que sur sa famille, les bons et les purs, sur ses Califes, les guides bien-guidés, et sur ses Compagnons, qui sont les meilleurs des gens après les Prophètes et les Messagers ; une prière et une paix parfaites et complètes, qui perdurent jusqu'au Jour de la Rétribution.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô hommes ! Craignez Allah et remerciez-Le de vous avoir guidés vers la religion et la bonne direction qu'Il a envoyées par Son prophète et Messager, Mohammed, que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui. En effet, c'est une grâce immense de la part d'Allah que de vous avoir guidés à la foi, si vous êtes véridiques. Certes, Allah, Exalté soit-Il, vous a accordé par son intermédiaire un bien dans cette vie et dans l'au-delà qu'Il n'a accordé à aucune autre nation. Ainsi, vous êtes devenus la meilleure communauté pour les hommes, et vous êtes les témoins contre les hommes. Par son intermédiaire, vous serez les précurseurs le Jour de la Résurrection, ceux qui seront jugés avant le reste des créatures. Vous serez la meilleure et la plus noble des communautés auprès d'Allah, celle qui parachèvera le nombre de soixante-dix nations le Jour de la Résurrection. Par son intermédiaire, vous serez les premiers à traverser le Pont, les premiers à entrer au Paradis, et les plus nombreux des habitants du Paradis. Par son intermédiaire, vous obtiendrez des récompenses immenses et des degrés élevés. Que de bien abondant, de récompense immense et de pardon pour les péchés graves Il vous a accordés par son intermédiaire ! Et quel honneur, quelle provision et quelle récompense finale Il vous a réservés auprès d'Allah, Exalté soit-Il, pour le Jour de la Résurrection
Ô gens : Sachez qu'Allah (Exalté soit-Il) ne regarde ni vos formes ni vos biens, mais qu'Il regarde vos cœurs et vos œuvres. Et certes, Allah (Exalté soit-Il) donne ce bas monde à celui qu’Il aime comme à celui qu’Il n’aime pas, et Il ne donne la religion qu’à celui qu’Il aime. Ainsi, celui à qui Allah a donné la religion, Il l’a certes aimé. Louez donc Allah pour la guidée qu’Il vous a accordée et remerciez-Le pour les dons nobles et immenses qu’Il vous a octroyés. Et ne sous-estimez ni ne méprisez les bienfaits d’Allah sur vous, de peur qu'ils ne vous soient retirés et donnés à d’autres ; car certes, Allah (Exalté soit-Il) a dit : Si vous vous détournez, il vous remplacera par un autre peuple au comportement bien différent de celui que vous avez montré. [Muhammad, 47 : 38]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : N’as-tu pas vu ceux qui ont échangé la grâce d’Allah contre l’ingratitude et ont conduit leur peuple à la demeure de la perdition ? L’Enfer, où ils brûleront. Quel mauvais séjour ! [Abraham, 14 : 28-29]. Quelle éloquente exhortation ! Et quel terrible châtiment pour qui renie les bienfaits ! En effet, plus le bienfait est grand, plus sévère est la sanction pour la mécréance et l'ingratitude. Montrez-vous donc reconnaissants envers Allah pour les faveurs particulières dont Il vous a gratifiés, obéissez-Lui en ce qu'Il vous a ordonné, et gardez-vous de ce qu'Il vous a interdit et contre quoi Il vous a mis en garde. Ainsi, vous préserverez vos bienfaits, obtiendrez un surcroît de Sa grâce et serez à l'abri d'un châtiment qui pourrait vous surprendre.
Ô gens : Certes, la véritable et majestueuse religion est l'Islam ; la religion magnanime, simple, dont l'issue est bénie et l'impact est noble dans ce bas-monde et dans l'au-delà. Son origine, son fondement et la condition pour qu'elle soit acceptée, reposent sur la croyance qu'il n'y a nulle divinité digne d'adoration en dehors d'Allah, de même qu'il n'y a d'autre créateur, seigneur ou administrateur que Lui. C'est Lui qui détient les Plus Beaux Noms et l'Attribut le plus élevé.
Cette croyance comporte certains points :
L'un d'eux : La formule : il n'y a de divinité qu'Allah (qui mérite l'adoration), et la multiplication de l'évocation d'Allah par la louange et l'invocation.
2- La soumission et l'humilité envers Allah (Élevé soit-Il), la peur, l'amour et la crainte de Lui (Glorifié soit-Il) ; de sorte que l'individu se soumet pour accomplir les ordres d'Allah (Élevé soit-Il) et éviter Ses interdits, de manière volontaire et concrète ; par aspiration à la récompense et par crainte du châtiment.
Troisièmement, ô gens, la mécréance en tout ce qui est adoré en dehors d'Allah, et le désaveu de toute adoration à autre qu'Allah. Il en est ainsi car Allah est la seule véritable divinité, tandis que ce qu’ils invoquent en dehors de Lui n’est que vanité, et qu’Allah est le Très Haut, le Très Grand. [Le Pèlerinage, 22 : 62]. Tel est Allah, votre Seigneur. Il n’est de divinité digne d’être adorée que Lui. Adorez donc Allah qui est le Créateur de tout ce qui existe et qui veille à toute chose. [Sourate Al-An'âm (Les Bestiaux) : 6/102].
Ô communauté musulmane, le pilier central de votre foi est l’accomplissement de la prière pour Allah le Très-Haut, conformément à Son ordre. Une religion sans prière n’a aucune valeur. Celui qui la renie tombe dans la mécréance, car elle est la frontière entre croyants et mécréants. Ainsi, celui qui prie comme Allah l’a prescrit fait partie des disciples de Muhammad ﷺ, maître de l’humanité. Quant à celui qui délaisse la prière, il rejette alors la Religion et affiche son suivi d'Iblîs, le maudit. Satan les a placés sous son emprise, leur faisant oublier Allah. Voilà les partisans de Satan. Malheureux sont les partisans de Satan. [La Discussion, 58 : 19].
Ô serviteurs d'Allah, quant au reste des piliers de l'Islam, ils constituent ses plus grands fondements et une affirmation de l'Unicité du Roi, le Très-Saint, Celui qui est la Paix. En effet, de même que la prière est une affirmation de l'Unicité d'Allah par les paroles et les actes, l'aumône légale est une affirmation de l'Unicité d'Allah par les biens, le jeûne est une affirmation de Son Unicité par l'abstention des désirs et des passions, et le pèlerinage est une affirmation générale de l'Unicité du Seigneur des seigneurs. Il est accompli durant des jours aux rites sacrés et en des lieux saints grandioses, et constitue le plus manifeste des rassemblements pour les gens de l'Islam, auquel participent l'élite comme le commun des musulmans.
Ô Communauté de l'Islam, quant aux fondements de la foi, ils sont des questions de savoir et de croyance, et une déclaration véridique de principes évidents. Leur fondement est la foi en l'Invisible à l'égard du Seigneur (Exalté et Magnifié soit-Il) et le suivi du Prophète envoyé, puis l'excellence dans l'intention, la parole et l'acte. Et par cela se réalisent les degrés de la Religion, par lesquels on adore le Seigneur des Mondes, en quête du bonheur dans les deux mondes. Craignez donc Allah, ô serviteurs d'Allah, et soyez reconnaissants pour les bienfaits qu'Allah vous a accordés à travers cette Religion, et pour le fait qu'Il vous ait favorisés par elle au-dessus des mondes, ainsi que pour la noble récompense qu'Il vous a promise au Jour de la Rétribution. Réjouissez-vous donc de la grâce d'Allah sur vous, soyez reconnaissants pour Sa bienfaisance envers vous, œuvrez par cette Religion pour Allah, et guidez vers elle qui vous pouvez parmi les serviteurs d'Allah, vous serez alors parmi les bienfaisants.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, la Divinité Véritable ; il n'est de divinité de vérité que Lui, et nul n'est adoré en droit si ce n'est Lui. Je Le loue, qu'Il soit glorifié, pour Sa sagesse dans Sa gérance, pour la facilité de Sa législation et pour Sa voie qui est Sa guidée. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] en dehors d'Allah, Seul et sans associé ; Il a ordonné que nous n'adorions que Lui et vous a interdit de Lui attribuer des égaux que vous aimeriez comme on aime Allah. Et j'atteste que Muḥammad – qu'Allah le couvre d'éloge et le préserve – est le serviteur d'Allah, Son Messager et Son élu, envoyé avec la religion abrahamique et la législation muhammadienne universelle. Et quiconque désire une religion autre que l'Islam, elle ne sera point acceptée de lui.
Que la prière et le salut d'Allah soient sur lui, sur sa famille et ses proches, les bons et les purs, sur ses Califes bien-guidés, et sur le reste de ses Compagnons bien-guidés – les meilleurs disciples des Prophètes et des Messagers –, d'une prière et d'un salut pleins, parfaits et durables jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit :
Ô vous les gens ! Craignez Allah, vous réussirez. Obéissez-Lui, vous serez guidés. Remerciez-Le, Il vous accordera davantage et vous recevrez les biens. Et ne Le reniez pas, car vous serez châtiés, vous périrez, vous serez perdants et malheureux en ce bas-monde et au Jour où vous serez rassemblés.
Ô Musulmans, souvenez-vous qu’Allah le Très-Haut vous a offert ce qu’Il n’a pas donné à la plupart des peuples ; Il vous a guidés vers la foi en Lui et en Son Messager Muhammad ﷺ, si vous êtes sincères. Il a choisi pour vous la religion et, par elle, vous a honorés au-dessus des autres peuples : vivez et partez de ce monde en pleine soumission.
Ô serviteurs d'Allah, certes, Allah le Très-Haut vous a accordé la préférence sur les autres hommes par la religion de l'Islam. Il a fait de vous la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes, et vous a établis comme témoins contre l'humanité. Vous serez les premiers le Jour de la Résurrection, ceux dont le sort sera jugé avant le reste de la création, et plus honorée que soixante-dix communautés auprès du Seigneur Créateur. Vous serez les premiers à traverser le Pont, les premiers à entrer au Paradis et les plus nombreux de ses habitants. Combien grande est la récompense que vous obtenez en Islam, l'absolution de vos péchés, grands et nombreux, et le bien abondant qui vous est accordé. Et combien sont variés les honneurs, immense la rétribution et belle la destinée qui vous attendent dans ce bas-monde et le Jour de la Résurrection.
***
Titre du sermon
Définition de l'Islam
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange revient à Allah. Nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille et ses Compagnons ; et qu'ils soient salués de nombreuses salutations.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô frères de foi, l'Islam est la religion d'Allah qu'Il a légiférée pour Ses serviteurs et agréée pour eux ; Il dit, Exalté soit-Il : Aujourd’hui, J’ai parachevé votre religion, Je vous ai comblés de Mes bienfaits et J’agrée pour vous l’islam comme religion. [La Table Servie, 5 : 3]. L'islam est un chemin que les prophètes ont conseillé à leurs proches et à leurs peuples de suivre. Abraham exhorta également ses fils à se soumettre à Allah - comme le fit Jacob avec les siens - disant : « Mes fils ! Allah a choisi pour vous cette religion. Que la mort ne vous prenne donc qu’en état de totale soumission. » [La Vache, 2 : 132]. L'Islam est, dans sa croyance et sa législation, un concept global et vaste qui ne se limite pas à une simple parole que nous prononçons, ou à un rite particulier que nous pratiquons.
L'Islam, ô Musulmans, dérive de la soumission. Ainsi, nous nous soumettons à Allah et Lui reconnaissons, à Lui Seul, glorifié soit-Il, le droit de disposer de nos âmes et de les orienter selon Sa volonté, glorifié soit-Il. Notre Seigneur, Exalté soit-Il, dit : Désirent-ils une autre religion que celle d’Allah alors que tous les êtres qui peuplent les cieux et la terre se soumettent de gré ou de force à Lui et que c’est à Lui qu’ils seront ramenés ? [Sourate Âli 'Imrân (La Famille de 'Imrân) : 3/83].
Si donc l'Univers s'est soumis à Allah de gré ou de force, comment l'être humain ne se soumettrait-il pas à Lui, alors qu'il a reconnu la grandeur du Créateur et Sa Majesté, et a vu les signes de Son œuvre et de Sa perfection créatrice dans ce vaste Univers ? Car la soumission à Allah et l'obéissance qui Lui est due comptent parmi les significations les plus importantes de l'Islam que nous devons réaliser. Il dit, Exalté soit-Il : Votre Dieu est un dieu unique. Soumettez-vous donc à Ses commandements. Fais heureuse annonce à ceux qui Lui obéissent humblement, [Sourate Al-Ḥajj (Le Pèlerinage) : 22/34].
L'Islam - ô Musulmans - c'est se tourner vers Allah, Exalté soit-Il, avec une croyance pure, exempte de toute souillure de polythéisme ou de superstition, de Lui vouer un culte véritablement exclusif, et de Lui vouer exclusivement les œuvres et l'adoration, à Lui seul, à l'exclusion de tout autre.
L'Islam, ô musulmans, c'est de ne pas s'enorgueillir d'une lignée autre que celle de l'Islam ni de se vanter d'aucune autre appartenance ou orientation ; car c'est le véritable lien qui unit chaque musulman à son frère, aussi grandes que soient les distances et les étendues qui les séparent. Ainsi, les gens sont égaux auprès d'Allah en ce bas monde, alors que dans l'au-delà, la distinction se fait par la piété et les œuvres vertueuses. Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un même père et d’une même mère avant de vous répartir en peuples et en tribus, afin que les uns apprennent à connaître les autres. Le plus noble d’entre vous, pour Allah, est celui qui Le craint le plus. Allah, Omniscient, connaît les réalités les mieux cachées. [Les Appartements, 49 : 13].
L'Islam, ô frères, c'est que nous nous satisfaisions du jugement d'Allah et de Son Messager dans toutes nos transactions, nos jugements, nos litiges, nos différends et nos relations, et que toute loi ou tout système soit conforme à la Législation d'Allah, sinon ce serait l'injustice, la perversité et la mécréance, et que cela nous soit plus cher et plus proche pour nos âmes. Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants tant qu’ils ne porteront pas devant toi leurs différends et n’accepteront pas sans rancœur ton jugement, se soumettant entièrement à ta décision. (Les Femmes, 4 : 65).
L'Islam – ô communauté de l'Islam – c'est que le Messager d'Allah ﷺ soit notre modèle et notre exemple : Vous avez un bel exemple à suivre dans le Messager d’Allah, exemple édifiant pour quiconque espère la récompense d’Allah ici-bas et dans l’au-delà, et invoque fréquemment Son nom. [Les Coalisés, 33: 21], Cet exemple à suivre nous oblige à lui obéir et à le suivre afin d'obtenir Son agrément. Allah, Glorifié soit-Il, dit : Dis : « Si vous aimez véritablement Allah, suivez-moi ! Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Allah est Très Clément et Très Miséricordieux. » [La Famille d'Imrân, 3 : 31], Suivre ce Prophète est donc une obligation pour tout musulman ; d’ailleurs, si les autres Prophètes avaient vécu à la même époque que le Messager d’Allah ﷺ, ils n’auraient pas eu d’autre option que de le suivre. Il a dit ﷺ : "Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Si Moïse (sur lui la paix) était vivant, il ne lui incomberait que de me suivre." [Rapporté par Ahmad (n°15156), Abou Ya'lâ (n°2135), et déclaré ḥasan par Al-Albânî], L'imam Mâlik, l'imam de la Demeure de l'Hégire, qu'Allah accorde Sa miséricorde à son père, a dit : « Il n'est personne parmi nous qui ne réfute et ne soit réfuté, si ce n'est l'occupant de cette tombe. » Et il indiqua vers sa tombe (sur lui la paix).
L'Islam exige des croyants qu'ils se préoccupent de la situation des musulmans en tout lieu, qu'ils se réjouissent de leur joie et s'attristent de leur tristesse. La préoccupation de l'un d'eux ne doit pas se limiter à ce qui le concerne personnellement ; il est au contraire indispensable que le musulman ajoute à ses propres préoccupations celle qu'il a pour sa communauté et ses frères musulmans en tout lieu. Il doit ressentir leurs souffrances comme si elles le touchaient personnellement. Notre Prophète ﷺ dit : « L'exemple des croyants dans leur affection, leur miséricorde et leur empathie mutuelles est comparable à un corps : lorsque l'un de ses membres souffre, le reste du corps réagit par de l’insomnie et de la fièvre. » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim d'après An-Nu'mân ibn Bachîr (qu'Allah l'agrée)].
L'Islam, ô musulmans, c'est que les musulmans soient à l'abri de nous et de notre mal, que nous ne soyons pas durs envers les musulmans et miséricordieux envers les autres, que nous acceptions les excuses de nos frères, et que nous soyons doux, cléments et bienveillants avec nos frères en croyance et en religion : nous ne leur faisons de mal ni par nos langues ni par nos mains, et nous ne portons pas atteinte à leurs biens ou à leur honneur. C'est ainsi que nous sommes véritablement musulmans, et c'est ainsi que le Messager d'Allah ﷺ a défini le musulman en disant : « Le musulman est celui dont les musulmans sont à l’abri de sa langue et de sa main, et le croyant est celui dont les gens sont à l’abri de lui dans leur sang et leurs biens. » [Rapporté par Tirmidhî (n°2627) ; An-Nassâ'î (n°4995) ; et Aḥmad (n°8918). Et Al-Albânî l'a authentifié.]
L’Islam, chers musulmans, c’est savoir reconnaître le mérite de ceux qui le méritent, les remercier et leur faire du bien, ainsi que reconnaître la place des savants, pour les honorer et les respecter. Comme il est dit dans le hadith : « N'est pas des nôtres quiconque n'honore pas nos aînés, ne fait pas miséricorde envers nos jeunes, et ne reconnaît pas le droit de notre savant. » [Rapporté par Ahmad (n°22755) et jugé bon par Al-Albani].
Parmi les principes que l'Islam a apportés, et même que toutes les législations divines ont apportés, figure la recherche de la réforme dans tous les aspects de la vie. Allah, Exalté soit-Il, dit au sujet de Son prophète Chou'ayb (paix sur lui), et ceci est une clarification de toutes les missions des nobles Messagers (paix sur eux) : Je n’aspire qu’à vous rendre plus vertueux autant qu’il m’est possible, en sachant que ma réussite dépend uniquement d’Allah à qui je m’en remets entièrement et à qui je reviens repentant. [Hûd, 11 : 88].
L'Islam - ô Musulmans - c'est de se préparer à quitter cette demeure pour la demeure permanente, avec pour provisions les œuvres vertueuses. Il ne convient donc pas que nous nous attachions à une demeure que nous quitterons, car celui qui était plus aimé d'Allah que nous l'a déjà quittée ; il est même la plus aimée des créatures auprès d'Allah : Son Messager et Son ami intime, Muhammad (paix et salut sur lui).
L'appel à Allah (Élevé soit-Il) compte parmi les devoirs du musulman, comme Il a dit, Gloire et Pureté à Lui : Dis : « Voici ma voie : j’appelle les hommes, avec la plus grande clairvoyance, à vouer un culte exclusif et sincère à Allah, imité en cela par ceux qui me suivent. Gloire à Allah ! Je ne suis point du nombre des polythéistes. » [Joseph, 12 : 108]. Chaque musulman a le devoir d'appeler à Allah, le Très-Haut, puisqu'il est un partisan du dernier des Prophètes (paix et salut sur lui) et son successeur dans cette obligation, et c'est l'appel à Allah qui élève la communauté vers l'excellence. Vous êtes la meilleure nation apparue parmi les hommes, encourageant les autres à faire le bien et à éviter le mal, tout en ayant foi en Allah... [La Famille de 'Imrân, 3 : 110]. Par la prédication à Allah, le bien se propage et le mal diminue, et Allah repousse de la communauté tout mal. Les invocations sont exaucées, et le bien et la prospérité se généralisent. Bien plus, l'ennemi se transforme en prédicateur et en moudjahid, comme ce fut le cas pour les Mongols qui ont envahi les terres de l'Islam à la fin de l'État abbasside et y firent ce qu'ils y firent. Par la suite, un grand nombre d'entre eux embrassèrent l'Islam et devinrent des dirigeants et des moudjahidines. La prédication à Allah a fait passer certains d'une vie d'égarement et d'ignorance à une vie de lumière, et a changé un prédicateur à la déviance et à l'immoralité en un prédicateur au bien et à la vertu.
Ceci, ô musulmans, est un discours sur le sens de l'Islam et sur certaines de ses prescriptions et de ses jugements que l'Islam a prescrits pour les siens.
Vous qui croyez ! Inclinez-vous et prosternez-vous en prière. Vouez à votre Seigneur un culte exclusif et sincère et faites le bien dans l’espoir de faire votre bonheur et votre salut. Luttez de toutes vos forces pour la cause d’Allah. C’est Lui qui vous a choisis, ne vous imposant aucune gêne dans l’exercice de votre religion, celle de votre ancêtre Abraham. C’est Lui qui, dans les Ecritures précédentes, vous a désignés comme les « soumis », ainsi que dans ce Livre, afin que le Messager témoigne contre vous et que vous portiez vous-mêmes témoignage contre les nations. Accomplissez donc la prière, acquittez-vous de l’aumône et attachez-vous exclusivement à Allah en cherchant refuge auprès de Lui. Il est votre seul Maître. Quel bon Maître et quel puissant Protecteur ! [Le Pèlerinage, 22 : 77-78].
Qu'Allah nous bénisse, vous et moi, par le Coran Grandiose, et nous fasse bénéficier des versets et du sage Rappel qu'il contient. Je dis ces paroles, et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous. Certes, Il est le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, une louange pure, abondante et bénie, telle que notre Seigneur l’aime et l’accepte. J’atteste qu’il n’existe aucune divinité digne d’adoration si ce n’est Allah, seul et sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu’Allah lui accorde éloges, salutations et bénédictions, ainsi qu’à sa famille, ses Compagnons et tous ceux qui suivent leur voie jusqu’au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Certes, Allah a garanti à celui qui adopte l'Islam en parole et en acte, et dans tous les aspects de la vie, la puissance et la domination. Il (Exalté soit-Il) dit : Allah promet à ceux d’entre vous qui croient et accomplissent de bonnes œuvres de leur faire hériter de l’autorité sur terre comme Il le fit avec leurs devanciers, de faire triompher la religion qu’Il a choisie pour eux et de remplacer leurs craintes par la sécurité. Et ce, tant qu’ils L’adoreront sans rien Lui associer. Quant à ceux qui renient la foi après cela, voilà ceux qui désobéissent à Allah. [La Lumière, 24 : 55]. Une promesse de secours contre tout ennemi, guetteur et convoiteur, Il dit, Gloire et Pureté à Lui : Vous qui croyez ! Si vous soutenez la cause d’Allah, Il raffermira vos pas, vous permettant de triompher de vos ennemis. [Mohammed, 47 : 7]. Allah a promis à celui qui réalise la foi et la piété les bienfaits de la terre et du ciel. Si les habitants de ces cités avaient cru aux Messagers et craint Allah, Nous leur aurions offert toutes les bénédictions du ciel et de la terre... [Les Murailles, 7 : 96]. De nombreux versets et hadiths annoncent la bonne nouvelle et promettent la victoire et le bien à la communauté si celle-ci s'attache fermement à la religion d'Allah et s'en remet à Son jugement pour toute affaire. Il est donc du devoir de la communauté de se saisir du Livre avec force et de s'y référer en toutes ses affaires. Et il est du devoir de chaque musulman d'honorer cette religion, de tenir pour licite ce qui est licite et pour illicite ce qui est illicite, de dire ce qu'Allah lui a prescrit, d'ordonner le convenable et d'interdire le blâmable, et d'appeler à Allah avec sagesse et bonne exhortation. Car la promesse d'Allah est certaine et Il ne manque jamais à Sa promesse (Glorifié soit-Il). Et priez sur votre Prophète et adressez-lui vos salutations.
***
Titre du sermon
Qu'est-ce que l'Islam ?
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, Celui qui nous a honorés par l'Islam, de sorte que si nous cherchons la puissance en dehors de Lui, Allah nous humilie. Et je témoigne qu'il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé dans Sa Seigneurie, Sa Divinité, Ses Noms et Ses Attributs ; et nous n'adorons que Lui. Et je témoigne que Mouḥammad est Son serviteur, Son Messager et Son élu. Qu'Allah prie sur lui, sur sa famille, ses Compagnons et quiconque l'a pris pour allié, et qu'Il les salue abondamment.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Par conséquent, ô vous, les gens, ...Craignez Allah comme Il le mérite et ne mourez qu'en étant soumis à Lui. [La Famille d'Imrân, 3:102] Allah, Gloire et Pureté à Lui et Exalté soit-Il, a dit : Aujourd’hui, J’ai parachevé votre religion, Je vous ai comblés de Mes bienfaits et J’agrée pour vous l’islam comme religion. [La Table Servie, 5 : 3]. ...celle de votre ancêtre Abraham. C’est Lui qui, dans les Ecritures précédentes, vous a désignés comme les « soumis »... [Le Pèlerinage, 22 : 78]. Attachez-vous donc à l'Islam, car c'est la voie du salut et celle qui mène aux Paradis.
L'Islam : c'est se soumettre à Allah en Lui vouant un culte exclusif, en se conformant à Ses ordres et en se désavouant du polythéisme et de ses adeptes. L'Islam n'est pas une simple appellation, ni une affiliation, ni une identité, mais il est plutôt ce qu'a apporté le Messager ﷺ, et c'est la religion de tous les Prophètes : La seule religion acceptée par Allah est l’islam. [La Famille d'Imrân, 3 : 19]. Que celui qui désire une autre religion que l’islam sache que son culte ne sera jamais accepté et que, dans l’au-delà, il sera du nombre de ceux qui auront perdu leurs âmes. La Famille d'Imrân, 3:85. Ainsi, l'ensemble des Prophètes et leurs partisans étaient sur l'Islam ; et bien que leurs législations fussent différentes, ils étaient tous sur l'Islam pour Allah, le Puissant et le Grand, jusqu'à ce que Mouḥammad ﷺ soit envoyé. L'Islam devint alors ce que Mouḥammad ﷺ a apporté, en confirmation de ce qui l'a précédé du Livre et prédominant sur lui, et en confirmation de ce qui a précédé de ses frères, les Prophètes et les Messagers. Ainsi est la religion d'Allah, et Il n'acceptera de personne une autre religion qu'elle. Connaissez-en donc la réalité, attachez-vous à ses préceptes et œuvrez selon sa Législation, car c'est elle qui a réuni les Arabes et les non-Arabes sous sa bannière, faisant d'eux des frères qui s'aiment mutuellement : Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un même père et d’une même mère avant de vous répartir en peuples et en tribus, afin que les uns apprennent à connaître les autres. Le plus noble d’entre vous, pour Allah, est celui qui Le craint le plus. Allah, Omniscient, connaît les réalités les mieux cachées. [Les Appartements, 49 : 13]. Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, a dit : Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et ne mourez qu'en étant soumis à Lui. [La Famille d'Imrân, 3 : 102], Ce verset parut difficile aux Compagnons (qu'Allah les agrée), qui dirent : « Qui est capable de craindre Allah comme Il se doit, car le droit d’Allah est immense. » C’est alors qu’Allah, le Très Haut, révéla : Craignez donc Allah autant que vous le pouvez. [Sourate At-Taghâboun (La Grande Perte) : 64/16], Ainsi, quiconque craint Allah selon sa capacité a craint Allah de la crainte qui Lui est due ; et Allah pardonne ce que l'être humain ne peut supporter ni accomplir : Allah n’impose à une âme que ce qu’elle peut supporter. Elle sera récompensée pour ses bonnes œuvres, châtiée pour ses péchés. [La Vache, 2 : 286]. ...Craignez Allah comme Il le mérite et ne mourez qu'en étant soumis à Lui. [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. Car les actes ne valent que par leur fin, de sorte que celui qui meurt sur l'islam sera sauvé, aura réussi et sera parmi les couronnés de succès auprès d'Allah (Élevé soit-Il), tandis que celui qui meurt en dehors de l'islam sera parmi les damnés et les perdus, sans considération pour sa lignée, son statut, sa tribu, ou son pays, car la considération ne porte que sur la piété : Le plus noble d’entre vous, pour Allah, est celui qui Le craint le plus. [Les Appartements, 49 : 13]. La noblesse ne réside ni dans l’humanité, ni dans le lignage, ni dans la tribu, mais uniquement dans la piété envers Allah (Exalté soit-Il), car Il n’agrée de personne autre chose qu’elle. Sa parole : ...et ne mourez qu'en étant soumis à Lui. [La Famille d'Imrân, 3:102], Ceci est une incitation à s'attacher à l'Islam jusqu'à la mort. L'homme ne doit pas l'abandonner depuis qu'il atteint l'âge de la puberté jusqu'à ce qu'il meure ; il doit être attaché à l'Islam car il ne sait pas quand la mort le surprendra. S'il a été négligent envers l'Islam et que la mort s'abat sur lui, il fera alors partie des gens de l'Enfer. Et s'il était attaché à l'Islam et que la mort lui est venue alors qu'il y était attaché, il fera partie des gens du Paradis. C'est pourquoi le mort est éprouvé lorsqu'il est placé dans sa tombe ; deux anges viennent à lui et le font s'asseoir. Son âme est réintégrée dans son corps, ils le font s'asseoir et lui demandent : « Qui est ton Seigneur ? Quelle est ta religion ? Et qui est ton Prophète ? » Le musulman répondra : « Mon Seigneur est Allah, ma religion est l'Islam, et mon Prophète est Mouḥammad ﷺ. » Quant à l'hypocrite et celui qui doutait, il bégaiera, sera confus et dira : « Ha ! Ha ! Je ne sais pas, j'ai entendu les gens dire quelque chose et je l'ai répété. » Ils lui diront alors : « Tu n'as rien su, ni n'as rien suivi. » Il sera alors frappé avec un marteau de fer, et il poussera un cri que toute chose entendra, à l'exception des deux pesants : les Djinns et les humains. Il n'y a donc de salut que par l'Islam, ici-bas et dans l'au-delà. Dans la vie d'ici-bas, on est sauvé par son biais de la mécréance et du polythéisme, on est sauvé des épreuves et des innovations, et on est sauvé des pensées déviantes. Et dans l'au-delà, on est sauvé par son biais de l'Enfer et on entre grâce à lui au Paradis. Ceci est soit le bonheur éternel, soit le malheur éternel. Il n'y a donc de salut que par l'Islam, ici-bas et dans l'au-delà ; mais il nous incombe de savoir ce qu'est l'Islam. Chacun d'entre nous dit : « Je suis musulman », mais il est d'abord indispensable de savoir ce qu'est l'Islam. Ensuite, il faut le mettre en pratique, car ni la simple connaissance, ni la prétention, ni l'affiliation ne suffisent. La réalité [de la foi] et les actes sont indispensables.
L'Islam, c'est se soumettre à Allah en Lui vouant un culte exclusif. Par conséquent, le polythéiste et le mécréant ne sont pas musulmans, même s'ils le prétendent, à l'instar des adorateurs des tombes qui disent : « Lâ ilâha illa Allah » et « nous sommes musulmans », puis disent : « Ô ‘Alî, ô Husayn, ô ‘Abd al-Qâdir, ô Badawî, ô untel, ô tel autre », invoquant ainsi d'autres en dehors d'Allah. Ils adorent, en dehors d’Allah, des divinités qui ne peuvent ni leur nuire, ni leur être utiles, prétendant que celles-ci sont leurs intercesseurs auprès d’Allah. Sourate Yoûnous (Jonas) - Coran : 10/18. Ils considèrent donc le polythéisme comme un moyen de chercher à se rapprocher d'Allah par divers intermédiaires et demander l'intercession. Or, il s'agit de polythéisme, et même si son nom est changé, cela reste du polythéisme qui ne change pas. Les réalités ne changent pas par le changement des noms ; il ne s'agit que de polythéisme.
Ainsi, le musulman doit connaître sa religion, s'y accrocher, demander à Allah la fermeté sur celle-ci, et mourir sur celle-ci, car il est rapporté dans le hadith : « Certes, il se peut que le serviteur accomplisse les œuvres des gens du Paradis au point qu'il n'y ait plus, entre lui et le Paradis, que l'espace d'une coudée, puis le Livre prend le dessus sur lui, il accomplit alors une œuvre des gens de l'Enfer et y entre ; et certes, il se peut que le serviteur accomplisse les œuvres des gens de l'Enfer au point qu'il n'y ait plus, entre lui et l'Enfer, que l'espace d'une coudée, puis le Livre prend le dessus sur lui, il accomplit alors une œuvre des gens du Paradis et y entre, car les œuvres ne valent que par leur fin. » Nous demandons à Allah la bonne fin.
Craignez donc Allah, serviteurs d’Allah, et attachez-vous à cette religion, la religion de l’Islam apportée par Muhammad ﷺ ; l’Islam par lequel Allah a uni les cœurs des Arabes et des non-Arabes, entre le blanc et le noir, et a fait de Salman, 'Ammar, Bilal, Sohayb, Abou Bakr As-Siddiq, Omar ibn Al-Khattab, Othman ibn Affan, Ali ibn Abi Talib et l’ensemble des Compagnons (qu’Allah les agrée), des frères qui s’aiment mutuellement en Islam. C’est pourquoi Allah (Glorifié soit-Il) dit à Son Prophète Muhammad ﷺ : ...Lui qui t’a déjà apporté Son soutien... Autrement dit : Allah, glorifié soit-Il, ...Lui qui t’a déjà apporté Son soutien et celui des croyants et qui a uni leurs cœurs. Or, si tu y avais consacré toutes les richesses de la terre, tu n’aurais pu unir leurs cœurs comme Allah, dans Sa toute-puissance et Son infinie sagesse, a pu le faire. [Les Prises de Guerre, 8 : 62-63], Si l'on regarde ceux qui prient à toute heure dans la Mosquée Sacrée, on y voit le blanc, le rouge et le noir, l'Arabe et le non-Arabe de différentes nationalités. Qui les a rassemblés et unis ? C'est l'Islam, ô serviteurs d'Allah ! C'est la religion qui les a rassemblés, les a unis et les a placés en rangs, les uns à côté des autres. Il n'y a nulle supériorité d'un Arabe sur un non-Arabe, ni d'un blanc sur un noir, ni d'un rouge, si ce n'est par la piété.
Craignez donc Allah, ô serviteurs d'Allah. Attachez-vous fermement à votre religion afin que vous mouriez sur elle, que vous soyez ressuscités sur elle et que vous entriez grâce à elle au Paradis. Ne soyez pas négligents envers votre religion, car les troubles sont à présent intenses et les facteurs de détournement de l'Islam sont multiples. De toutes parts, les prédicateurs de l'égarement cherchent à faire sortir les musulmans [de leur religion] ; ils tentent d'abord de les en détourner, et s'ils ne parviennent pas à les en détourner, ils s'efforcent alors de les en faire sortir après qu'ils y sont entrés.
Craignez donc Allah, ô serviteurs d’Allah, veillez sur votre religion, et prenez garde aux tentations, qu’elles soient apparentes ou cachées. Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et ne mourez qu'en étant soumis à Lui. Restez tous fermement attachés à la religion d’Allah sans jamais vous diviser. Souvenez-vous des faveurs d’Allah envers vous lorsque, ennemis les uns des autres avant l’islam, Il a uni vos cœurs si bien que, par Sa grâce, vous êtes devenus frères. Vous étiez alors au bord du gouffre de l’Enfer dont Il vous a sauvés. C’est ainsi qu’Allah vous expose clairement Ses enseignements afin que vous suiviez le droit chemin. Qu’une partie d’entre vous exhorte les autres au bien, les incite à la vertu et condamne le vice. Bienheureux celui qui agira ainsi. Ne soyez pas comme ceux qui, après avoir eu toutes les preuves, se sont divisés et affrontés. Ceux-là s’exposent à de terribles souffrances. [Sourate 3 : La Famille de 'Imrân - 102-105].
Qu'Allah vous bénisse par l'immense Coran, et nous rende bénéfique sa clarification et son sage Rappel. Je dis ces paroles et je demande pardon à Allah pour moi, pour vous et pour tous les musulmans de tout péché. Demandez-Lui donc pardon. Certes, Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa faveur et Sa bienfaisance, et je Le remercie pour Sa facilité et Sa munificence. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et qu'Il les préserve grandement.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ô gens, craignez Allah (Élevé soit-Il) et prenez garde contre les épreuves qui vous détournent de votre religion. En effet, les épreuves sont aujourd'hui immenses, et les prêcheurs de l'égarement, de l'intérieur comme de l'extérieur, sont nombreux. Ils ne ménagent aucun effort, nuit et jour, pour détourner les gens de cette religion et en faire sortir les musulmans. Ils ont été aidés en cela par ces inventions qu'Allah a faites comme une épreuve pour les gens, lesquelles atteignent les personnes jusque dans leurs foyers par le biais de ce qu'ils nomment les réseaux sociaux. Ce qui y est propagé parvient aux petits comme aux grands, aux hommes comme aux femmes, et atteint le plus profond des foyers. S'y propagent tout égarement, tout mal et toute pensée athée, ce qui a détourné de nombreuses personnes de leur religion et a altéré leurs cœurs. Nous demandons à Allah la préservation.
Soyez donc sur vos gardes vis-à-vis de ces moyens, de leurs partisans et de ce qui y est diffusé. Préservez vos enfants ; protégez vos fils, vos filles et vos épouses de ces tentations autant que vous le pouvez. Mettez-les en garde contre elles et exposez-leur les méfaits qu'elles contiennent. Mettez-les en garde de croire ce qui y est publié et de se laisser tromper par ce qui y est diffusé et propagé. En effet, ce sont des poisons mortels. Nous demandons à Allah la préservation.
Soyez donc sur vos gardes et mettez en garde, car les distractions et les épreuves sont nombreuses, comme a dit ﷺ : « Ce sont des crises telles les couches d'une nuit obscure. L'homme se lèvera croyant et se couchera mécréant ; il se couchera croyant et se lèvera mécréant ; il vendra sa religion pour un bien de ce bas-monde. » Rapporté par Mouslim, numéro 118. Certes, les épreuves sont intenses, ô serviteurs d'Allah, plus intenses que par le passé. La vigilance se doit donc d'être aujourd'hui plus grande que jamais ; ne vous laissez donc pas leurrer par celles-ci, ni par ce qui s'y propage, et ne prêtez pas l'oreille aux paroles de vos ennemis à leur sujet, car ils ne veulent pour vous que le mal. Ils ne cesseront, en effet, de vous combattre jusqu’à vous faire renier, s’ils le peuvent, votre religion. Or, quiconque parmi vous abjure la foi et meurt en mécréant perdra le bénéfice de ses œuvres ici-bas et dans l’au-delà, et est voué au feu de l’Enfer où il demeurera pour l’éternité. [La Vache, 2 : 217]. Nous demandons à Allah le pardon, la préservation et la protection permanente. Nous Lui demandons de faire triompher Sa religion, d'élever Sa Parole, de préserver Ses alliés et d'anéantir Ses ennemis. Certes, Il est Capable de toute chose.
***
Titre du sermon
L'Islam est la religion des Prophètes :
Introduction du premier sermon
Certes, la louange appartient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos oeuvres. Quiconque Allah guide, nul ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, nul ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille et ses Compagnons, et qu'ils soient salués de nombreuses salutations.
Contenu du premier sermon
« Ceci étant dit : Le plus véridique des discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad (paix et salut sur lui) et les pires affaires sont les nouvelles. Et toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est un égarement, et tout égarement est dans le Feu. »
En résumé, Allah, exalté soit-Il, a créé toutes les créatures pour qu’elles Le servent conformément à la Loi qu’Il a choisie et agréée, glorifié et élevé soit-Il. Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. Je n’attends de leur part ni dons, ni nourriture. C’est Allah, en vérité, qui est le Dispensateur de toute grâce et le Détenteur de la force et de la toute-puissance. [Sourate Adh-Dhâriyât (les vents qui éparpillent) : 51/56 à 58].
Et Allah a ordonné à Sa création de Lui soumettre leurs personnes et leurs affaires, et de se plier à Lui, et Il (Glorifié soit-Il) a dit : Revenez à votre Seigneur et soumettez-vous entièrement à Lui avant qu’un châtiment, dont nul ne pourra vous sauver, ne vienne vous emporter. [Les Groupes, 39 : 54]. Et Il a fait de la législation de l'Islam la Loi et la Religion par laquelle Il leur a prescrit Son adoration. Allah, Éxalté soit-Il, a dit : La seule religion acceptée par Allah est l’islam. Ceux à qui les Ecritures ont été confiées ne se sont opposés, poussés par la jalousie, qu’après avoir reçu toutes les preuves... [La Famille d'Imrân, 3 : 19].
S’éloigner de la législation islamique, s’en écarter ou chercher à en adopter une autre constitue une injustice, une transgression et un acte de mécréance. Allah n’acceptera jamais de quiconque une religion ou une loi autre que celles de l’Islam. En effet, Il, exalté soit-Il, a dit : Que celui qui désire une autre religion que l’islam sache que son culte ne sera jamais accepté et que, dans l’au-delà, il sera du nombre de ceux qui auront perdu leurs âmes. [La Famille d'Imrân, 3 : 85].
Et tous les Prophètes et Messagers sont venus avec la législation de l'Unicité, et l'appel à Lui vouer, Éxalté soit-Il, une adoration exclusive. Nous avons suscité à chaque peuple un Messager qui l’a exhorté à adorer Allah et à fuir les fausses divinités... [Sourate An-Naḥl (Les Abeilles) : 16/36]. Si nous passions en revue les récits des Prophètes dans le Coran, nous trouverions que leur appel est unique, leur religion est unique, et leur confession est unique.
Communauté de l'Islam : Allah, Exalté soit-Il, a certes clarifié que Son bien-aimé singulier Abraham ﷺ est celui qui a nommé Sa véritable religion, la seule qu'Allah accepte, la religion de l'Islam, et a nommé musulmans ceux qui l'ont adoptée et y ont persévéré : ...celle de votre ancêtre Abraham. C’est Lui qui, dans les Ecritures précédentes, vous a désignés comme les « soumis »... [Le Pèlerinage, 22 : 78]. Abraham, le père des prophètes et l'ami proche d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), ainsi que tous les prophètes (paix et bénédiction sur eux), étaient de véritables monothéistes, entièrement dévoués à Allah.
Et les disciples de Moïse (paix et salut sur lui), qui étaient musulmans selon sa religion et sa législation, lorsqu'ils dirent : « Nous revenons à Toi, pleins de repentir. » [Sourate Al-A'râf (Les parties hautes [de la Muraille]) : 7/156]. Ils ont été appelés les juifs, et de même les disciples de Jésus (paix sur lui), les musulmans parmi les Apôtres, quand ils ont dit à Jésus (paix sur lui) : « Nous soutiendrons la religion d’Allah en qui nous croyons. Sois témoin que nous Lui sommes entièrement soumis. » [Sourate Âli 'Imrân (La Famille de 'Imrân) – Coran : 3/52]. Et ils se sont eux-mêmes donné le nom de Nazaréens, et ont été appelés ainsi, Nous avons de même contracté une alliance avec ceux qui se disent chrétiens qui, eux aussi, ont tourné le dos à une partie des enseignements qu’ils ont reçus... [La Table Servie, 5 : 14].
Puisque chacune des deux parties prétendait qu'Abraham (paix et salut sur lui) était de leur religion, Allah, le Très Haut, les réfuta en disant : Abraham n’était ni juif ni chrétien, mais un monothéiste pur et sincère, entièrement dévoué au Seigneur. Il ne faisait pas partie des polyhtéistes. [La Famille d'Imrân, 3 : 67].
Ô communauté des musulmans : Allah, Exalté soit-Il, a fait descendre les Livres sur Ses Prophètes - que les éloges d'Allah et Sa paix soient sur eux - afin d'exposer clairement aux gens la législation de l'Islam qu'Il a fait descendre sur Ses Prophètes, et Il a fait qu'ils se confirment les uns les autres ; Il a dit, Exalté soit-Il : Nous avons révélé la Torah qui renferme une bonne direction et une lumière. Ce fut d’après ce Livre que les prophètes soumis à la volonté d’Allah rendaient justice aux juifs, de même que les rabbins et les docteurs de la loi... [La Table Servie, 5 : 44]. Et Allah, le Très-Haut, a dit, informant au sujet de Jésus (sur lui la paix) : Nous lui avons confié l’Evangile, bonne direction et lumière confirmant les préceptes de la Torah, guide et exhortation pour ceux qui craignent Allah. [La Table Servie, 5 : 46]. et il a dit : Et Nous t’avons révélé le Livre de vérité qui vient confirmer les Ecritures qui l’ont précédé, en établir l’authenticité et prévaloir sur elles. Juge donc entre eux selon les lois révélées par Allah. [La Table Servie, 5 : 48].
Après les prophètes, leurs partisans ont déformé leur religion, la modifiant et la changeant, semant ainsi la confusion parmi les gens. Ils ont altéré les Livres d’Allah – Le Très-Haut – et les ont remplacés par des écrits de leur propre création. Il ne resta donc aucun Livre intact, sauf le Coran qu’Allah – Le Très-Haut – protège. Il dit : C’est Nous, en vérité, qui avons révélé le Coran et c’est Nous qui veillons à son intégrité. [Sourate Al-Ḥijr : 15/9].
Ô communauté de Muhammad : le Coran a stipulé la mécréance des juifs et des chrétiens ; Allah, Élevé soit-Il, a dit : Pour prix de leur désobéissance et de leur transgression de la loi, ceux des fils d’Israël qui ont rejeté la foi ont été maudits par la bouche de David et de Jésus, fils de Marie. [La Table Servie, 5 : 78], Et comment ne pas déclarer mécréant celui qui a attribué la pauvreté à Allah, Élevé soit-Il, et a tué Ses prophètes ? Allah a bien entendu les paroles des fils d’Israël qui ont affirmé : « Allah est pauvre et nous sommes riches. » Nous consignons leurs allégations, de même que leur meurtre injuste des prophètes, et leur dirons, le Jour de la résurrection : « Goûtez les tourments du feu de l’Enfer » [La Famille d'Imrân, 3 : 181]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : Nous les avons ensuite maudits pour avoir violé leur engagement, renié les signes d’Allah, tué injustement les prophètes et affirmé : « Nos cœurs sont imperméables à la foi. » C’est plutôt qu’Allah a apposé un sceau sur leurs cœurs pour prix de leur impiété, si bien qu’ils sont peu disposés à croire. [Les Femmes, 4 : 155]. Et Il, élevé soit-Il, a dit : Ont assurément rejeté la foi ceux qui affirment qu’Allah s’est incarné dans la personne du Messie, fils de Marie. Or, le Messie lui-même a dit : « Fils d’Israël ! Adorez Allah, mon Seigneur et le vôtre. » Quiconque associe d’autres divinités à Allah se verra privé du Paradis et n’aura d’autre refuge que l’Enfer. Nul ne saurait sauver les impies. [Sourate Al-Mâ`idah (La Table Servie) : 5/72] Ont assurément rejeté la foi ceux qui affirment qu’Allah est la troisième personne d’une trinité. Or, il n’y a qu’un seul dieu en droit d’être adoré... [La Table Servie, 5 : 73].
Ainsi, il n'existe aucune confession authentique ni législation droite ; et il n'y a de religion que la religion de l'Islam, et de Livre parmi les Livres d'Allah que le Coran. Et quiconque affirme le contraire aura forgé un mensonge sur Allah, traité de mensonge ce qui est rapporté dans le Coran, et mécru en ce qu'Allah a révélé à Son Prophète Muḥammad ﷺ.
Ô Allah ! Fais-nous voir la vérité telle qu'elle est et permets-nous de la suivre, et fais-nous voir le faux tel qu'il est et permets-nous de l'éviter. Je dis ce que vous entendez et je demande pardon à Allah pour moi et pour vous de tout péché, demandez-Lui donc pardon ; certes, Il est le Tout-Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, d'une louange pure, abondante et bénie, telle que notre Seigneur l'aime et l'agrée. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah le couvre d'éloge, le préserve et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons, et quiconque suit leur guidée jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : En vérité, les cœurs de ceux qui ne professent pas l'Islam ne nourrissent pour les musulmans que haine et animosité jusqu’au Jour de la Résurrection. Allah (Élevé soit-Il) a dit à ce sujet : Juifs et chrétiens ne seront satisfaits de toi que lorsque tu suivras leur religion. Dis : « Il n’y a de salut que pour ceux qui suivent la voie d’Allah. » [La Vache, 2 : 120], Il n'y a ni affection ni indulgence entre eux et les musulmans. Ils ne cesseront, en effet, de vous combattre jusqu’à vous faire renier, s’ils le peuvent, votre religion. [La Vache, 2 : 217]
Et Allah, Élevé soit-Il, a stipulé que les juifs sont les gens ayant le plus d'inimitié contre les musulmans, et Il a dit : Tu constateras que les hommes les plus hostiles aux croyants sont les juifs et les polythéistes... Sourate Al-Mâ`idah (La Table Servie), verset 82. Comment donc aimer ceux qui nous sont hostiles, qui s’emploient à nous faire disparaître et déploient leurs efforts pour corrompre notre religion ? Et comment aimer ceux qui ne se satisfont que de notre reniement de notre religion, comment les aimer alors qu’Allah (Élevé soit-Il) nous a interdit dans Son Livre de les aimer ou de nous rapprocher d’eux ?! Il dit alors : Vous qui croyez ! Ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour alliés. Ils sont alliés les uns aux autres. Quiconque, parmi vous, déciderait de s’allier à eux deviendrait l’un des leurs. Allah, en vérité, ne saurait guider les impies. [La Table Servie, 5 : 51]. et il a dit : Vous qui croyez ! Gardez-vous de prendre pour alliés ceux qui ont reçu les Ecritures avant vous et les païens pour lesquels votre religion, qu’ils tournent en dérision, n’est qu’un jeu. Craignez Allah, si vous êtes de vrais croyants. [La Table Servie, 5 : 57].
Et le désaveu des mécréants est la voie de l'ami intime d'Allah, Abraham (paix sur lui). Allah, Éxalté soit-Il, a dit : Vous avez un bel exemple en Abraham et en ses compagnons, lorsqu’ils dirent aux leurs : « Nous vous désavouons et vous renions, vous et les fausses divinités que vous adorez en dehors d’Allah. Inimitié et haine sont à jamais déclarées entre nous tant que vous ne croirez pas en Allah seul. » [L'Éprouvée, 60 : 4].
Ô Allah, que quiconque souhaite du tort, de la trahison ou du mal à l’Islam et aux musulmans voie sa machination se retourner contre lui et que le malheur s’abatte sur lui. Réforme la communauté de Mohammed et ramène-la à Ta religion de la plus belle façon.
Ô Allah ! Rends vertueuse la jeunesse musulmane, garçons et filles, guide-les sur les chemins du salut, dirige leurs pas vers la guidée et la droiture, et écarte-les des tentations, manifestes ou cachées.
Ô Allah ! Certes, nous nous réfugions auprès de Toi contre la cherté des prix, les épidémies, l'usure, la fornication, les tremblements de terre, et contre les épreuves, qu'elles soient apparentes ou cachées. Préserve, ô Allah, notre sécurité, protège notre pays, et préserve-nous du mal des méchants et de la ruse des pervers. Et protège-nous des visiteurs de la nuit et du jour, sauf d'un visiteur qui est porteur de bien, ô Puissant, ô Contraignant.
Ô Allah ! Pardonne-nous, à nos parents et à l'ensemble des musulmans, les vivants d'entre eux ainsi que les morts, et accorde le succès à nos gouvernants dans tout bien, piété, rectitude et droiture, ô Toi, le Plein de Majesté et de Noblesse
Et priez sur votre Prophète et saluez-le, comme votre Seigneur vous l’a ordonné ; alors, Il a dit : Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui croyez ! Bénissez-le et saluez-le vous aussi ! [Les Coalisés, 33: 56]. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » Rapporté par Mouslim (n°384).
***
Titre du sermon
Les bienfaits de l’Islam et les vertus de la Communauté
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah, que nous remercions, dont nous sollicitons l’aide et le pardon, et vers qui nous revenons repentants. Nous cherchons refuge auprès de Lui contre les travers de nos âmes et les conséquences de nos actes.
Quiconque Allah guide, nul ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, nul ne peut le guider. Et j'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager.
« Certes, le meilleur discours est le Livre d'Allah, et la meilleure guidée est la guidée de Muhammad (paix et salut sur lui), et les pires affaires sont les nouvelles. Et toute chose nouvelle est une innovation, et toute innovation est un égarement, et tout égarement est dans le Feu. »
Quiconque obéit à Allah et à Son Messager est certes sur la bonne voie ; et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager s'est certes égaré. Il ne nuit qu'à sa propre personne et ne saurait nuire à Allah en quoi que ce soit. Et des gens ne cesseront de se tenir en arrière, jusqu'à ce qu'Allah les relègue en Enfer au Jour de la Résurrection.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô vous les gens ! Craignez Allah le Très Haut et obéissez-Lui, repentez-vous à Lui de tout péché et demandez-Lui pardon ; et quelque bien que vous avancerez pour vos âmes, vous le trouverez auprès d'Allah le Très Haut. Le Jour de la résurrection, chacun sera confronté au bien qu’il aura accompli et au mal qu’il aura commis, dont il voudra être à jamais séparé. Infiniment Bon envers Ses serviteurs, Allah les met en garde contre Son châtiment. [La Famille d'Imrân, 3 : 30].
Les serviteurs d'Allah :
Certes, la religion agréée auprès d'Allah est l'Islam, qu'Il a parachevé, et par lequel Il a accompli Son bienfait sur ses adeptes et les a favorisés sur le reste des créatures. Et Il dit à son sujet : ...J’agrée pour vous l’islam comme religion... [La Table Servie:3], et il a dit : Que celui qui désire une autre religion que l’islam sache que son culte ne sera jamais accepté et que, dans l’au-delà, il sera du nombre de ceux qui auront perdu leurs âmes. Sourate Âl 'Imrân (La Famille d'Imrân) : 3/85.
Ô Musulmans :
Certes, Allah a choisi pour vous la religion et vous a favorisés par elle en vous y guidant d'entre tous les autres dans les mondes. Il vous a ainsi guidés vers la religion droite, et a fait de vous la communauté de Son noble Messager, Muhammad, sur qui soient, de la part de son Seigneur, la prière la plus parfaite et la salutation la plus pure. Il a dit, Exalté soit-Il : ...Votre conversion est au contraire une faveur d’Allah qui vous a fait la grâce de vous guider vers la foi, si vous êtes sincères dans votre foi. [Les Appartements, 49 : 17]. Et Il a dit, Gloire et Pureté à Lui : Allah a certainement comblé les croyants de Ses faveurs en suscitant l’un des leurs comme Messager chargé de leur réciter Ses versets, de purifier leurs cœurs et de leur enseigner le Livre et la Sagesse, eux qui étaient auparavant manifestement égarés. [La Famille d'Imrân, 3 : 164]. Et Il a dit, Gloire et Pureté à Lui, au sujet de la faveur du Noble Coran et du Noble Messager : Dis : « Qu’ils se réjouissent donc de la grâce et de la miséricorde d’Allah, don bien plus précieux que toutes les richesses qu’ils pourraient amasser. » Sourate Yoûnous (Jonas), verset 10:58.
Ô communauté des Musulmans :
La grande et droite religion de l'Islam est l'aboutissement et la quintessence des religions célestes antérieures. Elle englobe ce qu'elles contenaient de meilleur et de plus excellent. Notre Seigneur (qu’Il soit béni et exalté) y a inclus des législations et des préceptes qui contiennent le bienfait pour l'humanité et qui sont valables jusqu’à la fin des temps. Toutes les bonnes législations contenues dans les Livres divins précédents, Allah en a inclus de semblables et de meilleures dans l'Islam. Quant aux législations temporaires qu'ils contenaient, leur validité a pris fin avec le temps qui leur était imparti et avec la disparition des peuples auxquels elles s'adressaient. C’est pourquoi Allah, le Très Haut, les a abrogées par le Noble Coran et la guidée du noble Messager, les rendant ainsi suffisants et dispensant [l’humanité] des précédentes. Quant à la distorsion et à l'altération qui ont affecté la formulation de leurs textes, leurs significations et la manière de les appliquer, ce que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a transmis du Coran, de la guidée et de la clarification, a garanti l’authenticité du texte, la clarté de ses préceptes et la meilleure façon de les appliquer et de les réaliser, tout en étant d'une grande simplicité. Et quant aux fardeaux et aux chaînes que contenaient ces Livres antérieurs, et dont la Sagesse Divine avait chargé les peuples concernés, Allah (qu’Il soit béni et exalté) en a exempté cette communauté, par bonté et miséricorde envers elle. Ainsi, le Noble Coran fut, en vérité : Et Nous t’avons révélé le Livre de vérité qui vient confirmer les Ecritures qui l’ont précédé, en établir l’authenticité et prévaloir sur elles... [La Table Servie : 48] C'est-à-dire : il est conforme à ce qu'elles contenaient de meilleur et le confirme, il abroge leurs règles qui avaient un caractère temporaire et ce dont la communauté n'a plus besoin, et il englobe de nouvelles règles bénéfiques et profitables pour la communauté. Ainsi, Allah a, par le Coran et la guidée du Prophète ﷺ, dispensé la communauté de recourir à ces dernières.
Ô Croyants :
Puisque le Noble Coran et la voie du Noble Messager ﷺ sont d'une telle perfection, d'une telle facilité et d'une telle complétude, la sagesse d'Allah – Béni et Exalté soit-Il – a voulu que la religion de l'Islam, avec laquelle est venu le Messager Mouḥammad ﷺ, abroge les religions qui l'ont précédée et soit universelle pour l'ensemble des êtres tenus pour responsables – humains et djinns – et ce, depuis l'avènement de sa mission prophétique jusqu'à ce que vienne l'Ordre d'Allah à la fin des temps.
Ô communauté des croyants :
Et lorsque la sagesse d'Allah, Béni et Exalté soit-Il, a décrété que Son Messager Mouḥammad ﷺ soit le Sceau des Prophètes, le plus noble et le plus grand des Messagers, et le modèle le plus parfait pour les croyants ; et que sa religion soit la meilleure, la plus grande et la plus complète des religions, et la dernière par laquelle Allah, le Seigneur des mondes, est adoré avant le Jour du Jugement, Sa sagesse a également exigé que Sa religion soit parfaite, exempte de toute imperfection, indulgente et simple, tenant compte des circonstances et des époques. Il y a multiplié les législations et les pratiques qui effacent les mauvaises actions et démultiplient les bonnes actions, et qui élèvent le serviteur en degrés. Il y a institué des périodes méritoires et a désigné des lieux bénis où les œuvres et les récompenses sont démultipliées, ainsi que des œuvres permettant d'affranchir les esclaves. Il a ouvert et élargi les portes du repentir et en a fixé les moments, et Il a diversifié les bonnes œuvres. Il a prescrit de rattraper ce qui a été manqué et a facilité les moyens de s'acquitter, après la mort, de divers droits et obligations. Il a fait de certaines de Ses législations et de Ses rites des devoirs à accomplir en communauté, en tant qu’entraide dans la bonté et la piété, manifestation de la science et de la guidée, et afin de susciter le dépit des ennemis. Malgré tout cela, celui qui a l'habitude d'accomplir une œuvre, puis en est empêché ou en devient incapable, se verra inscrire la récompense de ce qu'il avait l'habitude de faire. Et si une œuvre devient pénible, sa récompense est magnifiée et elle est considérée comme un effort méritoire. Quant à celui qui perd la raison, la plume de la responsabilité légale est levée pour lui. Celui qui vieillit dans l'Islam se voit inscrire ses meilleures œuvres, tandis que ses mauvaises actions ne sont pas enregistrées, par une grâce du Subtil. Et celui dont les œuvres s'interrompent à sa mort, leur récompense continue de lui parvenir par le biais d'une science utile qu'il a laissée, d'une aumône continue, ou d'un enfant pieux qui invoque en sa faveur, de même que pour toute bonne action qui en découle et qui est accomplie par d'autres après lui.
Ô communauté des croyants :
En plus de tout cela, le bienfaisant en Islam est récompensé selon sa meilleure action, et sa récompense est multipliée. Il n’est pas blâmé pour les fautes commises dans l’ignorance et, en plus, il reçoit une récompense sans lien direct avec une action précise. De même, après sa mort, le musulman bénéficie des prières de ceux qui invoquent pour lui, des aumônes des généreux, de l’intercession des intercesseurs agréés, ainsi que de la grâce du Seigneur des Mondes, le Miséricordieux, qui lui accorde pardon et absolution le Jour de la Rétribution.
La communauté de l'Islam :
Parmi les mérites de cette religion, et les faveurs par lesquelles Allah, Béni et Exalté soit-Il, a privilégié ses adeptes par rapport aux croyants qui les ont précédés, il y a le fait qu'Il a fait de la communauté de Muhammad ﷺ la meilleure communauté suscitée pour les gens. Ils sont la communauté du juste milieu, les équitables, l'élite, qui témoigneront contre les gens au Jour du Jugement. Ils sont la communauté qui compte le plus de croyants au Seigneur des mondes, la plus nombreuse à suivre son Messager, Muhammad, le Sceau des Prophètes, et la plus honorée auprès du Seigneur des mondes au Jour du Jugement. Ils sont la première communauté à être jugée avant les autres créatures et la plus nombreuse à se présenter à son Bassin ﷺ, duquel seront chassés tout apostat et hypocrite. Ils sont les premiers à traverser le Pont (« Aṣ-Ṣirâṭ ») et la première communauté à entrer au Paradis. Ils sont aussi les plus nombreux parmi les habitants du Paradis, dont ils constituent les deux tiers. Quant à leur élite, elle compte parmi les plus nobles habitants du Paradis, après les Messagers et les Prophètes, que les prières de mon Seigneur et Son salut soient sur eux tous. Ne fléchissez pas et ne vous affligez pas, car la victoire finale vous est acquise si vous restez attachés à la foi. [La Famille d'Imrân, 3 : 139].
Qu'Allah nous bénisse, vous et moi, par le Coran Sublime, et nous fasse profiter par les versets et le Sage Rappel qu'il contient. Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous. Implorez donc Son pardon, car c'est Lui le Tout-Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa faveur et Sa guidée, nous Le remercions pour Ses bienfaits successifs et abondants, nous implorons Son pardon et nous nous repentons à Lui de tout ce qu'Il n'aime ni n'agrée.
Et j'atteste qu'il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé, car nulle divinité n'est adorée en vérité en dehors de Lui. Mon Seigneur est bien au-dessus des égaux et des contraires, il n'est d'autre Seigneur que Lui et nulle divinité en dehors de Lui.
Et je témoigne que Muḥammad est le serviteur d'Allah, Son Messager et Son Élu, l'Envoyé avec la guidée et la religion de la vérité à l'ensemble des créatures responsables, depuis qu'Allah l'a envoyé jusqu'à ce que le soleil se lève de son couchant, annonçant l'imminence de la Promesse véridique et de la comparution devant Allah.
Qu'Allah prie sur lui, le préserve et le bénisse, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ceux qui les suivent en toute vertu sur sa religion et sa guidée.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah, serviteurs d'Allah, de la crainte qui Lui est due : qu'Il soit évoqué pour n'être point oublié, obéi pour n'être point désobéi, et remercié pour n'être point renié.
Ô vous les gens :
Attestez pour Allah le Très-Haut, de Son Unicité en matière de divinité et d'adoration, et adorez-Le, Gloire à Lui, conformément à ce qu'Il a légiféré, en Lui vouant un culte exclusif par la foi et en espérant Sa récompense, et non par habitude ou coutume. Évitez la mécréance, le polythéisme, les innovations religieuses et les grands péchés, et repentez-vous d'un repentir sincère de tout ce que vous avez commis, auprès du Connaisseur de l'invisible, à l'image de celui qui dit : « Mon Seigneur est Allah », puis se maintient sur le droit chemin.
Et attestez que Son Prophète ﷺ est le sceau des prophètes et l'ami intime du Seigneur des mondes, envoyé à l'ensemble des êtres responsables avec la législation la plus parfaite et la meilleure religion, jusqu'au Jour où ils seront ressuscités ; celui à qui sont réservées l'intercession suprême pour l'ensemble de la création et la Station Louée devant le Vrai ; et l'unique qui ouvrira la porte du Paradis, une promesse véridique. Croyez donc en lui ﷺ et tenez pour véridique ce dont il a informé, obéissez-lui en ce qu'il a ordonné, et écartez-vous de ce qu'il a interdit et proscrit. Et n'adorez Allah que par ce qu'Il a légiféré.
Ô Musulmans :
Invoquez le nom d'Allah, Béni et Exalté soit-Il, et remerciez-Le de vous avoir guidés à l'islam. Manifestez votre allégresse pour cela parmi les gens, mettez en évidence ses mérites et excellez dans la droiture et dans le comportement avec les gens en adoptant son éthique, afin de le faire aimer et d'y attirer le commun comme l'élite. Dis : « En vérité, mon Seigneur m’a guidé vers une voie droite et une religion authentique, celle-là même que professait Abraham, monothéiste pur et sincère qui ne fut point du nombre des polythéistes. » Dis : « Ma prière, mes actes de dévotion, ma vie entière et ma mort sont consacrés à Allah, Seigneur de l’univers » auquel je rends, comme cela m’a été ordonné, un culte exclusif et sincère et auquel je suis le premier à faire acte de soumission. » [Al-An'am : 161-163], C'est ainsi que vous deviendrez des guides bien guidés et des imams pour les pieux, n'étant ni égarés ni égareurs.
Assemblée des croyants :
Prenez garde de vous détourner vous-mêmes ou de détourner autrui de l'un des préceptes de votre Seigneur, Béni et Exalté soit-Il, ou d'une Tradition parmi les Traditions de votre Prophète l'Élu, que ce soit par la parole, l'acte ou le comportement. En effet, toute opposition que vous manifestez publiquement à un précepte catégorique de l'Islam, ou à une Tradition connue du Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) — au point d'en être connus par habitude et persévérance —, laisse entendre ou suggère votre hésitation quant à l'affirmation de ce précepte ou à l'imitation du Prophète (paix et salut sur lui) dans cette Tradition. Ceci est également une forme d'objection à Allah le Très-Haut quant à Sa Législation, ou au Prophète (paix et salut sur lui) quant à la transmission [du message] ou à sa mise en pratique. Et cela est la réalité de la désobéissance et l'essence même de l'égarement. Le Très-Haut a dit : Il n’appartient aucunement à un croyant ou à une croyante de s’opposer à une décision prise par Allah et Son Messager. Quiconque désobéit à Allah et Son Messager s’est manifestement égaré. [Les Coalisés:36] Et Allah, Glorieux et Très-Haut, a certes proféré la plus sévère des menaces à ce sujet, et Il a dit, Exalté soit-Il : Quant à celui qui désobéit à Allah et Son Messager, et transgresse Ses lois, il sera introduit dans un feu où, voué à un châtiment humiliant, il demeurera éternellement. [An-Nisa:14].
Gloire à ton Seigneur tout-puissant, que leurs blasphèmes ne peuvent atteindre ! Que les mérites des Messagers soient à jamais salués ! 181 Et qu’Allah, Seigneur de la Création, soit à jamais loué ! 182﴾ [Les Rangés, 37 : 180 à 182].
***
Titre du sermon
La signification des deux attestations et ce qu'elles impliquent.
L'introduction du premier sermon
Louange à Allah qui ne S'est jamais attribué d'enfant, qui n'a point d'associé dans la royauté et qui n'a jamais eu de protecteur de l'humiliation. Et proclame hautement Sa grandeur. Et j'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, l'Unique, sans associé, exalté soit-Il bien au-dessus de ce que disent les injustes et les négateurs.
Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Il a envoyé à l'approche de l'Heure en tant qu'annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur, prêcheur à Allah par Sa permission et comme une lanterne éclairante. Qu'Allah prie sur lui, sur sa famille, ses Compagnons et ses suiveurs jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il le salue abondamment.
Contenu du premier sermon
Ceci dit : ô gens, craignez Allah, le Très-Haut, et obéissez-Lui.
Ô serviteurs d'Allah : Le premier pilier parmi les piliers de l’Islam est la double attestation : l'attestation qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, et que Muhammad est le Messager d'Allah. Ce pilier est le fondement sur lequel reposent les autres piliers et sur lequel sont bâtis l'ensemble des préceptes de la Religion. Si ce fondement est sain et solide, toutes les œuvres sont alors droites, agréées par Allah et leur auteur en tire profit. Mais si ce fondement est défaillant, toutes les œuvres sont alors corrompues et deviennent une poussière éparpillée ; elles deviennent tel un mirage dans une plaine que l'assoiffé prend pour de l'eau, mais lorsqu'il l'atteint, il ne trouve rien ; elles deviennent telle une cendre sur laquelle le vent souffle violemment en un jour de tempête ; et elles deviennent une source de fatigue pour leur auteur en ce bas-monde, ainsi qu'un regret et une perte le Jour de la Résurrection.
Serviteurs d’Allah, la double attestation a un sens et des implications, et il est important que celui qui la prononce en comprenne la portée et agisse en conséquence ; autrement, la dire seulement ne lui apportera aucun bénéfice.
La signification de l'attestation « Il n'est de divinité qu'Allah » est la reconnaissance que personne ne mérite l'adoration excepté Allah, et que tout ce qui est adoré en dehors de Lui est vain. Il en est ainsi car Allah est la seule véritable divinité, tandis que ce qu’ils invoquent en dehors de Lui n’est que vanité, et qu’Allah est le Très Haut, le Très Grand. [Luqmân, 31 : 30].
L'exigence de l'attestation que "Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah" est de ne consacrer l'adoration qu'à Allah, Seul, et de délaisser l'adoration de tout autre que Lui. Ainsi, lorsque tu dis : « Je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah » ; tu as déclaré ton désaveu de tout ce qui est adoré en dehors d'Allah et tu t'es engagé à n'adorer qu'Allah Seul, à accomplir ce qui a été ordonné et à délaisser ce qui a été interdit. C'est pourquoi, lorsque le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) dit aux associateurs : (Dites : "Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah") ; ils comprirent de cela qu'il leur demandait d'adorer Allah Seul et de délaisser l'adoration des idoles ; ils refusèrent donc de prononcer cette parole, la réprouvèrent et dirent : Réduira-t-il les divinités à un seul dieu ? Voilà chose bien étrange ! » Leurs chefs se retirèrent en disant : « Allez ! Et restez fidèles à vos divinités. Tout ceci est accompli dans un but bien précis. » Nous n’avons rien entendu de tel dans la dernière religion. Ce n’est là que pure invention ! [Sâd: 5-7], La signification de : " Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah " est de faire des divinités une Divinité unique et de délaisser l'adoration de tout ce qui est autre que Lui. Et les polythéistes l'avaient comprise, car ils étaient des Arabes éloquents.
Et les adorateurs des tombes d'aujourd'hui ne comprennent pas la signification de : "Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah", et n'agissent pas selon ses exigences ; c'est pourquoi ils disent : "La ilaha illa Allah", tout en adorant les morts. Les premiers polythéistes avaient donc une meilleure connaissance qu'eux de la signification de "La ilaha illa Allah" et de ce qu'elle implique. Ces adorateurs de tombes disent : "La ilaha illa Allah" et disent malgré cela : Ô 'Ali, Ô Hussein, Ô 'Abd al-Qadir. Ils invoquent les morts et cherchent leur secours pour l'accomplissement de leurs besoins et le soulagement de leurs afflictions, ils tournent autour de leurs tombes et leur offrent des sacrifices. Quel est donc le sens de "La ilaha illa Allah" chez ces gens ? Et quelle en est l'utilité ?! Ce sont en vérité des gens qui ne raisonnent pas. Ils ont oublié Allah qui les a abandonnés à leur sort. [Le Repentir, 9 : 67]. Leur odieux procédé est ainsi embelli à leurs yeux. Allah ne saurait guider ceux qui persistent dans l’impiété. [Le Repentir :37].
Parmi les exigences de l'attestation qu'« il n’est pas de divinité digne d’être adorée en dehors d’Allah », il y a le fait de s’acquitter de l’aumône légale (« Aẓ-Ẓakâh »), de jeûner le mois de Ramadan, d’accomplir le pèlerinage à la Maison si l'on en a la capacité, d'accomplir les obligations religieuses et de délaisser les interdits. En effet, les Compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) – sous la direction d'Abû Bakr Aṣ-Ṣiddîq (qu'Allah soit satisfait de lui) – ont combattu ceux qui refusaient de s'acquitter de l'aumône légale (« Aẓ-Ẓakâh »), alors même qu'ils disaient : « Il n'est de divinité qu'Allah ». Et les Compagnons ont dit que l’aumône légale (« Aẓ-Ẓakâh ») fait partie de ce qu'exige l'attestation « Il n'est de divinité qu'Allah ».
Il fut dit à Al-Ḥasan Al-Baṣrī (qu'Allah lui fasse miséricorde) : « Des gens disent : "Quiconque dit : ‹Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah› entrera au Paradis." » Il répondit : "" Quiconque dit : " Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah " et s'acquitte de son droit et de son obligation ; entrera au Paradis. ", et Wahb ibn Munabbih dit à celui qui l'interrogea : " La parole "Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah" n'est-elle pas la clé du Paradis ? " Il répondit : " Si, mais il n'est de clé qui n'ait de dents ; si tu viens avec une clé qui a des dents, il te sera ouvert, sinon, il ne te sera pas ouvert. ""
Serviteurs d'Allah ! De même que le polythéisme majeur contredit "Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah" et va à son encontre ; de même, tous les autres péchés qui sont moindres que lui amoindrissent ce que cette parole implique et diminuent sa récompense, en fonction du péché commis par le serviteur. Et il est requis du musulman qu'il prononce "Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah", qu'il en connaisse le sens, qu'il agisse conformément à ses exigences, extérieurement et intérieurement, et qu'il s'y tienne avec rectitude. Il a dit - Exalté soit-Il - : Les fausses divinités que les idolâtres invoquent en dehors de Lui ne seront pas autorisées à intercéder en leur faveur. Seuls pourront intercéder ceux qui, en toute connaissance, auront témoigné de la vérité. [Az-Zukhruf:86] témoigné de la vérité C'est-à-dire : il a dit : « Il n'y a de divinité qu'Allah », et ils le savent sciemment. Ce que leurs langues ont prononcé de cette parole se formule dans leurs cœurs.
Craignez donc Allah, ô serviteurs d'Allah, et connaissez la signification de ce témoignage et œuvrez en fonction de ce qu'il implique ; car le but n'est pas de simplement le prononcer sans en comprendre la signification, sans croire en ce qu'il indique, et sans agir en conséquence ; en effet, cela ne profite en rien et n'est d'aucune utilité.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé. Avant toi, nous n’avons envoyé aucun Messager sans lui révéler qu’il n’existe aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah, Lui seul devant être vénéré. [Sourate Al-Anbiyâ`(Les Prophètes) : 21/25]
Introduction du second sermon
Louange à Allah qui a envoyé Son Messager avec la bonne direction et la religion de la vérité pour la faire prévaloir sur toute religion, et Allah suffit comme Témoin. Et j'atteste qu'il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé, en reconnaissance de Lui et en affirmation de Son Unicité ; et j'atteste que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Allah le couvre d'éloges et le préserve de la manière la plus abondante, ainsi que sa famille et ses Compagnons.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit :
Ô vous les hommes : La signification de : " J'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah. " : c'est reconnaître qu'il est un Messager de la part d'Allah, et le croire dans le cœur.
Et ce qu'implique cette attestation se résume en quatre points : 1- Lui obéir dans ce qu’il a ordonné. 2- Le déclarer véridique dans ce qu'il a informé. 3- S’écarter de ce qu’il a interdit et réprimé. 4- Adorer Allah uniquement par ce qu’il a légiféré. Ainsi, lorsque tu attestes qu’il est le Messager d’Allah, il t’incombe de lui obéir dans ce qu’il t’ordonne, de t’écarter de ce qu’il t’a interdit, et de le déclarer véridique au sujet de ce dont il a informé de la part d'Allah le Très-Haut, ainsi qu’au sujet de l'Invisible, passé et futur. Il t’incombe aussi de n'accomplir aucun acte d'adoration que s'il est conforme à sa législation. Tu délaisses donc les innovations et les nouveautés religieuses, ainsi que les paroles qui contredisent sa Sunnah, quel que soit le degré de science et de jurisprudence atteint par leur auteur. Car de chacun d’entre nous, la parole peut être acceptée ou rejetée, sauf celle du Messager d'Allah ﷺ.
L'imam Mâlik ibn Anas, qu’Allah lui accorde Sa miséricorde, a dit : « Chacun d'entre nous réfute et est réfuté, sauf celui qui est dans cette tombe. » C'est-à-dire le Messager d'Allah ﷺ.
L’imam Muhammad ibn Idrîs Ash-Shâfi‘î (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Les savants sont unanimes à dire que celui pour qui la Tradition du Messager d'Allah (paix et salut sur lui) est devenue claire n'a pas le droit de la délaisser pour la parole de quiconque. »
L'imam Ahmad Ibn Hanbal, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Je n'aurai de cesse de m'étonner de personnes qui connaissent les chaînes [de rapporteurs] et leur authenticité, mais qui pourtant vont chercher l'avis de Sufyân, alors qu'Allah le Très-Haut a dit : {Que ceux, donc, qui divergent de son commandement prennent garde qu'une épreuve ne les atteigne [ou que ne les atteigne un châtiment douloureux].} [Sourate : La Lumière (24) / Verset : 63]. Sais-tu que signifie l'épreuve ? C'est le polythéisme. Il se peut qu'un individu qui rejette certaines de ses paroles [i.e : celles du Prophète (paix et salut sur lui)] voit une perversion naître dans son cœur, et ceci le détruira – et Allah le Très-Haut a dit : {...Prenez ce que le Messager vous donne, et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en...} [Sourate : Le Rassemblement (59) / Verset : 7]."
Serviteurs d'Allah : priez sur Mouḥammad et saluez-le.
***
Titre du sermon
Les mérites de la Parole d'Unicité
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah. Nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous repentons à Lui. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille et l'ensemble de ses Compagnons, et qu'Il les salue abondamment.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô croyants, serviteurs d’Allah, je vous invite, ainsi que moi-même, à craindre Allah (Exalté soit-Il) et à rester conscients de Sa présence, en privé comme en public, car cette crainte est la meilleure provision pour obtenir l’agrément d’Allah.
Sachez ensuite – qu’Allah vous fasse miséricorde – que la meilleure des paroles et la plus sublime d’entre toutes est la parole du monothéisme : « Il n’y a aucune divinité, digne d’adoration, en dehors d’Allah ». C’est la parole pour laquelle la Terre et les Cieux ont été façonnés et l’ensemble des créatures ont été créées ; par laquelle les Messagers furent envoyés, les Livres révélés et les législations légiférées ; pour laquelle les Balances ont été dressées, les Recueils consignés, et le Paradis et l’Enfer édifiés ; et par laquelle la création fut divisée en croyants et mécréants, et en pieux et pervers. Elle est l’origine de la création et du commandement, de la récompense et du châtiment, et c’est à son sujet que les premières et les dernières générations seront interrogées le Jour de la Résurrection. Elle est l'attache la plus solide, la parole de la piété, la parole de l'attestation, la clé de la demeure de la Félicité, le fondement de la religion, son origine et son principe essentiel. Allah témoigne, de même que les anges et les hommes de science, qu’il n’est de divinité en droit d’être adorée que Lui et qu’Il est toute justice. Il n’est de dieu digne d’être vénéré que Lui, le Tout-Puissant, l’infiniment Sage. [Sourate Âl 'Imrân (La Famille de 'Imrân) – Coran : 3/18]. Cette immense parole possède de nobles et illustres mérites, ainsi que d'innombrables bienfaits, qui ne peuvent être ni recensés ni cernés.
Serviteurs d'Allah :
Il incombe à chaque musulman de savoir que la parole de l'Unicité : « Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah » — qui est la meilleure, la plus noble et la plus parfaite des paroles — n'est pas acceptée auprès d'Allah par la seule prononciation, sans que l'adorateur n'en applique la signification réelle et son objectif fondamental, à savoir le reniement du polythèisme, l'affirmation de l'Unicité d'Allah, avec une foi ferme en ce qu'elle contient et en agissant en conséquence. C'est par cela que l'adorateur devient un vrai musulman, et c'est ainsi qu'il fait partie des gens de « Il n'est de divinité qu'Allah ».
Serviteurs d'Allah :
Cette immense parole a donc impliqué que ce qui est autre qu'Allah n'est pas une divinité, que la divinité de ce qui est autre qu'Allah est la plus grande des faussetés, et que l'affirmer est la plus grande des injustices et le summum de l'égarement ; Allah (Élevé soit-Il) dit : Qui donc est plus perdu que celui qui, en dehors d’Allah, invoque des divinités incapables d’exaucer ses prières jusqu’au Jour de la Résurrection et totalement indifférentes à ses appels ? Des divinités qui, lorsque les hommes seront rassemblés, leur déclareront leur animosité et renieront l’adoration que ces derniers leur vouaient ? [Al-Ahqâf, 46 : 5-6]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : Il en est ainsi car Allah est la seule véritable divinité, tandis que ce qu’ils invoquent en dehors de Lui n’est que vanité, et qu’Allah est le Très Haut, le Très Grand. [Le Pèlerinage, 22 : 62]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : « ...car le polythèisme est une grave injustice. » [Luqman, 31 :13]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : Ce sont, en vérité, les mécréants qui sont injustes envers eux-mêmes. [La Vache, 2 : 254]. L'injustice consiste à mettre une chose au mauvais endroit. Il ne fait aucun doute que le fait de vouer l'adoration à autre qu'Allah constitue une injustice, car c'est la placer au mauvais endroit. Il s'agit même de la pire des injustices, et de la plus grave qui soit.
Serviteurs d'Allah :
La magnifique parole de l’Unicité (« Il n’existe de divinité digne d’adoration qu’Allah ») porte un sens qu’il est essentiel de comprendre et de saisir. En effet, selon l’avis unanime des savants, la réciter sans en connaître la signification ni agir selon ce qu’elle implique est vain, comme l’a dit Allah (Élevé soit-Il) : Les fausses divinités que les idolâtres invoquent en dehors de Lui ne seront pas autorisées à intercéder en leur faveur. Seuls pourront intercéder ceux qui, en toute connaissance, auront témoigné de la vérité. [Sourate Az-Zouḥrouf (L'Ornement) : 43/86]. Et la signification du verset, selon les exégètes, est : excepté celui qui témoigne qu'il n'y a de divinité qu'Allah, tout en connaissant dans son cœur le sens de ce que sa langue a prononcé. En effet, le témoignage implique la science de l'objet du témoignage ; s'il était fait par ignorance, il ne serait pas un témoignage. Il implique aussi la sincérité et le fait d'agir en conséquence. Par cela - ô serviteurs d'Allah - il apparaît clairement qu'il est indispensable pour cette parole sublime d'en avoir la connaissance, de la mettre en pratique et d'être sincère. Ainsi, par la connaissance, le serviteur échappe à la voie des Chrétiens qui œuvrent sans science ; par la mise en pratique, il échappe à la voie des Juifs qui ont la science mais ne la mettent pas en pratique ; et par la sincérité, il échappe à la voie des hypocrites qui manifestent le contraire de ce qu'ils dissimulent. Et c'est par la connaissance, la mise en pratique et la sincérité que l'on fait partie des gens du droit chemin d'Allah, de ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits, non pas de ceux qui ont encouru Sa colère, ni des égarés.
Serviteurs d'Allah :
La parole : « Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah » ne profite qu'à celui qui en connaît la signification dans sa négation et son affirmation, y croit et œuvre selon elle. Quant à celui qui la prononce et la met en pratique en apparence, sans conviction, celui-là est l'hypocrite. Quant à celui qui la prononce tout en œuvrant à son encontre et en la contredisant par le polythèisme, celui-là est le mécréant. De même, celui qui la prononce puis apostasie de l'Islam en reniant une de ses implications ou un de ses droits, elle ne lui est d'aucun profit. Il en est de même pour celui qui la prononce tout en consacrant certaines formes d'adoration à un autre qu'Allah, telles que l'invocation, le sacrifice, le vœu, l'appel au secours, le fait de placer sa confiance, le retour repentant, l'espérance, la crainte, l'amour et autres actes similaires. Ainsi, quiconque consacre à un autre qu'Allah une adoration qui ne convient qu'à Allah, est un associateur à Allah, le Très Grand, même s'il prononce « Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah » ; car il n'a pas œuvré selon ce qu'elle implique en termes d'Unicité et d'adoration exclusive, ce qui constitue la signification et le sens de cette parole.
Serviteurs d'Allah :
Certes, la signification de "Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah" est : nul n'est digne d'être adoré en toute vérité excepté une seule divinité, et Il est Allah, Seul, sans aucun associé. Et la divinité, dans la langue, est l'être adoré, et "Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah" ; c'est-à-dire : nul n'est digne d'être adoré en toute vérité excepté Allah, comme l'a dit Allah le Très-Haut : Nous n’avons envoyé avant toi nul Messager sans lui révéler qu’il n’est de divinité en droit d’être adorée qu’Allah qui, seul, doit être vénéré. [Les Prophètes, 21 : 25], Ainsi que Sa parole, Exalté soit-Il : Nous avons suscité à chaque peuple un Messager qui l’a exhorté à adorer Allah et à fuir les fausses divinités... [Les Abeilles, 16 : 36]. Il en ressort donc que le sens du terme Al-Ilâh est : Celui qui est adoré, et que la signification de : " Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah " est la dévotion exclusive de l'adoration à Allah Seul, et le délaissement de l'adoration du Taghout. C'est pour cette raison que lorsque le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) dit aux mécréants de Quraysh : « Dites : “Il n'y a de divinité qu'Allah.” Ils dirent : “Réduira-t-il les divinités à un seul dieu ? Voilà chose bien étrange !” [Sâd : 5] » Rapporté par At-Tirmidhî (n°3232), An-Nassâ'î dans "As-Sunan Al-Koubrâ" (n°8769) et Aḥmad (n°2008), et authentifié par Al-Hâfidh Ibn Kathîr. Et le peuple de Houd dit à son prophète, lorsqu'il leur demanda : « Dites : Il n'y a de divinité qu'Allah », « Es-tu venu nous appeler à adorer Allah seul et à délaisser les divinités que vénéraient nos ancêtres ? » [Les Murailles, 7 : 70]. Ils dirent cela, alors qu'il ne les appelait qu'à [attester] : « Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah », car ils avaient compris que le sens visé par celle-ci était de nier la divinité à tout autre qu'Allah, et de la confirmer pour Allah Seul, sans associé. L'attestation « Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah » comprend une négation et une affirmation. Elle nie la divinité à tout ce qui est autre qu'Allah, Éxalté soit-Il ; par conséquent, tout ce qui est autre qu'Allah, qu'il s'agisse des anges ou des Prophètes et à plus forte raison des autres, n'est pas une divinité et ne mérite en rien d'être adoré. Et elle affirme la divinité pour Allah Seul. C'est-à-dire que le serviteur ne doit diviniser personne d'autre que Lui ; autrement dit, il ne doit se tourner vers personne d'autre pour lui vouer un quelconque type de culte (`At-Ta'alluh`), qui est l'attachement du cœur qui impose de se dédier à lui par l'un des types d'adoration, comme l'invocation, le sacrifice, le vœu pieux, et autres.
Serviteurs d'Allah :
Ainsi, " Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah " n'est pas une formule vide de sens, ni une parole sans réalité, ni une expression sans substance. C'est bien au contraire une parole porteuse d'une signification grandiose, la plus sublime des significations, dont l'essence est le désaveu de l'adoration de tout ce qui est en dehors d'Allah, et le fait de se tourner vers Allah Seul, avec soumission, humilité, espoir, désir, repentir et pleine confiance, par l'inclinaison et la prosternation, l'invocation et la requête. Ainsi, celui qui atteste de " Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah " n'implore qu'Allah, n'implore le secours que d'Allah, ne place sa confiance qu'en Allah, n'espère en nul autre qu'Allah, et ne sacrifie que pour Allah. Il ne consacre rien de l'adoration à un autre qu'Allah, il mécroit en tout ce qui est adoré en dehors d'Allah et s'en désavoue auprès de Lui. Voilà donc - Ô serviteurs d'Allah - celui qui incarne véritablement " Il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah ", et celui qui la concrétise avec véridicité.
Je dis ces mots et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous, ainsi que pour l'ensemble des Musulmans de tout péché. Implorez donc Son pardon, Il vous pardonnera ; car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, l'Immense en bienfaisance, Vaste en grâce, générosité et munificence. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons, et qu'Il les préserve très abondamment.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ô serviteurs d'Allah, craignez Allah le Très-Haut comme Il doit être craint, et ayez conscience de Sa surveillance, comme celui qui sait que son Seigneur l'entend et le voit.
Serviteurs d'Allah :
Il est vrai que les textes relatant le mérite de la parole de l’Unicité, « Il n’y a aucune divinité digne d’adoration si ce n’est Allah », sont nombreux. Ils montrent l’importance exceptionnelle de cette parole, sa grandeur, son rang élevé, ainsi que l’abondance des bienfaits et bénédictions qu’elle apporte à ceux qui s’y attachent. Le croyant doit savoir que cette parole immense exige des conditions précises pour être pleinement réalisée, ainsi que des règles fondamentales indiquées dans le Livre d’Allah et la Sounnah du Prophète ﷺ. Wahb ibn Munabbih (qu’Allah lui fasse miséricorde), l’un des plus illustres Successeurs, fut interrogé et on lui demanda : « L'attestation "Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah" n'est-elle pas la clé du Paradis ? Si, fut-il répondu, mais il n'est de clé qui n'ait des dents ; si tu viens avec une clé pourvue de dents, il te sera ouvert, sinon, il ne le sera pas. » Il fait référence par cela aux conditions de l'attestation : « Il n'est de divinité qu'Allah. »
On a dit à Al Hasan Al Basrî (qu'Allah lui fasse miséricorde), l'un des plus illustres Tâbi'în, on lui a dit : "" N'est-ce pas que quiconque dit : " Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah " entrera au Paradis ? " Il répondit : " Si, quiconque s'acquitte de son droit et de son obligation entrera au Paradis. ""
Ce qu'il faut retenir, ô serviteurs d'Allah, c'est que la parole de l'Unicité, « Il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah », dispose de conditions qu'il est impératif de maîtriser, de soigner et de veiller à accomplir. Et lorsque les savants – qu'Allah leur fasse miséricorde – ont étudié minutieusement le Livre d'Allah et la Tradition de Son Prophète ﷺ, il s'est avéré par cette étude approfondie que cette parole a sept conditions sans lesquelles elle n'est pas acceptée.
Celles-ci sont : la science de sa signification qui infirme l'ignorance ; la certitude à son sujet qui infirme le doute et l'incertitude ; la véridicité qui infirme le mensonge ; la sincérité qui infirme le polythéisme et l'ostentation ; l'amour qui infirme la haine et l'aversion ; la soumission qui infirme le délaissement ; et l'acceptation qui infirme le rejet.
Telles sont les sept conditions de cette parole immense, chacune d'entre elles étant appuyée par des dizaines de preuves tirées du Livre d’Allah, exalté soit-Il, et de la Tradition de Son Prophète (paix et salut sur lui). Il est de notre devoir, ô serviteurs d’Allah, que l’attention que nous portons à cette parole soit la plus grande, la plus immense et la plus noble qui soit, et qu’elle surpasse celle que nous accordons à toute autre chose.
Nous demandons à Allah, le Puissant et Majestueux, qu'Il nous accorde la réussite, ainsi qu'à vous, pour mettre en pratique cette parole immense, réaliser ses conditions et s'acquitter de ses droits, et qu'Il nous fasse entrer au Paradis par elle, ainsi que vous. Et adressez vos prières et vos salutations - qu'Allah vous fasse miséricorde - sur Muḥammad, fils de `Abd Allâh, comme Allah vous l'a ordonné dans Son Livre, lorsqu'Il a dit : Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le vous aussi ! [Les Coalisés, 33: 56]. Et il a dit (paix et salut sur lui) : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » [Rapporté par Muslim (408)].
Ô Allah ! Prie sur Muḥammad et sur la famille de Muḥammad.
Titre du sermon
Le mérite de la foi
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous repentons auprès de Lui. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager, Son élu, Son ami intime, le dépositaire de Sa révélation et celui qui a transmis Sa législation aux gens. Que les prières et le salut d'Allah soient sur lui, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô vous les croyants, serviteurs d'Allah, craignez Allah -le Très-Haut- car celui qui craint Allah, Il le protège, et le guide vers le meilleur pour sa religion et sa vie d'ici-bas. La crainte d'Allah -Exalté et Glorifié soit-Il- c'est d'agir dans l'obéissance d'Allah selon une lumière venant d'Allah, en espérant la miséricorde d'Allah, et c'est s'éloigner de la désobéissance d'Allah selon une lumière venant d'Allah, par crainte du châtiment d'Allah.
Serviteurs d'Allah !
Certes, la plus noble chose que les âmes puissent acquérir, que les cœurs puissent obtenir, et par laquelle le serviteur s'élève en ce bas-monde et dans l'au-delà, c'est la foi.
La Foi - ô serviteurs d’Allah - est la plus noble des aspirations, la plus sublime des finalités et le plus éminent des buts, de manière absolue.
La foi, ô serviteurs d’Allah, est la clé de la gloire, du succès et de l’élévation, ici-bas comme dans l’au-delà. Grâce à elle, vous atteignez les plus hautes aspirations et recevez les plus beaux bienfaits.
C'est par la foi – ô serviteurs d'Allah – que le serviteur recevra le Jour de la Résurrection un Paradis, large comme les cieux et la Terre, préparé pour les croyants.
C'est par la foi – ô serviteurs d'Allah – que le serviteur échappe à l'Enfer, à sa chaleur intense et à son fond lointain.
Par la foi - ô serviteurs d'Allah - le croyant obtient le plus noble des dons, à savoir la vision d'Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) le Jour de la Résurrection, comme l'a dit le Prophète (paix et salut sur lui) : « Vous verrez votre Seigneur au Jour de la Résurrection, sans être lésés dans Sa vision. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Par la foi - ô serviteurs d'Allah - on obtient tout bien, toute félicité et toute élévation en ce bas monde et dans l'au-delà, et l'on repousse tout mal, toute calamité et tout châtiment.
Serviteurs d'Allah :
Le devoir qui incombe aux croyants est de vouer d'abondantes louanges à Allah, Exalté et Magnifié soit-Il, pour Sa faveur de les avoir guidés à Lui, comme Il a dit, Exalté et Magnifié soit-Il : Mais Allah a fait naître dans vos cœurs l’amour de la foi qu’Il a rendue désirable à vos yeux, de même qu’Il vous a rendu haïssables l’impiété, le péché et la désobéissance, vous mettant ainsi sur le droit chemin, [Les Appartements, 49 : 7].
Serviteurs d'Allah !
La foi n'est pas un souhait ni une parure, mais c'est ce qui s'ancre dans le cœur et que les œuvres confirment.
La foi - ô serviteurs d'Allah - est un ensemble de croyances authentiques et de certitudes bien ancrées, dont le fondement et l'édifice reposent sur la foi en Allah, Ses Anges, Ses Livres, Ses Messagers, au Jour Dernier, et la foi au Destin : son bien et son mal. En effet, dans le Sahih de Muslim, d'après le hadith de 'Umar - qu'Allah soit satisfait de lui -, Jibrîl interrogea le Prophète ﷺ au sujet de la foi, il lui dit : « Informe-moi sur la foi. » Il répondit : C’est croire en Allah, en Ses anges, Ses livres, Ses messagers, au Jour Dernier, et croire aussi au destin, qu’il soit bon ou mauvais. [Rapporté par Muslim (8)].
La foi -ô serviteurs d'Allah- est une obéissance pure, de grandes adorations et des œuvres grandioses et variées, par lesquelles le musulman se rapproche d'Allah. Les piliers de ces adorations sont au nombre de cinq, et leur explication est venue dans un hadith du Prophète -paix et salut sur lui- dans lequel il a dit : « L'Islam a été bâti sur cinq piliers : l'attestation qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de l'aumône légale, le jeûne de Ramadan et le pèlerinage à la Maison [Sacrée]. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Ces cinq œuvres, ainsi que l'ensemble des œuvres et des rites de la religion, font toutes partie de la foi. En effet, il est rapporté dans les deux Sahîh, d’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah les agrées tous les deux), le récit de la venue de la délégation de ‘Abd al-Qays auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) dans lequel il (sur lui la paix et le salut) leur a dit : « Je vous ordonne de croire en Allah. Savez-vous ce qu'est la foi en Allah ? » Ils dirent : « Allah et Son Messager sont plus savants. » Il dit : « La foi en Allah est l'attestation qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah ; l'accomplissement de la prière ; l'acquittement de l'aumône légale ; le jeûne [du mois de] Ramadan ; et que vous donniez le cinquième du butin. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Ce noble hadith indique donc que les rites de l'islam, les œuvres de la religion, les différentes formes d'obéissance et les actes de dévotion font tous partie de la foi.
La foi – ô serviteurs d'Allah – possède de nombreuses branches et des œuvres diverses ; certaines s'accomplissent par la langue, d'autres par le cœur, et d'autres encore par les membres. En effet, il est rapporté dans le hadith que le Prophète (qu'Allah le couvre d'éloges et le préserve) a dit : « La foi comporte soixante-dix et quelques branches. La plus haute d’entre elles est l’attestation qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, et la plus infime consiste à ôter ce qui est nuisible du chemin, et la pudeur est une branche de la foi. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
La foi, chers serviteurs d’Allah, c’est s’éloigner de ce qui est illicite, se protéger des péchés et éviter les fautes. Il est rapporté dans les deux Sahihs, d’après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée), que le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : « Le fornicateur qui fornique n'est pas croyant au moment où il fornique ; le voleur qui vole n'est pas croyant au moment où il vole ; le buveur d'alcool n'est pas croyant au moment où il boit ; celui qui s'empare d'un butin de valeur à la vue des gens n'est pas croyant au moment où il s'en empare. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Ce grand hadith prouve que délaisser l'interdit et s'éloigner des péchés, tout cela fait partie de la foi.
La foi - ô serviteurs d'Allah - c'est de s'abstenir de nuire, de s'éloigner de l'injustice, et de respecter les engagements, les pactes et les dépôts confiés ; en effet, il est rapporté dans le hadith que le Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : " Le croyant est celui de qui les gens sont à l'abri dans leur sang et leurs biens. " [Rapporté par Tirmidhî (n°2627) ; An-Nassâ'î (n°4995) ; Aḥmad (n°8918). Et Al-Albânî l'a authentifié.]
Et dans un autre hadith, il ﷺ a dit : « Il n'y a pas de foi pour quiconque n'est pas digne de confiance. » [ ] Rapporté par Aḥmad (n°12567), Al Bazzâr (n°7196) et Abû Ya'lâ (n°2863), d'après Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée). Al Albânî l'a authentifié.
La foi - ô serviteurs d'Allah - est amour mutuel, fraternité, affection et entraide, et dans un hadith, le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : " Aucun de vous ne croira vraiment jusqu'à ce qu'il aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même. " Unanimement reconnu comme authentique, c’est-à-dire rapporté par Al Boukhârî et Mouslim.
Et dans un autre hadith, il ﷺ a dit : " L'exemple des croyants dans leur affection et leur miséricorde mutuelles est comparable à un seul corps : lorsque l'un de ses membres souffre, le reste du corps réagit par de la fièvre et de l’insomnie. " [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
La foi - Ô serviteurs d'Allah - est solidarité, compassion et entraide entre les croyants, et efforts d'invocations. Allah (Élevé soit-Il) a dit : S’agissant des croyants venus après eux, ils implorent : « Veuille, Seigneur, nous pardonner, ainsi qu’à nos frères qui nous ont devancés dans la foi, et préserver nos cœurs de toute haine à l’encontre des croyants ! Tu es, Seigneur, toute bonté et toute miséricorde ! » [Le Rassemblement, 59 : 10].
La foi, serviteurs d'Allah, est la droiture dans l'obéissance à Allah, la persévérance et l'assiduité dans l'adoration d'Allah, et la fermeté sur la religion d'Allah jusqu'à la mort. Le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) dit dans le hadith de Sufyân ibn ‘Abd Allâh Ath-Thaqafî, lorsque ce dernier demanda au Prophète (paix et salut d’Allah sur lui) : « Dis-moi en Islam une parole dont je n’interrogerai personne d’autre que toi. » Il dit : "Dis : Je crois en Allah, puis fais preuve de droiture." Rapporté par Muslim (n°38).
Serviteurs d'Allah !
La foi est pour la personne une beauté, une parure et un délice, de même qu'elle a un délice et une saveur sans égal ; le Prophète (paix et salut sur lui) dit : Quiconque accepte Allah comme Seigneur, l’Islam comme religion et Muhammad ﷺ comme Messager a goûté à la douceur de la foi. Rapporté par Muslim (n°34).
Et dans un autre hadith, il ﷺ a dit : « Si trois choses se rassemblent chez une seule et même personne, elle goûtera alors à la douceur de la foi : qu'Allah et Son Messager lui soient plus chers que toute autre chose, qu'il aime son prochain uniquement pour Allah, et qu'il répugne retourner à la mécréance - après qu'Allah l'en ait sauvé - comme il répugnerait être jeté dans le Feu. » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim]. Il est une parure et une beauté ; et parmi les invocations du Prophète ﷺ : « Ô Allah ! Embellis-nous de l'ornement de la foi, et fais de nous des guides bien guidés. » [Rapporté par An-Nassâ`i (n°1305) et Ahmad (n°18351). Al-Albânî l'a authentifié.]
Et dans le Coran, Allah, Exalté soit-Il, dit : ...Mais le vêtement de la piété, cela est meilleur... [Les Murailles, 7 : 26].
Serviteurs d'Allah !
Le devoir des croyants est de veiller sur leur foi comme il se doit, de connaître son statut et sa valeur, et de lui accorder une attention prioritaire sur toute autre chose ; car elle est le fondement du bien, du bonheur, du succès et de l'élévation, dans ce bas monde et dans l'au-delà.
Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous, et pour l'ensemble des Musulmans de tout péché. Implorez donc Son pardon, Il vous pardonnera ; car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, l'Immense en Bienfaisance, le Vaste en grâce, générosité et munificence. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager ; qu'Allah prie sur lui et le préserve, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit :
Donc, ô serviteurs d'Allah, craignez Allah, le Très-Haut, et sachez qu'Il vous observe. Al-Hâkim rapporte dans son *Mustadrak*, d'après un hadith de `Abd Allah ibn `Amr ibn Al-`Âs (qu'Allah les agrée), que le Prophète ﷺ a dit : « Certes, la foi s'use dans le cœur de l'un de vous comme s'use l'habit ; demandez donc à Allah de renouveler la foi dans vos cœurs. » Rapporté par Al Hâkim dans Al Mustadrak (5) et par At-Tabarânî dans Al Kabîr (n°14668), authentifié par Al Albânî dans Silsilah As-Sahîhah (n°1585).
Serviteurs d'Allah !
Oui, certes, la foi s'use ; c'est-à-dire qu'elle s'affaiblit, diminue, vieillit et s'use à l'instar de l'habit. Et la cause de cela - ô serviteurs d'Allah - est ce par quoi le serviteur est éprouvé en cette vie : par le fait de commettre des péchés et de se livrer aux désobéissances, ce qui fait alors diminuer la foi ; et également en raison de ce que le serviteur rencontre comme tentations, distractions et obstacles qui le détournent de la foi pour laquelle Allah l'a créé et l'a fait exister afin qu'il la concrétise.
Ainsi, la situation - ô serviteurs d'Allah - requiert une orientation sincère vers Allah, et une demande insistante envers Lui (Béni et Exalté soit-Il) pour qu'Il augmente la foi et la fortifie, qu'Il la renouvelle dans le cœur et l'y affermisse. Et Allah (le Très-Haut) dit : Allah raffermit les croyants ici-bas et dans l’au-delà par cette bonne parole... [Abraham, 14 : 27].
L'autre point, ô serviteurs d'Allah, est que le croyant doit s'efforcer de réaliser sa foi, de la parfaire et de l'élever ; car la foi se renforce et s'affaiblit, et elle augmente et diminue. En effet, ‘Umayr ibn Ḥabīb al-Khaṭmī, qu'Allah soit satisfait de lui, qui était un illustre Compagnon, a dit : La foi augmente et diminue. Il fut dit : Et quelle est son augmentation et sa diminution ? Il répondit : Lorsque nous évoquons Allah, Le louons et Le glorifions, elle augmente ; et lorsque nous sommes insouciants, délaissons et oublions, elle diminue.
C'est pourquoi, le serviteur à qui Allah a accordé la réussite ne cesse de s'efforcer en cette vie à renforcer sa foi et à s'éloigner des causes de sa diminution et de sa faiblesse.
Ô Allah ! Améliore-nous notre religion, celle qui nous est une protection pour toutes nos affaires.
***
Titre du sermon
La Foi et les causes de son augmentation et de sa diminution
Introduction du premier sermon
Oui, toute louange revient à Allah : nous Le remercions, cherchons Son aide, implorons Son pardon et nous repentons à Lui. Nous nous plaçons sous Sa protection contre les travers de nos âmes et les conséquences de nos actes. Celui qu’Allah guide, personne ne peut l’égarer, et celui qu’Il égare, nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’existe aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah, Unique et sans associé, et que Mouḥammad est Son serviteur et Messager, Son élu, Son proche, le dépositaire de Sa Révélation et celui qui a transmis Sa loi aux hommes. Que les prières et la paix d’Allah soient sur lui, sa famille et tous ses Compagnons, avec de nombreuses salutations.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô serviteurs d’Allah, je vous recommande, ainsi qu’à moi-même, la crainte d’Allah ; car quiconque craint Allah, Il le protège et le guide vers les meilleures choses de sa religion et de sa vie ici-bas. Sachez ensuite, qu’Allah vous fasse miséricorde, que la chose la plus importante dont le serviteur doit se soucier dans cette vie est la foi ; car elle est la meilleure chose que les âmes puissent acquérir, que les cœurs puissent obtenir et par laquelle le serviteur atteint l’élévation ici-bas et dans l’au-delà ; bien plus, tout bien ici-bas et dans l’au-delà dépend d’une foi authentique ; elle est la plus grande des aspirations, le plus sublime des desseins et le plus noble des objectifs. C’est par la foi, ô serviteurs d’Allah, que le serviteur mène une vie agréable dans les deux demeures, qu’il est sauvé des malheurs, des maux et des épreuves, et qu'il obtient les plus beaux dons et les plus larges bienfaits. C’est par la foi qu’il obtient la récompense de l’au-delà ; il entrera alors dans un Paradis aussi large que le ciel et la terre, où se trouvent une félicité éternelle et une grâce immense, ce que nul œil n’a vu, nulle oreille n’a entendu et nul cœur humain n’a jamais imaginé. C’est par la foi, ô serviteurs d’Allah, que le serviteur est sauvé d'un Feu au châtiment intense, au gouffre profond et à la chaleur douloureuse. C’est par la foi que le serviteur obtient la satisfaction de son Seigneur (Gloire sur Lui), qui ne sera alors jamais en colère contre lui, et c’est par elle qu’au Jour de la Résurrection, il goûtera au délice de contempler Son Noble Visage, sans subir d'adversité nuisible ni d'épreuve qui égare. Et c'est par la foi que le cœur s'apaise, que l'âme est sereine et que l'esprit se réjouit. ceux qui ont la foi et dont les cœurs s’apaisent à l’évocation d’Allah. C’est en effet dans l’évocation d’Allah que les cœurs trouvent véritablement la paix. [Le Tonnerre, 13 : 28]. La foi comporte d’immenses bienfaits, des effets bénis, de délicieux fruits et un bien continu, ici-bas et dans l'au-delà, que Seul Allah peut dénombrer et cerner. Nul ne sait ce qui leur est réservé, en récompense de leurs œuvres, comme félicité. [La Prosternation, 32 : 17].
Serviteurs d'Allah :
La foi est un arbre béni, d'une grande utilité, aux bienfaits abondants et aux fruits nombreux. Il a un lieu où être planté, un arrosage qui lui est propre, ainsi qu'une racine, des ramifications et des fruits. Quant à son lieu, c'est le cœur du croyant ; c'est là que ses graines et ses racines sont placées, et c'est de là que ses branches et ses ramifications émergent. Quant à son arrosage, il s'agit de la Révélation explicite : le Livre d'Allah et la Tradition de Son Messager (sur lui la paix et le salut). C'est par elle que cet arbre béni est arrosé, et il ne peut avoir de vie ni de croissance sans elle. Quant à sa racine, ô serviteurs d'Allah, elle correspond aux six fondements de la foi : la foi en Allah, Ses Anges, Ses Livres, Ses Messagers, le Jour Dernier, et la foi au Destin, qu'il soit bon ou mauvais. Le plus élevé de ces fondements est la foi en Allah ; c'est le fondement des fondements de cet arbre béni. Quant à ses ramifications, ce sont les bonnes œuvres, les obéissances variées et les nombreux actes de dévotion que le croyant accomplit, tels que la prière, l'aumône légale, le pèlerinage, le jeûne, la piété, la bienfaisance, et autres. Quant à ses fruits, ils consistent en tout bien et tout bonheur que le croyant obtient dans ce bas monde et dans l'au-delà ; c'est là un fruit parmi les fruits de la foi et une de ses conséquences. A ceux, hommes ou femmes, qui accomplissent de bonnes œuvres, tout en étant croyants, Nous réservons une vie heureuse et une généreuse récompense pour leurs bonnes actions. [Les Abeilles, 16 : 97].
Serviteurs d'Allah :
Les gens ont des niveaux de foi qui varient considérablement selon leurs divergences quant à ces qualités, en matière de force et de faiblesse, d'augmentation et de diminution. Il incombe donc au serviteur musulman sincère envers lui-même de s'efforcer de connaître ces qualités, d'y méditer, puis de les appliquer dans sa vie, afin que sa foi augmente, que sa certitude se raffermisse et que sa part de bien s'accroisse. De même, il incombe aux serviteurs d’Allah de se préserver de tomber dans les affaires qui diminuent la foi et affaiblissent la religion, afin d’être à l’abri de leurs conséquences funestes et de leurs suites douloureuses.
Serviteurs d'Allah :
La foi a de nombreuses causes qui l'augmentent et la renforcent, dont les plus importantes sont : l'apprentissage de la science bénéfique, la lecture et la méditation du noble Coran, la connaissance des plus beaux Noms d'Allah et de Ses Attributs sublimes, la contemplation des mérites de la pure religion islamique, l'étude de la vie de notre noble Prophète ﷺ et de celle de ses nobles Compagnons, ainsi que la méditation et l'observation de ce vaste univers et de ce qu'il contient comme indications éblouissantes, preuves manifestes et signes évidents. « Tu n’as pas, Seigneur, créé tout ceci en vain. Gloire à Toi ! Préserve-nous des tourments de l’Enfer ! » [La Famille d'Imrân, 3:191] De même que la foi augmente par le zèle et l'effort dans l'obéissance à Allah, par l'observation de Ses commandements, et en préservant son temps dans Son obéissance et dans ce qui rapproche de Lui. Ceux qui luttent pour Notre cause seront certainement guidés vers le droit chemin. Allah, en vérité, soutient toujours les hommes de bien. [L'Araignée, 29 : 69].
Serviteurs d'Allah :
La foi a de nombreuses causes qui la diminuent et l'affaiblissent ; le serviteur croyant doit s'en prémunir et prendre garde de ne tomber dans aucune d'entre elles. Les plus importantes sont : l'ignorance de la religion d'Allah, l'insouciance, le fait de se détourner de la religion, l'accomplissement des actes de désobéissance et des péchés, l'obéissance à l’âme qui est incitatrice au mal, la fréquentation des gens de la perversité et de la débauche, le suivi des passions et du Diable, et le fait d'être leurré par ce bas-monde et séduit par lui au point qu'il devienne l'aspiration suprême de l'être humain et son objectif principal.
Serviteurs d'Allah :
Lorsque les prédécesseurs (pieux) de la communauté, son avant-garde et son élite, prirent conscience de l'importance capitale de la foi et du besoin impérieux de celle-ci, et que ce besoin est plus grand que celui de la nourriture, de la boisson et de l'oxygène, l'attention qu'ils lui accordaient était immense et prioritaire sur toute autre chose. Ainsi, ils veillaient sur leur foi, examinaient leurs œuvres et s'entraidaient.
'Oumar ibn Al-Khaṭṭâb (qu'Allah l'agrée) disait à ses Compagnons : "Venez, augmentons notre foi." 'Abd Allah ibn Masʽoûd (qu'Allah l'agrée) disait : "Asseyez-vous avec nous pour que nous renforcions notre foi." Et il disait dans son invocation : « Ô Allah ! Augmente ma foi, ma certitude et ma compréhension. » ʽAbduLlah Ibn Rawâḥah (qu'Allah l'agrée) prenait par la main un groupe de ses compagnons et disait : « Venez, croyons un instant. Venez, évoquons Allah et augmentons notre foi par notre obéissance envers Lui, afin qu'Il Se souvienne de nous en nous accordant Son pardon. » Abou Ad Dardâ (qu'Allah l'agrée) disait : « Il relève de la perspicacité du serviteur de savoir s'il est en progression ou en régression. » C'est-à-dire : de la foi, et certes, la perspicacité du serviteur consiste à savoir d'où lui viennent les instigations de Satan. 'Umayr ibn Habîb Al-Khaṭmî (qu'Allah l'agrée) disait : "La foi augmente et diminue." Il fut dit : "Et en quoi consistent son augmentation et sa diminution ?" Il répondit : "Lorsque nous évoquons Allah, Exalté soit-Il, que nous Le louons et Le glorifions, c'est là son augmentation ; et lorsque nous sommes inattentifs, négligents et oublieux, c'est là sa diminution." Et les citations rapportées d'eux en ce sens sont nombreuses.
Serviteurs d'Allah :
C’est pourquoi le serviteur croyant, à qui la réussite a été accordée, s’efforce sans relâche tout au long de sa vie d’accomplir deux grandes réalisations et de poursuivre deux nobles objectifs.
La première : Le renforcement de la foi et de ses ramifications, et leur réalisation par la science et l'action. La deuxième : S'efforcer de repousser ce qui s'y oppose, l'annule ou la diminue parmi les tentations apparentes et cachées, de remédier à ses manquements concernant la première et à ses transgressions concernant la deuxième par un repentir sincère, de rattraper cela avant qu'il ne soit trop tard, et de se tourner vers Allah, Glorifié et Élevé soit-Il, d'un retour sincère, avec un cœur repentant et une âme humble, apaisée, se tournant vers Allah, qui espère Sa miséricorde et craint Son châtiment. Nous demandons à Allah le Très Généreux, par Ses plus beaux Noms et Ses Attributs élevés, de nous accorder à tous la réalisation et le parachèvement de cela de la manière qui Le satisfait nous concernant, de nous pourvoir tous d'une foi sincère, d'une certitude parfaite et d'un repentir sincère, et de nous pardonner, ainsi qu'à nos parents, et aux musulmans et musulmanes, et aux croyants et croyantes ; Certes, Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, l'Immense en bienfaisance, Vaste en grâce, en générosité et en faveurs. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit : Ô serviteurs d'Allah :
Je vous enjoins, ainsi qu'à moi-même, la crainte d'Allah ; en effet, la crainte d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) est le fondement du salut et le signe du bonheur ici-bas et dans l'au-delà. La crainte d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il), c'est que le serviteur agisse dans l'obéissance d'Allah, selon une lumière venant d'Allah, en espérant la récompense d'Allah, et qu'il délaisse la désobéissance d'Allah, selon une lumière venant d'Allah, par crainte du châtiment d'Allah.
Serviteurs d'Allah : Al-Hâkim a rapporté dans Al-Mustadrak et At-Tabarânî dans Al-Mu'jam Al-Kabîr, d'après 'Abd Allah ibn 'Amr ibn Al-'Âs (qu'Allah les agrée tous les deux) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Certes, la foi s'use dans le cœur de l'un de vous comme s'use l'habit. Demandez donc à Allah de renouveler la foi dans vos cœurs. » [Rapporté par At-Tabarânî dans la partie perdue de son : " Mu'jam Al Kabîr ", et par Al Hâkim (1/4) avec une chaîne de transmission jugée bonne par Al Haythamî et Al Albânî dans : " As-Sahîhah " (n°1585)]، Il (paix et salut d'Allah sur lui) a donc décrit la foi comme s'usant de la même manière qu'un habit. C'est-à-dire qu'elle s'use, s'affaiblit et diminue en raison des désobéissances et des péchés dans lesquels l'individu peut tomber, et de ce qu'il rencontre dans cette vie comme distractions variées et épreuves considérables, qui font disparaître la fraîcheur, la vitalité et la force de la foi, et affaiblissent sa beauté, son éclat et sa splendeur. C'est pourquoi, dans ce noble hadith, il (paix et salut d'Allah sur lui) a recommandé d'entretenir la foi, d'œuvrer à la renforcer, et de demander à Allah (Béni et Élevé soit-Il) de l'accroître et de la raffermir. Et Allah (Exalté soit-Il) dit : Mais Allah a fait grandir dans vos cœurs l’amour de la foi, qu’Il a rendue agréable à vos yeux, et Il vous a inspiré la haine de l’impiété, du péché et de la désobéissance, vous guidant ainsi sur le droit chemin. [Les Appartements, 49 : 7].
Ô serviteurs d'Allah : il est donc bénéfique au serviteur croyant de veiller sincèrement sur sa foi, qui est ce qu'il a de plus cher et de plus précieux, car elle est la meilleure provision pour la rencontre avec Allah.
L’homme lucide, ô serviteurs d’Allah, est celui qui demande des comptes à son âme et œuvre en vue de ce qu’il aura à affronter après la mort. Et l’homme insensé est celui qui obéit à ses passions et espère vainement en Allah. Et priez et saluez Muḥammad ibn `Abd Allah comme Allah vous l'a ordonné dans Son Livre, lorsqu'Il a dit : Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le vous aussi ! [Les Coalisés, 33: 56]. Et il (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » [Rapporté par Muslim (408)].
***
Titre du sermon
Al Ihsân (La bienfaisance)
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, Seigneur des mondes. Je Le loue d'une louange digne de la majesté de Sa Face et de l'immensité de Son autorité. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que notre Prophète Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager, Son élu parmi Ses créatures et Son ami intime. Qu'Allah couvre d'éloges, préserve et bénisse notre Prophète Muhammad, ainsi que sa famille, l'ensemble de ses Compagnons, et ceux qui les suivent en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution.
Contenu du premier sermon
Craignez Allah, le Très-Haut, obéissez-Lui, accomplissez de bonnes actions et cherchez à les parfaire ; car la sincérité et la qualité des œuvres sont une source de salut pour le serviteur et un gage de réussite dans cette vie et dans l’Au-delà. Ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres n’ont commis aucun péché en consommant ces boissons avant leur prohibition, s’ils s’en gardent désormais, croient en Allah et accomplissent de bonnes actions, s’attachent fermement à la piété et à la foi et font le bien, poussés par la crainte d’Allah. Allah aime les hommes de bien. [La Table Servie, 5 : 93].
Ô Musulmans : la vertu est le plus haut des rangs de la Religion, et elle n'est pas introduite dans une chose sans l'embellir, la compléter et la perfectionner, l'élevant ainsi aux plus hauts rangs ; car lorsque le serviteur accomplit une œuvre avec excellence, il y est sincère envers Allah et en conformité avec la guidée du Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui). Il a dit (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) : « L'Excellence consiste à adorer Allah comme si tu Le voyais, mais même si tu ne Le vois pas, alors Lui te voit » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim]. Cela engendre la crainte, la peur, l'appréhension et la vénération… et engendre également la sincérité dans l'adoration et le déploiement de l'effort pour l'améliorer, la parfaire et la compléter.
Toute œuvre, religieuse ou mondaine, lorsque celui qui l'accomplit y observe son Seigneur (pureté à Lui), la bienfaisance s'y réalise et elle atteint son état le plus parfait ; que son bienfait se limite à son auteur, comme sa prière, sa lecture et son adoration, ou qu'il s'étende à autrui, ce qui est le fait de transmettre la bienfaisance aux gens. La bienfaisance est donc le perfectionnement de l'œuvre, et ce qui y incite est la conscience de la présence d'Allah en secret et en public.
Et le plus grand mérite de la Vertu est qu'elle est le plus haut des degrés de la Religion ; puisque la Religion est l'Islam, la Foi et la Vertu, et le plus haut de ces degrés est la Vertu.
Allah, Exalté soit-Il, a dit : Qui professe meilleure religion que celui qui se soumet à Allah tout en faisant le bien et qui suit la voie d’Abraham, monothéiste pur et sincère... Sourate An-Nissâ` (Les Femmes), verset 125. Et Allah, Elevé soit-Il, a dit : Ce sont, au contraire, ceux qui se soumettent à Allah, tout en faisant le bien, qui obtiendront leur récompense auprès de leur Seigneur et seront préservés de toute crainte et de toute affliction. [Sourate Al-Baqarah (La Vache) : 2/112].
Et les bienfaisants ont la faveur d'être avec Allah le Très-Haut : Allah, en vérité, est avec ceux qui fuient le péché et ne cessent de faire le bien. [Les Abeilles, 16 : 128]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : Ceux qui luttent pour Notre cause seront certainement guidés vers le droit chemin. Allah, en vérité, soutient toujours les hommes de bien. [L'Araignée, 29 : 69].
Et les bienfaisants obtiennent Son amour (Puissant et Majestueux), cela est mentionné dans de nombreux versets, parmi lesquels : la parole d'Allah (Élevé soit-Il) : Faites le bien, Allah aime les hommes de bien. [La Vache, 2 : 195]. Et Sa Parole (Élevé soit-Il) : Allah les a alors récompensés ici-bas avant de leur accorder la sublime récompense de l’au-delà. Allah aime les hommes de bien. La famille d'Imrân, 3:148.
Et parmi les mérites de la bienfaisance, il y a le fait que le Paradis en tire son nom ; car elle est la demeure de la plus belle récompense, et les bienfaisants en sont les plus dignes. Elle est leur demeure et leur lieu de résidence permanent. Et Allah, le Très Haut, a dit : A ceux qui répondent à l’appel de leur Seigneur est promise la plus belle récompense. [Le Tonnerre, 13 : 18]. C'est-à-dire : le Paradis (Al Jannah). Et Il a dit, Exalté soit-Il : Quant à ceux que Nous avons prédestinés à une éternelle félicité, ils seront tenus éloignés de l’Enfer [Les prophètes : 101]. C'est-à-dire : Ceux qui méritent la meilleure récompense, le Paradis, sont écartés de l’Enfer.
Les bienfaisants auront le Paradis en récompense de leur bienfaisance. Allah, le Très-Haut, a dit : En récompense de leurs paroles, Allah les recevra dans des jardins traversés de rivières où ils demeureront pour l’éternité, digne rétribution des hommes de bien. [La Table Servie, 5 : 85].
Et Allah, Exalté soit-Il, peut laisser la rétribution des bienfaisants indéterminée, afin qu'elle soit une immense rétribution qu'aucun cœur humain ne saurait concevoir. Et le généreux bienfaisant rétribue à la mesure de sa générosité et de sa bienfaisance, et Allah, Exalté soit-Il, est le plus Généreux des généreux. Il a dit, Exalté soit-Il : C’est ainsi que nous récompensons les hommes vertueux. [Le Récit, 28 : 22], Dans la sourate Aṣ-Ṣāffāt, le Très Haut a mentionné un ensemble de Prophètes (paix et salut sur eux), les bienfaits dont Il les a comblés et les épreuves dont Il les a délivrés, puis Il a conclu le récit de chacun d'eux par Sa parole : C’est ainsi que Nous récompensons les hommes de bien. [Les Rangés, 37 : 80]. Et Il a mentionné, Glorifié soit-Il, un groupe d'entre eux dans la sourate Al-An'am et a conclu leur mention par Sa parole (Exalté et Magnifié soit-Il) : C’est ainsi que Nous récompensons les hommes de bien. [Sourate Al-An'âm (Les Bestiaux) : 6/84].
Ceci démontre que la bienfaisance est la mission des Prophètes et des Messagers, et que leur appel à l'Unicité divine, à l'observance des lois divines et aux nobles vertus fait partie de la bienfaisance qu'ils prodiguent aux hommes. De même, leur patience face aux préjudices qu'ils subissaient de la part de leurs peuples est une forme de bienfaisance. Ils sont donc les plus bienfaisants de toutes les créatures, tant dans leur adoration d'Allah que dans leur bienfaisance à l'égard des créatures.
Et parmi l'immense récompense qui attend les bienfaisants se trouve la vision d'Allah le Très-Haut au Paradis, alors qu'Il les agrée. En effet, rien ne leur a été donné de plus immense que cela. Il (le Très-Haut) a dit : A ceux qui auront bien agi est réservée la plus belle récompense et plus encore. Leurs visages ne seront ni assombris, ni couverts d’opprobre. Voilà ceux qui sont promis au Paradis où ils demeureront pour l’éternité. [Jonas, 10 : 26]. La meilleure récompense est le Paradis, et l'augmentation est la Vision d'Allah ﷻ.
Quant aux bienfaisants, la récompense de leur bienfaisance est préservée ; rien n'en est donc jamais perdu. Le Très-Haut a dit : Ils ne connaîtront ni soif, ni fatigue, ni faim en combattant pour la cause d’Allah. Ils ne fouleront aucun sol, ne susciteront la colère des impies, ni n’infligeront de défaite à l’ennemi sans que cela ne soit inscrit à leur mérite. Allah ne laisse jamais perdre la récompense des hommes vertueux. [Le Repentir, 9 : 120]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : Arme-toi de patience. Allah ne laissera jamais se perdre la récompense des hommes de bien. [Hûd, 11 : 115]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : Nous touchons de Notre grâce qui Nous voulons, sans jamais laisser se perdre la récompense des hommes de bien. [Joseph, 12 : 56].
Et les bienfaisants reçoivent la bonne annonce d'Allah : C’est ainsi qu’Allah a mis ces bêtes à votre disposition afin que vous Le glorifiiez pour vous avoir guidés. Fais donc heureuse annonce aux adorateurs sincères du Seigneur. [Le Pèlerinage, 22 : 37].
Les bienfaisants reçoivent d’Allah le Très-Haut la promesse du bonheur dans ce monde et dans l’au-delà, et Allah leur témoignera Sa bonté, comme ils L’ont honoré dans leur adoration et dans leur bienveillance envers Ses serviteurs.
Et les gens de bien se voient promettre une augmentation de leur récompense et de leur rétribution : Allah, Exalté soit-Il, dit : « ...en implorant la rémission de vos péchés. Nous vous pardonnerons vos fautes et multiplierons la récompense des hommes de bien. » [La Vache, 2 : 58]. et dans un autre verset : ...franchissez la porte en toute humilité et en implorant la rémission de vos péchés. Nous vous pardonnerons vos fautes et multiplierons la récompense des hommes de bien. [Sourate Al-A'râf (Les parties hautes [de la Muraille]) : 7/161].
La gêne a ainsi été levée pour les bienfaisants, car Allah, Élevé soit-Il, ne leur impose pas ce qu'ils ne sauraient supporter. Il, Élevé soit-Il, a dit : Les faibles, les malades et ceux qui n’ont pas les moyens de s’équiper ne commettent aucun péché en ne participant pas aux combats s’ils sont sincères envers Allah et Son Messager. Ceux qui ont de bonnes raisons de rester à l’arrière ne méritent donc aucune sanction. Allah est Très Clément et Très Miséricordieux. [Le Repentir, 9 : 91].
Les bienfaisants se voient promettre la miséricorde du Tout-Miséricordieux, qu'Il soit glorifié et exalté : Invoquez-Le avec crainte et espoir, car la miséricorde d’Allah est toute proche de ceux qui font le bien. [Les Murailles, 7 : 56].
Le Jour de la Résurrection, le mécréant souhaitera avoir été vertueux et il prétendra que s'il retournait ici-bas, il rejoindrait les rangs des vertueux, mais il est absolument impossible qu'il puisse y retourner une nouvelle fois. ou encore de ceux qui, à la vue du châtiment, diront : « Si seulement il m’était donné de retourner sur terre, j’agirais certainement en homme vertueux ! » [Les Groupes, 39 : 58].
Nous demandons à Allah le Très-Haut de parfaire notre foi, d'embellir notre bienfaisance, de fortifier notre sincérité, et de faire de nous parmi Ses serviteurs vertueux et bienfaisants. Certes, Il est l'Audient, Celui qui exauce.
Je dis ces paroles et j’implore le pardon d’Allah pour moi et pour vous. Implorez donc Son pardon, car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, d'une louange bonne, abondante et bénie, telle que notre Seigneur l'aime et l'agrée. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah, Son salut et Ses bénédictions soient sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et quiconque suit leur guidée jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : craignez donc Allah (le Très-Haut) et obéissez-Lui, et parez-vous de la bienfaisance ; car, certes, Allah (le Très-Haut) nous l'a ordonné et Il a dit : Allah encourage l’équité, la bonté et la générosité envers les proches, et Il interdit tout acte honteux, tout comportement blâmable et toute injustice. Il vous exhorte afin que vous vous rappeliez. [Sourate An-Naḥl (Les Abeilles) : 16/90]. L'imam Soufyân ibn 'Uyaynah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : La signification de la justice, dans ce contexte, est l'équivalence entre le for intérieur et les actes apparents de quiconque œuvre pour Allah ; et la signification de l'excellence est que son for intérieur soit meilleur que ses actes apparents.
Ô musulmans : le croyant parvient au degré de l'Excellence s'il observe Allah (Élevé soit-Il) en lui-même et envers Sa création. Ainsi, son observance d'Allah (Élevé soit-Il) en lui-même lui ferme les portes de l'illicite et des choses douteuses, et lui ouvre les portes des actes d'adoration ; il s'efforce alors de les accomplir avec perfection et d'y être sincère, car il a connaissance qu'Allah (Élevé soit-Il) le surveille.
Sa conscience d'Allah, le Très-Haut, envers Ses créatures le pousse à leur prodiguer le bien et la bienfaisance, à ne pas leur nuire ni les agresser, à aider leurs nécessiteux, à pardonner leurs fautes, à patienter face au mal qu'ils lui font, et à rétablir la concorde entre eux, sans rechercher par cela ni louange, ni honneur, ni aucune chose de ce bas-monde, mais en ne désirant par sa bienfaisance que l'agrément d'Allah, le Très-Haut, et la Demeure Dernière.
Parmi les récompenses immédiates de la bienfaisance, il y a le fait que lorsque le serviteur excelle dans son adoration, il en ressent la douceur, s'en réjouit et y aspire ; son accomplissement lui devient aisé, et son cœur ainsi que sa condition s'en trouvent améliorés. De même, lorsqu'il est bienfaisant envers les créatures et qu'il est sincère envers Allah le Très-Haut dans sa bienfaisance à leur égard, il trouve à cette bienfaisance une saveur qui surpasse le plaisir du prestige, des richesses et des jouissances, en plus des pieuses invocations dont il bénéficie et du succès divin qui l'accompagne dans toutes ses affaires. Et la récompense de l'au-delà est bien plus grande et plus immense.
« Ô Allah ! Nous Te demandons une science bénéfique, un cœur humble et une langue qui T'invoque. »
***
Titre du sermon
Les fondements de la voie des Pieux Prédécesseurs
L'introduction du premier sermon :
Ô Musulmans :
Louange à Allah, qui S'est prescrit à Lui-même la miséricorde et a déversé sur les créatures Ses bienfaits abondants. Il a appelé à l'Islam, gratifiant qui Il a voulu de la guidée et de la réussite, par pure grâce et faveur de Sa part ; et Il a établi la preuve contre ceux qui s'y sont opposés, par sagesse et justice de Sa part. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; témoignage de Son serviteur, fils de Son serviteur et fils de Sa servante, et de celui qui ne peut se passer, ne serait-ce qu'un clin d'œil, de Sa grâce et de Sa miséricorde. Et j'atteste que notre maître et Prophète Muḥammad est le serviteur d'Allah et Son Messager, Son élu et Son ami intime, la miséricorde d'Allah pour les mondes, le modèle de ceux qui œuvrent et la voie des cheminants. Qu'Allah le couvre d'éloge, le préserve et le bénisse, ainsi que sa famille, les nobles et les purs, ses Compagnons, les resplendissants et les bénis, les Suivants et ceux qui les ont suivis en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il leur accorde le salut en abondance.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Je vous recommande donc, ô gens, ainsi qu'à moi-même, la crainte d'Allah. Craignez donc Allah — qu'Allah vous fasse miséricorde — et sachez que la plus véridique des paroles est le Livre d'Allah, et que la meilleure guidée est la guidée de Muḥammad ﷺ. Les pires des affaires sont les innovations ; toute nouvelle affaire est une innovation, toute innovation est un égarement, et tout égarement est dans le Feu. Ce qui est peu et suffisant est meilleur que ce qui est abondant et distrayant. Et certes, ce qui vous est promis arrivera assurément, et vous ne saurez y faire échec. Sachez qu’Allah connaît parfaitement ce que vous gardez au fond de vous. Craignez Allah, car, soyez-en certains, Il sait tout ce que vous cachez en vous-mêmes. Et souvenez-vous qu’Allah est infiniment Clément et Patient. [La Vache, 2 : 235].
Ô Musulmans :
Il est certes de la raison et de la sagesse de reconnaître que les ennemis de l'Islam et ceux qui le guettent s'opposent fermement à tout appel à la vérité et au retour aux fondements de l'Islam, à ses constantes, ses principes et ses vérités ; celles-là mêmes qui ravivent l'esprit d'honneur au sein de la communauté et la conduisent à la gloire et à l'invincibilité, au point que l'un d'eux a dit : Nous ne combattons pas le terrorisme, mais nous combattons afin de déterminer l'Islam que nous voulons.
Dans notre monde, assailli par des vagues de changement et des déluges de défis, la voie de l’observance se distingue en présence de contraires divergents et discordants : l’excommunication et la répulsion, l’exaltation des personnes, la classification en partis et en allégeances.
La voie du suivi se manifeste lorsque la divergence intellectuelle et doctrinale commence à se propager, et que croissent des écoles et des voies, des courants et des philosophies ; c'est alors que la voie des Pieux Prédécesseurs se distingue et que ses caractéristiques apparaissent. Elle trouve refuge – par la force et la puissance d’Allah – auprès d’une montagne de fondements, d’outils et de prédispositions qui la préserve des faux pas et des déviances, grâce à une compréhension de la jurisprudence de la réalité et des instruments de l'affermissement, alliant la douceur, la fermeté et la miséricorde, et en repoussant [le mal] de la meilleure des manières.
Les pieux prédécesseurs sont la première génération, les biens enracinés dans la science, ceux qui sont guidés par la guidance du Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui), les gardiens de sa Tradition. À leur tête se trouvent les Compagnons du Messager d'Allah – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui et sur sa famille et qu'Allah les agrée tous –. Allah les a choisis pour la compagnie de Son Prophète, Il les a élus pour établir Sa religion, et Il les a agréés comme imams pour la communauté.
Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : Les tout premiers croyants parmi ceux qui ont émigré et ceux qui leur ont apporté leur soutien, ainsi que ceux qui ont fidèlement suivi leur voie, sont entièrement satisfaits d’Allah qui Lui-même est satisfait d’eux. Il leur a préparé des jardins traversés de rivières où ils demeureront à jamais. Voilà le bonheur suprême. [Le Repentir, 9 : 100].
As-Saffârînî (qu'Allah lui fasse miséricorde) dit : Par l'école des Prédécesseurs, on désigne la voie des nobles Compagnons, des éminents Successeurs qui les ont suivis avec excellence, ainsi que de ceux qui sont venus après eux parmi les imams de l'Islam, connus pour leur droiture, dont l'autorité religieuse a été reconnue, le haut rang respecté, et dont les paroles ont été transmises de génération en génération, sans qu'ils aient été accusés d'hérésie ni associés à une appellation réprouvée.
Et Al Marwazî rapporte dans "As-Sunnah", selon une chaîne de transmission authentique, d'après ʽAbduLlah Ibn Masʽûd (qu'Allah l'agrée) : « Certes, aujourd'hui, vous êtes sur la disposition naturelle saine, mais vous apporterez des choses nouvelles et on vous en apportera ; par conséquent, lorsque vous verrez ces choses nouvelles, alors attachez-vous au premier engagement. »
Al-Baghawî a rapporté de lui, qu'Allah l'agrée, qu'il a dit : "Quiconque souhaite être sur une tradition, qu'il suive la tradition de celui qui est mort ; car la personne vivante n'est pas à l'abri des troubles. Ceux-là sont les Compagnons de Muhammad (paix et salut sur lui), ils étaient les plus pieux de cette communauté en leurs cœurs, les plus profonds en science, et se surchargeaient le moins."
L'Imâm Al Haramayn ‘Abd Al Malik Al Juwaynî (qu'Allah lui fasse miséricorde) s'interroge dans son livre Ghiyâth Al Umam en disant : "Quelle est la Vérité sur laquelle l'imam établit les créatures en matière de croyance, lorsqu'il en a le pouvoir ?", Il (qu'Allah lui fasse miséricorde) répondit alors par sa parole : "Ce que l'imam doit s'efforcer de faire, c'est de rassembler le commun des gens sur les doctrines des pieux prédécesseurs, avant l'apparition des passions et la déviation des opinions. Et ceux-ci interdisaient d'aborder les questions obscures, d'approfondir les problématiques, de scruter les questions épineuses et de s'attacher à rassembler les ambiguités."
L'imam Adh-Dhahabî dit dans son livre As-Siyar : Ce dont Al-Hâfizh a besoin, c’est d’être pieux, intelligent, grammairien, linguiste, pudique et Salafî.
Les Prédécesseurs n’ont pas de nom particulier qui les désigne, ni d’affiliation précise, comme l’a dit un imam qui, interrogé sur la Tradition, répondit : La Tradition est ce qui n'a d'autre nom que la Tradition ; quant aux autres, ils s'affilient à l'assertion ou à son auteur.
L’imam Mâlik, qu’Allah lui accorde Sa miséricorde, clarifie cela : un homme est venu à lui et a dit : « Ô Abû `Abdillah ! Je t'interroge sur une question et je ferai de toi mon argument entre Allah et moi, Puissant et Majestueux, » Mâlik a dit : « Ce qu'Allah a voulu, Il n'est de puissance que par Allah ; demande. » Il demanda : « Qui sont les partisans de la Sunnah ? » Il répondit : « Les partisans de la Sunnah sont ceux qui n'ont pas de surnom par lequel ils sont connus, ni Jahmite, ni Qadarite. »
Les gens de science ont dit : "L'affiliation aux pieux prédécesseurs n'a émergé que lorsque les sectes sont apparues dans la communauté, au sujet desquelles le Messager d'Allah ﷺ a dit :" « et cette communauté se divisera en soixante-treize sectes », Ensuite, le Prophète ﷺ a clarifié la juste voie en disant : « Ce sur quoi je suis ainsi que mes Compagnons. »
Les Compagnons et ceux qui les ont suivis dans la bienfaisance sont les meilleurs de cette Communauté, les plus purs en religion, les plus élevés en rang, et les plus savants de la voie du Messager d'Allah ﷺ.
Ô assemblée de musulmans :
La voie des Pieux Prédécesseurs n’est pas une simple époque révolue ni un cercle doctrinal restreint, mais une voie intemporelle, sans limite de temps ni de lieu. Par conséquent, cette voie n'est pas un parti, ni un courant, ni un mouvement, ni un groupement politique ; c'est une voie, non un groupe.
Ceci est illustré par le fait que ceux qui adhèrent à cette méthodologie constituent une large partie des musulmans, à travers les peuples et les contrées ; bien plus, ils sont le fondement de la généralité des musulmans ; le musulman suit la preuve et marche sur ses traces, glorifie les Pieux Prédécesseurs, les aime et les prend pour modèles, et chaque imam parmi les imams des musulmans dit : " Lorsque le Hadith est authentique, alors c'est mon école. "
Et il est mentionné dans les fatwas de notre cheikh l'imam 'Abd Al 'Azîz Ibn Bâz (qu'Allah lui fasse miséricorde) : Les pieux prédécesseurs sont les Compagnons, ainsi que ceux qui ont suivi leur voie parmi les Successeurs, ceux qui leur ont succédé, les Hanafites, les Malikites, les Shafi'ites, les Hanbalites et autres qui ont cheminé sur la vérité et se sont attachés au Noble Livre et à la Sunna purifiée, dans le chapitre de l'Unicité, celui des Noms et des Attributs, et dans l'ensemble des affaires de la religion.
Fait partie des manquements dans la réflexion et la compréhension le fait de limiter la voie des Pieux Prédécesseurs à des questions déterminées, à une science déterminée, à un pays déterminé ou à un groupe déterminé.
Nul ne peut prétendre représenter les Pieux Prédécesseurs, et aucun savant ne parle en leur nom. Ainsi, il n'existe aucun groupe restreint qui représente cette voie. Il existe plutôt des individus et des groupes qui appartiennent à cette voie, s'en réclament, et s'efforcent d'appliquer l'école des Pieux Prédécesseurs. C'est une voie qui n'est pas limitée à une affiliation, et l'absence d'affiliation [formelle] n'exclut pas l'appartenance [réelle], car il s'agit d'une voie et d'une vision.
Cette voie n'est pas responsable des erreurs de certains de ceux qui s'en réclament. En réalité, les paroles, les actes et les comportements sont attribués à leurs auteurs et à leurs groupes, non à la voie.
Communauté musulmanes!
La méthodologie des pieux prédécesseurs repose sur le texte religieux, la compréhension des pieux prédécesseurs, leurs méthodes d'argumentation, et leur source d'acquisition de la science, et cela n'est pas limité à la compréhension d'un savant en particulier.
Les fondements et les principes de la voie des Pieux Prédécesseurs ne sont issus ni d’une pensée humaine, ni d’une circonstance historique, ni de l’effort d’interprétation d’un jurisconsulte ; leur fondement est plutôt le Livre et la Sunna.
Parmi les caractéristiques de cette approche, on trouve l’obligation de s’attacher fermement au Livre précieux et à la Tradition prophétique authentique et reconnue, ainsi que la mise en garde contre le suivi des passions et des innovations, conformément à ses paroles (paix et salut sur lui) : « En effet, quiconque vivra parmi vous verra de nombreuses divergences. Attachez-vous donc à ma Tradition et à celle des Califes droits et bien-guidés après moi. Mordez-y à pleines dents et prenez garde aux nouvelles affaires, car toute innovation est un égarement. » [Rapporté par Ahmad (17142) et Ibn Mâjah (43) et d'autres ; et c'est un hadith authentique comme l'a dit un groupe de savants].
Parmi les repères de cette voie : l'attention portée à l'attachement au groupe, et l'écoute et l'obéissance dans ce qui est convenable, dans l'enthousiasme comme dans l'aversion, conformément à Sa parole - exaltée soit Sa grandeur - : Vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui exercent l’autorité. En cas de désaccord, vous devrez vous en remettre au jugement d’Allah et du Messager, si vous croyez vraiment en Allah et au Jour dernier. Voilà la meilleure conduite à adopter, celle dont les suites seront les plus heureuses. [Les Femmes, 4 : 59].
Et d'après 'Ubâdah Ibn As-Sâmit (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Le Prophète ﷺ nous appela, nous lui prêtâmes allégeance, et il dit au sujet de l'engagement qu'il prit de nous : » « Nous prêtâmes serment d’écouter et d’obéir, que nous aimions ou que nous répugnions, dans notre difficulté et notre facilité, même si l'on s'accapare des biens à notre détriment, et de ne pas contester l’autorité à ceux qui la détiennent, sauf à la vue d'une mécréance manifeste dont Allah nous a fourni la preuve. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
C’est une explication claire de l’importance de l’écoute et de l’obéissance, et de la nécessité de les conserver, même dans les moments difficiles ou face à des situations incertaines. Il faut cependant comprendre que ces attitudes ne signifient pas renoncer à ses droits. En effet, même si l’écoute et l’obéissance sont obligatoires, chacun a le droit de réclamer ses droits auprès de ceux qui détiennent l’autorité, qu’ils soient justes ou non. Il n’y a donc pas de contradiction entre le devoir d’écouter et d’obéir, la présence d’injustices, et le droit de revendiquer et de demander réparation.
Parmi les caractéristiques de cette méthode : la sincérité, indiquée par sa parole (sur lui la paix et le salut) : « La religion, c’est la sincérité. » Nous demandâmes : Envers qui, ô Messager d’Allah ? Il répondit : « Envers Allah, Son Livre, Son Messager, les imams des musulmans et les musulmans en général. » [Rapporté par Muslim (55)].
Une exhortation à la sincérité, la véracité et la piété, à la préservation du droit et du statut, et à l'éloignement du dénigrement et de la diffamation, ou de l'emprunt de voies qui conduisent à la désunion et à l'animosité.
Et parmi les principes de cette méthodologie : l'appel au convenable et l'interdiction au blâmable, comme l'a dit Celui dont la Majesté est exaltée : Vous êtes la meilleure nation suscitée aux hommes. Vous incitez les autres à la vertu et condamnez le vice, tout en croyant en Allah. [La Famille de 'Imrân, 3 : 110]. Il (Exaltée soit Sa Majesté) a dit : Les croyants et les croyantes, quant à eux, sont solidaires les uns des autres. Ils incitent les autres à la vertu, condamnent le vice, accomplissent la prière, s’acquittent de l’aumône et obéissent à Allah et Son Messager. Voilà ceux qu’Allah, Tout-Puissant et infiniment Sage, admettra dans Sa grâce. [Le Repentir, 9 : 71]. Il, exalté et magnifié soit-Il, a dit : ceux qui, si Nous leur accordons le pouvoir sur terre, accomplissent la prière, s’acquittent de l’aumône, incitent les autres à la vertu et condamnent le vice. C’est Allah qui décide de l’issue de toute chose. [Le Pèlerinage, 22 : 41].
Parmi les caractéristiques de cette méthodologie : la source du savoir est la Révélation, et ils soumettent leurs raisons, leurs compréhensions et leurs opinions au Coran et à la Tradition [prophétique] ; ils acceptent ce qui s'y conforme et se détournent de ce qui s'y oppose. Le texte du Législateur est le fondement : les âmes s'y soumettent et s'appuient sur lui ; elles le suivent, et il ne les suit pas. « Aucun d’entre vous ne sera un véritable croyant tant que sa passion ne sera pas conforme à ce que j’ai apporté. » [Rapporté par Ibn Abî 'Âsim dans " As-Sunnah ". Et An-Nawawî l'a qualifié de bon].
L'argument réside dans le texte religieux ; son sens apparent doit être suivi, et l'on ne recourt à l'interprétation que sur la base d'une preuve. L'argument du texte n'est pas rejeté, qu'il soit catégorique ou spéculatif. L'adhésion aux textes du Livre et de la Tradition Prophétique ne nie pas la raison ni sa place ; en effet, la raison est le plus grand don qu'Allah a accordé à l'homme et par lequel Il l'a distingué. C'est par elle que sont connues les lois religieuses ; elle est le fondement de la responsabilité religieuse et l'outil de la déduction.
Cette voie droite est celle qui établit l'équilibre entre la lettre du texte et son sens, entre son aspect apparent et son esprit. Telle est la méthodologie des Pieux Prédécesseurs : mettre en application le sens apparent des textes, sans que cela ne s'oppose à une exploitation rigoureuse de leurs indications, de leurs significations et de leurs finalités.
Ceci est le juste milieu entre la rigidité du littéralisme et la dissolution dans l'interprétation lointaine et abusive ; une approche conciliatrice qui ne permet de sacrifier aucun des deux aspects au profit de l'autre, et où aucun ne prévaut sur l'autre. Ainsi, le droit et le statut du texte sont préservés, tout comme ses dimensions, ses significations et ses finalités sont appréciées, tout en tirant profit de ce qui peut être bénéfique parmi les sciences et les savoirs, anciens et nouveaux.
Ash-Shâtibî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit dans son livre [Al-I'tisâm] : La raison, si elle ne suit pas la Loi, il ne reste plus que la passion et le désir.
Communauté musulmane!
Parmi les traits de cette méthodologie : il n'y a de partisanisme que pour la vérité et ce qui se trouve dans le Livre d'Allah et la parole de Son Messager ﷺ, et cette absence de partisanisme va de pair avec le fait de ne pas prêter d'infaillibilité à qui que ce soit parmi les savants de la religion et ses imams, qu'il s'agisse des Compagnons ou de ceux qui leur ont succédé, et à plus forte raison des autres. L'infaillibilité n'appartient donc qu'au Messager d'Allah ﷺ dans ce qu'il transmet de la part de son Seigneur Exalté soit-Il.
Partant de là ; ils n'interdisent pas la divergence dans les sujets où celle-ci est permise, si elle se fonde sur la compréhension du texte, l'évaluation des intérêts et des préjudices, et la réalisation des finalités et des objectifs, et si l'effort de réflexion émane de personnes qualifiées dans le domaine approprié. C'est pourquoi les pieux prédécesseurs divergeaient et s'excusaient mutuellement.
Parmi les traits marquants de cette méthode, on trouve la claire distinction entre l’évaluation des compétences et celle des personnes. En effet, juger les individus implique la rigueur, le soin et la prudence qui caractérisent bien cette approche appréciée.
Cela dit, Ô Serviteurs d'Allah :
L'ampleur de cette méthodologie et la richesse de son patrimoine ne signifient ni sa dilution, ni un manque de clarté dans ses contours ; au contraire, le champ de l'effort d'interprétation en son sein est vaste. Et plus Allah accorde la réussite au serviteur et plus celui-ci se rapproche de la Tradition et s'y conforme, plus il est en mesure de la suivre, de s'y conformer et de la prendre pour modèle. De même, plus la piété du serviteur et son attachement à la Tradition augmentent, plus sa science est profonde, moins il fait preuve d'affectation et plus sa clairvoyance est parfaite, tout en veillant scrupuleusement aux fondements des sciences, à leurs règles et à leurs points essentiels. Et Allah a assigné à chaque chose une juste mesure. En tout cela, la référence revient aux gens de science, les dépositaires du Livre et les gardiens de la Tradition, afin que ceux parmi eux qui sont capables de l'élucider puissent le connaître, comme l'indique la parole du Très-Haut : plutôt que de la soumettre au Messager et à ceux qui détiennent l’autorité qui seuls sont en mesure de juger de son bien-fondé et de l’opportunité de la diffuser. Sans la grâce et la miséricorde d’Allah, la plupart d’entre vous suivraient certainement les suggestions de Satan. [Les Femmes, 4 : 83].
Qu'Allah nous rende bénéfiques, à moi et à vous, par le Coran Immense et par la guidée de Muhammad, que la prière et le salut d'Allah soient sur lui. Je dis ces paroles, et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous, ainsi que pour l'ensemble des musulmans de tout péché et de toute faute. Implorez donc Son pardon. Certes, c'est Lui le Tout-Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Ses bienfaits, et gratitude à Lui pour Ses grâces. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, Exalté dans Sa sublimité. Et j'atteste que notre maître et notre Prophète Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager, Son élu parmi Sa création et Son préféré parmi Ses alliés. Qu'Allah le couvre d'éloge, le préserve et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons, ses élus, les Tabi'in et ceux qui les ont suivis en toute vertu, aussi longtemps que Son décret se manifestera entre Sa terre et Son ciel, et qu'Il leur accorde un salut abondant et sans cesse accru jusqu'au jour de Sa rencontre.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Ô Musulmans :
La voie des Prédécesseurs est la religion dans l'intégralité de ses prescriptions, que ce soit dans le Monothéisme et la Foi, la Prière, l'Aumône légale, le Jeûne, le Pèlerinage, le Djihad, le commandement du bien et l'interdiction du mal, ou dans les relations, les droits, les transactions et la politique – dans ses réalités, ses limites et ses conditions ; le tout au sein d'une unité qui ne souffre aucune division.
'Omar ibn 'Abd Al-'Azîz (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit, dans l’une de ses paroles les plus complètes rapportée par l’Imâm Al-Âjurrî dans son ouvrage « Ash-Sharî‘ah » : "Le Messager d'Allah ﷺ et les gouverneurs après lui ont institué des Traditions ; le fait de les adopter est un suivi du Livre d'Allah Exalté soit-Il, un accomplissement de l'obéissance à Allah, et une force pour la religion d'Allah ; il n'appartient à nulle créature de les changer, ni de les modifier, ni de prendre en considération quoi que ce soit qui les contredit. Quiconque est guidé par elles est certes bien guidé, et quiconque cherche la victoire à travers elles sera victorieux, et quiconque les délaisse a suivi une autre voie que celle des croyants ; Allah le laissera à ce vers quoi il s'est tourné, le brûlera dans la Géhenne, et quelle mauvaise destination !""
Les imams des gens de science et leurs sommités sont des rénovateurs et non des fondateurs. Ainsi, toute prédication qui exalte le Texte scripturaire, préserve sa signification et s'oppose à la falsification des extrémistes, aux interprétations des ignorants et aux usurpations des falsificateurs, est une prédication de la Vérité.
Le comportement d'une personne n'est qualifié de modération, de juste milieu et d'indulgence que s'il est exempt des deux formes d'extrémisme : le rigorisme et l'excès, ainsi que le laxisme et la dissolution. De plus, l'introduction des passions de l'âme et des convictions personnelles dans les jugements est une conduite qui n'a aucun rapport avec la science, ni aucun lien avec la liberté de pensée.
Ainsi, si un savant se prononce en faveur de l'interdiction de ce qu'un autre considère licite, ou du caractère obligatoire de ce que son confrère ne juge que recommandé, il ne doit pas être qualifié de rigoriste ; car une telle qualification est étrangère à la science et à ses attributs, et ce à plus forte raison lorsque l'avis qu'il soutient est celui de la majorité des gens de science.
Craignez donc Allah — qu'Allah vous fasse miséricorde —, adhérez au droit chemin, adoptez la Sunna, et attachez-vous fermement à la guidée des premiers.
Ensuite, priez et adressez le salut sur la miséricorde offerte et la grâce octroyée : votre Prophète Mohammed, le Messager d'Allah ; car votre Seigneur vous l'a ordonné dans Sa révélation explicite, disant – et Il est le Véridique en Sa parole – une parole noble : Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui croyez ! Bénissez-le et saluez-le vous aussi ! [Les Coalisés, 33: 56].
***
Titre du sermon
Les spécificités des Gens de la Tradition et du Groupe
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide et nous implorons Sa guidée, et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, alors il est le bien-guidé ; et quiconque Il égare, tu ne trouveras alors pour lui ni allié, ni guide. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille, l'ensemble de ses Compagnons et ceux qui les ont suivis, et qu'Il les salue abondamment.
Ô vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et ne mourez qu'en étant soumis à Lui. La Famille d'Imrân, 3:102. Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence. [Les Femmes, 4 : 1]. Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et tenez des propos justes ! Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. [Les Coalisés, 33 : 70-71]
Contenu du premier sermon
« Ceci étant dit : Le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad (paix et salut sur lui) et les pires affaires sont les nouvelles. Et toute nouveauté est une innovation, toute innovation est un égarement et tout égarement est dans le Feu. »
Serviteurs d'Allah : Certes, parmi les lois d'Allah dans Sa création se trouve la loi de la divergence, dont Allah n'excepte aucune communauté parmi les communautés, et le Prophète (sur lui la paix et le salut) a informé... « Cette communauté se divisera comme les communautés avant elle se sont divisées, et se divisera en soixante-treize sectes ; toutes iront en Enfer sauf une. » Rapporté par Abû Dâwud (4596), At-Tirmidhî (2640) et Aḥmad (8377) avec une chaîne authentique.
Serviteurs d’Allah! sachez que le seul groupe épargné est celui qui s’attache fermement au Livre d’Allah et à la Sounna de Son Prophète ﷺ, en suivant la voie empruntée par le Prophète ﷺ et ses Compagnons. C’est le groupe des Gens de la Sounna et de l’Unité, préservé du châtiment et de la colère d’Allah, contrairement à ceux qui ont altéré, déformé et dévié de la voie de leur Seigneur. Le Prophète ﷺ a décrit ce groupe sauvé en disant : « Ce sur quoi je suis, aujourd'hui, ainsi que mes Compagnons. »
Ô Musulmans :
Il est donc primordial, en pareille situation, d'exposer les caractéristiques, les spécificités et les fondements de la voie des Gens de la Tradition et du Groupe ; afin que les Gens de la Tradition ne s'en écartent pas et ne soient ainsi éprouvés par la division et la divergence.
Et parmi les caractéristiques et les spécificités les plus remarquables des Gens de la Tradition et du Groupe :
Ils sont les gens du juste milieu et de la modération. Leur voie est un juste milieu entre l'excès et le laxisme, et entre l'exagération et la négligence, que ce soit dans le domaine de la croyance, des préceptes ou du comportement. Ils se situent donc au juste milieu parmi les groupes de la Communauté, de même que la Communauté est un juste milieu entre les nations. Allah, le Très-Haut, a dit : C’est ainsi que Nous avons fait de vous la plus noble et la plus juste des nations afin que vous portiez témoignage contre les autres peuples et que le Messager témoigne lui-même contre vous... [La Vache, 2 : 143].
Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit dans son livre [Minhâj As-Sunnah An-Nabawiyyah] : En Islam, les Gens de la Tradition sont au juste milieu en toutes choses. Ils sont au juste milieu entre les Khawarij et les Rawafid. De même, au sujet de l'ensemble des Compagnons, ils sont au juste milieu entre les extrémistes à leur égard et ceux qui les dénigrent. Concernant la menace divine, ils sont au juste milieu entre les Khawarij et les Mu'tazilah d'une part, et les Murji'ah d'autre part. Concernant le destin, ils sont au juste milieu entre les Qadariyyah issus des Mu'tazilah et leurs semblables, et les Qadariyyah jabrites issus des Jahmiyyah et leurs semblables. Et concernant les Attributs, ils sont au juste milieu entre les partisans de l'abrogation et les partisans de la représentation.
Parmi les spécificités des Gens de la Tradition et du Groupe : le fait de se limiter au Livre et à la Tradition comme source de connaissance, le soin qu’ils leur accordent et la soumission à leurs textes. Ils puisent de cette douce source leurs croyances, leurs adorations, leurs transactions, leur conduite et leur éthique. Ainsi, tout ce qui est conforme au Livre et à la Tradition, ils l’acceptent et le confirment ; et tout ce qui les contredit, ils le rejettent, quel qu’en soit l’auteur.
Et Allah dit : Un croyant ou une croyante ne devrait jamais s’opposer à une décision d’Allah et de Son Messager. Celui qui désobéit à Allah et à Son Messager s’égare clairement. [Les Coalisés:36].
Certes, les Gens de la Sounna et du Groupe se sont réjouis de la recommandation du Messager d'Allah ﷺ, qui a dit : « Attachez-vous à ma Tradition et à la Tradition des Califes droits et bien-guidés après moi. Saisissez-la et mordez-y avec les molaires. Prenez garde aux nouvelles affaires, car toute nouvelle affaire est une innovation et toute innovation est un égarement. » [Rapporté par Ahmad (17142) et Ibn Mâjah (43) et d'autres, et c'est un hadith authentique comme l'ont dit plusieurs savants].
Ô croyants :
Certes, les Gens de la Tradition et du Groupe magnifient les textes de la Loi divine et s'y soumettent d'une soumission totale, qu'ils en comprennent la sagesse ou non. Ils ne soumettent pas les textes scripturaires à leur raison, mais soumettent plutôt leur raison aux textes, et ils comprennent ces textes comme les ont compris les pieux prédécesseurs. En effet, ils ne devancent pas Allah et Son Messager, car ils suivent la guidée du Messager de la guidée, lui étant soumis ; ils œuvrent selon ce qui est explicite dans la Révélation, croient en ce qui est équivoque, et remettent l'affaire entière à Allah. Et les Gens de la Tradition et du Groupe n'ont pas d'imam vénéré dont ils prennent la totalité de la parole et délaissent ce qui la contredit, si ce n'est le Messager d'Allah ﷺ ; il est donc leur imam, celui qu'ils suivent, et ils ne le contredisent jamais dans ce qui a été authentifié de lui. Ils sont les gens les plus savants concernant ses situations ﷺ, ses paroles et ses actes, et l'infaillibilité, selon eux, n'appartient à personne après le Messager d'Allah ﷺ. Ainsi, de tout un chacun on prend de sa parole et on en laisse, excepté le Messager d'Allah ﷺ ; c'est pourquoi ils sont les gens qui aiment le plus la Tradition, les plus assidus dans son suivi, et ceux qui prennent le plus pour alliés ses partisans.
Parmi leurs caractéristiques : délaisser les polémiques, les disputes et les querelles en matière de religion, s'écarter de ceux qui s'y adonnent et embrasser la religion dans sa totalité.
Parmi leurs attributs : ils n'ont d'autre nom ni slogan que l'Islam et la Tradition, et ils n'agréent pas de noms, de slogans ou de titres qui les divisent et les dispersent. Allah, qu'Il soit Béni et Exalté, a dit : C’est Lui qui, dans les Écritures précédentes, vous a appelés les « soumis », tout comme dans ce Livre, afin que le Messager témoigne contre vous et que vous soyez vous-mêmes témoins devant les nations. [Le Pèlerinage, 22 : 78].
Parmi leurs caractéristiques : ils sont les gens du groupe. En effet, on ne trouve aucun groupe égaré qui se soit écarté des Gens de la Tradition sans qu'il ne se soit divisé et fragmenté en des dizaines d'autres groupes et factions. Mais les Gens de la Tradition et du Groupe se sont réunis sur le suivi de la Tradition du Prophète (paix et salut sur lui) et ce sur quoi les prédécesseurs de la communauté se sont accordés, car ils se sont réunis sur la vérité et sur la croyance exempte d'impuretés.
"Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous de tout péché, alors implorez Son pardon ; car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux."
Introduction du second sermon
Louange à Allah et que la paix et le salut soient sur le Messager d'Allah,
Texte du second sermon
Les Gens de la Tradition et du Groupe ne prennent pour alliés et ne vouent d'inimitié qu'en fonction de la religion. Ainsi, ils aiment celui qui aime Allah et Son Messager, quand bien même il serait d'une terre lointaine, sa langue étrangère et sa couleur de peau différente. Et ils vouent de l'inimitié à celui qui est hostile à Allah et Son Messager, fût-il leur plus proche parent.
L'alliance et l'hostilité fondées sur la patrie, la race, la couleur, la langue, le tribalisme et la lignée, font partie de l'héritage de la période du paganisme préislamique que l'Islam a aboli.
Les Gens de la Tradition et du Groupe sont les plus vertueux, les plus déterminés à purifier leurs âmes par l’obéissance à Allah – Béni et Exalté soit-Il –, ouverts d’esprit, clairvoyants, tolérants face aux divergences et connaisseurs des convenances et fondements. L’Imam As-Sâbûnî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a déclaré dans son ouvrage [`Aqidat As-Salaf Ahl Al-Hadith] : Et l'un des signes des Gens de la Sounnah est leur amour pour les imams de la Sounnah, ses savants, ses partisans et ses alliés, ainsi que leur haine pour les imams de l'innovation [en matière de religion] qui appellent à l'Enfer et guident leurs partisans vers la demeure de la perdition. En effet, Allah, Gloire à Lui, a embelli les cœurs des Gens de la Sounnah et les a illuminés par l'amour des savants de la Sounnah, par une grâce et une faveur de Sa part, que Sa Majesté soit exaltée.
Et parmi leurs caractéristiques : le souci des affaires des musulmans et leur soutien, l'acquittement de leurs droits et le fait de ne leur causer aucun préjudice. Ibn Taymiyyah a dit à leur sujet dans son livre : « Minhâj As-Sunnah An-Nabawiyyah » : "Ce sont les plus connaisseurs de la Vérité et les plus Miséricordieux envers la création."
Les Gens de la Sounna et du Groupe, Allah les a préservés de l'épreuve de l'extrémisme et de l'excommunication ; de ce fait, ils ne s'excommunient pas les uns les autres et ne considèrent pas licites le sang et les choses inviolables des musulmans. Ils s'en remettent pour la question de l'excommunication à Allah, à Son Messager et aux gens de science reconnus ; ils n'excommunient donc pas au gré de leurs passions et de leurs opinions, mais s'en tiennent aux textes de la Révélation à ce sujet.
Parmi leurs caractéristiques figurent l'équité et la justice ; ils observent le droit d'Allah, et non celui de leur propre personne ou de leur groupe. C'est pourquoi ils ne font pas d'excès à l'égard d'un allié, ni ne commettent d'injustice envers un ennemi. Ils ne portent de jugement sur quiconque avant de l'avoir écouté et d'avoir clarifié sa situation, et ne se fondent pas sur la parole d'une seule partie, en particulier entre pairs.
Et parmi leurs principes de justice, ils reconnaissent son mérite à la personne de mérite, et ils mentionnent ses bienfaits, même si elle diverge d'eux sur certaines questions.
Ô Allah ! Compte-nous parmi les Gens de la Sounna et du Groupe, rassemble-nous sous l'étendard du Détenteur de l'Intercession, fais-nous vivre sur sa Sounna et fais-nous mourir sur sa religion, et fais de nous, en ce bas-monde, de ceux qui ont soutenu sa législation et, dans l'au-delà, de ceux qui obtiendront son intercession.
Que la prière et la paix soient sur le Messager d'Allah...
***
Titre du sermon
L'obligation de suivre la Tradition et de la magnifier.
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager.
Ceci étant dit : la parole la plus véridique est la Parole d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad (paix et salut sur lui) et les pires affaires sont les nouvelles. Toute nouveauté est une innovation, toute innovation est un égarement et tout égarement est dans le Feu.
Contenu du premier sermon
Ô serviteurs d'Allah, certes, Allah, Exalté et Glorifié soit-Il, a envoyé son Messager ﷺ avec la guidée et la religion de vérité afin qu'elle prédomine sur toute autre religion, et a fait descendre sur lui Sa révélation et Son Livre afin qu'il transmette aux gens ce qui leur a été révélé de la part de leur Seigneur. Allah, Exalté et Glorifié soit-Il, dit : Nous t’avons révélé le Coran afin que tu en exposes clairement les enseignements aux hommes qui pourront ainsi les méditer. [Les Abeilles:44], Et Allah (Pureté à Lui) nous a ordonné d'obéir à Son Messager ﷺ, puis Allah (Exalté soit-Il) a dit : Obéissez à Allah et au Messager afin d’être touchés par Sa grâce. [Sourate Âli 'Imrân (La Famille de 'Imrân) : 3/132].
Et Il nous a ordonné de nous référer à sa Sunna ﷺ en cas de désaccord, et de nous en remettre à lui en cas de divergence ; Il, Glorifié et Élevé soit-Il, a dit : Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui exercent l’autorité. En cas de désaccord, vous devrez vous en remettre au jugement d’Allah et du Messager, si vous croyez vraiment en Allah et au Jour dernier. Voilà la meilleure conduite à adopter, celle dont les suites seront les plus heureuses. [Les Femmes:59].
La Tradition Prophétique est l'homologue du Livre quant à son autorité et à sa mise en pratique : son explication clarifie ce qui est énoncé de manière absolue dans le noble Coran, et elle détaille ce qui est énoncé de manière globale dans le Livre d'Allah (Puissant et Majestueux) : Nous avons exposé toute chose de la manière la plus claire. [Al-Isra : 12] C'est par la Sunna que nous connaissons la manière d'accomplir la prière, le nombre de ses piliers et de ses unités. C'est par elle que nous connaissons les seuils de la Zakât et ses montants, et il en est de même pour le reste des prescriptions, des ordres et des interdits. Ainsi, celui qui suit la Sunna et la met en pratique a certes œuvré conformément au Noble Livre, et quiconque obéit au Messager ﷺ a certes obéi à Allah, Puissant et Grand. Le Très-Haut a dit : Quiconque obéit au Messager obéit en réalité à Allah. Quant à ceux qui préfèrent se détourner, qu’ils sachent que Nous ne t’avons nullement envoyé pour surveiller ces gens dont tu n’es en rien responsable. [Les Femmes, 4 : 80].
Dans les deux recueils authentiques, d'après un hadith d'Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui m’a obéi a certes obéi à Allah ; et celui qui m'a désobéi a certes désobéi à Allah. »
Serviteurs d'Allah, certes, la communauté est éprouvée par des groupes de gens qui minimisent l'importance de la Tradition et font prévaloir sur elle les paroles des hommes. Plus encore, certains d'entre eux ont été jusqu'à la prendre en dérision et s'en moquer. Ceci est sans aucun doute une pente glissante et dangereuse, un crime immense, et un péché aux conséquences désastreuses pour celui qui le commet, ou pour celui qui l'entend sans le réprouver. Allah (Puissant et Majestueux) a dit : « Est-ce Allah, Ses versets et Son Messager que vous tourniez en dérision ? » Ne vous cherchez aucune excuse. Votre impiété, que vous dissimuliez jusque-là derrière la foi, s’est clairement manifestée... [Le Repentir, 9 : 65-66], Car Allah (dont la Majesté est Grande) n'ordonne ni d'obéir à celui dont Il n'agrée pas l'ordre, ni de suivre celui dont la voie ne fait pas autorité. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : Ô vous qui croyez ! Gardez-vous de devancer les ordres d’Allah et de Son Messager ! Craignez Allah... [Les Appartements, 49 : 1]. Et Il (Glorifié soit-Il) a mis dans ce que notre Prophète ﷺ a apporté la guidée, la miséricorde, la vérité et l'explication claire. Allah, Éxalté soit-Il, dit : Nous t’avons révélé le Coran uniquement pour que tu exposes clairement aux hommes la vérité qui faisait l’objet de leur différend et qu’il soit un guide et une miséricorde pour les croyants. [Les Abeilles : 64].
Serviteurs d'Allah, les preuves sont en effet nombreuses pour établir que la guidée, la droiture, la miséricorde, la lumière, le salut et la préservation s'obtiennent tous par le suivi de la Sunnah de notre Prophète ﷺ, l'attachement à sa voie, la glorification de son rang et la foi sincère en ce qu'il a apporté. Et le mal, tout le mal, réside dans l'opposition à sa Sunnah et à sa guidée, et dans leur reniement. Allah (Puissant et Majestueux) a dit : Dis : « Ô hommes ! Je suis le Messager envoyé à vous tous par Allah qui règne en Maître absolu sur les cieux et la terre. Il n’est de divinité en droit d’être adorée que Lui. Il donne la vie et la mort. Ayez donc foi en Allah et en Son Messager, le prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles, et suivez sa voie afin d’être bien guidés. » [Les Murailles, 7 : 158]. C'est pourquoi Notre Seigneur (Glorifié soit-Il) nous a mis en garde contre le fait d'aller à l'encontre de la Tradition Prophétique et de ce qu'elle contient comme ordres et interdits. En effet, quiconque en renie une partie, la traite de mensonge, ou doute de ce qui s'y trouve d'authentiquement établi, alors assurément il est tombé dans le cercle de la mécréance et de l'égarement, et est sorti du cercle de l'Islam et de la foi. Allah (Majestueux est-Il) a dit : Que ceux qui transgressent Ses ordres prennent garde, car ils pourraient subir une terrible épreuve ou un douloureux châtiment. [An-Nur:63].
L'imam Ahmed (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : " Sais-tu quelle est cette épreuve ? C'est le polythéisme... Il se peut qu'un individu qui rejette certaines de ses paroles (paix et salut sur lui)) voit une déviation naître dans son cœur, et ceci l'anéantira. "
Ô serviteurs d'Allah, le Livre et la Tradition sont deux fondements indissociables ; il est donc obligatoire pour chaque musulman de s'accrocher à ce qu'a ordonné notre noble Prophète ﷺ et à ce avec quoi il est venu, et de s'écarter de ce qu'il a interdit et de ce contre quoi il a mis en garde. Allah, Glorifié et Élevé soit-Il, a dit : Ce que le Messager vous donne, acceptez-le, et ce qu’il vous défend, abstenez-vous en. [Le Rassemblement, 59 : 7]. D'après Al-Miqdâm ibn Ma'dî Karib (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « En vérité, j'ai reçu le Livre et son équivalent avec lui. Certes, bientôt un homme repu, accoudé sur son canapé, dira : "Tenez-vous en à ce Coran : ce que vous y trouverez de licite, déclarez-le licite, et ce que vous y trouverez d'illicite, déclarez-le illicite." » [Rapporté par Ahmad (n°17174), Abû Dâwûd (n°4604), At-Tabarânî dans : Al-Kabîr (20/668) et authentifié par Al Albânî].
D'après Ibn Abî Râfi', d'après son père (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Que je ne trouve aucun d'entre vous accoudé sur son lit, à qui parvient un ordre de ma part, parmi ce que j'ai ordonné ou interdit, et qui dise alors : "Nous ne savons pas, ce que nous trouvons dans le Livre d'Allah, nous le suivons." » [Rapporté par Abû Dâwud (n°4605), Ibn Mâjah (n°13) et At-Tirmidhî (n°2854). Al-Albânî l'a authentifié.]
Il nous est donc obligatoire de suivre le Livre et la Sounnah, et de ne pas faire de distinction entre eux.
Qu'Allah nous bénisse, vous et moi, par le Coran Immense, et qu'Il nous fasse profiter, vous et moi, de ses versets et de son sage Rappel. Je dis ces paroles que vous entendez, et je demande pardon à Allah, l'Immense, pour moi et pour vous, de tout péché ; alors implorez Son pardon. Certes, Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah ; je Le loue, je recherche Son aide, j'implore Son pardon et j'implore Sa guidée. Je crois en Lui, je m'en remets à Lui et je ne Le renie pas ; et je prends pour ennemi quiconque Le renie. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager – que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui – a certes trouvé la droiture ; et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager s'est certes égaré et s'est fourvoyé d'un égarement lointain.
Texte du second sermon
Ceci étant dit, ô serviteurs d'Allah, la concrétisation de la signification de l'attestation que Muhammad est le Messager d'Allah consiste à ce que le musulman magnifie ce que le noble Prophète ﷺ a apporté, en lui obéissant dans ce qu'il a ordonné et en s'écartant de ce qu'il a interdit et réprimé ; à ce qu'il déclare véridique ce qu'il a informé ; et à ce qu'il n'adore Allah que conformément à ce qu'Il a légiféré. Et qu'il prenne garde à ne pas le contredire ou à douter de ce avec quoi il est venu. Allah, le Puissant et le Grand, a dit : A l’inverse, lorsque les croyants sont invités à soumettre leurs différends à la loi d’Allah et au jugement de Son Messager, ils se contentent de dire : « Nous avons entendu et obéissons. » Voilà les bienheureux. [La Lumière, 24 : 51]. Et Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui exercent l’autorité. En cas de désaccord, vous devrez vous en remettre au jugement d’Allah et du Messager... [Les Femmes, 4 : 59].
L'érudit Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : Les Musulmans sont unanimes sur le fait que le recours au Messager ﷺ est le retour à lui de son vivant, et le retour à sa Tradition après sa mort. Ils s'accordent sur le fait que l'obligation de ce recours n'a pas été abolie par sa mort ﷺ.
Et dans le Saḥîḥ al-Bukhârî, d’après Aboû Hourayrah (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Tous les membres de ma communauté entreront au Paradis excepté quiconque aura refusé. Il a été dit : "Ô Messager d’Allah ! Et qui donc refuserait ?" Il répondit : "Quiconque m’aura obéi entrera au Paradis et quiconque m'aura désobéi aura certes refusé." » [Al-Bukhârî (n°7280)]
Alors, craignez Allah, craignez Allah - ô serviteurs d'Allah - en magnifiant la Sunna dans les cœurs et en l'appliquant dans toutes les affaires de la vie ; elle est l'arche du salut, le vaisseau de la réussite et la voie de la guidée. Ainsi, aucune parole ou opinion humaine ne doit lui être préférée, car ce qu'elle renferme est semblable à ce que renferme le Livre d'Allah (Élevé soit-Il), et ils sont égaux quant au jugement. En effet, Al-Hasan ibn Jâbir a dit : « J'ai entendu Al-Miqdâm ibn Ma'dî Karib dire : » « Le Messager d'Allah ﷺ a interdit des choses le jour de Khaybar, puis il a dit : "Bientôt, l'un d'entre vous me démentira alors qu'il est accoudé sur son canapé, en rapportant un de mes hadiths, et il dira : ‹Entre nous et vous, il y a le Livre d'Allah ; ce que nous y avons trouvé de licite, nous l'avons déclaré licite, et ce que nous y avons trouvé d'illicite, nous l'avons déclaré illicite.›" En effet, ce que le Messager d'Allah ﷺ a interdit est comme ce qu'Allah a interdit. » Et il est rapporté qu'Al-Awzâ'î (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit à certains de ses compagnons : « Si un hadith du Messager d'Allah ﷺ te parvient, garde-toi d'y opposer une autre parole, car le Messager d'Allah ﷺ ne faisait que transmettre de la part d'Allah (Exalté soit-Il). »
D'après l'illustre Imam Sufyân ibn Sa'îd Ath-Thawrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) qui a dit : " Toute la science n'est que la science des traditions, " Mâlik, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Il n'est personne parmi nous qui ne réfute et ne soit réfuté, à l'exception de l'occupant de cette tombe », et il désigna la tombe du Messager d'Allah ﷺ.
Voici donc les préceptes des pieux prédécesseurs de la communauté, attachez-vous donc à la juste voie qu'ils suivaient, et au suivi du droit chemin. Car l'une des plus grandes causes de la chute dans la sédition et l'une des plus grandes sources d'épreuves est d'aller à l'encontre de la voie d'Allah et de celle de Son Messager (paix et salut d'Allah sur lui), telles que les transgressions doctrinales et les interdits pratiques. Ainsi, tu vois des gens prétendre aimer le Prophète (paix et salut d'Allah sur lui) et le suivre, alors qu'ils insultent ses Compagnons et les déclarent mécréants, qu'ils calomnient son honneur et accusent ses épouses. Tu vois d'autres gens prétendre aimer le Prophète (paix et salut d'Allah sur lui) et le suivre, alors qu'ils transgressent son commandement en l'élevant au-delà de sa juste mesure et en lui attribuant les attributs d'Allah, le Seigneur des mondes. Tu vois des factions prétendre aimer le Messager (paix et salut d'Allah sur lui) et le suivre, alors qu'elles ont contredit sa Tradition, ont adopté des voies contraires à sa guidée et à sa méthode, et se sont liguées et regroupées autour de voies sataniques qui n'ont absolument rien à voir avec l'Islam. Tu vois des personnes prétendre aimer le Prophète (paix et salut d'Allah sur lui) et le suivre, alors qu'elles innovent des hérésies pour lesquelles Allah n'a révélé aucune preuve, et célèbrent des fêtes innovées, telle que l'innovation de la naissance du Prophète (Mawlid), du Voyage Nocturne et de l'Ascension (Al-Isra wal Mi'raj), et d'autres encore, que ni le Messager d'Allah (paix et salut d'Allah sur lui) ni ses Compagnons n'ont jamais pratiquées, et qui n'ont aucun lien avec l'Islam. Toutes ces actions démontrent donc la fausseté de leur prétention d'aimer le Prophète (paix et salut d'Allah sur lui) et de le suivre ; car celui qui l'aime véritablement suit son commandement, emprunte sa voie, aime ses Compagnons et suit leur cheminement.
Ô Allah ! Affermis-nous sur le Livre et la Sounna. Ô Allah ! Ô Toi qui tournes les cœurs ! Affermis nos cœurs sur Ta religion. Ô Allah ! Ô Toi qui diriges les cœurs ! Dirige nos cœurs vers Ton obéissance.
Notre Seigneur ! Accorde-nous une belle part ici-bas, et une belle part dans l'au-delà et protège-nous du châtiment du Feu, et qu'Allah prie sur notre Prophète Muhammad, le salue et le bénisse.
***
Titre du sermon
La sincérité
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager.
Ô gens ! Ayez conscience de votre Seigneur qui vous a façonnés à partir d’un seul être, puis en a tiré son épouse, et de leur union a fait naître une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a répandus sur la terre. Respectez Allah, au nom de qui vous vous adressez les uns aux autres, et veillez à préserver les liens de sang. Allah veille constamment sur vous. [Les Femmes, 4 : 1]. Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et que chacun considère les œuvres qu’il a accomplies pour le salut de son âme. Craignez Allah qui est parfaitement informé de ce que vous faites. [Le Rassemblement, 59 : 18].
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad et les pires affaires sont les nouvelles. Et toute innovation est un égarement.
Serviteurs d'Allah :
Notre Seigneur (Puissant et Majestueux) est le Seul à avoir créé toute la création ; Il est leur Seigneur, leur Possesseur et leur Créateur. Il est le Seul à posséder la Seigneurie, et nulle de Ses créatures ne Lui est associée dans Sa Seigneurie. Il en est de même pour Sa Divinité. Il est Celui qui mérite l'adoration, Lui Seul, et personne d'autre. Il est donc nécessaire que l'adoration soit vouée de manière exclusive à Lui, sans qu'aucune créature n'y ait la moindre part ; le serviteur doit donc, dans ses paroles, ses actes et sa volonté, viser Allah Seul. Dis : « Mes prières, mes actes de dévotion, ma vie tout entière et ma mort, sont voués à Allah, Seigneur de la Création auquel je rends, comme cela m’a été ordonné, un culte exclusif et sincère et auquel je suis le premier à faire acte de soumission. » [Les Bestiaux, 6 : 162-163], Une personne sincère, c’est celle qui agit sans chercher à attirer l’attention des autres, sans désirer leurs louanges, un statut dans ce monde ou un avantage matériel ou moral. D’après Abû Umâmah Al-Bâhilî (qu’Allah l’agrée), un homme vint voir le Prophète ﷺ et lui demanda : « Que penses-tu d’un homme qui combat à la fois pour la récompense et pour la renommée ? » Le Messager d’Allah ﷺ répondit : « Il n’aura rien. » La personne répéta cela trois fois et le Messager d'Allah ﷺ répondit à chaque fois : « Il n’aura rien. » Ensuite, il dit : « Certes, Allah n’accepte aucune œuvre excepté celle qui est sincère pour Lui et à la recherche de Son Visage. » [Rapporté par An-Nassâ'î (n°3140). Al-'Irâqî et Al Albânî l'ont jugé bon.]
Et Allah a ordonné à Ses serviteurs de Lui vouer l'adoration exclusive, à Lui Seul, par Sa parole, Éxalté soit-Il : Il ne leur a été ordonné que d’adorer Allah en Lui vouant un culte exclusif et sincère, d’accomplir la prière et de s'acquitter de la zakat, ceci étant la religion de vérité. [La Preuve Évidente, 98 : 5]. La sincérité est le cœur et l'essence de l'adoration. Si les êtres humains y ont une part – aussi minime soit-elle –, Allah ne l'agrée pas. Notre Seigneur (Puissant et Majestueux) est en effet Celui qui Se passe le plus de toute association : celui qui accomplit une œuvre en y associant un autre que Lui, Il le délaisse, lui et son association. Il est donc obligatoire de vouer l'œuvre exclusivement à Allah, en ayant pour intention, par son cœur, son Seigneur dans cette adoration.
La sincérité est donc le fondement des adorations, et les actions physiques suivent le cœur. L'intention est comme l'âme de l'œuvre, et parmi ce que le Prophète ﷺ a craint pour nous, il y a le manque de sincérité et l'ostentation dans nos œuvres ; d'après Mahmoud ibn Labid, le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Ce que je crains le plus pour vous est le polythéisme mineur. » Ils demandèrent : " Ô Messager d'Allah ! Qu'est-ce que le polythéisme mineur ? " Il répondit : « L'ostentation. Le Jour où Allah (Béni et Exalté soit-Il) rétribuera les serviteurs pour leurs œuvres, Il dira : Allez vers ceux pour qui vous faisiez preuve d'ostentation par vos œuvres ici-bas, et regardez si vous trouvez auprès d'eux une rétribution ? » [Ahmad (23636) et Al Baghawî dans " Charh As-Sunnah " (4135), et Al Albânî l'a jugé bon].
La sincérité est la chose la plus précieuse en ce monde. Quand quelqu’un s’efforce de chasser l’ostentation de son cœur, le Diable trouve une autre façon de la faire revenir. C’est pourquoi celui qui est raisonnable consacre ses efforts à corriger son intention et à la purifier de toute impureté. Son attention à la sincérité passe donc avant tout. Selon Abû Mûsâ Al-Ash’arî, il a rapporté : Un jour, le Messager d’Allah ﷺ nous a adressé un sermon et a dit : « Ô gens, craignez ce polythéisme, car il est plus subtil que les pas d’une fourmi. » Alors, quelqu'un dont Allah a souhaité qu'il parle, lui demanda : « Et comment nous en prémunir, alors qu'il est plus subtil que les pas de la fourmi, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Dites : “Ô Allah ! Certes, nous nous réfugions auprès de Toi contre le fait de T'associer quoi que ce soit que nous connaissons, et nous implorons Ton pardon pour ce que nous ne connaissons pas.”. » [Rapporté par Aḥmad n°19606, Ibn Abî Shaybah n°30163 et Aṭ-Ṭabarânî dans Al-Awsaṭ n°3479. Et Al-Albânî l'a qualifié de bon.]
Le savant pieux, l'imam Ibn Al Qayyim, a dit : Ne se réunissent pas dans le cœur la sincérité, l'amour de l'éloge et de la louange, et la convoitise de ce que possèdent les gens, tout comme ne se réunissent l'eau et le feu, ni le lézard des sables et le poisson. Ainsi, si ton âme t'incite à rechercher la sincérité, tourne-toi d'abord vers la convoitise et égorge-la avec le couteau du désespoir. Puis, tourne-toi vers l'éloge et la louange, et détache-t'en comme les amoureux de ce bas-monde se détachent de l'au-delà. Alors, lorsque tu seras parvenu à égorger la convoitise et à te détacher de la louange et de l'éloge, la sincérité te deviendra aisée.
Si tu demandes : « Qu'est-ce qui peut me faciliter le fait de sacrifier la cupidité et de renoncer à l'éloge et à la louange ? », je répondrais : Pour ce qui est de sacrifier la cupidité, cela te sera facilité par ta certitude qu'il n'est rien que l'on puisse convoiter dont les trésors ne soient entre les Mains d'Allah Seul. Nul autre que Lui ne les possède et nul autre que Lui n'en octroie une part au serviteur. Quant au renoncement à l'éloge et à la louange, cela te sera facilité par ta science que l'éloge de personne n'est profitable ni n'embellit, et que sa critique n'est nuisible ni n'avilit, si ce n'est Allah Seul. Comme le dit ce bédouin au Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) : « Certes, mon éloge est un embellissement et ma critique est un avilissement. », ce à quoi le Prophète répondit : « Tel est Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur. » [Rapporté par 'Abd Ar-Razzâq dans son Tafsîr : 3/231, et At-Tabaranî : 26/122 ; il est mursal.]
Sois donc indifférent à l'éloge de celui dont la louange ne t'honore en rien, et au blâme de celui dont la critique ne te déshonore en rien. Recherche plutôt l'éloge de Celui dont la louange est tout l'honneur, et dont le blâme est tout le déshonneur. Or, cela ne peut être atteint que par la patience et la certitude ; car dès que tu perds la patience et la certitude, tu es semblable à celui qui voudrait s'aventurer en mer sans embarcation. Le Très-Haut dit : Supporte patiemment leurs réfutations, car la promesse d’Allah s’accomplira. Ne te laisse pas détourner de ta mission par ceux qui ne croient pas avec certitude en la Résurrection ! [Les Romains, 30 : 60]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : Parmi eux, nous avons désigné des chefs spirituels qui, suivant Nos commandements, appelèrent leurs fidèles à Notre culte, aussi longtemps qu’ils restèrent constants et conservèrent une foi ferme en Nos signes. [La Prosternation, 32 : 24]. Les Bienfaits [p. 149].
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et le salut soient sur celui qui nous a enseigné ce qui nous est bénéfique, qui a distingué pour nous entre le Vrai et le Faux, et qui nous a exposé les voies d'accès de Satan.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
C'est par la connaissance bénéfique – celle qui est fondée sur la preuve tirée des textes des deux Révélations – que la Vérité se distingue du Faux, et que les ambiguïtés se clarifient.
Mes frères :
L’homme, lorsqu’il est seul, se montre paresseux pour les bonnes œuvres ; mais en compagnie des autres, il devient dynamique. Tel est notre cas durant Ramadan : une personne accomplit la prière de nuit avec ses frères à la mosquée, alors qu'elle ne le fait ni avant ni après Ramadan. De même, elle ne jeûne pas de manière surérogatoire lorsqu'elle est seule, mais jeûne si elle est avec ses frères. Le musulman ressent aussi, le jour du vendredi à la mosquée, un entrain pour la prière qu'il ne ressent pas les autres jours. Et il en est de même pour d'autres actes d'obéissance pour lesquels une personne se montre motivée lorsqu'elle est en compagnie d'autrui. On pourrait alors penser qu'il s'agit d'ostentation et qu'il est obligatoire, dans cette situation, de délaisser ces actes.
Toutefois, il n’en est absolument rien. En effet, tout croyant désire adorer Allah, Exalté soit-Il, prier la nuit et jeûner le jour ; mais des obstacles peuvent l'en empêcher, ses occupations l'en détourner, et il peut être vaincu par l'emprise des passions ou séduit par l'insouciance. Ainsi, il se peut que le fait de voir autrui [adorer] dissipe son insouciance, ou que les obstacles et les occupations s’effacent dans certaines circonstances, ce qui ravive sa motivation. Il entre alors en émulation avec ses frères et il lui est pénible qu'ils le devancent dans l'obéissance à Allah. Son âme se trouve ainsi poussée aux actes d'obéissance, non par ostentation, et ceci est louable. Que l'adorateur s'efforce donc à ce moment-là et qu'il saisisse cette propension de son âme à l'obéissance. En revanche, s'il sait que son âme penche vers l'ostentation et qu'elle aspire aux louanges et aux éloges des gens, qu'il délaisse alors [cet acte].
Mes frères :
Associer un acte d’adoration à un objectif mondain ne relève pas de l’ostentation, mais cela diminue la perfection de la sincérité recommandée. Ainsi, accomplir une adoration en visant un intérêt terrestre, comme obtenir des biens, la santé ou autre chose similaire, reste permis et n’est pas considéré comme ostentatoire. Il est donc autorisé de combattre pour la récompense et le butin. D’après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée), un homme vint voir le Prophète ﷺ et dit : « J’ai épousé une femme des Anṣâr. » Le Prophète ﷺ lui répondit alors : « L'as-tu regardée ? Car il y a certes quelque chose dans les yeux des Ansars. » Il répondit : « Je l'ai regardée. » Le Prophète poursuivit : « Pour combien l'as-tu épousée ? » Il répondit : « Pour quatre onces. » Le Prophète (paix et salut sur lui) lui dit alors : « Pour quatre onces ! C'est comme si vous extrayiez l'argent du flanc de cette montagne ! Nous n'avons rien à te donner, mais il se peut que nous t'envoyions dans une expédition dont tu tireras profit. » Le rapporteur ajouta : « Il envoya donc une expédition contre les Banî ‘Abs et y envoya cet homme. » Rapporté par Muslim (n°1424).
Alors, le Prophète ﷺ l'envoya afin d'obtenir la récompense et le butin.
Le Pèlerinage est un acte de dévotion et d'obéissance, et il est permis au musulman d'accomplir ses rites tout en y joignant l'intention de commercer ; Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux) a dit : Dhûl Majâz et 'Ukâz étaient le lieu de commerce des gens à l'époque préislamique. À l'avènement de l'Islam, il semble qu'ils répugnèrent à cela, jusqu'à ce que soit révélé, durant les saisons du pèlerinage, le verset : {Ce n’est pas un péché que d’aller en quête de quelque grâce de votre Seigneur}. Rapporté par Al Bukhârî (n°1770).
Parmi les formes de l'association dans l'adoration :
La recherche du diplôme et de la science : la science religieuse étant un acte d'adoration et d'obéissance, l'étudiant en science peut rechercher la science religieuse en quête de l'agrément d'Allah, et joindre à son intention la recherche d'un diplôme dont il tirera profit dans sa vie d'ici-bas ; conformément au sens du hadith suivant : « Quiconque apprend une science par laquelle on recherche le Visage d'Allah, ne l'apprend que pour atteindre un bien de ce bas monde, ne sentira pas l'odeur du Paradis le Jour de la Résurrection - c'est-à-dire : sa senteur - » ; [Rapporté par Aḥmad (n°8456), Abû Dâwud (n°3664) et Ibn Mâjah (n°260), et authentifié par Al-Albânî].
Le sens de ce hadith est donc que toute personne qui apprend la science religieuse dans le but d’obtenir les bienfaits de ce monde et de l’au-delà n’est pas visée par la menace. Et Allah est le Plus Savant.
De même, celui qui enseigne le Coran, ou fait l'appel à la prière, ou dirige les gens en prière dans le but d'obtenir un bien de ce bas monde et de l'au-delà, n'est pas pécheur. Cependant, celui qui purifie son œuvre, la rend sincère pour Allah, et se consacre à cette œuvre en vue de l'au-delà – qu'il obtienne ou non les biens de ce bas monde – celui-là est dans une situation plus parfaite et sa rétribution est plus abondante. En effet, le fait de viser les créatures par son adoration, en tout ou en partie, est une forme d'associationnisme qui annule l'œuvre, et son auteur fait partie de ceux qui sont sous la menace divine. Quant au fait de vouloir un intérêt de ce bas monde tout en ayant l'intention de l'adoration, ceci est permis. Telle est donc la distinction subtile entre ces deux cas de figure, et Allah est Celui qui guide vers la juste voie.
Cheikh 'Abd ar-Rahman ibn Sa'dî a dit dans "Al-Qawl As-Sadîd" (p. 128) : Œuvrer pour ce bas monde et pour en réaliser les objectifs. Si l'entière volonté du serviteur est tournée vers cet objectif, sans qu'il n'ait aucune intention tournée vers le visage d'Allah et la Demeure dernière, alors celui-ci n'aura aucune part dans l'au-delà. Une telle œuvre, décrite ainsi, ne peut émaner d'un croyant. En effet, le croyant - même si sa foi est faible - doit nécessairement aspirer à Allah et à la Demeure dernière. Quant à celui qui œuvre à la fois pour le visage d'Allah et pour ce bas monde, et dont les deux intentions sont égales ou presque, celui-là, bien qu'il soit croyant, sa foi, son unicité et sa sincérité sont imparfaites, et son œuvre est incomplète, en raison de son manque de sincérité parfaite. Quant à celui qui œuvre exclusivement pour Allah, avec une sincérité totale dans son action, mais qui perçoit pour son travail une rétribution convenue pour l'aider dans son œuvre et sa pratique religieuse, le fait de recevoir cette rétribution ne nuit en rien à sa foi et à son unicité, car il n'a pas visé par son œuvre ce bas monde, mais bien la religion, et son intention était que ce qu'il obtenait soit une aide pour l'accomplissement de sa pratique religieuse.
Celui qui a une pratique d'adoration doit persévérer en celle-ci, que ce soit en présence des gens ou en leur absence. Ainsi, celui qui a une pratique régulière, comme la lecture [du Coran], la prière nocturne ou le jeûne, puis entreprend un voyage avec des compagnons ou est reçu en tant qu'invité chez autrui, doit préserver son habitude et ne pas la délaisser. Car il se peut que le Diable vienne à lui et ne cesse de l'inciter à abandonner sa pratique, sous prétexte d'éviter l'ostentation ; Al-Fuḍayl ibn ‘Iyāḍ a dit : "L'abandon de l'œuvre pour les gens est de l'ostentation, et l'œuvre faite pour les gens est de l'association."
Il en est de même pour quiconque a pour habitude la prière de Duha : qu'il l'accomplisse dans son travail et ne la délaisse pas, si sa prière n'affecte pas son travail.
***
Titre du sermon
Le danger du polythéisme
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous revenons repentants vers Lui, et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, nul ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, nul ne peut le guider. Et j’atteste qu’il n'y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Unique et sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit, sachez, qu’Allah vous fasse miséricorde, que la plus grande des obligations pour chaque musulman et chaque musulmane est la connaissance du monothéisme et le fait de s'y attacher, ainsi que la connaissance du polythéisme, le fait de s'en prémunir et de s'en délivrer, car le monothéisme du serviteur n'est valide qu'à travers la connaissance du polythéisme et le désaveu de celui-ci.
D'après Hudhayfah ibn Al Yamân (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Les gens interrogeaient le Messager d’Allah ﷺ au sujet du bien, tandis que moi, je l’interrogeais au sujet du mal, par crainte qu’il ne m’atteigne. [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Serviteurs d'Allah :
Allah a conditionné notre entrée au Paradis et notre délivrance de l'Enfer au fait de mourir préservés du polythéisme. En effet, dans les deux Sahîh, un homme est venu au Prophète ﷺ et a demandé : « Ô Messager d'Allah ! Quelles sont les deux impératifs ? » Le Prophète ﷺ a alors dit : « Quiconque meurt sans rien associer à Allah entrera au Paradis, et quiconque meurt en associant qui ou quoi que ce soit à Allah entrera en Enfer. »
Et dans les deux recueils authentiques également, d'après un hadith d'Abî Dharr (qu'Allah l'agrée) qui a dit : " J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire :" « Jibrîl est venu à moi et m'a dit : quiconque de ta communauté meurt sans associer quoi que ce soit à Allah entrera au Paradis. J'ai demandé : Même s'il a forniqué et volé ? Il a répondu : Même s'il a forniqué et volé. »
Le polythéisme est la pire des injustices, le plus grave des péchés, et le plus grand des péchés majeurs. Il fut demandé : « Ô Messager d'Allah ! Quel est le pire des péchés ? » Il répondit : « Que tu donnes à Allah un égal alors que c’est Lui qui t’a créé. » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim] ; Car c'est consacrer à un autre que Lui un droit qui appartient exclusivement à Allah, et mettre sur un pied d'égalité les créatures faibles et impuissantes avec le Grand Créateur en les Lui assimilant.
L'homme pieux Luqmân a dit à son fils tout en l'exhortant : Mon fils, n'associe rien à Allah, car le polythéisme est une grave injustice. [Luqmân, 31 : 13].
Et les polythéistes diront le Jour du Jugement à leurs associés : « Par Allah ! Nous étions de toute évidence égarés » en vous mettant vous et le Seigneur de la Création sur un pied d’égalité. [Les Poètes, 26 : 97-98].
Et parce que le polythéisme constitue un rabaissement du Souverain Omniscient, Détenteur de la Majesté et de la Noblesse, Allah a décrété qu'il n'est pas pardonné si son auteur meurt dans cet état sans s'en être repenti. Allah, le Très Haut, a dit : Allah ne saurait pardonner que d’autres divinités Lui soient associées, mais Il peut pardonner à qui Il veut tout autre péché de moindre gravité... [Sourate An-Nissâ` (Les Femmes) : 4/48]. Il (Exalté soit Sa Majesté) a dit : Quiconque associe d’autres divinités à Allah se verra privé du Paradis et n’aura d’autre refuge que l’Enfer. [Sourate Al-Mâ`idah (La Table Servie) : 5/72].
Pour montrer toute la gravité du polythéisme, Allah a informé les hommes au rang le plus élevé et au statut le plus noble auprès de Lui — Ses prophètes et messagers — que ce péché annule et réduit à néant toutes leurs œuvres, s’ils venaient à y succomber. Or, il t’a été révélé, comme aux prophètes qui t’ont précédé : « Si jamais tu associais d’autres divinités à Allah, tes œuvres seraient certainement réduites à néant et tu serais parmi les perdants. C’est, au contraire, Allah seul que tu dois adorer. Sois donc de ceux qui se montrent reconnaissants. » [Les Groupes, 39 : 65-66], et il a dit : S’ils avaient associé d’autres divinités au Seigneur, leurs œuvres auraient été réduites à néant. [Sourate Al-An'âm (Les Bestiaux) : 6/88].
C'est pourquoi tous les Prophètes sont venus pour interdire le polythéisme, mettre en garde contre lui et appeler au monothéisme. Allah, Éxalté soit-Il, a dit : Nous avons suscité à chaque peuple un Messager qui l’a exhorté à adorer Allah et à fuir les fausses divinités... [Les Abeilles:36].
Le polythéisme à Allah est le plus grave péché par lequel Allah (Élevé soit-Il) a été désobéi ; quiconque associe à Allah, Allah lui interdira le Paradis et le vouera à l'Enfer pour l'éternité. Il (Élevé soit-Il) a dit : Quiconque associe d’autres divinités à Allah se verra privé du Paradis et n’aura d’autre refuge que l’Enfer. Nul ne saurait sauver les impies. Sourate Al-Mâ'idah (La Table Servie),et 72.
Le polythéisme majeur consiste à vouer un type d'adoration quelconque à autre qu'Allah, tel que l'invocation, le sacrifice, le vœu, la soumission ou tout autre type d'adoration. Ainsi, toute adoration vouée à autre qu'Allah est du polythéisme, même si elle s'adresse aux prophètes, aux anges, aux messagers ou aux vertueux ; il s'agit d'un polythéisme envers Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) avec lequel aucune œuvre n'est valide et la religion ne peut jamais être droite. Par conséquent, aucune œuvre du polythéiste n'est acceptée, même s'il adorait Allah nuit et jour, tant qu'il entache son adoration de polythéisme. Ceux qui croient sans entacher leur foi d’une quelconque iniquité – par l'Association / le Polythéisme – Voilà ceux qui sont en sécurité et bien guidés. [Sourate : Les Bestiaux, 6 : 82]
Qu'Allah bénisse le Coran sublime pour moi et pour vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, le Seigneur des mondes. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et qu'Il les préserve abondamment.
Texte du deuxième sermon
Serviteurs d'Allah :
Après avoir su ce qu'est le polythéisme et qu'il est la cause de la destruction et de l'entrée en Enfer, il nous incombe de connaître la voie de la délivrance et de l'entrée au Paradis, à savoir le monothéisme.
Le monothéisme, c’est adorer Allah seul. C’est le but pour lequel Il a créé les djinns et les hommes. Allah, exalté soit-Il, a dit : Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. [Sourate Adh-Dhâriyât (Les Vents qui éparpillent) : 51/56]. C'est-à-dire : qu'ils M'adorent Seul, sans rien M'associer.
Le monothéisme est ce qui empêche de demeurer éternellement en Enfer, même pour les désobéissants et ceux qui commettent les grands péchés, car certes, Allah a interdit au Feu [de l'Enfer] quiconque a dit : « Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah » recherchant à travers cela le Visage d'Allah.
Vouer exclusivement l'adoration à Allah épanouit la poitrine, tranquillise le cœur et libère de la servitude des créatures, Allah ouvre à l’islam le cœur de celui qu’Il entend guider... [Les Bestiaux, 6 : 125].
Par Lui, les soucis sont dissipés et les angoisses sont ôtées, « Il n’est de divinité en droit d’être adorée que Toi. Gloire à Toi ! Je me suis comporté en homme injuste ! » [Les Prophètes, 21 : 87].
Ibn Al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a écrit dans son livre *Al-Fawâ’id* : Rien n'a repoussé les afflictions d'ici-bas comme l'a fait le monothéisme
Il est la cause de la vie bonne ; bien plus, il n'est de félicité en ce bas monde que par Lui. Il a dit, Gloire et Pureté à Lui : A ceux, hommes ou femmes, qui accomplissent de bonnes œuvres, tout en étant croyants, Nous réservons une vie heureuse... [Les Abeilles, 16 : 97].
Et parmi les moyens de la fermeté : demander à Allah la fermeté, s’éloigner des innovations, des ambiguïtés et des passions, multiplier les actes d’obéissance, s’approvisionner en sciences de la Législation, et interroger les savants pieux sur ce qui en est ambigu.
Et parmi les causes importantes pour la concrétisation du monothéisme, il y a le fait que le musulman implore l'aide d'Allah — le Très-Haut — et s'en remette à Lui pour Son assistance dans cette affaire immense, laquelle ne lui sera pas facilitée si Allah — le Très-Haut — ne l'y aide pas. Et c'est le sens de Sa parole — le Très-Haut — dans la sourate Al-Fatiha : C’est Toi seul que nous adorons et de Toi seul que nous implorons aide. [L'Ouverture, 1 : 5], Il est donc impératif de vouer l'adoration à Allah, Exalté soit-Il, et à Lui Seul, et il n'est pas possible d'y parvenir si ce n'est en recherchant l'assistance d'Allah, Exalté soit-Il, et de Lui Seul, pour concrétiser ce sublime objectif.
L'invocation fait partie des moyens de concrétiser le monothéisme et de s'éloigner du polythéisme ; en effet, il est rapporté dans le hadith que le Prophète ﷺ a dit à Abî Bakr (qu’Allah l'agrée) : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, le polythéisme est plus imperceptible que le cheminement d'une fourmi. T'indiquerais-je une chose qui, si tu la prononces, éloignera de toi ses formes mineures et majeures ? Dis : Ô Allah ! Je me réfugie auprès de Toi contre le fait de T'associer quoi que ce soit en connaissance de cause et j'implore Ton pardon pour ce dont je n'ai pas connaissance. », Rapporté par Abû Ya‘lâ (n°60) et par Al-Bukhârî dans Al-Adab Al-Mufrad, authentifié par Al-Albânî.
Priez, qu'Allah vous fasse miséricorde...
***
Titre du sermon
Le concept de l'adoration dans l'Islam
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille et ses Compagnons ; et qu'ils soient salués de nombreuses salutations.
Ô vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et ne mourez qu'en étant soumis. [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence. [Les Femmes, 4 : 1]. Ô vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! Il vous rendra meilleur et effacera vos fautes. Celui qui suit Allah et Son Messager connaîtra un grand bonheur. [Les Coalisés, 33 : 70-71]
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit : Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) dit dans Sa Révélation explicite : Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. [Qui Éparpillent, 51 : 56].
Cette clarification seigneuriale et cette affirmation divine nous confirment donc que le but de la création des djinns et des hommes, et la cause pour laquelle Allah a fait exister la création, est l'adoration ; puisque le Puissant et Majestueux a limité la sagesse derrière la création des êtres responsables à Sa volonté qu'ils L'adorent et ne Lui associent rien.
Et c'est là la mission avec laquelle Allah a envoyé tous les Messagers, et c'est à elle qu'ils ont appelé leurs peuples. Nous avons suscité à chaque peuple un Messager qui l’a exhorté à adorer Allah et à fuir les fausses divinités... [Sourate An-Naḥl (Les Abeilles) - Coran : 16/36.]
Ô Musulmans : il est une évidence que chacun d'entre nous connaisse la sagesse pour laquelle Allah l'a créé. Mais quelle est l'adoration qu'Allah a voulue de nous ? Et quelle est sa notion en Islam ? Est-ce ce que croient certaines personnes : qu'elle se limite au simple accomplissement de la prière, de l'aumône légale, du jeûne et du pèlerinage uniquement, et qu'elle n'a aucun lien avec la morale, les comportements et les relations sociales ?
Cheikh Al Islam Ibn Taymiyyah, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : L’adoration désigne tout ce qu’Allah aime et agrée, qu’il s’agisse de paroles ou d’actions, apparentes ou cachées.
La prière, l'aumône, le jeûne, le pèlerinage, la véracité dans la parole, l'acquittement du dépôt, la piété filiale, la fidélité aux engagements, l'injonction du convenable et l'interdiction du blâmable, le combat contre les mécréants et les hypocrites, la bienfaisance envers le voisin, l'orphelin, le pauvre, et ce qui est détenu parmi les êtres humains et les bêtes, l'invocation, l'évocation, la lecture, et autres actes d'adoration similaires.
Et de même, l'amour d'Allah et de Son Messager, la crainte d'Allah et le retour à Lui, la sincérité du culte qui Lui est voué, la patience face à Son jugement, la gratitude pour Ses bienfaits, l'agrément de Son décret, la confiance en Lui, l'espoir en Sa miséricorde, la peur de Son châtiment, et autres actes similaires font partie des adorations pour Allah.
Ô musulmans : l'objectif de toute l'existence humaine est exclusivement l'adoration et ne s'étend à absolument rien d'autre. C'est-à-dire : qu'elle englobe la vie entière du musulman. Il a dit, Exalté soit-Il : Dis : « Mes prières, mes actes de dévotion, ma vie tout entière et ma mort, sont voués à Allah, Seigneur de la Création auquel je rends, comme cela m’a été ordonné, un culte exclusif et sincère et auquel je suis le premier à faire acte de soumission. » [Sourate Al-An'âm (Les Bestiaux) : 6/162-163].
L'Islam est la vie, il doit par conséquent couvrir tous les aspects de la vie, sans se limiter à un aspect à l'exclusion d'un autre.
Et lorsque le Négus interrogea Ja'far ibn Abî Ṭâlib au sujet de l'Islam, celui-ci se mit à décrire la condition qui était la leur durant la Jâhiliyyah, et ce qu'elle devint après l'appel du Prophète ﷺ, et dit : « … jusqu’au jour où Allah nous envoya un Messager d'entre nous, dont nous connaissions la lignée, la véracité, la loyauté et l’intégrité. Il nous a alors appelé à Allah afin que nous Lui vouions un culte exclusif, nous L'adorions et nous abjurions de tout ce que nous adorions, nous et nos ancêtres en dehors de Lui, que ce soit des pierres ou des idoles. Il nous a ordonné d'être véridique dans nos propos, de nous acquitter du dépôt, de maintenir le lien de parenté, d'être de bon voisinage, de nous abstenir de tout acte illicite, de verser le sang, et Il nous a interdit les perversités, le faux témoignage, la spoliation du bien de l'orphelin et la calomnie envers la femme chaste. Et il nous a ordonné d’adorer Allah, Seul, sans rien Lui associer. Il a ordonné la prière, l’aumône et le jeûne. », Il a dit : « Il lui a énuméré divers préceptes de l'Islam. » Al Hadîth (Le propos) Rapporté par Ahmad (n°1740), Abû Nu'aym dans *Al-Hilyah* (1/115-116) et Al-Bayhaqî dans *Dalâ'il An-Nubuwwah* (2/301-304), et authentifié par Al-Albânî.
Par conséquent, il faut corriger la conception erronée de l'adoration qui la restreint à certains actes d'obéissance, actions et obligations ; et que la personne ait la ferme conviction que si elle accomplit n'importe quelle œuvre qu'Allah agrée, en y vouant une intention sincère à Allah (Exalté et Magnifié soit-Il), elle en sera récompensée. Bien plus, il s'agit là d'un acte d'adoration par lequel on se rapproche d'Allah. Qu'elle ne méprise donc aucune œuvre, aussi petite ou grande soit-elle ; car ton sourire au visage de ton frère est une aumône, et ôter une nuisance du chemin est une aumône.
Les actes d'adoration englobent de nombreux domaines de bien, comme : la pudeur, le bon comportement, la bonne cohabitation, la fraternité en Allah, la véracité dans les propos, le pardon et l'indulgence envers autrui, la réconciliation entre ceux qui sont en conflit, ainsi que d'autres interactions, comportements et relations sociales.
Ô communauté de Musulmans : si nous voulons mettre en lumière l'erreur de ceux qui ont une conception restrictive de l'adoration, considérons le temps que ces préceptes de dévotion occupent au cours du jour et de la nuit, et dans la vie d'un être humain. En effet, la prière n'occupe qu'une partie du jour et de la nuit ; le jeûne ne dure qu'un mois dans l'année ; l'aumône n'est due qu'une fois par an pour celui qui en remplit les conditions ; et le Pèlerinage, pour quiconque en a la capacité, ne s'accomplit qu'une seule fois dans la vie en l'espace de quelques jours.
Alors, quelle est la proportion de ces préceptes avec la vie de l'homme ? C'est une proportion insignifiante ; le musulman peut-il donc s'acquitter du devoir de l'adoration obligatoire par les préceptes de dévotion, alors qu'il est établi que l'adoration englobe la vie entière du musulman ?
Ô gens : Lorsque la signification de l'adoration s'élargit dans la perception du musulman, il sait que les œuvres vertueuses en général, qui ne sont pas de nature purement dévotionnelle, peuvent se transformer en une adoration, en parfaisant l'intention pour Allah (Élevé soit-Il) et en recherchant par cette œuvre Son agrément.
Dans le hadith unanimement reconnu authentique, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Chaque jour où le soleil se lève, la personne doit s’acquitter d’une aumône pour chacune de ses articulations. Réconcilier deux personnes est une aumône. Aider un homme à enfourcher sa monture ou l’aider à y charger ses affaires est une aumône. Prononcer une bonne parole est une aumône. Marcher, et chaque pas accompli, en direction de la mosquée pour y effectuer la prière est une aumône. Et ôter un obstacle du chemin est une aumône. »
Bien plus, la recherche de la subsistance et du gain, et l’effort pour soi-même et pour ceux qui sont à sa charge, font partie des grandes adorations pour lesquelles la personne est récompensée, si elle y suit la Loi religieuse et vise par cet acte une noble finalité.
D'après Ka'b ibn 'Ujrah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Un homme est passé devant le Prophète ﷺ et les Compagnons du Messager d'Allah ﷺ, voyant sa vigueur et son dynamisme, dirent : « Ô Messager d'Allah ! Si seulement cela était dans le sentier d'Allah ! » Alors, il ﷺ a dit : « S'il est sorti pour œuvrer pour ses jeunes enfants, il est dans le sentier d'Allah. Et s'il est sorti pour œuvrer pour ses deux parents très âgés, il est dans le sentier d'Allah. Et s'il est sorti pour œuvrer pour lui-même afin de se préserver de demander, il est dans le sentier d'Allah. Mais s'il est sorti par ostentation et par vantardise, il est dans le sentier du diable. » [Rapporté par At-Tabarânî dans : Al Mu'jam Al Kabîr (n°282) et Al Awsat (n°6835) ; et Al Albânî l'a authentifié dans : Sahîh Al Jâmi' (n°1428)]
Et ce n’est pas tout : ce qui est permis à un musulman peut devenir un acte d’obéissance pour lequel il sera récompensé. En effet, les gestes instinctifs peuvent se transformer en adoration lorsqu’ils sont accompagnés d’une intention vertueuse, et l’homme en reçoit alors une récompense.
D'après Abû Dharr (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Et le rapport charnel [de l’homme avec sa femme] est une aumône. » Ils dirent : « Ô Messager d’Allah ! Quelqu’un peut donc assouvir son plaisir et être récompensé !? » Il répondit : « Que diriez-vous, s’il l’accomplissait dans l’illicite, ne commettrait-il pas un péché ? Par conséquent, s’il le fait dans ce qui est licite, alors il en a une récompense. » Rapporté par Muslim (n°1006).
Ceci prouve que les actes permis deviennent des obéissances par des intentions sincères.
Et ce qui témoigne également de cela, c'est que le Prophète ﷺ, lorsqu'il a rendu visite à Sa'd ibn Abî Waqqâs (qu'Allah l'agrée) avant sa mort, lui a dit : " Et tu n'effectueras pas une dépense à travers laquelle tu recherches le Visage d'Allah sans que tu en seras récompensé, même la bouchée que tu mets dans la bouche de ta femme. " [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim].
An-Nawawî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : Ceci indique également que l'acte permis, lorsque l'on a pour but par celui-ci le Visage d'Allah (Élevé soit-Il), devient une obéissance, et que l'on est récompensé pour celui-ci.
Et le Prophète ﷺ a attiré l'attention sur cela en disant : « Même la bouchée que tu mets dans la bouche de ta femme » ; L’épouse d’un homme fait partie de ses biens les plus précieux en ce monde, ainsi que de ses désirs et plaisirs licites. Quand il lui met une bouchée dans la bouche, c’est souvent dans un moment de jeu, de tendresse et de partage de ce qui est permis. Ce geste est a priori éloigné de l’obéissance et des préoccupations de l’au-delà. Pourtant, le Prophète (qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve) a indiqué que s’il accomplit cet acte en recherchant la Face d’Allah le Très-Haut, il en recevra une récompense.
Dès lors, une situation autre que celle-ci est plus à même de mériter l'obtention de la récompense si l'on recherche le Visage d'Allah (Élevé soit-Il). Cela implique que lorsque la personne accomplit un acte qui est à l'origine permis en visant par celui-ci le Visage d'Allah (Élevé soit-Il), elle en est récompensée. C'est le cas, par exemple, du fait de manger avec l'intention de se fortifier pour l'obéissance à Allah (Élevé soit-Il), de dormir pour se reposer afin de se lever pour l'adoration avec vigueur, et de jouir de son épouse afin de se préserver, ainsi que son regard, de l'illicite, de s'acquitter du droit de celle-ci et d'obtenir un enfant pieux.
Ô frères : Notre référence pour comprendre la signification de l'adoration est le Livre et la Sunna, et le modèle pratique en sont les Compagnons que le Messager d'Allah, paix et bénédictions soient sur lui, a éduqués, et qui ont saisi la signification de : Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. [Qui éparpillent : 56], Ils ont compris par cela que l'adoration est la finalité de l'existence humaine, le musulman l'accomplissant ainsi en menant sa vie dans ses divers domaines, et que les deux attestations de foi, la prière, l'aumône légale, le jeûne et le pèlerinage sont la base de l'adoration et les piliers fondamentaux de la religion, sans pour autant constituer l'adoration à eux seuls ; ils sont plutôt des stations de ressourcement qui les aident à accomplir le reste de l'adoration qui englobe toute leur vie.
Cette compréhension véritable de la signification de l'adoration a rendu leur conscience de leur devoir dans le travail égale à celle de leur devoir dans la prière, et à celle de la nécessité du mariage, de la recherche de la subsistance, de la recherche de la science, et de l'édification de la terre.
Ainsi, il nous incombe de comprendre, et de prendre conscience que nous sommes en adoration, lorsque nous apprenons ce qui nous est bénéfique, lorsque nous œuvrons pour notre subsistance et peuplons la Terre, lorsque nous mangeons, buvons et dormons, lorsque nous nous prélassons et jouons avec nos enfants ; lorsque nous allons faire nos achats au marché, lorsque nous dépensons pour nos familles et nos enfants, lorsque nous maintenons les liens de parenté et communiquons avec nos voisins et nos amis ; lorsque nous nous efforçons de subvenir aux besoins d'autrui, et lorsque nous nous lançons dans les différents domaines de la vie.
Ainsi, ne perdons pas de vue que nous concrétisons l'adoration pour Allah (Glorifié soit-Il), de sorte que notre sentiment n'est pas contradictoire lorsque nous prions et lorsque nous accomplissons ces actes.
D'après Mou'âdh (qu'Allah l'agrée) a dit : "Quant à moi, je dors et je prie ; j'espère une récompense pour mon sommeil tout comme j'en espère une pour ma prière." [Sahîh Al Bukhârî (n°4341)]
Il (qu’Allah soit satisfait de lui) espérait la récompense pour son sommeil tout comme pour sa veillée en prière ; en dormant, il cherchait simplement à reprendre des forces afin de se consacrer pleinement à l’adoration et à l’obéissance.
Ibn Hajar (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : C'est-à-dire : qu'il demande la rétribution dans le repos tout comme il la demande dans la fatigue ; car si le repos a pour but d'aider à l'adoration, il fait obtenir la rétribution.
Ô frères : La pensée qui prône la séparation de la religion et de la vie a influencé beaucoup de gens ; ils ont ainsi exclu l'adoration des différents aspects de la vie — sociaux, économiques, intellectuels et autres. Ils en sont venus à considérer que l'adoration se pratique à la mosquée, mais que pour ce qui est des œuvres de ce bas-monde, la religion n'a aucun rapport avec cela.
Au point que certaines personnes considèrent les rites cultuels comme étant toute l'adoration requise du musulman, et que s'il s'en acquitte, il a accompli tout ce qui lui incombait en matière d'adoration et que nul n'est plus en droit d'exiger de lui davantage. Et si quelqu'un le conseille et lui rappelle ce qui lui incombe, il dit : « Ô mon frère ! Que veux-tu de nous ?! Nous avons prié, payé l'aumône légale, jeûné et accompli le pèlerinage ! » Et ceci est l'une des plus grandes déviations dans la conception de la notion d'adoration.
Qu'Allah nous bénisse, vous et moi, par le Coran Sublime, et qu'Il nous fasse profiter, vous et moi, de ce qu'il contient comme versets et Sage Rappel. Je dis ma parole que voici, et je demande pardon à Allah, le Majestueux, pour moi et pour vous. Demandez-Lui donc pardon. Certes, Il est le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, nul ne mérite d'être adoré en vérité si ce n'est Lui. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, qui nous a ordonné de L'adorer Lui Seul et de délaisser l'adoration de tout autre que Lui. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur, Son ami intime et Son élu. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons, et quiconque le suit.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Allah, Exalté soit-Il, dit : Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude. [Al Hijr, 15 : 99]. C'est-à-dire : adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la mort, dont tu es certain.
Al-Qourtoubî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : Le sens recherché est de poursuivre l’adoration tout au long de sa vie, comme l’a exprimé le serviteur pieux : [...] et Il m’a prescrit la prière et l’aumône légale [la Zakât] aussi longtemps que je vivrai. [Maryam : 31]
Il nous incombe donc, ô serviteurs d'Allah, de persévérer dans l'adoration de notre Seigneur jusqu'à Le rencontrer, et de nous conformer à la Loi d'Allah, en mettant en pratique l'ordre d'Allah : Suis donc la voie droite, conformément à Nos ordres, imité en cela par ceux qui ont embrassé la foi avec toi. Et gardez-vous de transgresser... [Hûd, 11 : 112]
Et d'après Az-Zuhri, ‘Umar ibn al‑Khaṭṭâb — qu’Allah l’agrée — récita ce verset : Ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allah » et suivent le droit chemin... [Sourate Fouṣṣilat (Les Versets Détaillés) : 41/30]. Il a alors dit : "Par Allah, ils ont fait preuve de droiture pour Allah à travers leur obéissance, et n’ont pas rusé à la manière des renards." [Rapporté par 'Abd Allâh Ibn Al Mubârak dans « L'ascétisme et les douceurs » (1/311) (309) ; Ibn Jarîr dans son exégèse (21/465) ; Ahmad dans "Az-Zuhd" (p : 171), et il comporte une interruption.]
Et Sufyân Ath-Thaqafî a dit : « Ô Messager d'Allah ! Donne-moi dans l'Islam une parole que je ne demanderai à personne après toi. » Il a dit : « Dis : Je crois en Allah, puis fais preuve de droiture. » Rapporté par Muslim, numéro 38.
Et la plus immense honorabilité est celle de quiconque persévère sur la Religion d'Allah. Allah (Glorifié soit-Il) a dit : Ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allah » et suivent le droit chemin, s’entendent dire par les anges qui descendent sur eux : « Soyez sans crainte ! Ne vous affligez pas ! Réjouissez-vous, au contraire, de l’heureuse annonce du Paradis qui vous était promis. [Les Versets Détaillés, 41 : 30].
Il incombe donc à la personne de poursuivre son cheminement vers son Seigneur, d'être sincère dans son œuvre avec Allah, de s'attacher à Sa législation constamment, et de ne pas lier son adoration envers Allah à une époque, un lieu ou des personnes ; mais plutôt de demeurer sincère et ferme sur la religion d'Allah en toute circonstance.
C'est donc d'Abû Bakr Aṣ-Ṣiddîq (qu’Allah l’agrée) que les nobles Compagnons ont appris une leçon de droiture ; lorsqu'il se leva parmi eux pour s'adresser à eux après la mort du Prophète ﷺ, en disant : Que celui d’entre vous qui adorait Mouhammad sache que Mouhammad est mort ; quant à celui qui adorait Allah, qu’il sache qu’Allah est Vivant et ne meurt jamais. Puis il dit : En vérité, tu es mortel et ils sont mortels.﴾ [Az-Zumar : 30], et il dit : Mouhammad n’est qu’un Messager – des Messagers avant lui sont passés – S’il mourait, donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Et quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah ; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants.﴾ [Al-‘Imran : 144].
Et c'est ainsi que les grands sont élevés sur ce principe.
'Urwah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : Il nous est parvenu que les gens pleurèrent le Prophète ﷺ lorsqu'il mourut et dirent : « Par Allah ! Nous aurions aimé mourir avant lui, craignant d'être éprouvés après lui. » Ma'n ibn 'Adiyy dit alors : « Quant à moi, par Allah, je n'aurais pas aimé mourir avant lui, afin d'attester de sa véracité après sa mort comme j'ai attesté de sa véracité de son vivant. » [Rapporté par Al-Boukhârî (n°6830)].
De même, ô serviteurs d'Allah, nous devons nous garder de corrompre nos bonnes œuvres par un retour aux désobéissances. Allah (Élevé soit-Il) a dit, nous avertissant : Ne faites pas comme cette femme qui défait avec soin ce qu’elle avait patiemment filé... [Les Abeilles, 16 : 92].
Cette femme sotte et inapte avait pour habitude de filer de la laine au début de la journée. Mais, alors qu'elle était sur le point d'achever son ouvrage à la fin de la journée, elle le défaisait et le ruinait. Puis, elle recommençait à filer et à défaire de nouveau. Allah a donc mis en garde contre le fait d'imiter son agissement, et ce, en corrompant les bonnes œuvres par de mauvaises actions qui les annulent et en font disparaître la bénédiction.
Le Prophète ﷺ cherchait refuge auprès d'Allah contre « Al-Hawr ba’da-l-Kawr » ; c'est-à-dire le fait de revenir de la foi vers la mécréance, ou de l'obéissance vers la désobéissance.
Par conséquent, préservez - serviteurs d'Allah - vos œuvres, ne les exposez pas à l'annulation ou à la corruption, veillez à la persévérance dans les actes d'obéissance et à la purification et l'assainissement continus de l'âme, et faites suivre la bonne action par une autre, et l'œuvre vertueuse par une autre.
Ceci étant dit, priez et saluez l'imam des adorateurs et le modèle des croyants ; car Allah (Élevé soit-Il) vous a ordonné la prière et le salut sur lui, en disant : Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui croyez ! Bénissez-le et saluez-le vous aussi ! [Les Coalisés, 33: 56].
Ô Allah ! Couvre d'éloges, préserve et bénis Ton serviteur et Messager Mouḥammad.
***
Titre du sermon
La foi au nom d'Allah
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, Celui qui a inscrit la foi dans les cœurs des croyants, jusqu'à ce qu'ils voient par l'œil de la clairvoyance et la lumière de la science ce qui était caché aux yeux. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Vivant, Parfait dans Sa vie ; l'Omniscient, Parfait dans Sa science ; le Tout-Puissant, Parfait dans Sa puissance. Son commandement, lorsqu'Il désire une chose, est seulement de lui dire : « Sois ! », et elle est. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le guide des pieux, le sceau des Prophètes et le maître de ceux qui ont la certitude. Il a cru et a atteint la certitude, a œuvré et a excellé, et a persévéré ainsi jusqu'à ce que lui vienne la certitude. Que les prières d'Allah et Son salut soient sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons, et ceux qui les suivent en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô gens, craignez Allah le Très-Haut et croyez en Lui. Concrétisez votre foi par la connaissance de votre Seigneur à travers Ses Noms, Ses Attributs et Ses Actes, ainsi qu’en agissant selon ce que ces Noms et Attributs impliquent et requièrent. Croyez qu'Allah est le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-Même ; Sa vie est parfaite, n'ayant pas été précédée par le néant et ne sera pas suivie par l'anéantissement. Toute chose est en effet vouée à périr, sauf Sa Face. Il est le Premier et rien n'est avant Lui, le Dernier et rien n'est après Lui, l'Apparent et rien n'est au-dessus de Lui, et le Caché et rien n'est en deçà de Lui. Il est Celui par qui subsistent les cieux et la terre ; Il subsiste par Lui-Même et n’a besoin d’aucune de Ses créatures. Et il est rapporté dans le hadith authentique qu'Il (Béni et Élevé soit-Il) dit : « Ô Mes serviteurs ! Jamais vous ne pourrez Me faire du mal et jamais vous ne pourrez Me faire du bien. » Rapporté par Muslim, numéro 2577. Il est Celui par l'Ordre de qui les cieux et la Terre se tiennent, et aucune de Ses créatures ne peut se passer de Lui. Ses serviteurs sont ainsi dans un besoin impérieux de Lui en toutes circonstances et à chaque instant, et ne sauraient se passer de leur Seigneur ne serait-ce qu'un clin d'œil.
Croyez qu'Allah est Savant, Gardien et Observateur de toute chose, et que rien ne Lui échappe sur la Terre ni dans les Cieux : Il détient les clés de l'invisible qu’Il est le seul à connaître, de même qu’Il sait ce que renferment la terre et la mer. Il n’est de feuille qui tombe au sol, de graine dans les entrailles de la terre, de plante, verte ou desséchée, dont Il n’ait connaissance. Tout est clairement mentionné dans un livre. [Les Bestiaux, 6 : 59]. Tous vos faits et gestes, vos paroles et vos actions sont connus de votre Seigneur, préservés et consignés dans un livre évident.
Concrétisez donc - qu'Allah vous fasse miséricorde - la foi en cet attribut, l'attribut de la Science. Concrétisez-la de manière pratique et appliquée, de même qu'il vous est ordonné de la concrétiser par la science. Ainsi, si vous savez qu'Allah connaît votre secret et ce que vous divulguez, et qu'Il consigne cela pour vous ; l'exigence de cela est donc que vous L'adoriez en secret et en public, et que vous fassiez passer Son obéissance et Sa crainte avant toute autre crainte, et Sa législation avant toute autre législation et tout autre système.
Ô Musulman ! Il se peut que tu désobéisses à Allah publiquement et ouvertement avec insouciance, comme il se peut que tu Lui désobéisses en secret et de manière cachée, par crainte ou par honte des gens. Sache donc que, dans les deux cas, ta situation n'est point cachée à Allah. En effet, Il est Connaisseur de ta personne, Il entend ce que tu dis et voit ce que tu fais, et Il consigne cela dans un Livre explicite. Est-il donc convenable pour toi, après cela, de Lui désobéir en contrevenant à Son ordre ou en commettant ce qu'Il a interdit ?
Serviteurs d'Allah : ayez foi qu'Allah est Omnipotent sur toute chose et qu'Il est Généreux et Noble : Car rien dans les cieux et sur la terre ne saurait s’opposer à la volonté d’Allah qui est Omniscient et Omnipotent. [Le Créateur, 35 : 44]. Il est donc l'Omnipotent, Qui a le pouvoir de changer et de transformer les choses, de les empêcher et de les faciliter. Le Très-Haut a dit : Nos ordres, réalisés en un instant, se résument à seul mot. [La Lune : 50] Que de signes dans les cieux et sur la terre témoignent de Sa puissance et que toutes les affaires sont entre Ses mains. Si vous êtes convaincus de cela, il vous incombe alors de placer votre espoir en Lui dans les épreuves, de Lui demander ce que vous désirez lorsque vous en avez besoin, et de savoir que Sa puissance et Sa volonté sont au-dessus des causes. Que de choses se sont produites alors que les gens les jugeaient improbables, et que d'autres ne sont pas advenues alors qu'on les tenait pour certaines. Tout cela est la preuve que Sa puissance est au-delà de toute mesure, et que Sa gestion surpasse toute gestion.
Serviteurs d'Allah :
Ayez la foi qu'Allah est Sage et qu'Il met chaque chose à la place qui lui convient. Ainsi, Il n'a rien créé au hasard et n'a rien légiféré en pure perte. Tout ce qu'Il a décrété et prédestiné obéit donc à une sagesse, et tout ce qu'Il a légiféré pour Ses serviteurs, en matière d'ordres et d'interdictions, obéit à une sagesse. Dès lors, si votre foi en cela est authentique, elle vous obligera à vous soumettre aux actes et aux jugements d'Allah, à ne pas remettre en question Sa loi et Sa création, et à faire preuve du respect qui sied à la sagesse d'Allah. Si la sagesse qui en découle vous apparaît clairement, c'est là une faveur et une grâce d'Allah. Et si elle ne vous apparaît pas, alors confiez l'affaire à l'Omniscient, au Sage. Reconnaissez la perfection de la science et de la sagesse d'Allah, face à l'imperfection de votre science et de votre sagesse. Et dites : « Nous agréons Allah comme Seigneur, l'Islam comme religion, et Muhammad - sur lui la paix et le salut - comme Prophète. »
Comment s'opposer à ce qu'Allah a légiféré, lorsque l'on croit en Lui, en Sa science et en Sa sagesse ?
Je dis ces paroles, et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous et pour l'ensemble des Musulmans.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, d'une louange pure, abondante et bénie, telle que notre Seigneur l'aime et l'agrée. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah le couvre d'éloge, le préserve et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons, et quiconque suit leur voie jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ô Musulmans :
Croyez qu'Allah est un Juge juste et dominateur. Dès lors que vous aurez fermement ancré cette croyance en vous, il vous incombera de faire preuve d'équité, à commencer par vous-mêmes, et de vous abstenir de toute injustice ; car au-dessus de votre pouvoir se trouve celui de l'Unique, le Dominateur Suprême. Et sachez que vous comparaîtrez devant Allah – le Puissant et Majestueux – où Il jugera en faveur de l'opprimé contre l'oppresseur. Ce jour-là, le juge juste souhaitera n'avoir jamais eu à statuer entre deux personnes, ne serait-ce que pour une datte, en voyant le châtiment réservé aux injustes. Il craindra alors d'avoir pu lui-même commettre une injustice et désirera avoir été épargné. Cependant, le juge juste qui a connu la vérité et a jugé en conséquence n'encourt ni péché ni châtiment ; au contraire, sa place est au Paradis. Il en est de même pour les gouvernants et autres détenteurs d'autorité. Que celui à qui Allah a confié une quelconque autorité prenne donc garde de commettre l'injustice, et qu'il se souvienne qu'Allah est un Juge juste et dominateur.
Je cherche protection auprès d’Allah contre Satan le maudit, et le Très-Haut a dit : A Allah les noms les plus sublimes. Invoquez-Le donc par ces noms et laissez ceux qui s’emploient à les profaner. Ils recevront la rétribution méritée de leurs œuvres. [Les Murailles, 7 : 180].
Ensuite, sachez qu'Allah vous a ordonné de prier sur Son Prophète ﷺ et d'invoquer la paix sur lui. Et Il dit dans Sa Révélation claire : Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui croyez ! Bénissez-le et saluez-le vous aussi ! [Les Coalisés, 33: 56].
Ô Allah, couvre d'éloges et préserve notre Prophète Muḥammad.
***
Titre du sermon
La foi aux Livres révélés
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, le Puissant, l'Omniscient, le Sage, le Parfaitement Informé, Celui qui dit dans la perfection de Sa Révélation : Je crois en toutes les écritures révélées par Allah. [La Consultation, 42 : 15]. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; Divinité des premiers et des derniers, le Sustentateur des cieux et des terres, et Créateur de l'ensemble de la création. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le véridique dans sa promesse, le digne de confiance. Il a transmis le Message, s'est acquitté du dépôt confié, a conseillé la Communauté, et a lutté pour Allah de la lutte qui Lui est due, jusqu'à ce que la certitude lui parvienne. Qu'Allah le couvre d'éloges et le salue, ainsi que sa famille et tous ses Compagnons.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô, croyants ! Craignez Allah, votre Seigneur, ayez conscience de Sa présence dans toutes vos œuvres, et sachez que le bonheur ici-bas et dans l’au-delà réside dans la crainte qui Lui est due et dans la recherche de Sa satisfaction, qu’Il soit glorifié et exalté.
Ô croyants : En vérité, Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, est Sage et Parfaitement Connaisseur ; Sage dans Sa législation, Sa création et Sa rétribution. Ainsi, toutes Ses œuvres découlent d'une sagesse infinie. Et c’est par Sa toute-puissance et Sa sagesse – Exalté soit-Il – qu’Il n’a pas créé Sa création en vain, ni ne l’a laissée livrée à elle-même. Il les a plutôt créés pour leur prescrire des commandements et des interdits, pour qu’ils L’adorent et proclament Son Unicité, et pour qu’ils se conforment à Ses ordres et Lui obéissent. Et c’est à cette fin qu’Il a envoyé Ses Messagers et révélé Ses Livres, porteurs de la vérité évidente et de la voie clairement tracée.
Ô croyants : Pour cette raison, parmi les grands fondements de la foi et les bases solides de la religion se trouve la foi aux Livres d'Allah descendus sur Ses nobles Messagers, et au fait qu'ils sont venus contenir la vérité et la guidée, ainsi que le salut des serviteurs et leur bonheur en ce bas monde et dans l'au-delà. Ceci est donc un fondement essentiel et un pilier solide, et il fait partie des fondements sans lesquels la religion ne peut subsister. Allah, Élevé soit-Il, a dit : Dites : « Nous croyons en Allah, en ce qui nous a été révélé, en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et aux fils d’Israël, mais aussi en ce qui a été confié à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été confié aux autres prophètes par leur Seigneur. Nous ne faisons aucune distinction entre eux et nous Lui sommes entièrement soumis. » [La Vache, 2 : 136]. Et Allah, Exalté soit-Il, a dit : Le Messager a cru en ce qui lui a été révélé de la part de son Seigneur, de même que les croyants, tous ont cru en Allah, en Ses anges, Ses Ecritures et Ses Messagers, affirmant : « Nous ne faisons aucune différence entre Ses Messagers. » Disant encore : « Nous avons entendu Tes paroles et nous obéissons à Tes ordres. Nous implorons, Seigneur, Ton pardon. C’est à Toi que nous retournerons. » [La Vache, 2 : 285]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : La piété ne consiste aucunement à tourner son visage en direction du Levant ou du Couchant, mais à croire en Allah, au Jour dernier, aux anges, aux Livres révélés et aux prophètes... [La Vache:177], Et Allah, Exalté soit-Il, a dit : Ô vous qui croyez ! Ayez toujours foi en Allah, en Son Messager, au Livre qu’Il a révélé à Son Messager et aux Ecritures qu’Il a révélées avant cela. Quiconque renie Allah, Ses anges, Ses Livres, Ses Messagers et le Jour dernier, s’est gravement écarté de la vérité. [An-Nisa:136] Et les versets en ce sens sont nombreux.
Ô croyants : La règle générale en cette matière est de croire en tous les Livres descendus d'Allah, conformément à la parole de notre Seigneur, Exalté soit-Il. Dis : Je crois en ce qu'Allah a révélé parmi les écritures... [La Consultation, 42 : 15]. C'est-à-dire : pour chaque Messager — que nous le connaissions ou non — sa Révélation est venue avec la vérité et la guidée, pour le salut des serviteurs et leur bonheur dans ce bas monde et dans l'au-delà ; elle est la révélation d'Allah, Sa parole et ce qu'Il a fait descendre ; et il n'y a ni guidée ni salut pour les serviteurs si ce n'est par la foi en elle. C'est en effet par elle que l'on est guidé dans les ténèbres, et c'est elle qui éclaire le chemin aux gens afin qu'ils distinguent entre la vérité et le faux, la guidée et l'égarement, et ce qu'Allah agrée de ce qu'Il n'agrée pas. En effet, tout cela ne peut être connu qu'à travers la révélation d'Allah, Sa parole et ce qu'Il a fait descendre, Glorifié et Exalté soit-Il.
Il relève de la sagesse d'Allah – Glorifié et Élevé soit-Il – d'avoir envoyé successivement aux nations des Messagers et d'avoir fait descendre des Livres. Le salut de chaque nation à qui un Livre était destiné dépendait de sa foi en ce Livre, car c'est à elle que le message s'adressait. Et ce, jusqu'à ce que les Livres fussent scellés par le Noble Coran, sceau des Livres descendus de la part du Seigneur des Mondes. De même qu'il n'y a pas de prophète après Muhammad (paix et salut d'Allah sur lui), il n'y a pas non plus de Livre après le Sien ﷺ. C'est pourquoi le Coran abroge toutes les législations précédentes. Dès lors, après sa révélation, il n'est de foi, d'œuvre ou de jugement que conformément à ce qui est contenu dans le Noble Coran. C'est la raison pour laquelle, lorsqu'Il (Glorifié et Élevé soit-Il) a mentionné certains des Livres descendus et a ordonné de juger d'après eux – c'est-à-dire, pour ceux à qui ces Livres étaient adressés – Il a fait suivre cela de Sa parole (Glorifié soit-Il) : Et Nous t’avons révélé le Livre de vérité qui vient confirmer les Ecritures qui l’ont précédé, en établir l’authenticité et prévaloir sur elles. Juge donc entre eux selon les lois révélées par Allah... [La Table Servie : 48], C'est-à-dire, dans le Coran par lequel Allah, Majestueux et Très-Haut, a scellé les Livres révélés par le Seigneur de l'Univers.
Ô communauté de croyants : ce Coran Majestueux, qui est le dernier de tous les Livres, est le plus grandiose, le plus illustre et le plus élevé d'entre eux. Il incombe à toute l'humanité, après l'avènement du Prophète ﷺ, de croire en lui. Quiconque n'y croit pas, il est juste qu'Allah le fasse entrer en Enfer le Jour de la Résurrection. Le Prophète ﷺ a dit : « Par Celui qui détient l'âme de Muhammad dans Sa Main ! Pas un juif ou un chrétien de cette communauté n'entend parler de moi puis meurt sans croire en ce avec quoi j'ai été envoyé, sans qu'il ne soit parmi les gens de l'Enfer. » [Rapporté par Muslim (153)].
Ô croyants : Croire en ce Coran consiste à croire en tout ce qu'il contient comme mystères et récits, à se conformer à ses commandements et à s'abstenir de ses interdits, à méditer ses paraboles, à tirer des leçons de ses histoires et de ses exhortations, à croire en ses versets au sens explicite et à se soumettre à ses versets au sens équivoque, à le réciter au cours de la nuit et aux extrémités du jour, et à s'efforcer de méditer ses versets, d'en comprendre les sens et la portée, et de suivre sa guidée. Le Coran que voici guide les hommes vers la voie la plus droite... [Le Voyage Nocturne : 9]. Et en s'efforçant contre sa propre âme pour faire partie des partisans du Coran ; car ils sont les partisans d'Allah et Ses élus.
Je dis ces paroles, et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous et pour l'ensemble des musulmans de tout péché ; demandez-Lui donc de vous pardonner, Il vous pardonnera. Car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah en abondance, et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager ; qu'Allah le couvre d'éloge et le préserve, ainsi que sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du deuxième sermon
Croyants! craignez Allah le Très-Haut, préparez vos provisions, et sachez que la meilleure d’entre elles est la piété.
Parmi la foi en Allah, il y a la foi que le Coran est la Parole d'Allah. Allah (Élevé soit-Il) a dit : Si, toutefois, l’un des idolâtres sollicite ta protection, réponds favorablement à sa requête de manière à ce qu’il entende la parole d’Allah... [Le Repentir:6], Et Allah, Elevé soit-Il, a dit : ...une partie d’entre eux, après l’avoir écoutée et en avoir saisi toute la portée, ont sciemment falsifié la parole d’Allah... [La Vache, 2 : 75]. Et Allah, Elevé soit-Il, a dit à Son Prophète : Dis : « Ô hommes ! Je suis le Messager envoyé à vous tous par Allah qui règne en Maître absolu sur les cieux et la terre. Il n’est de divinité en droit d’être adorée que Lui. Il donne la vie et la mort. Ayez donc foi en Allah et en Son Messager, le prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles... » [Al-A'raf:158] Et c'est Le Coran.
Et priez et adressez le salut — qu'Allah vous protège — sur Muḥammad, fils de 'Abd Allah, comme Allah vous l'a ordonné dans Son Livre, en disant : Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Ô vous qui croyez, priez sur lui et adressez-lui vos salutations ! [Les Coalisés:56].
Ô Allah ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad.
***
Titre du sermon
L'attachement au Livre et à la Tradition
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, alors personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, alors personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Il a transmis le Message, s'est acquitté du dépôt, a conseillé la Communauté, et par lui, Allah a dissipé l'affliction ; il a lutté pour la cause d'Allah de la manière la plus parfaite, jusqu'à ce que la certitude lui vienne de son Seigneur. Que les prières d'Allah et Son salut soient sur lui, tant que la nuit et le jour se succéderont, jusqu'au Jour de la Rétribution.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Par conséquent, ô Musulmans :
Allah, Exalté soit-Il, dit : Restez tous unis et attachés à la religion d’Allah, sans jamais vous séparer. [La Famille de 'Imrân, 3 : 103]. Ibn Kathîr (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : {"Et accrochez-vous à la corde d’Allah"}, il a été dit : par le pacte d'Allah, et il a été dit : le Coran. Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée) a dit : "Accrochez-vous à la religion d'Allah", et Ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée) a dit : "C'est le Groupe".
Sa Parole : ne vous divisez pas Il leur a ordonné le Groupe, et leur a interdit la division.
De nombreux textes sont rapportés qui interdisent la division, et ordonnent l'union et l'entente. Allah ﷻ dit : Ceux qui se sont déchirés et ont transformé leur religion en sectes, tu n’es en rien des leurs... [Les bestiaux : 159]
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah agrée pour vous trois choses et Il en répugne pour vous trois autres. Il agrée pour vous que : Vous L'adoriez Seul sans que vous Lui associez quoi que ce soit ; vous vous accrochiez tous ensemble à la corde d'Allah ; et vous ne vous divisiez pas. Et Il répugne pour vous : les on dit et les ragots ; la multitude de questions ; et la dilapidation de l'argent. » [Rapporté par Muslim 1715].
L'attachement au Livre et à la Tradition est le fait de s'y accrocher selon la compréhension des Pieux Prédécesseurs : les Compagnons, ceux qui les ont suivis avec bienfaisance et les imams des musulmans ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : Que celui qui, après avoir clairement discerné la vérité, s’oppose au Messager et se détourne de la voie des croyants, sache que Nous l’abandonnerons au sort qu’il s’est choisi et l’introduirons dans la Géhenne. Et quelle horrible demeure ! Sourate An-Nissâ` (Les Femmes), verset 115. D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes, et cette communauté se divisera en soixante-treize sectes, toutes iront en Enfer sauf une. » Il fut demandé : « Qui sont-ils, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Ce sur quoi je suis, ainsi que mes Compagnons. » C'est-à-dire : ce sont ceux qui suivent ce sur quoi je suis ainsi que mes Compagnons. [Rapporté par Abû Dâwud (4596), At-Tirmidhî (2640) et Aḥmad (8377) avec une chaîne de transmission authentique].
'Abd Allah ibn Mas'oûd (qu'Allah l'agrée) a dit : "Certes, Allah a regardé dans les cœurs des serviteurs et Il a trouvé que le cœur de Muḥammad était le meilleur des cœurs des serviteurs ; Il l'a donc choisi pour Lui-même et L'a envoyé avec Son Message. Puis, Il a regardé dans les cœurs des serviteurs après le cœur de Muḥammad, et Il a trouvé que les cœurs de ses Compagnons étaient les meilleurs des cœurs des serviteurs. Il a donc fait d'eux les auxiliaires de Son Prophète, qui combattent pour Sa religion. Puis, il a dit : « Quiconque parmi vous souhaite être sur notre tradition, alors qu'il suive la tradition de quiconque est mort. En effet, la personne vivante n'est pas à l'abri des troubles. Voici les Compagnons de Muḥammad ! Ils étaient les meilleurs de cette communauté, ayant les cœurs les plus sains, la science la plus profonde et ils se sont le moins surchargés. Allah les a choisis pour accompagner Son Prophète et établir Sa religion. Connaissez donc leur mérite, suivez-les sur leurs traces et accrochez-vous à ce que vous pouvez de leurs caractères et leur biographie car ils étaient assurément sur la droite guidée. »" Rapporté par l'imam Ahmad dans son Musnad (3600) avec une bonne chaîne de transmission.
Ô Musulmans, de nombreux textes ont été rapportés qui incitent à s'attacher au Livre et à la Tradition, et à s'y tenir fermement ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : Conformez-vous aux enseignements qui vous ont été révélés de la part de votre Seigneur et ne prenez pas de maîtres en dehors de Lui. Mais vous êtes si peu enclins à réfléchir. [Les Murailles, 7 : 3]. Et Allah, Exalté soit-Il, a dit : Accroche-toi bien à ce qui t’est montré, car tu es sans aucun doute sur la bonne voie. [Sourate Az-Zouḥrouf (L'Ornement) : 43]. Et Allah, Exalté soit-Il, a dit : Puis Nous t’avons prescrit une religion aux enseignements tout aussi clairs. Suis-la donc sans jamais te plier aux désirs des ignorants [L'Agenouillée, 45 : 18].
Et s'accrocher au Coran et à la Tradition est une protection pour le serviteur contre l'égarement et une guidée ; d'après Jâbir ibn 'Abd Allah (qu'Allah les agrée tous les deux) : le Prophète ﷺ a dit : « Et assurément, j'ai laissé parmi vous quelque chose ; si vous vous y attachez, vous ne vous égarerez jamais après moi : le Livre d'Allah et la Tradition de Son Prophète. » [Rapporté par l'Imam Mouslim (n°1218)].
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Certes, j'ai laissé parmi vous deux choses ; jamais vous ne vous égarerez après elles : le Livre d'Allah et ma Sunna. » [Rapporté par Al-Hâkim dans : Al Mustadrak (n°319) et Al-Bazzâr (n°8993). Et Al-Albânî l'a authentifié.]
Dans son livre "Al Fourqân", Cheikh Al Islâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : Chaque croyant doit donc s’exprimer sur la religion uniquement en suivant ce qu’a transmis le Messager ﷺ, sans chercher à le devancer. Il doit d’abord voir ce que celui-ci a dit, pour que ses paroles s’accordent aux siennes et que ses actes suivent ses instructions. C’est ainsi que faisaient les Compagnons, puis ceux qui ont suivi leur chemin avec excellence, parmi les Successeurs et les imams des musulmans. Aucun d’entre eux ne plaçait son raisonnement au-dessus des Textes, ni n’inventait une autre religion que celle transmise par le Messager. Et lorsqu’il voulait connaître un aspect de la religion ou en parler, il se référait à ce qu’Allah et Son Messager avaient dit. C’est de cette source qu’il apprenait, parlait, réfléchissait et s’éclairait. Voilà le fondement des gens de la Sunnah.
Ô Musulmans :
Les hadiths ont indiqué que quiconque s'accroche à ce sur quoi étaient le Prophète (paix et salut d'Allah sur lui) et les Califes droits après lui, fait partie des sauvés. D'après Al 'Irbâd ibn Sâriyah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : "Un jour, le Messager d'Allah ﷺ a prié avec nous, puis il s'est tourné vers nous et nous a exhortés d'une exhortation éloquente qui a fait couler les larmes et fait frémir les cœurs. Alors, quelqu'un a dit : "Ô Messager d'Allah ! C'est comme si cette exhortation était une exhortation d'adieu. Par conséquent, à quoi nous enjoins-tu ?" Il a alors dit : "Je vous recommande la crainte d'Allah, l'écoute et l'obéissance, même si c'est un esclave abyssinien [qui vous dirige]. En effet, certes, quiconque vivra parmi vous après moi verra alors de nombreuses divergences. Attachez-vous donc à ma Tradition et à la tradition des Califes bien-guidés et droits ; accrochez-vous-y et mordez-y à pleines dents. Et prenez garde aux nouvelles affaires ! En effet, toute nouvelle affaire est une innovation, et toute innovation est un égarement." [Rapporté par Abû Dâwud (4607), At-Tirmidhî (2676) et Ibn Mâjah (43), avec une chaîne de transmission authentique].
L'Imâm Aḥmad rapporte dans son Musnad, d'après le hadith de Jâbir ibn 'Abdillâh (qu'Allah les agrée tous les deux), que 'Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu'Allah l'agrée) est venu auprès du Prophète (paix et salut sur lui) avec un livre qu'il avait obtenu de certains Gens du Livre et le lui a lu. Le Prophète (paix et salut sur lui) se mit alors en colère et dit : « Est-ce que vous tergiversez à ce sujet, ô fils d'Al-Khattâb ?! Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, certes, je suis venu à vous avec une chose claire et pure. Ne les interrogez sur rien, car ils pourraient vous informer d'une vérité que vous démentiriez, ou d'une fausseté à laquelle vous croiriez. Et par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, si Moïse était vivant, il ne pourrait que me suivre. » [Rapporté par Ahmad (15156), Ibn Abî 'Âsim dans As-Sunnah (50), et Al Bazzâr (124) avec une bonne chaîne].
Il est bien connu que le prophète d'Allah, Jésus (paix sur lui), lorsqu'il descendra à la fin des temps, n'apportera pas une nouvelle Charia ; il jugera plutôt par la Charia du Prophète ﷺ. D'après Abî Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit : " Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Le fils de Marie descendra bientôt parmi vous en tant que juge équitable. Il brisera la croix, tuera le porc, abolira le tribut, et la richesse sera tellement abondante que personne ne l'acceptera. " [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
Je dis ces paroles, et j'implore le pardon d'Allah, l'Immense, le Majestueux, pour moi, pour vous et pour l'ensemble des Musulmans de tout péché. Repentez-vous donc à Lui et implorez Son pardon, car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance, et la reconnaissance Lui revient pour Son assistance et Sa faveur. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit :
Ô Musulmans, rien ne réformera la fin de cette communauté excepté ce qui a réformé son début ; l'Imam Mâlik a dit : « Les derniers de cette communauté ne seront réformés que par ce qui a réformé ses premiers, et ce qui a réformé ses premiers est le Livre d'Allah et la Sunna de Son Prophète ﷺ. »
At-Tabarânî rapporte dans son Muʽjam al-Kabîr (8636), d’après ‘Abdullâh ibn Masʽûd (qu’Allâh l’agrée) : « Il est passé près de gens à la mosquée qui attendaient la prière et qui étaient en assemblées. Dans chaque assemblée, il y avait un homme et ils avaient des pierres dans leurs mains. Un homme leur disait : « Glorifiez cent fois Allah. » Alors, ils glorifiaient. « Proclamez cent fois la grandeur d'Allah. » Alors, ils proclamaient. « Attestez cent fois de l'unicité d'Allah. » Alors, ils attestaient. il leur dit donc : « Dénombrez vos mauvaises actions, car je garantis que rien de vos bonnes actions ne sera perdu. Malheur à vous, ô communauté de Muhammad ﷺ ! Vous vous empressez à votre destruction ! Voici les Compagnons de votre prophète ﷺ, encore disponibles et présents ; voilà ses vêtements qui n'ont pas encore été usés et ses ustensiles qui n'ont pas encore été cassés. Par Celui qui détient mon âme dans Sa main ! Soit vous êtes sur une voie plus droite que la voie de Muhammad, soit vous êtes en train d'ouvrir une porte d'égarement ? » Ils objectèrent : « Par Allah ! Ô Abû 'Abd Ar-Rahman ! Nous n'avons voulu que le bien ! » Il répondit alors : « Et combien d'aspirant au bien jamais ne l'atteint ?! » »
Il (Élevé soit-Il) a dit : le Jour où certains visages s’éclaireront tandis que d’autres s’assombriront... [La Famille d'Imrân, 3 : 106]. Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) dit : "lorsque les visages des gens de la Tradition et de la Communauté s'illumineront, tandis que les visages des gens des innovations et de la division s'assombriront."
Ô Allah ! Donne la puissance à l'Islam et aux musulmans, et humilie le polythéisme et les polythéistes.
***
Titre du sermon
La foi aux Messagers
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, l’Unique et le Dominateur Suprême, qui crée ce qu’Il veut et choisit. J’atteste qu’il n’existe aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah, Seul et sans associé, le Tout-Miséricordieux, le Grand Pardonneur. J’atteste aussi que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le Prophète élu et choisi. Qu’Allah le couvre d’éloges et le protège, ainsi que sa famille et tous ses Compagnons, tant que la nuit et le jour se succéderont.
Contenu du premier sermon
Ceci dit, ô croyants, serviteurs d'Allah : Craignez Allah le Très-Haut et ayez conscience de Sa présence - glorifié soit-Il - à la manière de celui qui sait que son Seigneur l’entend et le voit ; car la piété envers Allah - glorifié et exalté soit-Il - est la meilleure des provisions qui mène à Son agrément. Emportez des provisions de route, mais sachez que le meilleur viatique est la crainte d’Allah. Craignez-Moi donc, vous qui êtes doués de raison ! [Sourate Al-Baqarah (La Vache) : 2/197]
Ô croyants : Certes, les nobles Messagers sont l'élite de l'humanité, les meilleurs des serviteurs d'Allah, la quintessence des gens et les élus du Seigneur des mondes parmi Sa création. Allah, béni et élevé soit-Il, les a élus en toute connaissance, les a choisis, les a distingués et les a singularisés par Ses perfections et Sa grâce, et leur a accordé la grâce de Ses messages et de Sa Révélation. Et Allah, Gloire et Pureté à Lui et qu'Il soit Exalté, élit qui Il veut et choisit. Allah, Exalté soit-Il, dit : Allah choisit des messagers parmi les anges et les hommes... [Sourate Al-Ḥajj (Le Pèlerinage) : 22/75].
Il les a élus pour transmettre Sa religion - glorifié et exalté soit-Il -, et ils ont ainsi transmis le message de la manière la plus explicite, n'ayant délaissé aucun bien sans y guider leurs nations, ni aucun mal sans les en avoir averties. Le Messager est uniquement chargé de transmettre le message en toute clarté. [La Lumière, 24 : 54].
Ô Croyants : La foi aux Messagers est un des fondements de la foi et une des bases de la religion, car il n'y a ni foi, ni obéissance, ni acceptation d'aucun acte d'adoration sans la foi aux Messagers, que les prières et le salut d'Allah soient sur eux tous ; Allah, le Très-Haut, a dit : Le Messager a cru à ce qui lui a été révélé par son Seigneur, tout comme les croyants qui ont tous foi en Allah, en Ses anges, en Ses Écritures et en Ses Messagers, affirmant : « Nous ne faisons aucune distinction entre Ses Messagers. » Ils disent aussi : « Nous avons entendu Tes paroles et nous obéissons à Tes ordres. Seigneur, nous implorons Ton pardon. Vers Toi nous retournerons. » [La Vache, 2 : 285].
Ô croyants : la foi aux Messagers est la conviction catégorique et la certitude indubitable qu'ils sont les Messagers d'Allah ; qu'Allah, Exalté et Magnifié soit-Il, les a choisis, les a élus et les a envoyés avec Sa révélation explicite et Sa religion droite ; et qu'ils sont véridiques et déclarés véridiques, des guides bien-guidés, dignes de confiance et pieux, qui ont transmis le Message explicite et ont guidé les serviteurs vers la voie droite d'Allah. C'est croire qu'ils – que les prières et le salut d'Allah soient sur eux – ont appelé les serviteurs à la guidée et à la bonne direction, de sorte qu'ils n'ont délaissé aucun bien sans y avoir orienté, ni aucun mal sans en avoir averti et mis en garde les serviteurs. C'est croire qu'ils sont l'élite des serviteurs et les meilleurs d'entre eux, qu'ils sont les meilleurs serviteurs d'Allah et la meilleure des créatures – que les prières et le salut d'Allah soient sur eux tous. De même, cette foi consiste à emplir les cœurs de l'amour des nobles Messagers et à s'efforcer d'être guidé par leur voie et de suivre leurs traces. Voilà ceux dont Allah a guidé les pas et dont tu dois suivre la voie... [Sourate Al-An'âm (Les Bestiaux) : 6/90].
Ô Croyants : Dans le Noble Coran, en de nombreux passages, Allah nous a relaté le récit des Messagers ; Il a mentionné un certain nombre d'entre eux par leurs noms, et Il a rapporté des récits détaillés sur certains d'entre eux.
Allah, Exalté soit-Il, a dit : Tel est l’argument que Nous avons fourni à Abraham contre son peuple. Nous élevons en rang qui Nous voulons. Ton Seigneur, en vérité, est infiniment Sage et Omniscient. Nous lui avons fait don d’Isaac et de Jacob que Nous avons tous deux guidés, de même que Nous avions guidé avant eux Noé et, parmi sa postérité, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. C’est ainsi que Nous récompensons les hommes de bien. Mais aussi Zacharie, Jean-Baptiste, Jésus et Elie. Tous étaient du nombre des vertueux. Ainsi qu’Ismaël, Elisée, Jonas et Loth. Nous les avons tous favorisés par rapport aux autres hommes. [Sourate Al-An'âm (Les Bestiaux) : 6/83-86].
Ce sont là, ô serviteurs d’Allah, les noms de prophètes qu’Allah, exalté soit-Il, a honorés et élevés en rang et en position. Il est donc important pour les serviteurs de connaître ces prophètes, leurs noms, leurs vertus, leurs histoires et leurs nobles vies, afin de s’inspirer de leur exemple et de suivre leur chemin. C’est pourquoi, après les avoir mentionnés, Allah, exalté soit-Il, a ajouté ces paroles : Voilà ceux dont Allah a guidé les pas et dont tu dois suivre la voie... [Les Bestiaux, 6 : 90].
Ô Croyants :
La foi aux Messagers est une chose indissociable ; la foi en certains d'entre eux impose la foi en l'ensemble d'entre eux, et la mécréance en un seul d'entre eux est une mécréance envers l'ensemble. C'est pourquoi, quiconque établit une distinction entre les Prophètes en croyant en certains et en mécroyant en d'autres ; celui-là a mécru en eux tous, ainsi qu'en Celui qui les a envoyés, le Seigneur des mondes ; Allah, Élevé soit-Il, a dit : Ceux qui renient Allah et Ses Messagers, voulant faire une distinction entre la foi en Allah et la foi en Ses Messagers, puisqu’ils prétendent croire en une partie d’entre eux tout en reniant les autres, voulant ainsi adopter une voie intermédiaire, ceux-là sont les véritables mécréants. Or, Nous avons préparé aux impies un châtiment humiliant. [Les Femmes, 4 : 150-151].
Ô Croyants :
Glorifiez les Prophètes d'Allah et Ses Messagers, reconnaissez leur rang, veillez à connaître leurs biographies et leurs récits, et efforcez-vous de les prendre pour modèle ; car la vie véritable n'est autre que le suivi des Messagers et l'attachement à leur voie et à leur droit chemin.
Qu'Allah nous guide tous à suivre la voie des Prophètes, à nous attacher à leur chemin et à leur guidée, et qu'Il réforme pour nous l'ensemble de nos affaires. Certes, Il est, Béni et Élevé soit-Il, Celui qui entend les invocations. Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah, implorez-Lui donc pardon, car c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, et j’atteste qu’il n’y a pas de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah, seul et sans associé. J’atteste aussi que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager, qu’Allah le comble d’éloges et le protège, ainsi que sa famille et l’ensemble de ses Compagnons.
Texte du second sermon
Ceci dit, ô croyants : il fait partie de la foi aux Prophètes de croire que les prophéties ont été scellées par la prophétie de Mouḥammad, paix et salut sur lui. Il n’y a donc ni prophète ni messager après lui, ni législation après sa législation, ni Livre. Allah, Puissant et Majestueux, dit : Mouhammad n’est le père d’aucun homme parmi vous, mais le Messager d’Allah et le sceau des prophètes... [Sourate Al-Aḥzâb (Les Coalisés) : 33/40]. Et il ﷺ a dit : « Certes, mon image et celle des Prophètes [venus] avant moi est semblable à celle d’un homme qui a construit une demeure, l'a bien achevée et a fait un bel ouvrage à l'exception de la place d'une seule brique. Les gens qui passaient près d'elle étaient en admiration devant elle tout en disant : " Pourquoi cette brique-là n'a-t-elle pas été posée !? " Alors, il a dit : " Je suis cette brique et je suis le sceau des Prophètes. " » [Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim] ; Ainsi, par sa prophétie ﷺ et son message, furent clôturées la prophétie ainsi que l'envoi des Messagers. Il est leur sceau et le meilleur d'entre eux ; bien plus, il est le maître des premiers et des derniers, et sa communauté ﷺ est la meilleure des communautés. Vous êtes la meilleure nation suscitée aux hommes... [La Famille de 'Imrân, 3 : 110].
Et le devoir du croyant est de louer Allah de l'avoir placé dans la meilleure des communautés et d'avoir fait de lui l'un de ceux qui suivent Muhammad ﷺ, de s'efforcer de connaître la biographie grandiose, vénérée et sublime de ce grand Messager – prière et paix d'Allah sur lui –, de s'efforcer de l'imiter, de suivre sa voie et de marcher sur ses traces – prière et paix d'Allah sur lui –, et d'emplir son cœur de l'amour envers ce Messager, un amour qui devance celui pour les parents, les enfants et l'ensemble des humains. Et son amour fait partie de l'amour d'Allah, tout comme son obéissance fait partie de l'obéissance à Allah (Exalté soit-Il).
Qu’Allah accorde Ses prières à lui, à toute sa famille, à ses Compagnons, ainsi qu’à tous ceux qui les suivent avec vertu jusqu’au Jour de la Rétribution.
***
Titre du sermon
La foi au Jour Dernier
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver [pour savoir] qui d'entre vous est le meilleur en œuvres, et Il est le Tout-Puissant, le Pardonneur. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, à Lui appartiennent la royauté et la louange, et Il est certes capable de toute chose. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, l'annonciateur de la bonne nouvelle et l'avertisseur, et le flambeau éclairant. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ceux qui suivent leur guidée jusqu'au Jour du Rassemblement et du Destin Final, et qu'Il les préserve abondamment.
Contenu du premier sermon
Cela dit : Craignez donc Allah, le Très-Haut, et obéissez-Lui, Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et ne mourez qu'en étant soumis. [La Famille d'Imrân, 3 : 102].
Ô Musulmans : La foi au Jour Dernier est un pilier parmi les piliers de la foi. En effet, dans le hadith de Jibrîl (que la paix soit sur lui), il a dit au Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) : « Informe-moi donc à propos de la foi ? " Il répondit : " La foi est que tu crois en Allah, Ses Anges, Ses Livres, Ses Messagers, au Jour Dernier et que tu crois au Destin bon ou mauvais »." Rapporté par Muslim, numéro 8.
Et la foi au Jour Dernier : c’est croire fermement à tout ce dont Allah et Son Messager ont informé, de ce qui précède la mort comme les signes de l'Heure, ses prémices mineurs et majeurs ; de ce qui suit la mort comme l’épreuve de la tombe, son châtiment et ses délices ; et de ce qui vient après cela comme la Résurrection et le Rassemblement, le Jugement et la Balance, le Bassin et le Pont, le Paradis et l’Enfer, et autres choses qui se dérouleront lors des affres de la Résurrection.
Ô serviteurs d'Allah : Celui qui médite le Coran trouvera le lien entre la foi en Allah, Exalté soit-Il, et la foi au Jour Dernier, lien qui est répété en vingt passages du Livre d'Allah, Exalté soit-Il, et qui apparaît dans de multiples contextes. Ainsi, concernant la foi au Coran, Allah, Exalté soit-Il, a informé que les croyants en celui-ci sont ceux qui ont foi en Allah et au Jour Dernier. Quant à ceux, parmi eux, qui sont versés dans la religion et ceux qui ont la foi, ils croient au Livre qui t’a été révélé et aux Ecritures révélées avant toi, accomplissant la prière, s’acquittant de l’aumône et croyant en Allah et au Jour dernier. A ceux-là, Nous accorderons une immense récompense. [Les Femmes, 4 : 162].
Et dans l'éloge des croyants en Allah et au Jour Dernier Il se trouve aussi des Bédouins qui croient en Allah et au Jour dernier, et considèrent leurs dépenses pour la cause d’Allah comme un moyen de se rapprocher du Seigneur et de bénéficier des prières du Messager. Sûr moyen, il est vrai, de se rapprocher d’Allah qui les admettra dans Sa grâce. Allah, en vérité, est Très Clément et Très Miséricordieux. [Le Repentir, 9 : 99].
Et lors de l'édification de la Demeure sacrée, l'ami intime (paix sur lui) invoqua. « Seigneur, fais de ce pays un sanctuaire et accorde des produits de la terre à ceux de ses habitants qui croient en Allah et au Jour dernier ! » [Sourate Al-Baqarah (La Vache) : 2/126].
Et dans le chapitre de l'affection et de l'amour. Parmi ceux qui croient en Allah et au Jour dernier, tu ne verras personne montrer de l’affection envers ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager. [La Discussion, 58 : 22].
Et dans l'encouragement à imiter le Prophète ﷺ Vous avez un bel exemple à suivre dans le Messager d’Allah, exemple édifiant pour quiconque espère la récompense d’Allah ici-bas et dans l’au-delà, et invoque fréquemment Son nom. [Les Coalisés, 33: 21].
Le recours à la Tradition (As-Sunnah) en cas de désaccord. En cas de désaccord, vous devrez vous en remettre au jugement d’Allah et du Messager, si vous croyez vraiment en Allah et au Jour dernier. [Les Femmes, 4 : 59].
Et dans le peuplement des mosquées Seuls sont dignes de fréquenter les mosquées ceux qui croient en Allah et au Jour dernier... [Le Repentir, 9 : 18].
Au sujet de l'affaire du Jihâd dans le sentier d'Allah (Élevé soit-Il). Ceux qui ont une vraie foi en Allah et au Jour dernier ne cherchent jamais à obtenir une dispense quand il s’agit de donner leurs biens et leurs vies. Allah sait parfaitement qui sont les véritables croyants. Seuls te réclament cette dispense ceux qui ne croient ni en Allah, ni au Jour dernier, ceux qui, rongés par le doute, demeurent dans la plus grande incertitude. [Le Repentir, 9 : 44-45].
De l'imposition du tribut aux mécréants Combattez les gens du Livre, eux qui ne croient ni en Allah, ni au Jour dernier, ne s’interdisent pas ce qu’Allah et Son Messager ont prohibé et ne professent pas la religion de vérité, jusqu’à ce qu’ils viennent se rabaisser en versant de leurs propres mains le tribut qui leur est imposé. [Sourate At-Tawbah (Le Repentir) : 9/29].
Et dans la description des croyants parmi les gens du Livres : Ils croient en Allah et au Jour dernier, incitent les autres à la vertu, condamnent le vice et s’empressent d’accomplir les bonnes œuvres... [La Famille d'Imrân, 3 : 114].
et dans l'attestation de la répudiation : ...en prenant à témoins deux musulmans intègres qui devront, par obéissance à Allah, témoigner en toute équité. Voilà une exhortation à l’intention de celui qui croit en Allah et au Jour dernier... [Le Divorce, 65 : 2].
Quand Allah le Très-Haut a évoqué l’interdiction faite aux femmes de se marier et a encouragé leurs tuteurs, Il (glorifié soit-Il) a déclaré : Voilà une exhortation à l’intention de celui d’entre vous qui croit en Allah et au Jour dernier. [La Vache, 2 : 232].
Quant à l'application de la peine légale aux fornicateurs, Il a dit, Gloire et Pureté à Lui : Ne renoncez pas, par pitié pour les coupables, à appliquer la loi divine, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. [La Lumière, 24 : 2];
L'infirmation de la foi est également réitérée dans le Coran pour quiconque ne croit pas en Allah et au Jour Dernier : Il est des hommes qui prétendent croire en Allah et au Jour dernier alors qu’ils ne sont nullement croyants. [Sourate Al-Baqarah (La Vache) : 2/8] Et dans un autre verset et à ceux qui dépensent leurs biens par ostentation, sans croire ni en Allah, ni au Jour dernier... [Les Femmes, 4 : 38].
Concernant les hadiths, le Prophète ﷺ a déclaré : « Aucun homme qui croit en Allah et au Jour Dernier ne déteste les « Al-Anṣâr ». » [Rapporté par Muslim (n°77)].
« Il n'est pas permis à une femme qui croit en Allah et au Jour dernier de voyager sur une distance égale à une nuit et un jour de marche sans être accompagnée d'un parent qu'elle ne peut épouser. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
«Celui qui croit en Allah et au Jour dernier, lorsqu'il assiste à une affaire, qu'il parle en bien ou qu'il se taise.» [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
« Quiconque croit en Allah et au Jour Dernier, qu'il ne prenne que l'égal pour l'égal. » [Rapporté par Muslim (n°1591)].
« Quiconque souhaite être éloigné de l'Enfer et entrer au Paradis, que la mort lui vienne alors qu'il croit en Allah et au Jour Dernier, et qu'il agisse envers les gens comme il aimerait que l'on agisse envers lui. » Rapporté par Muslim (n°1844).
Serviteurs d'Allah :
Dans de nombreux versets et hadiths, on voit clairement le lien étroit entre deux piliers essentiels de la foi : croire en Allah le Très-Haut et croire au Jour Dernier. Cette foi inclut aussi la croyance aux Anges, aux Messagers, aux Livres, à la Résurrection et au Destin.
Et le croyant en Allah et au Jour Dernier est heureux ici-bas par l'œuvre qu'il accomplit pour Allah en espérant Sa rétribution, et il est heureux dans l'au-delà lorsqu'il reçoit sa rétribution.
C'est pourquoi il fut promis une magnifique récompense aux croyants des nations précédentes qui adhéraient à ces deux piliers fondamentaux. Les croyants, les juifs, les chrétiens, les sabéens, tous ceux qui auront cru en Allah et au Jour dernier, et accompli de bonnes actions, obtiendront leur récompense auprès de leur Seigneur et seront préservés de toute crainte et de toute affliction. [La Vache, 2 : 62], Ainsi, toutes ces communautés ont des religions fondées sur les trois piliers apportés par tous les premiers Messagers, à savoir : la foi en Allah, le Jour Dernier et l'œuvre pieuse.
Nous demandons à Allah, Exalté soit-Il, de nous accorder la compréhension de la Foi, de nous enseigner le Coran, d'accroître notre foi par le Coran, et de nous accorder d'œuvrer selon ce qu'Il nous a enseigné. Certes, Il est l'Audient, Celui qui exauce les invocations.
Je dis ce que vous entendez, et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous. Implorez donc Son pardon, car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, d'une louange pure, abondante et bénie, telle que notre Seigneur l'aime et l'agrée. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, le préserve et le bénisse, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons, et ceux qui suivent leur voie jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du deuxième sermon
Craignez Allah le Très-Haut, obéissez-Lui et prenez du Coran la part qui vous est destinée ; car il est le Livre de votre Seigneur, Son argument qui vous engage et votre intercesseur. Allah a en effet informé dans Son Livre que les Messagers (sur eux la paix) ont appelé leurs peuples à croire en Allah et au Jour Dernier. Aux habitants de Madian, nous avons envoyé l’un des leurs, Chou’ayb, qui leur dit : « Ô mon peuple ! Adorez Allah avec sincérité et exclusivité, dans l’espoir de la récompense du Jour dernier, et abstenez-vous de semer le mal sur la terre. » [L’Araignée, 29 : 36].
Combien les serviteurs ont besoin, dans les sermons publics, les exhortations, les assises de rappel et en tout lieu, qu'on leur rappelle la foi au Jour Dernier : afin qu'ils se préparent en vue de ce Jour et s'approvisionnent pour lui de la meilleure des provisions. En effet, les gens - serviteurs d'Allah - lorsqu'ils sont insouciants de ce Jour, ce bas monde les distrait par ses plaisirs éphémères et son apparat périssable de la préparation au Jour du Retour.
En raison de l'importance de ce Jour, Allah -Le très Haut- lui a donné de nombreux noms. Il l'a nommé le Jour du jugement, car en ce Jour, Allah -Le très Haut- jugera Ses serviteurs. Il l'a aussi nommé le Jour de la grande perte, en raison du grand nombre de perdants en ce Jour, parmi ceux qui, sur terre, rejetaient la vérité et la reniaient. En ce Jour, les gens de la vérité mettront en évidence la perte des gens de l'erreur ; les croyants, celle des mécréants ; et les gens de l'obéissance, celle des gens de la désobéissance. Et il n'y a pas de perte plus grande que celle des gens de l'Enfer face aux gens du Paradis.
Il l'a nommé le Jour du Rassemblement ; car Il y rassemble les premiers et les derniers en un seul lieu, où l'Appelant se fait entendre d'eux et où le regard les embrasse tous.
Il l'a nommé le Jour de la Rencontre ; car c'est en ce Jour que le serviteur rencontre son Seigneur, que celui qui a œuvré retrouve ses œuvres, et que les premiers et les derniers se rencontrent.
Et Allah l'a appelé le Jour de la Résurrection, car c'est en ce jour que les créatures se lèveront de leurs tombes. Il l'a aussi appelé le Jour de l'Appel Mutuel, car les serviteurs s'y appelleront les uns les autres et parce qu'Allah, Exalté et Magnifié soit-Il, y appellera Ses serviteurs. Il l'a également appelé le Jour du Fracas et le Jour de la Résurrection, parmi d'autres noms. Il l'a donc magnifié, a mis en garde Ses serviteurs contre l'insouciance et l'oubli, et leur a ordonné de s'y préparer.
Ô Allah ! Nous te demandons le Paradis et tout ce qui rapproche de lui, qu'il s'agisse d'une parole ou d'une œuvre. Et nous nous réfugions auprès de Toi contre l'Enfer et tout ce qui rapproche de lui, qu'il s'agisse d'une parole ou d'une œuvre.
***
Titre du sermon
La foi au Décret et au Destin
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, l’Omniscient, le Tout-Puissant, le Sage et le Parfaitement Connaisseur. Je témoigne qu’il n’existe aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah, unique et sans associé ; rien ne Lui ressemble, et c’est Lui qui entend et voit parfaitement. Je témoigne aussi que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, porteur de bonne nouvelle et avertisseur, lumière éclatante ; qu’Allah prie sur lui et le protège, ainsi que sa famille, ses compagnons et tous ceux qui suivent son chemin.
Contenu du premier sermon
Ceci dit : ô croyants, craignez Allah le Très-Haut et ayez conscience qu'Il vous surveille (qu'Il soit glorifié), en privé comme en public, dans le secret comme au grand jour, avec la conscience de celui qui sait que son Seigneur l'entend et le voit.
Ô croyants : Certes, parmi les grands fondements de la foi et les bases solides de la croyance figure la foi dans le Décret et la Prédestinée. Cela consiste à croire que ce qu'Il veut se réalise et ce qu'Il ne veut pas n'a pas lieu ; que ce qui t'a atteint - ô serviteur - ne pouvait te manquer, et ce qui t'a manqué ne pouvait t'atteindre ; et que cette création tout entière est soumise à la gestion de son Créateur et à la disposition de Celui qui l'a fait exister, Exalté soit-Il dans Sa grandeur. Et le signe de Sa puissance sur la création est la mise à l'existence de ces créatures, les célestes et les terrestres : Allah est Celui qui a créé sept cieux et autant de terres, entre lesquels descendent Ses commandements. Vous saurez ainsi que le pouvoir d’Allah est absolu et que Sa science embrasse toute chose. [Sourate Aṭ-Ṭalâq (Le Divorce) – Coran : 65/12].
Ô croyants !
Les preuves se sont multipliées dans le Livre d'Allah et la Tradition de Son Prophète et Élu - paix et bénédictions soient sur lui - pour établir et attester de ce principe fondamental en de nombreux passages ; Allah - à Lui la Puissance et la Grandeur - a dit : Nous avons créé toute chose selon un décret préalable. [Sourate : La Lune, 54 : 49], Et Il a dit, Exalté soit-Il : Par Notre pouvoir absolu, l’avons-Nous ainsi décrété. [Les Envoyés, 77 : 23], Et Il a dit, Exalté soit-Il : ...avant de venir en ce lieu au moment voulu, ô Moïse. [Tâ-Hâ, 20 : 40]. Et Il a dit, Exalté soit-Il : Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très Haut, qui a donné à ses créatures la forme la plus parfaite, et les a guidées vers ce qu’Il leur a prédestiné, [Le Très-Haut, 87 : 1-3]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : Et l’ordre d’Allah est un décret inéluctable. [Les Coalisés, 33 : 38], et les versets allant dans ce sens sont nombreux.
Ô croyants : La foi au Destin est le fondement de l'Unicité ; l'Unicité d'une personne ne peut donc être droite, ni sa foi valide, si ce n'est par la foi au Destin. Ibn 'Abbâs, qu'Allah les agrée tous deux, a dit : La foi au Destin est le fondement du Tawhid ; car quiconque unifie Allah et dément le Destin, son démenti annule son Tawhid.
Et si la Foi en la prédestination est le fondement du monothéisme, alors le monothéisme est le fondement de la vie. La vie d'une personne ne peut donc être droite que par la Foi, l'affirmation de l'unicité du Tout-Miséricordieux et la pureté du culte qui Lui est voué (Magnifié et Élevé soit-Il). Et si la personne n'est pas monothéiste, sa vie n'est pas ordonnée, mais au contraire, elle est vouée à l'abandon et se perd vainement, sans aucun bénéfice ni utilité, ni dans ce bas monde, ni dans l'au-delà.
D'après Al-Walîd, fils du noble Compagnon ʽUbâdah ibn As-Sâmit (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Je suis entré auprès de mon père qui était malade et je pressentais sa mort, alors j'ai dit : « Ô mon cher père ! Fais-moi une recommandation et fais un effort pour moi. » Il a dit : « Asseyez-moi. » Lorsqu'ils l'assirent, il a dit : « Ô mon tendre fils ! Certes, tu ne goûteras pas la saveur de la foi et tu n'atteindras la véritable réalité de la science d'Allah jusqu'à ce que tu croies au Destin, en son bien et en son mal. » J'ai dit : « Ô mon cher père ! Et comment puis-je connaître le bien du Destin de son mal ? » Il a répondu : « Tu dois savoir que ce qui t'a été évité n'aurait pu te toucher, et que ce qui t'a touché n'aurait pu t'être évité. Ô mon tendre fils ! Certes, j'ai entendu le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dire : "La première chose qu'Allah a créée est la Plume, puis Il a dit : 'Écris !' Alors, elle consigna en cette heure-là tout ce qui existera jusqu'au Jour de la Résurrection." Ô mon tendre fils ! Si tu meurs sans adhérer à cela, tu entreras dans le Feu. » [Rapporté par Ahmad (n°22705) et At-Tirmidhî (n°2155). Al-Albânî l'a authentifié.]
Selon 'Abdullah ibn 'Umar (qu'Allah les agrée tous deux), le Prophète ﷺ a dit : « Toute chose est prédestinée, y compris l'impuissance et l'aptitude. » [Rapporté par Mouslim (2655)]. Et d'après 'Abd Allah ibn 'Amr ibn Al-'Âs (qu'Allah les agrée tous les deux) : Le Prophète ﷺ a dit : Allah a écrit les destinées des créatures cinquante mille ans avant qu'Il ne crée les cieux et la Terre. [Rapporté par Muslim (2653)]، Et d'après ʽAbduLlâh ibn Masʽûd (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ - et il est le véridique et déclaré véridique [par les gens] - nous a raconté et a dit : « Certes, la création de chacun d’entre vous dans le ventre de sa mère s’accomplit d’abord sous forme de semence durant quarante jours ; ensuite, sous forme d'adhérence durant une période similaire ; puis, sous forme de morceau de chair durant une période similaire. Ensuite, un Ange est envoyé qui lui insuffle l'âme, et on lui ordonne d'écrire quatre choses : sa subsistance, son délai de vie, son œuvre et s'il sera malheureux ou bienheureux. Par Celui en dehors duquel il n’y a aucune divinité autre que Lui ! Certes, l’un d'entre vous accomplit les œuvres des gens du Paradis jusqu'à ce qu’il ne reste plus qu'une coudée entre lui et le Paradis, alors il est devancé par l'Écriture et là il accomplit les œuvres des gens de l’Enfer et il y entre. Et l’un d'entre vous accomplit les œuvres des gens de l’Enfer jusqu'à ce qu’il ne reste plus qu'une coudée entre lui et l’Enfer, alors il est devancé par l'Écriture et là il accomplit les œuvres des gens du Paradis et il y entre. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Boukhârî et Mouslim)].
C'est pourquoi les pieux prédécesseurs – qu'Allah leur fasse miséricorde – redoutaient grandement les décrets antérieurs et la fin de leur vie. Les décrets antérieurs, car ils ne savaient pas ce qui leur avait été prédestiné dans la science d'ALLAH, ni ce qui avait été écrit à leur sujet sur la Tablette Gardée. Quant à la fin de leur vie, ils ignoraient de quelle manière elle s'achèverait. Or, toute cette affaire est entre les mains d'ALLAH, le Puissant et Majestueux ; le commandement et la création Lui appartiennent, et rien ne se produit si ce n'est par Son décret et Son Destin.
Serviteurs d'Allah :
La foi au Destin chasse du serviteur les illusions, les craintes et l'anxiété dans les situations où les épreuves s'intensifient. Le croyant au Destin a alors le cœur apaisé par sa foi, sachant que ce qui l'a atteint n'aurait pu le manquer, et que ce qui l'a manqué n'aurait pu l'atteindre.
Le croyant au destin d’Allah, le Très-Haut, quand il est frappé par un malheur ou confronté à une épreuve, sait que cela lui est arrivé par la permission d’Allah. Il accepte alors avec sérénité et se soumet à Son décret, tout en espérant de Lui – le Très-Haut – la noble promesse et la grande récompense qu’Il a préparées pour les patients et les endurants. Fais donc heureuse annonce à ceux qui font preuve de constance, ceux qui, frappés d’un malheur, disent : « Nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous retournerons. » [Sourate Al-Baqarah (La Vache) : 2/155-156].
Nous demandons à Allah (Majestueux et Élevé soit-Il) de nous faciliter à tous la voie aisée, qu'Il nous écarte de la voie difficile, qu'Il nous guide vers Lui sur un droit chemin, qu'Il rende bénéfique pour nous chacun de Ses décrets et qu'Il nous accorde une fin heureuse en toutes choses. Certes, Il est (Béni et Élevé soit-Il) Celui qui entend parfaitement l'invocation ; Il est Celui en qui l'on place tout espoir, Il nous suffit et quel excellent Garant.
Introduction du second sermon
Louange à Allah en abondance. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Mouḥammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah le couvre d'éloge et le préserve, ainsi que sa famille et tous ses Compagnons.
Texte du second sermon
Cela étant dit : ô croyants ! Craignez Allah, le Très-Haut.
Sachez - qu'Allah veille sur vous - que la foi dans les Décrets d'Allah, Exalté et Magnifié soit-Il, est une quiétude pour le croyant, un salut pour lui et un bonheur en ce bas monde et dans l'au-delà, et que le croyant au Décret d'Allah et Sa Prédestinée, dans sa vie entière, place sa confiance en Allah, cherche assistance auprès d'Allah et se réfugie auprès d'Allah - Exalté soit-Il dans Sa Grandeur -, et que le fait d'accomplir les causes fait partie de la foi au Décret d'Allah et Sa Prédestinée. D'après Abû Hurayrah, qu'Allah soit satisfait de lui, le Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) a dit : « Le croyant fort est meilleur et plus aimé d'Allah que le croyant faible, et en chacun d'eux il y a un bien. Veille assidument à ce qui t'est utile, sollicite l'aide d'Allah et ne capitule pas ! Et s'il t'arrive quelque chose, ne dis pas : « Si seulement j'avais agi de telle manière, il y aurait eu ceci et cela ! », mais dis plutôt : « Allah a décrété, et Il a fait ce qu'Il a voulu ! » En effet, « si » ouvre la porte à l'œuvre du Diable. » [Rapporté par Mouslim].
Ibn Abî al-'Izz, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : Certaines personnes ont pensé que la confiance en Allah est contraire à l'acquisition de la subsistance et au fait de tenir compte des causes, et que les affaires étant prédestinées, il n'y a donc nul besoin des causes. Ceci est erroné, car l'acquisition de la subsistance relève tantôt de l'obligatoire, du recommandé, du permis, du déconseillé et de l'interdit... Et le Prophète ﷺ était le meilleur de ceux qui placent leur confiance [en leur Seigneur] ; il portait une armure de guerre et marchait dans les marchés pour acquérir sa subsistance.
Il convient de souligner que chaque musulman doit éviter de propager ce qui provoque la peur et la panique parmi les gens par la diffusion de rumeurs ; et qu'il doit également se garder de propager les rumeurs qui sont lancées et diffusées pour en minimiser la gravité.
Ainsi, il incombe au musulman de traiter les maladies et les épidémies de manière équilibrée, sans alarmisme ni laxisme ; de se conformer aux directives des autorités compétentes et de ne s'exposer, ni autrui, au danger.
Nous demandons à Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) par Ses plus beaux Noms et Ses plus hauts Attributs, de faire de tout ce qu'Il a décrété pour nous un bien.
***
Titre du sermon
La confiance en Allah
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah, le Possesseur des grâces infinies et des bienfaits, Celui qui dissipe les afflictions et les tourments. Et je témoigne qu'il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah, Seul et sans associé, le Détenteur de la Générosité et de la Noblesse ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, celui qui fut préféré à toutes les communautés. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et qu'Il les salue abondamment.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit, ô serviteurs d'Allah :
Il est certain que le bonheur du serviteur réside dans le fait qu’Allah, Exalté soit-Il, lui accorde de placer pleinement sa confiance en Lui dans toutes ses affaires. Atteindre ce degré est l’une des plus grandes grâces et faveurs qu’un serviteur puisse recevoir. Celui qui met sa confiance en Allah, le Glorieux, l’Exalté, comme il se doit, trouve la paix du cœur, la sérénité de l’âme et une vie agréable. La véritable confiance, c’est quand le cœur s’en remet sincèrement à Allah pour obtenir les bienfaits et se protéger des maux, dans les affaires de ce monde comme dans l’au-delà, en Lui confiant tout et en croyant fermement que Lui seul accorde ou prive, nuit ou profite. Ce rang n’est atteint que par les véridiques. Sa’îd ibn Jubayr a dit : La confiance [en Allah] est la somme de la foi. Rapporté dans : Al Musannaf (n°29589), Ibn Abî Chaybah.
Ainsi, la confiance est une adoration purement du cœur, dont l'effet se manifeste par une parole de la langue et une pratique des membres ; l'Imam Ahmad a dit : La confiance est une œuvre du cœur. [Ibn Al Qayyim l'a attribué à l'Imâm Aḥmad dans : " Madârij As-Sâlikîn " (2/114)].
Il faut donc que le cœur soit attaché à Allah d'un véritable attachement, et que le serviteur ait la certitude que l'issue de toute affaire revient à Allah ; en effet, ce qu'Il a voulu est, et ce qu'Il n'a pas voulu n'est pas.
Étant donné l'éminent statut de la confiance en Allah, de nombreuses preuves y exhortent et en démontrent le mérite, afin que le musulman s'y attache pour la sérénité et la fin heureuse qu'elle procure. Allah, le Très Haut, a dit : et quiconque place sa confiance en Allah, Il est son soutien. [Le Divorce, 65 : 3]. C'est-à-dire : Il lui suffit, et il dit : ...Placez votre confiance en Allah, si vous croyez vraiment en Lui. [La table servie, 5:23].
et le Prophète ﷺ a dit : « Si vous placiez votre confiance en Allah comme il se doit, Il vous pourvoirait comme Il pourvoit aux oiseaux. Ils quittent leur nid, tôt le matin, l’estomac vide, et ils y rentrent le soir rassasiés. » Dans ce ḥadith, le Prophète (sur lui la paix et le salut) a pris l'exemple des oiseaux, en dépit de leur faiblesse, et a montré qu’Allah S’est porté garant de leur subsistance et les a guidés vers les moyens de l'acquérir. Ceci implante la certitude chez le serviteur que sa subsistance est garantie. Ainsi, lorsqu'il sait cela, il en découle une bonne opinion de son Seigneur, Gloire et Pureté à Lui. En effet, celui qui place véritablement sa confiance en Allah est celui qui sait qu’Allah a garanti à Son serviteur sa subsistance et ce qui lui suffit. Il croit donc Allah en ce qu’Il a garanti, place en cela une confiance totale, et concrétise le fait de s’en remettre à Lui concernant la subsistance qu’Il a assurée. Et il sait que la subsistance est répartie pour chacun, qu’il soit pieux ou pervers, croyant ou mécréant, comme Allah, l’Exalté, a dit : Il n’est pas de créature sur terre dont Allah n’assure la nourriture... [Hûd : 6] Et ce, malgré la faiblesse de nombreuses créatures et leur incapacité à œuvrer pour leur subsistance, car tant que le serviteur est en vie, sa subsistance incombe à Allah, et Il peut la lui faciliter par un labeur ou sans labeur, bien que le déploiement des causes soit requis.
La confiance est une preuve de la bonne opinion que le serviteur a de son Seigneur, et c'est à la mesure de la bonne opinion du serviteur envers son Seigneur et de l'espoir qu'il place en Lui que sera sa confiance en Lui. En effet, on ne peut concevoir de placer sa confiance en celui dont on a une mauvaise opinion, ni en celui en qui l'on n'espère pas. C'est ce qu'ont fait les alliés d'Allah (Élevé soit-Il) dans les circonstances les plus sombres et les situations les plus difficiles ; ils ont remis leurs affaires à Allah, le Glorieux, l’Exalté, en raison de la bonne opinion qu'ils avaient de Sa suffisance à leur égard. Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous deux) a dit : « Allah nous suffit et quel bon Garant ! ». Cette parole a été prononcée par Ibrâhîm (paix et salut sur lui) lorsqu'il fut jeté dans le feu, et elle a été dite par Muhammad (paix et salut sur lui) lorsque les gens dirent : « ... Certes, les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les donc. » Mais cela ne fit qu'accroître leur foi et ils dirent : « Allah nous suffit et quel bon Garant ! » [Âl 'Imrân : 173] Rapporté par Al Bukhârî (n°4563).
Voici une explication de la condition des Prophètes, que la prière et le salut d'Allah soient sur eux, du degré atteint par leur confiance en Allah le Très-Haut et de la bonne opinion qu'ils avaient de Lui, en dépit de la peur et de l'extrême détresse qu'ils éprouvaient. Leur parole fut donc : " Allah nous suffit et quel bon Garant ! " ; c'est-à-dire qu'Il nous suffit dans nos entreprises et nos épreuves, et qu'Il est le meilleur pour suffire et Celui à qui nous confions toute affaire.
Quelle fut donc l'issue ? Ils rentrèrent donc chez eux, comblés par Allah de bienfaits et de faveurs, sans avoir subi le moindre tort, après s’être lancés à la poursuite de l’ennemi, animés uniquement par le désir de plaire au Seigneur aux faveurs infinies. [La Famille d'Imrân, 3 : 174].
Et ceci est la plus grande preuve que si l'homme, quelle que soit la détresse ou l'épreuve qui le touche, cherche asile auprès d'Allah (Glorifié et Élevé soit-Il) dans ses affaires, Il l'assiste, le protège et le secourt... Mais la plus grande calamité est que certaines personnes, lorsque la détresse les atteint, se réfugient dans les causes matérielles, y cherchant la délivrance. Or, si leur cœur s'était attaché à leur Créateur, Il leur aurait suffi face à ce qui les préoccupe.
Ô serviteurs d’Allah : Le fait que le cœur se repose sur Allah le Très-Haut, s’appuie sur Lui et trouve en Lui sa quiétude dissipe l'agitation et la crainte de voir les causes lui échapper ; car il sait que ces causes sont entre les mains de Celui qui les établit, Gloire à Lui. C’est pourquoi il ne se soucie pas de leur venue ou de leur départ, et son cœur n’est ni troublé ni agité lorsque ce qu’il aime disparaît et que ce qu’il déteste survient. En effet, le fait de se reposer sur Allah, de trouver en Lui sa quiétude et de s’appuyer sur Lui, l’a fortifié contre la crainte et l’espoir que ces causes suscitent. Son état en cela est comparable à celui d’un homme confronté à un ennemi puissant au-dessus de ses forces : il voit une forteresse ouverte, son maître l’y fait entrer et referme la porte sur lui. Il observe alors son ennemi à l’extérieur de la forteresse ; dans une telle situation, l’agitation de son cœur et sa peur de son ennemi n’ont aucun sens.
Son exemple en cela est celui du nourrisson qui, dans sa dépendance, sa quiétude et sa sérénité, ne connaît que le sein de sa mère et dont le cœur ne se tourne vers rien d'autre. C'est pourquoi certains savants ont dit : « Celui qui s'en remet à Allah est comme l'enfant ; il ne connaît de refuge que le sein de sa mère. De même, celui qui s'en remet à Allah ne cherche refuge qu'auprès de son Seigneur, Gloire et Pureté à Lui. »
Et Allah, Exalté soit-Il, a informé au sujet du croyant de l'entourage de Pharaon qu'il a dit : « Je m’en remets entièrement à Allah qui connaît parfaitement Ses serviteurs. » [Le Pardonneur, 40 : 44]. Celui qui confie son affaire à Allah ne le fait que parce qu'il veut qu'Il décrète pour lui ce qui est le meilleur pour sa vie d'ici-bas et son au-delà. Et même si ce qui lui est décrété est contraire à ce qu'il pensait être un bien, il en est satisfait, car il sait que c'est un bien pour lui, même si l'intérêt qui s'y trouve lui est caché. Telle est également la situation de celui qui place sa confiance en Allah ; bien plus, sa station est plus élevée que celle de celui qui confie ses affaires, car la station de la confiance est la dépendance totale du cœur envers Allah, après s'en être remis à Lui.
L'un des plus nobles fruits du fait de placer sa confiance en Allah est la satisfaction de ce qu'Allah - Gloire à Lui - décrète, et ceci est l'un des plus grands degrés de la servitude. Bishr - qu'Allah lui fasse miséricorde - a dit : " L'un d'entre eux dit : " J'ai placé ma confiance en Allah " Alors qu'il ment sur Allah ! S'il avait vraiment placé sa confiance en Allah, alors il aurait été satisfait de la manière dont Allah a agi avec lui. "
Quiconque réfléchit à la récompense qu’Allah, le Très-Haut, a préparée pour celui qui place sa confiance en Lui, et qu’Il n’a accordée à nul autre, comprendra que la confiance en Allah est le chemin le plus cher à Ses yeux pour parvenir jusqu’à Lui, Gloire et Pureté à Lui. En effet, le Très-Haut a dit : Quiconque place sa confiance Allah, Il lui suffit. [Le Divorce, 65 : 3].
Je dis ces paroles, et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous et pour l'ensemble des Musulmans de tout péché. Implorez donc Son pardon, Il vous pardonnera ; car c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, l'Infiniment Bienfaisant, Vaste en grâce, en générosité et en bienfaits. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Allah le couvre d'éloge et le préserve, ainsi que sa famille et tous ses Compagnons.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ô Musulmans : Certes, le fait d'entreprendre les causes fait partie de la perfection de la confiance en Allah ; car l'abandon total des causes est impossible, tant sur le plan rationnel que sensible. Et le Prophète (sur lui la paix et le salut) n'a négligé aucune des causes : il a porté deux armures le jour d'Uhud, il a engagé un guide polythéiste pour lui indiquer la route de l'Hégire, et lorsqu'il voyageait pour le pèlerinage ou le djihad, il emportait des provisions et une outre. C'est ainsi qu'agissaient ses Compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux), eux qui plaçaient véritablement leur confiance [en Allah].
Et bien que l'entreprise des causes fasse partie de la perfection de la confiance en Allah, il est obligatoire pour le musulman que son cœur ne se tourne pas vers les causes, mais plutôt vers Celui qui en est la Cause, exalté soit-Il. En effet, une personne peut réunir tous les moyens matériels sans pour autant voir s'accomplir ce qu'elle a entrepris, car les affaires sont entre les Mains d'Allah.
Et le serviteur, lorsqu'il place sa confiance en Allah (Exalté soit-Il), cela lui confère la connaissance certaine qu'il ne détient ni pour lui-même ni pour autrui aucune puissance ni force ; que sa capacité est entre les Mains d'Allah et non les siennes, car c'est Lui qui la détient et non lui ; que s'Il ne lui accorde pas la capacité, il est alors incapable ; et qu'il ne se meut que par Allah et non par lui-même. C'est pourquoi, l'une des invocations du Prophète ﷺ était : « Ô Le Vivant ! Ô Celui qui subsiste par Lui-même [et par Qui tout subsiste] ! Par Ta miséricorde j'implore Ton secours, réforme-moi toute ma situation et ne me laisse pas livré à moi-même, ne serait-ce le temps d'un clin d’œil. » Rapporté par An-Nassâ'î dans As-Sunan Al-Kubrâ, numéro 10330.
Ô Allah ! Redonne à l'Islam et aux musulmans leur puissance, humilie le polythéisme et les polythéistes, et détruis les ennemis de la religion, ô Seigneur des mondes.
***
Titre du sermon
L'amour d'Allah et les facteurs qui le procurent
Introduction du premier sermon
Certes, la louange appartient à Allah. Nous Le louons, nous cherchons Son aide, nous implorons Son pardon, nous nous repentons auprès de Lui et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière et le salut d'Allah soient sur lui, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Assemblée de croyants, serviteurs d'Allah ! Craignez Allah ; en effet, quiconque craint Allah, Il le protège et l'oriente vers le meilleur dans ses affaires religieuses et mondaines.
Serviteurs d’Allah ! Sachez – qu’Allah vous protège – que la plus haute station pour les adorateurs et la position la plus noble pour ceux qui cheminent vers Lui est l’amour du Seigneur des mondes, le Créateur de l'ensemble de la création. L’amour d’Allah, en dehors de Qui il n’y a aucune divinité, le Souverain, le Saint, la Paix, le Garant, le Prédominant, le Tout-Puissant, le Contraignant, l'Orgueilleux, l’amour du Créateur, du Novateur, du Formateur, l’amour du Détenteur de la Majesté et de la Noblesse, l’amour du Seigneur Majestueux (Glorifié soit-Il) qui possède les plus beaux Noms et les plus hauts Attributs. Cet amour, serviteurs d’Allah, est l’âme de la religion, la nourriture des cœurs, le fondement du bonheur, et le pilier des œuvres comme de la foi.
Serviteurs d'Allah ! Sachez que cet amour est la vie : celui qui en est privé est du nombre des morts ; Il est la lumière : celui qui la perd se noie dans les mers des ténèbres ; Il est la guérison : celui qui en est dépourvu, alors les maux de toutes sortes s'abattent sur son coeur ; Il est la délectation : celui qui en est privé, alors les soucis et les douleurs s'abattent sur lui.
Serviteurs d’Allah ! L'amour d'Allah est la base du bonheur et le sentier de la réussite ici-bas et dans l’au-delà. Cet amour (Béni et Élevé soit-Il) inspire les bonnes actions, mène à la perfection et élève le croyant vers les meilleures stations et les plus hautes positions. L’amour d’Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) constitue une immense affaire, sa portée est sublime et son statut est éminent dans la religion d'Allah. L’une des invocations de notre Prophète ﷺ était : « Je Te demande Ton amour, l’amour de celui qui T’aime et l’amour d’une œuvre qui me fasse rapprocher de Ton amour. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°3235) et Ahmad (n°22162). Et Al Albânî l'a authentifié dans : Sahîh At-Tirmidhî.
Et il a été rapporté dans un hadith qu'il ﷺ a dit : « Certes, lorsqu’Allah aime un serviteur, Il appelle Gabriel et lui dit : « Certes, J'aime untel ! Aime-le donc ! » Alors, Gabriel l’aime. Ensuite, il annonce dans le ciel en disant : « Certes, Allah aime Untel ! Aimez-le donc ! » Alors, les habitants du ciel l’aiment. Ensuite, l’acceptation est placée pour lui sur la Terre. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim. Et ceci est la signification de la parole d'Allah (Glorifié soit-Il). {Le Tout Miséricordieux accordera Son amour et celui de Ses serviteurs aux croyants qui accomplissent de bonnes œuvres. 96 } [Marie, 19 : 96].
Les fruits de l'amour, ses traces, ses bénéfices et ses bienfaits pour ceux qui aiment dans la vie d'ici-bas et dans l'au-delà sont innombrables et sans limite ; et il suffit à celui qui aime qu'Allah (Béni et Exalté soit-Il) soit avec lui pour le soutenir, le préserver, le guider sur la bonne voie et lui accorder la réussite.
Assemblée de croyants ! Au milieu des épreuves, des distractions, des divertissements et des obstacles qui mettent les gens à l’épreuve, l’amour d’Allah s’affaiblit dans les cœurs, tout comme ses traces, ses fruits et ses exigences. Face à cette situation, ô serviteurs d’Allah, il revient au croyant de sincèrement retourner vers Lui, en cherchant à raviver l’amour d'Allah (Béni et Élevé soit-Il) dans son cœur et à cultiver tout ce qui attire cet amour pour que la pureté, la propreté, l’éclat et la lumière lui reviennent en le remplissant de l’amour d’Allah (Magnifié et Élevé soit-Il).
Serviteurs d'Allah ! Voici un ensemble de choses d'une grande importance qui amènent dans les cœurs l'amour du Détenteur de la Majesté et de la Générosité :
Serviteurs d'Allah ! La première de ces choses est : une attention véridique au Livre d'Allah par la méditation et la réflexion profonde. {Voici un livre béni que Nous t’avons révélé afin que les hommes en méditent les enseignements et que ceux qui sont doués de raison en tirent des leçons. 29 } [Sâd, 38 : 29]. {Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S’il venait d’un autre qu’Allah, n’y trouveraient-ils pas maintes contradictions ? 82 } [Les Femmes, 4 : 82]. Et lorsque tu lis le Coran, que ton souci ne soit pas de terminer la sourate, mais que ta préoccupation soit de saisir le discours et de comprendre le sens voulu. En effet, ceci - ô les croyants - compte parmi les plus immenses choses qui attirent l'amour d'Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) ; le fait de réfléchir profondément sur Sa parole majestueuse et Son rappel sage qui {Inaccessible au Faux, d’où qu’il vienne...} [Les Versets Détaillés, 41 : 42].
Serviteurs d'Allah ! Parmi les choses qui amènent l’amour, il y a l’attention portée aux actes surérogatoires après les actes obligatoires ; c’est une immense affaire qui procure l’amour dans les cœurs et les nourrit. Réfléchissez à la preuve de cela dans ce que le Prophète ﷺ a rapporté de son Seigneur, lorsqu’Il a dit : « Quiconque s’en prend à l’un de Mes alliés, alors assurément Je lui déclare la guerre. Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par une chose plus aimée de Moi que ce que Je lui ai imposé, et Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime ; et lorsque Je l’aime, Je suis l’ouïe par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit, la main par laquelle il prend et le pied par lequel il marche. S’il Me demande quelque chose, Je le lui donne, et s’il cherche refuge auprès de Moi, Je lui accorde refuge. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6502). La signification est qu'Allah (Glorifié soit-Il) le soutient et le guide dans son ouïe et sa vue, dans son pied et sa main, et dans l'ensemble de ses situations.
Serviteurs d'Allah ! Parmi les choses qui amènent à l'amour d'Allah, il y a : le fait de devancer ce qu'Allah aime à ce que votre âme aime, et de lui donner la priorité sur ce que vous aimez, quels que soient les désirs et les exigences de l'âme. En effet, d'après Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Si trois choses se trouvent chez une personne, alors elle goûtera à la douceur de la foi : Allah et Son Messager lui sont plus aimés que toute autre chose ; il aime son prochain uniquement pour Allah ; il répugne retourner à la mécréance - après qu'Allah l'en a sauvé - comme il répugnerait être jeté dans le Feu. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Serviteurs d'Allah ! Parmi les affaires qui amènent l'amour, il y a : la connaissance des plus beaux Noms d'Allah et de Ses plus hauts Attributs ; en effet, plus la connaissance que le serviteur d'Allah possède est grande, plus il L'aime, plus il est enclin dans Son adoration, et plus il s'éloigne de Sa désobéissance. Allah (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {De Ses serviteurs, seuls craignent Allah ceux qui Le connaissent vraiment... } [Le Créateur, 35 : 28].
Serviteurs d'Allah ! Parmi les affaires qui amènent l'amour, il y a : le fait de se remémorer les bienfaits d'Allah, Ses faveurs, Sa bienfaisance et Sa bonté. {Et il n’y a pas un bienfait pour vous qui ne provienne d'Allah...} [Les Abeilles, 16 : 53]. Quand tu te rappelles les bienfaits d’Allah, de Ses faveurs successives et de Ses dons incessants, alors l’amour s'agite dans ton cœur, son affaire augmente et son rang s’élève. Réfléchis profondément : Qui t’a créé ce corps ? Qui a séparé pour toi ton ouïe et ta vue ? Qui t’a accordé tes mains et tes pieds ? Qui t’a gratifié de ta nourriture, ta boisson, ta santé et ton bien-être ? Qui t’a offert un foyer, des enfants, la sécurité et la sûreté ? Et tant d’autres bienfaits et dons. En effet, chaque nuit avant de dormir, notre Prophète ﷺ se rappelait les bienfaits d’Allah (Magnifié et Élevé soit-Il), Il dressait Son éloge et il Le louait. « Louange à Allah, Celui qui nous a nourris, nous a abreuvés, nous a suffis et nous a abrités ! Et combien de gens n’ont personne pour leur suffire ou les abriter. » Rapporté par Muslim (n°2715).
Serviteurs d'Allah ! Parmi les choses qui suscitent l’amour, il y a : le fait de côtoyer les personnes vertueuses, pieuses, croyantes et droites, et de tirer bénéfice de leurs plus belles paroles, leurs plus sublimes oeuvres, leur bon comportement et leurs bonnes manières. Le Prophète ﷺ a dit : « L’homme est selon la religion de son ami intime. Que chacun d'entre vous regarde donc bien qui il prend pour ami intime. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4833) ; At-Tirmidhî (n°2378) ; Ahmad (n°8398). Et Al Albânî l'a déclaré bon.
Serviteurs d'Allah ! Parmi les affaires qui amènent l’amour, il y a : le fait de s’éloigner de tout ce qui s'interpose entre le cœur et son Seigneur et Maître, et de nos jours elles sont nombreuses ! Que de distractions détournent, repoussent et éloignent les cœurs de l’amour d’Allah ! Les chaînes satellitaires, Internet et autres objets de divertissement ont occupé les cœurs, rendu les âmes malades, affaibli la foi, et dressé une barrière entre les cœurs et l’amour du Tout-Miséricordieux. Quiconque donc veut pour son cœur un amour pur et véridique doit couper toute voie qui s'interpose entre lui et cet amour.
Ceci est donc une affaire à laquelle il n'est nulle voie de parvenir, dans un tel état, si ce n'est pour celui qui retourne de manière véridique vers son Seigneur, en quête de Sa satisfaction et de Son amour (Glorifié soit-ll). Cela est par ce biais qu'il s'obtient, et telle est sa voie.
Nous demandons à Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) par Ses plus beaux Noms et Ses plus hauts Attributs de nous accorder Son amour, l’amour de quiconque L’aime, et l’amour de l’œuvre qui nous rapproche de Son amour.
Je dis ces paroles et j’implore le pardon d'Allah pour moi-même, pour vous, ainsi que pour le reste des musulmans de tout péché. Implorez donc Son pardon pour qu'Il vous pardonne ; en effet, Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, l'Immense Bienfaiteur, Vaste en grâce, en générosité et en dons. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager ; qu'Allah prie sur lui et le salue, ainsi que sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ô serviteurs d'Allah ! Dans son Recueil Authentique, l'Imam Al Bukhârî a rapporté un hadith de la mère des croyants 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) : « Le Prophète ﷺ envoya un homme à la tête d'une expédition, celui-ci récitait pour ses compagnons, lors de leurs prières et il terminait toujours par : {Dis : « Il est Allah, Unique. »} Lorsqu'ils revinrent, ils mentionnèrent cela au Prophète ﷺ qui a alors dit : « Demandez-lui pour quelle raison il fait cela ? ». Quand ils lui demandèrent, il répondit : « Car elle est la description du Très-Miséricordieux, et j'aime la réciter. ». Alors, le Prophète ﷺ a dit : « Informez-le qu'Allah l'aime. » Et dans une version : « C'est ton amour pour elle qui t'a fait entrer au Paradis. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim, d'après un hadith de 'Aïcha (qu'Allah l'agrée).
Ô Croyant ! Sache que la lecture du Coran, la connaissance des Noms du Tout-Miséricordieux et de Ses Plus-Hauts Attributs, l’attention qui leur est portée par la réflexion profonde et la méditation, ainsi que la mise en pratique de leurs implications, figurent parmi les plus immenses affaires qui procurent l’amour du Tout-Miséricordieux et garantissent l’entrée aux Jardins [du Paradis] et le salut face aux Feux. Qu’Allah nous accorde cette grâce à tous ; en effet, Il est Béni et Élevé, Celui qui entend et Celui qui répond.
Ô Allah ! Prie sur Ton serviteur et Ton Messager Muhammad.
***
Titre du sermon
L’argumentation par la Tradition Prophétique
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah, le Protecteur, le Digne de louange, le Très-Haut et le Glorieux. Il a créé les créatures, Il les a éprouvées, Il leur a montré Sa Religion et Il les a guidées. Certaines ont suivi cette guidée et sont parmi les couronnées de succès, tandis que d’autres s’en sont détournées et sont parmi les perdants. Nous Le louons de la louange des reconnaissants et nous implorons Son pardon du pardon des pécheurs. Nous demandons de Sa grâce immense, car Il est le Généreux, le Noble, le Bienfaisant et le Très-Miséricordieux. J’atteste qu’il n'y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, Seigneur des mondes et Dieu des premières comme des dernières générations. J’atteste aussi que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, envoyé comme miséricorde pour les mondes, guide des croyants et argument contre toutes les créatures. Que la prière, le salut et la bénédiction d’Allah soient sur lui, sa famille, ses Compagnons et ceux qui le suivent en toute vertu jusqu’au Jour de la Rétribution.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : craignez donc Allah (Élevé soit-Il) et obéissez-Lui, accrochez-vous à Sa religion, cramponnez-vous à Sa corde, et adhérez à Son Livre et à la Tradition de Son Prophète Muhammad ﷺ ; en effet, tout le bien réside dans la fermeté sur la religion, la mise en pratique du Livre explicite, et l'adhésion à la Tradition du maître des Messagers ﷺ. {... Ce que le Messager vous donne, acceptez-le, et ce qu’il vous défend, abstenez-vous en. Craignez Allah dont le châtiment est terrible.} [Le Rassemblement, 59 : 7].
Ô hommes ! Lorsque Allah (Élevé soit-Il) a éprouvé Ses serviteurs par Sa religion et la leur a imposée, Il (Glorifié soit-Il) a décrété que Ses Messagers (paix sur eux) la leur transmettent. Et Il n’a pas instillé Sa religion dans le cœur de Ses serviteurs pour qu’ils soient tous croyants et soumis. S’Il l’avait souhaité (Glorifié soit-Il), certainement Il l’aurait fait, tout comme Il (Glorifié soit-Il) a créé les Anges obéissants et soumis. {...Ils ne désobéissent jamais à Allah, mais ils exécutent au contraire tous les ordres.} [L'interdiction, 66 : 6]. {...Des serviteurs honorés 26 qui se gardent de prendre la parole avant Lui et de transgresser Ses ordres. 27 } [Les Prophètes, 21 : 26-27].
Il (Glorifié soit-Il) a dressé les preuves évidentes et les arguments pour confirmer la véracité des Messagers dans ce qu’ils ont transmis pour que chacun puisse distinguer le Messager véridique du menteur qui se prétend prophète. Ensuite, Il (Glorifié soit-Il) a fait de l’obéissance au Messager une obéissance à Lui, car le Messager ne fait que transmettre en Son nom. Ainsi donc, quiconque croit à la véracité du Messager doit obligatoirement lui obéir, sans quoi il n’est pas croyant. De même, quiconque a cru au Messager, alors il doit accepter tout ce qui venu de lui ; en effet, accepter une partie et s'en détourner d'une autre, c’est ne pas être croyant.
Le Prophète Muhammad ﷺ a transmis la religion de la part de son Seigneur (Glorifié soit-Il) par le Coran et la Tradition. Cette dernière regroupe ses paroles, ses actes et ses approbations. Le Coran contient de nombreux versets qui soulignent l’obligation d'adhérer à la Tradition du Prophète ﷺ, ce qui réfute toute contestation ou doute à son égard. Quiconque donc rejette la Tradition rejette en fait le Coran, et quiconque doute d'elle, doute en fait du Coran, car le noble Coran s’y réfère à maintes reprises. La Tradition se décline en plusieurs formes :
Et parmi les versets qui prouvent que la Tradition prophétique (As-Sunnah) est une Révélation de la part d'Allah (Élevé soit-Il) : {Il ne parle pas sous l’emprise de la passion 3 mais se contente de répéter ce qu’il reçoit de la Révélation 4 } [L'Étoile, 53 : 3-4]. Ce que prononce le Prophète ﷺ est soit une Révélation venant d’Allah (Élevé soit-Il) soit un effort personnel du Prophète ﷺ qu’Allah (Élevé soit-Il) a approuvé, ce qui en fait également une Révélation.
Et si Allah (Élevé soit-Il) ne l’approuvait pas, alors la Révélation descendait pour corriger la situation, comme pour les prisonniers de Badr ou le pardon des péchés du martyr, à l’exception de ses dettes, comme Gabriel le transmit au Messager d’Allah ﷺ.
Et des versets qui ordonnent l’obéissance au Messager d’Allah ﷺ : {Dis : « Obéissez à Allah et au Messager. » S’ils se détournent, qu’ils sachent qu’Allah n’aime pas les impies. 32 } [La Famille d'Imrân, 3 : 32]. {Vous qui croyez ! Obéissez à Allah et à Son Messager. Ne vous détournez pas de lui alors que vous entendez le message qu’il est chargé de vous délivrer. 20 } [Les Prises de Guerre, 8 : 20]. {Vous qui croyez ! Obéissez à Allah et obéissez au Messager ! Ne rendez pas vaines vos œuvres ! 33 } [Mohammed, 47 : 33]. L'obéissance au Prophète ﷺ n'est possible que par le suivi de sa Tradition.
Et Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui exercent l’autorité... } [Les Femmes, 4 : 59].
L'éminent savant Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : Allah (Élevé soit-Il) a ordonné qu’on Lui obéisse ainsi qu’à Son Messager, répétant le verbe pour montrer que l’obéissance au Messager est une obligation à part entière, sans qu’il soit nécessaire de comparer ses ordres au Livre. Plutôt, lorsqu'il a ordonné quelque chose, alors son obéissance est obligatoire de manière absolue, que ceci a été ordonné dans le Livre ou que cela n'y figure pas. En effet, le Livre et son équivalent lui ont été donné. En revanche, Il n’a pas demandé d’obéir de façon indépendante au détenteur de l’autorité, mais a omis le verbe en intégrant leur obéissance dans celle due au Messager, indiquant ainsi qu’on ne leur doit obéissance qu’en lien avec celle au Messager.
Et des versets qui ordonnent de prendre le Prophète ﷺ comme modèle : {Vous avez un bel exemple à suivre dans le Messager d’Allah, exemple édifiant pour quiconque espère la récompense d’Allah ici-bas et dans l’au-delà, et invoque fréquemment Son nom. 21 } [Les Coalisés, 33 : 21]. Il n'est pas possible de le prendre comme modèle ﷺ si ce n'est en prenant sa Tradition dans son intégralité.
Certains versets rappellent la grâce d’Allah (Élevé soit-Il) soulignant que le Prophète ﷺ a transmis à sa communauté le Livre et la Sagesse. Le Livre désigne le Coran et la Sagesse correspond à la Tradition et le Prophète ne nous a rien enseigné d’autre que le Coran et la Sunnah. {Assurément, Allah a comblé les croyants de Ses faveurs en suscitant l’un des leurs comme Messager chargé de leur réciter Ses versets, de purifier leurs cœurs et de leur enseigner le Livre et la Sagesse...} [La Famille d'Imrân, 3 : 164]. {...Rappelez-vous les grâces dont Allah vous a comblés, ainsi que le Livre et la Sagesse qu’Il vous a révélés...} [La Vache, 2 : 231]. Et dans le discours d'Allah (Élevé soit-Il) aux Mères des Croyants : {...Rappelez-vous les grâces dont Allah vous a comblés, ainsi que le Livre et la Sagesse qu’Il vous a révélés...} [La Vache, 2 : 231].
Et des versets qui ordonnent de prendre le Prophète ﷺ pour juge en toute divergence, de se conformer à sa parole, et de se soumettre à son jugement : {..En cas de désaccord, vous devrez vous en remettre au jugement d’Allah et du Messager, si vous croyez vraiment en Allah et au Jour dernier...} [Les Femmes, 4 : 59]. C'est-à-dire : Faites-le revenir au Livre et à la Tradition. {Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants tant qu’ils ne porteront pas devant toi leurs différends et n’accepteront pas sans rancœur ton jugement, se soumettant entièrement à ta décision. 65 } [Les Femmes, 4 : 65]. Le croyant n'a d'autre choix face au jugement d'Allah (Élevé soit-Il) et de Son Messager ﷺ que l'acceptation et la soumission, sinon il y a la déviance et l'égarement.
Et des versets ordonnent au Prophète ﷺ d'expliquer le Coran aux gens : ce qu'il en a expliqué fait partie de sa Tradition prophétique. {...Nous t’avons révélé le Coran afin que tu en exposes clairement les enseignements aux hommes...} [Les Abeilles, 16 : 44]. {Nous t’avons révélé le Coran uniquement afin que tu clarifies aux hommes la vérité sur laquelle ils divergeaient, et qu’il soit pour eux un guide et une miséricorde. 64 } [Les Abeilles, 16 : 64].
Tous ces versets nombreux, clairs et explicites indiquent qu'il n'y a de foi au Coran qu'en suivant la Tradition, sinon ces nombreux versets seraient infirmés.
Parmi les signes de la Prophétie : le Prophète ﷺ a craint pour sa communauté les déviants et les égareurs, ceux qui prétendent suivre le Coran sans la Tradition. Il a mis en garde contre eux, car leur réalité est qu'ils annulent le Coran. C’est pourquoi, il ﷺ a dit : « Que je ne trouve aucun d'entre vous accoudé sur son lit, à qui parvient ce que je lui ai ordonné ou ce que je lui ai interdit et alors il dit : Nous ne savons pas ! Ce que nous trouvons dans le Livre d'Allah, nous le suivons. » Rapporté par Ahmad (n°23876), Abû Dâwûd (n°4605) et At-Tirmidhî (n°2663). Et authentifié par Al Albânî.
Nous demandons à Allah (Élevé soit-Il) de nous accorder le suivi du Livre et de la Tradition, de nous préserver de l'égarement, de l'innovation et de la tentation, et qu'Il nous compte parmi Ses serviteurs vertueux. Certes, Il est Celui qui entend et répond.
Je dis ma parole-ci et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, d’une louange bonne, abondante et bénie, comme notre Seigneur aime et agrée. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu’Allah prie sur lui, le salue et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons et quiconque suit leur guidée jusqu’au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Craignez donc Allah et obéissez-Lui. {Préservez-vous du feu de l’Enfer préparé pour les impies. 131 Obéissez à Allah et au Messager afin d’être touchés par Sa grâce. 132 } [La Famille d'Imrân, 3 : 131-132].
Ô Musulmans ! L’une des contradictions chez ceux qui suivent leurs passions et critiquent la Tradition prophétique est qu’ils en retiennent ce qui leur convient et délaissent ce qui ne leur plaît pas. S’ils allaient au bout de leur logique en la rejetant totalement, ils ne sauraient plus comment prier, donner l’aumône légale, jeûner ou accomplir le pèlerinage, et seraient incapables de remplir les droits et devoirs qu’Allah (Élevé soit-Il) leur a prescrits, ainsi que les détails des actes d’adoration. Tout cela provient uniquement de la Tradition prophétique, car le Coran n’en donne pas les détails. D’ailleurs, ‘Imrân ibn Husayn (qu’Allah l’agrée) répondit à un homme qui voulait se contenter du Coran en dehors de la Tradition. Alors, il lui a dit : « Certes, tu es un homme stupide. Trouves-tu dans le Livre d’Allah que la prière du Dhuhr compte quatre unités, sans récitation à voix haute ?! Ensuite, il lui cita la prière, l'aumône légale et d’autres choses similaires, puis il ajouta : Trouves-tu cela clairement expliqué dans le Livre d’Allah ? En vérité, le Livre d’Allah reste vague concernant ceci, et c’est la Tradition qui explique cela. » Ach-Charî'ah (1/417), d'Al Âjurrî.
Lorsqu'un hadith du Prophète ﷺ est authentique, on doit le prendre, faire preuve de soumission, l’accepter et se plier à lui. On ne peut pas le rejeter sous prétexte de la raison, du goût ou d’autres arguments avancés par certains, car la raison et les goûts diffèrent d’une personne à l’autre, et les Traditions ne doivent pas être écartées pour ces motifs.
Les textes authentiques peuvent contenir des éléments qui déconcertent la raison, et c’est aussi quelque chose que l’on retrouve dans le Coran. Mais est-ce une raison pour en rejeter une partie sous prétexte que notre esprit est perplexe et ne la comprend pas ? Les textes authentiques ne peuvent rien comporter d’impossible, car la source de la Révélation et celle de la Création sont une seule et même : Allah (Élevé soit-Il) : {... Il est le Maître de la Création sur laquelle Il règne souverainement. Béni soit Allah, Seigneur de l’univers. } [Les Murailles, 7 : 54].
Il arrive qu'un texte, parmi certains textes, se présente à la raison et la laisse perplexe pour un temps, jusqu'à ce qu'un fait nouveau vienne l'élucider, dissipant ainsi cette perplexité. C'est ce qui arriva à Abû Ishâq Ibrâhîm ibn Sayyâr, qui raconte l'histoire de sa perplexité en ces termes : « Quand j’étais jeune, j’ai appris que le Prophète d’Allah ﷺ avait interdit de plier le goulot d’une gourde pour y boire. Je me demandais alors quelle pouvait être la raison derrière cette interdiction : qu’y avait-il de si dangereux à boire directement au goulot ? Plus tard, on me raconta l’histoire d’un homme qui avait bu ainsi, fut mordu par un serpent caché à l’intérieur, et en mourut. Sachant que serpents et vipères peuvent se glisser dans les gourdes, j’ai compris que, même quand un hadith m’échappe, il y a toujours une sagesse derrière. » Jâmi' Bayân Al 'Ilm Wa Fadlihi (2/1197), d'Ibn 'Abd Al Barr.
Serviteurs d'Allah ! Soyons donc sur nos gardes face aux paroles de ceux qui rejettent les hadiths du Messager d’Allah ﷺ et ne nous laissons pas berner par leurs arguments trompeurs. En effet, ce sont des prêcheurs aux portes de l’Enfer, et quiconque répond à leur appel s’y précipite. Éduquons nos enfants à respecter et suivre la Tradition du Prophète ﷺ, car tout le bien réside dans le fait de la suivre.
Et priez sur votre Prophète et saluez-le...
***
Titre du sermon
Le danger des innovations
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, Détenteur de la Puissance, de la Majesté, de la Grandeur et de la Royauté. Je loue mon Seigneur, Le remercie, me repens à Lui et j'implore Son pardon. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul, sans associé, le Vivant qui ne meurt jamais. J’atteste aussi que notre Prophète Muhammad est Son serviteur et Son Messager, par qui Allah a revivifié les cœurs et éclairé les esprits. Ô Allah ! Prie, salue et bénis Ton serviteur et Ton Messager Muhammad, ainsi que sa famille et ses Compagnons, les jalons de la guidée et les lumières des ténèbres.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah (Élevé soit-Il) et obéissez-Lui. En effet, Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a réuni tout le bien dans Son obéissance et a réuni tout le mal dans Sa désobéissance.
Serviteurs d'Allah !
Restez fidèles aux réalités de la religion islamique, attachez-vous au Livre de votre Seigneur et à la Tradition de votre Prophète Muhammad ﷺ et accrochez-vous à la majestueuse guidée prophétique. En effet, à cet époque, bien que les musulmans soient nombreux – qu’Allah accroisse leur nombre et leur piété – les innovations et les passions ont provoqué leur division, la discorde les a affaiblis, et les cœurs se sont détournés en devançant la vie d’ici-bas à l’au-delà et en cédant aux désirs, excepté quiconque qu’Allah a préservé.
Il faut savoir que les innovations qui égarent et les désirs interdits détruisent la religion et l’affaiblissent dans les cœurs. Ces innovations sont comme un mal incurable et un poison mortel : elles aveuglent, assourdissent, anéantissent leur auteur et nuisent autant à la religion qu’à la vie mondaine.
« Les innovations désignent : ce qui a été introduit dans la Religion sans fondement tiré de la Loi Religieuse (Charia) qui l'atteste. » Ceci est la parole des gens de science.
On reconnaît un innovateur à son opposition à la communauté musulmane, à leur imam et aux savants du Coran et de la Tradition. Quant à celui qui prétend détenir la science tout en se détournant du Livre d’Allah et de la Tradition de Son Messager ﷺ, et qui en est ignorant, il ne fait pas partie des gens de science. En fait, c'est un prêcheur de l’égarement et de la discorde. La première des innovations dans l’Islam fut celle des Kharijites, ensuite les autres innovations sont apparues après cela.
Les Compagnons (qu’Allah les agrée) s’opposèrent aux innovations apparues à leur époque, les réfutèrent et expliquèrent aux gens la Tradition du Messager d’Allah ﷺ, la voie droite et la vérité à travers le Livre et la Tradition. Par eux, Allah dissipa l’affliction et réprima les innovations. Après eux, les Successeurs et ceux qui les suivirent avec bienveillance remplirent ce dépôt de confiance jusqu’à la fin des temps.
Allah est Celui qui préserve Sa religion et Celui qui fait triompher Sa parole. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {C’est Nous, en vérité, qui avons révélé le Coran et c’est Nous qui veillons à son intégrité. 9 } [Hegra, 15 : 9]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {...Ensuite, Il renversa le culte des mécréants et éleva bien haut la religion de l’unicité. Allah est Tout-Puissant et infiniment Sage. 40 } [Le Repentir, 9 : 40].
Et Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) nous a mis en garde contre les innovations, et nous a expliqué leurs conséquences funestes dans la religion, la vie d'ici-bas et l'au-delà ; en effet, Il (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Ne soyez pas comme ceux qui, après avoir reçu toutes les preuves, se sont divisés et opposés les uns aux autres. Ceux-là sont voués à d’affreux tourments 105 le Jour où certains visages s’éclaireront tandis que d’autres s’assombriront. A ceux dont les visages s’assombriront, il sera dit : « Avez-vous osé renier la foi ? Goûtez donc ce châtiment pour prix de votre impiété ! » 106 } [La Famille d'Imrân, 3 : 105-106]. Ce verset concerne les Gens des Innovations, innovations qui ont divisé la communauté.
Dans son exégèse, Ibn Kathîr (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Ceci signifie : Au Jour de la Résurrection, les visages des Gens de la Tradition et du Groupe brilleront, tandis que ceux des Gens des Innovations et de la Division s’assombriront. C’est ce qu’a affirmé Ibn ‘Abbâs (qu’Allah les agrée tous deux, lui et son père). »
Et 'AbdaLlah ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée) a dit : « Attachez-vous au Groupe ; en effet, la Main d'Allah est avec le Groupe. »
D'après Mu'âwiyah ibn Abî Sufyân (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Certes, les gens des deux Livres se sont divisés dans leur religion en soixante-douze sectes, et certes, cette communauté se divisera en soixante-treize sectes - c’est-à-dire : les passions - . Toutes sont vouées à l’Enfer excepté une, et c'est la Communauté. Et il surgira de ma communauté des peuples que les passions emporteront comme la rage emporte celui qui en est atteint, ne laissant ni veine ni articulation sans y pénétrer. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4597) et Ahmad (n°16937). Et authentifié par Al Albânî de manière : Ghayrihi.
La rage (Al Kalab) est une maladie qui atteint l’homme à la suite d’une morsure de chien, qui altère son comportement et sa raison, et dont l’état s’aggrave de jour en jour jusqu’à ce qu’il en périsse.
Et d'après Al 'Irbâd Ibn Sâriyah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Le Messager d'Allah ﷺ nous a exhortés d'une exhortation éloquente qui a fait frémir les cœurs et fait couler les larmes, alors nous avons dit : Ô Messager d'Allah ! C'est comme si cette exhortation était une exhortation d'adieu. Fais-nous donc une recommandation. Il a dit : « Je vous recommande la crainte d'Allah [littéralement : la piété vis-à-vis d'Allah], l'écoute et l'obéissance, même si c'est un esclave qui vous dirige. En effet, certes, quiconque vivra parmi vous, verra alors de nombreuses divergences. Attachez-vous donc à ma Tradition et à la tradition des Califes droits et bien-guidés ; et mordez-y à pleines dents. Prenez garde aux affaires nouvelles, car certes [toute affaire nouvelle est une innovation et] toute innovation est un égarement. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4607) ; At-Tirmidhî (n°2676) ; Ibn Mâjah (n°42) ; et Ahmad (n°17144). Et un groupe de savants l'a authentifié.
Et d'après Ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Aujourd'hui, vous êtes certes dans un état naturel et sain, prêt à apporter des nouveautés et à en recevoir. Ainsi, lorsque vous verrez quelque chose de nouveau, alors attachez-vous à la première bonne direction. » Rapporté par Muhammad ibn Nasr Al Marwazî dans : As-Sunnah (n°80) et Ibn Battah dans : Al Ibânah (2/330) avec une chaine authentique.
D'après Anas (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Certes, vous commettez des actes que vous considérez aussi insignifiants qu’un cheveu, alors qu'à l’époque du Messager d’Allah ﷺ, nous les considérions comme de graves péchés. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6492).
Ainsi donc, les innovations détruisent à la religion, corrompent les relations, provoquent la colère d’Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) et Sa douloureuse punition dans l’au-delà, généralisent les épreuves en ce bas monde, font fuir les cœurs, compromettent les intérêts des gens, entraînent l’humiliation et l’avilissement, et donnent l’avantage aux ennemis de l’Islam sur les musulmans, comme l’a dit le Prophète ﷺ : « Et l'humiliation et le rabaissement ont été décrétés sur quiconque diverge de mon ordre. » Rapporté par Al Bukhârî, en annotation, avant le hadith (n°2914), de manière résumée ; rapporté aussi [...] par Abû Dâwud (n°4031), Ahmad (n°5114) et Ibn Hajar l'a déclaré bon.
Les plaisirs interdits nuisent à la foi du musulman, car ils corrompent et endurcissent son cœur. Si quelqu’un y persiste et s’y complaît, ils finissent par voiler son cœur, l’aveugler et sceller sa clairvoyance. Il en vient alors à aimer ce qu’Allah réprouve et à détester ce qu’Allah aime. Ils l’entraînent vers le péché, la perdition, la privation et différents châtiments, et ce qui l’attend dans l’au-delà est encore plus terrible. Lorsqu’ils se répandent, ils nuisent à toute la société, causant toutes sortes de préjudices. Le musulman, lui, garde le contrôle et guide son âme avec la piété vers ce qui est juste et bénéfique, pour éviter de tomber dans le péché. Mais si l’obstination dans le mal s’installe, l’âme devient rebelle et difficile à maîtriser, menant à tous les maux et à la pire des rétributions. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Mais leur succédèrent des générations toutes plus misérables les unes que les autres qui, préoccupées uniquement par l’assouvissement de leurs passions, négligèrent le culte du Seigneur. Elles sont donc vouées à la perdition.} [Marie, 19 : 59].
Concernant Sa parole : {Elles sont donc vouées à la perdition (Ghayyan).} Il est rapporté d'après 'AbdaLlah ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « La Perdition (Al Ghayy) est un fleuve - ou une vallée - de la Géhenne, constitué de pus, d'un bas-fond très éloigné et d'un goût infect, où sont jetés ceux qui suivent leurs passions. » Rapporté par At-Tabarânî (n°9108) ; Al Hâkim (2/374) ; et Al Bayhaqî dans : Al Ba'th (n°518 et n°519).
D’après Abû Mâlik Al Ach’arî (qu’Allah l’agrée), qui a entendu le Prophète ﷺ dire : « Certainement, il y aura au sein de ma communauté des gens qui rendront licites la fornication, la soie, le vin et les instruments de musique. » Rapporté par Al Bukhârî (n°5590).
Et le sens de sa parole : « Ils rendront licites l'impudicité (Al Hir) » ; C'est-à-dire : Ils rendent licite l'acte charnel.
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Il y a deux catégories de gens de l’Enfer que je n’ai pas encore vues : des gens qui tiennent des fouets semblables aux queues des vaches, avec lesquels ils frappent les gens, et des femmes vêtues mais nues, séductrices et tentantes, et dont les têtes ressemblent à des bosses de chameaux qui penchent. Elles n’entreront pas au Paradis et n’en sentiront même pas l’odeur, alors que son odeur est perceptible de telle et telle distance. » Rapporté par Muslim (n°2128).
Et le sens de sa parole ﷺ : « Vêtues mais nues » ; C'est-à-dire : elles sont vêtues mais en réalité nues, dans le sens où elles montrent ce qu'Allah a interdit de montrer, comme : les bras, les jambes, et ce qui ressemble à cela.
« Tentantes » C'est-à-dire : qui tentent et aiment la perversité. « Séductrices » Et pour d'autres qu'elles vers cela.
D'après 'Imrân ibn Husayn (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Dans cette communauté, il y aura des ensevelissements, des métamorphoses et des lapidations. » Un homme demanda alors : « Ô Messager d’Allah ! Quand cela arrivera-t-il ? » Il ﷺ répondit : « Lorsque les chanteuses et les instruments de musique se répandront et on consommera des boissons alcoolisées. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2212) ; Ad-Daylamî dans : Al-Firdaws (n°8725). Et Al Albânî l'a authentifié.
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Il viendra un temps où l’homme ne se souciera pas de la manière dont il acquiert son argent, que ce soit de façon licite ou illicite. » Rapporté par Al Bukhârî (n°2083).
Ainsi donc, ô Musulman !
Réfléchis et médite, fais attention à ne pas entrer par ces deux portes : celle des troubles et des innovations, et celle des plaisirs et des interdits. Ce sont elles qui ont porté préjudice à l’Islam et aux musulmans. Seules la science bénéfique, l'oeuvre vertueuse et la crainte d’Allah (Élevé soit-Il) protègent et délivrent de ces innovations et interdits. En effet, l’ignorance est la cause de tout mal. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {... Nombreux sont ceux qui, n’écoutant que leurs passions, égarent leurs semblables sans se fonder sur une quelconque législation. Mais ton Seigneur sait parfaitement qui transgresse Ses interdits. 119 } [Les Bestiaux, 6 : 119]. Et Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Si tu obéissais à la plus grande partie des habitants de la terre, ils te détourneraient de la voie d’Allah. Ceux-ci n’ont aucune certitude, mais se perdent simplement en conjectures et ne font que mentir. 116 } [Les Bestiaux, 6 : 116]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {...Mais la plupart d’entre eux n’en sont pas conscients. 11 } [Les Bestiaux, 6 : 111]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Dis : « Ceux qui savent sont-ils comparables à ceux qui ne savent pas ? » ... } [Les Groupes, 39 : 9].
Il incombe au musulman de connaître la religion de l'Islam par ses preuves issues du Livre et de la Tradition (As-Sunnah). Allah (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Sache donc qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah et implore le pardon de ton péché...} [Muhammad, 47 : 19]. Et, dans Al Bukhârî, il l'a mentionné en suspens : « Certes, la science ne s'acquiert que par l'apprentissage. »
D'après Mu'âwiyah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque à qui Allah veut un bien, Il lui fait comprendre la Religion. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Ibn Rajab (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Tant que la science reste sur la Terre, alors les gens restent dans la bonne direction, et la perduration de la science est par la perduration de ses porteurs. Mais lorsque ces porteurs disparaissent et quiconque s'en charge, alors les gens tombent dans l'égarement. » Fin de citation.
L'attachement au Livre et à la Tradition constitue la délivrance face aux innovations blâmables et égarantes. En effet, Allah (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Restez tous fermement attachés à la religion d’Allah sans jamais vous diviser...} [La Famille d'Imrân, 3 : 103]. Les gens se distinguent en mérite par cet attachement et le bénéfice du musulman ainsi que son poids augmentent auprès de son Seigneur par cette œuvre vertueuse et l'attachement à la voie du Prophète ﷺ et de ses Compagnons.
Quiconque s'affilie à l’Islam sans en concrétiser ses oeuvres et sa croyance authentique, celle sur laquelle étaient les prédécesseurs vertueux ressemble à l’écume d’un torrent, comme l’a dit le Prophète ﷺ : « Bientôt, les nations s'inviteront les unes les autres contre vous, comme les mangeurs s'invitent à leur plat. » Ils [Les Compagnons] demandèrent : « Sera-ce en raison de notre petit nombre, ô Messager d’Allah ? » Il ﷺ répondit : « Bien au contraire, vous serez nombreux ce jour-là, mais vous serez comme l'écume d'un torrent. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4297) et Al Baghawî dans : Charh As-Sunnah (n°4224), avec une bonne chaîne de transmission.
Ô Musulman !
Demande-toi des comptes, applique les enseignements de l’Islam en toi-même et interroge-toi sur chaque ordre d’Allah parmi Ses ordres et chacun de Ses interdits : as-tu appliqué ce qui a été rapporté dans le Livre d’Allah et ce qu’a ordonné le Messager d’Allah ﷺ ainsi que ce qu’Allah a révélé dans Son Livre et la Tradition de Son Messager ﷺ, pour que tu obtiennes la promesse authentique d’Allah faite à quiconque suit la voie droite et n'innove pas, conformément à Sa parole (Béni et Élevé soit-Il) : {Les tout premiers croyants parmi ceux qui ont émigré et ceux qui leur ont apporté leur soutien, ainsi que ceux qui ont fidèlement suivi leur voie, sont entièrement satisfaits d’Allah qui Lui-même est satisfait d’eux. Il leur a préparé des jardins traversés de rivières où ils demeureront à jamais. Voilà le bonheur suprême. 100 } [Le Repentir, 9 : 100].
La protection contre les innovations introduites, c’est aussi comprendre le Coran et la Tradition (As-Sunnah) selon la compréhension des prédécesseurs vertueux (qu’Allah les agrée) parmi : les Compagnons et leurs Successeurs en toute vertu. En effet, Allah a agréé leur compréhension du Noble Coran et du noble Hadith, ainsi que leur croyance. Leurs oeuvres et leur pratique de l’Islam ont été agréées par le Seigneur des mondes, et quiconque diverge d'eux est menacé par la parole d’Allah : {Que celui qui, après avoir clairement discerné la vérité, s’oppose au Messager et se détourne de la voie des croyants, sache que Nous l’abandonnerons au sort qu’il s’est choisi et l’introduirons dans la Géhenne. Et quelle horrible demeure ! 105 } [Les Femmes, 4 : 115].
La protection contre les innovations introduites, c’est également s'attacher au groupe des musulmans et à leur dirigeant, en évitant toute rébellion ; en raison de sa parole ﷺ : « Alors, attachez-vous au groupe des musulmans et à leur Imam » ; Rapporté par Al Bukhârî et Muslim, d'après Hudhayfah (qu'Allah l'agrée).
La protection contre les innovations, c'est encore interroger les savants du Livre et de la Tradition (As-Sunnah) concernant les affaires religieuses et à prendre d’eux. Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {... Demandez donc aux gens du Rappel si vous ne connaissez pas.} [Les Abeilles, 16 : 43].
Et la protection contre les innovations, c'est encore la préservation du cœur contre la tromperie, l'injustice, la rancœur et l'envie envers les musulmans ; en raison de sa parole ﷺ : « La religion, c'est le conseil sincère, trois fois. » Rapporté par Muslim (n°55), d'après le hadith de Tamîm Ad-Dâri (qu'Allah l'agrée).
Quant à ce qui protège et délivre des plaisirs interdits et des désobéissances, il y a [d’abord] la peur d’Allah et Sa crainte, à savoir : le serviteur sait qu'Allah le voit, Il connaît de lui ce qui est secret et public, Il consigne les oeuvres du serviteur dans un Livre, Il ne néglige rien de ces oeuvres - petites ou grandes - sans qu'Il les ait recensées. Il y a aussi le souvenir de la mort, dont la douleur intense se fait sentir dans chaque articulation, ainsi que le souvenir de la tombe et des grandes frayeurs qui suivent. Enfin, il y a la considération du sort de ceux qui ont profité des désirs et plaisirs tout au long de leur vie jusqu’à ce que la mort les sépare de ce qu’ils désiraient, pour ne leur laisser que des regrets et des conséquences. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Celui qui aura vécu dans la rébellion, 37 préférant cette vie à celle de l’au-delà 38 aura pour seul refuge la Fournaise. 39 Quant à celui qui, redoutant de comparaître devant son Seigneur, aura su dominer ses passions, 40 il aura pour séjour éternel les jardins du Paradis. 41 [Les Anges qui arrachent les âmes, 79 : 37 à 41].
Et lorsque le serviteur a la certitude de l'immense rétribution d'Allah pour le délaissement des péchés, il s'en méfie et les déteste. Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Pour ceux qui craignent de se présenter devant leur Seigneur, deux jardins sont prévus. 46 } [Le Tout Miséricordieux, 55 : 46].
Au nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux: {Telle est Ma voie, parfaitement droite. Suivez-la donc et évitez les chemins qui pourraient vous en détourner. Voici Ses commandements que peut-être vous vous garderez de transgresser. 153 } [Les Bestiaux, 6 : 153].
Qu’Allah nous bénisse, vous et moi, à travers le Coran glorieux, et qu’Il nous fasse bénéficier des versets et du sage rappel qu’il contient. Qu’Il nous accorde aussi la guidée du Maître des Envoyés et la droiture de sa parole. Je prononce ces mots et j'implore le pardon d’Allah, le Majestueux, le Sublime pour moi, pour vous et pour tous les musulmans. Implorons donc Son pardon.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, le Connaisseur des choses invisibles, Celui qui apaise les soucis et ôte l’affliction et les angoisses. Je loue mon Seigneur et Le remercie, je me repens à Lui et j'implore Son pardon. Je témoigne qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Grand Pardonneur des péchés. Je témoigne aussi que notre Prophète et Maître Muhammad est Son serviteur et Son Messager, envoyé avec la guidée et la certitude. Ô Allah ! Prie sur Ton serviteur et Ton Messager Muhammad, salue-le et bénis-le ainsi que sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah d'une véritable crainte, rapprochez-vous de Lui par ce qu’Il aime et agrée, et gardez-vous des désobéissances ; en effet, ils mènent le serviteur à sa perte dans son bas monde et son au-delà.
Ô Musulmans !
Jugez-vous avant qu’on ne vous juge. Le musulman doit veiller à garder une intention sincère pour Allah (Élevé soit-Il) dans ses oeuvres apparentes et cachées et que toutes ses oeuvres, apparentes et cachées, soient selon la guidée du Messager d’Allah ﷺ en accord avec la Tradition prophétique Muhammadienne.
Les Gens de Science ont dit : Certes, le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque accomplit une œuvre sur laquelle il n'y a pas notre ordre, alors elle est rejetée. » Ce hadith est la balance pour les oeuvres apparentes et constitue l’un des fondements majeurs de l’Islam. Quant à sa parole ﷺ : « Les actions ne valent que par les intentions », elle est la balance des œuvres intérieures et cachées.
Ô musulman ! Que ton soin pour la vertueuse intention avant l'œuvre soit supérieur à l'œuvre, et ton zèle à accomplir l'œuvre conforme à la Tradition supérieur à la multiplication des œuvres.
Et dans ses sermons, le Prophète ﷺ disait souvent : « Certes, le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad ﷺ, les pires affaires sont celles nouvelles et toute innovation est un égarement. » Rapporté par Muslim.
Et il le répétait sans cesse en exhortant la communauté, établissant et insistant ainsi sur l'ordre de suivre la guidée du Prophète ﷺ et sur l'avertissement contre les divergences innovées. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...Ce que le Messager vous donne, acceptez-le, et ce qu’il vous défend, abstenez-vous en...} [Le Rassemblement, 59 : 7]. Il (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Quiconque obéit à Allah et au Messager jouira au Paradis de la compagnie de ceux qu’Allah a comblés de Ses grâces parmi les prophètes, les croyants sincères, les martyrs et les vertueux. Quelle noble compagnie que celle-ci ! 69 } [Les Femmes, 4 : 69].
Ô Musulmans !
Certes, Allah vous a ordonné une affaire par laquelle Il a commencé Lui-même ; en effet, Il (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56]. Priez donc sur le maître des premiers et des derniers, et l'Imam des Envoyés et saluez-le.
Ô Allah ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad.
***
Titre du sermon
La mise en garde contre les innovations de la fin de l'année.
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange appartient à Allah ; nous Le louons, nous cherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos oeuvres. Quiconque Allah guide, alors nul ne peut l’égarer ; et quiconque Il égare, alors nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d’Allah soit sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et quiconque les suit en toute vertu jusqu’au Jour de la Rétribution et qu’Il les salue pleinement et abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Serviteurs d'Allah ! Craignez donc Allah et sachez que notre Prophète Muhammad ﷺ a été envoyé avec le monothéisme pur et tolérant, et il est venu avec le message complet. Il n’est mort qu’après qu’Allah ait parachevé par lui la religion ; par conséquent, quiconque a innové dans l’Islam, alors assurément il a apporté une nouvelle Législation, et le Prophète ﷺ a mis en garde contre les innovations. En effet, il a dit : « En effet, quiconque parmi vous vivra après moi verra de nombreuses divergences. Attachez-vous donc à ma Tradition et à celle des Califes droits et bien-guidés. Accrochez-vous y et mordez-la à pleines dents. Prenez garde aux nouvelles affaires, en effet toute nouvelle affaire est une innovation et toute innovation est un égarement. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4607) ; At-Tirmidhî (n°2676) ; Ibn Mâjah (n°44) ; et Ahmad (n°17144), avec une chaîne de transmission authentifiée par un groupe de Gens de Science.
Et il ﷺ a dit : « Certes, le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est la guidée de Muhammad, les pires affaires sont celles nouvelles et toute innovation est un égarement. » Rapporté par Muslim (n°867).
Il [Le Prophète] ﷺ a dit : « Quiconque apporte une chose nouvelle dans notre affaire-ci qui n'en fait pas partie, alors elle est rejetée. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Le fait d'innover, c'est introduire une chose nouvelle dans la religion d'Allah ; même si l'intention de celui qui introduit l'innovation est bonne ; en effet, la bonne intention ne valide ni l'acte ni la parole.
Ô Musulmans ! Il relève de la sagesse d'Allah que chaque génération soit inférieure à celle qui l'a précédée en matière de religion et de piété, ainsi la science diminue et l'ignorance augmente ; le Prophète ﷺ a dit : « À la fin des temps, il y aura des imposteurs et des menteurs qui vous rapporteront des hadiths que vous n'aurez jamais entendus, ni vous ni vos ancêtres [littéralement : vos pères]. Faites donc attention et attention à eux. Ne les laissez pas vous égarer, ni vous tenter. » Rapporté par Muslim dans l'Introduction (n°7).
C'est ainsi qu'il n'a cessé de mettre en garde contre les affaires nouvelles jusqu'à sa mort ﷺ.
Ensuite, ses Compagnons (qu'Allah les agrée) s'acquittèrent de leur devoir après lui, en propageant la Tradition et en mettant en garde contre les innovations. Ainsi, 'AbdaLlah ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée) disait : « Suivez et n'innovez pas ; en effet, assurément, cela vous suffit. » Rapporté par Ad-Dârimî (n°212) et authentifié par Al Albânî. Il (qu'Allah l'agrée) a aussi dit : « La modération dans la Tradition (As-Sunnah) vaut mieux que l'effort dans l'innovation. » Rapporté par Al Hâkim (n°352). Et Al Albânî l'a authentifié.
De même, la réprobation des Imams de la guidée fut véhémente envers quiconqu introduit une chose nouvelle dans la religion d'Allah et innove ce qu'Allah n'a pas permis. L'Imam Mâlik (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Quiconque innove dans l'Islam une innovation qu'il considère bonne affirme, alors assurément il a prétendu que Muhammad ﷺ a trahi le Message, car Allah a dit : {« Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, J'ai accompli sur vous Mon bienfait et J'ai agréé pour vous l'Islam comme religion... »} Ainsi donc, ce qui n'était pas considéré comme religion ce jour-là ne l'est toujours pas aujourd'hui. »
Et Cheikh Al Islâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Certes, les ns de l'innovation sont pires que les gens des désobéissances charnelles. »
Quelle belle parole ! Et combien il est important de la connaître et de la comprendre ! Ainsi, parler des innovations et mettre en garde contre leurs dangers est un devoir religieux, car pratiquer l’innovation ouvre la voie à la disparition des Sunnan. Ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit : « Il ne vient pas une année aux gens sans qu'ils n'y apportent une innovation et n'y fassent mourir une tradition, jusqu'à ce que les innovations vivent et que les traditions meurent. »
Ô serviteurs d'Allah ! Il est donc de notre devoir, ô serviteurs d’Allah, de nous éloigner des innovations et nouveautés [dans la religion], d’y prêter attention et de suivre la voie que Muhammad ﷺ a établie pour nous en mettre en garde. En effet, elles sont souvent une imitation des mécréants que le Prophète ﷺ a averti de ne pas imiter. Il ﷺ a ainsi dit : « Quiconque ressemble à un peuple, alors il fait partie d'eux. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4031) et Ahmad (n°5114) avec une bonne chaîne [de transmission]. Les chrétiens ont célébré l’anniversaire de la naissance de Jésus (paix sur lui) à une date supposée et non authentique. Certains musulmans ont alors instauré une fête pour l’anniversaire de la naissance du Prophète ﷺ. De même, les chrétiens ont fêté le Nouvel An, et certains musulmans les ont imités en célébrant le Nouvel An de l’Hégire jusqu'à ce que, dans certains pays musulmans, le travail est suspendu la veille et le lendemain.
Et à la fin de l'année, nous trouvons ceux qui sèment parmi les gens des innovations [blâmables] pour lesquelles Allah n'a fait descendre aucune preuve.
On trouve ainsi des personnes qui, en ces jours, envoient aux gens via les réseaux sociaux des messages disant : Ceci est le dernier Vendredi ou le dernier jour de l'année ; ne manquez donc pas d'y multiplier les invocations ; clôturez donc votre année en bien.
Beaucoup ne réalisent pas que la [vraie] fin est la fin de la vie et non celle de la fin d'année. Comme on ne sait jamais quand elle arrivera, nous devons donc être vigilants à la mort chaque jour, chaque nuit, à toute heure et à chaque instant, et pas seulement au passage du dernier au premier jour de l’année.
Ensuite, un message circule disant : « Ne manquez pas la prière de l'aube en groupe, en ce dernier jour de l'année !!! » Mais qui donc a rendu la prière en groupe, à l'aube du dernier jour de l'année ou de son premier jour, plus spécifique que les autres prières ?
Serviteurs d’Allah ! Parmi les innovations qui se sont répandues à la fin de l’année et au début de la nouvelle, on trouve des messages encourageant à jeûner le dernier ou le premier jour de l’année. Certains reçoivent ainsi des messages comme : « Ne rate pas le jeûne du dernier jour de l’année pour terminer ton année sur une bonne action, car les actes valent par leur conclusion. » D’autres reçoivent : « Ne ratez pas le jeûne du premier jour de l’année afin de commencer votre année par une bonne action. »
Et le jeûne du mois d'Allah Al Muharram est le meilleur des jeûnes auprès d'Allah après celui de Ramadan ; en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Le meilleur jeûne après Ramadân est celui du mois d'Allah Al Muharram. » Rapporté par Muslim (n°1163). On jeûne donc en suivant ce hadith, et non parce que c’est le premier jour de l’année. Quiconque donc jeûne avec cette intention, alors assurément se trompe et innove tandis que quiconque jeûne parce qu’il fait partie du mois d’Allah, Al Muharram, par imitation du Prophète ﷺ, alors assurément il a agi selon la Tradition et s’est éloigné de l’innovation.
Il n’y a ni force ni puissance excepté en Allah, le Très-Haut, le Majestueux.
Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance et le remerciement Lui est dû pour l’immensité de Ses bienfaits et de Sa générosité. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, en reconnaissance de Sa grandeur ; et j’atteste que Muhammad est Son serviteur, Son Messager et Son ami intime, qu’Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et quiconque les suit en toute vertu jusqu’au Jour de la Rétribution, et qu’Il les salue pleinement et abondamment.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit : Craignez donc Allah d'une véritable crainte, attachez-vous à l'anse la plus solide de l'Islam, et sachez que vos corps ne peuvent supporter l'Enfer.
Serviteurs d’Allah ! Ne prenez pas ces affaires à la légère et ne sous-estimez pas leur danger. En effet, il est difficile de déraciner une innovation lorsque les cœurs s’y sont attachés et les tempéraments, les passions et les esprits l’ont considérée bonne. L’étouffer avant qu’elle ne se propage est donc bien plus facile qu’après sa propagation. Qu’Allah nous protège, ainsi que vous, du mal des innovations ! Qu’Il nous guide vers les Traditions (As-Sunan) ! Et qu’Il fasse que nous imitions le meilleur des hommes !
Ô Allah ! Compte-nous parmi quiconque a peur de Toi, Te craint et suit Ta satisfaction.
***
Titre du sermon
Le blâme du désaccord et de la séparation
Introduction du premier sermon
La louange appartient à Allah. Nous Le louons, cherchons Son aide, implorons Son pardon et nous nous réfugions contre les maux de nos âmes et les mauvaises actions de nos oeuvres. Quiconque Allah guide, nul ne peut l’égarer ; et quiconque Il égare, nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, sur sa famille et ses Compagnons, et qu'Il le salue abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Serviteurs d'Allah ! Craignez donc Allah d'une véritable crainte et soyez sous Sa surveillance en secret et dans l'intimité.
Ô Musulmans ! Allah a créé Adam et l’a établi sur la Terre pour L’adorer. Sa descendance est resée unie pendant dix siècles dans le monothéisme et l’amour d’Allah. Ensuite, Satan les fit dévier, les détourna de la religion et de l’obéissance à Allah, et ils se divisèrent après avoir été une seule et même communauté. Dans un Hadith Qudsî, Allah (Élevé soit-Il) a dit : « J’ai créé tous Mes serviteurs comme de purs monothéistes, mais les démons sont venus à eux et les ont détournés de leur religion. » Rapporté par Muslim (n°2865).
Allah les a donc blâmés pour leurs divergences, et a envoyé parmi eux des Messagers afin d'unifier leur parole et de réconcilier leurs cœurs sur la Vérité. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Les hommes ne professaient à l’origine qu’une seule religion. Allah a alors suscité les prophètes pour leur annoncer la bonne nouvelle du Paradis et les mettre en garde contre l’Enfer... } [La Vache, 2 : 213] ; c'est-à-dire : après qu'ils se sont divisés.
Allah a élu les Fils d'Israël et a établi en leur sein des Prophètes et des Messagers, mais ils ont divergé d'eux, ont jeté le Livre derrière leurs dos et se sont divisés en sectes et en partis. Le Prophète ﷺ a dit : « Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes ; les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes, et ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. » Rapporté par les auteurs des Sunan et un groupe de Gens de Science l'a authentifié.
Et le Prophète ﷺ a informé de la survenue de la division dans cette communauté ; et plus l'époque s'est éloignée de celle de la Prophétie, plus la division et la divergence se sont accrues. Il a dit ﷺ : « Certes, quiconque parmi vous vit après moi, alors il verra de grandes divergences. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4607) ; At-Tirmidhî (n°2676) ; Ibn Mâjah (n°42) ; et Ahmad (n°17144) avec une chaîne authentique.
Et le Prophète ﷺ a mis en garde contre la division pour en préserver quiconque Allah lui a souhaité le salut ; en effet, il a dit : « Méfiez-vous de la division. » Rapporté par Tirmidhî (n°2165) et Ahmad (n°23145) avec une bonne chaîne de transmission.
Et Allah a interdit à Ses serviteurs la division ; en effet, Il a dit : {Restez tous fermement attachés à la religion d’Allah sans jamais vous diviser...} [La Famille de 'Imrân, 3 : 103].
Il (Glorifié soit-Il) a informé que Son sentier est unique, et que tout ce qui diverge du Livre et la Tradition (As-Sunnah) constitue les sentiers de Satan, qui divisent les hommes et les éloignent du Tout-Miséricordieux.
Et Allah a enjoint aux communautés ce qu'Il avait enjoint aux Prophètes, à savoir : l'établissement de la Religion et l'éloignement de la division. Il a alors dit : {Il vous a prescrit, dans cette religion qui t’est révélée, ce qu’Il avait prescrit à Noé, Abraham, Moïse et Jésus, d’observer le culte du Seigneur sans jamais vous diviser à son sujet...} [La Consultation, 42 : 13].
Allah (Glorifié soit-Il) a réprouvé la division et a blâmé ses partisans ; en effet, Il a dit : {...Ceux qui s’opposent au sujet de la parole d’Allah se sont gravement éloignés de la vérité. 176 } [La Vache, 2 : 176]. Et il a décrit leur situation par Sa parole : {... chacune satisfaite de la voie qu’elle a adoptée, persuadée de détenir la vérité.} [Les Croyants, 23 : 53].
Œuvrer en ce sens fait partie des caractéristiques des hypocrites. Il (Glorifié soit-Il) a dit : {Certains, parmi les hypocrites, poussés par la malveillance et l’impiété, ont édifié une mosquée dans le but de semer la division parmi les croyants... } [Le Repentir, 9 : 107]. Et c'est sur cela qu'ils ont naturellement été créés : {...On les croirait unis, alors qu’en réalité leurs dissensions sont profondes...} [Le Rassemblement, 59 : 14].
Ceci fait partie des principales traditions des païens. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque se soustrait à l'obéissance [due au dirigeant] et se sépare de la communauté (littéralement : du groupe) ensuite meurt, alors il meurt d’une mort de la période païenne préislamique. » Rapporté par Muslim (n°1848).
Et Il (Glorifié soit-Il) a interdit de ressembler aux gens de la divergence et de suivre leur voie ; en effet, Il a dit : {Ne soyez pas comme ceux qui, après avoir reçu toutes les preuves, se sont divisés et opposés les uns aux autres...} [La Famille d'Imrân, 3 : 105].
Et Allah a innocenté Son Messager des Gens de la Division. En effet, Il a dit : {Ceux qui se sont déchirés et ont transformé leur religion en sectes, tu n’es en rien des leurs...} [Les Bestiaux, 6 : 159].
Et ses gens sont en dissidence avec le Messager ﷺ en contradiction avec les croyants. Allah (Glorifié soit-Il) a dit : {Que celui qui, après avoir clairement discerné la vérité, s’oppose au Messager et se détourne de la voie des croyants, sache que Nous l’abandonnerons au sort qu’il s’est choisi et l’introduirons dans la Géhenne. Et quelle horrible demeure ! 115 } [Les Femmes, 4 : 115].
Et la plus grave des divisions est de s'écarter de l'Unicité du Seigneur des mondes. Il (Glorifié soit-Il) a dit : {Garde-toi d’invoquer, en dehors d’Allah, ces divinités qui ne sauraient t’être utiles ou te nuire, car tu commettrais alors la plus grande iniquité. 106 } [Jonas, 10 : 106].
L’innovation dans la religion revient à délaisser le suivi du meilleur des Envoyés. Il ﷺ a dit : « Quiconque accomplit une œuvre sur laquelle il n'y a pas notre ordre, alors elle est rejetée. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Se rebeller contre les imams et les dirigeants, et contester l'autorité de ses détenteurs, constitue une immense corruption. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque se soustrait à l'obéissance d'Allah, alors certes - au Jour de la Résurrection - il viendra sans aucun argument ; et quiconque meurt en étant séparé du groupe, alors il meurt d'une mort de la période païenne préislamique (Al Jâhiliyyah). » Rapporté par Muslim (n°1851) ; et Ahmad (n°5551) dont l'expression est de lui.
Les Gens de cience sont un modèle pour les sociétés et ont la responsabilité particulière d’unir leurs cœurs et leurs paroles. Les divergences entre eux peuvent mener à la non acceptation de leurs paroles. C’est pourquoi, le Prophète ﷺ recommanda à Mu‘âdh et Abû Mûsâ (qu’Allah les agrée tous les deux), lorsqu’il les envoya au Yémen, en leur disant : « Facilitez et ne rendez pas les choses difficiles ! Annoncez de bonnes nouvelles et ne faites pas fuir ! Soyez unis et ne vous divisez pas ! » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Et il ﷺ a interdit de diverger au sujet de la Vérité ; en effet, il ﷺ a dit : « Récitez le Coran tant que vos cœurs sont en accord. Et lorsque vous êtes en désaccord, alors levez-vous ! » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
La division dans l'établissement de la prière et le fait de ne pas se rassembler pour elle proviennent de l'emprise de Satan. Le Prophète ﷺ a dit : « Il n’y a pas trois personnes dans un village ou à la campagne qui délaissent la prière sans que Satan (le Diable) ne prenne le dessus sur elles. Attache-toi donc au groupe ; en effet, le loup ne s’attaque qu’à la brebis qui s’éloigne du troupeau. » Rapporté par Abû Dâwud (n°547) et An-Nassâ'î (n°847), dont l'expression est d'eux ; et Ahmad (21710) avec une bonne chaîne de transmission.
Le Messager d'Allah ﷺ a réprouvé la division dans l'attente de la prière. Jâbir ibn Samurah (qu'Allah l'agrée) rapporte : « Le Messager d'Allah ﷺ vint à nous, nous vit en cercles, alors il a dit : « Qu'ai-je donc à vous voir en groupes séparés ? » - C'est-à-dire : Divisés / Séparés. - Rapporté par Muslim (n°430).
Il a interdit la divergence des fidèles dans leurs rangs, a menacé de divergence des visages ceux qui la pratiquent, et a informé que sa conséquence est la divergence des cœurs ; en effet, la divergence extérieure est une cause de la divergence intérieure. Le Prophète ﷺ a dit : « Ajustez bien vos rangs ou certainement Allah sèmera la discorde entre vos visages. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim, d'après An-Nu'mân ibn Bachîr (qu'Allah l'agrée).
La divergence avec l'imam dans la prière est l'une des manifestations de la divergence et de la division que l'Islam a interdites ; le Prophète ﷺ a dit : « L’imam a été établi pour qu’on le suive, alors ne divergez pas de lui. » Rapporté par Al Bukhârî (n°722).
Tout comme l’Islam a interdit la division dans les affaires religieuses, de même il l'a aussi interdite dans les affaires mondaines. Se rassembler autour d'un repas ensemble apporte la bénédiction, tandis que se diviser à ce sujet la fait disparaître.
Des gens se plaignirent au Prophète ﷺ et dirent : « Certes, nous mangeons, mais nous ne sommes pas rassasiés. » Alors, il ﷺ a dit : « Peut-être mangez-vous séparément ? » Ils répondirent : « Oui. » Alors, il a dit : « Rassemblez-vous lors de votre repas [en mangeant en groupe] et mentionnez le nom d'Allah, votre repas sera béni. » Rapporté par Abû Dâwud (n°3764) et déclaré bon par Al Albânî.
La dispersion de la compagnie en voyage est un sentier de Satan ; le Prophète ﷺ a dit : « Certes, votre séparation-ci dans les sentiers et les oueds ne vous est inspirée que de Satan (du Diable). » Rapporté par Abû Dâwud (n°2628), Ibn Hibbân (n°2690), Al Hâkim (n°2540). Et Al Albânî l'a authentifié.
En ce qui concerne les relations entre les membres de la société, il a interdit le boycott et la rupture des liens entre musulmans. Il a informé que les portes du Paradis s’ouvrent le lundi et le jeudi, et que tout serviteur qui n’associe rien à Allah est alors pardonné, excepté celui qui est en conflit avec son frère. « Alors, on dit : Accordez un délai à ces deux jusqu'à ce qu'ils se réconcilient, accordez un délai à ces deux jusqu'à ce qu'ils se réconcilient. » Rapporté par Muslim (n°2565).
Et il a interdit le tribalisme et les appels de la période païenne préislamique (Al Jâhiliyah). Un homme parmi les Partisans a dit : « Ô les Partisans (Al Ansâr) ! » et un autre dit : « Ô les Émigrants (Al Muhâjirûn) ! ». Alors, le Prophète ﷺ a dit : « Quel est donc cet appel de la période païenne préislamique !? Abandonnez-le ! En effet, il est infect. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Allah n’aime pas et n’accepte pas la divergence entre Ses serviteurs, et toute division entre eux ne peut venir que d’autre que Lui. Les fondaments de la Législation [islamique] interdisent tout ce qui conduit à la division et à la discorde, ce qui constitue l’une des finalités des interdits dans la religion des Envoyés. Ainsi donc, toute voie qui mène à la division entre musulmans est interdite : le mauvais soupçon, l’envie, l’espionnage, le colportage, l’intérêt usuraire, le fait de surenchérir sur la vente ou la demande en mariage de son frère, l’espionnage de ses défauts et la tromperie.
Et Allah a ordonné de tenir les plus bonnes paroles et Il a interdit les mauvaises pour rassembler la parole et repousser son contraire. En effet, Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Dis à Mes serviteurs de parler aux autres avec douceur, car Satan, ennemi déclaré des hommes, cherche par tous les moyens à semer la discorde entre eux... [Le Voyage Nocturne, 17 : 53].
La plus grave des causes de la division est l'association à Allah, car elle incite à la divergence et à la multiplicité des divinités en dehors d'Allah. Il (Élevé soit-Il) a dit : {... Ne soyez pas de ces idolâtres 31 qui ont transformé leur religion en sectes, chacune satisfaite de la voie qu’elle a adoptée... 32 } [Les Byzantins, 30 : 31 32].
Le fait de se détourner du Livre et de la Tradition (As-Sunnah), ou d'en prendre une partie et d'en délaisser une autre, est la voie de la dispute et de la dissension. Il (Glorifié soit-Il) a dit : {Nous avons de même contracté une alliance avec ceux qui se disent chrétiens qui, eux aussi, ont tourné le dos à une partie des enseignements qu’ils ont reçus. Nous avons donc suscité entre eux haine et animosité jusqu’au Jour de la Résurrection... } [La Table Servie, 5 : 14].
Le suivi de ce qui est ambigu dans les Textes est une déviation pour ses adeptes et une source de trouble pour les créatures. {...Ceux dont les cœurs inclinent vers le faux s’attachent aux versets équivoques, leur cherchant une interprétation conforme à leurs passions afin de jeter la confusion dans l’esprit des hommes...} [La Famille d'Imrân, 3 : 7].
Suivre le chemin des ambiguïtés et se laisser guider par ses désirs est un mal qui a corrompu les communautés et fracturé les générations, car la route de chaque démon conduit à la discorde. Il (Glorifié soit-Il) a dit : {Et évitez les chemins qui pourraient vous en détourner... } [Les Bestiaux, 6 : 153].
Jamais un peuple n'a commis l'injustice sans se diviser, a-t-Il (Élevé soit-Il) a dit : {... Or, ce sont ceux-là mêmes auxquels la vérité a été annoncée qui, poussés par la jalousie, se sont opposés après avoir pourtant reçu toutes les preuves...} [La Vache, 2 : 213].
Et si le désaccord provient d'une passion et d'un fanatisme, ou d'une injustice et d'un suivisme aveugle, ou de l'esprit de clan et du partisanisme, alors il est une voie vers la division et il est obligatoire de s'en éloigner.
Cheikh Al Islâm (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « La plupart des causes de la division et de la divergence émanent du suivi de la conjecture et du penchant des âmes. »
Et la concurrence pour ce bas-monde est la cause de l'inimitié et de la haine : le Prophète ﷺ a dit : « Par Allah ! Ce n'est pas la pauvreté que je crains pour vous ; plutôt, je crains pour vous que ce bas monde ne vous soit [largement] dispensé comme il le fut à ceux qui vous ont précédés. Alors, vous vous concurrencerez pour lui comme ceux avant vous se concurrencèrent pour lui, et il vous détruira tout comme il a détruit ceux avant vous. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Lorsque les gens se divisent en sectes ou en partis, Satan (le Diable) prend le dessus sur eux. Le Prophète ﷺ a dit : « Attachez-vous au groupe et attention à la division ; en effet, Satan est avec la personne seule et il est plus éloigné de deux. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2165) ; Ahmed (n°177) ; et An-Nassâ'î dans : As-Sunan Al Kubrâ (n°9219). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et les soldats d’Iblîs les plus proches de lui sont ceux qui sèment le plus la division au sein de la communauté. Il ﷺ a dit : « Certes, Iblîs pose son trône sur l'eau, ensuite il envoie ses escadrons. Le plus proche de lui en position est celui qui cause le plus grand trouble. L'un d'eux se présente en disant : " J'ai fait ceci et cela. " Mais il lui répond : " Tu n'as rien fait ! " Ensuite, l'un d'eux vient et dit : " Je ne l'ai pas laissé jusqu'à le séparer de sa femme. " Iblîs le rapproche alors de lui et dit : " Que tu es excellent ! » Rapporté par Muslim (n°2813).
La divergence en matière de religion, ainsi que l’attachement aux passions et aux opinions égarées, obstruent de la voie d'Allah et de Sa religion, ainsi que de la voie tracée par les Prophètes. En effet, tous ont ordonné d’établir la religion pour Allah, de s’unir autour de la vérité et de ne pas se diviser.
Lorsque la divergence survient, leur religion se corrompt, ils sont privés de la bénédiction de puiser dans le Livre et la Tradition, les passions l'emportent et l'autorité de la science et de la guidée disparaît.
Et la division entraîne la divergence des cœurs et la rupture des liens de la fraternité : le Prophète ﷺ a dit : « Ne divergez pas, sinon vos cœurs divergeront. » Rapporté par Muslim (n°432).
Elle est une cause qui provoque l'inimitié et la haine ; Allah (Glorifié soit-Il) a dit : {...Sans jamais vous séparer. Rappelez-vous les bienfaits d’Allah envers vous lorsque, ennemis avant l’islam, Il a rapproché vos cœurs...} [La Famille d'Imrân, 3 : 103].
Et un peuple ne se divise jamais sans être humilié et affaibli ; Allah (Glorifié soit-Il) a dit : {...Fuyez les divisions qui ne manqueraient pas de vous affaiblir et de tempérer votre ardeur...} [Les Butins, 8 : 46].
Et lorsqu'elle s'abat sur un peuple, elle est un signe du courroux d'Allah contre eux. Allah (Glorifié soit-Il) a dit : {Dis : « Il est aussi capable de vous infliger un châtiment qui s’abattra sur vous ou vous saisira par-dessous, ou de semer la division entre vous en livrant les uns à la violence des autres... »} [Les Bestiaux, 6 : 65].
Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit : « C'est-à-dire : qu'Il vous fasse goûter aux passions et à la discorde. »
La punition immédiate de la division est la domination des ennemis, et Allah a promis à Son Prophète ﷺ qu'Il ne leur imposerait pas un ennemi extérieur qui anéantirait leur communauté, quand bien même tous ceux qui peuplent les confins de la terre se rassembleraient contre eux, « Jusqu'à ce que les uns fassent périr les autres et que les uns réduisent les autres en captivité. » Rapporté par Muslim (n°2889).
Les conflits, les divergences et la division entraînent la perte de la vérité et la destruction des fondements de la religion, une ressemblance avec les polythéistes, la diffusion de l’égarement et de discours sans fondement, le détournement de la pratique religieuse, de son enseignement et de l’appel à sa voie, ainsi que l’annulation des préceptes apparents de la religion, comme ordonner le convenable et interdire le blâmable, entre autres.
C’est ainsi que les bienfaits furent retirés. Le Prophète ﷺ avait vu la Nuit du Destin et était sorti pour en informer, mais deux hommes parmi les musulmans se disputèrent. Alors, il a dit : « Certes, je suis sorti pour vous informer de la Nuit du Destin, mais untel et untel se sont disputés, alors elle fut enlevée. » Rapporté par Al Bukhârî (n°49).
Et la division peut amener des péchés immenses et conduire au combat et à l'effusion de sang. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {... Si Allah l’avait voulu, les hommes venus après eux ne se seraient jamais entretués après avoir reçu tant de preuves évidentes, mais ils se sont opposés... } [La Vache, 2 : 253].
Et le fléau de la divergence est la destruction : Il [le Prophète] ﷺ a dit : « Ne divergez pas ! En effet, ceux qui étaient avant vous ont divergé, alors ils ont péri. » Rapporté par Al Bukhârî (n°3476).
Et dans l'au-delà, leurs visages s'assombriront. Il (Élevé soit-Il) a dit : {Le Jour où certains visages s’éclaireront tandis que d’autres s’assombriront. A ceux dont les visages s’assombriront, il sera dit : « Avez-vous osé renier la foi ? Goûtez donc ce châtiment pour prix de votre impiété ! » 106 } [La Famille d'Imrân, 3 : 106].
Ibn 'Abbâs (qu’Allah les agrée tous les eux, lui et son père) a dit : « Les visages des Gens de la Tradition et du Groupe s'illumineront tandis que les visages les Gens de l'Innovation et de la Division s'assombriront. »
Et la main d'Allah est avec le Groupe, et quiconque s'en écarte est voué à l'Enfer.
Ô Musulmans ! Se diviser, c’est s’humilier et se rabaisser ; se quereller, c’est s’attirer un mal et un fléau ; se disputer, c’est s’affaiblir et errer ; et se disperser, c’est corrompre la vie d’ici-bas comme la religion. Tout ceci réjouit l’ennemi, affaiblit la force de la communauté, retarde la prédication vers Allah, bloque la diffusion de la science, remplit les poitrines de haine, assombrit les coeurs, empoisonne la vie, gaspille le temps et détourne le serviteur des oeuvres vertueuses.
L’homme sage est celui qui évite les conflits, reste attaché au Coran et à l et s’efforce de se corriger lui-même tout en aidant les autres à faire de même. C’est ainsi que le Prophète a conseillé à la communauté de se protéger contre la division et les désaccords.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui exercent l’autorité. En cas de désaccord, vous devrez vous en remettre au jugement d’Allah et du Messager, si vous croyez vraiment en Allah et au Jour dernier. Voilà la meilleure conduite à adopter, celle dont les suites seront les plus heureuses. 59 } [Les Femmes, 4 : 59].
Qu'Allah me bénisse ainsi que vous dans le Coran Majestueux, et qu'Il nous fasse bénéficier, vous et moi, de ce qu'il contient comme versets et Rappel sage. Je dis ma parole-ci et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous et pour l'ensemble des musulmans.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance et le remerciement lui est dû pour Sa réussite et Sa faveur. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, Exalté soit Sa grandeur. Et j’atteste que notre Prophète Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu’Allah prie sur lui, sur sa famille et ses Compagnons, et qu’Il les salue pleinement et grandement.
Texte du deuxième sermon
Ô musulmans ! Toute personne qui suit le plus fidèlement le Livre, la Tradition et les dires des Compagnons, est la plus complète et la plus digne de réaliser l’union, de suivre la guidée et de s’accrocher à la corde d’Allah, et la plus éloignée de la division, de la divergence et de la dissension.
L'une des plus immenses finalités de l'Islam est d'unir la parole de ses fidèles, d'établir la concorde dans leurs cœurs et de les réconcilier ; en effet, le bien-être des créatures ne se réalise que par leur union sur la Vérité et la Religion.
Et Allah a décrété la fraternité des croyants. En effet, Il a dit : {En réalité, les croyants sont comme des frères...} [Les Appartements, 49 : 10].
Le Prophète ﷺ a comparé la situation des croyants dans leur affection, leur miséricorde et leur empathie mutuelles. « L'exemple du corps lorsque l'un de ses membres souffre, alors le reste du corps répond par l'insomnie et la fièvre. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
« Le croyant est pour le croyant comme une construction qui se soutient l'un l'autre. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Et ceci est un bienfait qu'Allah a accordé à Ses serviteurs par une grâce et une générosité de Sa part. Il (Glorifié soit-Il) a dit : {Et qui a uni leurs cœurs. Or, si tu y avais consacré toutes les richesses de la terre, tu n’aurais pu unir leurs cœurs comme Allah, dans Sa toute-puissance et Son infinie sagesse, a pu le faire...} [Les Prises de Guerre, 8 : 63].
Il incombe au musulman de préserver ce bienfait par la pureté de la poitrine, la sincérité envers les gens et l'amour du bien pour eux.
Ensuite, sachez qu'Allah vous a ordonné la prière et le salut sur Son Prophète ; en effet, dans Son Livre explicite, Il a dit : {Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
Ô Allah ! Prie, salue et bénis notre Prophète Muhammad.
***
Titre du sermon
L'importance d'entreprendre les causes
Introduction du premier sermon
Certes, la louange appartient à Allah ; nous Le louons, nous cherchons Son aide, nous demandons Sa guidée et nous nous réfugions contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos oeuvres. Quiconque Allah guide, alors il est bien guidé ; et quiconque Il égare, alors tu ne trouveras pour lui ni protecteur ni guide. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d’Allah soit sur lui, ainsi que sur sa famille, l'ensemble de ses Compagnons et leurs Successeurs et qu’Il les salue pleinement et abondamment.
{Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence. 1 } [Les Femmes, 4 : 1]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! 70 Il vous rendra meilleur et effacera vos fautes. Celui qui suit Allah et Son Messager connaîtra un grand bonheur. 71 } [Les Coalisés, 33 : 70-71].
« Ceci étant dit : Certes, le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad ﷺ et les pires affaires sont celles nouvelles. Et toute affaire nouvelle est une innovation, toute innovation est un égarement et tout égarement est dans le Feu. »
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Parmi les traditions divines que le Prophète ﷺ a appliquées, figure la tradition d'entreprendre les causes. Et " les causes " est le pluriel de " cause ", qui désigne toute chose par laquelle on parvient à une autre.
La tradition d'entreprendre les causes est bien ancrée dans l’Univers. Allah, par Sa puissance, a créé cet Univers, y a instauré des lois et des traditions [immuables] assurant sa stabilité et sa continuité, et a relié les effets aux causes selon Sa volonté (Élevé soit-Il). Par exemple, Il a voulu que Son Trône (Glorifié soit-Il) soit porté par les Anges, la Terre soit ancrée par les montagnes, les plantations poussent grâce à l’eau, ... etc.
Si Allah, le Seigneur des mondes, l’avait voulu, Il aurait pu - par Sa puissance absolue - faire en sorte que toutes ces choses, et bien d’autres, n’aient besoin d’aucune cause. Mais c’est ainsi qu’Allah (Élevé soit-Il), l’a décidé et décrété, en vue de guider Sa création vers la nécessité de respecter cette Tradition, pour que le cours de la vie suive le chemin qu’Il veut (Glorifié soit-Il).
La Tradition d'entreprendre les causes est clairement visible dans la création d’Allah (Élevé soit-Il) et affirmée dans Son Livre. Allah a ordonné à Ses serviteurs croyants de respecter cette tradition dans toutes leurs affaires, qu’elles soient mondaines ou liées à l’au-delà. Il (Élevé soit-Il) a dit : {Dis-leur : « Œuvrez ! Allah verra vos œuvres, de même que Son Messager et les croyants. Vous serez ensuite ramenés à Celui qui connaît aussi bien ce que vous dissimulez que ce que vous laissez paraître, qui vous rappellera toutes vos œuvres. » 105 } [Le Repentir, 9 : 105]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {C’est Lui qui vous a facilité la vie sur terre. Parcourez donc ses contrées et nourrissez-vous des dons du Seigneur. C’est vers Lui que vous serez rassemblés. 15 } [La Royauté, 67 : 15].
Le noble Coran nous a informés qu'Allah (Élevé soit-Il) a demandé à Marie (paix sur elle) de recourir aux causes, alors même qu'elle se trouvait dans son état de plus grande faiblesse ; Il (Élevé soit-Il) a dit : {Tire vers toi le tronc du palmier qui laissera tomber sur toi des dattes fraîches. 2} [Marie, 19 : 25]. Bien qu'il fût apparent que l'accomplissement de cette cause ne porterait pas de fruit, en raison de sa faiblesse et de la force du tronc, il s'agissait en fait d'un enracinement du principe d'entreprendre les causes.
Ainsi, Allah (Élevé soit-Il) insiste sur la nécessité de mettre en œuvre les causes dans toutes les affaires et toutes les situations. Or, le Messager d'Allah ﷺ était la personne la plus consciente de cette tradition divine. C'est pourquoi, alors qu'il posait les fondations de l'État islamique, il mettait en œuvre toutes les causes qui étaient en son pouvoir et ne laissait rien au hasard.
La confiance en Allah (Élevé soit-Il) n’empêche pas d’agir et d'entreprendre les causes. Le croyant entreprend les causes par cette foi en Allah qui l'habite et par obéissance envers Lui dans ce qu'Il lui a ordonné ; toutefois, il sait que les résultats ne viennent pas des causes elles-mêmes et donc il ne place pas sa confiance en elles.
Certes, Allah est Celui qui fait exister les résultats - tout comme Il fait exister les causes - et pour le croyant, il n’existe aucune relation directe entre la cause et le résultat. Accomplir une cause relève de l’adoration par obéissance, tandis que la réalisation du résultat est un décret d’Allah, indépendant de la cause, que Lui seul peut accomplir. Ainsi, le croyant se détache de l’adoration et de l’attachement aux causes, tout en les mettant en œuvre par obéissance, afin de recevoir la récompense liée à cette obéissance envers Allah.
Assurément, le Prophète ﷺ a montré dans de nombreux hadiths la necessité d'entreprendre les causes tout en plaçant sa confiance en Allah (Élevé soit-Il) et il a alerté que ces deux choses ne sont pas opposées. En effet, d’après Anas ibn Mālik (qu’Allah l’agrée), un homme arriva avec sa chamelle à la porte de la mosquée et s’apprêta à entrer. Il demanda : « Ô Messager d’Allah ! Dois-je laisser ma monture et placer ma confiance en Allah ? » C'est comme s'il avait compris qu'entreprendre les causes infirmait la confiance en Allah (Élevé soit-Il). Le Prophète ﷺ lui expliqua alors qu'entreprendre les causes est une affaire requise et n’infirme en rien la confiance en Allah (Élevé soit-Il), tant que l’intention de cette entreprise est véridique. Il ﷺ lui répondit donc : « Plutôt, attache-la et place ta confiance. » Mustadrak Al Hâkim (n°6616) et Al Bayhaqî dans : Chu'ab Al Îmân (2/284). Et Al Albânî a déclaré bonne sa chaîne de transmission. Et dans une [autre] expression : « Attache-la et place ta confiance [en Allah]. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2517) et Ibn Abî Ad-Dunyâ dans : At-Tawakkul (n°11) et déclaré bon par Al Albânî.
Ce hadith montre qu’il n’y a pas de contradiction entre placer sa confiance en Allah et entreprendre les causes, à condition qu'on ne croit pas dans ces causes et qu’on ne se repose pas sur elles jusqu'à ce qu'on oublie de placer sa confiance en Allah. En effet, ‘Umar ibn Al Khattâb (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si vous placiez votre confiance en Allah comme il se doit, certainement Il vous pourvoirait comme Il pourvoit aux oiseaux. Ils quittent leur nid, tôt le matin, l’estomac vide, et ils y rentrent le soir rassasiés. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2344) et Ibn Mâjah (n°4164). Et Al Albânî l'a authentifié.
Dans ce noble ḥadith, il y a une exhortation à placer sa confiance en Allah, tout en indiquant l'importance d'entreprendre les causes ; en effet, il y est affirmé le départ matinal et le retour le soir des oiseaux, bien qu'Allah (Élevé soit-Il) leur garantisse leur subsistance.
Ô Allah ! Octroie-nous la confiance en Toi et le recours aux causes, ô Seigneur des mondes. Je dis ma parole-ci et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, une bonne louange, abondante et bénie, comme notre Seigneur l’aime et l’accepte. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Messager. Qu’Allah prie sur lui, le salue et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons et qui suit leur guidée jusqu’au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Après avoir parlé de la cause, de l'entreprendre, et du fait qu'il s'agisse d'un principe légiféré dont l'application est requise du musulman, il est possible de résumer cette question dans les points suivants :
L'Islam établit le principe de l'entreprise des causes ; car le délaissement de l'entreprise des causes est un délaissement de la législation et des intérêts de ce bas-monde.
Se reposer seulement sur les causes entreprises et délaisser la confiance en Allah constitue du polythéisme.
L'Islam relie l'entreprise des causes au monothéisme (At-Tawhîd), avec la foi que l'ordre de toutes les causes est entre les mains d'Allah.
Lors d’une propagation d'une épidémie, nous remarquons que certains refusent d’entreprendre les causes en prétextant leur confiance en Allah, oubliant que l'accomplissement des causes fait aussi partie de cette confiance. C’est pareil que suivre un traitement afin que le malade guérisse. Tout ceci sont des causes que le musulman se doit d’entreprendre, et elles n'infirment pas la confiance en Allah, tout comme manger pour vivre, se marier pour avoir des enfants ou commercer pour gagner sa vie.
L'entreprise des causes est donc un principe religieux prescrit et quiconque le délaisse est compté parmi ceux qui sont dénués de raison.
Ô Allah ! Suffis-nous contre le mal des tentations, qu’elles soient apparentes ou cachées.
Priez et saluez Muhammad, sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
***
Titre du sermon
La crainte
Introduction du premier sermon
Certes, la louange appartient à Allah ; nous Le louons, cherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès de Lui contre les maux de nos âmes et les mauvaises actions de nos oeuvres. Quiconque Allah guide, alors personne ne peut l'égarer et quiconque Il égare, alors personne ne peut le guider. Je témoigne qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence. 1 } [Les Femmes, 4 : 1]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah et que chacun considère les œuvres qu’il a accomplies pour le salut de son âme. Craignez Allah qui est parfaitement informé de ce que vous faites. 18 } [Le Rassemblement, 59 : 18].
« Ceci étant dit : Le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad ﷺ et les pires affaires sont celles nouvelles. Et toute innovation est un égarement. »
Texte du premier sermon
Serviteurs d’Allah ! Parmi ce qu’Allah a imposé à chacun de nous, il y a la crainte de Lui et de Sa menace. Il (Élevé soit-Il) a dit : {... Ne les craignez donc pas, mais craignez-Moi, si vous êtes vraiment croyants.} [La Famille d'Imrân, 3 : 175]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {... « C’est donc Moi seul que vous devez redouter. »} [Les Abeilles, 16 : 51]. Et Il a complimenté les gens de la crainte dans Son Livre et a fait leur éloge.
La crainte d’Allah, de Sa promesse et de Sa menace, est l’un des plus grands bienfaits pour le musulman dans sa marche vers son Seigneur. Elle constitue la base de tout bien ici-bas et dans l’au-delà. Le cœur, dans son cheminement vers Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) ressemble à un oiseau : l’amour en est la tête, la crainte et l’espoir en sont les ailes. Quand la tête et les ailes sont en bon état, l’oiseau vole parfaitement. Si la tête est coupée, il meurt ; si les ailes manquent, il devient la proie de n’importe quel chasseur ou prédateur.
On pourrait penser que toute crainte est louable et que plus elle est intense, plus elle mérite des éloges. En réalité, c’est faux. La crainte est plutôt comme un fouet par lequel Allah guide Ses serviteurs à persévérer dans la science et l’action, pour atteindre la proximité d'Allah (Élevé soit-Il). Et si une bête ne doit pas être privée de fouet, frapper avec excès n’est pas pour autant louable. La crainte a donc ses manquements, ses excès et son juste milieu, et c’est ce juste équilibre qui est digne d’éloge. La vraie crainte est celle qui empêche de commettre des péchés et pousse à l’obéissance. Celle qui ne change rien aux actes n’est qu’une pensée passagère, indigne d’être appelée crainte. Comme pour toute chose recherchée dans un but précis, la part louable est celle qui mène à l’objectif, tandis que ce qui l’ignore ou le dépasse est blâmable.
Mes frères ! Notre Seigneur (Exalté et Magnifié soit-Il) dit : {Celui qui aura vécu dans la rébellion, 37 préférant cette vie à celle de l’au-delà 38 aura pour seul refuge la Fournaise. 39 Quant à celui qui, redoutant de comparaître devant son Seigneur, aura su dominer ses passions, 40 Son séjour éternel se fera dans les jardins du Paradis. 41 } [Les Anges qui arrachent les âmes, 79 : 37 à 41].
Quiconque donc sait maîtriser son âme réussit et trouve le salut, tandis que celui qui en est esclave échoue et se perd. L’âme pousse à désobéir et à préférer la vie d’ici-bas, alors que le Seigneur appelle Son serviteur à Le craindre et à empêcher son âme de suivre ses désirs. Le cœur, partagé entre ces deux voix, oscille sans cesse, et c’est là que réside l’épreuve. Ainsi, quand un serviteur accomplit des actes qu’il n’aime pas car contraires à ses envies, mais les supporte avec patience, c’est comme avaler un remède amer : on le fait non pour le goût, mais pour la guérison qu’il apporte. De même, il recherche la miséricorde d’Allah et le salut face à Son châtiment, ce qui exige de renoncer à ce qu’il convoite. En fin de compte, on ne délaisse ce qu’on aime que pour quelque chose qu’on aime encore plus, abandonnant le moins aimé pour le plus précieux.
Il n'est possible de délaisser les envies qu’en maîtrisant ses désirs, et rien ne maîtrise mieux le désir comme le feu de la crainte. La crainte est donc comme un feu qui consume les désirs et incite aux actes d'obéissance. La différence dans cela est en fonction de la différence des degrés de crainte. Comment donc ne pas voir une vertu dans la crainte puisqu’elle permet de parvenir à la chasteté, au scrupule, à la piété et à la lutte [spirituelle], qui sont les œuvres émérites et louables qui rapprochent plus d’Allah ?
Ainsi donc, ceux qui craignent en ce bas monde sont ceux qui seront en sécurité dans l'au-delà, car Allah ne réunit pas deux craintes pour Son serviteur. Ceux qui craignent dans ce bas monde sont donc les gens du Paradis dans l'au-delà ; Il (Élevé soit-Il) a dit : {Quiconque aura craint de comparaître devant son Seigneur est réservé deux vergers. 46 } [Le Tout Miséricordieux, 55 : 46]. et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Quant à celui qui, redoutant de comparaître devant son Seigneur, aura su dominer ses passions, 40 il aura pour séjour éternel les jardins du Paradis. 41 } [Les Anges qui arrachent les âmes, 79 : 40-41]. Muqâtil a dit : « C'est l'homme qui, au moment de commettre une désobéissance, se souvient de sa position devant Allah, alors il la délaisse par crainte d'Allah. » Tafsîr Muqâtil ibn Sulaymân (4/202).
Ceux qui craignent [leur Seigneur] ici-bas sont ceux qui seront sauvés du châtiment de l'au-delà. Il (Élevé soit-Il) a dit : {Certains diront : « Nous vivions sur terre, parmi les nôtres, dans la crainte de notre Seigneur. » 26 Mais Allah, nous comblant de Ses faveurs, nous a préservés de la chaleur de l’Enfer. 27 Nous L’implorions humblement sur terre. Il est le Bienfaiteur, le Très Miséricordieux. » 28 } [At-Tûr, 52 : 26 à 28].
Ceux qui craignent [Allah] en ce bas-monde sont ceux qui y sont solidement établis ; Il (Élevé soit-Il) a dit : {Et vous établir après leur disparition dans leur pays. Telle est la récompense réservée à ceux qui redoutent de comparaître devant Moi et craignent Mes menaces. » 14 } [Abraham, 14 : 14]. Il a donc promis le secours ici-bas et la rétribution dans l'au-delà aux gens de la crainte.
Ceux qui craignent en ce bas-monde seront sous l'ombre du Trône du Tout-Miséricordieux au Jour de la Résurrection ; en effet, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Sept personnes seront ombragées par Allah sous Son ombre le jour où il n'y aura aucune ombre excepté Son ombre... » Et, parmi ces personnes, Il mentionna un homme qui évoque Allah en étant seul, et alors il se met à pleurer. Rapporté par Al Bukhârî (n°660) et Muslim (n°1031).
Mes frères ! La force de la crainte est en fonction de la force de la connaissance de la majestuosité d’Allah, de Ses Attributs et de Ses actes, ainsi que des défauts de l’âme et des dangers ou affres qui l’attendent. Le degré le plus faible de la crainte est celui dont la trace apparaît dans les oeuvres qui empêche alors de commettre les interdits. {Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs tremblent à l’évocation d’Allah... } [Les Prises de Guerre, 8 : 2].
Le frémissement du coeur au rappel d'Allah englobe Sa crainte et Son appréhension, cela pousse alors son détenteur à l'accomplissement de ce qui a été ordonné et au délaissement de ce qui a été interdit. Ainsi donc, lorsqu'il aspire à commettre une désobéissance ou à délaisser une obligation, il se rappelle d’Allah ou on lui fait le rappel d'Allah, alors il craint et il accomplit ce qui est ordonné et il délaisse ce qui est prohibé.
Parmi les formes les plus élevées de la peur, il y a la crainte révérentielle envers Allah (Exalté et Glorifié soit-Il), particulièrement intense lors des instants d’entretien intime. C’est un moment où le serviteur cherche à plaire à son Seigneur, L’implore en Sa présence, recherche Sa satisfaction et Le loue pour Ses bienfaits, Ses Noms et Ses Attributs. Cet échange intime nourrit la crainte révérencielle, la vénération et l’exaltation envers Allah, et plus le serviteur connaît son Seigneur et se rapproche de Lui, plus grandissent dans son cœur cette crainte et cette exaltation.
C'est pourquoi, la crainte révérencielle (Al Kachyah) est plus spécifique que la peur (Al Khawf), car elle est l'apanage des savants connaisseurs d'Allah. Il (Élevé soit-Il) a dit : {... De Ses serviteurs, seuls craignent Allah ceux qui Le connaissent vraiment... } [Le Créateur, 35 : 28]. C'est donc une crainte associée à la connaissance.
Et la peur et la crainte sont à la mesure de la science et de la connaissance ; comme l'a dit le Prophète ﷺ : « Certes, je suis le plus pieux parmi vous et le plus connaisseur d'Allah. » Rapporté par Al Bukhârî (n°20).
Quand la douleur du Prophète ﷺ s'accentua, on lui parla de la prière, alors il ﷺ a dit : « Ordonnez à Abû Bakr de diriger les gens dans la prière ! » 'Aïcha objecta : « Certes, Abû Bakr est un homme très sensible et, lorsqu’il récite, il ne peut retenir ses larmes. » Mais, Il répéta : « Ordonnez-lui de diriger les gens dans la prière ! » Rapporté par Al Bukhârî (n°664) et Muslim (n°418).
Allah (Élevé soit-Il) a informé que quiconque Le craint, alors c'est un savant ; en effet, la [véritable] science réside dans la crainte révérencielle. Notre Seigneur (Élevé soit-Il) a dit : {Celui qui agit ainsi est-il comparable à celui qui, aux heures de la nuit, se voue pieusement à son Seigneur, prosterné ou debout, animé par la crainte du châtiment de l’au-delà et l’espoir d’obtenir Sa miséricorde ? Dis : « Ceux qui savent sont-ils comparables à ceux qui ne savent pas ? » ...} [Les Groupes, 39 : 9].
Les gens de la crainte d'Allah et de l'espoir en Lui sont les gens de science, ceux qu'Allah a complimentés.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Celui qui apaise ceux qui craignent, et que la prière et le salut soient sur l'Imam de ceux qui craignent.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ainsi donc, parmi les causes qui permettent d’acquérir la crainte, il y a : avoir à l'esprit ce qui est redouté et toujours le mettre devant ses yeux, de sorte à ne jamais l’oublier. En effet, l’oubli et le manque de vigilance à son égard s’interposent entre le cœur et la crainte.
Parmi les causes de son obtention : la connaissance des défauts de l'âme, et la connaissance de la majesté d'Allah (Élevé soit-Il) et de Sa suffisance à Lui-même, et qu'Il n'est pas interrogé sur ce qu'Il fait, alors qu'eux le sont. Une fois la connaissance parachevée, elle engendre la peur, puis son effet rejaillit du coeur sur les membres.
Mes frères ! Les informations concernant le mérite de la crainte et de l'espoir sont nombreux. Et il se peut qu'un questionneur demande : « La crainte est-elle préférable à l'espoir ? » On répond alors que la crainte et l'espoir sont deux remèdes qui soignent les cœurs, et la supériorité de l'un sur l'autre dépend de la maladie présente. En effet, si la maladie qui domine le cœur est le sentiment de sécurité face au stratagème d'Allah (Élevé soit-Il) et se leurrer à Son égard, alors la crainte est préférable. Et si ce qui prédomine est le désespoir et l'abattement par rapport à la miséricorde d'Allah, alors l'espoir est préférable. De même, si la désobéissance prédomine chez le serviteur, alors la crainte est préférable. Ibn Qudâmah a dit : « La personne qui exhorte les gens se doit d'être douce, de bien regarder la source des maux et de traiter chaque mal de la manière qui lui sied. À notre époque, il ne convient pas d'employer envers les gens les arguments qui suscitent l'espoir ; plutôt, il convient d'insister sur le fait de faire peur. » Mukhtasar Minhâj Al Qâsidîn (page : 300).
Mais, au moment de l'agonie, il convient de faire prédominer l'espoir ; en effet, d'après Jâbir ibn ‘AbdiLlah qui a dit : Trois jours avant la mort du Messager d'Allah ﷺ, je l'ai entendu dire : « Qu'aucun d'entre vous ne meure sans avoir une bonne opinion d’Allah (Exalté et Magnifié soit-Il). » Rapporté par Muslim (n°2877).
Ahmad Ibn Hanbal (qu'Allah l'agrée) a dit à son fils au moment de la mort : « Mentionne-moi les récits dans lesquels il y a l'espoir et la bonne opinion. » Qût Al Qulûb (1/366).
L'objectif de tout cela est que le mourant aime rencontrer Allah (Élevé soit-Il) pour qu'Allah (Élevé soit-Il) aime le rencontrer.
Al Hasan [Al Basrî] fut interrogé et on lui demanda : « Certes, nous rencontrons des gens qui nous effraient. » Alors, il répondit : « Quiconque t'effraie jusqu'à ce que tu parviennes à la sécurité est meilleur que quiconque te rassure jusqu'à ce que tu rencontres la crainte. » Rapporté par AbdaLlah ibn Ahmad dans : Ziyâdât Az-Zuhd (n°1454).
Mes frères ! Ne craignons-nous pas la mort avant le repentir ? Ne craignons-nous pas de dévier de la droiture ? Ne craignons-nous pas d'être menés progressivement à notre perte par l'abondance des bienfaits ? Ne craignons-nous pas que soit dévoilé notre manque de sincérité dans nos actes d'adoration, et qu'Allah nous révèle alors ce à quoi nous ne nous attendions pas ? Ne craignons-nous pas une mauvaise fin au moment de la mort ? Ne craignons-nous pas l'interrogatoire de Munkar et Nakîr ? Ne craignons-nous pas le châtiment de la tombe et l'effroi de la première étape dans l'au-delà ? Ne craignons-nous pas le moment redoutable où nous comparaîtrons devant Allah (Élevé soit-Il) la honte de voir nos secrets dévoilés et d'être interrogés sur la moindre de nos œuvres ? Ne craignons-nous pas le Pont ? Ne craignons-nous pas d'être voilés et privés de contempler Allah (Élevé soit-Il) au Jour de la Résurrection ? En effet, de manière absolu, le meilleur, le plus sublime et le plus élevé des délices de l'au-delà est de regarder le Visage du Seigneur (Exalté et Magnifié soit-Il) et d'entendre Sa parole. En effet, d'après Suhayb (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque les habitants du Paradis entreront au Paradis, Allah (Béni et Élevé soit-Il) leur dira : « Voulez-vous que Je vous ajoute quelque chose ? » Ils répondront : « N'as-Tu pas déjà illuminé nos visages ? Ne nous as-Tu pas fait entrer au Paradis et sauvés de l’Enfer ? » Alors, Il lèvera le voile, et rien de ce qui leur aura été donné ne leur sera plus aimé que de regarder vers leur Seigneur (Exalté et Magnifié soit-Il). Ensuite, il récita ce verset : {À ceux qui font le bien est réservée la meilleure récompense, et même davantage... } [Jonas : 26]. » Rapporté par Muslim (n°181). Ainsi donc, la jouissance, les délices, la joie, le bonheur et la félicité qu'ils obtiennent surpassent le plaisir tiré de la nourriture, de la boisson et des Houris. Il n'y a aucune commune mesure entre ces deux jouissances et ces deux délices ; et c'est pour cette raison qu'Allah (Glorifié et Élevé soit-Il) a dit au sujet des mécréants : {Un voile les privera donc, ce Jour-là, de la vision de leur Seigneur. 15 Ensuite, ils seront introduits dans le Brasier dont ils ressentiront la chaleur. 16 } [Les Fraudeurs, 83 : 15 à 16].
Ici donc, Allah a réuni pour eux deux types de châtiments : le châtiment du Feu et le châtiment du Voile [c'est-à-dire : la privation] de Sa vision (Glorifié soit-Il) ; de même, Il a réuni pour Ses alliés deux types de délices : le délice de la jouissance des bienfaits du Paradis et le délice de la jouissance de Sa Vision.
Ensuite, sachez qu'Allah vous a ordonné la prière et le salut sur Son Prophète ; en effet, Il a dit dans Sa Révélation explicite : {Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
Ô Allah ! Prie et salue notre Prophète Muhammad.
***
Titre du sermon
La peur et l'espoir
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, le Très-Haut, le Plus-Haut, {Il possède tout ce qui se trouve dans les cieux, sur la terre et entre eux, ainsi que ce qui se trouve sous terre. 6 Que tu élèves la voix ou non, sache qu’Il connaît les secrets les mieux gardés et les pensées les plus intimes. 7 [Tâ-Hâ, 20 : 6-7]. Je loue mon Seigneur et je Le remercie pour ce qu'Il a donné. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, Il possède les plus beaux Noms. Et j'atteste que notre Prophète et notre Maître, Muhammad, est Son serviteur et Son Messager, l'Élu. Ô Allah ! Prie, salue et bénis Ton serviteur et Ton Messager Muhammad, ainsi que sa famille et ses Compagnons, les vertueux, les pieux.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah, ô musulmans, comme il se doit, et sachez qu’Allah sait ce qu’il y a en vous-mêmes ; prenez donc garde à Lui. {Certes, rien sur la Terre ni dans le ciel, n’échappe à Allah. 5 } [La Famille d'Imrân, 3 : 5].
Serviteurs d'Allah !
Les œuvres des cœurs sont la chose la plus importante et la plus considérable ; leur rétribution est la plus immense des rétributions et leur punition est la plus immense des rétributions. Les œuvres des membres suivent les œuvres des cœurs et sont fondées sur elles ; c’est pourquoi, on dit : Le cœur est le roi des membres, et le reste des membres sont ses soldats.
D'après Anas (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « La foi d'un serviteur n'est pas droite jusquà ce que son cœur n'est pas droit. » Rapporté par Ahmad (n°13048).
Le sens de la droiture du cœur est : l'Unicité vouée à Allah (Béni et Élevé soit-Il), Sa grandeur, Son amour, Sa crainte, l'espoir placé en Lui, l'amour de Son obéissance et la détestation de Sa désobéissance.
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Certes, Allah ne regarde pas vos formes ni vos biens mais Il regarde vos cœurs et vos œuvres ! » Rapporté par Muslim (n°2564).
Al Hasan a dit à un homme : « Soigne ton cœur ; en effet, ce qu'Allah exige des serviteurs est la droiture de leurs cœurs. » Rapporté par Ibn Abî Ad-Dunyâ dans : At-Tawâdu' Wal Khumûl (n°240).
Parmi les actes du cœur qui incitent aux bonnes œuvres, encouragent à la demeure dernière, détournent des mauvaises œuvres, incitent au renoncement à ce bas-monde et maîtrisent l'âme insoumise, figurent la crainte et l'espoir : la crainte d'Allah et l'espoir en ce qu'Il détient.
La crainte d'Allah (Élevé soit-Il) pousse le cœur à accomplir tout bien et le préserve de tout mal, et l'espoir guide le serviteur vers la satisfaction d'Allah et Sa récompense, incite les âmes aux œuvres pieuses les plus grandioses et le détourne des actes immoraux.
La crainte d’Allah empêche l’âme de se livrer à ses désirs, elle la réfrène de son injustice et elle la pousse vers sa vertu et son succès.
La crainte d'Allah est une des branches du Monothéisme, et elle doit être consacrée au Seigneur des mondes. Et consacrer la crainte à autre qu'Allah est une des branches du Polythéisme à Allah (Béni et Élevé soit-Il).
Et Allah (Élevé soit-Il) a ordonné de Le craindre et a interdit de craindre quiconque autre que Lui. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Ces rumeurs ne sont que l’œuvre de Satan qui cherche ainsi à vous effrayer par ses suppôts. Ne les craignez donc pas, mais craignez-Moi, si vous êtes vraiment croyants. 175 } [La Famille d'Imrân, 3 : 175]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {...Ne craignez donc pas les hommes, mais craignez-Moi. Ne vendez pas Mes paroles à vil prix...} [La Table Servie, 5 : 44]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {... « C’est donc Moi seul que vous devez redouter. » 40 } [La Vache, 2 : 40].
D'après Anas (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ s'est adressé à nous et a dit : « Si vous saviez ce que je sais, vous ririez moins et pleureriez davantage. » Les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ se couvrirent le visage et éclatèrent en sanglots. Rapporté par Al Bukhârî (n°4621) et Muslim (n°2359). C'est-à-dire : On entendit des sanglots dans leurs larmes.
La crainte désigne : Le trouble et l'agitation du cœur, son attente de la punition d'Allah pour avoir commis un acte interdit, ou délaissé une obligation, ou été négligent dans un acte recommandé, ainsi que l'appréhension qu'Allah n'accepte pas la bonne œuvre ; de sorte que l'âme s'abstienne des interdits et s'empresse vers les voies du bien.
La crainte, l'effroi, l'appréhension et l'intimidation sont des expressions aux significations proches, mais elles ne sont pas en tout point synonymes de la peur ; plutôt, la crainte est plus spécifique que la peur. En effet, la crainte est une peur d'Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) accompagnée de la connaissance de Ses attributs, comme Il (Exalté et Magnifié soit-Il) : {...De Ses serviteurs, seuls craignent Allah ceux qui Le connaissent vraiment...} [Le Créateur, 35 : 28].
Et dans le Recueil Authentique, le Prophète ﷺ a dit : « Certes, parmi vous, je suis celui qui craint le plus Allah et le plus pieux envers Lui. » Rapporté par Al Bukhârî (n°5063).
L'effroi est : Le tremblement du cœur et son déchirement au rappel de Celui dont on craint Son autorité et Sa punition.
L'appréhension est : La fuite de ce qui est répugné.
L'intimidation est : Une peur teintée de grandeur et de majesté.
Et Allah (Béni et Élevé soit-Il) est plus en droit d'être craint, et plus en droit d'être révéré et redouté.
L'Imam Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « La peur est pour l'ensemble des croyants ; la crainte révérencielle pour les savants connaisseurs, ; l'intimidation pour ceux qui L'aiment ; et l'exaltation pour les rapprochés. En effet, la peur et la crainte [révérencielle] d'Allah (Élevé soit-Il) sont proportionnelles à la science et à la connaissance que l'on a de Lui. » Madârij As-Sâlikîn (1/508).
Et, assurément, Allah a promis à quiconque Le craint que sa crainte le préserverait des désirs (et plaisirs) et le conduirait aux actes d'obéissance ; Il lui a promis la meilleure des rétributions. En effet, Il (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {À quiconque craint de comparaître devant son Seigneur est réservé deux vergers. 46 Lequel des bienfaits de votre Seigneur oserez-vous renier ? 47 Deux vergers aux branches garnies des fruits les plus variés. 48 } [Le Tout Miséricordieux, 55 : 46 à 48]. Et le terme : « Al Afnân » désigne : les belles branches verdoyantes. 'Atâ' a dit : « Chaque branche réunit diverses sortes de fruits. » At-Tafsîr Al Wasît, (4/226), d'Al Wâhidî.
Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Quant à quiconque aura craint de comparaître devant son Seigneur et aura su dominer ses passions, 40 il aura pour séjour éternel les jardins du Paradis. 41 } [Les Anges qui arrachent les âmes, 79 : 40-41]. Il (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Les uns se tourneront vers les autres et les blâmeront. 25 Certains diront : « Nous vivions sur terre au milieu des nôtres dans la crainte de notre Seigneur. 26 Mais Allah, nous comblant de Ses faveurs, nous a préservés de la chaleur de l’Enfer. 27 Nous L’implorions humblement sur terre. Il est le Bienfaiteur, le Très Miséricordieux. » 28 [At-Tûr, 52 : 25 à 28].
Allah informe donc que quiconque Le craint, alors Il le délivre des désagréments et Il lui suffit, et Il le gratifie d'une bonne issue finale.
D'après 'Abd Al ʻAzîz ibn Abî Rawwâd qui a dit : « Il m'est parvenu que le Messager d'Allah ﷺ récita ce verset : {Vous qui croyez ! Préservez-vous, ainsi que vos familles, d’un feu alimenté par les hommes et les pierres...} [L'interdiction, 66 : 6]. Certains de ses Compagnons étaient avec lui, alors un vieil homme parmi eux demanda : « Ô Messager d'Allah ! Les pierres de l'Enfer sont-elles comme les pierres d'ici-bas ? » Alors, le Prophète ﷺ répondit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Certes, un rocher de l'Enfer est plus immense que toutes les montagnes de ce bas monde réunies. » Le vieil homme tomba alors évanoui. Alors, le Prophète ﷺ posa sa main sur son cœur, et voici qu'il était encore en vie. Il l'appela et lui dit : « Ô vieil homme ! Dis : il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah. » Alors, il prononça cette parole, et le Prophète ﷺ lui annonça la bonne nouvelle du Paradis. Alors, certains de ses Compagnons demandèrent : « Ô Messager d'Allah ! Est-ce uniquement pour lui parmi nous ? » Il répondit : « Oui. Allah (Élevé soit-Il a dit : {... Telle est la récompense pour quiconque aura craint Ma présence et aura craint Ma menace. 14 } [Abraham, 14 : 14]. » Rapporté par Ibn Abî Hâtim dans son Tafsîr (7/2237).
La crainte d'Allah (Béni et Élevé soit-Il) prédominait chez les prédécesseurs ; ils s'appliquaient à bien œuvrer et espéraient la miséricorde d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il). C'est pourquoi, leur situation fut vertueuse, leur destinée heureuse, et leurs œuvres purifiées.
Une nuit, ‘Umar (qu'Allah l'agrée) faisait sa ronde lorsqu'il entendit un homme réciter la sourate : Le Mont. Il descendit donc de son âne, s'appuya contre un mur et tomba malade durant un mois ; les gens lui rendaient visite sans savoir de quelle maladie il souffrait.
Et l'Émir des croyants, 'Alî (qu'Allah l'agrée), a dit, après avoir conclu la prière de l'Aube, alors qu'un profond abattement l'avait envahi et qu'il retournait sa main : « Assurément, j'ai vu les Compagnons de Muhammad ﷺ et aujourd'hui je ne vois plus rien qui leur ressemble. Le matin, ils se trouvaient ébouriffés, émaciés et poussiéreux ; entre leurs yeux, il y avait des marques semblables aux genoux des chèvres. Ils avaient passé la nuit pour Allah, prosternés et debout, récitant le Livre d’Allah, alternant entre leurs fronts et leurs pieds. Ensuite, lorsqu'ils arrivaient au matin, ils mentionnaient Allah et oscillaient comme l’arbre oscille un jour de grand vent, et leurs yeux ruisselaient de larmes au point d'en mouiller leurs vêtements. » Rapporté par Ibn Abî Dunyâ dans : Maqtal 'Alî (n°6).
Sufyân Ath-Thawrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) tomba malade du fait de la crainte.
Lorsque 'AbdaLlah ibn Rawâhah (qu'Allah l'agrée) fit ses adieux à ses Compagnons alors qu'il s'en allait pour la bataille de Mu'tah, il pleura et déclara : « Par Allah ! Je ne pleure pas par ardent désir envers vous, ni par affliction de quitter ce bas-monde, mais je me suis rappelé un verset du Livre d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il). Allah (Glorifié soit-Il) a dit : {Et parmi vous, il n'y a personne qui ne doive le traverser [le Pont]. C'est pour ton Seigneur une décision irrévocable.} [Marie, 19 : 71]. Comment donc puis-je être sûr de [ma destination] après la traversée ? » Rapporté par At-Tabarânî dans : Al Mu'jam Al Kabîr (13/179 / n°428).
Les informations rapportées d'eux à ce sujet sont nombreuses (qu'Allah les agrée).
La crainte louable est : Celle qui pousse aux œuvres vertueuses et empêche des actes interdits. Lorsque cette crainte dépasse la mesure louable, alors elle se transforme en désespoir et en perte d'espérance en la miséricorde d'Allah, ce qui fait partie des péchés majeurs.
Ibn Rajab (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Le degré obligatoire de la crainte est celui qui pousse à accomplir les actes obligatoires et à s'éloigner des interdits. Si elle va au-delà de cela, au point d'inciter les âmes à redoubler d'efforts dans les actes d'obéissance surérogatoires, à s'abstenir des moindres choses détestables et à se garder de l'excès dans les choses permises, alors cela est une vertu louable. Mais si elle s'accroît encore au point de provoquer la maladie, la mort ou un souci constant qui empêche de s'efforcer d'acquérir les vertus requises et aimées d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il), alors elle n'est plus louable. » At-Takhwîf Min An-Nâr Wat-Ta'rîf Bi Hâl Dâr Al Bawâr (page : 28).
Abû Hafs An-Naysâbûrî a dit : « La crainte est le fouet d'Allah par lequel Il redresse ceux qui s'éloignent de Sa porte. » Et il a dit : « La crainte est une lanterne dans le cœur, par laquelle on perçoit ce qu'il contient de bien et de mal. »
Abû Sulaymân Ad-Dârânî a dit : « La crainte n'a pas quitté un cœur sans qu'il ne soit ruiné. »
Ainsi donc, le musulman est [toujours] entre deux craintes : une affaire passée, dont il ne sait pas ce qu’Allah en a décidé ; et une affaire à venir, dont il ne sait pas ce qu’Allah a décrété.
Quant à l'espoir : c'est l'aspiration à la rétribution d'Allah (Béni et Élevé soit-Il) pour les œuvres vertueuses. La condition de l'espoir est donc d'accomplir de bonnes œuvres, de s'abstenir des interdits ou de s'en repentir. En revanche, délaisser les obligations, suivre les passions, et se contenter d'espérer en Allah et de formuler des vœux ; alors cela relève de se sentir à l'abri du stratagème d'Allah et non de l'espoir. Et Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...Seuls les gens perdus se sentent à l’abri du stratagème d'Allah. 99 } [Les Murailles, 7 : 99].
Certes, Allah (Élevé soit-Il) a expliqué que l'espoir ne vient qu'après l'accomplissement des œuvres vertueuses et qu'il n'existe pas sans elles. Il (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Ceux qui récitent le Livre d’Allah, qui accomplissent la prière et qui, discrètement ou publiquement, offrent par charité une partie de ce qu’Il leur a accordé, peuvent espérer des gains impérissables 29 } [Le Créateur, 35 : 29]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Quant aux croyants qui ont émigré et lutté pour la cause d’Allah, ils peuvent espérer en la miséricorde du Seigneur qui est Très Clément et Très Miséricordieux. 218 } [La Vache, 2 : 218].
L'espoir est une adoration qui ne doit être consacrée qu'à Allah (Élevé soit-Il) ; par conséquent, quiconque place son espoir en autre que Lui, alors assurément il a associé à Lui. Il (Élevé soit-Il) a dit : {... « Quiconque donc espère rencontrer son Seigneur, qu'il accomplisse de bonnes œuvres et n’associe nulle divinité au culte de son Seigneur. » 110 } [La Caverne, 18 : 110].
Et l'espoir est un moyen de se rapprocher d'Allah ; en effet, il est rapporté dans le hadith de la part d'Allah (Béni et Élevé soit-Il) : « Je suis à l’égard de Mon serviteur selon ce qu’il pense de Moi et Je suis avec lui lorsqu’il M’évoque. » Rapporté par Al Bukhârî (n° 7405) et Muslim (n° 2675).
L'obligation est de réunir entre la crainte et l'espoir. Et la plus complète des situations du serviteur est l'amour d'Allah (Élevé soit-Il) avec le juste milieu entre la crainte et l'espoir. Telle est la situation des Prophètes (paix et salut sur eux) et des croyants. Allah (Élevé soit-Il) a dit à leur sujet : {Tous s’empressaient d’accomplir le bien et Nous invoquaient pleins d’espoir et de crainte. Tous se soumettaient humblement à Notre volonté. 90 } [Les Prophètes, 21 : 90]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Ceux qui, après s’être arrachés à leurs lits, prient leur Seigneur, remplis de crainte et d’espoir, et qui offrent une partie de ce que Nous leur avons accordé par charité. 16 } [La Prosternation, 32 : 16].
Ainsi donc, lorsque le musulman connaît l'étendue de la miséricorde d'Allah, Son immense générosité, Son pardon des graves péchés, la vasteté de Son Paradis et Sa rétribution abondante, alors son âme s’apaise et se laisse aller à l’espoir et à l'aspiration du bien immense qu'il y a auprès d’Allah. Et lorsqu’il connaît la grandeur de la punition d’Allah, la rigueur de Sa sanction et de Sa saisie, la difficulté de Son jugement, les affres de la Résurrection, l'atrocité de l'Enfer et les divers types de supplices qui s'y trouvent, alors son âme se retient, se réprime, prend garde et craint. C'est pourquoi, il est rapporté dans le hadith d’Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si le croyant savait ce qu’il y a auprès d’Allah comme punition, personne n’espérerait Son Paradis. Et si le mécréant savait ce qu’il y a auprès d’Allah comme miséricorde, personne ne désespérerait de son Paradis. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6469) et Muslim (n°2755).
Et, certes, Allah a souvent associé le pardon et le châtiment dans le Livre d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) ; en effet, parmi ce qu'Il a dit (Béni et Élevé soit-Il) : {Car, si ton Seigneur est toute clémence envers les hommes, malgré leurs iniquités, Il est aussi terrible lorsqu’Il décide de châtier. 6 } [Le Tonnerre, 13 : 6]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Sachez qu’Allah est implacable lorsqu’Il décide de châtier, mais qu’Il est aussi Très Clément et Très Miséricordieux. 98 } [La Table Servie, 5 : 98].
Al Ghazzâlî (qu'Allah lui fasse miséricorde) rapporte que Makhûl Ad-Dimachqî a dit : « Quiconque adore Allah par la crainte seule est un Harûrî ; quiconque adore Allah par l'espoir seul est un Murji' ; quiconque adore Allah par l'amour seul est un Zindîq ; mais quiconque L'adore par la crainte, l'espoir et l'amour, alors c'est un monothéiste Sunnî. » Voir : Majmû' Al Fatâwâ (10/81).
L'imam Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Dans son cheminement vers Allah (Exalté et Magnifié soit-Il), le coeur est à l’image d’un oiseau : l’amour est sa tête, et la crainte et l’espoir sont ses deux ailes. Quand la tête et les ailes sont saines, alors l’oiseau vole parfaitement ; quand la tête est coupée, alors l’oiseau meurt ; et quand il perd ses ailes, alors il devient la proie de tout chasseur et prédateur. » Madârij As-Sâlikîn (1/513).
Cependant, les prédécesseurs ont jugé préférable qu'en bonne santé, le pan de la crainte prédomine sur celui de l'espoir, et qu'au moment de quitter ce monde, le pan de l'espoir prédomine sur celui de la crainte. En effet, l'amour est la monture, l'espoir est le héraut et la crainte est le conducteur. Et Allah est Celui qui fait parvenir par Sa faveur et Sa grâce. Allah (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Informe Mes serviteurs que Je suis le Très Clément, le Très Miséricordieux 49 mais aussi que Mon châtiment est des plus douloureux. 50 } [Hégra, 15 : 49-50].
Qu'Allah nous bénisse, vous et moi, par le Coran majestueux et qu'Il nous fasse bénéficier, vous et moi, de ses versets et de son Rappel sage. Je dis ces paroles que voici et j'implore Allah, l'Immense, de me pardonner, ainsi qu'à vous et à l'ensemble des musulmans, pour tout péché. Implorez donc Son pardon. Certes, Il est le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Détenteur de la Majesté et de la Noblesse, et de la Puissance inaccessible. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Tout-Puissant, Détenteur de la Vengeance. Et j'atteste que notre Prophète et notre Maître Muhammad est Son serviteur et Son Messager, envoyé comme miséricorde pour les mondes. Ô Allah ! Prie sur lui, salue-le et bénis Ton serviteur et Ton Messager Muhammad, ainsi que sa famille et ses nobles Compagnons.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah, ô Musulmans, espérez Sa rétribution, craignez Sa punition, et écoutez la parole d'Allah (Béni et Élevé soit-Il) : {Sachez qu’Allah est implacable lorsqu’Il décide de châtier, mais qu’Il est aussi Très Clément et Très Miséricordieux. 98 } [La Table Servie, 5 : 98]. Craignez Sa punition et espérez Sa miséricorde et Sa rétribution.
Il est [authentiquement] attesté d'après An-Nu'mân ibn Bachîr (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et on père) qu'il a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Au Jour de la Résurrection, le moins châtié des gens de l’Enfer sera un homme sous la plante des pieds de qui auront été placées deux braises qui lui feront bouillir le cerveau. Il pensera que personne n’a un châtiment aussi dur que le sien, alors qu’il sera certainement le moins châtié d’entre eux. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6561) et Muslim (n°213).
Et d'après Al Mughîrah ibn Chu'bah (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Moïse (paix sur lui) demanda à son Seigneur : « Quel est celui dont le rang est le plus bas parmi les gens du Paradis ? » Il répondit : « C’est un homme qui viendra après qu’on aura fait entrer les gens du Paradis au Paradis. » On lui dira : « Entre au Paradis ! » Il répliquera : « Seigneur ! Comment cela, alors que les gens ont occupé leurs places et pris leur dû ?! » On lui dira : « Serais-tu satisfait de posséder l’équivalent du royaume d’un des rois de la Terre ? » Il s’exclamera : « J’en serais satisfait, ô Seigneur ! » Le Seigneur (Béni et Élevé soit-Il) dira : « Cela est à toi, ainsi que son équivalent, son équivalent, son équivalent et encore son équivalent ! » À la cinquième reprise, il s’exclamera : « Cela me satisfait, ô Seigneur ! » Il dira : « Cela t’appartient et dix fois son équivalent. En outre, tu auras ce que ton âme désire et ce qui plaît à ton regard. » Il dira : « Cela me satisfait, ô Seigneur ! » Rapporté par Muslim (n°189).
La crainte du châtiment d'Allah et l'espoir en Sa récompense sont une chose indispensable pour la rectitude du musulman. Et à notre époque où la dureté, l'insouciance et l'amour de ce bas-monde ont envahi les cœurs, et où la plupart des serviteurs se sont enhardis à commettre péchés et méfaits, le pan de la crainte est renforcé afin que les âmes se redressent et que les cœurs se purifient. Puis, au moment de quitter ce bas-monde, on fait prédominer l'espoir, en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Qu'aucun d'entre vous ne meure sans avoir une bonne opinion de son Seigneur. » Rapporté par Muslim (n°2877).
La crainte d'Allah implique de s'acquitter des droits d'Allah (Élevé soit-Il) et éloigne le musulman de toute négligence à leur égard ; elle préserve le serviteur de l'injustice et de l'agression envers les autres serviteurs et le pousse à rendre les droits à leurs détenteurs sans les léser ou les négliger. Elle empêche le musulman de se laisser entraîner par les passions et les interdits, le met en garde contre ce bas-monde, ses tentations et ses artifices, et lui inspire le désir de l'au-delà et de ses délices.
Quiconque affirme l’Unicité d’Allah (Béni et Élevé soit-Il) et qu’Allah l’a protégé du sang, des biens et de l’honneur des gens, alors assurément il sera délivré de la calamité de ce bas monde, des angoisses de l’au-delà et du châtiment d’Allah (Béni et Élevé soit-Il), et il réussira dans l'obtention du Paradis dont les délices ne s’épuisent ni ne disparaissent jamais.
Serviteurs d'Allah ! {Certes, Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56]. Priez sur lui et saluez le maître des premiers et des derniers et l'Imam des Envoyés.
Ô Allah ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad.
***
Titre du sermon
Le Coran... Ô Communauté de l'Islam.
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, l'Indulgent, le Très-Miséricordieux, le Détenteur de la faveur et de la grâce immense. À Lui la louange, gloire à Lui jusqu'à ce qu'Il soit satisfait ; à Lui la louange lorsqu'Il est satisfait, et à Lui la louange après Sa satisfaction ; à Lui la louange en toute circonstance. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager, Son ami intime et Son élu parmi Sa création, le meilleur de ceux qui ont prié pour Allah et jeûné, et le plus excellent de ceux qui ont récité le Livre de leur Seigneur et veillé en prière. Il a transmis le Message, a conseillé la Communauté et a lutté pour la cause d'Allah d'une véritable lutte. Que les prières d'Allah et Son salut soient sur lui, ainsi que sur les membres de sa famille, les bons et les purs, sur ses Compagnons nobles et bénis, et sur quiconque suit leur voie et leur guidée jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue pleinement et abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô gens ! Je vous enjoins donc ce qu'Allah a enjoint aux premiers et aux derniers dans Sa Révélation explicite : {... Et, assurément, Nous avons ordonné à ceux qui ont reçu les Ecritures avant vous et à vous-mêmes de craindre Allah. ... } [Les Femmes, 4 : 131].
Ô Musulmans !
Certes, sans le Coran, l'individu est comme la vie sans eau ni air ; le Coran est l'âme de la vie et la lumière de la guidée, le meilleur compagnon dont le discours ne lasse jamais, et sa récitation assidue accroît la beauté et la splendeur de la personne.
C'est le Livre ; quiconque se lève pour le lire, c'est comme s'il s'adressait au Tout-Miséricordieux par les paroles. {... Assurément, Notre Messager est venu à vous, vous exposant une grande partie des Ecritures que vous cachiez et se taisant sur nombre de vos dissimulations. Vous sont venus de la part d’Allah une lumière et un livre aux enseignements parfaitement clairs 15 par lequel Allah montre les voies du salut à ceux qui cherchent à Lui plaire, qu’Il fait sortir par Sa grâce des ténèbres vers la lumière et auxquels Il indique le droit chemin. 16 } [La Table Servie, 5 : 15-16].
Abû Jahl entra auprès d'Al Walîd ibn Al Mughîrah pour l'encourager contre le Prophète ﷺ et contre ce qu'il avait apporté du Coran. Alors, Abû Jahl a dit à Al Walîd : « Dis à son sujet des propos qui feront savoir à ton peuple que tu le hais. » Il répondit : « Et que dirais-je ? Par Allah ! Il n'y a parmi vous aucun homme plus savant que moi en poésie, ni en ses mètres, ni en ses odes, ni même en la poésie des djinns. Par Allah ! Ce qu'il dit ne ressemble en rien à tout cela. Et par Allah ! Certes, sa parole a une douceur et certes, elle est parée d'une splendeur. Certes, sa cime est fructueuse, et sa base est abondante. Et, certes, elle s'élève et ne peut être surpassée, et elle anéantit ce qui est en dessous d'elle. »
Ô serviteurs d'Allah ! Oui. Tel est le Coran : Il a stupéfié les esprits, Il a fait pleurer les yeux, Il a ravi les intelligences et les cœurs ; et devant lui, les têtes de la mécréance se sont inclinées. {Tu vois les yeux de certains d’entre eux déborder de larmes en écoutant les versets révélés au Messager où ils reconnaissent la vérité. Ils disent : « Seigneur ! Nous croyons en cette révélation. Veuille nous inscrire au nombre de ceux qui témoignent de son authenticité. » 83 } [La Table Servie, 5 : 83].
Al Bukhârî et Muslim rapportent dans leurs Recueils Authentiques respectifs que le Messager d’Allah ﷺ partit avec un groupe de ses Compagnons en direction du marché de ‘Ukâz. Or, les diables avaient été empêchés d'accéder aux informations du Ciel et des météores avaient été lancés contre eux. Les diables retournèrent donc auprès des leurs qui leur demandèrent : « Que vous arrive-t-il ? » Ils répondirent : « On nous a empêchés d'accéder aux informations du Ciel. » Il dit : « Seul un événement majeur a pu vous empêcher d'accéder aux informations du Ciel. Parcourez donc la Terre d'Est en Ouest et voyez quel est cet événement qui s'est produit. » Ils se dispersèrent alors, parcourant la Terre d'Est en Ouest afin de découvrir ce qui les avait empêchés d'accéder aux informations du Ciel. Le groupe qui s'était dirigé vers la région de Tihâmah parvint jusqu'au Messager d’Allah ﷺ à Nakhlah, alors qu'il se dirigeait vers le marché de ‘Ukâz et qu'il dirigeait la prière de l'aube (Salât Al Fajr) pour ses Compagnons. Lorsqu'ils entendirent le Coran, ils l'écoutèrent attentivement et dirent : « Voilà ce qui vous a empêchés d'accéder aux informations du Ciel. »
C’est alors qu’ils revinrent vers leur peuple et déclarèrent : {... Alors, ils dirent : « Nous avons entendu une lecture étonnante 1 propre à assurer notre salut et à laquelle nous avons cru. Nous n’associerons donc nulle divinité au culte de notre Seigneur ! » 2 } [Les Djinns, 72 : 1-2].
Ceci est la situation des gens avec le Livre de leur Seigneur - les hommes et les djinns, les croyants et les mécréants - ; {Certes, ce Coran guide les hommes vers la voie la plus droite. Il annonce aux croyants qui accomplissent le bien une immense récompense 9 } [Le Voyage Nocturne, 17 : 9].
Certes, il n'y a rien de plus bénéfique pour le serviteur dans sa vie mondaine et son au-delà, et qui le rapproche plus de son salut dans les deux demeures, que la récitation du Livre de son Seigneur durant la nuit et aux extrémités du jour, le fait de le méditer, de passer du temps à le contempler, et de rassembler sa pensée sur les significations de ses versets ; car cela fait découvrir au serviteur les principes fondamentaux du bien et du mal et l'état de leurs partisans, lui montre l'image de ce bas-monde dans son cœur, le transporte au milieu des nations passées, et lui montre les jours d'Allah à leur égard et les châtiments exemplaires qui se sont abattus sur eux ou à proximité de leurs demeures.
Ainsi donc, quiconque médite voit la noyade du peuple de Noé, saisit l'impact de la foudre qui frappa les 'Âd et les Thamûd, connaît la noyade de Pharaon et l'engloutissement de Hâmân, et il comprend la nature de la voie du mal et l'issue finale de ses adeptes, ainsi que la nature de la voie du bien et la destinée des ses tenanciers. {... Nul ne soit lésé par ton Seigneur.} [La Caverne, 18 : 49].
Allah a fait de ce Livre un discernement entre la Vérité et le Faux : quiconque y cherche la guidée, Allah lui accorde la puissance, et quiconque la cherche ailleurs qu'en lui, Allah l'humilie.
'Umar (qu'Allah l'agrée) rencontra Nâfi’ ibn ‘Abd Al Hârith à ‘Usfân, qu’il avait nommé gouverneur de La Mecque. ‘Umar lui demanda : « Qui as-tu désigné pour diriger les gens de la vallée ? » Il répondit : « Ibn Abzâ. » ‘Umar reprit : « Et qui est Ibn ‘Abzâ ? » Nâfi’ expliqua : « Un esclave affranchi parmi nos affranchis. » ‘Umar s’étonna : « Tu as confié la direction à un esclave affranchi !? » Nâfi’ répondit : « C’est un lecteur du Livre d’Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) et un savant en matière de succession. » Alors, ‘Umar déclara : « Quant à votre Prophète, asurément il a dit : » « Certes, par ce Livre, Allah élève des gens et en rabaisse d’autres. » Rapporté par Muslim (n°817).
Certes, Il est la Lumière dont les flambeaux ne s'éteignent jamais, et la Voie dont celui qui la suit ne s'égare point. Il est le matériau de la foi, la fontaine de la science, le banquet des savants, le printemps des cœurs, la constitution de la vie dans son intégralité, et la guérison après laquelle ne subsiste nulle maladie. {... « Dis-leur : « Le Coran est un guide pour les croyants qu’il guérit de tous les maux. Quant à ceux qui ont rejeté la foi, ils sont aveugles et sourds à ce message, comme s’ils étaient appelés d’un lieu éloigné. » 44 } [Les Versets Détaillés, 41 : 44].
Un Livre préservé par la protection d'Allah, que ne peuvent modifier ni l'altération des falsificateurs, ni l'interprétation des partisans du faux, ni l'obstination des renégats. Il s'élève au-dessus de tout et rien ne peut lui être supérieur. Les partisans de l'erreur aimeraient pouvoir laver ses versets et ses préceptes avec l'eau de la mer afin d'en effacer toute trace de l'existence, mais Allah est souverain en Son commandement, et Il est Celui qui dit : {C’est Nous, en vérité, qui avons révélé le Coran et c’est Nous qui veillons à son intégrité. 9 } [Hégra, 15 : 9].
Yahyâ ibn Aktham a dit : Al Ma’mûn – qui était alors émir – tenait une assemblée de discussion. Un homme juif entra parmi les gens. Il parla et s’exprima avec une grande éloquence et clarté. Lorsque l’assemblée fut levée, Al Ma’mûn le convoqua et lui demanda : « Es-tu Israélite ? » L’homme répondit : « Oui. » Il lui dit : « Accepte l'Islam et je te comblerai de faveurs. » Il lui fit cette promesse, puis l'homme se retira.
Un an plus tard, il revint en tant que musulman. Al-Ma'moun le convoqua et lui dit : « N'es-tu pas notre interlocuteur d'hier ? » Il répondit : « Si. » Il demanda : « Quelle est donc la raison de ta conversion à l'Islam ? » Il répondit : « Après m'être retiré de votre présence, j'ai voulu mettre ces religions à l'épreuve. Et je suis, comme vous pouvez le constater, un bon calligraphe. Je me suis alors tourné vers la Torah et j'en ai écrit trois copies dans lesquelles j'ai fait des ajouts et des suppressions, puis je les ai apportées à la synagogue, et elles me furent achetées. Puis, je me suis tourné vers l'Évangile, j'en ai écrit trois copies dans lesquelles j'ai fait des ajouts et des suppressions, et je les ai apportées à l'église, où elles me furent également achetées. Enfin, je me suis tourné vers le Coran, et j'en ai fait trois copies où j'avais aussi fait des ajouts et des suppressions, et je les ai apportées aux libraires. Ils les ont feuilletées et, lorsqu'ils y ont trouvé les ajouts et les suppressions, ils les ont rejetées et ne les ont pas achetées. J'ai alors su que ce Livre est préservé, et ce fut la raison de ma conversion à l'Islam. » Dalâ'il An-Nubuwwah (7/159-160), d'Al Bayhaqî.
{Ceux-là ont renié le Coran qui leur a été apporté alors qu’il est un livre inaltérable, 41 inaccessible au faux, d’où qu’il vienne, étant une révélation du Seigneur infiniment Sage et digne de toutes les louanges. 42 } [Les Versets Détaillés, 41 : 41-42].
Voici le noble Livre d'Allah que l'Esprit fidèle a fait descendre ; qu'allons-nous donc en faire !? Sera-t-il notre guide et notre constitution dans nos demeures et nos voyages, dans notre colère et notre satisfaction, dans notre entrain et notre contrainte !? Ou bien ne sera-t-il qu'un invité sur les étagères, que l'on honore seulement durant le mois de Ramadan !?
Nous attacherons-nous à lui et nous cramponnerons-nous à ses lumières de toute notre force [littéralement : avec les molaires] ? Ou serons-nous tels les chameaux dans le désert que la soif tue, alors que l’eau est portée sur leur dos !? Ou bien nos oreilles seront-elles comme des entonnoirs, où les versets entrent par la droite pour ressortir par la gauche.
Muslim rapporte dans son Recueil Authentique qu'Allah a dit à son Prophète ﷺ : « Je ne t'ai envoyé que pour t'éprouver et éprouver [les gens] à travers toi, et J'ai fait descendre sur toi un Livre que l'eau ne peut laver, tu le liras dans ton sommeil et en état de veille. » Muslim (n°2865).
Al Hasan Al Basrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Certes, ce Coran est lu par des serviteurs et de jeunes gens qui n'ont aucune connaissance de son exégèse. Or, méditer ses versets ne consiste qu'à le mettre en pratique, et non à mémoriser ses lettres tout en négligeant ses préceptes. L'un d'eux va jusqu'à dire : Assurément, j'ai lu le Coran en entier sans en omettre la moindre lettre. Pourtant, par Allah, il l'a entièrement délaissé, car on ne retrouve l'effet de sa lecture ni dans son comportement ni dans ses œuvres. Un autre dira même : Je suis capable de réciter une sourate en une seule respiration. Par Allah ! Ceux-là ne sont ni des récitateurs, ni des savants, ni des sages, ni des gens scrupuleux. » Az-Zuhd (n°793), d'Ibn Al Mubârak.
Serviteurs d’Allah ! Craignez donc Allah et rapprochez-vous de Son Livre par la récitation, la méditation, la mise en pratique et la bonne direction. {C’est ainsi que Nous avons confié le Livre à ceux de Nos serviteurs que Nous avons élus. Certains, parmi eux, sont injustes envers eux-mêmes, d’autres choisissent une voie médiane, tandis qu’un groupe, par la grâce d’Allah, devance tous les autres par ses bonnes œuvres. C’est là, en vérité, une faveur insigne. 32 } [Le Créateur, 35 : 32].
Qu'Allah nous bénisse, vous et moi, par le Coran majestueux et qu'Il nous fasse bénéficier, vous et moi, de ce qu'il contient comme versets et Rappel sage. Assurément, j'ai dit ce que j'ai dit, s'il s'y trouve ce qui est juste, alors cela provient d'Allah ; et s'il s'y trouve une erreur, alors cela provient de moi-même et de Satan. Et j'implore le pardon d'Allah. Certes, Il est le Grand Pardonneur.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance et le remerciement Lui revient pour Sa réussite et sa gratification accordées.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Serviteurs d'Allah ! Craignez donc Allah et profitez de cette vie pour la récitation de Son Livre et la méditation de ses versets, en vous abreuvant de ses leçons et de ses exhortations ; en effet, il contient les récits de ceux qui nous ont précédés, l'annonce de ce qui viendra après nous, et le jugement sur nos affaires. Bonheur donc à quiconque médite le Livre de son Seigneur d'une véritable méditation et félicitation pour quiconque dont la peau frissonne, ensuite elles s'adoucissent ainsi que leur coeur au rappel d'Allah. {Voilà assurément une leçon pour quiconque est doué de raison et prête une oreille attentive. 37 } [Qâf, 50 : 37].
Et peut-être la communauté de l’Islam vit-elle, après ces événements précipités et ces sombres tourmentes, de nouvelles formes de méditation et de réflexion profonde du Livre de son Seigneur, comme si sa condition même disait : « Comme la nuit ressemble à la veille, et le jour d'aujourd'hui à celui d'hier ; voici que l'histoire se répète. »
Oui, son état semble dire : Assurément, nous pensions que Pharaon, Qârûn, Hâmân, Nemrod et Dhû-Nuwâs appartenaient à une Histoire révolue, et qu’ils ne reviendraient jamais au fil du temps. Pourtant, la communauté musulmane est aujourd’hui témoin de plus d’un Pharaon, de ceux qui bafouent la vie et l’honneur, se montrent arrogants sur la Terre, divisent les habitants en clans, exploitent la faiblesse de certains, égorgent leurs fils et laissent en vie leurs femmes.
Oui, assurément, nous avons lu les crimes de Pharaon et nous avons pensé qu'il s'agissait là de récits sans pareil. Pourtant, nous avons été témoins du meurtre et de l'expulsion ; les multitudes de musulmans ont été témoins de l'injustice, de l'oppression et de la violation de l'honneur. Nous avons vu des gens être enterrés vivants, d'autres être sciés, et d'autres encore être brûlés par le feu. C'est comme si les scènes des gens de Pharaon, des gens du Fossé et de la plus sombre Ignorance se déroulaient sous nos yeux, alors qu'elles n'étaient auparavant que des récits que l'on récitait et entendait.
Si le premier Pharaon a dit à son peuple : « Vous n’avez pas, que je sache, un autre dieu que moi ! », nous avons bel et bien vu et entendu des paroles semblables aux siennes. Les gens ont été éprouvés par la déification de leurs tyrans, qui les ont contraint à se prosterner devant leurs images et ont détruit le pays et ses habitants par vengeance, injustice et agression, pour que de tels individus soient le souverain absolu, comme si eux et leurs semblables renouvelaient la parole du premier Pharaon : {... « Je ne vous recommande que ce que j’estime bénéfique pour vous et vous indique seulement la meilleure décision à prendre. » 29 } [Le Pardonneur, 40 : 29]. {Le Coran que voici expose aux fils d’Israël la plupart des sujets qui les opposent. 76 Il est aussi, pour les croyants, un guide et une miséricorde. 77 } [Les Fourmis, 27 : 76-77].
{Les grands d’Égypte dirent à Pharaon : « Vas-tu laisser Moïse et son peuple corrompre le pays et délaisser ton culte et celui de tes divinités ? » Il répondit : « Nous allons, au contraire, massacrer leurs fils et n’épargner que leurs filles. Ils sont en effet sous notre domination et à notre merci. » 127 Moïse dit à son peuple : « Supportez patiemment cette épreuve en implorant l’aide d’Allah. Et sachez que la terre appartient à Allah qui en fait hériter qui Il veut parmi Ses serviteurs. Une fin heureuse est toujours réservée à ceux qui craignent le Seigneur. » 128 Ils dirent : « Nous étions persécutés avant ton arrivée et le sommes encore aujourd’hui. » « Il se peut, répondit Moïse, que votre Seigneur anéantisse votre ennemi et vous fasse hériter d’une terre afin de voir comment vous vous comporterez. » 129 } [Les Murailles, 7 : 127 à 129].
Ceci : Priez – qu’Allah vous accorde Sa miséricorde – sur la meilleure des créatures et l’être humain le plus pur : Muhammad ibn 'AbdiLlah, le détenteur du Bassin et de l’Intercession. Assurément, Allah vous a ordonné un ordre qu’Il a Lui-même initié, suivi par Ses anges qui proclament Sa gloire, et Il s’est adressé à vous, ô croyants, Il (Magnifié et Élevé soit-Il) a dit : {... Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement 56 } [Les Coalisés, 33 : 56]. Et il ﷺ a dit : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » Muslim (n°408).
***
Titre du sermon
Ne méditent-ils donc pas sur le Coran?
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, le Puissant, le Grand Pardonneur, l'Unique, le Dominateur Suprême, le Sublime, le Contraignant, {Il a créé les cieux et la terre selon une sagesse infinie. Il couvre le jour de l’obscurité de la nuit et celle-ci de la lumière du jour, dans une ronde incessante. Il a soumis le soleil et la lune à des lois, l’un et l’autre poursuivant leur course jusqu’à un terme préétabli. Il est, en vérité, le Puissant, le Grand Pardonneur. 5 } [Les Groupes, 39 : 5].
J’atteste qu’il n'y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, le Seul, sans associé, et nous n’avons pas de Seigneur hormis Lui. {... Il sait ce que porte chaque femelle, et si la grossesse s’interrompra ou se prolongera. A toute chose, Il a assigné une mesure et un terme.} [Le Tonnerre, 13 : 8].
Et j’atteste que Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager, Son élu et Son ami intime, l'Élu, le Choisi. Qu'Allah prie sur lui, le salue et le bénisse, ainsi que sa famille, les purs, ses Compagnons, les meilleurs, les Successeurs, et quiconque les suit en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue pleinement et abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Craignez donc Allah et méditez le Coran, car ce n'est que par la méditation du Coran que les cœurs se purifient et sont en bonne santé : {Ne méditent-ils donc pas le Coran ? Ou bien leurs cœurs sont-ils à ce point fermés à toute exhortation ? 24 } [Muhammad, 47 : 24]. Purifiez vos âmes et assainissez-les par les aumônes : {Prélève sur leurs biens une aumône propre à les purifier de leurs péchés et à les rendre plus vertueux...} [Le Repentir, 9 : 103]. Et apprenez ce qui vous est bénéfique et vous élève : {Allah élèvera le rang de ceux d’entre vous qui ont cru et acquis la connaissance...} [La Discussion, 58 : 11]. Luttez contre l'âme incitatrice au mal pour la cause d'Allah : {Ceux qui luttent pour Notre cause seront certainement guidés vers le droit chemin. Allah, en vérité, soutient toujours les hommes de bien. 69 } [L'Araignée, 29 : 69].
Groupes de nobles musulmans ! l n'échappe à aucun musulman que le rappel d'Allah (Béni et Élevé soit-Il) est la meilleure œuvre que le serviteur puisse accomplir afin de fructifier ses moments méritoires ; en effet, il est rapporté dans le bon hadith : « Ne vous indiquerais-je pas la meilleure de vos œuvres, la plus pure auprès de votre Souverain, et qui vous élève le plus dans vos degrés ? Celle qui est meilleure pour vous que de dépenser de l’or et de l’argent, et qui est meilleure pour vous que d’affronter votre ennemi de sorte que vous frappiez leurs cous et eux-mêmes frappent vos cous ? » Ils dirent : « Oh que si ! » Il répondit : « Le rappel d’Allah (Élevé soit-Il). » Rapporté par At-Tirmidhî (n°3377) ; Ahmad (n°27525) ; et Ibn Mâjah (n°3790). Et Al Albânî l'a authentifié.
Il n'y a aucun doute, ô serviteurs d'Allah, que le meilleur rappel est la lecture du Noble Coran. Le Noble Coran est : le compagnon des cœurs et leur quiétude ; le confident des âmes et leur esprit ; la lumière des poitrines et leur épanouissement ; le délice des esprits et leur nourriture. {Ne leur suffit-il pas que, par un effet de Notre miséricorde, Nous t’ayons révélé le Livre qui leur est récité et qui exhorte les croyants à la piété ? 51 } [L'Araignée, 29 : 51].
Le Coran explicite : Il est une bonne direction dont les lumières ne s'éteignent jamais, un océan dont les secrets sont inépuisables, une voie dont le phare n'égare point, une preuve évidente dont l'argument est invincible, et une gloire dont les partisans ne sont jamais défaits. {Un livre aux versets clairement présentés, récités en langue arabe et destiné à des hommes capables de les méditer. 3 } [Les Versets Détaillés, 41 : 3]. {Et assurément, Nous leur avions révélé, en toute connaissance, un livre aux enseignements parfaitement clairs qui fut un guide et une miséricorde pour les croyants. 52 } [Les Murailles, 7 : 52].
Le Coran glorieux : Il est une gloire impérissable pour quiconque le prend pour guide, une échelle qui mène aux sommets pour quiconque la gravit, et une guidée droite pour quiconque la recherche. Sa récitation est une élévation en degrés, sa méditation une source d'ouvertures, et chacune de ses lettres vaut dix bonnes actions. {Voici un livre béni que Nous t’avons révélé afin que les hommes en méditent les enseignements et que ceux qui sont doués de raison en tirent des leçons. 29 } [Sâd, 38 : 29].
Le Coran noble : Il est le droit chemin que les opinions ne font pas dévier, le Rappel sage que les passions n'égarent point, et le Livre prodigieux dont les savants ne se lassent jamais. Quiconque s'exprime par lui est véridique, quiconque juge par lui est juste, et quiconque le met en pratique est récompensé. Plus les intelligences s'adonnent à sa réflexion, plus il leur accroît la guidée et la clairvoyance. {Et voici un livre béni que Nous avons également révélé. Conformez-vous donc à ses enseignements et gardez-vous de transgresser ses commandements dans l’espoir d’être touchés par Notre grâce. 155 } [Les Bestiaux, 6 : 155.]
Le Coran sage : Son architecture est robuste, son éloquence est éclatante, son argumentation est puissante, son autorité est manifeste et ses significations sont belles. {... Un livre aux versets parfaitement structurés et aux enseignements clairement exposés, émanant de Celui qui est infiniment Sage et qui connaît les réalités les mieux cachées. 1 } [Hûd, 11 : 1].
Le Coran noble : ses noms sont nombreux, ses épithètes multiples et ses attributs variés. Il est le Noble Coran, le Livre Puissant, la Lumière Éclatante, le Rappel Sage, le Discernement, l'Esprit et la Clarification. Il est le Glorieux et le Puissant, le Sublime et le Béni. Il est la Clairvoyance, la Guérison et les Signes Évidents. Il est le Préservé, le Prédominant et Celui qui est rendu aisé pour le Rappel. Il est la Corde Solide d'Allah, le Droit Chemin, l'Anse la plus Sûre, la Bonne Parole, l'Exhortation et le Rappel. Il est l'Annonciateur, l'Avertisseur et la Bonne Nouvelle. Il est la Révélation, la Miséricorde et la Guidée. Il est la Vérité, la Parole Décisive, la Révélation Puissante que le faux n'atteint ni par-devant ni par-derrière. Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) a juré par lui en disant : {Yâ-Sîn 1 Par le Coran aux enseignements riches en sagesse ! 2 } [Yâ-Sîn, 36 : 1-2]. Allah (Élevé soit-Il) S'est Lui-même loué pour sa Révélation, et Il a dit : {Louange à Allah pour avoir révélé à Son serviteur le Coran qui, par Sa grâce, ne s’écarte jamais de la vérité. 1 } [La Caverne, 18 : 1].
Et Il a proclamé la grandeur de Sa haute Essence par Sa Révélation ; en effet, Il a dit : {Béni soit Celui qui a révélé à Son serviteur le Livre permettant de discerner le vrai du faux afin qu’il avertisse l’Humanité. 1 } [Le Discernement, 25 : 1]. Et pour mettre en relief Sa grandeur, Il a dit : {Et assurément, Nous t’avons donné les sept versets sans cesse répétés et le glorieux Coran. 87 } [Hegra, 15 : 87]. Il a exalté l'élévation de Sa position et de Sa noblesse ; en effet, Il a dit : {Cette révélation, sur laquelle on t’interrogera un jour, fera sans aucun doute ta gloire et celle de ton pays. 44 } [L'Ornement, 43 : 44]. Il a expliqué qu'il est le plus beau et le meilleur discours ; en effet, Il a dit : {Allah a révélé le plus sublime des messages, un livre dont les versets se ressemblent et les préceptes se répètent. Ceux qui craignent leur Seigneur en sont saisis de frissons avant que leurs peaux et leurs cœurs ne s’apaisent à l’évocation de Sa miséricorde. Voilà une grâce qu’Allah accorde à celui qu’Il veut guider. Quant à celui qu’Allah laisse s’égarer, nul ne saurait le guider. 23 } [Les Groupes, 39 : 23]. Et Il lui a écrit l'élévation et l'éminence ; en effet, Il a dit : {Hâ-Mîm 1 Par le Livre parfaitement clair ! 2 Nous avons révélé le Livre sous forme d’une récitation en langue arabe afin que vous en compreniez la signification. 3 Il est auprès de Nous, dans le Livre archétype, plein de majesté, de sagesse et de perfection. 4 } [L'Ornement, 43 : 1 à 4]. Et Il l'a décrit comme étant un esprit, une lumière et une guidée. En effet, Il (Élevé soit-Il) a dit : {Ainsi, Nous te révélons un livre venant de Nous. Avant cela, tu ne connaissais ni les Écritures ni la véritable foi. Mais Nous en avons fait une lumière qui guide ceux que Nous choisissons parmi Nos serviteurs. En vérité, tu conduis les hommes sur le droit chemin. 52 } [La Consultation, 42 : 52].
Et, dans la sourate : L'Évènement, Allah (Élevé soit-Il) a juré par un juron par lequel Il n'a jamais juré auparavant ni il n'y en a de semblable. Il (Magnifié et Élevé soit-Il) a dit : {Je jure par la position des étoiles 75 certes, c’est un serment des plus solennels, si vous saviez - 76 } [L'Événement, 56 : 75-76]. Le serment est donc des plus solennels pour être à la mesure de la grandeur de la réponse du serment, qui est Sa parole (Élevé soit-Il) : {Certes, c'est vraiment un Coran noble 77 } [L'Evénement, 56 : 77].
Aini donc, Allah (Élevé soit-Il) jure solennellement que ce Coran est noble et d'une grande générosité. En outre, cette générosité abondante du Coran contient une bénédiction immense. Médite Sa parole (Élevé soit-Il) : {Voici un livre béni que Nous t’avons révélé afin que les hommes en méditent les enseignements et que ceux qui sont doués de raison en tirent des leçons. 29 } [Sâd, 38 : 29]. Une chose bénie est celle qui est remplie de bénéfices. C'est-à-dire : une petite quantité d'une chose bénie est meilleure qu'une grande quantité de ce qui est dénué de toute bénédiction. Ainsi donc, si le don coranique était infime, mais qu'il renfermait une bénédiction, alors il serait d'un immense avantage et d'une grande utilité. Que dire alors lorsque ce don coranique est à la fois abondant et béni ? Il est alors lumière sur lumière.
Réfléchissez profondément sur ce hadith bon : « Au Jour de la Résurrection, le Coran viendra et dira : Ô Seigneur ! Orne-le - c'est-à-dire : son compagnon -. Alors, il sera revêtu de la couronne d'ennoblissement. Ensuite, il dira : Ô Seigneur ! Ajoute-lui. Alors, il sera revêtu du costume d'ennoblissement. Puis, il dira : Ô Seigneur ! Agrée-le. Alors, Il l'agréera, et on lui dira : Lis et élève-toi, et il lui sera ajouté une bonne action pour chaque verset. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2915) et Ahmad (n°10087). Et Al Albânî l'a déclaré bon.
Et méditez également sur ce hadith authentique : « Les partisans du Coran sont les partisans d'Allah et Ses élus. » Rapporté par Ibn Mâjah (n°215) et Ahmad (n°12279). Et authentifié par Al Albânî. Ainsi, si le noble et béni Coran fait que son compagnon est revêtu du costume d'ennoblissement, que la couronne d'ennoblissement est placée sur sa tête, qu'Allah l'agrée à la vue de toutes les créatures et qu'Il fait de lui un des siens et de Son élite, y a-t-il donc après cette noblesse une autre noblesse, et y a-t-il après cette bénédiction une autre bénédiction ? C'est pour cette raison qu'il est rapporté dans le hadith authentique sa parole ﷺ : « Les gens du Paradis n'éprouveront de regrets que pour une heure passée sans avoir mentionné Allah durant cette heure (Exalté et Magnifié soit-Il). » Rapporté par At-Tabarânî dans : Al Kabîr (20/93 n°182) ; Al Bayhaqî dans : Chu'ab Al Îmân (n°512) ; et Ibn As-Sunnî dans : 'Amal Al Yawm Wal-Laylah (n°3). Al Albânî l'a déclaré faible. Toutefois, Al Hâfiz Ad-Dimyâtî, Al Mundhirî et As-Suyûtî l'ont déclaré bon.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Ceux qui récitent le Livre d’Allah, qui accomplissent la prière et qui, discrètement ou publiquement, offrent par charité une partie de ce qu’Il leur a accordé, peuvent espérer des gains impérissables 29 par lesquels Allah les récompensera pleinement pour leurs œuvres tout en leur ajoutant de Ses faveurs. Il est Pardonneur, Reconnaissant. 30 } [Le Créateur, 35 : 29-30].
Qu'Allah mette pour moi et pour vous la bénédiction dans le Coran majestueux...
Introduction du second sermon
Louange à Allah et que cela suffise. Que la prière et la paix soient sur Ses serviteurs, ceux qu'Il a élu.
Ceci étant dit : Serviteurs d'Allah ! Craignez donc Allah et soyez avec les véridiques, et soyez parmi... {Ceux qui, parmi toutes les paroles qu’ils entendent, choisissent de suivre les plus sages sont ceux qu’Allah a guidés et qui sont dotés de raison. 18 } [Les Groupes, 39 : 18].
Texte du second sermon
Assemblée de nobles musulmans ! Il ne fait aucun doute que la meilleure chose par laquelle le musulman remplit son temps est la récitation du Livre de son Seigneur, sa méditation, son étude et l'attention qui lui est accordé. Il (Élevé soit-Il) a dit : {Ne croient vraiment aux Ecritures que Nous leur avons confiées que ceux qui en suivent scrupuleusement les enseignements...} [La Vache, 2 : 121]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {... en récitant le Coran posément.} [L'Enveloppé, 73 : 4]. Il (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Voici un livre béni que Nous t’avons révélé afin que les hommes en méditent les enseignements et que ceux qui sont doués de raison en tirent des leçons. 29 } [Sâd, 38 : 29]. Et Il (Élevé soit-Il) : {Lorsque le Coran est récité, prêtez-lui une oreille attentive et gardez le silence afin d’être touchés par Sa grâce. 204 } [Les Murailles, 7 : 204]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ?} [Les Femmes, 4 : 82]. Rien n'est donc plus salutaire pour la condition du musulman, ni de plus immense bénédiction et profit pour lui, que la méditation du noble Coran. Dans son livre [Madârij As-Sâlikîn], l'Imam Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Il n'est rien de plus bénéfique pour le serviteur que la méditation du Coran, le fait de passer du temps à y réfléchir, de rassembler sa pensée sur ses significations... » Si les gens savaient ce que renferme la lecture du Coran avec méditation, ils s'y consacreraient au détriment de toute autre chose. Et si un lecteur du Coran, lorsqu'il passe sur un verset dont il a besoin pour la guérison de son cœur et le traitement de son mal, le répétait, ne serait-ce que cent fois ou même une nuit entière, cela lui serait meilleur et plus bénéfique que d'achever une lecture complète sans méditation ni compréhension.
{Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ?} Quiconque donc médite le Coran, celui-ci le guide vers tout bien, le met en garde contre tout mal, lui expose le licite et l'illicite, lui fait connaître les plus beaux Noms de son Seigneur et Ses plus hauts attributs, lui fait aspirer à Son immense rétribution et lui inspire la crainte de Sa punition douloureuse. {Ne leur suffit-il pas que, par un effet de Notre miséricorde, Nous t’ayons révélé le Livre qui leur est récité et qui exhorte les croyants à la piété ? 51 } [L'Araignée : 51].
{Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ?...} Ils le lisent d'une lecture psalmodiée, lente et posée, avec présence du coeur et absorption de l'esprit... {C’est clairement une leçon pour toute personne sensée qui sait prêter une oreille attentive. 37 } [Qâf, 50 : 37].
{Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? ... } Car le verset qui en émane est comme la datte : plus tu la mâches, plus sa douceur augmente... et plus tu en dévoiles une facette, plus de nombreuses autres se révèlent à toi sous elle. Il (Magnifié et Élevé soit-Il) a dit : {C’est ainsi que Nous avons révélé le Coran sous forme de versets parfaitement clairs par lesquels Nous guidons qui Nous voulons. 16 } [Le Pèlerinage, 22 : 16].
{Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ?...} Ainsi donc, ils étudient minutieusement Ses versets, s'inspirent de Sa guidance, cherchent la guérison par Ses remèdes et se conforment à Ses instructions et à Ses orientations, de sorte qu'ils concrétisent la volonté d'Allah et obtiennent Son agrément.
{Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? ...} Alors, les cadenas sur leurs cœurs se défont, la rouille s'en efface, et ils ne sont jamais rassasiés de la parole de leur Seigneur.
L'éminent savant de l'Algérie, l'Imam 'Abd Al Hamîd ibn Bâdîs (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Par Allah ! Celui en dehors de Qui il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Lui. Je n'ai rien vu – moi, dont l'âme est remplie de péchés et de défauts – qui soit plus à même d'adoucir le cœur, de faire couler les larmes, d'inspirer la crainte révérencielle et d'inciter au repentir, que la récitation du Coran et son écoute... » [Âthâr Ibn Bâdîs].
Serviteurs d'Allah ! Soyez donc assidus au Livre de votre Seigneur, et multipliez sa récitation, sa méditation et le soin que vous lui accordez. En effet, dans un hadith authentique, il est rapporté que le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque lit une lettre du Livre d'Allah aura une bonne action, et la bonne action est multipliée par dix... » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2910) et authentifié par Al Albânî. Et dans le Recueil Authentique de Muslim : « Lisez le Coran car, au Jour de la Résurrection, il viendra comme Intercesseur en faveur de ses compagnons. » Et toujours dans le Recueil Authentique de Muslim : « Certes, par ce Livre, Allah élève des gens et en rabaisse d’autres. » Rapporté par Muslim (n°804).
Ô Allah ! Compte-nous donc parmi les gens du Coran, ceux qui sont de Toi et de Tes serviteurs spécifiques.
***
Titre du sermon
Fait partie du bel Islam, le fait que la personne délaisse ce qui ne la regarde pas.
Introduction du premier sermon
La Louange appartient à Allah qui a complété pour nous la religion et a parfait sur nous le bienfait. Je Le loue, Gloire à Lui, qui a agréé pour nous l'Islam comme religion et a fait de nous la meilleure des communautés. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, d'une attestation qui soit pour quiconque s'y attache la meilleure des protections. Et j'atteste que notre maître et notre Prophète Muḥammad est le serviteur d'Allah et Son Messager, qu'Il a envoyé comme miséricorde pour les mondes. Ô Allah ! Prie et salue Ton serviteur et Ton Messager Muhammad, ainsi que sa famille et ses Compagnons, d'une prière qui soit pour nous une lumière dans l'obscurité et les ténèbres.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Serviteurs d'Allah ! Craignez donc Allah. En effet, la crainte d'Allah est la meilleure provision dans la vie d'ici-bas et au Jour où les témoins se lèveront.
Ô Musulmans !
Certes, l'assiduité de l'individu à la préservation de sa religion, à l'excellence de son Islam et à la justesse de sa foi est une preuve évidente, un signe manifeste et un témoignage clair de la sagacité de son esprit, de la droiture de sa voie et de la perfection du succès qui lui est accordé. En effet, la religion du musulman – ô serviteurs d'Allah – est son guide vers tout bonheur dans la vie d'ici-bas, et vers toute réussite et élévation dans l'au-delà ; grâce aux preuves claires et à la guidée qu'elle contient, par lesquelles il se préserve de l'égarement et s'écarte des chemins du malheur et des voies de la perdition. Et le Messager d'Allah ﷺ – lui qui est si soucieux du bien de sa communauté, bienveillant et miséricordieux envers elle – a certes orienté vers une règle de conduite exhaustive, une qualité honorable et un noble caractère, qui embellissent l'Islam de l'individu et lui permettent d'atteindre le summum de l'agrément d'Allah.
Et c’est ce qui est mentionné dans le hadith rapporté par At-Tirmidhî et Ibn Mâjah dans leur Sunan, et par Ibn Hibbân dans son Sahîh, avec une bonne chaîne de transmission. D’après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Parmi le bel Islam, le fait que l'individu délaisse ce qui ne le concerne pas. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2317), Ibn Mâjah (n°3976) et Ibn Hibbân (n°229) ; tandis que l'Imam Mâlik l'a rapporté dans : Al Muwattaʾ (n°2628), d'après un hadith Mursal d' Alî ibn Al Husayn. Et c'est la version correcte.
Et ce hadith, comme l'a dit l'Imam Ibn 'Abd Al Barr (qu'Allah lui fasse miséricorde) : « Elle fait partie de ces paroles qui rassemblent de nombreux et nobles sens en peu de mots, et que personne avant lui ﷺ n'avait dites. En effet, celui dont l'Islam est beau délaisse ce qui ne le regarde pas, en paroles comme en actes, car l'Islam implique l'accomplissement des obligations et le délaissement des interdits. Lorsque l'Islam d'une personne est parfait, cela requiert le délaissement de ce qui ne la concerne pas, qu'il s'agisse des choses interdites, des choses ambiguës, des choses déconseillées ou du superflu des choses permises, c’est-à-dire : ce qui excède le besoin.
En effet, tout ceci ne concerne pas le musulman lorsque son Islam est parfait et qu'il a atteint le degré de l'Ihsan, dont le Messager de la Guidée ﷺ a expliqué la réalité dans le hadith de la question de Gabriel (paix sur lui) au sujet de l'Islam, de la foi et la vertu lorsqu'il a dit : « Que tu adores Allah comme si tu Le voyais ; en effet, si tu ne Le vois pas, certes Lui te voit. » Rapporté par Muslim dans son Recueil Authentique d'après le hadith du Commandeur des Croyants ‘Umar ibn Al Khattâb (qu'Allah l'agrée).
Et quiconque adore Allah en ayant conscience de sa proximité avec son Seigneur ou de la proximité de son Seigneur avec lui, alors assurément il a parfait son Islam ; par conséquent, il lui incombe de délaisser tout ce qui ne le concerne pas en Islam et de s'occuper de ce qui le concerne, parmi : l'authenticité de la croyance, la perfection de la foi, la vertu des œuvres, ainsi que la recherche des nécessités de sa subsistance, indispensables au maintien de sa vie, parmi les diverses choses permises.
À l'inverse de cela, quiconque gaspille les moments précieux en s’occupant de ce qui ne le concerne pas, les consacrant à des fins pour lesquelles ils n’ont pas été créés, se détourne alors de ce qui lui est bénéfique, de ce qui élèverait son rang et lui ferait atteindre les buts les plus justes, les objectifs les plus nobles et les plus hautes positions ; il subit alors une perte manifeste. Or, le fait pour une personne de s'occuper de ce qui ne la concerne pas consiste notamment à : apprendre les sciences futiles et délaisser les plus importantes, celles qui permettent de réformer son cœur, de purifier son âme, d’être bénéfique à ses frères, d'élever l'affaire de son pays et de faire progresser sa communauté. Ceci inclut aussi le fait de ne pas préserver sa langue des paroles futiles et de s'intéresser à des futilités sans aucun bénéfice, comme : les nouvelles des gens, leurs situations, leurs biens, le montant de leurs dépenses et de leur épargne, et de leur recenser cela ; ou encore de fouiller pour connaître leurs paroles et leurs oeuvres à l'intérieur de leurs demeures, auprès de leurs familles et de leurs enfants, sans autre objectif religieusement légitime que de dévoiler ce qui ne le concerne pas de leurs affaires personnelles et de leurs secrets.
Fait aussi partie de cela : le fait que l'individu parle de ce qu'il ne maîtrise pas et dans quoi il n'excelle pas, parmi les choses pour lesquelles on ne lui connaît aucune spécialisation, ni aucune connaissance ou expérience préalable. Et cela n'a pour but que de se divertir, de passer le temps et de le gaspiller en cherchant à présider les assemblées et à attirer l'attention sur soi. Cela peut le conduire à s'engager dans ce dans quoi il n'est pas permis de s'engager, comme des discussions sur les turpitudes et les désirs charnels, la description des parties intimes, la diffamation des femmes chastes, croyantes et insouciantes, la propagation de mauvaises paroles et la diffusion de rumeurs, de mensonges et de nouvelles inventées. Il se peut qu'à cela s'ajoute une passion pour ce que l'on nomme : les analyses et les prédictions, qui sont pour la plupart fondées sur les conjectures, les illusions, les prises de risque et l'audace d'aborder le faux en le présentant sous l'apparence du vrai. Et toutes ces choses sont telles qu'il n'est pas correct de les prédire, ni de s'y engager, ni de s'y fier, ni de s'en laisser duper, ni d'agir en conséquence.
Et, certes, parmi ce qui aide une personne à délaisser ce qui ne la concerne pas, il y a le fait de se rappeler que les obligations sont plus nombreuses que les temps et que la vie est courte, comme le Messager d'Allah ﷺ a informé de cela dans le hadith rapporté par At-Tirmidhî et Ibn Mâjah dans leurs Sunan et [aussi] par Al Hâkim dans son Mustadrak, avec une chaîne de transmission authentique ; en effet, d'après Abû Hurayrah et Anas (qu'Allah les agrée tous les deux), d'après le Prophète ﷺ qui a dit : « Les âges de ma communauté se situent entre soixante et soixante-dix ans, et rares sont ceux qui vont au-delà. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°3550) et Ibn Mâjah (n°4236). Et déclaré bon par Ibn Hajar et Al Albânî.
Alors, une telle vie qui suffit à peine pour ce qui est nécessaire et obligatoire, pourrait-elle suffire pour les futilités et ce qui ne nous concerne pas ? De plus, la personne est également responsable de sa vie et de la manière dont elle l'a passée, comme cela est rapporté dans le hadith qu'At-Tirmidhî a rapporté dans son Jâmi' avec une chaîne de transmission authentique, d'après Abû Barzah Al Aslamî (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Au Jour de la Résurrection, les pieds du serviteur ne bougeront pas jusqu'à ce qu'on l'interroge à propos de sa vie dans quoi l’a-t-il consacrée ? De son savoir et qu’en a-t-il fait ? De son argent et la manière dont il l'a acquis et dans quoi il l'a dépensé ? Et de son corps et dans quoi l’a-t-il usé ? » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2417) et Ad-Dârimî (n°554). Et Al Albânî l'a authentifié. Et la personne ne prononce pas une parole sans qu'elle ne soit inscrite dans ses feuillets et qu'elle en soit rétribuée pour qu'elle sache que la parole a une responsabilité et une conséquence, comme Il (Exalté soit-Il) a dit : {Et, assurément, Nous avons créé l’Homme et Nous connaissons parfaitement les secrets de son âme. Nous sommes plus proche de lui que sa veine jugulaire, 16 au moment où les deux anges, l’un posté sur sa droite, l’autre sur sa gauche, recueillent ses moindres faits et gestes. 17 Il ne prononce, en effet, aucun mot sans avoir à ses côtés un ange prêt à le consigner. 18 } [Qâf, 50 : 16 à 18]. Le sens apparent du verset - comme l'a dit l'Imam Ibn Kathîr (qu'Allah lui fasse miséricorde) est : « L'ange écrit toute parole, ce que confirme la généralité de Sa parole (Glorifié soit-Il) : {...Il ne prononce, en effet, aucun mot...} Il englobe donc toute parole...
L’imam Mâlik a rapporté dans : Al Muwattaʾ, tout comme Ahmad dans son Musnad, ainsi qu’At-Tirmidhî, an-Nassâʾî et Ibn Mâjah dans leurs Sunan, avec une chaîne de transmission authentique, d’après ‘Alqamah Al-Laythî, d’après Bilâl Ibn Al Hârith (qu’Allah l’agrée) qui a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Certes, l'homme peut prononcer, sans en mesurer véritablement l'impact, une parole agréée d'Allah (Élevé soit-Il) qui entraîne Sa satisfaction jusqu'au Jour où il Le rencontrera. Et, certes, l'homme peut [aussi] prononcer, sans en mesurer véritablement l'impact, une parole qui courrouce Allah (Élevé soit-Il) de sorte à provoque Son courroux jusqu'au jour où il Le rencontrera. » Rapporté par Mâlik dans : Al Muwatta' (n°2818) ; Ahmad (n°15852) ; At-Tirmidhî (n°2319) ; et Ibn Mâjah (n°3969). Et son origine se trouve dans : Sahîh Al Bukhârî (n°6478).
Et 'Alqamah Al Laythî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Combien de paroles le hadith de Bilâl ibn Al Hârith m'a empêché de prononcer ; c'est-à-dire : ce hadith et la menace qu'il renferme. »
Quant au fait de rechercher la prééminence et d'attirer les regards, c'est là une intention blâmable et une bribe vile dont celui qui en est éprouvé ne récoltera que l'exécration d'Allah et de ceux qui ont cru.
Serviteurs d'Allah ! Craignez donc Allah et œuvrez à imiter le modèle, l'élite des serviteurs du Tout Miséricordieux en délaissant les paroles et les actes futiles. Ce sont ceux-là qu'Allah a guidés et ce sont ceux-là qui sont doués d'intelligence.
Qu'Allah m'accorde, ainsi qu'à vous, le bénéfice de la guidée de Son Livre et de la Tradition de Son Prophète ﷺ.
Je dis ces paroles, et j'implore le pardon d'Allah, l'Immense, le Majestueux, pour moi, pour vous et pour l'enemble des musulmans de tout péché ; certes, Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Celui qui guide qui Il veut vers un droit chemin. Je Le loue, gloire à Lui, et Il est le Bienfaisant, le Compatissant, le Très Miséricordieux. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que notre maître et notre Prophète Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager, celui à la voie juste et au comportement exemplaire. Ô Allah ! Prie sur Ton serviteur et Ton Messager Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, de la meilleure prière et du salut le plus complet.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ô serviteurs d'Allah ! Il a été rapporté d'Al Hasan Al Basrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) sa parole : « Un signe du détournement d'Allah de Son serviteur est qu'Il l'occupe avec ce qui ne le concerne pas. » At-Tamhîd (6/328), d'Ibn 'Abd Al Barr.
Il incombe donc à l'homme doué de raison qui espère en Allah et en la Demeure Dernière de se consacrer à ce qui le concerne, de préserver sa langue, d'être lucide quant à son époque et de considérer ses paroles comme faisant partie de ses oeuvres. En effet, quiconque dénombre ses paroles parmi ses oeuvres parle peu, si ce n'est pour ce qui le concerne.
En effet, ce qui est le plus souvent visé par le délaissement de ce qui ne nous concerne pas - comme l'a dit Al Hâfiz Ibn Rajab (qu'Allah lui fasse miséricorde) : « La préservation de la langue des paroles futiles, et il suffit comme préjudice que cela détourne son auteur des nombreuses formes de bien par lesquelles son rang s'élève, sa valeur augmente, sa position s'ennoblit, sa vie devient agréable et son issue finale est bonne. »
Serviteurs d'Allah ! Craignez donc Allah et soyez assidus à ce qui vous est bénéfique dans votre vie d'ici-bas et votre au-delà. Et rappelez constamment qu'Allah (Élevé oit-Il) vous a ordonné de prier sur le Sceau des Prophètes, l'Imam des Messagers, et la miséricorde d'Allah pour les mondes ainsi que de le saluer. En effet, Il (Glorifié soit-Il) a dit dans le Livre explicite : {Certes, Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
***
Titre du sermon
Le mérite de la Science religieuse et les voies de son acquisition.
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon, nous nous repentons à Lui et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, nul ne peut l'égarer, et quiconque Il égare, nul ne peut le guider. Et j’atteste qu’il n'y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Communauté des croyants ! Serviteurs d'Allah ! Je vous recommande, ainsi qu'à moi-même, la piété envers Allah. En effet, quiconque craint Allah, Il le protège et l'oriente vers ce qu'il y a de meilleur pour sa religion et sa vie d'ici-bas. Sachez ensuite – qu'Allah vous préserve – que le statut de la science dans la religion est immense et sa position est élevée. En effet, Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) a accordé la prééminence à la science et ses détenteurs, Il a élevé le statut des savants, et Il a distingué entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Allah (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {...Allah élèvera le rang de ceux parmi vous qui ont cru et acquis la connaissance... [La Discussion, 58 : 11]. Et Allah (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {...Ceux qui savent sont-ils comparables à ceux qui ne savent pas ? » Non, mais seuls les hommes doués de raison en sont conscients.} [Les Groupes, 39 : 9]. et Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Qui donc est le mieux guidé : celui qui avance tête courbée ou celui qui avance corps dressé sur une voie droite ? 22 } [La Royauté, 67 : 22]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Celui donc qui sait que ce qui t’est révélé de la part de ton Seigneur est la vérité est-il comparable à celui qui est aveugle ?...} [Le Tonnerre, 13 : 19]. Et les versets dans ce sens sont nombreux et abondants.
Serviteurs d’Allah ! La Tradition d'Allah est remplie d'immenses hadiths qui mettent en valeur la science, illustrent sa noblesse et son immense mérite, encouragent à l’apprendre et à l’acquérir, et expliquent le rang des savants ainsi que la noblesse de leur position auprès d’Allah. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque emprunte une voie à la recherche d'un savoir, Allah lui facilite une voie vers le Paradis. Certes, les Anges recouvrent de leurs ailes celui qui recherche le savoir en signe de satisfaction pour ce qu'il fait. Et, certes, les savants sont les héritiers des Prophètes. Or, les Prophètes n'ont laissé en héritage ni dinar, ni dirham ; en fait, ils n'ont légué que le savoir. Quiconque donc choisit cet héritage, alors certes il a prit une part de bien considérable. » Rapporté par Ahmad (n°21715), Abû Dâwud (n°3641) et At-Tirmidhî (n°2682), dont l'origine se trouve dans les Deux Recueils Authentiques. Et Il [le Prophète] ﷺ a dit : « Quiconque à qui Allah veut un bien, Il lui fait comprendre la Religion. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim. Et les hadiths dans ce domaine sont nombreux, ô serviteurs d'Allah. C'est pourquoi, le musulman accorde une immense attention à la science et est très désireux de l'acquérir, en raison du statut éminent que la science occupe dans son cœur, de sa haute position en lui-même, ainsi que des effets louables et des retombées bénies qu'il constate dans son acquisition et son obtention.
Assemblée de croyants ! Nous accueillons une nouvelle année scolaire. Dès demain, ô serviteurs d'Allah, les chercheurs de science afflueront vers les écoles et se presseront à leurs portes, entamant une nouvelle année d'étude où chacun se dirigera vers son niveau afin de recevoir la science et de l'acquérir. Mais, ô serviteurs d'Allah, alors que nous accueillons cette année et que nous en commençons les jours, le but de la science et sa finalité se sont-ils bien précisés dans nos esprits ? Nous est-il apparu clairement ce qu'il nous incombe d'apprendre, ainsi que la place et le statut de la science ? La méthode pour son acquisition et les voies bénéfiques pour l'atteindre et s'en pourvoir se sont-elles clarifiées pour nous ?
Ô serviteurs d'Allah : Trois questions devraient se présenter aux esprits et occuper les pensées :
La première question : Pourquoi apprenons-nous ?
La seconde question, serviteurs d'Allah : Que devons-nous apprendre ?
La troisième question : Comment apprenons-nous ?
Voici donc trois questions importantes qu'il incombe à chaque étudiant en sciences religieuses de se poser, de les présenter à son esprit, et d'en établir la réponse avec soin, pour que son cheminement dans l'apprentissage et ses pas dans l'acquisition du savoir soient constants et fermes, lui permettant d'atteindre l'objectif espéré et le but recherché.
Toi qui recherches la science, il est de ton devoir de te poser ces trois questions : Pourquoi apprends-je ? Et qu'apprends-je ? Et comment apprends-je ?
Quant à la première question, serviteurs d'Allah, sa réponse varie selon les gens en fonction de leurs différents buts, objectifs et intentions ; cependant, le croyant sincère et le musulman à qui la réussite a été accordée recherche la science pour un but unique et un objectif précis, qui n'est autre que l'obtention de la satisfaction d'Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) ; car Allah (Exalté et Magnifié oit-Il) lui a ordonné la science, l'a appelé à son acquisition et l'a incité à l'obtenir : {Lis au nom de ton Seigneur qui a créé, 1 qui a créé l’homme d’un corps accroché 2 Lis ! Ton Seigneur est toute bonté, 3 } [L’Adhérence, 96 : 1 à 3]. Il s'instruit donc ; car son Seigneur, son Créateur, son Maître et son Protecteur lui a ordonné la science, l'y a encouragé, et l'a incité à en avoir plus. Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) a dit à Son Prophète ﷺ : {... « Veuille, Seigneur, accroître mon savoir ! »} [Ta-Ha, 20 : 114]. Le musulman apprend pour obtenir, par son apprentissage, la satisfaction d’Allah, ainsi que le succès, le bonheur et l’élévation dans ce monde et dans l’au-delà grâce à une science bénéfique et authentique, tirée du Livre d’Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) et de la Sunnah de Son Prophète ﷺ. Celui à qui la réussite a été accordée prend pour modèle l’imâm des savants et l’exemple parfait ﷺ, qui a suivi l’ordre de son Seigneur dans la recherche et l’acquisition de la science, a appelé sa communauté à s’y engager et l’y a encouragée, comme en témoignent plusieurs hadiths nobles déjà mentionnés. C’est pourquoi il est essentiel que l’intention soit sincère, tournée vers Allah (Magnifié et Élevé soit-Il)), afin de rechercher Sa satisfaction et Sa rétribution (Glorifié soit-Il). L’Imam Ahmad, l’Imam des Gens de la Tradition (qu’Allah lui fasse miséricorde), a dit : « Rien n'équivaut à la science si l'intention est vertueuse. » On demanda : Et en quoi consiste sa vertu ? Il répondit : « C'est d'avoir l'intention, par la science, d'ôter l'ignorance de soi et celle d'autrui. » Al Âdâb Ach-Char'iyyah, d'Ibn Muflih. Serviteurs d'Allah ! L'intention requiert un redressement et une lutte ; car l'âme est inconstante et les desseins divergent. On doit donc lutter contre sa propre âme pour rectifier son intention et purifier son but. Et le Prophète ﷺ a dit : « Certes, les œuvres ne valent que par les intentions, et chaque individu sera rétribué selon ce qu'il a eu comme intention. » Al Bukhârî et Muslim.
Quant à la deuxième question, serviteurs d'Allah : que dois-je apprendre ? Certes, les meilleures des sciences, les plus complètes, les plus parfaites, les plus pures et les plus excellentes sont les sciences de la législation islamique ; la science du : « Allah a dit » et « Son Messager ﷺ a dit ». En effet, de manière absolue, celle-ci est la science la plus pure qui soit, la meilleure et la plus bénéfique. Les versets et les hadiths qui mentionnent le mérite de la science, complimentent les savants et leur dressent de éloge, alors la science qui est visée est celle-ci : la science du Livre d'Allah et de la Tradition de Son Messager ﷺ ; la science de la finalité pour laquelle le serviteur a été créé et pour la réalisation de laquelle il a été amené à l'existence ; la science du monothéisme et des croyances religieuses authentiques ; la science des piliers de l'Islam et des fondements de la Religion ; et la science du licite et de l'illicite. Ceci, ô serviteurs d'Allah, est la science la plus pure et la meilleure qui soit de manière absolue. Il y a une partie de cette science que nul n'est excusé d'ignorer et qu'il est obligatoire pour tout musulman d'apprendre. Il s'agit de ce sans quoi l'obligation ne peut être accomplie : Comment prier ? Comment jeûner ? Comment adorer Allah ? Comment s'éloigner du polythéisme ? Comment vouer exclusivement l'adoration à Allah ? Comment effectuer une vente valide et exempte des transactions illicites, ainsi que d'autres sciences dont l'apprentissage est une obligation confirmée pour tout musulman. Ensuite, ô serviteurs d'Allah, le musulman accroît sa science et s'attache à apprendre les sciences de la Législation islamique par la lecture et la méditation du Livre d'Allah, par l'étude et la compréhension de la Tradition de Son Messager ﷺ, par la réflexion profonde et la contemplation de la biographie du Messager d'Allah ﷺ, par l'examen éclairé de la voie des Compagnons (qu'Allah les agrée) et de l'histoire glorieuse de la Communauté, ainsi que d'autres sciences de la Législation islamique et ce qui les complète et les parachève. Cette science, ô serviteurs d'Allah, illumine le chemin, éclaire le musulman sur la voie à suivre et illumine sa route, de sorte qu'il chemine selon une guidée claire et sur un droit chemin. Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) a dit : {C’est ainsi que Nous te révélons un livre émanant de Nous. Tu ne connaissais pas les Ecritures avant cela, ni même la vraie foi. Mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Tu guides, en vérité, les hommes vers une voie droite 52 } [La Consultation, 42 : 52].
Serviteurs d'Allah :
Ensuite, quant aux autres sciences, telles que : la médecine, l’ingénierie et les autres, si la personne qui les apprend a pour intention d'en faire bénéficier sa communauté - la communauté de l'Islam - et qu'elle a une intention vertueuse ; alors elle sera rétribuée pour cela, et son apprentissage sera compté dans ses bonnes œuvres lorsqu'elle rencontrera Allah (Magnifié et Élevé soit-Il).
Serviteurs d'Allah :
Pour la troisième question : Comment apprend-nous ? Certes, chercher et acquérir la science demande de bonnes manières qu’il faut absolument maîtriser et des principes à respecter, pour que chaque pas dans l’apprentissage soit juste et mène à l’objectif visé par le chemin le plus proche et le plus facile. Parmi ce qui est le plus important, il y a le fait de demander l’aide d’Allah dans la recherche de la science, car celle-ci est un don et une faveur qu’Il accorde à qui Il souhaite et qu'il ouvre [les portes de la compréhension] à qui Il souhaite. Il est Celui qui Ouvre, l’Omniscient (Glorifié soit-Il). Notre Prophète et notre modèle, que les prières et salutations d’Allah soient sur lui, disait chaque jour après la prière de l’aube : « Ô Allah ! Certes, je Te demande une science bénéfique, une œuvre vertueuse et une subsistance bonne. » Rapporté par Ibn Mâjah (n°921) et Cheikh Al Albânî l'a authentifié. Et parmi ses invocations authentiques, il ﷺ disait : « Ô Allah ! Enseigne-moi ce qui m'est bénéfique, fais-moi bénéficier de ce que Tu m'as enseigné et accrois ma science. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°3916) et Ibn Mâjah (n°251). Al Hâfiz Ibn Hajar l'a déclaré bon et Al Albânî l'a authentifié dans : As-Sahîhah (n°3151). Puis, après que le musulman a cherché l'assistance d'Allah et sollicité Son aide, il accomplit les causes légitimes et emprunte les voies droites pour acquérir la science. Cela consiste notamment à patienter dans sa quête, à persévérer assidûment dans son acquisition, à déployer tous ses efforts pour l'obtenir, à fréquenter les savants et à veiller à tirer profit d'eux, et à côtoyer abondamment les étudiants en science sérieux et les érudits brillants ; car un compagnon exerce une influence considérable sur celui qu'il fréquente. Cependant, il est impératif de mettre la science en pratique. Ainsi, lorsque tu entends un hadith, mets-le en pratique afin que tu comptes parmi les siens. Quant à celui qui amasse et acquiert de nombreuses sciences sans mettre en pratique ce qu'il sait, sa science deviendra une calamité pour lui et un argument contre lui le Jour de la Résurrection. En effet, 'Alî ibn Abî Tâlib (qu'Allah l'agrée) a dit : « La science appelle à l'oeuvre, sois elle lui répond, soit elle s'échappe. » Rapporté par Al Khatîb dans : Iqtidâ' Al 'Ilm Al 'Amal.
Et parmi les bonnes manières de la science, il y a l'écoute attentive, le silence respectueux, la bonne manière de questionner, et l'effort dans la compréhension et la révision. En effet, tout cela est indispensable, ô serviteurs d'Allah.
Il est également primordial pour l'étudiant en science religieuse de se comporter avec bienséance envers les enseignants et de les respecter. En effet, celui qui se comporte avec bienséance envers ses enseignants est plus à même d'en tirer un grand profit. Il en va de même pour la bienséance et le respect envers le livre, et tout particulièrement le Livre d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il). Le respect du livre est donc indispensable, ainsi que le soin qu'on lui porte et le fait de ne pas le jeter, le mépriser ou le traiter avec légèreté. Car celui qui méprise et traite le livre avec légèreté est plus à même d'être privé de la science et de son profit.
Et la science comporte de nombreuses bonnes manières que les savants ont expliquées dans de nombreux livres qui ont traité de la bienséance du savant et de l'étudiant, et il est bon en de tels moments de consulter de tels livres pour que l'étudiant de science chemine sur une voie bonne et bénie dans son acquisition de la science et sa réception.
Je demande à Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) par Ses plus beaux Noms et Ses plus hauts Attributs de faire de cette année une année bénie pour tous, et de nous accorder la faveur, la foi, la sécurité et l’Islam, ainsi que la science bénéfique et l'oeuvre vertueuse. Certes, mon Seigneur entend [parfaitement] l'invocation et Il est Celui en qui l’on place notre espoir. Il nous suffit et quel excellent Garant.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Immense en bienfaisance, Vaste en faveur, en générosité et en dons. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Allah prie sur lui et le salue, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du second sermon
Serviteurs d'Allah :
Certes, la science est une immense responsabilité, car chacun d'entre nous sera interrogé au Jour de la Résurrection, lorsqu'il se tiendra devant Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) au sujet de toute science qu'il aura apprise. En effet, il est [authentiquement] attesté dans le hadith que le Prophète ﷺ a dit : « Au Jour de la Résurrection, les pieds du serviteur ne bougeront pas jusqu'à ce qu'on l'interroge à propos de quatre choses – et parmi elles il a été mentionné – : sa science et ce qu'il a oeuvré selon elle. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2417) et Ad-Dârimî (n°543). Et Al Albânî l'a authentifié. En cela, serviteurs d'Allah, il convient de rappeler à tout musulman deux points qui lui sont obligatoires concernant ce domaine :
Le premier point : Le sérieux et l'effort dans l’acquisition de la science ; pour être parmi ses tenanciers et ceux qui la portent, les gens de la réussite, de l’élévation et du bonheur, ici-bas et dans l’au-delà.
Le second point : qu'il sache que la science est une immense responsabilité qu'il se doit d'assumer avec sincérité et de s'en acquitter de la manière la plus complète et parfaite. Car il se tiendra un jour devant Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) qui l'interrogera sur chaque science qu'il a apprise. C'est pourquoi, celui qui sait qu'il se tiendra devant Allah (Magnifié et Élevé soit-Il), et qu'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) l'interrogera, qu'il prépare donc une réponse à la question et que cette réponse soit la bonne. Le sagace parmi les serviteurs d'Allah est celui qui se demande des comptes à lui-même et œuvre pour ce qui vient après la mort, et l'incapable est celui qui suit les passions de son âme tout en nourrissant de vains espoirs en Allah. Et priez et saluez - qu'Allah vous protège - Muhammad ibn 'AbdiLlah, comme Allah vous l'a ordonné dans Son Livre. En effet, Il a dit : {Certes, Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56]. Il [Le Prophète] ﷺ a dit : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » Ô Allah ! Prie sur Muhammad et sa famille comme Tu as prié sur Abraham et sa famille, certes Tu es digne de louange et de gloire. Ô Allah ! Bénis Muhammad et sa famille comme Tu as béni Abraham et sa famille à travers les mondes, certes Tu es digne de louange et de gloire.
***
Titre du sermon
Le mérite de la science et des savants
Introduction du premier sermon
Certes, la louange appartient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous repentons auprès de Lui. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, alors personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, alors personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille et ses Compagnons ; et qu'ils soient salués pleinement et abondamment. {Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence. 1 } [Les Femmes, 4 : 1]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! 71 Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. 72 } [Les Coalisés, 33 : 71-72].
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Craignez Allah (Béni et Élevé soit-Il) d'une véritable crainte et sachez-vous surveiller par Lui en secret comme dans l'intimité. Sachez que vous Le rencontrerez et que c’est vers Lui que se fera le retour. Demandez-vous des comptes à vous-mêmes, pesez vos œuvres, et embellissez-vous en vue de la Grande Comparution devant Allah : {Lorsque, ce Jour-là, vous comparaîtrez, rien ni personne ne pourra être dissimulé. 18 } [L'Inéluctable, 69 : 18].
Serviteurs d'Allah ! Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) dit : {Il n’est toutefois pas souhaitable que les croyants partent tous ensemble au combat. Si seulement, de chaque tribu ou de chaque pays, un groupe d’hommes se consacraient à l’étude de la religion afin de prêcher à leur retour les leurs qui pourraient ainsi se préserver du péché. 122 } [Le Repentir, 9 : 122].
Frères en Islam ! Assurément, Allah (Élevé soit-Il) a élevé l'affaire de la science et de ses détenteurs, Il a expliqué leur statut et a élevé leur position. Et Il (Glorifié et Élevé soit-Il) a dit : {...Allah élèvera le rang de ceux d’entre vous qui ont cru et reçu la science. Allah est parfaitement informé de ce que vous faites.} [La Discussion, 58 : 11].
Et Allah (Élevé soit-Il) n'a pas ordonné à Son Prophète ﷺ de demander une augmentation de quoi que ce soit, si ce n'est de la science ; en effet, Il (Glorifié et Élevé soit-Il) a dit : {Et dis : « Seigneur ! Augmente-moi mon savoir. »} [Tâ-Hâ, 20 : 114].
Et cela n'est dû qu'à l'effet que la science a dans la vie des êtres humains, car les gens de science sont les vivants, et le reste des gens sont morts.
Assurément, Allah (Glorifié soit-Il) a empêché l'égalité entre le savant et l'ignorant ; en raison de la vertu de la science et de la lumière de la connaissance qui sont propres au savant. Il a dit : {Celui qui agit ainsi est-il comparable à celui qui, aux heures de la nuit, se voue pieusement à son Seigneur, prosterné ou debout, animé par la crainte du châtiment de l’au-delà et l’espoir d’obtenir Sa miséricorde ? Dis : « Ceux qui savent sont-ils comparables à ceux qui ne savent pas ? » Non, mais seuls les hommes doués de raison en sont conscients. 9 } [Les Groupes, 39 : 9].
Ainsi donc, la science possède un honneur sans commune valeur ; seuls les ignorants ignorent la valeur de la science et son mérite. 'Abd Al Malik ibn Marwân a dit à ses fils : « Ô mes fils ! Apprenez la science ; en effet, si vous êtes des gens nobles, alors vous excellerez ; si vous êtes des gens de condition moyenne, alors vous dirigerez ; et si vous êtes des gens communs, alors vous vivrez. »
Serviteurs d'Allah ! Certes, la recherche de la science est le meilleur investissement de la vie et des heures, car les gens sont soit des savants, soit des étudiants, ou bien une populace inculte. {Indécis, ils n’ont choisi ni le camp des croyants, ni celui des impies. Il n’y a point de salut pour celui qu’Allah laisse s’égarer. 143 } [Les Femmes, 4 : 143].
Les textes du Livre et de la Tradition ont mis en avant l’importance de la science et de ceux qui la possèdent, encourageant à l’apprendre et à l’acquérir. Allah (Élevé soit-Il) a honoré cette communauté en la faisant à la fois celle de la science et de l’action, la distinguant ainsi des communautés marquées par l’injustice et l’ignorance. Dès ses débuts, l’Islam a proclamé haut et fort la valeur de la science et des savants, élevé son prestige, et fait de la lecture et de l’écriture la base de la formation des individus, des peuples, et de l’identité des nations et des sociétés.
D'après Abû Darda' (qu'Allah l'agrée) : « J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Quiconque emprunte une voie à la recherche d'une science, Allah lui fait emprunter une voie parmi les voies du Paradis. Certes, les Anges recouvrent de leurs ailes celui qui recherche la science en signe de satisfaction pour ce qu'il fait. Et quiconque se trouve dans les cieux et sur la Terre jusqu'aux poissons dans l'eau, tous implorent le pardon en faveur du savant. Et, certes, le mérite du savant sur le dévot est comme le mérite de la lune par rapport aux restes des astres lors d'une nuit de pleine lune. Certes, les savants sont les héritiers des Prophètes. Or, les Prophètes n'ont laissé en héritage ni dinar, ni dirham ; plutôt, ils ont légué la science. Ainsi donc, quiconque la choisit, alors certes, il a pris une abondante part de bien. » Rapporté par Ahmad (n°21715), Abû Dâwud (n°3641) et At-Tirmidhî (n°2682), dont l'origine se trouve dans les Deux Recueils Authentiques.
Serviteurs d'Allah ! C'est par la science que les gloires sont bâties, que les civilisations sont érigées, que les peuples dominent et que les royaumes sont construits. Bien plus, le musulman ne peut réaliser la servitude pure à Allah (Élevé soit-Il) conformément à Sa législation, encore moins se construire comme Allah (Glorifié soit-Il) l'a voulu, ou offrir à sa société du bien, ou à sa nation honneur, gloire et victoire, si ce n'est par la science.
Jamais l'ignorance ne se propage dans une communauté sans en saper ses piliers, en fissurer son édifice et la précipiter dans les vices et les labyrinthes funestes.
Et quiconque emprunte une voie qu'il pense être la voie menant à Allah (Élevé soit-Il) sans science, a certes emprunté une voie ardue et visé l'impossible. Car il n'est de voie vers la connaissance d'Allah (Glorifié et Élevé soit-Il) et l'obtention de Son agrément que par le savoir utile, celui-là même qu'Allah a transmis par Ses messagers et révélé dans Ses Livres. C'est lui qui est le guide menant à Lui, et c'est par lui que l'on est guidé dans les ténèbres de l'ignorance, des ambiguïtés de la corruption et des doutes.
La science religieuse est la science du Livre d’Allah et de la Tradition de Son Prophète ﷺ. Elle est la règle majeure sur laquelle se fonde le reste des autres sciences.
Les porteurs de la science religieuse sont les héritiers des Prophètes et les dépositaires de l'héritage de la Prophétie. Et quand ils réunissent entre la Croyance authentique et la science religieuse couronné par les preuves religieuses, avec la sincérité pour Allah (Glorifié soit-Il) et l'observance des bienséances de la science et de ses gens, alors ils sont les Imams dignes de confiance et les sommités qui guident. Leur exemple sur la Terre est à l'exemple des étoiles par lesquelles on se guide ; Abû Qilâbah et Abû Muslim Al Khawlânî (qu'Allah - Élevé soit-Il - leur fasse miséricorde) ont dit : « Les savants sur la Terre sont à l'image des étoiles dans le ciel : lorsqu'elles apparaissent, les gens s'orientent ; et lorsqu'elles disparaissent, les gens s'égarent. »
Al Hâfiz Ibn Rajab (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Cette analogie est d’une parfaite pertinence, car la voie de l’Unicité, de la connaissance d’Allah, de Ses lois, de Sa récompense et de Son châtiment ne peut être saisie que par la preuve. Or, Allah a exposé tout cela dans Son Livre et par la parole de Son Messager. Les savants, dépositaires de ce qu’Allah a révélé à Son Messager, sont donc les guides par lesquels on s’oriente dans les ténèbres de l’ignorance, des ambiguïtés et de l’égarement. S’ils viennent à manquer, celui qui chemine s’égare. »
Les savants qui connaissent Allah (Élevé soit-Il) et Sa loi sont ceux qui Le craignent, Ses témoins sur Sa terre, et les successeurs du Messager au sein de sa communauté. En effet, quiconque est plus connaisseur Allah, plus il Le craint ; car plus la connaissance du Majestueux, du Noble, Celui qui est décrit par les attributs de la perfection et qualifié par les plus beaux Noms, est complète et parfaite, plus la crainte révérencielle à Son égard est grande et profonde.
Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit : « Le connaisseur du Tout-Miséricordieux parmi Ses serviteurs est celui qui ne Lui associe rien, déclare licite le licite, déclare illicite l'illicite, préserve la recommandation d'Allah et a la certitude qu'il Le rencontrera et le jugera selon son œuvre. »
La crainte est donc ce qui se met entre le serviteur et la désobéissance à Allah et l'appelle à Son obéissance et à s'efforcer vers Sa satisfaction. Al Hasan Al Basrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Le savant est celui qui craint le Tout-Miséricordieux sans Le voir, désire ce qu'Allah a rendu désiré et s'abstient de ce qui courrouce Allah. Ensuite, il récita la parole d'Allah (Élevé soit-Il) : {Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah. Certes, Allah est Puissant et Pardonneur.} [Le Créateur, 35 : 28]. »
Ceci est la véritable science qui est bénéfique pour son détenteur ; en effet, la science ne réside pas dans l'abondance de la connaissance et de la mémorisation, mais plutôt dans l'abondance de la crainte. C'est une lumière qu'Allah place dans le cœur.
La science sans scrupule ni obéissance est comme une lampe qui illumine la maison de sa lumière et se consume elle-même. Et en quoi la science bénéficie-t-elle à ceux qui amassent les paroles, qui persistent dans leurs désobéissances et leurs erreurs, ceux qui écoutent la parole et n'en suivent pas le meilleur.
'AbdaLlah ibn Wahb a rapporté de la part de Sufyân : Al Khadir a dit à Moïse : « Ô fils de 'Imrân ! Apprends la science pour la mettre en pratique, et ne l'apprends pas pour te contenter d'en parler, car sa charge serait alors sur toi, et sa lumière pour les autres. »
Et Abû Ad-Dardâ (qu'Allah l'agrée) a dit : « Ce que je crains le plus, lorsque je me tiendrai devant Allah, c'est qu'Il dise : Assurément, tu as appris. Qu'as-tu donc oeuvré [de ce que tu as appris] ? »
Parmi les sagesses rapportées : N'a pas bénéficié de sa science quiconque a délaissé sa mise en pratique ; en effet, le fruit de la science est d'oeuvrer selon elle : la science appelle à l'oeuvre : soit elle lui répond, soit elle s'échappe.
La meilleure science est celle qui est bénéfique, et la meilleure parole est celle qui réfrène. La perfection de la science réside dans sa mise en pratique, et celle de l'œuvre, dans le fait de la tenir pour insignifiante. Ainsi donc, quiconque met sa science en pratique ne sera pas privé de la bonne guidée, et quiconque tient son œuvre pour insignifiante atteindra son but.
Et, certes, le cœur est étreint de douleur lorsqu'il voit certains de ceux qui ont frappé aux portes de la science religieuse sans en être pour autant élevés ; ils ont appris de nombreuses sciences et de nombreux décrets, mais l'effet en est absent.
Et, certes, l'individu peut s'interroger : Où donc est la science religieuse chez ceux qui ont délaissé les prières et suivi leurs passions !? Et où est-elle chez ceux qui ont laissé traîner leurs vêtements, se sont rasés la barbe, ont pratiqué l'intérêt usuraire, ont délaissé l'ordonnance du convenable et l'interdiction du blâmable, et sont tombés dans les désobéissances, tout en sachant pertinemment que toutes ces choses sont interdites et illicites pour le musulman ? C'est auprès d'Allah qu'on demande de l'aide.
Il a été rapporté d'un groupe de Prédécesseurs qu'ils ne dépassaient pas dix versets du Livre d'Allah jusqu'à ce qu'ils aient appris la science qu'ils contenaient et l'aient mise en pratique. Certains Prédécesseurs ont dit : « Nous cherchions aide pour la mémorisation de la science par sa mise en pratique. »
Le délaissement de l'œuvre en fonction de la science est donc l'une des causes les plus puissantes de sa disparition et de son oubli.
'Alî (qu'Allah l'agrée) a dit : « Ô vous qui portez la science ! Mettez-le en pratique. En effet, le vrai savant est celui qui oeuvre selon ce qu’il a appris, de sorte à ce que son oeuvre soit en accord avec sa science. Certains apprendront, mais leur savoir ne dépassera pas leurs épaules ; leurs oeuvres divergeront de leurs paroles, et leur for intérieur divergera de leur aspect extérieur. Ils se réunissent en cercles, se flattant mutuellement, au point qu’un homme se fâche contre son voisin si celui-ci s’assoit près d’un autre et le délaisse. Les œuvres issues de ces assemblées ne s’élèveront pas jusqu’à Allah (Exalté et Magnifié soit-Il). »
Assurément, le Prophète élu ﷺ a donné un exemple au sujet des étudiants en science et leurs situations dans la manière de profiter de ce qu'ils ont appris ; il ﷺ a dit : « L’exemple de la guidée et de la science avec lesquelles Allah m’a envoyé est semblable à une abondante pluie qui tombe sur la terre : une partie de cette terre qui était bonne a absorbé l’eau et fait pousser l’herbe et de nombreux végétaux ; une autre partie était aride, elle a retenu l’eau et Allah en a fait profiter les gens qui en burent, en abreuvèrent leur bétail et s’en servirent pour cultiver ; enfin, la pluie atteignit une dernière partie de cette terre mais celle-ci était stérile. Elle n'a pas retenu l'eau ni fait pousser l'herbe. Voici donc, d’une part, l’exemple de quiconque s’est instruit dans la religion d’Allah et dont Allah lui a fait bénéficier ce avec quoi Il m’a envoyé : il a appris et enseigné ; et d’autre part, l'exemple de quiconque n’y accorde pas la moindre attention et n’accepte pas la guidée d’Allah avec laquelle j’ai été envoyé. » Al Bukhârî et Muslim.
Ensuite, sachez (qu’Allah vous fasse miséricorde) que parmi les fléaux de la science et les causes qui en anéantissent la bénédiction, figure le fait de rechercher par son biais la prééminence sur les gens et de s’élever sur eux avec orgueil ; ou encore que celui qui recherche le savoir veuille par sa science que les gens le suivent, se soumettent à lui et se tournent vers lui. Il montre alors aux autres la supériorité de sa science sur celle des savants afin de s’élever au-dessus d’eux, et autres intentions semblables. La destination d’un tel homme est le Feu (qu’Allah nous en préserve) ; en effet, le Prophète Élu ﷺ a dit : « Quiconque recherche la science pour rivaliser avec les savants, ou pour polémiquer avec les simples d'esprit, ou pour tourner vers lui les visages des gens, Allah le fera entrer en Enfer. » Authentique. Rapporté par At-Tirmidhî (2654) et Ibn Mâjah (253).
Et dans une version chez Ibn Mâjah : « N'apprenez pas la science pour vous pavaner devant les savants, ni pour polémiquer avec les simples d'esprit, ni pour vous en servir afin de choisir la meilleure place dans les assises. En effet, quiconque fait cela, alors le Feu ! Le Feu ! »
Al Hasan Al Basrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Que la part que l'un d'entre vous retire de sa science ne soit pas que les gens disent de lui : « Savant ». Il lui incombe aussi d'être sincère dans la recherche de la science pour Allah (Élevé soit-Il), de se montrer patient et persévérant, et de se garder de se hâter d'en récolter les fruits ; en effet, le début est sujet au faux-pas, et quiconque se met en avant avant son heure, alors Allah l'exposera en son heure. »
Qu'Allah nous bénisse, moi et vous, par le Coran Immense, et qu'Il nous fasse bénéficier de ce qu'il contient comme versets et Sage Rappel. Je dis ce que vous entendez et j'implore le pardon d'Allah. Implorez donc Son pardon et repentez-vous à Lui ; Certes, Il est le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Seigneur des mondes. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, sa famille et ses Compagnons, et qu'Il les salue pleinement et abondamment.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il), remerciez-Le, obéissez-Lui, ayez à l’esprit qu’Il vous observe et ne Lui désobéissez pas ; en effet, la crainte d’Allah est la base du savoir et la clé de la compréhension. {... Craignez donc Allah qui vous enseigne toute chose utile et auquel rien n’échappe de vos agissements.} [La Vache, 2 : 282].
Serviteurs d'Allah ! Apprenez, qu'Allah vous fasse miséricorde, la science bénéfique et enseignez-la ; en effet, quiconque à qui Allah veut un bien, Il lui fait comprendre la Religion ; en effet, une partie de la science incombe à chaque musulman et musulmane, que nul ne peut délaisser, puisque son délaissement porte préjudice à sa vie et à sa religion ; [il s'agit] des décrets de la croyance, la purification, les prières, l'aumône légale, le jeûne et le pèlerinage. Il incombe donc au musulman de questionner à ce sujet et d'apprendre les décrets de sa religion ; en effet, le remède de l'ignorance est la question.
Combien il est affligeant pour les âmes, ô serviteurs d'Allah, de voir parmi les gens ceux dont la tête a blanchi et les os se sont affaiblis, alors qu'ils adorent Allah sans aucune clairvoyance ! En effet, il se peut que certains prient pendant quarante ans, ou vingt ans, ou plus ou moins, alors qu'en réalité, ils n'ont pas prié ; car leur prière est incomplète dans ses piliers, ou défaillante dans ses conditions et ses obligations. Et malgré cela, ils n'essayent pas d"'en apprendre ses décrets, alors qu'on les voit si soucieux de leur vie d'ici-bas. Ceci suffit comme preuve qu'Allah (Glorifié et Élevé soit-Il) n'a pas voulu de bien pour eux, quand bien même ils auraient appris les sciences de ce bas monde et y auraient excellé ; car ce sont des sciences qui sont uniquement liées à la vie quotidienne, qui ne méritent ni compliment ni blâme.
Et Allah (Élevé soit-Il) a décrit ceux qui la possèdent par Sa parole (Élevé soit-Il) : {Eux qui ne connaissent que les charmes apparents de cette vie et ne se soucient nullement de l’au-delà. 7 } [Les Byzantins, 30 : 7]. et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Ils n’ont d’ailleurs aucune certitude à propos de l’au-delà, étant au contraire à son sujet dans la plus grande perplexité, voire frappés de cécité. 66 } [Les Fourmis, 27 : 66].
Ibn Kathîr (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Ces gens ne s’intéressent qu’à la vie d’ici-bas, à ses gains, ses affaires et tout ce qu’elle contient. Ils savent très bien comment obtenir des richesses et en tirer profit, mais sont insouciants aux affaires religieuses et à ce qui pourrait leur être bénéfique dans la demeure de l’au-delà. Sur ces sujets, on dirait qu’ils sont complètement dénués de bon sens, d’intelligence et de réflexion. »
Al Hasan Al Basrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Par Allah ! L'un d'entre eux atteint un tel degré d'expertise dans les affaires de son bas-monde qu'il retourne un dirham sur son ongle et vous informe de son poids, tandis qu'il ne sait pas prier convenablement. »
Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit au sujet du verset : « Le sens voulu de cela concerne les mécréants ; ils sont experts dans les affaires de la vie d'ici-bas, mais ignorants en matière de religion. »
Ensuite, sachez (qu'Allah vous fasse miséricorde) : que la pérennité de la science religieuse dépend de la pérennité de ses détenteurs, et lorsqu'ils disparaissent, les gens tombent dans l'égarement ; car l'ignorance des sciences religieuses se propage, et ceci est un des signes de l'Heure. Il incombe donc à chaque musulman de veiller à rechercher la science ; par l'apprentissage, l'enseignement et la mise en pratique.
Il [Le Prophète] ﷺ a dit : « Certes, parmi les prémices de l'Heure, la science sera ôtée, l'ignorance prévaudra, le vin sera consommé et la fornication prédominera. » Al Bukhârî et Muslim.
Et l'enlèvement de la science ne se produit que par la mort des savants de sorte que leur savoir meurt avec eux, et ‘AbduLlah ibn ‘Amrû ibn Al 'Âs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Certes, Allah n’enlèvera pas la science en l’arrachant des serviteurs, mais il enlèvera la science en enlevant les savants, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul, alors les gens prendront pour guides des ignorants. Ils seront questionnés et donneront des avis juridiques sans aucune science, ils s’égareront et égareront les autres. » Al Bukhârî et Muslim.
Le sens voulu par l'enlèvement de la science réside dans la mort des savants, la disparition des gens vertueux et des jurisconsultes ; en effet, il est indiqué dans l’exégèse de Sa parole (Élevé soit-Il) : {Les mécréants ne voient-ils pas que Nous reculons inéluctablement les limites de leur territoire ? Allah prononce souverainement Ses arrêts, qui sont sans appel, et Il est prompt dans Ses comptes. 41 } [Le Tonnerre, 13 : 41]. D'après 'Atâ' (qu'Allah lui fasse miséricorde) qui a dit : « C'est la mort des savants, la disparition des vertueux et des jurisconsultes de la Terre et les meilleurs de ses gens. »
Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit : « Un savant ne cesse de mourir, et une trace de la vérité s'efface, jusqu'à ce que les gens de l'ignorance se multiplient et que la science soit enlevée. »
Ô Musulmans ! Craignez donc Allah et soyez assidus à l'apprentissage de la science religieuse ; apprenez avec elle la sérénité et la dignité, affinez par elle vos comportements, et redressez par elle vos actes et vos paroles.
Ensuite, priez et saluez celui dont Allah (Élevé soit-Il) vous a ordonné de prier sur lui et de le saluer dans Sa parole et dont Il est Glorifié : {Certes, Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Ô vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
Et il ﷺ a dit : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » Rapporté par Muslim.
***
Titre du sermon
Le mérite des Compagnons
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous cherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, alors personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, alors personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille, ses Compagnons, et ceux qui les suivent en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Je vous recommande donc, ainsi qu'à moi-même, la crainte d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) ; en effet, la crainte d'Allah rassemble tout le bien.
Serviteurs d'Allah ! La sagesse d'Allah a impliqué qu'Il envoie Ses Messagers à l'Humanité pour être des annonciateurs de bonne nouvelle et des avertisseurs, et qu'Il ait fait descendre avec eux le Livre. Chaque Prophète appelle son peuple, et choisit parmi eux les croyants véridiques comme aides, assistants, compagnons et disciples ; ceux-ci portent avec lui la charge de la prédication, luttent à ses côtés et accomplissent ce qu'implique l'intérêt du Message.
Ainsi Noé (paix sur lui) monta dans l’Arche avec ceux qui avaient cru en lui ; Moïse (paix sur lui) fut accompagné de l’élite des Enfants d’Israël ; et Jésus (paix sur lui) a dit : {... « Qui me soutiendra dans la propagation de la religion d’Allah ? » Les apôtres répondirent : « Nous soutiendrons la religion d’Allah. » ... } [La Famille d'Imrân, 3 : 52]. Et notre Prophète Muḥammad ﷺ, Allah lui a choisi des Compagnons d'élite et vertueux qui ont cru en lui, l'ont suivi, l'ont soutenu, l'ont secouru et se sont sacrifiés pour lui avec leurs personnes, leurs biens et leur temps, si bien qu'ils furent la meilleure compagnie pour le meilleur des Prophètes. Ce sont les Compagnons du Messager d'Allah ﷺ, cette génération grandiose que le Prophète ﷺ a éduquée et dont il a parfait l'éducation, si bien qu'ils sont devenus les meilleurs de cette Humanité après les Prophètes et les Messagers. Se sont certes réunis en eux des facteurs de bien qui ne se sont jamais réunis dans une génération avant eux, et qui ne se réuniront jamais dans une génération après eux. Lisez, si vous le souhaitez, la parole d'Allah (Élevé soit-Il) : {Les tout premiers croyants parmi ceux qui ont émigré et ceux qui leur ont apporté leur soutien, ainsi que ceux qui ont fidèlement suivi leur voie, sont entièrement satisfaits d’Allah qui Lui-même est satisfait d’eux. Il leur a préparé des jardins traversés de rivières où ils demeureront à jamais. Voilà le bonheur suprême. 100 } [Le Repentir, 9 : 100]. Il (Magnifié et Élevé soit-Il) a donc clairement déclaré dans ce verset qu'Il a agréé les Migrants et les Partisans et qu'Il leur a préparé le Paradis ; et Sa parole (Exalté et Magnifié soit-Il) : {Assurément, Allah a agréé les croyants qui, sous l’arbre, te juraient allégeance et fidélité. Connaissant parfaitement la sincérité de leurs intentions, Il a suscité quiétude et sérénité dans leurs cœurs et les a récompensés par un succès imminent 18 et de riches butins dont ils allaient s’emparer. Allah est Tout-Puissant et infiniment Sage. 19 } [La Victoire, 48 : 18-19]. Et ce serment d'allégeance est le serment d'allégeance de l'Agrément, qui eut lieu à Al Hudaybiyyah. Le nombre des Compagnons qui y prêtèrent serment fut de mille cinq cents. Or, quiconque Allah l'agrée ne peut mourir en état de mécréance, car ce qui est pris en considération est la mort sur l'Islam. Et le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Personne, parmi quiconque a prêté serment d'allégeance sous l'Arbre, n'entrera en Enfer. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4653), At-Tirmidhî (n°3860) et Ahmad (n°14778). Et authentifié par Al Albânî. Et d'autres versets ont été révélés qui font l'éloge des Compagnons de Son Prophète, attestent de leur pureté et les agréent. Quant aux hadiths concernant leur mérite, ils sont nombreux et multiples, notamment la parole du Prophète ﷺ : « Les meilleurs gens sont ceux de mon siècle, ensuite ceux qui les suivront, puis ceux qui les suivront. » Al Bukhârî et Muslim.
Ô frères ! Cette excellence fait de la génération des Compagnons un exemple sublime pour les musulmans de tout temps et de tout lieu. Ils les prennent pour modèle, tirent fierté d'eux et s'inspirent de leurs biographies. Ces dernières, si diverses en temps de paix et de guerre, dans l'adoration et le combat spirituel, dans les rapports sociaux et le don de soi, garantissent aux musulmans des différentes époques des modèles variés et dignes d'être imités. Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ dit : « N'insultez pas mes Compagnons ! Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Si l'un d'entre vous dépensait en or l'équivalent de [la montagne] Uhud, il n'atteindrait pas la quantité de deux paumes de l'un d'entre eux, ni même sa moitié. » Al Bukhârî et Muslim. Et sa parole ﷺ : « Les étoiles sont une garantie de sécurité pour le ciel ; lorsque les étoiles disparaîtront, il adviendra au ciel ce qui lui a été promis. Et je suis une garantie de sécurité pour mes Compagnons ; lorsque je disparaîtrai, il adviendra à mes Compagnons ce qui leur a été promis. Et mes Compagnons sont une garantie de sécurité pour ma Communauté ; et lorsque mes Compagnons disparaîtront, il adviendra à ma Communauté ce qui lui a été promis. » Rapporté par Muslim (n°2531).
Ô fidèles ! Oui. Certes, le mérite des Compagnons est grand et immense, en raison de la grandeur de leur rang, de leur mérite et de leur valeur. Ce sont eux qui ont vu le Messager d'Allah et l'ont accompagné, les premiers à avoir cru en lui et à avoir attesté de sa véracité, et ceux qui l'aimaient le plus ; leur mérite est aussi dû à la multitude des épreuves et des batailles qu'ils ont menées durant sa vie et après sa mort. En effet, le Prophète ﷺ a mené vingt-cinq batailles en dix ans, ce qui signifie deux batailles chaque année, sans compter les expéditions qu'il envoyait et qui dépassent la centaine. Vous pouvez donc imaginer l'ampleur de la fatigue et de la souffrance qu'ils ont endurées à cause de ces batailles, ainsi que l'ampleur des pertes humaines qu'ils ont subies. À cela s'ajoute qu'ils combattaient leurs propres pères, leurs frères et leur clan, et qu'ils ont supporté de terribles supplices pour cette religion – et l'histoire de la famille de Yâsir, de Bilâl, de Suhayb et de Khabbâb ne nous est pas inconnue. Leur amour pour le djihad dans la voie d'Allah était intense, et leur dépense dans la voie d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) était sans limites.
Ainsi, le Prophète ﷺ sollicita l'aide de 'Uthmân (qu'Allah l'agrée) pour l'Armée de la Difficulté ; 'Uthmân lui envoya alors dix mille dinars ; alors, le Prophète ﷺ a dit : « Ce que fera 'Uthmân après ce jour ne lui causera aucun préjudice. » Rapporté par Tirmidhî (n°3701) par une bonne chaîne.
Bien d'autres qualités pourraient être mentionnées, mais nous les avons omises par souci de concision, comme : la miséricorde les uns envers les autres, la connaissance du Livre et de la Tradition prophétique, le détachement vis-à-vis de ce bas monde, la profusion de l'adoration, la majestuosité des comportements, et la prompte obéissance à Allah et à Son Messager.
Ô Musulmans ! Craignez donc Allah et reconnaissez la valeur de votre Prophète et de ses nobles et pieux Compagnons. Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Quant au Messager et ses compagnons, ils n’ont pas hésité à sacrifier leurs biens et leurs vies. Voilà ceux qui seront comblés de faveurs. Voilà les bienheureux ! 88 Allah leur a préparé des jardins traversés de rivières où ils demeureront pour l’éternité. Voilà le bonheur suprême. 89 [Le Repentir, 9 : 88-89].
Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, une louange abondante, pure et bénie, digne de la majesté de notre Seigneur et de la grandeur de Son autorité. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, le salue et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons et quiconque suit leur voie jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : L'amour est prescrit entre les croyants en général, malgré ceci il est plus obligatoire et important avec cette génération pure et bonne.
Certes, l'amour des Compagnons (qu’Allah les agrée) est une preuve de la foi, tandis que leur détestation est une marque d’hypocrisie. C’est pourquoi, Al Barâ’ ibn ‘Âzib (qu’Allah l’agrée) a dit : Le Prophète ﷺ a dit : « Seul un croyant aime les Partisans (Al Ansâr) et seul un hypocrite les hait. Ainsi donc, quiconque les aime, Allah l’aime ; et quiconque les déteste, Allah le déteste. » Al Bukhârî et Muslim. Et parmi leurs droit : dresser leur éloge par la langue du convenable et de la bienfaisance qu'ils ont accomplis ; il est [aussi] prescrit d'invoquer en leur faveur et d'implorer l'agrément d'Allah sur eux, tout comme Allah les a agréés dans des versets qui sont récités jusqu'au Jour de la Résurrection. {S’agissant des croyants venus après eux, ils implorent : « Veuille, Seigneur, nous pardonner, ainsi qu’à nos frères qui nous ont devancés dans la foi, et préserver nos cœurs de toute haine à l’encontre des croyants ! Tu es, Seigneur, toute bonté et toute miséricorde ! » 10 } [Le Rassemblement, 59 : 10] Tout comme, il est un devoir de se montrer indulgent envers les efforts d'interprétation dans lesquels certains d'entre eux ont pu se tromper ; en effet, l'objectif était de secourir la religion et de protéger la voie. Leurs erreurs sont submergées par l'océan de leurs bonnes actions et leur biographie exemplaire est une leçon pour la communauté [musulmane] qui se doit de la prendre pour modèle, de la diffuser et de l'enseigner aux enfants et aux générations.
Les Prédécesseurs (As-Salaf) avaient pour habitude d'enseigner à leurs enfants l'amour des Compagnons et leur biographie. L'Imam Mâlik (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Ils nous enseignaient l'amour d'Abû Bakr et d''Umar comme ils nous enseignaient une sourate du Coran. »
Sur ce, priez sur lui et saluez-le...
***
Titre du sermon
La purification du cœur et du corps.
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous cherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, alors personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, alors personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille et ses Compagnons ; et qu'ils soient salués de nombreuses salutations.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Serviteurs d'Allah ! Craignez donc Allah d'une véritable crainte ; en effet, la crainte est la plus noble chose que vous gardez en secret, et la plus splendide que vous laissez apparaître.
Ô Musulmans !
L'Islam est la religion de la beauté et de la perfection ; il a ordonné la purification du cœur et du corps. {... Allah ne veut vous imposer aucune gêne, mais seulement vous purifier et vous combler de Ses bienfaits. Peut-être saurez-vous Lui en être reconnaissants ! } [La Table Servie, 5 : 6]. Et Il a ordonné de purifier les lieux de culte du polythéisme et de la souillure : {... Et d’en faire un sanctuaire préservé de toute idolâtrie et réservé exclusivement à ceux qui viendront y accomplir les circuits rituels, s’y tenir debout, s’y incliner et s’y prosterner en prière.} [Le Pèlerinage, 22 : 26].
Et Allah a décrit les Messagers par la pureté des cœurs ; en effet, à propos d'Abraham (prière et paix sur lui), Il a dit : {Lorsque, s’étant tourné vers son Seigneur le cœur pur de toute impiété, 84 } [Les Rangés, 37 : 84].
Et, dès son enfance, Il a préservé notre Prophète Muḥammad ﷺ des maux des cœurs ; Anas (qu’Allah l’agrée) a dit : « Gabriel (paix sur lui) est venu au Prophète ﷺ alors qu’il jouait avec des enfants. Il le prit, l'allongea sur le dos, lui ouvrit sa poitrine, ôta son cœur et en sortit un morceau de chair, alors il a dit : « Ceci est la part de Satan te concernant. » Ensuite, il le lava avec de l’eau de Zamzam dans un récipient en or, puis il le rassembla en un tout et enfin il le remit à sa place. » Rapporté par Muslim (n°162).
Et quand il fut envoyé, Allah lui ordonna de garder la pureté de son cœur. Il lui a dit : {Que tes vêtements soient purs de toute souillure ! 4 } [Le Revêtu d'un Manteau, 74 : 4].
Saïd ibn Jubayr (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Et ton cœur et ton intention, purifie-les donc » Et parmi les invocations du Prophète ﷺ, il disait : « Ô Allah ! Purifie-moi de mes fautes comme on purifie le vêtement blanc de la saleté. Ô Allah ! Lave-moi de mes fautes par l’eau, la neige et la grêle. » Al Bukhârî et Muslim.
Et lorsque Allah voulut l'honorer par le Voyage Nocturne et l'Ascension (Al Isrâ Wal Mi'râj), Il lava son cœur une autre fois ; puisque ne s'approche de Lui (Glorifié soit-Il) que celui qui a le cœur sain. Il [le Prophète] ﷺ a dit : « Gabriel est descendu et a ouvert ma poitrine - c'est-à-dire : il l'a fendue. Ensuite, il l'a lavée avec de l'eau de Zamzam, puis il est venu avec une tasse d'or, remplie de sagesse et de foi, et l'a vidée dans ma poitrine. Ensuite il l'a refermée ; puis, il m'a pris par la main et alors il m'a fait monter au ciel. » Al Bukhârî et Muslim.
Et Il a dressé l'éloge des habitants de Qubâ' pour leur piété et leur assiduité à la perfection de la purification ; Il (Glorifié soit-Il) a dit : {... Une mosquée érigée dès le premier jour dans la crainte d’Allah est un lieu où il est plus approprié de rester. On y trouve des hommes qui aiment se purifier... } [Le Repentir, 9 : 108].
Et la pureté est la moitié de la foi ; et quiconque se purifie, Allah l'aime. {... Certes, Allah aime ceux qui se repentent [sans cesse] et Il aime ceux qui se purifient.} [La Vache, 2 : 222].
La clé de la prière est la pureté, et le fidèle n'entre dans sa prière qu'après s'être purifié.
Et Il (Glorifié soit-Il) a rendu l'entrée au Paradis conditionnée à la bonté et la pureté, si bien que n'y entrera qu'une âme bonne et pure. Il (Élevé soit-Il) a dit : {... « Que la paix soit avec vous ! Vous étiez pleins de vertu. Entrez donc au Paradis pour l’éternité ! » } [Les Groupes, 39 : 73]. Ainsi donc, quiconque se purifie en ce bas-monde et rencontre Allah en état de pureté entre au Paradis. Quant à quiconque ne se purifie pas en ce bas-monde, si sa pureté est inexistante, comme celle du mécréant, il n'y entrera en aucun cas ; et si son impureté est acquise et passagère et qu'Allah veut le châtier, il y entrera après s'être purifié en Enfer de cette impureté, pour ensuite en sortir.
Quant aux croyants, lorsqu'ils auront traversé le Pont (Sirât), ils seront retenus sur un pont (Al Qantarah) entre le Paradis et l'Enfer. Ils y seront alors épurés et purifiés des fautes qui leur restaient, celles qui les empêchaient d'entrer au Paradis sans pour autant leur valoir l'Enfer.
La purification du cœur est une condition d'entrée au Paradis ; Il (Glorifié soit-Il) a dit : {Le jour où ni la richesse ni les enfants n’auront la moindre utilité. 88 et où seul celui qui viendra à Allah avec un cœur pur sera sauvé. » 89 } [Les Poètes, 26 : 88-89].
Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Jamais un cœur souillé par les saletés des désirs et de l'ostentation ne sera au voisinage du Tout-Miséricordieux. »
Et l'intérieur a une parure comme l'extérieur a une parure, et parmi les invocations du Prophète ﷺ : « Ô Allah ! Embellis-nous par la parure de la foi. » Rapporté par An-Nassâ`i (n°1305) et Ahmad (n°18351). Et Al Albânî l'a authentifié.
Les cœurs sont semblables aux corps : il y en a des sains et des malades, des vivants et des morts. Et lorsque le cœur est purifié de ses impuretés, il se remplit de miséricorde et de bien. C'est pourquoi, l'Islam s'est soucié de tout ce qui réforme le cœur et a interdit tout ce qui le corrompt. Sa plus grande réforme est l'Unicité, en vouant sincèrement ses œuvres à Allah, Seul ; et la corruption et la mort du cœur résident dans le polythéisme envers Allah. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {... Les idolâtres ne sont qu’impureté... } [Le Repentir, 9 : 28].
Ensuite, Il les a menacés de l'ignominie et d'un châtiment exemplaire. Il a dit : {... Ce sont ceux dont Allah ne souhaite pas purifier les cœurs, qui subiront l’ignominie ici-bas avant de connaître de terribles tourments dans l’au-delà.} [La Table Servie, 5 : 41].
Quant aux hypocrites, Allah les a décrits par Sa parole : {… ces êtres immondes …} [Le Repentir, 9 : 95]. Ibn Kathîr (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « C’est-à-dire : des gens mauvais, dont leur for intérieur et leur apparence extérieure sont souillés. »
La rancune et l'envie sont une maladie dans les cœurs, qui s'assombrissent si l'on n'y remédie pas par l'invocation et la pureté du cœur ; le Prophète ﷺ a dit : « Ne vous détestez pas, ne vous enviez pas et ne vous tournez pas le dos ; soyez plutôt des serviteurs d'Allah, des frères. » Al Bukhârî et Muslim s'accordent sur l'authenticité de ce hadith.
« Un homme vint au Prophète ﷺ, alors il a dit à ses Compagnons (qu'Allah les agrée) : « Va maintenant apparaître devant vous un homme parmi les gens du Paradis. »
Et quand on l'interrogea sur son œuvre, il a répondu : « Certes, il n'y a aucune tromperie en mon for intérieur envers aucun musulman et je n'envie personne pour un bien qu'Allah lui a accordé. » Rapporté par An-Nassâ`i dans : As-Sunan Al Kubrâ (n°10699) et Ahmad (n°12697). Al Mundhirî, Ibn Kathîr et Al Arnâ'ût l'ont authentifié.
Et parmi les invocations des croyants : {... Et préserver nos cœurs de toute haine à l’encontre des croyants... } [Le Rassemblement, 59 : 10].
Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Je n'ai vu personne incarner mieux les vertus de l'indulgence, du pardon et de la poitrine saine qu'Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde). »
Le cœur est d'une pureté intense et prompt à être affecté, et le moindre péché l'atteint ; il ﷺ a dit : « Lorsque le serviteur commet une faute, un point noir se grave dans son cœur. S'il renonce, implore le pardon et se repent, alors son cœur se purifie ; mais s'il continue, cela augmente jusqu'à recouvrir son cœur, et c'est alors l'emprise (Ar-Rân) qu'Allah a mentionné : {« Non ! Mais ce qu'ils ont accompli a recouvert leurs cœurs »} [Les Fraudeurs, 83 : 14]. » Rapporté par Tirmidhî.
Il est du devoir du serviteur de laver son cœur, de jour comme de nuit, et parmi ce qui le purifie, il y a les prières obligatoires. Le Prophète ﷺ a dit : « Imaginez qu’une rivière coule devant la porte de l’un d'entre vous, et qu’il s’y lave cinq fois par jour. Resterait-il la moindre trace de saleté ? » Ils répondirent : « Il ne resterait rien. » Alors, il a dit : « C’est pareil avec les cinq prières, par elles Allah efface les fautes. » Al Bukhârî et Muslim.
Et pour quiconque prie après s'être purifié, alors c'est une cause d'entrée au Paradis ; il ﷺ a dit : « Il n'y a pas un musulman qui fait ses ablutions, les effectue parfaitement, ensuite se lève et accomplit deux unités de prière, s'y présentant avec son cœur et son visage, sans que le Paradis ne lui soit dû ! » Al Bukhârî et Muslim.
Les ablutions mineures sont un remède pour les cœurs et les membres ; le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque le musulman - ou le croyant - fait ses ablutions et se lave le visage, chaque péché qu’il a commis en regardant avec ses yeux sort de son visage avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Lorsqu’il se lave les mains, chaque péché qu’il a commis avec ses mains sort de celles-ci avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Lorsqu’il se lave les pieds, chaque péché qu’il a commis en se déplaçant ici et là sort de ses pieds avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Ainsi, il ressort de ses ablutions pur de tout péché. » Al Bukhârî et Muslim.
Et quiconque ajoute la parole du monothéisme à sa purification, alors les huit portes du Paradis lui sont ouvertes ; le Prophète ﷺ a dit : « Il n'en est pas un parmi vous qui effectue parfaitement ses ablutions, ensuite dit : « J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé à Lui, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager » sans que les huit portes du Paradis ne lui soient ouvertes, et il entrera par celle qu'il souhaite. » Rapporté par Muslim (n°234).
Et l'aumône légale purifie le cœur et l'illumine ; Allah (Glorifié soit-Il) a dit : {Prends sur leurs biens une aumône destinée à les purifier de leurs péchés et à les rendre meilleurs...} [Le Repentir, 9 : 103].
Et la Parole du Seigneur des mondes est une guérison pour les corps et les poitrines ; Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Le Coran que Nous révélons apporte guérison et miséricorde aux croyants...} [Le Voyage Nocturne, 17 : 82].
L'attachement au groupe des musulmans et le conseil sincère font partie de ce qui réforme les cœurs ; le Prophète ﷺ a dit : « Trois choses ne se départent jamais du cœur du musulman : la sincérité de l'œuvre pour Allah, le conseil sincère envers les dirigeants musulmans, et l'attachement à leur groupe. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2658) et At-Tabarânî dans : Al Mu'jam Al Awsat (n°5179). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et le voile est pureté et chasteté. Il (glorifié soit-Il) a dit : {...Et lorsque vous demandez quelque chose aux épouses du prophète, qu’un voile vous sépare d’elles. Vos cœurs et les leurs n’en demeureront que plus purs...} [Les Coalisés, 33 : 53].
La compagnie des vertueux et la préservation de la langue sont une pureté pour le cœur, et l'éloignement des troubles est une purification pour lui ; il ﷺ a dit : « Les tentations / Les troubles se présentent aux cœurs comme les brins d’une natte, l’un après l’autre. Chaque cœur qui les accepte y voit apparaître une tache noire, tandis que celui qui les repousse y voit apparaître une tache blanche. » Rapporté par Muslim (n°144).
La purification extérieure complète la purification intérieure. Ainsi donc, l'Islam s'est souciée de la purification du corps de l'Homme, depuis sa naissance à sa mort : lorsqu'il naît, il est circoncis et sa tête est rasée ; et lorsqu'il meurt, il est lavé, et son linceul et son parfumage sont accomplis avec soin.
Et le Prophète ﷺ aimait le parfum et on voyait l'éclat du musc couler de la raie de ses cheveux ; il se frottait les dents avec un bâton de siwâk à chaque ablution et à chaque prière, en entrant chez lui et à son réveil.
Et Il a ordonné de ce qui relève de la disposition naturelle : se tailler la moustache, se laisser pousser la barbe, se nettoyer les dents, se rincer le nez, se couper les ongles, se laver les plis des doigts, s’épiler les aisselles, se raser le pubis, se laver les parties intimes (Al Istinjâ’) et la circoncision, et a déterminé pour la taille de la moustache, la coupe des ongles, l'épilation des aisselles et le rasage du pubis, qu'ils ne doivent pas être délaissés plus de quarante nuits.
Et Il a ordonné à tout musulman de se laver chaque semaine ; en effet, Il ﷺ a dit : « C'est un devoir pour tout musulman de se laver au moins une fois dans la semaine (littéralement : une fois tous les sept jours) au cours duquel il se lave la tête et le corps. » Al Bukhârî et Muslim.
Lorsqu'il ﷺ éternuait, il mettait sa main ou un pan de son vêtement devant sa bouche afin d'atténuer le bruit de l'éternuement. Rapporté par Abû Dâwud (n°5029), At-Tirmidhî (n°2745) et Ahmad (n°9662). Et Al Albânî l'a authentifié.
Il a ordonné d’ôter ce qui est nuisible des chemins des musulmans. Il ﷺ a dit : « On m'a présenté les oeuvres de ma communauté, les bonnes comme les mauvaises. Alors, j’ai constaté que l’une de leurs belles œuvres était le fait d’ôter du chemin ce qui est nuisible... » Rapporté par Muslim (n°553).
Il a décrit la manière de se purifier après avoir satisfait un besoin naturel, avec quoi se nettoyer et le nombre de pierres à utiliser. Ainsi donc, il a interdit de se nettoyer avec la main droite, de se nettoyer à sec avec des excréments d'animaux et des os, et de se nettoyer à sec avec moins de trois pierres.
Et il a interdit tout ce qui s'oppose à la pureté ou à sa perfection ; il a ainsi interdit de respirer dans le récipient lorsque l'on boit, de souffler dans la nourriture, et de boire au goulot de l'outre, car cela y laisse une mauvaise odeur.
Et lorsque le dormeur se réveille, qu'il n'introduise pas sa main dans le récipient jusqu'à ce qu'il la lave trois fois. Et lorsque le chien lape dans le récipient, Il a ordonné de le laver sept fois, la première d'entre elles avec de la terre. Il a fixé la durée de l'essuyage sur les chaussons en cuir à un jour pour le résident et trois pour le voyageur, afin que le lavage des pieds avec l'eau ne soit pas retardé ; bien plus, Il a menacé du Feu celui qui ne lave pas entièrement son pied. En effet, il ﷺ a dit : « Malheur aux talons qui seront en Enfer ! » Al Bukhârî et Muslim.
Et Il a réprouvé ce qui dégage une odeur nuisible ; en effet, Ilﷺ a dit : « Quiconque a mangé de l’ail ou de l’oignon, alors qu’il s’éloigne de nous, ou qu’il s’éloigne de notre mosquée, et qu’il reste chez lui. » Al Bukhârî et Muslim.
Et en raison de l'impureté de l'alcool et de son caractère enivrant, quiconque en boit est menacé que sa prière ne soit pas acceptée durant quarante jours.
Il a interdit de se soulager sur le passage des gens ou à leur ombre, ainsi que de cracher dans les mosquées. Il a encouragé leur purification et a fait l'éloge de ceux qui s'en chargent ; ainsi, une femme noire ou un homme entretenait la mosquée. Le Prophète ﷺ remarqua alors son absence et demanda de ses nouvelles. On lui répondit : Il est mort. Alors, il ﷺ dit : « Pourquoi ne m'avez-vous pas informé de cela ? » C'est comme s'ils avaient minimisé son affaire, qu'il s'agisse de celle d'une femme ou de celle d'un homme. Alors, il ﷺ a dit : « Indiquez-moi sa tombe. » Ils la lui indiquèrent, alors il ﷺ pria sur lui. Al Bukhârî et Muslim.
Entre les vêtements et les cœurs, il y a une corrélation, apparente et cachée, et chacun influe sur l'autre ; c’est pourquoi, le port de la soie, de l'or et des peaux de bêtes féroces ont été interdits ainsi que le fait de laisser traîner ses vêtements, en raison de ce que cela engendre dans le cœur comme attitude contraire à la servitude et au recueillement.
Ceci dit, ô Musulmans :
Ainsi donc, la religion de l’Islam est la plus complète et la plus grandiose qui soit, et rien en dehors d’elle n’est plus à même de sanctifier et de purifier le serviteur. Le bienheureux est celui qui a purifié son cœur, ses membres, sa langue et son apparence de ce qui provoque la colère de son Seigneur, les a employés pour ce qu'Allah aime et agrée, et a été reconnaissant pour les bienfaits dont Allah l'a comblé.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Fils d’Adam ! Nous vous avons pourvus de vêtements qui couvrent votre nudité et d’autres qui vous servent de parures. Mais rien ne vaut le vêtement de la piété. Ce sont là certains signes d’Allah qu’ils sauront peut-être méditer. 26 } [Les Murailles, 7 : 26].
Qu'Allah mette pour moi et pour vous la bénédiction dans le Coran Majestueux, et nous fasse bénéficier, moi et vous, de ce qu'il contient comme versets et Sage Rappel. Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous et pour l'ensemble des musulmans de tout péché. Implorez donc Son pardon. Certes, Il est le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance et le remerciement Lui revient pour Sa réussite et Sa faveur. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, en exaltation de Sa grandeur ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et qu'Il les préserve abondamment.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : ô Musulmans !
Ainsi donc, l’Islam est une religion grandiose : elle ordonne d'essuyer l’intérieur et l’extérieur des oreilles plusieurs fois par jour ; une seule goutte d’urine annule les ablutions ; et une simple parole de mécréance ou un acte contraire à l’Islam fait sortir une personne de la religion.
La foi d’un individu n’est droite que si son cœur est droit. Et son cœur n’est droit que si sa langue est droite. Le cœur sain est celui qui est vierge de polythéisme, de la rancune, de la haine, de la jalousie, de l'avarice, de l'orgueil et de l'amour pour ce bas-monde, de même qu'il est pur de tout désir qui contredit l'ordre d'Allah et de tout doute qui contredit Sa parole. Et parmi les choses les plus légitimes par lesquelles le serviteur purifie sa vie, il y a la pureté de sa langue et de ses biens vis-à-vis de l'illicite et des choses douteuses.
Sachez ensuite qu'Allah vous a ordonné de prier sur Son Prophète ﷺ et de le saluer ; en effet, dans Sa Révélation explicite, Il a dit : {Certes, Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
Que la prière et le salut d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad.
***
Titre du sermon
Les Traditions de la disposition naturelle [de l'Homme]
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah, Seigneur des mondes, qui a créé l'Homme dans la plus parfaite constitution et l'a distingué par les bienfaits et l'honneur. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé : {...Tout ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre célèbre Sa gloire. Il est le Tout-Puissant, l’infiniment Sage.} [Le Rassemblement, 59 : 24].
Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Allah a fait son éloge dans Sa parole : {Certes, Tu es doté d'un comportement éminent. 4 } [La Plume, 68 : 4].
Qu'Allah prie sur lui, sur les gens de sa famille et ses Compagnons qui ont combattu sous sa bannière, se sont fermement attachés à sa Tradition et furent sur la voie droite, et qu'Il les salue abondamment et pleinement.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il) et agissez selon la Tradition (As-Sunnah) de votre Prophète, comme Allah vous l'a ordonné. En effet, Il a dit : {...Ce que le Messager vous donne, acceptez-le, et ce qu’il vous défend, abstenez-vous en. Craignez Allah dont le châtiment est terrible.} [Le Rassemblement, 59 : 7].
Sachez qu'il fait partie de sa Tradition ﷺ d'appliquer des préceptes qui relèvent de la disposition naturelle, car en cela résident la beauté de l'Homme, sa propreté et sa belle apparence, et ceci permet de se différencier des gens aux défauts et aux vices que sont les mécréants et les pervers, et de ne pas imiter les bêtes, telles que : les fauves, les bestiaux et les animaux.
Il [Le Prophète] ﷺ a dit : « Cinq pratiques font partie de la disposition naturelle : se raser le pubis, se faire circoncire, tailler sa moustache, s’épiler les aisselles et se couper les ongles. » Al Bukhârî et Muslim.
La signification de ce hadith est : Quiconque accomplit ces cinq bribes, alors assurément il s'est caractérisé par la disposition naturelle dont Allah a doté Ses serviteurs et qu'Il les a incités à observer, en raison de la beauté de l'apparence, de la belle prestance et de la propreté du corps qu'elles procurent.
La disposition naturelle est la Tradition primordiale que les Prophètes ont choisie et sur laquelle les Législations divines se sont accordées.
La première de ces bribes : Le rasage. C'est le fait de raser les poils du pubis ou de les enlever par n'importe quelle substance dépilatoire ; en effet, le fait de les laisser provoque un enlaidissement et l'accumulation de saletés.
La deuxième des bribes de la disposition naturelle : La circoncision. Elle consiste à couper la totalité du prépuce qui recouvre le gland du pénis et à le retirer.
Le but de la circoncision est la purification de l'Homme des impuretés qui s'accumuleraient sous le prépuce si celui-ci était conservé.
Il est recommandé de procéder rapidement à la circoncision du garçon, car cela accélère la guérison et pour que l'enfant se développe de la manière la plus complète.
La troisième des bribes de la disposition naturelle : La taille de la moustache ou le fait de la tailler de manière prononcée, ce qui est une taille excessive.
Et dans le hadith : « Quiconque ne réduit pas sa moustache, alors il n’est pas des nôtres. » Rapporté par Tirmidhî (n°2761) ; An-Nassâ'î dans : As-Sunan Al Kubrâ (n°14) ; et Ahmad (n°19263). Al Albânî l'a authentifié.
C’est pareil pour les deux pointes de la moustache, qui en sont les extrémités ; il n’est donc pas autorisé de les laisser pousser, comme le font certains par ignorance. En effet, l’Imam Ahmad et d’autres ont rapporté : « Taillez vos moustaches et ne ressemblez pas aux Juifs. » Rapporté par Ahmad (n°22337) ; At-Tabarânî dans : Al Mu'jam Al Kabîr (n°7924) ; Al-Bayhaqî dans : « Chu'ab Al Îmân » (n°6405). Et déclaré bon par cheikh Al Albânî.
Parmi les bénéfices de la taille de la moustache, les savants ont mentionné : le fait de ne pas ressembler aux Juifs et aux Zoroastriens, et la propreté au moment de manger et de boire ; car des restes de nourriture et de boisson s'attachent à une moustache longue et la salissent. Elle peut aussi tremper dans la boisson, ce qui dégoûte les autres. De plus, des écoulements du nez peuvent s'y agglomérer, et il est évident que cela est à la fois répugnant et enlaidissant.
Dans les hadiths authentiques, il est rapporté le fait de laisser pousser la barbe, c’est-à-dire : la laisser abondante, fait partie des bribes de la disposition naturelle ; en effet, dans les Deux Recueils Authentiques, il est attesté : « Différenciez vous des polythéistes : laissez pousser vos barbes et taillez vos moustaches ! »
Et dans une version : « Laissez pousser les barbes. » C'est-à-dire : laissez-les complètes.
De nos jours, certaines personnes sont éprouvées par leur opposition aux hadiths du Messager ﷺ et à sa Tradition concernant la barbe et la moustache. En effet, certains se laissent pousser la moustache et se rasent la barbe. Cet acte est en contradiction avec l'ordre du Messager ﷺ puisqu'ils laissent abonder ce que le Messager ﷺ a ordonné de tailler et de retirer, et retirent ce qu'il a ordonné de conserver et de laisser pousser. Ils se rasent donc la barbe et gardent leur moustache, par imitation des polythéistes et en opposition à la Tradition du Maître des Messagers. Et ce, parce que Satan leur a embelli leurs mauvaises actions au point qu'ils les ont vues comme étant bonnes.
Au point même que certains régimes, dans certains pays musulmans, imposent à leur personnel de se raser la barbe et de punir ceux qui la laissent pousser, en les renvoyant de la fonction publique.
Certaines personnes se taillent la barbe et n'en laissent qu'une infime partie. Ceci contredit ce qu'a ordonné le Messager ﷺ, à savoir de la laisser pousser et de la rendre abondante. Car cela signifie de la laisser complète, sans y toucher en la taillant ou en l'épilant. Mais Satan, n'ayant pu obtenir de lui qu'il l'enlève entièrement, s'est contenté qu'il en retire une partie ; car il veut qu'il contredise la Tradition, de quelque manière que ce soit.
Certaines personnes sont éprouvées par le fait de se teindre la barbe en noir, mais ceci est interdit et il y a une menace sévère. En effet, le Prophète ﷺ a clairement interdit cette habitude dans des hadiths authentiques. D'après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah les agrée tous les deux, lui et son père), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « À la fin des temps, il y aura des gens qui se teindront la barbe en noir comme les jabots des pigeons ; ils ne sentiront même pas l’odeur du Paradis. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4212), An-Nassâ'î (n°5075) et Ahmad (n°2470). Al Albânî l'a authentifié.
Ceci est une sévère menace qui prouve la sévérité de l'interdiction de cet agissement.
Quant au changement de la couleur des cheveux blancs par une autre couleur que le noir, alors ceci est légiféré, comme le fait de les teindre avec du henné, ou du « katam », ou d’autres produits dont la couleur n’est pas un noir pur.
Arracher les poils blancs fait également partie des choses interdite ; en effet, le Prophète ﷺ a dit : « N’arrachez pas les poils blancs ! En effet, ils sont la lumière du musulman. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4202), Ahmad (n°6962), At-Tirmidhî (n°2821), An-Nassâ'î (n°5068) et Ibn Mâjah (n°3721). Et déclaré bon par cheikh Al Albânî.
Certaines personnes commettent deux mauvaises actions en taillant leur barbe, n'en laissant qu'une petite partie qu'elles teignent en noir, et ces deux actes sont interdits et constituent une désobéissance.
Certes, la barbe est la beauté de l'homme et sa dignité ; c'est elle qui établit la distinction entre le visage de l'homme et celui de la femme.
Alors, pourquoi certaines personnes lui sont-elles hostiles et s'en jouent-elles ? Ce n'est rien d'autre que l'imitation aveugle et la soumission à la passion et à Satan.
Il incombe à celui qui est éprouvé par l'accomplissement de l'un de ces actes de se repentir à Allah, et d'obéir au Messager d'Allah ﷺ ; en effet, Il a dit : {Quiconque obéit au Messager, alors assurément il a obéi à Allah... } [Les Femmes, 4 : 80].
Et il a suivi la guidée d'Allah, comme Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...Si, en revanche, vous lui obéissez, vous suivrez le chemin de la vérité...} [La Lumière, 24 : 54].
La quatrième bribe de la disposition naturelle est : L'épilation des aisselles, qui consiste à enlever les poils qui y poussent ou à les faire disparaître par n'importe quel moyen, comme le rasage ou les divers produits dépilatoires ; en effet, le fait de les enlever met fin aux mauvaises odeurs, élimine la saleté qui s'y accumule, en plus d'autres bénéfices.
Et en raison de l'altération que représente son maintien.
La cinquième bribe de la disposition naturelle est : Se couper les ongles des mains et des pieds. En effet, les laisser longs enlaidit l'apparence, constitue une imitation des bêtes féroces, et favorise l'accumulation de saletés en dessous, ce qui est contraire à la propreté requise par la religion ; de plus, ils empêchent l'eau d'atteindre ce qui se trouve en dessous lors de la purification pour la prière.
Certaines femmes et certains jeunes sont affligés par la pratique de se laisser pousser les ongles et de ne pas se les couper, par ressemblance aux mécréants et en opposition à la Tradition (As-Sunnah) bien attestée du Prophète ﷺ. Par ailleurs, certaines femmes appliquent sur leurs ongles un vernis épais, appelé : « manucure », qui se solidifie sur l'ongle et empêche l'eau de la purification de l'atteindre.
Sa purification n'est pas valide car une partie de son corps n'a pas été atteinte par l'eau. Ceci est un grave danger auquel il est obligatoire d'être attentif et sur lequel il faut alerter [les gens].
Le « siwâk » est l’une des bribes de la disposition naturelle (Al Fitrah) attestée par de nombreux hadiths authentiques. En effet, plus de cent hadiths ont été rapportés sur son mérite et l’incitation à l'utiliser. Les savants sont unanimes sur le fait qu'il s'agit d'une Tradition fortement recommandée. Il consiste en l'utilisation d'un bâtonnet, ou de ce qui y ressemble, sur les dents, pour éliminer le jaunissement, les dépôts similaires, et la mauvaise haleine.
D'après 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Le siwâk est une purification de la bouche et une satisfaction du Seigneur. » Rapporté par An-Nassâ`î (n°5), Abû Ya'lâ (n°4569) et Ibn Khuzaymah (n°135). Al Bukhârî l'a rapporté en annotation.
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Si je ne craignais pas de surcharger ma communauté, certainement je leur aurais ordonné [d'utiliser] le siwak à chaque prière. » Rapporté par le Groupe.
Et dans une version d'Ahmad : « Certainement, je leur aurais ordonné l'usage du siwâk lors de chaque ablution. »
L'utilisation du « siwâk » est recommandée à tout moment, et cela est encore plus accentué au moment de l'ablution mineure avant de se rincer la bouche, au moment de la prière et de la lecture du Coran, après le lever du sommeil, et en cas de changement d'haleine ; car il convient au musulman d'avoir la bouche propre et une bonne haleine en permanence, et plus particulièrement lorsqu'il adore son Seigneur, s'adresse à Lui, ou entre dans l'une de Ses maisons. C'est en effet une sorte de purification légiférée pour le Seigneur (Glorifié soit-Il) ; car s'adresser aux grands avec une bouche pure est une marque de considération à leur égard.
Il est recommandé de se frotter les dents avec un bâton d’Arak, car c’est le meilleur type de siwâk, ou avec la tige de la branche d’un palmier, ou avec n’importe quelle chose qui élimine la mauvaise odeur de la bouche et nettoie les dents. Et dans le siwâk, il y a de nombreux bénéfices :
Il ne convient donc pas au musulman de le délaisser.
Et Allah est Celui qui accorde la réussite.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Tourne-toi donc, en monothéiste sincère et authentique, vers la véritable religion, celle que Dieu a inscrite naturellement dans le cœur des hommes. Personne ne peut altérer la religion d’Allah, cette foi authentique que la plupart ignorent. 30 } [Les Romains, 30 : 30].
Qu'Allah me bénisse ainsi que vous par le biais du Coran Majestueux...
Introduction du second sermon
Louange à Allah qui a créé l'Homme et lui a assujetti toute chose dans les univers.
Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Détenteur de la Majesté et de la Souveraineté ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager à l'ensemble des hommes et des djinns. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, en tout temps et à toute époque, et qu'Il les salue pleinement et abondamment.
Texte du second sermon :
Ceci étant dit :
Ô gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il) en accomplissant ce qu'Il vous a ordonné et en délaissant ce qu'Il vous a interdit. Imitez Son Messager et oeuvrez selon sa Tradition, pour que peut-être il vous soit fait miséricorde.
Serviteurs d'Allah ! Il convient de veiller aux choses qu'il est légiféré de couper, comme : la moustache, les ongles, et les poils des aisselles et du pubis, de sorte qu'on ne les laisse pas pousser de façon disgracieuse et causer des préjudices, et aussi parce que le fait de les laisser pousser longtemps constitue une transgression de la Tradition.
D'après Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Un temps nous fut donné pour la taille de la moustache, la coupe des ongles, l'épilation des aisselles et le rasage du pubis, à savoir que nous ne dépassions pas quarante nuits. » Rapporté par Muslim (n°258).
Et ceci est une preuve qu'il n'est pas permis de les délaisser plus que cela, et que le mieux est d'y veiller chaque semaine.
Ainsi, il convient au musulman d'être propre et de belle prestance, d'agir selon la Tradition et de ne pas se conformer aux coutumes qui lui sont contraires.
Certes, le meilleur discours est le Livre d'Allah et la meilleure guidée est celle de Muhammad ﷺ.
****
Titre du sermon
Les bonnes manières lors de l'accomplissement de ses besoins
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous cherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous repentons auprès de Lui. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui et le salue, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
La religion islamique est une religion complète et parfaite qui n'a rien laissé d'inexpliqué de ce dont les hommes ont besoin pour leur religion et leur vie d'ici-bas. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {... On n’a rien laissé de côté dans le Livre...} [Les Bestiaux, 6 : 38]. Parmi cela figurent les bonnes manières relatives à l'accomplissement des besoins naturels, pour que l’Homme - qu’Allah a honoré - se distingue de l’animal. Il (Élevé soit-Il) a dit : {Et, assurément, Nous avons honoré les fils d’Adam, mettant à leur disposition toutes sortes de moyens de transport sur terre et en mer, leur procurant les nourritures les plus pures et les favorisant largement par rapport à nombre de Nos créatures. 70 } [Le Voyage Nocturne, 17 : 70].
Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {... Il s'y trouve des hommes qui aiment se purifier. Et Allah aime ceux qui se purifient.} [Le Repentir, 9 : 108]. Il existe des bonnes manières religieuses à observer au moment d'entrer aux toilettes et lors de l'accomplissement des besoins. Notamment, parmi celles-ci :
1- Au moment d'entrer aux toilettes, dire : « Au nom d’Allah ! Ô Allah ! Je me réfugie auprès de Toi contre les démons mâles et femelles. » At-Tirmidhî a rapporté ce hadith dans ses Sunan, d'après Alî ibn Abî Tâlib (qu'Allah l'agrée) comme quoi le Prophète ﷺ a dit : « Le moyen pour les enfants d’Adam de cacher leurs parties intimes aux regards des djinns, lorsqu’ils vont aux toilettes, est de dire : Au nom d’Allah (BismiLlah). » Rapporté par At-Tirmidhî (n°606) et Ibn Mâjah (n°297). Et Al Albânî l'a authentifié.
Al Bukhârî et Muslim ont rapporté d'après Anas (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Lorsque le Prophète ﷺ entrait aux toilettes, il disait : « Ô Allah ! Je me réfugie auprès de Toi contre les démons, mâles et femelles. » Les démons mâles et leurs femelles. Quant aux désobéissances, il a été dit : C'est l'ensemble des actes répréhensibles.
Abû Dâwud a rapporté ce hadith dans ses Sunan, d'après 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Lorsque le Prophète ﷺ sortait des toilettes, il disait : « [J'implore] Ton pardon. » Rapporté par Abû Dâwud (n°30), At-Tirmidhî (n°7), An-Nassâ'î dans : As-Sunan Al Kubrâ (n°9907) et Ibn Mâjah (n°300). Et authentifié par Al Albânî.
2- Lorsque l'on veut accomplir ses besoins en plein air - c'est-à-dire : dans un lieu non aménagé pour cela - alors il est recommandé de s'éloigner des gens de manière à se trouver dans un endroit isolé, et de se cacher des regards derrière un mur, ou un arbre, ou autre que cela.
Abû Dâwûd a rapporté dans son Sunan un hadith de Jâbir ibn 'AbdaLlah comme quoi le Prophète ﷺ : « Lorsqu'il allait faire ses besoins, il s'éloignait. » Rapporté par Abû Dâwud (n°1), An-Nassâ'î (n°17), Ibn Mâjah (n°331) et At-Tirmidhî (n°20). Et authentifié par Al Albânî.
Le sens est : Lorsqu’il ﷺ voulait satisfaire ses besoins, il marchait un long moment afin de s’éloigner des gens.
3- Il ne doit pas se diriger vers la Qiblah ou lui tourner le dos au moment d'accomplir son besoin, mais doit plutôt se détourner d'elle ; car le Prophète ﷺ a interdit de se diriger vers la Qiblah ou de lui tourner le dos au moment d'accomplir son besoin. Al Bukhârî et Muslim ont rapporté dans leurs Deux Recueils Authentiques, d'après Abû Ayyûb que le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque vous allez à la selle, n’urinez pas et ne déféquez pas en faisant face à la Qiblah ! Ne lui tournez pas [non plus] le dos. Orientez-vous plutôt vers l’Est ou vers l’Ouest. » Abû Ayyûb a dit : « Lorsque nous arrivâmes au Châm (Le Levant), nous constatâmes que les toilettes avaient été construites en direction de la Ka’bah, alors nous nous détournions de sa direction et nous implorions le pardon d’Allah. »
4- Il lui est interdit de toucher son sexe avec sa main droite ; de même, il lui est interdit de faire ses besoins sur le chemin des gens, à l'ombre qu'ils utilisent, ou près de leurs points d'eau. En effet, le Prophète ﷺ a interdit cela en raison du préjudice et de la nuisance que cela cause aux gens. Al Bukhârî et Muslim rapportent, d'après Abû Qatâdah (qu'Allah l'agrée), que le Prophète ﷺ a dit : « Et lorsqu'il va aux toilettes, qu'il ne touche donc pas sa verge avec sa main droite et qu'il ne s'essuie pas avec sa main droite. »
Et Abû Dâwud a rapporté dans ses Sunan, d'après 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Le Messager d'Allah ﷺ utilisait sa main droite pour se purifier et manger, et sa main gauche pour ses besoins et ce qui était nuisible. » Abû Dâwud (n°33) et Ahmad (n°26283). Et authentifié par Al Albânî.
Muslim rapporte dans son Recueil Authentique, d’après le hadith d'Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée), que le Prophète ﷺ a dit : « Craignez les deux grandes causes de malédiction ! » Ils demandèrent : « Et quelles sont les deux grandes causes de malédiction, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Celui qui fait ses besoins sur le chemin des gens ou sur leurs endroits ombragés [qu'ils utilisent]. » Muslim (n°269).
On ne doit pas entrer dans le lieu où l'on fait ses besoins avec une chose qui porte la mention d'Allah, ou du Coran. S'il craint de ce qu'il a avec lui qui porte la mention d'Allah, alors il lui est permis d'entrer, mais il doit le couvrir. Il ne convient pas non plus parler au moment d'accomplir ses besoins, car l'interdiction de cela a été rapportée dans un hadith - déclaré bon par certains savants.
Il est interdit de réciter le Coran et il n’est pas prescrit de rendre le salut dans cette situation. En effet, Abû Dâwûd rapporte dans ses « Sunan », d’après le hadith d’Al Muhâjir ibn Qunfudh (qu’Allah l’agrée), que ce dernier vint trouver le Prophète ﷺ alors qu’il urinait et le salua. Mais le Prophète ﷺ ne lui répondit pas avant d’avoir accompli ses ablutions. Ensuite, il s’excusa et alors il a dit : « Certes, j'ai répugné à mentionner Allah excepté en état de pureté, ou - il a dit - : en état de purification. » Abû Dâwud (n°17) et authentifié par Al Albânî.
5- Il doit nettoyer la partie par laquelle sortent l'urine et les selles, en utilisant de l'eau ou en s'essuyant avec des pierres ou ce qui peut les remplacer. Le fait de combiner les deux est préférable, mais si l'on se contente de l'un d'eux, cela est suffisant. L'essuyage se fait avec des pierres ou ce qui peut les remplacer, comme : du papier rêche, ou des mouchoirs, ou des tissus, et ce qui y ressemble, parmi ce qui permet de nettoyer et d'assécher l'endroit.
Il est exigé d'effectuer au moins trois essuyages distincts, ou plus si l'on souhaite. Il n'est pas permis de se nettoyer à sec avec des os et les excréments des bêtes, c'est-à-dire : leur crottin ; parce que le Prophète ﷺ a informé que c'est la nourriture de nos frères parmi les djinns. En effet, Abû Dâwûd a rapporté dans ses Sunan d'après le hadith de Khuzaymah ibn Thâbit (qu’Allah l’agrée), que le Prophète ﷺ fut interrogé au sujet de la purification, et il répondit : « Avec trois pierres parmi lesquelles il n'y a pas d'excrément. » Abû Dâwûd (n°41), Ibn Mâjah (n°315) et Ahmad (n°21856). Et authentifié par Al Albânî.
Et dans les Deux Recueils Authentiques, le Prophète ﷺ a dit aux djinns : « Vous aurez tout os sur lequel le nom d'Allah a été prononcé ; il parviendra entre vos mains le plus charnu qui soit, et toute déjection sera une nourriture pour vos bêtes. »
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance et le remerciement Lui revient pour Sa réussité et Sa faveur. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager.
Texte du deuxième sermon
6- Il doit se protéger de l’urine et choisir un endroit non dur pour éviter qu’elle ne jaillisse sur lui ; en effet, une grande partie du châtiment de la tombe est due au fait de ne pas s’en préserver. Il est en effet rapporté dans les Deux Recueils Authentique, d’après Ibn ‘Abbas, que le Prophète ﷺ passa devant deux tombes, alors il a dit : » « Certes, tous deux sont châtiés et on ne les châtie pas pour quelque chose de grave. » Ensuite, il a dit : « En fait, si ! L’un d’eux colportait les paroles des uns aux autres, tandis que l’autre ne se prémunissait pas de son urine. » Et dans une version : « Il ne se prémunissait pas de l'urine. »
Et, ici, il y a un point sur lequel il faut alerter, à savoir que certains gens du commun pensent que le nettoyage intime (Al Istinjâ’) fait partie des ablutions. Ainsi, lorsqu’ils veulent faire leurs ablutions, ils commencent par ce nettoyage, même s’ils l’ont déjà effectué auparavant après avoir satisfait leurs besoins naturels. Ceci est une erreur, car cela ne fait pas partie des ablutions. Le nettoyage intime (Al Istinjâ’) s’effectue après avoir terminé de faire ses besoins, et il n'est pas nécessaire de le répéter. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...Et il ne vous a imposé aucune gêne dans l’exercice de votre religion...} [Le Pèlerinage, 22 : 78].
***
Titre du sermon
Le mérite des ablutions et leurs traces.
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah. Louange à Allah qui a légiféré les législations et rendu les jugements parfaits, et les a rendus d'une beauté accomplie et d'une précision extrême. Je Le loue (Élevé soit-Il) et Le remercie, Lui qui est digne de louange et de bienfaits. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Sage, l'Omniscient. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, celui au visage lumineux et resplendissant, et aux actes beaux et agréés. Qu'Allah prie sur lui, le préserve et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons, les Successeurs et quiconque les suit en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Je vous recommande la piété - ô gens - car elle est la meilleure provision et le meilleur vêtement. {Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102].
Ensuite, sachez – qu’Allah vous fasse miséricorde – que vos œuvres sont comptées et que vos vies diminuent sans cesse. La mort est à l’œuvre, son heure est inconnue, et seule la saisie de votre âme vous sépare de l’au-delà. Quiconque donc se demande des comptes à lui-même réussira ; quiconque regarde les conséquences sera sauvé ; quiconque craint Allah sera en sécurité ; et quiconque obéit à ses passions s’égarera. Heureux donc quiconque se prépare à la rencontre d’Allah, se déleste de ce bas monde, se repent, croit, oeuvre vertueusement, ensuite reste bien guidé [sur le droit chemin].
Ô Musulmans ! C’est une obligation bienveillante, un ordre divin léger et porteur d'allègement, que notre Seigneur a établi comme condition préalable à la prière, et qui apaise la colère de l'âme lorsque la vie devient oppressante et que la souffrance l'enveloppe. Pour le croyant, il est une arme, et il est suivi d'un soulagement pour l'âme et d'un épanouissement pour la poitrine.
Serviteurs d'Allah ! Parmi les plus beaux décrets et les plus belles sagesses se trouvent ceux qui se rapportent à la purification et aux ablutions ; car l'Islam est la religion de la purification, de la pureté, de la propreté et de la limpidité.
Il a associé la purification cachée et apparente, et dans les premiers versets de la Révélation : {Toi qui te couvres de tes habits ! 1 Lève-toi résolument et avertis ! 2 Exalte la grandeur de ton Seigneur ! 3 Que tes vêtements soient purs de toute souillure ! 4 Fuis sans cesse le culte des idoles ! 5 } [Le Revêtu, 74 : 1 à 5].
Et par la réflexion profonde, se dévoilent à toi des décrets sublimes et de belles sagesses à travers lesquels se manifestent la grandeur de l'Islam, le raffinement de ses décrets et l'éminence de sa législation. Qu'il est donc beau pour le musulman d'être en état d'ablutions... mérites, récompenses, propreté et purification : {...Allah aime ceux qui se repentent constamment et prennent soin de se préserver de toute impureté.} [La Vache, 2 : 222]. Une œuvre facile et une grande récompense, et ce, à la fin du verset de l'ablution mineure. {... Allah ne veut vous imposer aucune gêne, mais seulement vous purifier et vous combler de Ses bienfaits. Peut-être saurez-vous Lui en être reconnaissants !} [La Table Servie, 5 : 6].
L'ablution tire son origine du terme : Al Wadâ`ah, qui signifie : l'éclat, la clarté, la lumière, la pureté, la splendeur et la propreté. C'est l'état qui caractérise l'être intérieur et extérieur de celui qui fait ses ablutions ; elle est donc un signe de la foi. Le Prophète ﷺ a dit : « Et nul n'est assidu et ne préserve ses ablutions excepté un croyant. » Rapporté par Ibn Mâjah (n°277).
Ô Musulmans ! L'ablution a une position élevée en Islam : c'est la moitié de la foi, comme ceci a authentiquement été rapporté du Prophète ﷺ qui a dit : « La purification est la moitié de la foi. » Rapporté par Muslim (n°223).
L'ablution est une adoration indépendante et un acte de rapprochement complet, même si elle n'est pas suivie d'une prière. Il ne s'agit pas simplement de se laver les membres et d'ôter les impuretés, c'est bien plus élevé et plus sublime ; l'ablution est une adoration, un effacement des péchés, une expiation des fautes, une élévation des degrés, une cause d'entrée au Paradis, une protection contre Satan, une préservation contre les maux, et des avantages pour les cœurs et les corps.
Ô vous qui pratiquez les ablutions ! Voici une sélection de paroles du Prophète ﷺ apportant de bonnes nouvelles et des conseils : Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Lorsque le musulman - ou le croyant - fait ses ablutions et se lave le visage, chaque faute qu’il a commise en regardant avec ses yeux sort de son visage avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Lorsqu’il se lave les mains, chaque faute qu’il a commise avec ses mains sort de celles-ci avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Lorsqu’il se lave les pieds, chaque faute qu’il a commise en se déplaçant ici et là sort de ses pieds avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Ainsi, il ressort de ses ablutions pur de tout péché. » Rapporté par Muslim (n°244).
Et d'après 'Uthmân ibn 'Affân (qu'Allah l'agrée) : le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque fait ses ablutions et les accomplit parfaitement, ses fautes quittent son corps jusqu'à ce qu'ils en sortent même de sous ses ongles. » Rapporté par Muslim (n°245).
Et d'après lui (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Il n'y a pas un musulman qui, lorsque vient l'heure d'une prière prescrite, parfait ses ablutions, son recueillement et son inclinaison, sans que cette prière ne soit une expiation de ses péchés antérieurs tant qu'il ne commet pas de péché majeur, et cela est valable tout le temps. » Rapporté par Muslim (n°228).
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Ne souhaitez-vous pas que je vous indique ce par quoi Allah efface les fautes et élève les degrés ? » Ils dirent : « Plutôt si, ô Messager d'Allah ! » Il a dit : « Parfaire les ablutions malgré les désagréments, multiplier les pas en direction des mosquées, et attendre la prière suivante après la fin de la prière présente ; c'est cela monter la garde, c'est cela monter la garde. » Rapporté par Muslim (n°251).
D’après ‘Uthmân ibn ‘Affân (qu’Allah l’agrée) : le Prophète ﷺ fit ses ablutions, ensuite il a dit : « Quiconque accomplit ses ablutions comme je viens de le faire, ensuite prie deux unités de prière, sans être distrait [au cours de sa prière], alors tous ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. » Rapporté par Al Bukhârî (n°159) et Muslim (n°226).
Ô Musulmans ! Ô vous qui accomplissez les ablutions ! L'ablution est le signe distinctif des croyants et l'emblème de cette communauté parmi les nations. Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Certes, au Jour de la Résurrection, les gens de ma communauté seront appelés ; leur visage ainsi que leurs membres seront blancs sous l’effet des ablutions. » Rapporté par Al Bukhârî (n°136) et Muslim (n°246).
Et le Prophète ﷺ a dit : « Vous viendrez à moi, resplendissants de blancheur par les traces des ablutions, ces traces n'appartiendront à personne d'autre que vous. » Rapporté par Muslim (n°248).
Et Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) tendait ses mains et disait : J’ai entendu mon ami intime ﷺ dire : « L'ornement du croyant atteindra ce qu'atteint l'eau des ablutions. » Rapporté par Muslim (n°250).
Serviteurs d’Allah ! L’ablution redonne de l’énergie aux membres, stimule la circulation sanguine du corps et ravive sa force, sa vigueur et sa vitalité. Elle met le serviteur devant son Seigneur dans un état de purification et d’élévation spirituelle, procurant ainsi au serviteur l’amour d’Allah. {...Allah aime ceux qui se repentent sans cesse et veillent à se préserver de toute souillure.} [La Vache, 2 : 222]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {... Il s'y trouve des hommes qui aiment se purifier. Et Allah aime ceux qui se purifient.} [Le Repentir, 9 : 108].
L'acte le plus important pour lequel les ablutions (Al Wudû') sont une condition est la prière. Elle est le plus grand pilier de l'Islam après la double attestation de foi, et les ablutions en sont la clé. Ainsi, l'adorateur ne se tient debout pour prier qu'en état d'ablution ; d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Allah n'accepte pas la prière de l'un d'entre vous lorsqu'il est souillé jusqu'à ce qu'il fasse ses ablutions. » Rapporté par Al Bukhârî (n°135) et Muslim (n°225). D'après Ibn 'Umar (qu'Allah l'agrée) : le Prophète ﷺ a dit : « Une prière n'est pas acceptée sans purification, ni une aumône issue de spoliation. » Rapporté par Muslim (n°224).
Concernant l’ordre d’accomplir l'ablution et sa description, Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Vous qui croyez ! Lorsque vous vous levez pour prier, lavez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes, passez vos mains mouillées sur vos têtes, et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles... } Le verset [La Table Servie, 5 : 6]. Et ce verset est l'un des plus immenses versets des prescriptions, comme l'a dit Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde).
Et Ibn Al 'Arabî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Certains savants ont dit : Il contient mille points. » [Ahkâm Al Qu'rân (2/ 47)]. Et ils ont dit vrai, car elle contient des dispositions et des sagesses dont on ne cesse de s'émerveiller. Parmi celles-ci, la description des ablutions, à savoir : laver le visage, ce qui inclut de se gargariser et d'aspirer l'eau par le nez ; puis, laver les mains jusqu'aux coudes ; puis, essuyer la tête et les oreilles ; puis, laver les pieds jusqu'aux chevilles, comme le Messager d'Allah ﷺ a accompli ses ablutions ; en effet, d'après Humrân, l'affranchi de 'Uthmân : ‘Uthmân ibn 'Affân (qu'Allah l'agrée) demanda de l'eau pour ses ablutions et les effectua Il lava ses mains trois fois, puis se rinça la bouche et le nez. Ensuite, il lava son visage trois fois, puis son bras droit trois fois, ensuite son bras gauche de la même manière. Puis, il essuya sa tête, ensuite il lava son pied droit jusqu'aux chevilles, trois fois, puis le [pied] gauche de la même manière. Ensuite, il a dit : « J’ai vu le Messager d'Allah ﷺ faire ses ablutions de la même manière que je viens de le faire. Puis, le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque accomplit ses ablutions comme je viens de le faire, ensuite prie deux unités de prière, sans être distrait [durant celles-ci], ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. » Rapporté par Al Bukhârî (n°159) et Muslim (n°226).
Cette description est celle de l'ablution complète, que le musulman doit accomplir avec soin, en couvrant l'ensemble des parties des membres de l'ablution, sans négligence ni insufflations.
Le Prophète ﷺ vit un homme qui avait accompli ses ablutions à la hâte, laissant une partie de son talon sèche. Alors, il déclara : « Malheur aux chevilles en raison du Feu ! Perfectionnez l'ablution mineure ! » Rapporté par Al Bukhârî (n°60) et Muslim (n°241). Et dans une version : « Malheur aux chevilles en raison du Feu ! » Rapporté par Muslim (n°242).
Il a été attesté que le Prophète ﷺ effectua ses ablutions en une seule fois, et qu'une autre fois il les effectua en deux fois, et qu'une autre fois il les effectua en trois fois. Il a dit : « Les ablutions sont comme ceci. Ainsi donc, quiconque ajoute à ceci, alors assurément il a mal agi, a transgressé et a été injuste. » Hadith authentique rapporté par An-Nassâ'î (n°140).
De cela, on comprend que le fait de dépasser les trois fois relève de l'insufflation de Satan, de l'exagération, de l'excès et du gaspillage interdit. En effet, Satan s'acharne à corrompre l'adoration de l'être humain par le biais de l'exagération et de l'insufflation. Al Hasan Al Basrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Certes, un diable rigole des gens durant les ablutions ; on le nomme : Al Walhân. » Rapporté par Ibn Abî Ad-Dunyâ dans : Makâ'id Ach-Chaytân (n°29).
Parmi ce qui met fin à l’insufflation, il y a le fait de chercher refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé, ainsi que d’asperger les parties intimes avec de l’eau après les ablutions – comme attesté dans la Tradition [voir : Sunan Abû Dâwûd (n°168)] – pour se rappeler que l’humidité vient de l’eau et non de l’urine, et ainsi couper court à l’insufflation.
Ô Musulmans... Ô vous qui accomplissez les ablutions ! Lorsque le musulman termine ses ablutions par la double attestation, les portes du Paradis lui sont ouvertes ; en effet, d'après 'Uqbah ibn 'Âmir (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Nous étions chargés de garder les chameaux et quand vint mon tour, je les fis rentrer en fin d'après-midi. Je rencontrai alors le Messager d'Allah ﷺ debout en train de parler aux gens et je pus retenir sa parole : « Il n'y a pas un musulman qui fait ses ablutions et les perfectionne, ensuite se lève et accomplit deux unités de prière, en s'y consacrant de tout son coeur et son visage sans que le Paradis ne lui est dû. » Alors, j'ai dit : « Cette parole est magnifique ! » Alors, quelqu'un devant moi a dit : « Celle d'avant était encore plus magnifique ! » Je regardai et je vis que c'était 'Umar. Il m'a dit : « Certes, je t'ai vu arriver juste auparavant. Il ﷺ a dit : « Il n'y en a pas un parmi vous qui fait méticuleusement ses ablutions, ensuite il dit : « Je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah et que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager », sans que les huit portes du Paradis ne lui soient ouvertes, et il entrera par celle qu'il souhaite. » Rapporté par Muslim (n°234).
Et dans une version : « Ô Allah ! Fais que je sois parmi ceux qui se repentent beaucoup et fais que je sois parmi ceux qui se purifient ! » Rapporté par At-Tirmidhî (n°55).
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Vous qui croyez ! Lorsque vous vous levez pour prier, lavez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes, passez vos mains mouillées sur vos têtes, et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. Si vous êtes en état d’impureté majeure, accomplissez un bain rituel. Si vous avez satisfait un besoin naturel ou touché une femme, mais que, malades, vous ne pouvez vous purifier avec de l’eau ou, en voyage, vous en êtes privés, usez de terre pure que vous vous passerez sur le visage et les mains. Allah ne veut vous imposer aucune gêne, mais seulement vous purifier et vous combler de Ses bienfaits. Peut-être saurez-vous Lui en être reconnaissants ! 6 } [La Table Servie, 5 : 6].
Qu'Allah nous bénisse, moi et vous, par le Coran et la Tradition, et nous fasse bénéficier des versets et de la sagesse qu'ils contiennent. Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah (Élevé soit-Il) pour moi et vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah... Louange à Allah d'une louange abondante comme Il l’a ordonné et d'un remerciement abondant, Lui qui a promis d’accorder plus à celui qui est remerciant. Je témoigne qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le meilleur de ceux qui ont accompli les ablutions et se sont purifiés. Qu’Allah prie sur lui, le salue et le bénisse, ainsi que sa famille et ses nobles Compagnons.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit :
Ô Musulmans ! L'ablution n'est pas uniquement liée à la prière, mais elle est aussi prescrite en de nombreuses occasions et recommandée en toute circonstance ; elle est donc prescrite au moment de dormir, comme dans le hadith d'Al Barâ' ibn 'Âzib (qu'Allah l'agrée), dans lequel le Prophète ﷺ lui a dit : « Lorsque tu vas au lit, alors effectue tes ablutions comme celles pour la prière... » Le hadith. Rapporté par Al Bukhârî (n°247) et Muslim (n°2710).
D'après Ibn 'Umar (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père), le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque passe la nuit en état de pureté, un Ange passe la nuit avec lui dans sa couverture ; il ne se réveille pas au cours de la nuit sans que l'Ange ne dise : Ô Allah ! Pardonne à Ton serviteur, car il a passé la nuit en état de pureté. » Rapporté par Ibn Hibbân dans son Sahîh (n°1051).
Elle est aussi prescrite au moment du réveil, comme dans le hadith d'Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) comme quoi le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Lorsque quelqu’un dort, le Diable lui fait trois nœuds à l’arrière de la tête puis il frappe sur chaque nœud en disant : « Que ta nuit soit longue, alors dors ! » S’il se réveille et évoque Allah, un nœud se défait. Ensuite, s’il fait ses ablutions, un autre nœud se défait. Enfin, s’il prie, alors tous les nœuds se défont. C’est ainsi que, de bon matin, la personne est active et de bonne humeur, sinon, elle est de mauvaise humeur et paresseuse. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1142) et Muslim (n°776).
Elle est encore prescrite, en période de colère, de calmer l’agitation de l’âme, d’apaiser son ardeur et de repousser l’influence de Satan. En effet, dans un hadith, le Prophète ﷺ a dit : « Certes, la colère provient du Diable (Satan), et le Diable (Satan) a été créé à partir du feu, et le feu n'est éteint que par l'eau. Ainsi donc, lorsque l'un d'entre vous se met en colère, qu'il fasse donc ses ablutions. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4784).
De même, il est prescrit pour celui qui est en état d'impureté majeure, s'il désire avoir de nouveau un rapport avec son épouse, de faire les ablutions ; en effet, cela est meilleur pour lui et plus dynamisant pour son corps et son esprit, comme l'a dit le Prophète ﷺ : « Lorsque l'un d'entre vous a eu un rapport avec sa femme, ensuite il veut recommencer, qu'il fasse donc ses ablutions. » Rapporté par Muslim (n°308).
Bien plus, si la personne en état d'impureté majeure veut manger ou dormir avant le lavage (Al Ghusl), alors il lui est recommandé de faire ses ablutions (Al Wudû'), comme l'a dit 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) : « Lorsque le Messager d'Allah ﷺ était en état d'impureté majeure et qu'il voulait manger ou dormir, il effectuait ses ablutions comme pour la prière. » Rapporté par Al Bukhârî (n°288) et Muslim (n°305).
Ô Allah ! Fais que nous soyons parmi les repentants et fais que nous soyons parmi les purifiés.
Ensuite, sachez – qu’Allah vous fasse miséricorde – qu’Allah vous a prescrit un commandement par lequel Il a commencé Lui-même ; en effet, Il (Glorifié soit-Il) a dit : {Certes, Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56]. Ô Allah ! Prie sur Ton serviteur et Ton Messager Muhammad, salue-le et bénis-le ainsi que sa famille et ses Compagnons, les bons et les purs.
***
Titre du sermon
Les ablutions : leur mérite et leurs règles.
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, nous Le louons, cherchons Son aide et implorons Son pardon. Nous nous réfugions auprès d’Allah contre les maux de nos âmes et de nos mauvaises oeuvres. Quiconque Allah guide, alors nul ne peut l’égarer et quiconque Il égare, alors nul ne peut le guider. Je témoigne qu’il n’y a pas aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. {Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence. 1 } [Les Femmes, 4 : 1]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes 70 Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. 71 } [Les Coalisés, 33 : 70-71].
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Certes, le croyant est caractérisé par la pureté tandis que le polythéiste est caractérisé par l'impureté. Ainsi donc, le croyant est pur du polythéisme et de sa souillure ; et plus il se rapproche de la perfection de la foi, plus son cœur est pur de la rancune, de l'envie et de la haine, plus son œuvre est pure de l'ostentation et de la recherche de la renommée, et plus ses membres sont purs des désobéissances et des péchés.
Quant aux ennemis d'Allah (Élevé soit-Il), ils se sont souillés par leur hostilité envers Lui et leur orgueilleux refus de Lui obéir ; de ce fait, ils sont les plus dignes de toute souillure : {...Voilà ceux dont Allah ne veut pas purifier les cœurs et qui seront exposés à l’ignominie ici-bas, avant de connaître d’affreux tourments dans l’au-delà.} [La Table Servie, 5 : 41]. C’est pourquoi, ils étaient en guerre contre les croyants purifiés, se recommandant mutuellement dans leurs assemblées impures en disant : {... « Chassons de notre cité ces gens qui aspirent à la pureté. » } [Les Murailles, 7 : 82].
La pureté des croyants réside dans la foi en Allah (Élevé soit-Il) la sincérité envers Lui et l'empressement à accomplir les œuvres vertueuses : les ablutions sont une purification pour se tenir devant Allah (Élevé soit-Il) ; la prière est une purification qui lave la souillure des péchés et des désobéissances ; et l'aumône légale est une purification des biens : {Prélève sur leurs biens une aumône propre à les purifier de leurs péchés et à les rendre plus vertueux...} [Le Repentir, 9 : 103]. Et il en est de même pour le reste des adorations.
Et les choses vénérables sont pures, et le croyant est vénérable, vivant et mort, il est donc pur ; et ce qui est au Paradis est vénérable, c'est pourquoi il est purifié : {... Des jardins traversés de rivières que ceux qui craignent Allah trouveront auprès de Lui et où, agréés par leur Seigneur, ils demeureront pour l’éternité aux côtés d’épouses purifiées... } [La Famille d'Imrân, 3 : 15]. Les Demeures d'Allah sont sacrées, elles doivent donc être purifiées : {.... Nous avons demandé à Abraham et Ismaël de faire de Mon sanctuaire un lieu sacré uniquement destiné à ceux qui viennent y effectuer les circuits rituels, y passer un temps de retraite, s’y incliner et s’y prosterner en prière.} [La Vache, 2 : 125]. Le Livre d'Allah (Élevé soit-Il) est respecté, pur et purifié : {Consignée dans des feuillets en grand honneur 13 soigneusement préservés et d’une très haute valeur 14 } [Le renfrogné, 80 : 13-14]. {L’avènement d’un Messager envoyé par Allah leur récitant des feuillets d’une grande pureté 2 } [La Preuve Évidente, 98 : 2]. Par conséquent, il était obligatoire que ne le touche qu'une personne purifiée. {Certes, le Coran est une sublime récitation 77 dans un livre soigneusement gardé 78 que seuls les êtres purs peuvent toucher 79 } [L'Évènement, 56 : 77 à 79].
Et la purification physique complète la purification morale et spirituelle ; en effet, l'Islam est la religion de la pureté et de la purification ; c'est pourquoi, Allah (Élevé soit-Il) a accordé Sa faveur à Ses serviteurs en faisant descendre l'eau : {... Et Nous faisons descendre du ciel une eau purifiante} [Le Discernement, 25 : 48]. {... et que, du ciel, Il fit descendre sur vous une eau pour vous purifier... } [Les Prises de Guerre, 8 : 11]. L'un des premiers appels adressés au Messager d'Allah ﷺ au commencement de sa mission fut : {Toi qui te couvres de tes habits ! 1 Lève-toi résolument et avertis ! 2 Exalte la grandeur de ton Seigneur ! 3 Que tes vêtements soient purs de toute souillure ! 4 Fuis sans cesse le culte des idoles ! 5 } [Le Revêtu, 74 : 1 à 5].
Une purification physique par la purification des vêtements, et une purification spirituelle par l'abandon des idoles, comme le rapporte Ibn Kathîr dans son exégèse d'après Ibn Zayd : « Les polythéistes ne se purifiaient pas, alors Allah lui a ordonné de se purifier et de purifier ses vêtements. » Tafsîr Ibn Kathîr (8/263).
La mention de la purification dans les premières révélations de cette noble Législation n'est venue que pour témoigner de son immense importance en Islam ; bien plus, la révélation coranique est venue affirmer l'amour d'Allah (Élevé soit-Il) pour ceux qui se purifient : {... Il s'y trouvent des hommes qui aiment se purifier. Et, Allah aime ceux qui se purifient.} [Le Repentir, 9 : 108]. Il ﷺ a dit : « Ce verset est descendu pour les habitants de Qubâ' : {Il s'y trouvent des hommes qui aiment se purifier} [Le Repentir, 9 : 108]. Ils se nettoyaient avec de l'eau, alors ce verset est descendu à leur sujet. » Rapporté par Abû Dâwud (n°44).
La Tradition Prophétique a stipulé que la purification est la moitié de la foi [Rapporté par Muslim (n°223)] ; c'est-à-dire : sa moitié. Les ablutions pour la prière font partie des plus grandes purifications pour lesquelles une immense rétribution a été établie. Ainsi, parmi les causes de l'effacement des fautes et de l'élévation des degrés, il y a le fait de parfaire les ablutions malgré les désagréments. En effet, les ablutions font sortir les fautes des membres et des organes. D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Lorsque le serviteur musulman fait ses ablutions et se lave le visage, chaque faute qu’il a commise avec ses yeux, sort de son visage avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Lorsqu’il se lave les mains, chaque faute qu’il a commise avec ses mains, sort de celles-ci avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Lorsqu’il se lave les pieds, chaque faute qu’il a commise en se déplaçant ici et là sort de ses pieds avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Ainsi, il ressort de ses ablutions pur de tout péché. » Rapporté par Muslim (n°244).
Le mérite de l'ablution et son effet dans la vie du croyant sont immenses ; puisque c'est le signe par lequel le Prophète ﷺ reconnaîtra sa communauté au Jour de la Résurrection, parmi toutes les autres communautés. D'après Abu Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ se rendit au cimetière et dit : « Que la paix soit sur vous, ô demeure d'un peuple croyant. Vous êtes les précurseurs et nous, si Allah le souhaite, nous allons vous rejoindre. J'aurais aimé que nous voyions nos frères. » Ils demandèrent : « Ne sommes-nous pas tes frères, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Vous êtes mes Compagnons, et nos frères sont ceux qui ne sont pas encore venus. » Ils demandèrent alors : « Comment reconnaîtras-tu ceux de ta communauté qui ne sont pas encore venus, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Que penserais-tu si un homme possédait des chevaux marqués de blanc aux fronts, aux encolures et aux pattes au milieu de chevaux d'un noir intense ; ne reconnaîtrait-il pas ses chevaux ? » Ils dirent : « Bien sûr, ô Messager d'Allah. » Il dit : « C'est ainsi qu'ils viendront avec des marques blanches aux fronts, aux mains et avant-bras ainsi qu'aux pieds du fait [de l'éclat] des ablutions ; et je les devancerai au Bassin. Toutefois, des hommes seront repoussés de mon Bassin comme on repousse le chameau égaré. Je les appellerai : « Allez, venez-y ! » Alors, on me dira : « Certes, après toi [c'est-à-dire : ta mort], ils ont remplacé (ta religion) [et ont innové]. » Alors, je dirai : « Qu'ils soient éloignés ! Qu'ils soient éloignés ! » Rapporté par Muslim (n°249).
D'après lui (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « J'ai entendu mon ami intime ﷺ dire : « L'ornement du croyant atteindra ce qu'atteint l'eau des ablutions. » Rapporté par Muslim (n°250).
Quant à la description de ses ablutions ﷺ, elle est rapportée par le Commandeur des Croyants, 'Uthmân ibn 'Affân (qu'Allah l'agrée). Il demanda de l'eau pour ses ablutions, et les accomplit ainsi : il se lava les mains trois fois, ensuite se rinça la bouche et le nez, puis se lava le visage trois fois, ensuite il lava son bras droit jusqu'aux coudes trois fois, puis son bras gauche de la même manière. Ensuite, il essuya sa tête, puis il lava son pied droit jusqu'aux chevilles trois fois, ensuite le gauche de la même manière. Alors, il a dit : « J'ai vu le Messager d'Allah ﷺ faire ses ablutions de la même façon que mes ablutions-ci. Puis, il ﷺ a dit : « Quiconque accomplit ses ablutions comme je viens de le faire, ensuite se lève pour accomplir deux unités de prière sans être distrait [durant celles-ci], ses péchés passés lui seront pardonnés. » Rapporté par Al Bukhârî (n°164) et Muslim (n°226).
Ibn Chihâb Az-Zuhrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Nos savants disaient : Cette ablution mineure est la plus parfaite que l'on puisse accomplir pour la prière. » Rapporté par Muslim (n°226).
Et il a été authentiquement attesté que le Prophète ﷺ effectua ses ablutions en une seule fois. Rapporté par Al Bukhârî (n°157). Et en deux fois, deux fois. Rapporté par Al Bukhârî (n°158). Et trois fois. Rapporté par Al Bukhârî (n°164) et Muslim (n°226). Il est aussi attesté qu'il variait le nombre de lavages entre ses membres : il se lava le visage trois fois, ses deux bras deux fois, et ses deux pieds une fois. Rapporté par Al Bukhârî (n°197) et Muslim (n°235). Tout ceci est authentiquement attesté dans sa Tradition ﷺ, et il est préférable que le serviteur alterne entre l’une et l’autre pratique, afin de mettre en œuvre sa Tradition ﷺ dans son intégralité.
Et si le serviteur a prié avec ses ablutions, il lui est recommandé de les refaire pour la prière suivante. Mais s'il n'a pas prié avec ses ablutions, alors il ne les refait pas. Cheykh Al Islâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Les jurisconsultes se sont uniquement prononcés sur le cas de celui qui a prié avec ses premières ablutions, pour déterminer s'il lui est recommandé de les renouveler. Quant à celui qui n'a pas prié, il ne lui est pas recommandé de refaire ses ablutions ; plutôt, renouveler les ablutions dans un tel cas est une innovation contraire à la Tradition du Messager d'Allah ﷺ et à la pratique des Musulmans durant sa vie et après lui, jusqu'à notre époque. » Fin de citation. Majmû' Al Fatâwâ (21/376), d'Ibn Taymiyyah.
Lorsque le croyant accomplit ses ablutions, alors assurément, il a purifié son corps ; il prononce alors la parole d'Unicité, confirmant la purification de son cœur contre le polythéisme, et il demande à Allah de le maintenir dans cet état de pureté. Ceci est rapporté dans la Tradition du Prophète ﷺ. D'après 'Umar ibn Al Khattâb (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque effectue parfaitement ses ablutions ensuite dit : J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Ô Allah ! Compte-moi parmi ceux qui se repentent et compte-moi parmi ceux qui se purifient, alors les huit portes du Paradis lui sont ouvertes et il entrera par celle qu’il souhaite. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°55).
Et d'après Abû Saïd Al Khudrî (qu’Allah l’agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque effectue ses ablutions, ensuite dit après avoir terminé ses ablutions : Gloire à Toi, ô Allah, et par Ta louange ! Je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Toi, j'implore Ton pardon et je me repens à Toi, alors cela est écrit sur un parchemin, puis scellé d'un sceau qui ne sera pas rompu jusqu'au Jour de la Résurrection. » Rapporté par An-Nassâ'î dans : As-Sunan Al Kubrâ (n°9829), et Al Hâkim dans : Al Mustadrak (n°2072) qui l'a authentifié.
Et le fait de demeurer [constamment] en état d'ablution est une des caractéristiques de la perfection pour les croyants, et seuls eux sont assez patients pour s'y astreindre. Le Prophète ﷺ a dit : « Soyez droits, et quelle excellente chose si vous y parvenez ; la meilleure de vos œuvres est la prière, et nul n'est assidu et ne préserve ses ablutions excepté un croyant. » Rapporté par Ibn Mâjah (n°279).
Effectuer ses ablutions après un état d'impureté, puis accomplir la prière avec ces ablutions, font partie des domaines de la course vers le Paradis. En effet, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit à Bilâl (qu'Allah l'agrée) au moment de la prière de l'Aube (Al Fajr) : « Ô Bilâl ! Parle-moi de l’œuvre que tu as accomplie en Islam dans laquelle tu places le plus d'espoir ; en effet, j’ai entendu le bruit de tes sandales devant moi au Paradis. » Il a dit : « À mes yeux, l’oeuvre que j'ai accomplie dans laquelle je place le plus d'espoir est : jamais je ne me suis purifié — de nuit comme de jour — sans accomplir, avec cette purification, ce qu'il m'a été écrit [d'accomplir] de prière. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1149) et Muslim (n°2458).
Allah est le Plus Grand ! Une œuvre infime, un bien abondant, une ablution après chaque impureté, une prière après chaque ablution, et la rétribution est une préséance au Paradis.
Rester constamment en état de purification permet au serviteur de rencontrer son Seigneur ainsi, même en cas de mort subite. C’est pourquoi, le musulman tient à demeurer pur en permanence, même pendant son sommeil. Et comment pourrait-il en être autrement, alors que le Prophète ﷺ a dit : « Purifiez ces corps ! Qu'Allah vous purifie. En effet, il n'y a pas un serviteur qui passe la nuit en état de pureté sans qu'un Ange ne passe la nuit avec lui dans sa couverture ; à chaque fois qu'il se retourne au cours de la nuit, l'Ange dit : Ô Allah ! Pardonne à Ton serviteur, car il a passé la nuit en état de pureté. » Rapporté par At-Tabarânî dans : Al Mu'jam Al Kabîr (n°13620).
Quel immense mérite ! Les Anges implorent le pardon pour le serviteur chaque fois qu'il se retourne dans son lit tout au long de la nuit, et il suffit au serviteur de faire ses ablutions avant de s'endormir pour obtenir ce mérite. Qui donc se priverait de ce bien, en s'endormant sans être en état de pureté ? En effet, si son âme est reprise, alors elle l'est alors qu'il n'est pas en état de pureté ; et si elle lui est rendue, alors il manquera le mérite de l'imploration du pardon des Anges.
Ô frères ! Voici les ablutions mineures et leur mérite en Islam. Quelle religion autre que l'Islam a accordé à la purification et à la propreté cette immense attention !? Louange donc à Allah pour l'Islam, et nous Lui demandons la fermeté sur cette religion jusqu'à la mort. Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé. {Vous qui croyez ! Lorsque vous vous levez pour prier, lavez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes, passez vos mains mouillées sur vos têtes, et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. Si vous êtes en état d’impureté majeure, accomplissez un bain rituel. Si vous avez satisfait un besoin naturel ou touché une femme, mais que, malades, vous ne pouvez vous purifier avec de l’eau ou, en voyage, vous en êtes privés, usez de terre pure que vous vous passerez sur le visage et les mains. Allah ne veut vous imposer aucune gêne, mais seulement vous purifier et vous combler de Ses bienfaits. Peut-être saurez-vous Lui en être reconnaissants ! 6 } [La Table Servie, 5 : 6]. Qu'Allah mette la bénédiction pour moi et pour vous dans le Coran majestueux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, la louange des remerciants, et j'implore Son pardon, l'imploration du pardon des pécheurs. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Seigneur des mondes, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le maître de l'Humanité tout entière. Qu'Allah prie sur lui, le salue et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons, les Successeurs, et quiconque suit leur voie et marche sur leurs traces jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Je vous recommande, ainsi qu'à moi-même, la crainte d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il). Craignez-Le donc, et vous réussirez ; en effet, Il a dit : {... « Que celui qui craint le Seigneur et supporte patiemment les épreuves sache qu’Allah ne laisse jamais se perdre la récompense des hommes de bien. »} [Joseph, 12 : 90]. {... Si vous avez réellement la foi et craignez Allah comme il se doit, vous obtiendrez une immense récompense.} [La Famille d'Imrân, 3 : 179].
Ô frères ! Parmi ce qui est reproché à de nombreuses personnes concernant les ablutions, il y a le fait de ne pas les parfaire ; soit par négligence à leur égard, soit par ignorance de la manière légiférée de les accomplir. Or, la récompense immense pour les ablutions est conditionnée au fait de les parfaire, de les compléter et de les accomplir de la meilleure des manières. En effet, d'après 'Uqbah ibn 'Âmir (qu'Allah l'agrée) : le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Il n'y a pas un musulman qui effectue ses ablutions, les perfectionne, ensuite se lève et accomplit deux unités de prière, se tournant vers elle avec son cœur et son visage, sans que le Paradis ne lui soit dû. » Rapporté par Muslim (n°234). Et d'après 'Uthmân (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque accomplit parfaitement les ablutions comme Allah lui a ordonné, alors les prières prescrites sont des expiations pour ce qu'il y a entre elles. » Rapporté par Muslim (n°231), Al Bukhârî a dit : « Lorsqu'Ibn Sîrîn accomplissait ses ablutions, il lavait l'emplacement de la bague. » Sahîh Al Bukhârî (1/44).
Le fait de ne pas accomplir parfaitement ses ablutions fait l'objet d'une sévère menace. Muḥammad ibn Ziyâd rapporte : « J’ai entendu Abû Hurayrah, qui passait près de nous alors que des gens faisaient leurs ablutions à partir d'un récipient, dire : « Accomplissez parfaitement les ablutions ! En effet, Abûl Qâsim ﷺ a dit : « Malheur aux chevilles en raison du Feu ! » Rapporté par Al Bukhârî (n°165) et Muslim (n°242) dont c'est l'expression. Que craignent Allah les gens qui ne se soucient pas de la manière dont ils accomplissent leurs ablutions, et qui ne veillent pas à les parfaire comme l'a ordonné Allah (Élevé soit-Il).
À ce groupe de personnes négligentes s'oppose celui de ceux qui sont en proie aux doutes obsessionnels lors de l'ablution, se tourmentant eux-mêmes, étant excessifs dans l'utilisation de l'eau et la gaspillant sans droit. Or, le Prophète ﷺ effectuait son ablution majeure avec un Sâ' d'eau et son ablution mineure avec un Mudd [Rapporté par Al-Bukhârî (n°201) et Muslim (n°325)].
Et lorsqu'un homme a dit à Jâbir, au sujet du lavage rituel avec un « Sâ’ » : « Cela ne me suffit pas ! » Jâbir lui a dit : « Cela suffisait à celui qui avait une chevelure plus abondante que toi et était meilleur que toi. » Rapporté par Al Bukhârî (n°252) et Muslim (n°329).
L'Imam Ahmed a dit : « Fait partie de la compréhension de l'homme son peu d'obsession pour l'eau. »
Son élève, Al Marwazî, a dit : « J'ai fait faire ses ablutions à Abû 'AbdiLlah et je l'ai dissimulé au regard des gens afin qu'ils ne disent pas qu'il ne savait pas bien les faire, en raison du peu d'eau qu'il utilisait ; en effet, il (qu’Allah lui fasse miséricorde) faisait ses ablutions en mouillant à peine le sol. » Ighâthah Al-Lihfân (1/222).
Cheikh Al Islâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Les traditions authentiques ont prouvé que le Prophète ﷺ et ses Compagnons n’utilisaient pas l’eau avec excès, et que les Successeurs qui les ont suivis en toute vertu ont perpétué cette pratique. » Rapporté par Ibn Al Qayyim dans Ighâthah Al-Lahfân (1/221).
Et Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit, en mentionnant la guidée du Prophète ﷺ : « Il était des plus mesurés dans l'usage de l'eau pour les ablutions, et il mettait en garde sa communauté contre tout gaspillage. Il a aussi informé qu'il y aurait au sein de sa communauté des gens qui commettraient des excès dans la purification. » Fin de citation. Zâd Al Ma'âd (1/184).
Et s'il est interdit de commettre l'excès et de gaspiller l'eau dans les adorations, alors à plus forte raison ceci l'est en dehors de celles-ci.
Fait partie de l'excès dans l'utilisation de l'eau et de l'innovation religieuse dans les ablutions : le fait de dépasser les trois lavages. L'Imâm Ahmad a dit : « N'ajoute au-delà des trois [lavages] qu'un homme éprouvé. » Rapporté par At-Tirmidhî dans son Sunan (1/63).
Et Ibn Al Mubârak (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Je ne mets pas à l'abri du péché quiconque dépasse les trois. » Al Mughnî (1/103), d'Ibn Qudâmah.
Et An-Nakhaʽî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « La rigueur excessive dans les ablutions provient du Diable ; si cela avait été un mérite, les Compagnons de Muhammad ﷺ en auraient eu la primauté. » Al Mughnî (1/103), d'Ibn Qudâmah.
Il est rapporté dans un hadith que le Prophète ﷺ a effectué ses ablutions en trois fois, ensuite il a dit : « Les ablutions sont comme ceci. Quiconque donc ajoute à ceci, alors assurément il a mal agi et a été injuste. » Rapporté par An-Nassâ'î (n°140).
Craignez donc Allah, votre Seigneur, instruisez-vous dans votre religion, et perfectionnez les ablutions : {Fils d’Adam ! Revêtez vos plus beaux habits en tout lieu de prière. Mangez et buvez, mais sans, toutefois, tomber dans l’excès. Allah n’aime pas les êtres excessifs. 31 } [Les Murailles, 7 : 31].
Ensuite, priez sur Muhammad ibn 'AbdiLlah et saluez-le comme votre Seigneur vous l'a ordonné ; en effet, Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le pleinement ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
***
Titre du sermon
Les décrets de l'essuyage sur les chaussons [en cuir]
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, le Subtil-Bienveillant, le Parfaitement Connaisseur. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Très-Haut, le Très-Grand. Et j'atteste que notre Prophète Muhammad est Son serviteur et Son Messager, l'annonciateur de la bonne nouvelle et l'avertisseur, le flambeau lumineux. Ô Allah, prie sur lui, salue-le et bénis-le, ainsi que sa famille et ses Compagnons, d'une prière et d'une paix qui procurent un bien abondant et une immense récompense.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô Musulmans ! Je vous enjoins, ainsi qu'à moi-même, la piété envers Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) et Son obéissance ; en effet, c'est par cela que l'on atteint le bonheur et que l'on obtient le salut.
Ô Musulmans ! Fait partie de la miséricorde d'Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) envers Ses serviteurs qu'Il leur a légiféré des dispositions qui leur facilitent leurs affaires et par lesquelles leur condition est redressée, conformément aux principes de la facilité et de la simplification.
Parmi les règles de la Législation islamique : « La difficulté entraine la facilité ». L'un des aspects de la facilitation dans la législation de Muhammad ﷺ est la prescription de l'essuyage sur les chaussons, établie par le Livre sublime et les hadiths notoires rapportés du noble Prophète. Ô Allah ! Prie sur lui, salue-le et bénis-le.
Fait donc partie de la Tradition d'essuyer par-dessus tant que la personne les porte.
Frères en Islam :
À la légitimité de l'essuyage sur les chaussons en cuir se rattache l'essuyage sur les chaussettes, à savoir : celles qui sont faites de coton, de laine ou d'une matière similaire que les gens portent de nos jours. Il est donc légiféré d'essuyer les chaussettes de ce type lors de l'ablution, à condition que la personne les ait enfilées en état de purification complète. C’est-à-dire : qu’elle ait accompli une ablution complète ou une ablution majeure légiférée, comme le lavage pour se purifier de l'état d'impureté majeure par exemple, et qu'elle les enfile après cela.
Par mesure de précaution, la personne qui fait son ablution ne devrait enfiler ses chaussons ou ses chaussettes qu'après avoir lavé ses deux pieds ; alors, à ce moment-là, il lui est permis de les essuyer après cela.
L'essuyage concerne uniquement la purification de l'impureté mineure. Quant à l'impureté majeure, comme la souillure (Al Janâbah), alors il n'est pas permis d'essuyer les chaussons en cuir ; plutôt, on doit les enlever et se laver entièrement le corps.
Frères en Islam :
La durée de l'essuyage sur les chaussons est d'un jour et une nuit pour le résident, et de trois jours et trois nuits pour le voyageur. Elle débute au premier essuyage après l'impureté, ce que les savants nomment « les annulatifs des ablutions ».
Par exemple : s'il fait ses ablutions pour la prière du Dhuhr, ensuite les met, puis perd ses ablutions, ensuite essuie au moment de la prière du 'Asr, alors la durée de l'essuyage commence à partir de son essuyage au moment de la prière du 'Asr.
Celui qui s'essuie en tant que voyageur, puis redevient résident, complète alors l'essuyage d'un résident – c'est-à-dire : un jour et une nuit – tant que cette durée est en vigueur. Et celui qui s'essuie en tant que résident, puis se met à voyager durant cette durée, alors il essuie pendant la durée du voyageur – c'est-à-dire : trois jours et trois nuits – selon l'avis prépondérant des deux paroles des savants.
L'essuyage sur les chaussons est lié au lavage des pieds lors des ablutions ; dans le sens où il est nécessaire de faire des ablutions légiférées avec de l'eau. Si une personne fait le Tayammum, ensuite met ses chaussons, il ne lui est pas permis de les essuyer si elle trouve de l'eau, sous prétexte qu'elle les a mis en état de purification légiférée ; puisque la purification requise pour l'essuyage des chaussons implique le lavage des pieds avec de l'eau, ainsi que celui des autres membres.
Par exemple : celui qui ne trouve pas d'eau, ou qui est malade et ne peut utiliser l'eau pour ses ablutions, alors il peut enfiler ses chaussons même sans être en état de pureté et prier avec cette ablution sèche. Cependant, s'il trouve de l'eau ou si le malade guérit, alors il devra accomplir une ablution complète, incluant le lavage des pieds.
Et lorsque la personne doute du début de la durée de l'essuyage, alors on se base sur la certitude, c'est-à-dire : il n'y a pas eu d'essuyage.
Par exemple : si une personne doute avoir commencé à partir de la prière du Dhuhr ou de celle du 'Asr, alors le principe est de se baser sur la certitude, qui est l'absence d'essuyage ; par conséquent, à ce moment-là, elle doit calculer la période à partir de la prière du 'Asr.
Ô musulmans ! Ce qui est obligatoire est d'essuyer le dessus du chausson, en commençant l'essuyage des orteils jusqu'au tibia ; on essuie alors le pied droit, ensuite le pied gauche. Et s'il les essuie tous les deux simultanément – c'est-à-dire : il essuie son pied droit avec sa main droite, et son pied gauche avec sa main gauche – en une seule fois, alors il n'y a pas de mal à cela.
Et ne fait pas partie de la Tradition d'essuyer le dessous des chaussons en cuir ni leur talon ; 'Ali (qu'Allah l'agrée) a dit : « Si la religion était fondée sur la raison, le dessous des chaussons en cuir (Al Khuff) serait plus en droit d'être essuyé que le dessus, mais j'ai vu le Messager d'Allah ﷺ essuyer le dessus de ses chaussons. » Rapporté par Abû Dâwud (n°162), et Ibn Hajar a dit : sa chaîne est authentique.
Lorsqu'une personne met des chaussettes, ensuite en met une autre paire par-dessus et essuie sur celles du dessus, alors il n'y a aucun mal à cela, selon l'avis correct des gens de science, tant que la durée de l'essuyage est encore valide. La durée débute à partir de l'essuyage sur la première chaussette.
Et si la durée de l'essuyage se termine alors que la personne est en état de pureté, sa pureté n'est pas annulée par cela, selon l'avis prépondérant. C'est l'avis qui a été choisi par Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) ainsi que d'autres parmi les savants vérificateurs ; car la Législation a fixé une durée pour l'essuyage. Par conséquent, si sa durée se termine alors que la personne est en état de pureté, sa pureté demeure. Cependant, il ne lui est pas permis d'essuyer de nouveau dessus jusqu'à ce qu'il accomplisse des ablutions complètes, et qu'une nouvelle durée d'essuyage commence.
Un exemple concernant ce sujet – à savoir : l’expiration de la durée de l’essuyage sur les chaussons – : la durée de l'essuyage commence à partir de la prière du ‘Asr, et la personne reste en état de pureté jusqu’à la prière du ‘Asr du jour suivant. À l’expiration de la période d'un jour et d'une nuit, alors la personne est toujours en état de pureté et ses ablutions n’ont pas été annulées. Dans ce cas, nous disons qu’il lui est permis de prier avec cet état de pureté, et il n'existe aucune preuve [légale] indiquant son annulation ou son invalidité.
Qu'Allah nous compte, moi et vous, parmi ceux qui ont la compréhension de Sa religion, et qu'Il nous accorde la clairvoyance sur la législation de notre Seigneur et la Sunnah de notre Prophète Muhammad ﷺ.
Qu'Allah nous bénisse, moi et vous et moi, par le Coran, et nous fasse bénéficier de la guidée et de l'éclaircissement qu'il contient. Je dis cette parole et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous, et pour l'ensemble des musulmans de tout péché. Implorez donc Son pardon, certes, Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, au commencement et à la fin, dans ce qui est apparent et dans ce qui est caché. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, dans l'Au-delà et en ce bas-monde, et j'atteste que notre Prophète Muhammad est Son serviteur et Son Messager, par lequel Allah a ouvert des yeux aveugles, des cœurs scellés et des oreilles sourdes. Ô Allah, prie sur lui, salue-le et bénis-le, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, les gens de la vertu et de la piété.
Texte du second sermon
Par conséquent, ô Musulmans :
Notre religion est une religion de facilité, et non une religion de difficulté et de gêne. Elle établit pour chaque situation les dispositions qui lui sont appropriées, par lesquelles l'intérêt se réalise et la difficulté est écartée. Parmi cela, il y a ce qu'Allah a légiféré dans le cas de l'ablution : s'il se trouve sur l'un des membres de celui qui fait ses ablutions un obstacle difficile à retirer et qu'il est nécessaire de conserver, pour protéger une blessure ou autre, comme une attelle ou similaire ; la Charia a autorisé à celui qui fait ses ablutions d'essuyer par-dessus ces obstacles, et de s'en contenter au lieu de les retirer et de laver ce qui se trouve en dessous ; par allègement de Sa part (Glorifié soit-Il) envers Ses serviteurs, et pour écarter la gêne d'eux.
On essuie donc sur l’attelle, qui est faite de morceaux de bois ou d’objets similaires que l'on attache sur la fracture. On essuie aussi sur le pansement qui se trouve sur la blessure, ainsi que sur les pansements que l'on place sur les plaies. On essuie sur toutes ces choses à condition qu'elles soient limitées à la mesure du besoin ; de sorte qu'elles recouvrent uniquement la fracture ou la blessure et la zone avoisinante indispensable pour assurer leur maintien. Si elles dépassent la mesure du besoin, alors on doit retirer ce qui est en excédent.
Il est permis d'essuyer sur le plâtre et ce qui est similaire en cas d'impureté mineure et majeure. Cet essuyage n'est pas limité par une durée déterminée ; plutôt, on continue d'essuyer dessus jusqu'à son retrait ou la guérison de ce qui se trouve dessous, car cet essuyage est autorisé par nécessité, et sa permission est donc évaluée à la mesure de cette nécessité.
Et la preuve de l'essuyage sur le plâtre est le hadith de Jâbir (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Alors que nous étions en voyage, l'un d'entre nous fut blessé à la tête par une pierre. Après avoir éjaculé dans son sommeil, il demanda à ses compagnons : « Pensez-vous que j'ai le droit de recourir aux ablutions sèches ? » Ils dirent : « Nous ne pensons pas que tu en aies le droit, alors que tu peux utiliser l'eau. » C'est alors qu'il se lava et mourut. Quand nous revînmes au Prophète ﷺ et qu'il l'apprit, il dit : « Ils l'ont tué, qu'Allah les tue ! Pourquoi n'ont-ils pas demandé s'ils ne savaient pas ? Le remède à l'ignorance n'est autre que la question ! Il lui suffisait de se purifier avec la terre, puis d'enrouler un tissu autour de sa blessure et de passer la main dessus. » Rapporté par Abû Dâwud (n°336) et authentifié par Ibn As-Sakan.
Qu'Allah nous accorde à tous la réussite dans la science bénéfique et les œuvres vertueuses.
Ensuite, Allah nous a ordonné un immense ordre : la prière et le salut sur le Noble Prophète.
Ô Allah ! que la paix, le salut et la bénédiction soient sur notre Prophète et notre bien-aimé, la prunelle de nos yeux et de nos cœurs, notre Prophète Muhammad.
***
Titre du sermon
La jurisprudence du lavage
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah, qui a légiféré une religion droite et a guidé qui Il a aimé vers un droit chemin. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, par vénération et glorification. Et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager ; qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et les salue pleinement.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : craignez donc Allah - serviteurs d'Allah - ! {Vous qui croyez ! Craignez Allah....} [La Vache, 2 : 278].
Ô les Croyants !
Les adorations ont été légiférées pour des finalités et des sagesses, dont le principe unificateur est la concrétisation de la servitude envers Allah (Glorifié soit-Il), la soumission à Son ordre, et la purification de la souillure du péché, comme Il (Élevé soit-Il) a dit : {Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. 56 } [Ceux Qui éparpillent, 51 : 56]. Et Il (Glorifié soit-Il) a dit : {... Allah ne veut vous imposer aucune gêne, mais seulement vous purifier et vous combler de Ses bienfaits. Peut-être saurez-vous Lui en être reconnaissants ! } [La Table Servie, 5 : 6]. Le fait de prendre conscience de ces finalités est l'un des plus grands facteurs qui aident à l'accomplissement et au perfectionnement de l'adoration, surtout pour celles qui se répètent et dont la pratique est fréquente. Et, certes, parmi les plus immenses adorations qui dénotent la force de la foi, le sentiment d'observation du Seigneur [de Son serviteur] et un cœur empli de crainte envers Lui, figure le lavage rituel de l'état d'impureté majeure.
Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Cinq choses, quiconque les accomplit avec foi entrera au Paradis : quiconque préserve les cinq prières en respectant leurs ablutions, leurs inclinations, leurs prosternations et leurs heures prescrites ; quiconque jeûne [le mois de] Ramadân ; quiconque accomplit le pèlerinage à la Maison [Sacrée] s'il en a les moyens ; quiconque s'acquitte de l'aumône de bon cœur ; et quiconque s'acquitte du dépôt. » On demanda : « Ô Messager d'Allah ! Et que signifie s'acquitter du dépôt ? » Il répondit : « Le lavage pour se purifier de l'impureté majeure ; certes, c'est la seule chose de sa religion qu'Allah a confiée au fils d'Adam. » Rapporté par Abû Dâwud de façon résumée (n°429) et dans : As-Silsilah As-Sahîhah (n°2998).
Et cette ablution majeure est l'un des plus immenses actes par lesquels les péchés sont expiés, comme Allah (Glorifié soit-Il) a dit après l'avoir ordonnée : {... Allah ne veut vous imposer aucune gêne, mais seulement vous purifier... } [La Table Servie, 5 : 6]. Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Lorsque le musulman - ou le croyant - fait ses ablutions et se lave le visage, chaque faute qu’il a commise en regardant avec ses yeux sort de son visage avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Lorsqu’il se lave les mains, chaque faute qu’il a commise avec ses mains sort de celles-ci avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Lorsqu’il se lave les pieds, chaque faute qu’il a commise en se déplaçant ici et là sort de ses pieds avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Ainsi, il ressort de ses ablutions pur de tout péché. » Rapporté par Muslim (n°244).
Ceci s'applique à l'ablution qui ne concerne que certains membres ; qu'en est-il alors du lavage qui couvre l'ensemble du corps !?
Ô Musulmans !
La jurisprudence du lavage rituel fait partie des connaissances les plus nécessaires que le serviteur doit acquérir ; et ce, à travers la connaissance de ses causes, ses interdits, sa description et ses bonnes manières ; ceci pour s'acquitter de ce dépôt de manière complète, comme Allah l'a légiféré et agréé.
Le bain rituel est un acte d'adoration qui devient obligatoire suite à un rapport conjugal, même en l'absence d'éjaculation ; conformément à la parole du Prophète ﷺ : « S'il se positionne entre les quatre membres [de sa femme] ensuite la pénètre, alors les grandes ablutions sont obligatoires, même s'il n'y a pas d'éjaculation. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée).
Ainsi, le lavage rituel est obligatoire en cas d'éjaculation lors du sommeil de manière inconditionnelle, ainsi qu'en état d'éveil si elle est due au plaisir ; en effet, Umm Sulaym (qu’Allah l’agrée) est venue trouver le Messager d’Allah ﷺ et a dit : « Ô Messager d’Allah ! Certes, Allah n’a pas honte de la vérité ! La femme doit elle se purifier lorsqu’elle fait un rêve érotique ? » Le Prophète ﷺ répondit : « Si elle voit le liquide. » C'est-à-dire : Le sperme (Al Maniyy) Rapporté par Al Bukhârî et Muslim. Et Il ﷺ a dit : « Lorsque tu vois du liquide spermatique, alors lave ton sexe et fais tes ablutions pour la prière ; et lorsque tu éjacules, alors lave-toi. » Al Bukhârî et Muslim, d'après un hadith de Alî ibn Abî Tâlib (qu'Allah l'agrée).
Le signe du sperme est d'être abondant, visqueux et épais ; c'est ce qui le distingue des autres.
S'il a un doute sur la nature d'un écoulement, à savoir : Est-ce que c'est du sperme ou non ? Alors, le principe de base est de considérer qu'il ne s'agit pas de sperme ; il n'est donc pas tenu de faire le lavage rituel ; en fait, il doit seulement laver ses parties intimes et faire ses ablutions s'il veut prier ou accomplir des actes similaires.
L'arrêt du sang des menstrues et des lochies chez la femme est une cause qui rend le lavage obligatoire ; en raison de Sa parole (Élevé soit-Il) : {... Évitez donc tout rapport conjugal pendant les menstruations. N’approchez vos épouses que lorsque l’écoulement du sang s’est interrompu. Lorsqu’elles se sont purifiées par un bain rituel, vous pouvez reprendre vos rapports de la manière prescrite par Allah... } [La Vache, 2 : 222].
Celui qui est en état d'impureté majeure est empêché d'accomplir les actes d'adoration pour lesquels la purification est une condition requise, et ce jusqu'à ce qu'il se lave [et se purifie]. Ces actes d'adoration sont : la prière, la circumambulation, la lecture du Coran, le fait de toucher le Coran et le fait de séjourner dans la mosquée. Cependant, il n'a pas été établi de preuve interdisant à la femme en état de menstrues ou à celle en période de lochies de lire le Coran ou de le toucher par-dessus une protection, particulièrement si elle en a besoin, comme pour la révision de sa mémorisation, pour étudier ou pour enseigner ; cela lui est donc permis en raison de l'absence d'une interdiction, et c'est l'avis choisi par Shaykh Al-Islâm. Quant aux autres actes d'adoration, celui qui est en état d'impureté majeure n'en est pas empêché, tels que les évocations, les invocations, l'imploration du pardon, le fait de rendre le salut, et d'invoquer en faveur de celui qui éternue.
Et si la personne en état d'impureté majeur ne trouve pas d'eau, ou qu'elle est incapable d'en utiliser pour une raison réelle ou juridique, alors elle doit avoir recours à l'ablution sèche ; car celle-ci se substitue à l'eau, comme l'a informé Allah (Magnifié soit Son affaire). Et dès qu'elle trouve de l'eau ou qu'elle est en mesure d'en utiliser, alors elle doit craindre Allah et en purifier sa peau.
Ô Croyants !
L'ablution majeure (Al Ghusl) se divise en deux types ; la purification résulte de l'un ou l'autre, de même que la levée de l'impureté. 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) a dit : « Le Prophète ﷺ n'effectuait pas ses ablutions après le lavage (Al Ghusl). » Rapporté par At-Tirmidhî (n°107), Nassâ'î (n°252) et Ibn Mâjah (n°579). Et Al Albânî l'a authentifié.
Le premier type est : Le lavage qui suffit ; cela consiste à verser de l'eau sur tout son corps. En effet, le Prophète ﷺ a donné un récipient d'eau à celui qui était en état d'impureté majeure, et lui a dit : « Va et verse-le sur toi. » Rapporté par Al Bukhârî (n°344). Et ceci est le minimum obligatoire pour le lavage.
Le second type est : Le lavage complet ; cela consiste à se laver les mains trois fois ; puis, à laver sa partie intime et les endroits atteints par le sperme ; ensuite, à faire ses ablutions comme pour la prière ; puis, à verser sur sa tête trois poignées d'eau qui imbibent la racine de ses cheveux ; ensuite, à déverser l'eau sur tout son corps, en commençant par le côté droit. C'est ainsi que le Prophète ﷺ procédait, comme l'ont décrit ses deux épouses 'Aïcha et Maymûnah (qu'Allah les agrée), dans ce qui a été rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Et si sa main touche son sexe pendant son lavage, alors sa purification devient invalide et il doit effectuer l'ablution.
Il n'est pas obligatoire de s'empresser de se laver, excepté au moment d'une adoration pour laquelle la purification est une condition. Le gaspillage d’eau est interdit, même lors des ablutions majeures ; en effet, le Prophète (sur lui la paix et le salut) faisait ses ablutions avec une fois l'anse de deux mains accolées, et ses ablutions majeures avec l'équivalent d'un Ṣâ’, comme le relate Anas (qu’Allah l’agrée) dans les Deux Recueils Authentiques. Il convient également à celui qui se lave de porter une attention particulière aux replis du corps, comme les aisselles et ce qui se trouve entre les fesses, ainsi qu'aux endroits que l'eau atteint difficilement, tel que le cuir chevelu. ‘Alî (qu'Allah l'agrée) a dit : « Quiconque, en état d'impureté majeure, délaisse la place d'un cheveu sans la laver, il lui sera fait telle et telle chose du Feu. » Rapporté par Abû Dâwud (n°249), Ibn Mâjah (n°599) et Ahmad (n°794). L'avis correct est qu'il s'agit d'une parole authentique de 'Ali ibn Abî Tâlib (qu'Allah l'agrée).
Et cela ne doit pas pour autant atteindre le stade de l'insufflation ; en fait, il s'agit de l'engagement à s'en tenir à la probabilité prédominante.
Quiconque débute sa journée de jeûne en état d'impureté majeure, son jeûne est valide ; et le jeûne n'est annulé que par une relation sexuelle ou une émission de sperme avec désir.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Seul, et que la prière et le salut soient sur celui après qui il n'y a plus de Prophète. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager.
Texte du second sermon
Ô les Croyants !
Parmi les traditions recommandées du lavage figure le lavage du jour du Vendredi ; en effet, il est fortement recommandé, bien plus, certains ont affirmé son caractère obligatoire, en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Le lavage du jour du Vendredi est une obligation pour toute personne pubère. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Et concernant son mérite, il ﷺ a dit : « Quiconque se lave, ensuite se rend à la prière du Vendredi, puis prie ce qui lui a été décrété, ensuite reste silencieux jusqu'à ce que l'imam achève son discours, puis prie avec lui, alors il lui sera pardonné entre ce Vendredi-ci et le vendredi suivant , et trois jours supplémentaires. » Rapporté par Muslim (n°857)]. Fait partie de la Tradition prophétique [As-Sunnah] que la personne en état d'impureté majeure fasse ses ablutions lorsqu'elle désire manger, boire ou dormir. 'Aïcha (qu’Allah l’agrée) a dit : « Lorsque le Prophète ﷺ souhaitait manger ou dormir en état d'impureté majeure, il faisait ses ablutions comme pour la prière. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim, d'après un hadith de 'Aïcha (qu'Allah l'agrée).
De même, fait partie de la Tradition pour lui de faire les ablutions s'il veut de nouveau avoir un rapport sexuel avec sa femme avant de faire le lavage. Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Lorsque l'un d'entre vous a eu un rapport sexuel avec sa femme et veut recommencer, alors qu'il fasse les ablutions. » Rapporté par Muslim (n°308).
Après cela - frères de foi - c’est ainsi que la religion de l’islam imprègne la vie de ses adeptes d’une servitude complète envers Allah (Élevé soit-Il) ; même dans ce qu’ils pratiquent conformément aux désirs qu’Il a rendus licites. Et nous avons vu comment Il les fait progresser dans les degrés de la foi, en veillant sur ce qu'Il leur a confié, et comment ces rites étaient une purification pour leurs péchés, tout comme ils purifiaient leurs cœurs et leurs péchés. Louange donc à Allah qui nous a guidés à cela ; si Allah ne nous y avait pas guidé, alors nous n'y aurions pas été guidés.
***
Titre du sermon
Décrets de l'ablution sèche (At-Tayammum)
Introduction du premier sermon
Certes, la louange appartient à Allah, nous Le louons, nous implorons Son aide, Son pardon et Sa guidée. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider.
Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, Son élu et Son ami intime, le digne de confiance de Sa révélation et le meilleur de Sa création. Qu'Allah le couvre d'éloges, ainsi que sa famille, ses Compagnons, les Imams de la guidée et les flambeaux dans l'obscurité, et quiconque les suit et emprunte leur voie, et qu'Il les salue abondamment jusqu'au Jour de la Rétribution.
{Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence.} [Les Femmes, 4 : 1]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! 70 Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. 71 } [Les Coalisés, 33 : 70-71]
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah, ô serviteurs d’Allah ; certes, la crainte d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) est l'une des plus nobles stations et l'un des plus hauts degrés. C’est la recommandation que l’on ne se lasse jamais d’entendre ni de répéter, car c'est la recommandation de notre Seigneur (Glorifié et Élevé soit-Il) à notre égard : {...Nous avons ordonné à ceux qui ont reçu les Ecritures avant vous et à vous-mêmes de craindre Allah...} [Les Femmes, 4 : 131].
Qu'Allah me compte ainsi que vous parmi Ses serviteurs pieux et Ses alliés vertueux ; certes, Il est Celui qui entend, Celui qui exauce.
Ô mes frères en Allah :
Fait partie des mérites de cette communauté qu'Allah a légiféré pour elle une Législation bénie : la Législation de la facilité et de la levée de la gêne. Elle se distingue par le fait que l'ensemble de ses obligations sont conditionnées par la capacité et la possibilité. Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) dit : {... Ne vous imposant aucune gêne dans l’exercice de votre religion...} [Le Pèlerinage, 22 : 78]. Et Il a dit (Glorifié soit-Il) : {...Allah veut vous faciliter les choses, non les rendre malaisées...} [La Vache, 2 : 185]. Et Il (Exalté et Magnifié soit-Il) dit : {...Craignez donc Allah autant que vous le pouvez...} [La Tromperie, 64 : 16] Allah (Glorifié et Élevé soit-Il) a dit : {Allah n’impose à une âme que ce qu’elle peut supporter...} [La Vache, 2 : 286].
Toutes les responsabilités légales religieuses, telles que les obligations et ce qui y ressemble, n'incombent à la personne responsable que si elle a la capacité de les accomplir ; par une grâce d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il)), une facilitation et une largesse envers Ses serviteurs. Toutefois, en cas d'incapacité à accomplir l'obligation, la personne responsable passe alors à son alternative, si elle en a une ; sinon, elle en est dispensée ou bien l'obligation reste à sa charge jusqu'à ce qu'elle soit en mesure de s'en acquitter.
Certes, parmi les obligations légales religieuses qu'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a imposées à Ses serviteurs, figure la purification par l'eau au moyen des ablutions et du lavage, lorsque l'on a l'intention d'ôter les états d'impureté mineure et majeure, comme Il (Élevé soit-Il) a dit : {Vous qui croyez ! Lorsque vous vous levez pour prier, lavez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes, passez vos mains mouillées sur vos têtes, et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. Si vous êtes en état d’impureté majeure, accomplissez un bain rituel. Si vous avez satisfait un besoin naturel ou touché une femme, mais que, malades, vous ne pouvez vous purifier avec de l’eau ou, en voyage, vous en êtes privés, usez de terre pure que vous vous passerez sur le visage et les mains. Allah ne veut vous imposer aucune gêne, mais seulement vous purifier et vous combler de Ses bienfaits. Peut-être saurez-vous Lui en être reconnaissants ! 6 } [La Table Servie, 5 : 6].
Par conséquent, toute personne capable d'utiliser l'eau pour son ablution et son lavage rituel ne doit pas recourir à l'ablution sèche, et si elle faisait cela et priait, alors sa prière serait invalide.
Dans le cas de l'incapacité d'utiliser l'eau pour l'ablution et le lavage rituel, la législation bénie a permis l'ablution sèche. En effet, un noble ḥadith mentionne que cela fait partie des spécificités de cette communauté muhammadienne ; le Prophète ﷺ dit : « Il m’a été donné cinq choses qu’aucun autre Prophète n’a eues avant moi » Et, parmi elles, il ﷺ a mentionné : « Et la terre toute entière m'a été rendue un lieu de prière et un moyen de purification ; ainsi donc, tout homme de ma communauté que l'heure de la prière attrape, alors qu'il prie. » Rapporté par Al Bukhârî (n°335) et Muslim (n°521).
Et il ﷺ a dit : « Certes, la bonne terre pure est ce qu'utilise le musulman pour ses ablutions, même s'il ne trouve pas d'eau pendant dix ans. Et lorsqu'il trouve l'eau, alors qu'il l'utilise sur sa peau ; en effet, cela est meilleur. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°124) qui a dit : " Hadith bon-authentique. "
Ces textes et d'autres indiquent la prescription de l'ablution sèche en présence des causes qui la légitiment. La première cause est que l'individu ne trouve pas d'eau, comme Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...mais que, malades, vous ne pouvez vous purifier avec de l’eau ou, en voyage, vous en êtes privés, usez de terre pure...} [La Table Servie, 5 : 6] S'il ne dispose pas d'eau, qu'il en a cherché à proximité mais n'en a pas trouvé, il lui est alors permis d'effectuer l'ablution sèche. En revanche, si l'eau est disponible auprès de lui ou à proximité et qu'il lui est facile d'aller la chercher, il ne lui est alors pas permis d'effectuer l'ablution sèche. Ceci est contraire à ce que font de nos jours certaines personnes lorsqu'elles sortent en excursion : elles s'empressent d'effectuer l'ablution sèche, alors même que de l'eau est disponible et qu'elles ont la capacité de s'en procurer facilement, une fois leur réserve épuisée.
La seconde cause permettant l'utilisation de l'ablution sèche est la crainte d’un préjudice lié à l’usage de l’eau, en raison d’une maladie physique, comme : des brûlures sur les membres de l’ablution, ou des blessures, ou ce qui ressemble à cela. Si - sur avis de médecins de confiance - le malade craint qu’en utilisant l’eau pour ses ablutions ou son lavage rituel sa maladie ne s’aggrave ou il décède ou sa guérison ne soit retardée, alors dans ce cas-là, il lui est permis de recourir à l'ablution sèche. Il lavera alors les membres de l'ablution qu’il peut nettoyer sans subir de préjudice et il effectuera l'ablution sèche pour ceux qu’il peut ni laver ni essuyer. Toutefois, s'il lui est possible d'essuyer le membre avec une main légèrement humidifiée, alors qu'il se contente de cela et il n'est pas tenu de recourir à l'ablution sèche pour cette partie.
Parmi les causes qui autorisent l’ablution sèche, il y a le froid intense. Ainsi, en cas de grand froid et la personne ne peut chauffer l’eau et elle pense qu’elle tombera vraisemblablement malade ou elle risquera de mourir en accomplissant ses ablutions ou son lavage rituel avec de l’eau froide, alors l’ablution sèche lui est permise ; comme ceci a été rapporté dans l'histoire d'Amrû ibn Al ‘Âs (qu'Allah l'agrée), lorsque le Prophète ﷺ l'envoya lors de l’expédition de Dhât Al Salâsil. ‘Amrû (’Allah l’agrée) a dit : « Lors d’une nuit d’un froid intense, j’ai eu une pollution nocturne. J'ai alors craint de mourir si j'effectuai le bain rituel. Je me suis alors souvenu de la parole d’Allah (Exalté et Magnifié soit-Il : {… Et ne vous tuez pas vous-mêmes ! Certes, Allah est Miséricordieux envers vous.} [Les Femmes, 4 : 29]. J’ai donc effectué l'ablution sèche, ensuite j’ai dirigé mes compagnons dans la prière de l’aube. Après que le Prophète ﷺ a appris mon histoire, il approuva mon acte. » Rapporté par Abû Dâwud (n°334).
Quant à la personne qui est en mesure d'utiliser de l'eau tiède pour son ablution et son lavage rituel sans que cela ne lui cause de préjudice, alors à ce moment-là il lui est interdit d'effectuer l'ablution sèche. Parmi les causes permettant de recourir à l’ablution sèche figure le cas où une personne ne dispose que d’une quantité d’eau nécessaire à sa consommation, et craint que son utilisation pour sa purification ne l'assoiffe ou assoiffe sa famille, ou ses compagnons, ou son bétail. En revanche, quiconque possède une quantité d’eau excédant ses besoins ainsi que ceux de sa famille, ou de ses compagnons et de ses bêtes, alors il lui est interdit de pratiquer l’ablution sèche et il doit utiliser de l'eau pour son ablution et son lavage rituel.
Ainsi, par ceci, on connaît l'erreur commise par certains propriétaires de bétail qui, bien que disposant d’une abondante réserve d’eau dans les citernes et récipients, s’abstiennent de l’utiliser pour leurs ablutions et leur lavage rituel, préférant recourir à l'ablution sèche. Ceci est une erreur manifeste et un immense acte répréhensible sur lequel on doit les alerter et condamner quiconque persiste dans celui-ci.
Voici les principaux cas justifiant le recours à l’ablution sèche. Que le musulman craigne donc Allah et soit connaisse sa responsabilité quant à sa purification, son ablution et son lavage rituel ; il ne doit pas délaisser l’utilisation l’eau au profit de l’ablution sèche excepté pour un motif religieux qui l’y autorise.
Tout comme l'ablution sèche peut se substituer à l'ablution ou au lavage rituel, elle peut également remplacer le lavage d'un membre de l'ablution ou d'une partie du corps qu'une excuse empêche de laver. On combine alors l'ablution à l'eau, ou le lavage rituel si l'on est en état d'impureté majeure, en lavant les parties possibles des membres de l'ablution ou du corps. Une fois l'ablution terminée, ou le lavage des parties possibles du corps accompli, on effectue l'ablution sèche pour le membre qui n'a pu être ni lavé, ni essuyé avec de l'eau.
Louange à Allah pour Sa facilité et Sa miséricorde envers Ses serviteurs, et Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) est Celui qui a dit dans Son Livre explicite : {Luttez de toutes vos forces pour la cause d’Allah. C’est Lui qui vous a choisis, ne vous imposant aucune gêne dans l’exercice de votre religion, celle de votre ancêtre Abraham. C’est Lui qui, dans les Ecritures précédentes, vous a désignés comme les « soumis », ainsi que dans ce Livre, afin que le Messager témoigne contre vous et que vous portiez vous-mêmes témoignage contre les nations. Accomplissez donc la prière, acquittez-vous de l’aumône et attachez-vous exclusivement à Allah en cherchant refuge auprès de Lui. Il est votre seul Maître. Quel bon Maître et quel puissant Protecteur ! 78 } [Le Pèlerinage, 22 : 78].
Qu'Allah nous bénisse, ainsi que vous, par le Coran Glorieux, et qu'Il nous fasse profiter des versets et du Sage Rappel qu'il contient. Je dis ces paroles et je demande à Allah de me pardonner, ainsi qu'à vous et à tous les musulmans, pour chaque péché et chaque faute ; demandez-Lui donc pardon et repentez-vous à Lui. Certes, Il est le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance, et à Lui revient la gratitude pour Son assistance et Ses faveurs. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, en exaltation de Sa grandeur ; et j'atteste que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager, celui qui appelle à Son agrément. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses suiveurs, et qu'Il les préserve abondamment jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit : Ô serviteurs d'Allah ! Craignez Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) d'une véritable crainte. Cramponnez-vous à l'anse la plus solide de l'Islam, et prenez garde à toutes les désobéissances, les petites comme les grandes, car vos pieds sont bien trop faibles pour endurer le Feu.
L'ablution sèche légiférée consiste à ce que la personne frappe de ses mains la terre pure une seule fois. Elle s'essuie d'abord le visage et la barbe avec ses mains en les couvrant entièrement en un seul passage. Puis, elle s'essuie les mains en essuyant le dos de sa main droite avec la paume de sa main gauche, puis le dos de sa main gauche avec la paume de sa main droite, une seule fois également.
L'ablution sèche (At-Tayammum) ne s’effectue que sur la terre pure, c’est-à-dire : tout ce qui se trouve à la surface de la terre, comme : la terre, le sable et ce qui est semblable, même si cela ne présente pas de poussière. Quant au Tayammum sur les tapis et ce qui est similaire, il n'est pas valable ; car ils ne font pas partie de ce qui se trouve à la surface de la terre ; excepté s'il se trouve de la poussière sur le tapis, auquel cas il est permis de faire le Tayammum dessus ; en effet, la poussière provient de la terre.
Et si le musulman a effectué le Tayammum, il peut accomplir avec son Tayammum autant de prières obligatoires et surérogatoires qu'il le souhaite, sans avoir à le refaire pour chaque prière. Son Tayammum n'est annulé que par ce qui annule l'ablution, comme l'urine, les selles, les gaz et le fait de manger de la viande de chameau, ou par la présence de l'eau et la capacité de l'utiliser. Par conséquent, s'il trouve de l'eau et peut l'utiliser, son Tayammum est annulé ; et s'il veut prier, il doit alors faire l'ablution avec de l'eau, en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Et lorsqu'il trouve de l'eau, que celle-ci touche sa peau ; en effet, cela est meilleur. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°124) qui a dit : " Hadith bon-authentique. "
Nous demandons à Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) qu'Il nous accorde la compréhension de la religion et qu'Il nous accorde le suivi de la Tradition du Maître des Messagers ﷺ.
Ceci étant dit : Priez et saluez votre Prophète Muhammad ibn 'AbdaLlah ﷺ car votre Seigneur vous l'a ordonné dans Son Livre. En effet, Il (Exalté soit-Il) a dit : {Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui croyez ! Bénissez-le et saluez-le vous aussi ! 56 } [Les Coalisés, 33: 56].
Et il a dit ﷺ : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » Rapporté par Muslim (n°384).
***
Titre du sermon
Le mérite de la prière
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, nous Le louons, nous cherchons Son assistance et Sa guidée. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que notre Prophète Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Il a envoyé avec la guidée et la religion de la vérité pour la faire prévaloir sur toute autre religion, n'en déplaise aux mécréants. Ô Allah, prie sur Ton serviteur et Messager Muhammad, salue-le et bénis-le, ainsi que sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah d'une véritable piété et attachez-vous à l’anse la plus solide de la religion ; en effet, c'est dans la piété envers Allah que résident la droiture des affaires, la gloire à travers les âges et la meilleure issue Jour de la Résurrection ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {... Allah effacera les mauvaises actions de ceux qui Le craignent et leur accordera une immense récompense.} [Le Divorce, 65 : 5].
Serviteurs d'Allah :
Aspirez-vous à un pilier immense, une œuvre noble et un bienfait perpétuel par lequel Allah rend pieuses toutes vos œuvres, purifie vos cœurs, rectifie vos mœurs, augmente vos subsistances, fait prospérer votre vie d'ici-bas, élève vos degrés dans les Jardins, et qui vous permet de rattraper ceux qui vous ont précédés et d'obtenir au-delà de vos espérances ? Aspirez-vous à tout cela ? Quel est donc ce pilier immense qui vous octroie cela ? Assurément, il s'agit de l'accomplissement de la prière avec ses conditions, ses piliers, ses obligations et ses actes surérogatoires ; car la prière est le pilier le plus immense après la double attestation. Allah (Élevé soit-Il) l'a prescrite dans toute religion qu'Il a légiférée, et Allah n'accepte de personne, parmi les premiers et les derniers, une religion sans la prière. Allah (Élevé soit-Il) dit : {Nous avons assigné à chaque communauté un rite sacrificiel afin que ses membres invoquent le nom d’Allah au moment d’immoler les bêtes du cheptel qu’Il leur a attribuées. Votre Dieu est un dieu unique. Soumettez-vous donc à Ses commandements. Fais heureuse annonce à ceux qui Lui obéissent humblement, 34 } ceux dont les cœurs frémissent de peur à la seule évocation du Seigneur, qui supportent patiemment les épreuves qu’ils subissent, accomplissent assidûment la prière et offrent par charité une partie de ce que Nous leur avons accordé. 35 } [Le Pèlerinage, 22 : 34-35]. Mais Allah, par Sa faveur et Sa miséricorde, a attribué à cette communauté des mérites dont aucune communauté avant elle n'a été gratifiée ; et ce, en raison de la prééminence de son Livre et de l'honneur de son Messager ﷺ auprès de son Seigneur.
Parmi les particularités et les mérites dont Allah (Élevé soit-Il) a gratifié cette communauté, figure le fait qu'Il lui a prescrit les cinq prières dans le ciel, lors de la nuit de l'Ascension (Laylah Al Miʿrāj). Alors, Allah fait une révélation à Son serviteur et Messager Muḥammad ﷺ, Il lui a adressé une parole qu'il entendit directement du Seigneur de la Puissance (Béni et Élevé soit-Il) et ll lui a prescrit les cinq prières sans l'intermédiaire d'un Ange. En effet, le maître des hommes fut élevé aux cieux les plus hauts, jusqu'au Lotus de la Limite Extrême (Sidrat Al Muntahâ). Ensuite, Allah l'éleva à un niveau que nul n'avait jamais atteint. Puis, Allah (Élevé soit-Il) ordonna à Gabriel (paix sur lui) de diriger notre Prophète Muḥammad ﷺ dans la prière, au début et à la fin de la période prescrite pour chacune, et il lui a dit : « Ô Muḥammad ! Ceci est le temps des Prophètes avant toi, et le temps est entre ces deux temps-là. » Rapporté par Abû Dâwud (n°393) ; At-Tirmidhî (n°149) ; et Ahmad (1/333). Al Albânî l'a authentifié. Allah l'a prescrite sans intermédiaire et Il l'a prescrite par l'imamat de Gabriel (paix sur lui) et par son intermédiaire, pour confirmer davantage sa prescription et manifester sa position.
Dans Son Livre, Allah (Élevé soit-Il) a exposé ses actes et ses paroles, et le Messager d'Allah ﷺ a légiféré ses piliers, ses obligations et ses actes recommandés. Il a enseigné à ses Compagnons toute parole et tout acte permettant de l'accomplir et il a dirigé leur prière tout au long de sa vie, en toutes circonstances, en résidence comme en voyage. Et il a dit : « Priez comme vous m'avez vu prier. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après le hadith de Mâlik ibn Al Huwayrith (qu'Allah l’agrée). Et chaque génération a transmis les prières de la précédente, sans en négliger ni parole ni acte. Louange à Allah qui a fait de nous des musulmans et a préservé pour nous la religion. Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand. Que la miséricorde d'Allah est immense, et que Ses bienfaits sur les gens sont sublimes.
Le fait que les prières aient été imposées par le Seigneur des mondes à la communauté, directement par la parole d'Allah à Son prophète et ami intime Muhammad ﷺ sans l'intermédiaire d'un ange, constitue l'une des plus grandes preuves du haut statut qu'occupent les prières auprès d'Allah (Élevé soit-Il) et de leur rang au sein de la religion. C'est aussi la preuve qu'elles sont la somme de tout bien ; la religion demeure sur Terre tant qu'elles demeurent, la religion décline si elles déclinent, et la religion disparaîtra de la Terre lorsqu'elles disparaîtront à l'approche de l'Heure. La Terre est saine grâce à la multitude de ceux qui accomplissent la prière, et elle se corrompt par la rareté de ceux qui les accomplissent. Et si chaque musulman et musulmane accomplissait la prière comme l'ont accomplie le Messager d'Allah ﷺ et ses Compagnons, la communauté serait préservée des troubles, des maux et des transgressions, elle serait à l'abri des châtiments, et Allah l'aurait protégée du mal de ses ennemis. La condition de chaque musulman et musulmane se serait alors améliorée, leurs affaires se seraient ordonnées et leurs fins auraient été heureuses.
Par la rectitude des individus, le bien se répand dans la société et le mal diminue ; les gens aiment le convenable et détestent le répréhensible ; ils font preuve de compassion et de miséricorde les uns envers les autres, se recommandent mutuellement le bien et se prodiguent des conseils. Mais si les gens se montrent négligents envers la prière, que certains la délaissent, ou que d'autres l'accomplissent avec des manquements dans ses piliers et ses obligations, ou que d'autres encore se désintéressent de l'accomplir avec le groupe des musulmans dans les mosquées, ou la retardent au-delà de ses temps prescrits, alors cette négligence dans la prière se répercute sur les affaires des gens. Ainsi, celui qui délaisse sa prière voit ses propres affaires se désagréger, sa situation se dégrader et son unité se dissiper. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {... N’obéis pas à celui que Nous avons rendu indifférent à Notre révélation et qui, porté aux excès, suit aveuglement ses passions.} [La Caverne, 18 : 28].
Et quiconque dont le cœur est vivant ressent la punition... car une blessure sur un mort n'est pas douloureuse... Umm Salamah (qu'Allah l'agrée) a dit : « Au temps du Prophète ﷺ, les gens posaient leur regard sur l'endroit de leur prosternation. Au temps d'Abû Bakr, ils le posaient près de l'endroit de leur prosternation. Au temps de 'Umar, ils levaient leur regard en direction de la Qiblah, et au temps de 'Uthmân, ils regardèrent à droite et à gauche, et c'est alors que la discorde éclata. »
Considérez donc la compréhension de la religion d'Umm Salamah (qu’Allah l’agrée) et la manière dont elle a su la manière dont la prière influait sur l’état gens, en bonne situation ou en corruption. Certains compagnons d’Anas Mâlik (qu’Allah l’agrée) entrèrent auprès de lui et le trouvèrent en train de pleurer, alors l’un d’eux demanda : « Qu'est-ce qui te fait pleurer, ô Abû Hamzah ? » Il répondit : « Je pleure pour ce que les gens ont innové : même cette prière-ci, ils l'ont retardée en dehors de son temps. »
La prière est la religion et ce qui rassemble les fondements de l'Islam, comme l'a dit le Prophète ﷺ : « La tête de l'affaire est l’Islam et son pilier est la prière. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2616), Ibn Mâjah (n°3973) et An-Nassâ'î dans : « As-Sunan Al Kubrâ » (n°11394). Et Al Albânî l'a authentifié.
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Les cinq prières, et le vendredi jusqu'au vendredi, constituent une expiation pour ce qui se trouve entre elles, tant que les péchés majeurs ne sont pas commis. » Rapporté par Muslim (n°233).
Et d'après 'Ubâdah Ibn As-Sâmit (qu'Allah l'agrée) qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Cinq prières qu'Allah a prescrites à Ses serviteurs. Quiconque les accomplit sans rien en négliger par dénigrement de leur caractère obligatoire, aura auprès d'Allah un engagement qu'Il le fasse entrer au Paradis. Et quiconque ne les accomplit pas, alors il n'a aucun engagement auprès d'Allah. » Rapporté par Abû Dâwud (n°1420), An-Nasâ'î (n°461), Ibn Mâjah (n°1401) et Ahmad (n°22745). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et d'après 'AbdaLlah ibn Qurt (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « La première chose sur laquelle le serviteur sera jugé au Jour de la Résurrection sera la prière ; si elle est bonne, le reste de ses œuvres sera bon ; mais si elle est corrompue, alors le reste de ses œuvres sera corrompu. » Rapporté par At-Tabarânî dans : Al Mu'jam Al Awsat (n°1859), et Ad-Diyâ' dans : Al Mukhtârah (n°2578) ; et Al Albânî l'a jugé bon.
L'essence [littéralement : l'esprit] de la prière est le recueillement en conformité avec la Tradition (As-Sunnah) et son acquittement en groupe dans les mosquées ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Bienheureux sont les croyants, en vérité, 1 qui prient avec recueillement et humilité, 2 } [Les Croyants, 23 : 1 - 2]. D'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux), le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque a entendu l’appel [à la prière] et n'y a pas répondu, alors il n'a pas de prière excepté s’il a une excuse. » Rapporté par Abû Dâwud (n°5519), Ibn Mâjah (n°793) et Ibn Hibbân (n°2064). Et Al Albânî l'a authentifié.
Quant à la femme, sa prière dans sa demeure est meilleure. En effet, selon Umm Salamah (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Les meilleures mosquées pour les femmes sont le fin fond de leurs demeures. » Rapporté par Ahmad (n°26542) ; Ibn Khuzaymah (n°1683) ; Al Hâkim (1/209) ; et Al Bayhaqî dans : As-Sunan (3/131). Et Al Albânî l'a authentifié.
D'après Ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Le Prophète ﷺ a dit : « La femme est une partie intime. Lorsqu'elle sort de sa maison, le Diable l'embellit. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°1173) ; Al Bazzâr (n°2061) ; Ibn Khuzaymah (n°1685). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et dans une version d'Ibn Khuzaymah et Ibn Hibbân, d'après lui (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Le moment où la femme est la plus proche du Visage de son Seigneur, c'est lorsqu'elle est au fin fond de sa maison. » Car la femme, au fond de son foyer, est préservée des tentations ; elle ne tente personne et personne ne la tente. Tandis que si elle s'exhibe parée, elle tente et elle est tentée, et alors surviennent le mal et la perdition. Allah (Élevé soit-Il) a dit aux Mères des Croyants : {... Demeurez dans vos foyers, ne vous exhibez pas à la manière des femmes de l’époque préislamique. Accomplissez la prière, acquittez-vous de l’aumône et obéissez à Allah et Son Messager...} [Les Coalisés, 33 : 33]. Elles sont le modèle idéal pour les femmes musulmanes.
Allah (Élevé soit-Il) a dit : {... Veille à l’accomplissement de la prière. La prière détourne, en effet, des actes abominables et condamnables. Rien n’est plus méritoire que l’invocation du nom d’Allah. Le Seigneur connaît parfaitement vos œuvres.} [L'Araignée, 29 : 45].
Qu'Allah mette pour nous la bénédiction dans le Coran Glorieux, qu'Il nous fasse bénéficier de ce qu'il contient comme Versets et Sage Rappel, et qu'Il nous fasse bénéficier de la guidée du Seigneur des Messagers et de sa parole droite.
Je dis ces paroles, et j'implore le pardon d'Allah, l'Immense, pour moi, pour vous et pour les Musulmans ; en effet, Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Seigneur des mondes. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, Dieu des premières et des dernières générations, et j'atteste que notre Prophète et notre Maître Muhammad est Son serviteur et Son Messager, celui qu'Il a envoyé avec la Guidée et la certitude pour avertir quiconque est vivant et afin que la Parole s'accomplisse contre les mécréants. Ô Allah, couvre d'éloges, préserve et bénis Ton serviteur et Ton Messager Muhammad, ainsi que sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah (Élevé soit-Il) comme Il vous l'a ordonné, et éloignez ce qu'Il vous a défendu ; en effet, votre Seigneur est Celui qui est Digne d'être craint et Celui qui détient le pardon.
Ô serviteurs d’Allah ! Certes, l'affaire de la prière est immense et son commandement est grandiose. Accomplissez-la donc comme votre Prophète ﷺ l’a légiférée, et rappelez-vous mutuellement et révisez constamment ce qui permet de l’accomplir [correctement] et ce qui la parfait. Que chaque musulman et chaque musulmane accorde une attention particulière à la jurisprudence de la prière, et qu'il corrige sa lecture de la Fâtiha ; car certains musulmans du commun peuvent être inattentifs aux imperfections dans sa lecture, alors qu'elle est un pilier parmi les piliers de la prière pour l'imam et pour celui qui prie seul, et obligatoire pour celui qui prie derrière l'imam, selon le plus authentique des deux avis des gens de science. Et que les fidèles reçoivent la bonne annonce de l'immense récompense qui est la leur auprès de leur Seigneur.
Allah (Béni et Élevé soit-Il) dit : {... Accomplissez la prière, acquittez-vous de l’aumône et faites à Allah un prêt sincère. Et sachez que, quelque bien que vous accomplissiez sur terre en vue de votre salut, vous le retrouverez démultiplié auprès de votre Seigneur. Implorez le pardon d’Allah qui, en vérité, est Très Clément et Très Miséricordieux.} [L'Enveloppé, 73 : 20].
Serviteurs d'Allah : Certes, Allah vous a ordonné un ordre par lequel Il a commencé Lui-même, et Il (Béni et Élevé soit-Il) a dit : {Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui croyez ! Bénissez-le et saluez-le vous aussi ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56]. Et, assurément, il ﷺ a dit : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » Rapporté par Muslim (n°408).
Priez donc sur le Maître des premiers, l'Imam des Envoyés et l'Intercesseur agréé au Jour de la Résurrection et saluez-le.
Ô Allah ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad.
***
Titre du sermon
L'accomplissement de la prière
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange revient à Allah. Nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, en glorification de Sa Majesté, et je témoigne que Muhammad est Son serviteur, Son Messager, Son ami intime et Son élu parmi Sa création. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille, ses Compagnons, et sur quiconque les suit en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution ; et qu'Il les salue abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Craignez donc Allah, ô serviteurs d'Allah, d'une véritable crainte ; et sachez que vos corps ne sauraient endurer l'Enfer. {Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102].
Serviteurs d'Allah : l'Islam a exalté l'affaire de la prière, il a élevé sa mention et a rehaussé son statut ; elle est le plus immense des piliers de l'Islam après la double attestation. Le Prophète ﷺ a dit : « L'Islam a été bâti sur cinq piliers : l'attestation qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de l'aumône légale, le pèlerinage et le jeûne de Ramadan. » [Unanimement reconnu authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Bukhârî et Muslim)].
Ô croyants : La prière est la mère des adorations et la plus méritoire des obéissances ; c'est pourquoi, les textes du Livre et de la Tradition (As-Sunnah) sont venus ordonner de l'accomplir, de la préserver, et de la pratiquer avec assiduité en ses temps prescrits ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Accomplissez assidûment vos prières, en particulier la plus méritoire des prières, en vous tenant humblement devant Allah. 238 } [La Vache, 2 : 238]. et Il a dit : {Accomplissez la prière, acquittez-vous de l’aumône et inclinez-vous humblement avec les musulmans. 43 } [La Vache, 2 : 43]. Et, au sujet des caractéristiques de ceux qui accomplissent la prière, Allah (Glorifié soit-Il) a dit : {À l’exception de ceux qui veillent à prier 22 avec recueillement et humilité, 23 } [Les Voies d'Ascension, 70 : 22-23]. Et, avant son départ vers le Plus Haut Compagnon, la dernière recommandation du Prophète ﷺ fut : « La prière, la prière, et ce que vous possédez comme domestiques. » Rapporté par Abû Dâwud (n°5156), Ibn Mâjah (n°2698) et Ahmad (n°585). Et Al Albânî l'a authentifié.
Ô serviteurs d'Allah ! La prière est la meilleure des œuvres ; en effet, le Prophète ﷺ a été interrogé sur la meilleure des œuvres et il a répondu : « La prière en son temps » [Unanimement Reconnu Authentique, d'après le hadith de ʽAbduLlah Ibn Masʽûd (qu'Allah l'agrée)], Et la prière est une rivière de purification et de pardon ; en effet, d'après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Voyez-vous, si une rivière coulait à la porte de l’un d’entre vous, dans laquelle il se laverait cinq fois par jour, resterait-il quelque chose de ses souillures ? » Ils répondirent : « Il ne resterait rien de ses souillures. » Alors, il a dit : « Il en est de même avec les cinq prières, par leur intermédiaire Allah efface les péchés. » [Unanimement Reconnu Authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Bukhârî et Muslim)].
Serviteurs d'Allah : et la prière est une expiation des péchés et des fautes ; en effet, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Les cinq prières, et le vendredi jusqu'au vendredi, constituent une expiation pour ce qui se trouve entre elles, tant que les péchés majeurs ne sont pas commis. » Rapporté par Muslim (n°233).
Et la prière est une préservation et une sécurité pour le serviteur en ce bas monde ; en effet, d'après Jundub ibn 'AbdiLlah (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque a accompli la prière de l’aube, alors il est sous la protection d’Allah. » Muslim (n°657).
Et la prière est un engagement de la part d'Allah pour l'entrée au Paradis dans l'au-delà ; en effet, d'après 'Ubâdah ibn As-Sâmit (qu'Allah l'agrée) qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Cinq prières qu'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a prescrites aux serviteurs. Quiconque donc les accomplit sans en rien négliger par dénigrement de leur droit, alors il aura auprès d'Allah un engagement qu'Il le fasse entrer au Paradis. » Rapporté par Abû Dâwud (n°425), An-Nasâ'î (n°461) et Ibn Mâjah (n°1401). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et la prière est la première chose sur laquelle le serviteur sera jugé au Jour de la Résurrection ; en effet, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Certes, la première chose sur laquelle le serviteur sera jugé au Jour de la Résurrection parmi ses œuvres sera sa prière ; si elle était bonne, alors assurément il sera couronné de succès et réussira ; mais si elle était corrompue, alors assurément il sera perdu et ruiné. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°413), An-Nassâ'î (n°465) et Ibn Mâjah (n°1425). Et Al Albânî l'a authentifié.
Ô serviteurs d'Allah : et la prière est une lumière ; Le Prophète ﷺ a dit : « La prière est une lumière. » Rapporté par Muslim (n°223). La prière est une sécurité contre le Feu ; le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Le Feu ne touchera pas une personne qui a prié avant le lever du soleil et avant son coucher. » Rapporté par Muslim (n°643)]. Cela signifie : La prière de l'aube (Al Fajr) et celle de l'après-midi (Al 'Asr).
Et la prière est une sauvegarde contre la mécréance et le polythéisme ; en effet, d'après Jâbir (qu'Allah l'agrée) qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Certes, entre l'homme et le polythéisme et la mécréance, il y a l'abandon de la prière. » Rapporté par Muslim (n°82).
La prière de l'aube et du soir en groupe est une sécurité contre l'hypocrisie ; en effet, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Aucune prière n'est plus lourde sur les hypocrites que celles de l'aube (Al Fajr) et celle du soir (Al 'Ichâ'). S'ils savaient la récompense qu'il y a pour ces deux prières, certainement ils s'y rendraient en rampant. » [Unanimement Reconnu Authentique (c'est-à-dire : rapporté par Al Bukhârî et Muslim).
Et l'accomplissement de la prière est un critère qui détermine le caractère islamique d'un pays. D'après Anas Ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ avait l'habitude de lancer son expédition [et d'attaquer] au lever de l'aube. Il recherchait l'écoute de l'appel à la prière, s'il en entendait un, il s'abstenait ; sinon, il lançait l'assaut. Un jour, il entendit un homme dire : « Allah est Plus Grand. Allah est Plus Grand. » Alors, le Messager d'Allah ﷺ a dit : « [Il est] sur la nature saine (Al Fitrah). » Ensuite, l'homme dit : « J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah. » Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Tu as été sorti du Feu (de l'Enfer). » Ils [les Compagnons] regardèrent et virent qu'il s'agissait d'un berger d'un troupeau de chèvres. Rapporté par Muslim (n°382).
Et l'accomplissement de la prière empêche de se soulever contre les gouverneurs. En effet, d'après 'Awf ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Les meilleurs de vos gouverneurs sont ceux que vous aimez et qui vous aiment, en faveur desquels vous invoquez Allah et qui L’invoquent en votre faveur. Et les pires de vos gouverneurs sont ceux que vous haïssez et qui vous haïssent, que vous maudissez et qui vous maudissent. » On demanda : « Ô Messager d’Allah ! Devons-nous nous soulever contre eux par l’épée ? » Il répondit : « Non, tant qu’ils accomplissent la prière parmi vous. Et si vous voyez de la part de vos gouverneurs quelque chose que vous réprouvez, alors réprouvez son agissement, et ne retirez pas la main de l’obéissance. » Rapporté par Muslim (n°1855).
Qu'Allah bénisse pour moi et pour vous le Coran et la Tradition. Ceci est ma parole et j'implore le pardon d'Allah, l'Immense, pour moi et pour vous. Implorez donc Son pardon ; en effet, c’est Lui le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, le Seigneur des mondes. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière et la paix soient sur lui, sa famille, ses Compagnons, et quiconque les suit en toute vertu.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit : Serviteurs d'Allah, en raison de l'immense affaire de la prière, assurément Allah l'a imposée aux Prophètes et aux Messagers auparavant ; ainsi donc, elle fait partie des affaires sur lesquelles les Prophètes sont unanimes. Voici donc Abraham ﷺ qui invoque son Seigneur : {Seigneur ! J’ai établi une partie de mes descendants dans une vallée aride auprès de Ton sanctuaire afin, Seigneur, qu’ils accomplissent assidûment la prière. Dispose en leur faveur les cœurs d’une partie des hommes et dispense-leur toutes sortes de fruits, en espérant qu’ils Te seront reconnaissants. 37 } [Abraham, 14 : 37].
Et, assurément, Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a dressé l'éloge d'Ismaël ﷺ par Sa parole (Élevé soit-Il) : {Mentionne dans le Livre Ismaël qui se montrait toujours fidèle à ses engagements et fut un prophète et un Messager. 54 Il exhortait les siens à accomplir la prière et à faire la charité, et était en grâce auprès de son Seigneur. 55 } [Marie, 19 : 54 - 55].
Et l'une des preuves de son importance est qu'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) l'a ordonnée à Jésus (paix sur lui), lorsqu'il parla au berceau alors qu'il n'était qu'un enfant. En effet, il a dit : {... et Il m’a prescrit la prière et la charité tant que je serai en vie.} [Marie, 19 : 31].
C'est la seule adoration qui a été prescrite d'au-dessus des sept cieux ; elle est obligatoire pour tout musulman pubère et doué de raison, homme ou femme, et l'on doit s'en acquitter en toute circonstance : que l'on soit en bonne santé ou malade, en résidence ou en voyage, en situation de sécurité ou de peur, dans la mesure de ses capacités.
Accomplissez-les donc assidûment, ô musulmans, en respectant leurs conditions, leurs piliers et leurs obligations, et gardez-vous de toute négligence ou de tout manquement à leur égard.
Et répondez à l'ordre de votre Seigneur : {Accomplissez la prière, acquittez-vous de l’aumône et inclinez-vous humblement avec les musulmans. 43 } [La Vache, 2 : 43].
Notre Seigneur ! Compte-nous parmi ceux qui accomplissent la prière ainsi qu’une partie de notre descendance et accepte notre invocation.
***
Titre du sermon
Les piliers de la prière, ses obligations et ses traditions
Introduction du premier sermon
Louanges à Allah, Seigneur des mondes, qui a ordonné d'accomplir la prière et a dit : {... Celle-ci représente cependant une lourde obligation, sauf pour les êtres humbles.} [La Vache, 2 : 45].
Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Souverain, le Vrai, l'Évident ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, celui qui a informé que la prière est le pilier de la religion. Qu'Allah le couvre d'éloges, ainsi que sa famille, ses Compagnons et ceux qui les ont suivis en toute vertu jusqu'au Jour du Jugement, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô Gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il) et apprenez les décrets de votre prière jusqu'à vous en acquitter de la manière prescrite ; et évitez ce qui en relève de l'innovation et de l'interdit, pour qu'elle soit valide et acceptée.
La prière est une adoration grandiose qui se compose de paroles et d'actes, dont l'ensemble constitue sa description complète. Ces paroles et ces actes se divisent en trois catégories : les piliers, les obligations et les actes recommandés (Sunan).
Quant aux piliers, si le fidèle en délaisse un par oubli ou volontairement, alors sa prière est invalide.
Si le fidèle délaisse volontairement une des obligations, alors sa prière est invalidée ; et s'il en délaisse une par oubli, alors sa prière n'est pas invalidée mais il doit la réparer par la prosternation de l'oubli.
La prière est valable même si l'on délaisse les actes recommandés, que ce soit volontairement ou par oubli ; toutefois, cela en diminue l'aspect complet. Et le Prophète ﷺ a accompli une prière complète avec tous ses piliers, ses obligations et ses actes recommandés. Et il ﷺ a dit : « Priez comme vous m'avez vu prier. » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après le hadith de Mâlik ibn Al Huwayrith (qu'Allah l'agrée)].
Ses Compagnons qui ont prié derrière lui nous ont rapporté la description de sa prière dans les hadiths provenant d'eux, au point que c'est comme si nous la voyions - qu'Allah les agrée et les récompense de la meilleure des manières pour l'Islam et les musulmans -.
Et les piliers de la prière sont au nombre de quatorze :
Le premier pilier : Se tenir debout dans la prière prescrite ; la prière prescrite de celui qui est assis n'est donc pas valide alors qu'il a la capacité de se tenir debout, et ce, par consensus ; et la preuve [à ce sujet] est Sa parole (Élevé soit-Il) : {Accomplissez assidûment vos prières, en particulier la plus méritoire des prières, en vous tenant humblement devant Allah. 238 } [La Vache, 2 : 238].
Le Prophète ﷺ a dit : « Prie debout ! Si tu ne peux pas, alors assis. »
Le verset et le hadith prouvent donc qu'il est obligatoire de se tenir debout pendant la prière prescrite pour celui qui en a la capacité, ce qui consiste à se tenir parfaitement droit. Par conséquent, si une personne baisse la tête au point de prendre la posture de l'inclinaison, alors sa prière n'est pas valide.
Quant à celui qui incline sa tête en la penchant, alors sa prière n’est pas annulée ; mais il ne convient pas de faire cela. En effet, ‘Umar (qu'Allah l’agrée) vit un homme qui inclinait la tête durant la prière, alors il [lui] a dit : « Ô toi, lève ta tête ; en effet, le recueillement est dans les cœurs, et non dans les nuques. » Abû Nu'aïm dans : Al Hilyah (7/71), d'après Sufyân Ath-Thawrî (qu'Allah lui fasse miséricorde), par transmission indirecte et selon son sens.
Le second pilier : La proclamation de la grandeur d'Allah de sacralisation (Takbîrah Al Ihrâm), qui consiste à dire, en se tenant debout, bien droit et face à la Qiblah : « Allah est le Plus Grand ».
C'est-à-dire : Allah est plus grand et plus immense que qui ou quoi que ce soit, et Il est exempt de toute imperfection et de tout défaut.
La sagesse d'ouvrir la prière par le Takbîr vise à amener le fidèle à ressentir la grandeur d'Allah, alors qu'il se tient devant Lui, et ainsi acquérir à Son égard une attitude de respect, d'humilité profonde et de pudeur, de sorte que son cœur ne soit préoccupé par nul autre que Lui.
Ce Takbîr est appelé Takbîr de Sacralisation car il rend interdit ce qui était permis avant lui, comme : parler, manger et autre. Ainsi, lorsque le fidèle proclame le Takbîr et entre en prière, alors les paroles et les actes qui divergent de la prière lui sont interdits.
Et il lève les mains lors du « Takbîrah Al Iḥrâm » ; en raison de la parole d'Ibn 'Umar (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) : « Lorque le Messager d'Allah ﷺ se levait pour la prière, il levait les mains jusqu'aux épaules, ensuite il proclamait la grandeur d'Allah. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Le troisième pilier : La lecture de la sourate : Al Fâtiḥah (L’Ouverture) dans chaque unité de prière ; en raison du hadith : « Il n'y a pas de prière pour quiconque ne lit pas l'Ouverture du Livre (Fâtihah Al Kitâb). » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après ʽUbâdah ibn As-Sâmiṭ (qu'Allah l'agrée)].
Il est donc obligatoire pour l'imam et la personne seule de la réciter, et il est plus prudent que le fidèle qui prie derrière l'imam la récite dans la prière à voix basse, et pendant les silences de l'imam dans la prière à voix haute.
Le quatrième pilier : L'inclinaison dans chaque unité de prière, en raison de Sa parole (Élevé soit-Il) : {Vous qui croyez ! Inclinez-vous et prosternez-vous en prière...} [Le Pèlerinage, 22 : 77].
Et en raison de l'acte du Messager d'Allah ﷺ et de sa parole : « Priez comme vous m'avez vu prier. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Et, dans la langue [arabe], l'inclinaison désigne l'action de se pencher.
L’inclinaison prescrite est de s'incliner jusqu’à ce que les paumes atteignent les genoux, d’étendre son dos, droit, et de placer sa tête dans son axe, sans la lever ni la baisser ; en effet, lorsque le Prophète ﷺ s’inclinait, il nivelait son dos au point que si l’on y avait versé de l’eau, elle y serait restée stable. [Rapporté par Ibn Mâjah (n°719). Et Al Albânî l'a authentifié].
Et dans les Deux Recueils Authentiques : « Lorsqu'il s'inclinait, il ne levait pas sa tête, ni ne l'abaissait, mais il la maintenait entre les deux. »
Et certaines personnes commettent une erreur à ce sujet : on les voit lever la tête lors de l'inclinaison, ou l'abaisser vers le bas.
Le cinquième pilier de la prière : Le redressement de l'inclinaison et le fait de se tenir debout, droit, comme avant celle-ci ; en raison de sa parole ﷺ : « Ensuite, relève-toi jusqu'à te tenir droit debout. » Unanimement Reconnu Authentique. [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après Abû Hurayrah].
Et parce qu'il ﷺ l'a accompli, y a été assidu, et a dit : « Priez comme vous m'avez vu prier. »
Le sixième pilier : La prosternation. Elle consiste à poser au sol les sept membres suivants : le front avec le nez, les mains, les genoux et les extrémités des pieds. Il est impératif que chacun de ces membres soit en contact direct avec le lieu de la prosternation, que ce soit à même le sol, sur un tapis ou sur un tapis de prière. On ne doit pas étirer son corps au point de ressembler à une personne étendue sur le ventre, comme le font de nos jours certains qui sont dans l'excès. En effet, certains avancent leur tête de manière exagérée et reculent leurs jambes tout autant, au point de parfois gêner le rang devant eux et le rang derrière eux. Ceci relève de l'exagération blâmable que le Prophète ﷺ a interdite.
Ô serviteurs d'Allah ! Certes, la prosternation est le plus grand des piliers de la prière ; car le serviteur se soumet à son Seigneur, et pose la plus noble de ses parties, à savoir le front et le nez, là où se posent les pieds. C'est pourquoi celui qui se prosterne est le plus proche de son Seigneur, puisqu'il Lui a manifesté la soumission la plus complète, et qu'il est alors plus à même de voir son invocation exaucée. Accordez-y donc toute votre attention,. En effet, il est bien attesté [de manière authentique] que le Prophète ﷺ a dit : « Et lorsque vous vous prosternez, alors efforcez-vous dans l'invocation ! En effet, peu s'en faut que l'on vous exauce. » Rapporté par Muslim (n°479).
Le septième et huitième pilier : Le redressement de la prosternation et l'assise entre les deux prosternations, conformément à la parole de 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) : « Lorsque le Prophète ﷺ relevait sa tête de la prosternation, il ne se prosternait pas [à nouveau] jusqu'à ce qu'il soit parfaitement assis. » Rapporté par Muslim (n°498).
Et le neuvième pilier est : La tranquillité dans tous les actes de la prière, qui est la quiétude le temps d'accomplir l'évocation obligatoire, et la stabilisation de chaque membre à sa place. Quiconque donc délaisse la tranquillité, alors le Messager d'Allah ﷺ a informé qu'il n'a pas prié, et il est appelé « celui qui accomplit sa prière de manière incorrecte ». Et le Prophète ﷺ lui a ordonné de recommencer la prière, en lui disant : « Prie, car certes tu n'as pas prié ! » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après Abû Hurayrah].
Un jour, Hudhayfah vit un homme qui n'accomplissait pas son inclinaison et sa prosternation de manière correcte, alors il a dit : « Tu n'as pas prié, et si tu mourais, alors tu mourrais sur autre chose que la dispostion naturelle sur laquelle Allah a créé Muḥammad ﷺ. » Al Bukhârî (n°791).
En effet, le Prophète ﷺ a informé que le fait d'expédier la prière fait partie des caractéristiques des hypocrites.
Que le musulman soit donc attentif à cela, et qu'il se garde d'accomplir la prière en apparence, alors qu'en réalité il ne l'accomplit pas.
Les dixième et onzième piliers : Le dernier Tachahud et son assise, en raison de sa parole ﷺ : « Lorsque l'un d'entre vous s'assoit dans sa prière, qu'il dise : Les salutations appartiennent à Allah, ainsi que les prières et les bonnes choses. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous, ainsi que sur les vertueux serviteurs d’Allah. J'atteste qu’il n'y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Le douzième pilier : La prière sur le Prophète ﷺ durant le dernier Tachahud, en disant : « Ô Allah ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad comme Tu as prié sur Abraham et sur la famille d'Abraham. Certes, Tu es digne de louange et de glorification. Ô Allah ! Bénis Muhammad et la famille de Muhammad comme Tu as béni Abraham et la famille d'Abraham. Certes, Tu es digne de louange et de glorification. »
Et parce qu'il ﷺ l'a ordonné, lorsqu'on lui demanda : « Comment devons-nous prier sur toi ? » Alors, il répondit : « Dites : Ô Allah ! Prie sur Mohammed. »
Le treizième pilier : Le respect de l'ordre entre ces piliers selon la manière dont le Prophète ﷺ priait ; en raison de sa parole ﷺ : « Priez comme vous m'avez vu prier. »
Le Prophète ﷺ l'a enseignée de manière ordonnée à celui qui n'avait pas prié correctement ; utilisant l'adverbe " ensuite " qui implique l'ordre.
Le quatorzième pilier : les deux salutations finales, consistant à dire à droite : « Que la paix soit sur vous ainsi que miséricorde d’Allah » Ensuite, de même à sa gauche. qui est la conclusion de la prière et le signe marquant sa sortie, en raison de sa parole ﷺ : « Et sa désacralisation est la salutation. » Rapporté par Abû Dâwûd (n°61), At-Tirmidhî (n°3), Ibn Mâjah (n°275), et Ahmad (n°1006). Et authentifié par Al Albânî.
Et dans une version : « Et sa conclusion est la salutation. »
C'est une invocation de paix que l'imam, le fidèle qui le suit et le fidèle seul adressent à eux-mêmes et aux anges présents, marquant leur intention de conclure la prière et de rendre licite ce qui leur était interdit durant celle-ci, comme la parole.
Quiconque délaisse un de ces piliers : s'il s'agit de la proclamation de la grandeur d'Allah d'ouverture de la prière (Takbîrah Al Ihrâm), alors sa prière n'a pas commencé. Et si le fidèle délaisse volontairement un pilier autre que le Takbîrah Al Ihrâm, alors sa prière est invalide. Et s'il le délaisse par oubli, s'il s'en souvient avant de commencer à réciter l'autre unité de prière, il doit revenir pour rattraper ce qu'il a délaissé puis reprendre ce qu'il y a après. Et s'il ne s'en souvient qu'après avoir commencé à réciter l'autre unité de prière, alors l'unité de prière dans laquelle ce pilier a été délaissé est invalide, et l'unité de prière qui la suit prend sa place ; il complète sa prière, puis accomplit la prosternation de l'oubli avant le salut. Et s'il ne se souvient du pilier délaissé qu'après le salut, c'est comme s'il avait délaissé une unité de prière complète. Si la séparation n'est pas longue après le salut, il accomplit une unité de prière et accomplit la prosternation de l'oubli. Et si la séparation est longue ou que ses ablutions sont invalidées, il recommence la prière en entier.
Ô croyants : Voici les piliers de la prière. Ce sont les fondements solides sur lesquels repose son édifice, et elle n'est valide que par eux pour celui qui en a la capacité. Et celui qui est incapable d'accomplir l'un d'entre eux entièrement, en accomplit ce qu'il peut ; en raison de la parole d'Allah (Élevé soit-Il) : {... Craignez donc Allah autant que vous le pouvez...} [La Grande Tromperie, 64 : 16].
Et en raison de sa parole ﷺ : « Prie debout ! Si tu ne peux pas, alors [prie] assis. Et si tu ne peux pas [encore], alors [prie] couché sur le côté. » Al Bukhârî (n°1117).
Et quiconque est incapable d'accomplir l'inclinaison et la prosternation, alors il fait un signe de la tête, en l'abaissant davantage pour sa prosternation que pour son inclinaison. Et quiconque est incapable de lire la sourate : Al Fâtihah, alors il loue Allah, proclame Sa grandeur et Son Unicité, ensuite s'incline, en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Si tu connais une partie du Coran, récite-la ; sinon, loue Allah, proclame Sa Grandeur et Son Unicité, ensuite prosterne-toi. » Rapporté par Abû Dâwud (n°861) et At-Tirmidhî (n°302). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et un homme est venu au Prophète ﷺ, alors il lui a dit : « Je n’arrive à rien mémoriser du Coran ! Enseigne-moi quelque chose qui me suffira ! » Il répondit : « Dis : Gloire à Allah ! Louange à Allah ! Il n’y aucune divinité, digne d’adoration, en dehors d’Allah ! Allah est Le Plus Grand ! Et il n’y a de force ni de puissance si ce n’est en Allah ! » Rapporté par Abû Dâwud (n°832), An-Nassâ'î (n°924) et Ahmad (n°19161). Et Al Albânî l'a authentifié.
Ceci ne concerne que celui qui n'a pas la capacité d'apprendre ou qui ne trouve personne pour le lui enseigner. Quant à celui qui est capable d'apprendre la sourate : Al Fatiḥa, alors il lui est obligatoire de l'apprendre ainsi que ce qui lui est facilité du Coran. Il en découle que l'obligation de la prière n'est levée en aucun cas, mais que le musulman l'accomplit plutôt selon ses capacités.
Craignez donc Allah – Ô serviteurs d'Allah – et veillez à accomplir votre prière de la manière prescrite, afin que vous établissiez le pilier central de l'Islam, son deuxième pilier après les deux témoignages. Car il n'y a point de religion pour celui qui n'a point de prière, et point de prière pour celui qui n'en parfait pas les conditions, les piliers et les obligations, selon sa capacité.
Qu'Allah accorde à tous la réussite dans la science bénéfique et l'oeuvre vertueuse, et qu'Il nous accorde, ainsi qu'à vous, la sincérité et l'acceptation.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Accomplissez assidûment vos prières, en particulier la plus méritoire des prières, en vous tenant humblement devant Allah. 238 Il vous est toutefois autorisé, si vous craignez quelque danger, de prier en marchant ou sur vos montures. Lorsque vous vous retrouvez en sécurité, souvenez-vous d’Allah, rendant ainsi grâce au Seigneur de vous avoir enseigné ce que vous ignoriez. 239 } [La Vache, 2 : 238-239].
Qu'Allah mette pour moi et pour vous la bénédiction dans le Coran Majestueux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Seigneur des mondes, qui a fait de la prière une prescription à des temps déterminés pour les croyants. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, à qui nous vouons un culte exclusif, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le véridique, le conseiller sincère et le digne de confiance. Qu'Allah prie sur lui, sa famille, ses Compagnons, et quiconque les suit en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ô gens : craignez Allah, car la piété envers Lui est une cause d'obtention de la science bénéfique. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {... Craignez donc Allah qui vous enseigne toute chose utile et auquel rien n’échappe de vos agissements.} [La Vache, 2 : 282].
Précédemment, nous avons traité des piliers de la prière et de ses dispositions ; maintenant, nous allons poursuivre avec les obligations de la prière et ses recommandations (Sunan).
Les obligations de la prière sont au nombre de huit, à savoir : l'ensemble des proclamations de la grandeur d'Allah à l'exception de la proclamation de la grandeur d'Allah en ouverture de prière... Quant à la proclamation de la grandeur d'Allah en ouverture de prière, elle est un pilier, comme mentionné précédemment.
Et dire : Allah a entendu quiconque L'a loué (Sami'a Allah Liman Hamidahu). Pour l'imam et quiconque prie seul ; quant au fidèle, il ne la prononce pas.
Et dire : « Notre Seigneur ! La louange T'appartient (Rabbanâ Wa Laka Al Hamd). » Après s'être redressé de l'inclinaison, pour tous.
Et dire : Gloire à mon Seigneur, le Majestueux (Subhâna Rabbî Al 'Azîm). Dans l'inclinaison.
Et dire : Gloire à mon Seigneur, Le Plus Haut (Subhâna Rabbî Al A'lâ). Dans la prosternation.
Et dire : Seigneur ! Pardonne-moi (Rabbî Ghfir Lî). Entre les deux prosternations.
Le premier Tachahud et la position assise pour celui-ci, qui est la parole : « At-Tahiyyâtou LiLlâh… » jusqu’à : « J’atteste qu’il n’y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. »
Quiconque donc délaisse volontairement une de ces obligations, alors sa prière n'est pas valide ; mais s'il la délaisse par oubli, alors il doit effectuer la prosternation de l'oubli en compensation. Quant à ce qui est en dehors des piliers et des obligations mentionnés, ce sont des Traditions de paroles et d'actes ; la prière n'est pas invalidée par leur délaissement, que ce soit volontairement ou par oubli. Cependant, les accomplir rend la prière plus complète et est préférable.
Les recommandations verbales prescrites par la Tradition prophétique sont nombreuses : Al Istiftâh, At-Ta'awudh, Al Basmalah et At-Ta'mîn ; la récitation de ce qui est aisé du Coran après la sourate : Al Fâtiha à la prière du Fajr et dans les deux premières unités des prières du Dhuhr, du 'Asr, du Maghrib et du 'Ichâ ; la prononciation plus d'une fois du Tasbîh de l’inclinaison et de la prosternation ; la prononciation plus d'une fois de la formule « Rabbî Ghfir Lî » (Mon Seigneur ! Pardonne-moi !) entre les deux prosternations ; le fait de dire dans le dernier Tachahud, avant la salutation finale : « Ô Allah ! Certes, je me réfugie auprès de Toi contre le châtiment de la Géhenne, contre le châtiment de la tombe, contre l'épreuve de la vie et de la mort et contre la tentation de l'Antéchrist » ; ainsi que toute invocation qu'il lui est facile d'ajouter.
Quant aux Traditions gestuelles, elles sont nombreuses. Parmi elles : le fait de lever les mains lors du Takbîr d’entrée en prière, lors de l’inclinaison et lors du redressement après l’inclinaison ; de poser la main droite sur la gauche, sur sa poitrine ou sous son nombril, en position debout ; de fixer son regard au niveau de l'endroit où l'on se prosterne ; de poser les mains sur les genoux durant l'inclinaison, d’allonger son dos de manière à ce qu'il soit horizontal et de placer sa tête dans le prolongement du dos ; d’éloigner son ventre de ses cuisses, ses cuisses de ses mollets et ses bras de ses flancs lors de la prosternation ; ainsi que d'autres Traditions verbales et gestuelles qui atteignent le nombre de quarante-cinq, voire plus.
Cependant, il ne convient pas d'être excessif dans l'accomplissement des pratiques surérogatoires (Sunan) au point qu'elles deviennent comme des obligations, ou d'exagérer dans leur manière d'application au point qu'elles sortent de leur modalité légiférée. C'est ce que l'on observe chez certaines personnes : l'une d'elles joint ses mains, en position debout, au creux de sa gorge au lieu de les poser sur sa poitrine ou sous son nombril, et incline sa tête jusqu'à être proche de l'inclinaison. Lorsqu'elle se prosterne, elle étend ses jambes loin derrière et sa tête loin devant, au point de ressembler à une personne allongée sur le sol. Lorsqu'elle se tient debout en prière, elle écarte démesurément ses pieds à droite et à gauche, au point d'occuper la place de deux hommes et de gêner celui qui est à côté d'elle. D'autres sont excessifs au sujet de la sutra, au point de délaisser le rang pour accomplir la prière surérogatoire (Râtibah), en allant chercher une sutra ailleurs ; manquant ainsi une place qui est peut-être meilleure que l'obtention de la sutra, à savoir la proximité de l'imam au premier rang. Et il en existe d'autres formes d'excès dans l'accomplissement de certaines pratiques surérogatoires qui risquent de les faire dévier de leur modalité légiférée, ou de faire manquer des pratiques surérogatoires encore meilleures.
Ce qui est demandé est le juste milieu et la probité, sans excès ni laxisme, et conformément au Livre et à la Tradition.
« Certes, le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad ﷺ et les pires affaires sont celles nouvelles. »
***
Titre du sermon
La prière en groupe est un signe de la foi.
Introduction du premier sermon
La Louange appartient à Allah qui a fait de la prière pour les croyants une prescription en des temps déterminés, et a ordonné de l'accomplir, de la préserver et de s'en acquitter en groupe avec les musulmans.
Je Le loue pour Ses bienfaits, et Le remercie pour l'abondance de Sa grâce et de Sa générosité. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah le couvre d'éloges, ainsi que sa famille, ses Compagnons, et quiconque s'attache à sa Tradition et suit sa voie jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du premier sermon
Ô Musulmans ! Craignez Allah, Celui en Qui vous croyez, et craignez-Le au sujet de ces cinq prières ; car elles vous ont été confiées, vous en êtes responsables, et elles sont la première chose sur laquelle vous serez jugés.
Acquittez-vous-en aux moments que votre Seigneur a fixés pour elle ; car c'est une obligation que votre Seigneur vous a prescrite d'au-dessus des sept cieux, et la dernière recommandation que votre Prophète ﷺ vous a faite en quittant cette vie. Elle est le pilier de la religion et la preuve de la foi. Ainsi, quiconque s'en acquitte parfaitement, Allah lui accordera sa pleine récompense ; et quant à celui qui y manque, vous avez bien entendu ce qu'Allah a dit au sujet des fraudeurs.
Ô serviteurs d'Allah ! Certes, les textes du Coran et de la Tradition prouvent l'obligation de la prière en groupe. Allah (Élevé soit-elle) a dit : {Accomplissez la prière, acquittez-vous de l’aumône et inclinez-vous humblement avec les musulmans. 43 } [La Vache, 2 : 43].
Dans son exégèse, ibn Sa'dî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : C'est-à-dire : priez avec ceux qui prient. Ici, il y a donc l'ordre de la prière en groupe et son obligation.
Et Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Lorsque tu t’apprêtes à diriger la prière en commun, qu’un groupe de combattants, en armes, se place derrière toi. Pendant que ces derniers prient, qu’un second groupe monte la garde derrière eux. Puis que ceux qui n’ont pas encore prié viennent, toujours sur leurs gardes et en armes, accomplir la prière...} [Les Femmes, 4 : 102].
Ce verset est l'un des versets les plus clairs qui prouve l'obligation de la prière en groupe et le péché de celui qui la délaisse. En effet, les musulmans sont en état de guerre et de peur face à leurs ennemis, et malgré cela, Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) leur a ordonné la prière en groupe. Puis, Notre Seigneur, béni et exalté soit-Il, ne S'est pas contenté que la première prière en groupe soit accomplie, mais il a fallu aussi que le deuxième groupe prie avec l'imam. Que dire alors de celui qui néglige la prière en groupe en période de sécurité et de repos ?
Cheikh Ibn 'Uthaymin (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « On déduit de ce verset que la prière en groupe est une obligation individuelle ; en raison de Sa parole : {Qu'un groupe d'entre eux se tienne avec toi [en prière].} Et de Sa parole : {Et que vienne un autre groupe qui n'a pas encore prié, et qu'ils prient avec toi.} En effet, s'il s'était agi d'une obligation communautaire, le premier groupe aurait suffi. Par conséquent, le fait que le second groupe ait également reçu l'ordre de prier en groupe prouve qu'il s'agit d'une obligation individuelle. »
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Assurément, j'ai failli ordonner que l'on ramasse du bois, puis ordonner que l'on appelle à la prière, puis ordonner à un homme de diriger la prière pour les gens, puis me diriger vers des hommes qui n'assistent pas à la prière [en groupe] afin de brûler sur eux leurs demeures. Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Si l'un d'eux savait qu'il trouverait un os bien charnu ou deux bons sabots de brebis, il aurait assisté à la prière du soir (Al 'Ichâ'). » Unanimement Reconnu Authentique. [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Ô Musulmans ! Certes, la prière en groupe comporte d'immenses récompenses et de grands intérêts, qui sont apparents pour quiconque les médite et clairs pour quiconque les recherche ; en effet, d'après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « La prière que l'homme effectue en groupe est vingt-cinq fois supérieure à celle qu'il fait chez lui ou au marché. En effet, quand il fait ses ablutions correctement, puis se rend à la mosquée dans le seul but d'accomplir la prière, on l'élèvera, pour chaque pas qu'il fera, d'un degré et on lui effacera un péché. Quand il aura prié, les anges ne cesseront de prier pour lui, tant qu'il sera à l'endroit où il aura prié, disant : « Ô Allah ! Prie sur lui ! Ô Allah ! Pardonne-lui ! Ô Allah ! Fais-lui miséricorde ! » Et il sera en prière aussi longtemps qu'il attendra la prière. » Unanimement Reconnu Authentique. [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
D'après Ubay ibn Ka'b (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Il y avait un homme, et je ne connais aucun autre homme dont la maison fût plus éloignée de la mosquée que la sienne, et qui ne manquait jamais la prière en groupe. Alors, on lui a dit : « Si tu achetais un âne, tu pourrais le monter durant les nuits obscures et les jours de grande chaleur. » Il répondit : « Je n’aurais pas souhaité que ma maison soit plus proche de la mosquée, car je veux que soient inscrits à mon compte aussi bien mon aller vers la mosquée que mon retour auprès de ma famille. » Alors, le Messager d’Allah ﷺ dit : « Assurément, Allah a réuni pour toi tout cela. » Rapporté par Muslim (n°663).
Serviteurs d'Allah... Parmi ce qui indique l'importance de la prière en groupe et l'immensité de son mérite, il y a le fait que le Prophète ﷺ a incité à son accomplissement, et plus particulièrement pour la prière de l'aube et la prière du soir ; en effet, 'Uthmân ibn 'Affân (qu'Allah l'agrée) a dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Quiconque prie le 'Ichâ' en groupe, alors c'est comme s'il avait prié la moitié de la nuit. Et quiconque prie le Subh en groupe, alors c'est comme s'il avait prié toute la nuit. » Rapporté par Muslim (n°656).
Le Prophète ﷺ a expliqué que les degrés au Paradis s'élèvent en se rendant fréquemment aux mosquées pour s'acquitter des obligations d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) ; en effet, d’après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque se rend à la mosquée, le matin ou le soir, Allah lui prépare un banquet au Paradis chaque fois qu’il s’y rend, le matin ou le soir. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim).
Ô Croyants : écoutez cette immense parole de l'un des Compagnons de notre Prophète ﷺ, car elle contient une leçon pour quiconque en tire une leçon et un avertissement pour quiconque se souvient ; en effet, d'après 'AbduLlâh ibn Masʽûd (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Quiconque veut se réjouir de rencontrer Allah demain en musulman, qu'il soit donc assidu à ces prières-là à travers l’appel qui en est fait. En effet, Allah a prescrit à votre Prophète ﷺ des traditions de la guidée qui font vraiment partie des traditions de la guidée. Si vous priez dans vos demeures comme prie chez lui celui qui se soustrait à la prière groupe, alors certainement vous délaisseriez la tradition de votre Prophète ; et si vous délaissiez la tradition de votre Prophète, alors certainement vous vous égareriez. Et il n'y a pas un homme qui se purifie et parfait sa purification, ensuite il décide de se rendre vers l’une de ces mosquées sans qu’Allah lui écrive pour chaque pas qu'il effectue une bonne action, Il l'élève d’un degré et Il lui ôte une mauvaise action à travers chaque pas effectué. Et, assurément, nous avons vu que nul ne se soustrait à ça excepté un hypocrite dont l'hypocrisie est bien connue. Et, à notre époque, un homme était même amené et soutenu par deux personnes jusqu’à ce qu’il soit placé dans le rang. » Rapporté par Muslim (n°654).
Je dis ce que vous entendez, et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous. Implorez donc Son pardon. En effet, Il est certes le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, des mondes, qui a institué la prière un apaisement et une élévation spirituelle pour les croyants. Que les bénédictions le salut abondant d’Allah soient accordés à l’envoyé de miséricorde pour l’humanité ainsi qu sa famille, à ses Compagnons à ceux qui les, jusqu’au Jour de la Rétribution.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit :
Ô croyants : les Vertueux Prédécesseurs (qu'Allah leur fasse miséricorde) accordaient une immense importance à la prière en groupe. En effet, ils délaissaient leurs occupations et fermaient leurs boutiques pour elle. D'après Zayd ibn Khâlid Al-Juhanî (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Lorsque nous accomplissions la prière du Maghrib avec le Prophète ﷺ et que nous repartions vers le marché… » Rapporté par Ahmad (n°17029) ; Ibn Abî Chaybah (1/329) ; et At-Tabarânî dans : Al Kabîr (n°5259). Et ce hadith est authentique par ses supports.
Cela prouve qu'ils suspendent leur activité au marché jusqu'après la prière.
Durant le califat de ʿUmar (qu'Allah l'agrée), un bédouin vint au marché avec des marchandises ; il arriva alors que les gens étaient dans les mosquées, alors il a dit : « Les gens se dispersèrent donc après leur prière, et se rendirent à leurs marchés. » Rapporté par Ibn Abî Ad-Dunyâ dans : Islâh Al Mâl (page : 75).
Ceci indique donc qu'ils interrompaient leurs transactions commerciales au moment de la prière et se dirigeaient vers les mosquées, et c'est ainsi qu'était la communauté à l'époque des Califes bien guidés (qu'Allah les agrée).
D'après Ibn 'Umar (qu'Allah les agrée tous les deux) : « Il était au marché quand la prière fut annoncée ; ils fermèrent alors leurs boutiques et entrèrent à la mosquée. Ibn 'Umar a alors dit : « C'est à leur sujet que fut révélé : {Des hommes que ni le commerce, ni le négoce ne distraient de l’évocation d’Allah, de l’accomplissement de la prière et de l’acquittement de l'aumône, et qui craignent un Jour où les cœurs seront bouleversés ainsi que les regards.}. » Tafsîr At-Tabarî (18/113).
D'après 'Amrû ibn Dînâr qui a dit : « J'étais en compagnie de Sâlim ibn 'AbdiLlah alors que nous nous dirigions vers la mosquée. Nous passâmes alors par le marché de Médine ; ses commerçants s'étaient levés pour la prière et avaient couvert leurs marchandises. Sâlim regarda leurs biens, auprès desquels il n'y avait personne, puis il récita ce verset : {Des hommes que ni le commerce, ni le négoce ne distraient de l’évocation d’Allah...} Ensuite, il a dit : Ce sont eux. »
Al Hassan [Al Basrî] (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Par Allah ! Assurément, ils commerçaient dans les marchés ; mais dès qu'un droit parmi les droits d'Allah se présentait à eux, alors ils commençaient d'abord par s'acquitter du droit d'Allah, ensuite ils revenaient à leur commerce. »
Et Matar Al Warrâq (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Assurément, ils achetaient et vendaient, mais lorsque l'un d'eux entendait l'appel à la prière, il posait la balance qu'il tenait dans sa main et il se rendait à la prière. »
Les prédécesseurs vertueux (qu'Allah leur fasse miséricorde) du début de cette communauté et leurs successeurs exaltaient l'importance de la prière, ils prenaient soin de la prière en groupe, et interrompaient leur travail, leur vente et leur achat pour y assister dans les mosquées et s'en acquitter en étant avec le groupe des musulmans.
« Ô Allah ! Certes, nous Te demandons une science bénéfique et une œuvre vertueuse. »
***
Titre du sermon
Le danger de l'abandon de la prière
Introduction du premier sermon :
La Louange est à Allah qui a complété pour nous la religion, a parfait sur nous le bienfait, a fait de notre communauté la meilleure des communautés, et a envoyé parmi nous un Messager issu des nôtres qui nous récite Ses versets, nous purifie, et nous enseigne le Livre et la Sagesse. Je Le loue pour Ses bienfaits innombrables. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que notre Prophète et notre Maître Muhammad est Son serviteur et Son Messager, que son Seigneur a envoyé comme miséricorde pour les mondes. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, d'une prière durable et d'un salut continu.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit... Ô Musulmans :
Craignez Allah ! En effet, Sa crainte est la meilleure des acquisitions et Son obéissance la plus haute lignée : {Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102].
Ô Musulmans :
Assurément, Allah vous a comblés de bienfaits amples et de faveurs immenses ; des bienfaits qui vous entourent et des grâces qui vous recouvrent. Et, certes, le plus immense bienfait et la plus grande grâce est : le bienfait de l'Islam et de la Foi. Il (Béni et Élevé soit-Il) dit : {Ils te rappellent leur adhésion à l’islam comme si c’était une faveur de leur part. Dis : « Ne me rappelez pas votre adhésion à l’islam, si vous êtes sincères dans votre foi. Votre conversion est au contraire une faveur d’Allah qui vous a fait la grâce de vous guider vers la foi. » 17 } [Les Appartements, 49 : 17]. Louez donc Allah pour ce dont Il vous a gratifiés, et remerciez-Le de vous avoir guidés ; puisqu'Il a fait de vous des membres de la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes, et Il vous a guidés vers les préceptes de cette religion exempte de toute confusion.
Or, parmi ses signes les plus manifestes, ses rites les plus grandioses et ses trésors les plus bénéfiques se trouve : la prière, le second pilier de l'Islam et ses fondements majestueux. Elle est, après les deux attestations, l'obligation la plus confirmée, la plus immense des offrandes, le plus noble acte d'obéissance et le commerce le plus espéré. Quiconque la préserve a préservé sa religion, et quiconque la délaisse est encore plus enclin à délaisser le reste. Elle est le pilier de la religion et le summum du dépôt de la foi. Le Prophète ﷺ a dit : « La tête de l'affaire est l’Islam et son pilier est la prière. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2616), Ibn Mâjah (n°3973) et Ahmad (n°22069). Et Al Albânî l'a authentifié. Allah en a fait la prunelle des yeux et un refuge pour l'attristé. Ainsi, lorsque le Messager d'Allah ﷺ était attristé par une affaire, il se réfugiait dans la prière. Rapporté par Ahmad (n°23299) et Abu Dâwud (n°1319) et déclaré bon par Al Hâfiz Ibn Hajar. Et il disait : « La prunelle de mes yeux a été placée dans la prière. » Rapporté par An-Nassâ`î (n°3940) et Ahmad (n°14037). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et il proclamait : « Ô Bilâl ! Repose-nous à travers la prière. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4985) et Ahmad (n°23088). Et Al Albânî l'a authentifié، Elle était donc sa joie, la quiétude de son cœur et la béatitude de son âme ﷺ.
C'est le meilleur des objectifs que l'on puisse viser en toute affaire importante, et la plus digne des œuvres à accomplir lors de toute calamité obscure : soumission et recueillement, indigence et détresse, invocation et éloge, louange et glorification, et humiliation pour Allah, le Très-Haut, le Digne de louange. Le Messager de la guidée ﷺ a dit : « Certes, lorsque l'un d'entre vous est en prière, il s'entretient confidentiellement avec son Seigneur. » ; Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Ô Musulmans :
La prière est le plus grand moyen de préserver la sécurité et d'éradiquer la criminalité, et le plus efficace pour inculquer la chasteté et la vertu : {... Veille à l’accomplissement de la prière. La prière détourne, en effet, des actes abominables et condamnables. Rien n’est plus méritoire que l’invocation du nom d’Allah...} [L'Araignée, 29 : 45].
Elle est le secret du succès et le fondement de la réussite. C'est la première chose pour laquelle le serviteur sera jugé au Jour de la Résurrection parmi ses œuvres : si elle était bonne, alors assurément il sera couronné de succès et réussira ; mais si elle était corrompue, alors assurément il sera perdu et ruiné. Ainsi, sa préservation est une marque de véracité et de foi, tandis que sa négligence est un signe de délaissement et de ruine. Sa voie est connue et son chemin est tracé. Quiconque la préserve, elle sera pour lui une lumière, une preuve et un salut au Jour de la Résurrection ; et quiconque ne la préserve pas n'aura ni lumière, ni preuve, ni salut, et il sera, au Jour de la Résurrection, avec Qârûn, Pharaon, Hâmân et Ubayy ibn Khalaf.
Quiconque accomplit assidûment ces cinq prières quotidiennes, en respectant leur inclinaison, leur prosternation et leurs heures prescrites, et sait qu'elles sont une vérité venant d'Allah, alors le Paradis lui est dû.
Effluves de grâce et miséricordes, dons et bénédictions, par lesquels les mauvaises actions sont expiées, les degrés sont élevés et les bonnes actions sont multipliées. Le Messager de la guidée ﷺ a dit : « Voyez-vous, si une rivière coulait à la porte de l’un d’entre vous, dans laquelle il se laverait cinq fois par jour, resterait-il quelque chose de ses souillures ? » Ils répondirent : « Il ne resterait rien de ses souillures. » Alors, il a dit : « Il en est de même avec les cinq prières, par leur intermédiaire Allah efface les péchés. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
La prière est une adoration qui resplendit d'espoir dans les abîmes des ténèbres, qui sauve celui qui chancelle sur le chemin des égarements et qui prend par la main le misérable du tréfonds de sa misère ainsi que le désespéré des profondeurs de son désespoir vers le chemin du salut et de la vie : {Accomplis la prière aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit. Les bonnes actions effacent les mauvaises. Voici une exhortation pour ceux qui sont disposés à l’écouter. 114 } [Hûd, 11 : 114].
Ô Musulmans :
Parmi les choses les plus attristantes figure le laxisme et le désintérêt envers cette prière grandiose, qui se sont largement répandus chez de nombreux musulmans. Certains l’abandonnent totalement, d’autres n’en accomplissent qu’une partie et délaissent le reste. De nos jours, son importance a clairement diminué, son abandon est devenu massif, ses pratiquants se sont raréfiés, tandis que les négligents se sont multipliés. Az-Zuhrî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : Je suis entré chez Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) à Damas et je l’ai trouvé en train de pleurer. Je lui ai demandé : « Pourquoi pleures-tu ? » Il m’a répondu : « Je ne retrouve rien de ce que j’ai connu à l’époque du Messager d’Allah ﷺ si ce n’est cette prière ; et même celle-ci a été négligée. » Rapporté par Al Bukhârî (n°530).
Ô Musulmans :
Certes, l'abandon délibéré de la prière, et son accomplissement en dehors de son temps par fainéantise et par négligence, compte parmi les plus grands des péchés majeurs et les plus immenses transgressions. Le Prophète ﷺ a dit : « L'engagement qu'il y a entre nous et eux est la prière. Quiconque donc l'abandonne (la délaisse), alors assurément il a mécru. » ; Rapporté par At-Tirmidhî (n°2621), An-Nassâ'î (n°463), Ibn Mâjah (n°1079) et Ahmad (n°22987). Et Al Albânî l'a authentifié. Et il ﷺ a dit : « Entre la personne et la mécréance, il y a l'abandon de la prière. » ; Rapporté par Muslim (n°82).
Et, certes, le fait de manquer une prière est comparable à la calamité d'être dépouillé de ses biens et propriétés, et de perdre son épouse, ses fils et ses filles. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque a raté une prière, c'est comme s'il avait été dépouillé de sa famille et de ses biens. » Unanimement Reconnu Authentique. [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après le hadith de Nawfal ibn Mu'âwiyah Ad-Dîlî (qu'Allah l'agrée)].
La colère d'Allah et Son courroux s'abattent sur celui qui abandonne la prière ; le Prophète ﷺ dit : « Quiconque délaisse la prière rencontrera Allah et ce dernier sera en colère contre lui. » Rapporté par At-Tabarânî (n°11782), par Ad-Diyâ` dans : « Al Mukhtârah » (n°100) et par Al Bayhaqî (n°3835). Al Hâfiz As-Sakhâwî l'a déclaré bon. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) dit : {... Or, quiconque attire Ma colère sur lui est perdu.} [Tâ-Hâ, 20 : 81]. 'AbdaLlah ibn Chaqîq (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Les Compagnons du Messager d’Allah ﷺ ne considéraient pas une chose parmi les œuvres si elle était abandonnée comme étant de la mécréance autre que la prière. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2622) et Muhammad ibn Nasr Al Marwazî dans : « Ta'zîm Qadr As-Salât » (n°948). Et sa chaîne de transmission est authentique.
Ô Musulmans :
Certes, le laxisme concernant la prière compte parmi les plus grandes causes de l'affliction et de la misère : une détresse en ce bas-monde, un châtiment dans le Barzakh, et une punition dans l'au-delà : {Mais leur succédèrent des générations toutes plus misérables les unes que les autres qui, préoccupées uniquement par l’assouvissement de leurs passions, négligèrent le culte du Seigneur. Elles sont donc vouées à la perdition. 59 } [Marie, 19 : 59]. Et, dans le hadith de la Vision, le Prophète ﷺ a dit : « Cette nuit, deux personnes sont venues à moi ; elles m’ont emmené et m’ont dit : “ Pars ! ” Je suis donc parti avec elles et nous sommes arrivés près d’un homme allongé sur lequel un autre homme se tenait debout avec une grosse pierre. Il lui fracassait la tête avec. Il allait ensuite récupérer la pierre et, à peine était-il revenu, que la tête avait retrouvé sa forme initiale. Il recommençait alors ce qu’il avait fait la première fois. J’ai dit à mes deux compagnons : “ Gloire à Allah ! Qui sont ces deux-là ? ”... » Puis, à la fin du hadith, ils informèrent le Messager d’Allah ﷺ de ce qu’il avait vu et ils lui dirent : « Quant au premier homme que tu as rencontré et dont la tête était fracassée à coups de pierre : c’est un homme qui a délaissé le Coran après l’avoir appris et qui ne se réveillait pas pour accomplir les prières obligatoires. » Rapporté par Al Bukhârî (n°7047).
Par conséquent, ô serviteur d'Allah ! Ô serviteur d'Allah ! Ô serviteur d'Allah !
Comment ta prière peut-elle te paraître si négligeable, elle qui est ton capital et par laquelle se valide ta foi ? Comment ta prière peut-elle te paraître si négligeable, alors que tu lis la sévère menace dans la parole d'Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) : {Malheur donc à ceux qui accomplissent la prière 4 sans accorder aucune importance à cette dernière 5 } [L'Ustensile, 107 : 4 à 5]. Comment peut-on se caractériser par un des attributs des hypocrites au sujet desquels Allah a dit : {Les hypocrites pensent pouvoir tromper Allah sans savoir que c’est Lui, en réalité, qui les trompe. Lorsqu’ils se lèvent pour la prière, ils l’accomplissent avec paresse et ostentation. A peine se souviennent-ils d’Allah. 142 } [Les Femmes, 4 : 142].
Ô Musulmans :
La prière est une adoration immense qui n'est annulée en aucun cas pour la personne responsable, même en situation de frayeur et de combat, et même en situation de maladie et d'épuisement, excepté pour la femme qui a ses menstrues et celle en état de lochies ; Allah (Béni et Élevé soit-Il) dit : {Accomplissez assidûment vos prières, en particulier la plus méritoire des prières, en vous tenant humblement devant Allah. 238 } Il vous est toutefois autorisé, si vous craignez quelque danger, de prier en marchant ou sur vos montures. Lorsque vous vous retrouvez en sécurité, souvenez-vous d’Allah, rendant ainsi grâce au Seigneur de vous avoir enseigné ce que vous ignoriez. 239 } [La Vache, 2 : 238-239].
Par conséquent, ô serviteurs d'Allah :
Accomplissez la prière en son temps, perfectionnez ses ablutions, et perfectionnez sa position debout, son inclinaison, sa prosternation et son recueillement ; vous en recueillerez ses fruits, sa bénédiction, sa force et son repos.
Ô Musulmans :
Les preuves légales, authentiques et explicites ont été rapportées, nombreuses et concordantes, claires et éclatantes, sur l'obligation de la prière en groupe pour les hommes, que ce soit en résidence ou en voyage. Il dit (Magnifié et Élevé soit-Il) : {Accomplissez la prière, acquittez-vous de l’aumône et inclinez-vous humblement avec les musulmans. 43 } [La Vache, 2 : 43]. La particule : « Avec (Ma‘a) » signifie la réunion et l’accompagnement ; ainsi, Allah (Béni et Élevé soit-Il) dit à Son Prophète et Son Messager Muhammad ﷺ alors qu’il se trouvait sur le champ de bataille et au plus fort du combat : {Lorsque tu t’apprêtes à diriger la prière en commun, qu’un groupe de combattants, en armes, se place derrière toi. Pendant que ces derniers prient, qu’un second groupe monte la garde derrière eux. Puis que ceux qui n’ont pas encore prié viennent, toujours sur leurs gardes et en armes, accomplir la prière avec toi...} [Les Femmes, 4 : 102].
Et ʽAbduLlah Ibn Masʽûd (qu'Allah l'agrée) a dit : « Quiconque veut se réjouir de rencontrer Allah demain en musulman, qu'il soit donc assidu à ces prières-là à travers l’appel qui en est fait. En effet, Allah a prescrit à votre Prophète ﷺ des traditions de la guidée qui font vraiment partie des traditions de la guidée. Si vous priez dans vos demeures comme prie chez lui celui qui se soustrait à la prière groupe, alors certainement vous délaisseriez la tradition de votre Prophète ; et si vous délaissiez la tradition de votre Prophète, alors certainement vous vous égareriez. Et, assurément, nous avons vu que nul ne se soustrait à ça excepté un hypocrite dont l'hypocrisie est bien connue. Et, à notre époque, un homme était même amené et soutenu par deux personnes jusqu’à ce qu’il soit placé dans le rang. » Rapporté par Muslim (n°257).
Ô jeunesse de l'Islam... Ô dépositaires de la force et de la vaillance :
Ibn Umm Maktûm (qu'Allah l'agrée et qu'il ait agrée son Seigneur) se présenta au Messager d'Allah ﷺ et demanda : « Ô Messager d'Allah ! Mon âge est avancé, mes os sont devenus frêles, et ma vue a baissé. De plus, j'ai un guide dont la conduite ne me convient pas ; m'accorderais-tu une dispense pour que j'accomplisse les prières chez moi ? » Alors, le Messager d'Allah ﷺ lui répondit : « Entends-tu le Muezzin depuis la maison où tu te trouves ? » Il répondit : « Oui, ô Messager d'Allah. » Alors, il a dit : « Je ne trouve aucune dispense pour toi. » Rapporté par At-Tabarânî dans : " Al Kabîr " (n°7886). Et authentifié par Al Albânî. « Et si celui qui délaisse la prière en groupe savait ce qui est réservé à celui qui s'y rend en marchant, alors il s'y rendrait même en rampant sur les mains et les genoux. »
La colère du Messager d'Allah ﷺ s'intensifia contre ceux qui restaient en arrière du groupe des musulmans. En effet, il ﷺ a dit : « Assurément, j'ai eu l'intention qu'on ordonne l'appel à la prière (Al Adhân), ensuite on fasse le second appel (Al Iqâmah), puis j'ordonne à un homme de diriger la prière pour les gens, et ensuite je pars avec des hommes portant des fagots de bois chez ceux qui n'assistent pas à la prière [en groupe], et alors je brûle sur eux leurs demeures par le feu. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim]. Et Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) a dit : « Il vaut mieux pour le fils d'Adam que son oreille soit emplie de plomb fondu, plutôt que d'entendre l'appel [à la prière] et de ne pas y répondre. »
Ô toi qui, dans ta demeure, tu te soustrais à la prière en groupe dans les demeures d'Allah :
Prête l'oreille à la parole du Prophète ﷺ : « Quiconque entend l’appel [à la prière] et ne s’y rend pas, alors il n’a pas de prière excepté s’il a une excuse. » Rapporté par Ibn Mâjah (n°793). Et Al Albânî l'a authentifié.
La calamité s'aggrave et le péché grandit lorsque celui qui s'absente de la prière collective est une personne dont les actes sont pris pour exemple. Le préjudice est alors plus grand et le danger plus grave lorsque celui qui s'absente fait partie des gens de science. ‘Umar ibn Al Khattâb (qu'Allah l'agrée) a dit : « Qu'en est-il de ces gens qui n'assistent pas à la prière, si bien qu'en raison de leur manquement, d'autres n'y assistent pas non plus ? Qu'ils assistent à la prière ou sinon j'enverrai assurément contre eux quelqu'un qui leur frappera la nuque. »
Ô Musulmans :
Tels sont les indices et les textes à travers lesquels la vérité a resplendi, et par la clarté desquels la bonne direction s'est manifestée. Certes, les Messagers ont parlé avec clarté, n'eût été la surdité des cœurs ; et les voies se sont clarifiées, n'eût été la souillure des péchés.
Ô Musulmans :
Certes, nombreux sont ceux qui, en notre temps, s’abstiennent de la prière en groupe dans les mosquées. Des hommes, capables et forts, entendent l'appel matin et soir, mais ils n'y répondent pas et ne se rappellent point. Leurs langues sont futiles et leurs cœurs sont distraits. Ce qu'ils ont acquis a recouvert [d'une couche] leurs cœurs, et leurs efforts dans la vie d'ici-bas se sont égarés. Ils se sont plongés dans leur égarement et se sont enfoncés dans leur aveuglement ; ils se sont joints aux calamités de l'époque et se sont couverts de la plus vile et de la pire des turpitudes. Ils ont été détournés de la prière par la fructification de leurs gains, ainsi que par leur amusement et leur jeu. Or, s'ils trouvaient dans la prière à la mosquée un gain mondain, même vil et méprisable, tu les verrais s'y précipiter, soumis et obéissants à son appel. Le Messager de la guidée ﷺ dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Si l'un d'entre vous savait qu'il trouverait un os bien charnu, ou deux bons pieds de mouton, certainement il assisterait à la prière du 'Ichâ’. » ; Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Ô Musulmans :
Il incombe aux musulmans, à leurs gouvernants, à leurs savants, à leurs imams et aux gens d'autorité et de conseil parmi eux, de s'enquérir du cas de ceux qui se dérobent à la prière en groupe, de les y contraindre fermement et de les y astreindre. En effet, d'après Ubayy ibn Ka'b (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ pria avec nous – ou : pour nous – la prière de l'aube, puis il demanda à deux reprises : « Untel est-il présent ? » Nous répondîmes : « Oui », mais il n'avait pas assisté à la prière. Puis il demanda : « Untel est-il présent ? » Nous répondîmes : « Oui », mais il n'avait pas assisté à la prière. Alors, il a dit : « Certes, les prières les plus lourdes pour les hypocrites sont celles du soir (Al 'Ichâ') et de l'aube (Al Fajr), et si vous saviez les mérites qu'elles renferment, vous vous y rendriez, même en rampant. » Rapporté par Abû Dâwud (n°554). Et Al Albânî l'a authentifié.
Par conséquent, ô serviteur d'Allah :
Ô toi qui te rends aux mosquées avec langueur et paresse, et y passes peu de temps par lassitude : Ne sais-tu donc pas que les mosquées sont les demeures d'Allah, et les endroits les plus aimés auprès de Lui (Exalté et Magnifié soit-Il) ? Le Prophète ﷺ a dit : « Sept personnes seront ombragées par Allah sous Son ombre le jour où il n'y aura aucune ombre excepté Son ombre. » Et, notamment, parmi eux il a mentionné : « Et un homme dont le cœur est attaché aux mosquées » ; Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Ô toi qui t'attiédis et t'alourdis, te montres complaisant et te laisses distraire :
Assurément, tu as manqué le bien à profusion et la grande récompense ; le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque se rend à la mosquée, le matin ou le soir, Allah lui prépare un banquet au Paradis chaque fois qu’il s’y rend, le matin ou le soir. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim]. « Quiconque se purifie chez lui, ensuite se rend dans l’une des maisons d’Allah dans l’intention d’accomplir l’une des prières obligatoires prescrites par Allah, chaque pas qu’il effectue lui efface un péché, tandis que le suivant l'élève d'un degré. Et les personnes les plus récompensées pour la prière sont celles qui viennent de plus loin, et des personnes ne cesseront d'être en retard jusqu’à ce qu’Allah les retarde dans l'au-delà. » Muslim (n°622). Nous nous réfugions auprès d'Allah contre l'avilissement et la perdition.
Je me réfugie auprès d'Allâh contre Satan le lapidé : {Dans des temples qu’Allah a permis d’élever afin que Son nom y soit invoqué, Lui rendent gloire matin et soir 36 } des hommes que ni négoce, ni transaction ne saurait détourner de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la prière et du versement de l’aumône, et qui redoutent le Jour où les cœurs et les regards seront bouleversés de terreur, 37 des hommes qu’Allah récompensera de la manière la plus généreuse pour leurs bonnes œuvres, tout en leur ajoutant de Ses faveurs. Allah dispense sans compter Ses bienfaits à qui Il veut. 38 } [La Lumière, 24 : 36 à 38].
Qu'Allah me bénisse ainsi que vous par le Coran Majestueux et qu'Il me fasse bénéficier ainsi que vous des versets et du Sage Rappel qu'il contient.
Je dis ce que vous entendez, et j'implore le pardon d'Allah pour moi, pour vous et pour l'ensemble des Musulmans de tout péché et de toute faute. Implorez donc Son pardon, car c’est Lui le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance et le remerciement Lui revient pour Sa réussite et Sa faveur. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, en exaltation de Sa grandeur. Et j'atteste que notre Prophète et notre maître Muhammad est Son serviteur et Son Messager, celui qui appelle à Son agrément. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères, et qu'Il les préserve abondamment.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Ô Musulmans :
Craignez Allah et observez-Le ; obéissez-Lui et ne Lui désobéissez pas : {Vous qui croyez ! Craignez Allah et comportez-vous en hommes véridiques et sincères ! 119 } [Le Repentir, 9 : 119].
Ô Musulmans :
Craignez Allah concernant vos enfants... Craignez Allah concernant vos enfants... Craignez Allah concernant vos enfants... Ils sont la prunelle de vos yeux, la continuité de votre descendance et de votre souvenir. En vérité, ils sont un dépôt dont vous êtes responsables. Ordonnez-leur d'accomplir assidûment les prières et d'assister aux prières du Vendredi et celles en groupe. Exhortez-les et mettez-les en garde, encouragez-les par des motivations et des récompenses, éduquez-les dans l'amour de l'au-delà, et soyez pour eux un exemple vertueux. {Ordonne aux tiens d’accomplir la prière que tu observeras toi-même avec constance. Nous ne te demandons nullement d’assurer toi-même ta subsistance. C’est Nous qui pourvoyons à tes besoins. Une fin heureuse est réservée à celui qui Nous craint. 132 } [Ta-Ha, 20 : 132]. Le Messager de la Guidée ﷺ a dit : « Ordonnez à vos enfants [de faire] la prière quand ils ont sept ans et frappez-les [s'ils la négligent] quand ils en ont dix. » Rapporté par Abû Dâwud (n°495) et Ahmad (n°6756). Et Al Albânî l'a authentifié. Et gardez-vous des distractions et des tentations qui les détournent du rappel d'Allah et de la prière ; et insistez auprès d'Allah dans vos invocations pour qu'Il réforme vos enfants et les enfants de l'ensemble des musulmans.
Serviteurs d'Allah :
Certes, Allah vous a ordonné une affaire qu'Il a initié Lui-même, pour ensuite poursuivre avec Ses anges qui glorifient Sa Sainteté. En effet, Il a dit une parole noble : {Certes, Allah et Ses anges prient sur le Prophète. Vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le vous aussi ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
Ô Allah ! Prie sur Ton serviteur et Ton Messager Muhammad et salue-le.
***
Titre du sermon
Les décrets des funérailles.
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah, Seigneur des mondes, qui a décrété la mort au genre humain : {Tout ce qui se trouve à la surface de la Terre est voué à disparaître. 26 Seul demeurera le Visage, tout de majesté et de gloire, de ton Seigneur. 27 } [Le Tout-Miséricordieux, 55 : 26-27].
Après la mort, ils sont placés dans les tombes jusqu'au Jour de la Résurrection, et je Le loue en toute circonstance.
Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Grand, le Très-Haut ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Il a envoyé avec la guidée et la religion de la vérité pour anéantir la mécréance et l'égarement. Qu'Allah le couvre d'éloges, ainsi que sa famille et ses Compagnons, les meilleurs des compagnons et des proches, et qu'Il les salue abondamment.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô vous les gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il), rappelez-vous la mort et sa venue imminente, et préparez-vous-y par les œuvres vertueuses et le repentir des péchés. En effet, l'oubli de la mort endurcit le cœur et incite à l'amour de la vie d'ici-bas. D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Multipliez le rappel du destructeur des délices. » C'est-à-dire : La mort, le trépas, etc. [Rapporté par At-Tirmidhî (n° 2307) qui a dit : Bon-étrange]. Et dans une version, il est ajouté : « En effet, personne ne L'évoque dans la gêne sans qu'Il ne le soulage, ni dans l'aisance sans qu'Il ne la lui rende étroite. » Rapporté par Ibn Hibbân (n°2993).
Et d'après 'AbdaLlah ibn 'Umar (qu'Allah les agrée tous les deux) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ m'a pris par l'épaule et m'a dit : « Sois dans ce bas-monde comme si tu étais un étranger, ou comme quelqu’un de passage ! » Et ‘AbdaLlah ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous les deux) disait : « Lorsque tu arrives au soir, n’attends donc pas le matin ; et lorsque tu arrives au matin, n’attends donc pas le soir. Profite de ta santé avant ta maladie, et de ta vie avant ta mort. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6416).
Et d'après 'AbdaLlah, le Prophète ﷺ a dit : « Le Paradis est plus près de l'un de vous que le lacet de sa chaussure ; et il en est de même de l'Enfer. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6488).
Ô serviteurs d'Allah : Certes, le rappel de la mort incite au renoncement à ce bas-monde, encourage aux œuvres vertueuses, au repentir des péchés, à se défaire des injustices commises envers les serviteurs, et à rendre aux gens leurs droits. Et puisque la mort est la fin de la vie de l'être humain en ce bas-monde, et qu'Allah (Glorifié soit-Il) a légiféré pour les défunts des règles qu'il est obligatoire de connaître et d'appliquer pour les défunts musulmans, connues sous le nom des « décrets des funérailles » ; il était donc de notre devoir de les connaître.
L'imam Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « La guidée du Prophète ﷺ concernant les funérailles était la plus parfaite des guidées, en opposition à celle des autres nations. Elle englobait la bienfaisance envers le défunt, en le traitant d'une manière qui lui soit profitable dans sa tombe et le jour de son retour ; la bienfaisance envers sa famille et ses proches ; et l'établissement de la servitude du vivant envers Allah Seul dans la manière de traiter le défunt.
Lors des funérailles, sa guidée ﷺ consistait à manifester l’adoration envers le Seigneur (Béni et Élevé soit-Il) de la manière la plus parfaite, à être bienfaisant envers la personne décédée et à la préparer pour Allah de la meilleure et de la plus excellente des manières. Le Prophète ﷺ et ses Compagnons se tenaient en rangs pour louer Allah, implorer pour la personne décédée et demander en sa faveur le Pardon, la miséricorde et l’absolution de ses fautes. Puis, ils marchaient devant elle jusqu'à ce qu’ils la déposent dans sa fosse. Ensuite, lui et ses Compagnons se tenaient debout près de sa tombe, demandant pour elle le raffermissement au moment où elle en avait le plus grand besoin. Il entretenait ensuite le lien avec elle en lui rendant visite dans sa tombe, en la saluant et en invoquant pour elle, tout comme le vivant entretient le lien avec son compagnon dans la demeure d'ici-bas.
Le premier de ces devoirs est de veiller sur lui durant sa maladie, de lui rappeler l’au-delà, de l’enjoindre à faire son testament et à se repentir, et d’ordonner aux personnes présentes de lui répéter l’attestation qu’il n’y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, pour que ce soient ses dernières paroles... » Zâd Al Ma'âd (1/479).
En fait, dans cette belle parole, l'Imam Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a bien résumé les décrets des funérailles, et nous les détaillerons dans la mesure du possible.
Le premier de ces décrets est qu'il est recommandé de faire répéter à la personne à l'agonie l'attestation de foi : « Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah » ; en raison de sa parole ﷺ : « Faites répéter à vos mourants : Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah. » Rapporté par Muslim (n°916).
Et cela pour cette bonne parole soit sa dernière parole, et que sa vie soit scellée par elle. En effet, il est rapporté dans un hadith : « Quiconque dont les dernières paroles sont : « Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah » entrera au Paradis. » Rapporté par Abû Dâwud (n°3116).
Et parce que Satan se présente à l'homme au moment de son agonie afin de pervertir sa foi, s'il est amené à prononcer cette parole grandiose et qu'il la prononce, alors cela chasse Satan et lui rappelle la doctrine de l'Unicité.
Parmi ces décrets : lorsqu'une personne décède, on s'empresse de la laver rituellement, de l'envelopper dans son linceul, de prier sur elle et de la transporter vers sa tombe ; en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Il ne convient pas que la dépouille d'un musulman soit retenue parmi les siens. » Rapporté par Abû Dâwud (n°3159).
L'imam Ibn Al Qayyim, (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Il faisait partie de la guidée du Prophète ﷺ de se hâter de préparer le mort, de le purifier, de le nettoyer, de le parfumer et de l'envelopper dans des vêtements blancs. » Zâd Al Ma'âd (1/481).
Il a alors dit : « Il ordonnait de laver le mort trois fois, cinq fois ou plus, selon ce que le laveur jugeait nécessaire, et d'utiliser du camphre lors du dernier lavage. Il ordonnait à celui qui prenait en charge le mort de parfaire son linceul, de l'envelopper dans du blanc, et interdisait l'excès dans le linceul. » Zâd Al Ma'âd (1/483).
L'homme est lavé par les hommes, et la femme par les femmes.
Il est permis au mari de laver son épouse.
La femme est autorisée à laver son mari.
Et pour celui dont le lavage est impossible, par manque d'eau, ou parce que son corps est brûlé ou en morceaux et ne peut supporter l'eau, alors on pratique pour lui l'ablution sèche avec de la terre. Et s'il s'avère impossible d'en laver une partie, on lave ce qu'il est possible d'en laver, et on pratique l'ablution sèche pour le reste.
Concernant le fœtus, s'il a quatre mois, on le lavera et on accomplira la prière funéraire sur lui ; en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Concernant le fœtus [né suite à une fausse couche], on accomplira la prière mortuaire sur lui et on implora le pardon et la miséricorde pour ses parents. » Rapporté par Abû Dâwud (n°3180).
Une fois le défunt lavé et mis dans son linceul, la prière est accomplie sur lui. Et il est préférable de l'accomplir en groupe, conformément à la pratique du Prophète ﷺ et de ses Compagnons.
L'imam Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Le but de la prière mortuaire est l'invocation en faveur du défunt. » Zâd Al Ma'âd (1/486).
Et Cheikh Al Islâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit au sujet de la parole d'Allah (Élevé soit-Il) : {N’accomplis jamais la prière funèbre sur la dépouille de l’un d’entre eux et ne te recueille jamais sur sa tombe...} [Le Repentir, 9 : 84]. « Dès lors où Allah a interdit à Son Prophète de prier sur les hypocrites ; ce fut la preuve que l'on prie sur le croyant avant l'enterrement, et que l'on se tient auprès de sa tombe par la suite. » Majmû' Al Fatâwâ (24/330).
Et le verset indique aussi que la prière sur les Musulmans est parmi les plus grandes manières de se rapprocher et les meilleures obéissances, et que le Législateur y a attaché une récompense abondante, comme [mentionné] dans les recueils authentiques et autres.
Le verset prouve que la prière sur le défunt était une habitude du Prophète ﷺ parmi les Musulmans, et une affaire bien établie auprès d'eux.
Et plus les fidèles sont nombreux, plus cela est émérite ; en raison de ce qui est bien établi [de manière authentique] du Prophète ﷺ : « Il n'y a pas un mort sur lequel un groupe de musulmans qui atteint cent personnes prient et intercèdent en sa faveur sans que leur intercession soit acceptée. » Rapporté par Muslim (n°947).
Quiconque a manqué la prière mortuaire avant l'inhumation, prie sur la tombe ; conformément à ce qui est rapporté dans les Deux Recueils Authentiques, à savoir que le Prophète ﷺ a prié sur une tombe. En effet, une femme noire entretenait la mosquée, et le Messager d'Allah ﷺ s'enquit d'elle. On lui répondit : « Elle est morte. » Alors, il a dit : « Pourquoi donc ne m'avez-vous pas prévenu !? » C'est comme s'ils avaient minimisé son affaire. Alors, il ﷺ a dit : « Indiquez moi sa tombe. » Ils la lui indiquèrent. Là, il ﷺ pria sur elle. Rapporté par Al Bukhârî (n°460) et Muslim (n°956).
Ensuite, après la prière sur le défunt, on s'empresse de le transporter vers sa tombe.
Il est recommandé au musulman d'assister à la prière sur son frère musulman et de suivre son convoi funéraire jusqu'à sa tombe, en faisant preuve de sérénité et de bonne éducation, et en n'élevant pas la voix, ni par une récitation, ni par une évocation, ni par autre chose. En effet, d'après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque assiste aux funérailles jusqu’à ce que l’on prie sur lui aura un carat (Qîrât) et quiconque y assiste jusqu’à ce qu’il soit enterré aura, lui, deux carats (Qîrâtân). » On demanda : « Mais que représentent deux carats (Qîrâtân) ? » Il répondit : « L'équivalent de deux immenses montagnes. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1325) et Muslim (n°945).
Il est de la Tradition (Sunnah) d’élargir et d’approfondir la tombe, d’y placer le défunt sur son flanc droit, tourné vers la Qiblah, de refermer solidement le caveau (Laḥd) sur lui, puis de le recouvrir de terre.
La tombe est surélevée du sol d'environ un empan, et elle est bombée, c'est-à-dire : elle est aplanie, cela pour qu'elle soit vue et reconnue comme une tombe, et qu'elle ne soit pas piétinée. Il n'y a pas de mal à y placer une marque, telle qu'une pierre ou ce qui y ressemble, pour que quiconque désire la visiter puisse saluer le défunt et invoquer en sa faveur et ainsi la reconnaître.
Il n'est pas permis d'écrire sur la tombe, ni le nom du défunt, ni quoi que ce soit d'autre.
Il n'est pas permis de la plâtrer ni d'ériger une construction sur elle.
Il n'est pas permis d'éclairer les cimetières au moyen de lumières électriques ou autres ; en raison du hadith de Jâbir qui a dit : « Le Prophète ﷺ a interdit de plâtrer la tombe, de s'asseoir dessus et de construire dessus. » Rapporté par Muslim (n°970).
L'imam Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « La guidée du Prophète ﷺ ne consistait pas à surélever les tombes, ni à les construire en brique, en pierre ou en pisé, ni à les édifier, ni à les enduire, ni à bâtir des coupoles dessus. Tout ceci est une innovation détestable, contraire à sa guidée ﷺ. D'ailleurs, il a envoyé 'Alî ibn Abî Ṭâlib (qu'Allah l'agrée) au Yémen afin qu'il ne laisse aucune représentation sans l'effacer, ni aucune tombe surélevée sans l'aplanir. » Rapporté par Muslim (n°969).
Sa Tradition (Sunnah) est donc de niveler toutes ces tombes surélevées et il a interdit de plâtrer les tombes, de construire dessus et d'écrire dessus. Les tombes de ses Compagnons n'étaient ni surélevées ni au ras du sol (c'est-à-dire : pas élevées de plus d'un empan, ni collées au sol). Ainsi était sa noble tombe et celles de ses deux Compagnons.
Sa tombe ﷺ était bombée, recouverte du gravier de l'esplanade rouge (c'est-à-dire : on y a déposé de petits cailloux – Al-Baṭḥâ’ – sur un vaste terrain nu – Al ‘Arṣah – et l'adjectif « rouge » s'applique soit aux cailloux, soit au terrain), non construite ni enduite d'argile. Il en était de même pour les tombes de ses deux Compagnons.
Et le Prophète ﷺ marquait d'une pierre la tombe qu'il voulait reconnaître.
Le Prophète ﷺ a interdit de prendre les tombes pour des mosquées et d'y allumer des lampes. Son interdiction à ce sujet fut si stricte qu'il a maudit quiconque le fait. Il a également interdit de prier en direction des tombes, a interdit à sa communauté de faire de sa tombe un lieu de rassemblement périodique, et a maudit les femmes qui visitent fréquemment les tombes.
Sa voie était : Que les tombes ne soient ni méprisées ni piétinées ; que l'on ne s'assoie pas dessus et que l'on ne s'y appuie pas ; et qu'elles ne soient pas non plus vénérées au point de les prendre comme des lieux de culte, dans lesquels on y prie ou en leur direction, ou comme des lieux de rassemblement et des idoles.
Et lorsqu'il visitait les tombes de ses Compagnons, c'était pour invoquer en leur faveur, demander qu'Allah leur fasse miséricorde et implorer le pardon pour eux.
Telle est la visite qu'Il a instituée pour sa communauté, leur prescrivant et ordonnant de dire, lorsqu'ils visitent les cimetières : « Que la paix soit sur vous, habitants de ces demeures, parmi les croyants et les musulmans. Et si Allah le souhaite, nous vous rejoindrons bientôt. Nous demandons à Allah, pour nous ainsi que pour vous, la préservation et le salut. » Rapporté par Muslim (n°975).
Et sa guidée était que ses paroles et ses actes, lors de la visite des tombes, soient du même genre que ce qu'il disait lors de la prière sur le mort, à savoir : l'invocation, la demande de miséricorde et l'imploration du pardon.
Mais les polythéistes s'obstinèrent à invoquer le mort, à l'associer à Allah, à jurer par lui auprès d'Allah, à lui demander la satisfaction de leurs besoins, à implorer son assistance et à se tourner vers lui.
À l'inverse de sa guidée ﷺ ; la sienne est une guidée de monothéisme et de bienfaisance envers le défunt, alors que la leur est polythéisme et malfaisance envers leurs propres personnes, et envers le défunt.
Ils sont de trois catégories : soit ils invoquent le défunt, soit par son biais, soit auprès de lui, et ils considèrent que l'invocation auprès de lui est plus obligatoire et préférable à l'invocation dans les mosquées.
Zâd Al Ma'âd (1/504-507).
Ô Musulmans : Parmi les innovations apportées : la récitation de la Fatiha ou d'une partie du Coran lors des funérailles ou auprès des tombes.
Ils prétendent que cela bénéficie au mort, mais c'est une innovation car cela ne faisait pas partie de la Sunnah du Messager ﷺ.
Parmi les coutumes des mécréants, et de ceux qui les imitent parmi les musulmans ignorants, figure le fait de déposer des couronnes de fleurs sur les tombes.
Et parmi les coutumes des mécréants et de ceux qui les imitent aujourd'hui parmi les musulmans ignorants : la proclamation du deuil sur les morts, le port du noir, la mise en berne des drapeaux, la suspension des activités officielles pour cette raison, la station debout en silence pendant quelques minutes pour l'âme du défunt, et ce qui ressemble à cela parmi les coutumes invalides de la période du paganisme préislamique (Al Jâhiliyyah).
Les musulmans doivent donc se garder de les imiter et de leur ressembler.
Ô Musulmans : Ce qui profite au défunt après sa mort est ce que le Prophète ﷺ a légiféré, à savoir : le règlement rapide de ses dettes - car le musulman est retenu par sa dette jusqu'à ce qu'elle soit réglée pour lui -, l'exécution de ses volontés légitimes, l'invocation en sa faveur, l'aumône en sa faveur, ainsi que le pèlerinage et la 'Umrah en sa faveur. Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque le fils d’Adam meurt, ses œuvres cessent à l’exception des trois suivantes : une aumône qui perdure, une science dont on tire bénéfice, et un enfant vertueux qui invoque en sa faveur. » Rapporté par Muslim (n°1631).
Il faut savoir qu'il est interdit aux femmes de suivre les funérailles et de visiter les tombes, en raison du hadith de Umm 'Atiyyah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « On nous a interdit de suivre les convois funèbres, sans toutefois que cette interdiction ne soit catégorique. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1278) et Muslim (n°938).
Et d'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux) : « Le Messager d’Allah ﷺ a maudit celles qui visitent les tombes. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°320) qui l'a qualifié de bon.
Ainsi donc, la femme ne visite pas les tombes, ni la tombe du Prophète ﷺ, ni celle de quiconque autre ; en fait, la visite des tombes est spécifique aux hommes.
Craignez donc Allah - ô serviteurs d'Allah - et n'oubliez pas la mort, de crainte de négliger les œuvres.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Vous qui croyez ! Ne laissez pas vos biens et vos enfants vous détourner du souvenir d’Allah. Ceux qui se laissent ainsi distraire sont perdus. 9 Offrez par charité une partie de ce que Nous vous avons accordé avant que la mort ne se présente à l’un de vous et qu’il ne dise : « Puisses-Tu, Seigneur, m’accorder ne serait-ce qu’un bref délai. Je ferai alors la charité et agirai en homme vertueux ! » 10 Mais Allah, qui est parfaitement informé de vos œuvres, n’accorde jamais de délai à une âme dont le terme est arrivé. 11 } [Les Hypocrites, 63 : 9 à 11].
Qu'Allah mette la bénédiction pour moi et pour vous dans le Coran Majestueux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Seigneur des mondes: {... Qui a créé la mort et la vie afin de vous mettre à l’épreuve et de voir qui de vous accomplira les œuvres les plus méritoires...} [La Royauté, 67 : 2].
Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; Il a créé les créatures, les a pourvues de subsistance et ne les a pas laissées à l'abandon, mais plutôt Il a fait descendre sur elles les Livres et leur a envoyé des Messagers. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah le couvre d'éloges, ainsi que sa famille et ses Compagnons qui se sont [fermement] attachés à sa Tradition (Sunnah) et n'ont agréé aucune alternative à celle-ci, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ô vous les hommes, craignez Allah et sachez qu’Il a prescrit la patience lors des malheurs et a promis à ceux qui patientent une abondante rétribution. Il a interdit l'emportement et l'affliction excessive, et a menacé pour cela d'un douloureux châtiment. Ainsi donc, Il a interdit la coutume des communautés qui ne croient pas en la Résurrection et au Rassemblement, à savoir : se griffer les joues, déchirer ses vêtements, se raser la tête, élever la voix en se lamentant et en gémissant, et les corollaires de cela.
Quant aux pleurs silencieux et à la tristesse du cœur, il n'y a pas de mal en cela. En effet, le Prophète ﷺ a dit : « L’œil pleure, le cœur s’attriste, mais nous ne disons que ce qui agrée le Seigneur. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1303) et Muslim (n°2315).
Il est recommandé de présenter ses condoléances à la personne endeuillée et de l'inciter à la patience et à l'espérance en la récompense divine.
Et l'expression des condoléances est de dire : « Qu'Allah immensifie ta récompense, qu'Il t'accorde une belle consolation et qu'Il pardonne à ton mort. »
Il ne convient pas de s'asseoir pour les condoléances, ni d'annoncer un lieu pour ce faire.
L'imam Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Faisait partie de sa guidée ﷺ de présenter ses condoléances à la famille du défunt, mais il n'était pas de sa guidée de se regrouper pour les condoléances et de réciter le Coran pour lui, ni près de sa tombe, ni ailleurs. Tout ceci est une innovation récente et réprouvée.
Faisait [aussi] partie de sa guidée : la quiétude et la satisfaction dans le Décret d'Allah, la louange à Allah, et le fait de revenir à Lui (Al Istirjâ').
Il se désavouait de quiconque, à cause d'un malheur, déchirait ses vêtements, ou élèvait la voix par des lamentations et des gémissements, ou se rasait les cheveux.
Faisait [également] partie de sa guidée que les proches du défunt ne soient pas tenus de préparer de la nourriture pour les gens ; plutôt, il a ordonné que les gens leur préparent de la nourriture et la leur envoient. Ceci fait partie des plus immenses nobles caractères et des meilleures vertus, et ça constitue un allègement pour les proches du défunt, car ils sont absorbés par leur malheur et ne peuvent s'occuper de nourrir les gens.
Faisait [encore] partie de sa guidée ﷺ de s’abstenir d’annoncer un décès ; plutôt, il l’interdisait en disant qu’il s’agissait d’une pratique de la période du paganisme préislamique (Al Jâhiliyyah).
Hudhayfah (qu'Allah l'agrée) a réprouvé que sa famille informe les gens lorsqu'il mourrait et il a dit : « Je crains que cela ne soit une annonce de la mort. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°986) qui l'a déclaré bon. Zâd Al Ma'âd (1/508).
Ce contre quoi Ibn Al Qayyim a mis en garde, beaucoup de gens l'accomplissent aujourd'hui ; ils se regroupent pour les condoléances et en annoncent le lieu dans les journaux.
Certains d'entre eux aménagent un lieu de rassemblement, préparent de la nourriture et engagent des récitateurs.
Et d'après Jarîr ibn 'AbdaLlah (qu'Allah les agrée tous les deux) : « Nous considérions le rassemblement chez la famille du défunt et la préparation du repas après l'enterrement comme faisant partie des lamentations. » Rapporté par Ibn Mâjah (n°1612) et authentifié par Al Bûsayrî.
Il ne convient donc pas que la personne endeuillée s'installe en un lieu précis pour recevoir les condoléances. Elle vaquera plutôt à ses occupations, comme elle en avait l'habitude avant ce malheur, et quiconque la rencontre lui présentera les condoléances prescrites, que ce soit sur son chemin ou en tout autre lieu.
Dans certaines régions, on mentionne que les gens viennent de loin et de près dans le but de présenter leurs condoléances. Ils apportent avec eux des moutons et des sacs de nourriture qui sont rassemblés chez la famille endeuillée. Une partie des moutons est alors égorgée et cuisinée avec la nourriture apportée, pour être ensuite servie aux gens pendant un certain nombre de jours.
Et cette oeuvre est une innovation et un acte blâmable dont l'accomplissement n'est pas permis ; c'est aussi une dépense des biens et du temps sans aucune utilité.
L'obligation est d'agir selon la Tradition (As-Sunnah) du Messager d'Allah ﷺ en cette matière comme en d'autres.
En effet, le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad ﷺ et les pires affaires sont celles nouvelles.
***
Titre du sermon
L'acquittement de l'aumône légale
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, Celui qui nous a comblés de la religion de l'Islam. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Souverain, l'Omniscient. Et j'atteste que notre Prophète Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le maître des créatures. Ô Allah ! Couvre-le d'éloges, préserve-le et bénis-le, ainsi que sa famille et ses nobles Compagnons.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Ô musulmans ! Je vous enjoins, ainsi qu'à moi-même, la crainte d'Allah (Élevé soit-Il) et la piété. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! 70 Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. 71 [Les Coalisés, 33 : 70-71].
Ô Musulmans ! Il s'agit d'une immense obligation, d'un pilier parmi les piliers de l'Islam et de l'un de ses plus grands fondements. Par elle, les calamités sont repoussées et les bienfaits sont attirés. Elle est une preuve évidente de la véracité de la foi, et une cause de croissance, de bénédiction et de non-diminution. C'est l'aumône légale, l'associée de la prière. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Observez la prière, acquittez-vous de l’aumône...} D'après Ibn 'Umar (qu'Allah les agrée tous les deux) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « L'Islam a été bâti sur cinq piliers : l'attestation qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de l'aumône légale, le pèlerinage et le jeûne de Ramadan. » Al Bukhârî et Muslim.
L'aumône légale est l'une des plus importantes causes de la réussite en ce bas monde et dans l'au-delà. Il (Élevé soit-Il) a dit : {Bienheureux sont les croyants, en vérité, 1 qui prient avec recueillement et humilité, 2 se détournent dignement de toute futilité, 3 s’acquittent de l’aumône légale par charité, 4 [Les Croyants, 23 : 1 à 4].
L'aumone légale (Az-Zakât) est l'une des plus grandes causes d'entrée au Paradis ; en effet, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) : Un bédouin vint demander au Messager d'Allah ﷺ : « Ô Messager d’Allah ! Indique-moi une œuvre dont la pratique me permettra d’entrer au Paradis ! » Le Prophète ﷺ lui répondit : « Adore Allah sans rien Lui associer, accomplis les prières prescrites, acquitte-toi de l’aumône obligatoire et jeûne le mois de Ramadan. » Le bédouin s’exclama : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Je n’ajouterai jamais rien à cela, ni n’en diminuerai ! » Lorsqu’il s’en alla, le Prophète ﷺ dit : « Que celui qui souhaite voir un homme du Paradis, regarde celui-là ! » Unanimement reconnu authentique [C'est-à-dire : Rapporté par : Al Bukhârî et Muslim].
Elle est, pour celui qui la donne, une purification de ses péchés et désobéissances, une élévation pour lui dans ce monde et dans l'au-delà, une purification de son argent, et une cause de son augmentation et de sa bénédiction. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Prélève sur leurs biens une aumône propre à les purifier de leurs péchés et à les rendre plus vertueux, et prie pour eux, car tes prières leur apporteront quiétude et sérénité. Allah entend tout et sait tout. 103 } [Le Repentir, 9 : 103].
L'aumône légale est un moyen de protéger les sociétés de la corruption et des crimes engendrés par la pauvreté et le besoin ; elle consolide également les fondements de l'amour, de l'affection et de l'entente entre les membres de la société musulmane, laquelle est à l'image d'un édifice dont les parties se soutiennent les unes les autres.
Ô Musulmans : Tout bien dont l'aumône légale n'est pas acquitté est un trésor thésaurisé ; sa bénédiction en est retirée, son bien et sa récompense en sont privés, et il devient un fléau pour son détenteur ici-bas et dans l'au-delà. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Le Jour où ces métaux seront portés à incandescence dans le feu de la Géhenne, puis appliqués encore brûlants sur leurs fronts, leurs flancs et leurs dos, il leur sera dit : « Voici les trésors que vous avez amassés pour vous-mêmes. Goûtez donc le châtiment pour prix de ces richesses que vous n’avez cessé d’amasser ! » 35 } [Le Repentir, 9 : 35].
D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque à qui Allah a donné des biens et ne s’acquitte pas de l’aumône légale, alors au Jour de la Résurrection, on représentera son bien sous la forme d’un serpent mâle venimeux — ayant deux points noirs au-dessus de ses yeux — qui s’enroulera autour de son cou, ensuite le saisira par les deux côtés de sa bouche (c’est-à-dire : ses deux mâchoires), puis dira : « Je suis ton argent, je suis ton trésor ! » Ensuite, il récita : {Que ceux qui gardent avec avarice ce qu’Allah leur a donné par Sa grâce ne pensent pas que cela soit un bien pour eux. Au contraire, c’est un mal pour eux. Ce qu’ils auront gardé avec avarice leur sera attaché autour du cou au Jour de la Résurrection. Et à Allah appartient l’héritage des cieux et de la terre. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.}. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1403).
Le Prophète ﷺ a dit : « Malheur à l'adorateur du dinar ! Malheur à l'adorateur du dirham ! Malheur à l'adorateur des beaux pâturages ! Malheur à l'adorateur des beaux vêtements ! Si on lui donne, il est satisfait, et si on ne lui donne pas, il est courroucé. Malheur à lui et qu'il soit détruit ! Et s'il s'enfonce une épine, qu'il ne puisse l'ôter ! » Rapporté par Al Bukhârî (n°2887). Et dans le hadith aussi : « Chaque matin et chaque soir, deux Anges proclament : « Ô Allah ! Donne et accorde une compensation à chaque personne charitable et ruine chaque personne avare ! » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Ô serviteurs d'Allah ! Il nous est obligatoire d'apprendre les jugements de l'aumône légale, ses conditions, ses catégories, ceux qui la méritent et la manière de s'en acquitter. Et elle est aisée, et louange à Allah.
L'aumône légale est le troisième pilier parmi les piliers de l'Islam. Elle est obligatoire sur l'or et l'argent, ainsi que sur ce qui y est assimilé comme les devises monétaires que les gens ont établies comme monnaie d'échange et valeur. Elle est également obligatoire sur ce qui sort de la terre, comme toute graine et tout fruit qui se mesure et se conserve. De même, elle est obligatoire sur les bêtes de cheptel et les marchandises, qui représentent tout ce qui est destiné à la vente et au profit, quel qu'en soit le type, qu'il s'agisse de biens immobiliers tels que les terrains et les demeures, d'actions ou autres. Lorsque l'année est révolue sur ces marchandises, elles sont évaluées à leur valeur marchande et leur propriétaire doit en acquitter l’aumône légale à hauteur d’un quart du dixième de leur valeur. Quant à celui qui possède un bien immobilier destiné à la location et non à la vente et au commerce, l'aumône légale s'applique sur le loyer du bien si une année est révolue sur celui-ci.
L'aumône légale est versée aux huit catégories de bénéficiaires qu'Allah (Élevé soit-Il) a mentionnées dans Sa parole : {L’aumône légale est réservée aux pauvres, aux nécessiteux, à ceux chargés de la collecter, à ceux dont les cœurs sont à gagner, à l’affranchissement des esclaves et au rachat des captifs, aux musulmans incapables de rembourser leurs dettes, à ceux qui luttent pour la cause d’Allah et aux voyageurs démunis. Voilà ce qu’Allah, Omniscient et infiniment Sage, vous impose. 60 } [Le Repentir, 9 : 60].
Ô Allah ! Nous Te demandons de faire le bien, de délaisser les actes répréhensibles et d’aimer les pauvres ! Et si Tu veux soumettre Tes serviteurs à la tentation, alors fais-nous mourir en nous épargnant cette épreuve, ô Seigneur des Mondes.
Je dis ces paroles, et j’implore le pardon d’Allah pour moi et pour vous de tout péché ; certes, Il est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance, le remerciement Lui revient pour Sa réussite accordée et Sa faveur octroyée. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, en exaltation de Sa Majesté, et j'atteste que notre Prophète Muhammad est Son serviteur et Son Messager, celui qui appelle à Son agrément. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères, et les salue abondamment.
Texte du second sermon :
Ensuite, ô Musulmans : il nous incombe d'apprendre les règles de l'aumône légale (Az-Zakât) et des aumônes surérogatoires, leurs bénéficiaires, et la manière de s'en acquitter, et de nous caractériser par la bienfaisance et la générosité, en versant les aumônes et la Zakât à ceux qui la méritent, et de nous enquérir des nécessiteux qui nous entourent, parmi les proches, les voisins et les autres, et de nous charger de verser la Zakât par nous-mêmes – ce qui est préférable – ou par l'intermédiaire des organismes autorisés à collecter la Zakât et les dons, et de nous garder du laxisme en la versant à ceux qui ne la méritent pas, ou à des personnes ou des organismes inconnus.
Serviteurs d'Allah : {...Accomplissez la prière, acquittez-vous de l’aumône et faites à Allah un prêt sincère. Et sachez que, quelque bien que vous accomplissiez sur terre en vue de votre salut, vous le retrouverez démultiplié auprès de votre Seigneur. Implorez le pardon d’Allah qui, en vérité, est Très Clément et Très Miséricordieux.} [L'Enveloppé, 73 : 20].
Ô serviteurs d'Allah ! Souvenez-vous Allah, le Très-Haut, l'Immense, Il se souviendra de vous ; soyez reconnaissants envers Lui pour Ses bienfaits, Il vous ajoutera [de Ses bienfaits]. Et le rappel d'Allah est plus grand que tout, et Allah sait ce que vous faites.
***
Titre du sermon
La position de l'aumône légale en Islam
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange appartient à Allah. Nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, nul ne peut l'égarer et quiconque Il égare, nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n'y a de divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille, ses Compagnons, et quiconque les suit en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
{Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille de 'Imrân, 3 : 102]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! 70 Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. 71 } [Les Coalisés, 33 : 70-71].
Ô Musulmans :
Sachez, qu'Allah vous fasse miséricorde, qu'Il (Magnifié et Élevé soit-Il) a imposé l'aumône légale sur les biens des riches parmi les musulmans ; et en raison de son statut éminent, Allah (Élevé soit-Il) l'a associée à la prière dans le Noble Coran à vingt-sept reprises, et Il (Glorifié et Élevé soit-Il) l'a mentionnée séparément de la prière en trois passages. Ce qui fait donc trente fois qu'Allah (Élevé soit-Il) l'a mentionnée dans Son Livre Glorieux.
L'aumône légale (Az-Zakât) est mentionnée sous le terme d'aumône, et les aumônes sont citées dans plusieurs passages du Livre d'Allah (Élevé soit-Il) comme dans Sa parole (Glorifié soit-Il) : {Prélève sur leurs biens une aumône propre à les purifier de leurs péchés et à les rendre plus vertueux...} [Le Repentir, 9 : 103].
Et Sa Parole (Élevé soit-Il) : {L’aumône légale est réservée aux pauvres, aux nécessiteux...} [Le Repentir, 9 : 60]. L'aumône légale est le troisième pilier de l'Islam et il fait partie de ses plus immenses piliers fondamentaux conformément à la parole du Prophète ﷺ : « L'Islam a été bâti sur cinq piliers : l'attestation qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de l'aumône légale, le jeûne de Ramadan et le pèlerinage à la Maison [Sacrée]. » Unanimement reconnu authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Étant donné l'immense statut de l'aumône légale, la Tradition du Prophète ﷺ est venue en détailler les jugements. En effet, des hadiths authentiques ont été rapportés sur l'importance accordée à l'aumône légale, ordonnant de s'en acquitter, clarifiant son caractère obligatoire, et spécifiant les catégories de biens qui y sont soumis : les bêtes de cheptel, les produits de la terre, l'or et l'argent, ainsi que les marchandises de commerce. La Sunna a également explicité les seuils imposables (An-Nusub) et leurs montants, clarifié de manière évidente les jugements de l'aumône légale, et détaillé les huit catégories de ses bénéficiaires. Ainsi, plus de cent dix hadiths sur l'aumône légale ont été rapportés dans la Sunna.
Et, en raison de son immense statut, Allah a complimenté ceux qui s'en acquittent et s'en chargen dans de nombreux versets : {Mentionne dans le Livre Ismaël qui se montrait toujours fidèle à ses engagements et fut un prophète et un Messager. 54 Il exhortait les siens à accomplir la prière et à faire la charité, et était en grâce auprès de son Seigneur. 55 } [Marie, 19 : 54-55].
Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Des hommes que ni négoce, ni transaction ne saurait détourner de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la prière et du versement de l’aumône...} [La Lumière, 24 : 37].
Il a critiqué ceux qui la négligent et celui qui ne nourrit pas les pauvres ; et, en raison de son importance, Allah l’a prescrite de façon absolue à La Mecque, puis, la deuxième année de l’Hégire, Il a instauré l’aumône légale avec ses seuils et montants fixés. La preuve de son importance est que le dirigeant des musulmans combat celui qui refuse de s’en acquitter. Il ﷺ a dit : « Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah, qu’ils accomplissent la prière et qu’ils s'acquittent de l’aumône légale. S’ils font cela, alors leur sang et leurs biens seront préservés de moi, excepté à juste raison. Et leur jugement appartient à Allah. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Et au sujet de ceux qui refusèrent de s'acquitter de l'aumône légale, Abû Bakr (qu'Allah l'agrée) a dit : « Par Allah ! S'ils m'avaient refusé ne serait-ce qu'une entrave qu'ils payaient au Messager d'Allah ﷺ, vraiment je les aurais combattus pour ce refus. »
Et dans une version : « Par Allah ! S'ils m'avaient refusé ne serait-ce qu'une chevrette... » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim. Et ce qui confirme l'immense position de l'aumône légale, c'est que quiconque renie son caractère obligatoire a mécru ; et en raison de son immense importance et de sa position, des textes issus du Livre et de la Tradition ont été rapportés pour expliquer la punition de celui qui la délaisse, comme dans Sa parole (Élevé soit-Il) : {À ceux qui amassent l’or et l’argent, sans en consacrer une partie à la cause d’Allah, tu peux dès à présent annoncer un douloureux châtiment. 34 Le Jour où ces métaux seront portés à incandescence dans le feu de la Géhenne, puis appliqués encore brûlants sur leurs fronts, leurs flancs et leurs dos, il leur sera dit : « Voici les trésors que vous avez amassés pour vous-mêmes. Goûtez donc le châtiment pour prix de ces richesses que vous n’avez cessé d’amasser ! » 35 } [Le Repentir, 9 : 34-35].
Le Prophète ﷺ a dit : « Nul détenteur d’or ou d’argent ne s’acquitte de ce qu'il doit les concernant sinon au Jour de Résurrection, on façonnera pour lui des plaques de feu chauffées à blanc dans le Feu de la Géhenne. Ces plaques cautériseront son flanc, son front et son dos. Chaque fois qu’elles refroidiront, on les replongera dans le Feu avant de les appliquer de nouveau sur lui, et ce durant un jour dont la durée équivaut cinquante mille ans, jusqu’à ce que le jugement soit rendu entre les serviteurs. Alors, il verra sa destinée : soit vers le Paradis ou soit vers l'Enfer. Ensuite, il mentionna les camélidés, les ovins et les bovins. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Et il ﷺ a dit : « Quiconque a reçu de la part d’Allah des biens et ne s’acquitte pas de l'aumône légale, alors au Jour de la Résurection il verra ceux-ci lui être représentés sous la forme d’un serpent vénimeux, portant deux taches noires au-dessus des yeux qui s'enroulera autour de lui en ce jour. Il le saisira par les deux côtés de la bouche – c’est-à-dire : les mâchoires – et il dira : « Je suis ton argent, je suis ton trésor. » Ensuite, il récita : {Que ceux qui se montrent avares des faveurs qu’Allah leur a accordées ne croient surtout pas que cela leur soit profitable. Au contraire, cela leur sera préjudiciable. Le Jour de la résurrection, les biens dont ils se seront montrés avares leur seront attachés autour du cou. C’est à Allah, qui est parfaitement informé de vos agissements, que reviendra alors l’héritage des cieux et de la terre. 180 } [La Famille d'Imrân, 3 : 180]. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1403).
L'éminence de son statut est telle que le dirigeant [littéralement : l'Imam] des musulmans inflige une sanction corrective à quiconqie néglige de s'acquitter de la Zakât.
Quant aux bénéfices de l'aumône légale, ils sont très nombreux. Parmi eux : l'Islam du serviteur ne se parachève que par son acquittement ; elle permet d'exécuter l'ordre d'Allah dans l'espoir de Sa récompense et par crainte de Son châtiment ; elle consolide les liens d'amitié entre le riche et le pauvre ; elle purifie l'âme et l'élève ; elle habitue le musulman à la générosité ; elle préserve l'âme de l'avarice et attire la bénédiction. {...Tout don que vous ferez par charité vous sera remplacé par votre Seigneur, le plus généreux des pourvoyeurs.} [Sabâ', 34 : 39].
Et le Prophète ﷺ a dit : « Une aumône ne diminue en rien une richesse, Allah n'ajoute que plus de dignité à un serviteur qui pardonne et nul ne se montre humble pour Allah sans qu'Allah n'élève son rang. » Rapporté par Muslim (n°2588).
Et dans le hadith divin (Hadith Qudsî), Allah (Élevé soit-Il) a dit : « Dépense, ô Fils d'Adam ! Je dépenserai pour toi. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Elle est une preuve claire de la véracité de l’islam pour celui qui s’en acquitte, elle apporte sérénité au musulman, l’élève au rang de croyant accompli, fait partie des causes d’accès au Paradis et protège de la chaleur du Jour de la Résurrection, comme l’a affirmé le Prophète ﷺ : « Toute personne sera à l'ombre de son aumône jusqu'à ce que l'on juge entre les gens. » Rapporté par Ahmad (n°17333), Ibn Khuzaymah (n°2431) et Ibn Hibbân (n°3310). Et Al Albânî l'a authentifié.
et fait de la société une seule et même famille, et une cause de la descente des bienfaits et du repoussement des punitions ; conformément au hadith de ‘AbduLlah ibn ‘Amrû (qu'Allah les agrée tous les deux) rapporté du Prophète ﷺ dans lequel il est dit : « Et ils n'ont pas refusé de s'acquitter de l'aumône sur leurs biens, sans qu'ils aient été privés des gouttes du ciel ; et si ce n'était les bêtes de somme, alors ils n'auraient pas eu de pluie... » Rapporté par Ibn Mâjah (n°4019), par At-Tabarânî dans Al-Awsat (n°4671) et par Al Hâkim (n°8623). Et authentifié par Al Albânî.
Elle éteint les fautes et les expie. Le Prophète ﷺ a dit : «... Et l'aumône éteint les fautes comme l'eau éteint le feu. » Rapporté par Tirmidhî (n°2616) ; Ibn Mâjah (n°3973) ; Nassâ'î dans : Al Kubrâ (n°11330) ; et Ahmad (n°22069). Et Al Albânî l'a authentifié. Elle protège son détenteur du châtiment, purifie les biens et l’âme, et préserve les possessions de toute corruption. S’en acquitter favorise la miséricorde et le secours, et représente l’une des plus nobles formes de bienfaisance.
Serviteurs d'Allah :
Acquittez-vous de l'aumône légale sur vos biens ; en effet, cela fait partie des causes de votre salut et de votre bonheur en ce bas monde et dans l'au-delà.
Qu'Allah nous bénisse, moi et vous, par le Coran Glorieux, et qu'Il nous fasse bénéficier des versets et du sage rappel qu'il contient. Je dis ces paroles-ci et je demande pardon à Allah pour moi, pour vous et pour l'ensemble des croyants. Implorez donc Son pardon. Certes, Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Seigneur des mondes, et la bonne fin appartient aux pieux, et il n'y a d'hostilité que contre les injustes. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, l'Accueillant au repentir, le Pardonneur, le Très Miséricordieux, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière et la paix soient sur lui, sa famille, ses Compagnons, et ceux qui les suivent en toute vertu jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
« Le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad et les pires affaires sont celles nouvelles. Et toute chose nouvelle est une innovation, toute innovation est un égarement et tout égarement est dans le Feu. »
Serviteurs d’Allah : Allah a rendu obligatoire l’aumône légale sur vos biens, comme purification de vos biens et de vos âmes, ainsi qu’une bénédiction pour ce que vous possédez. Il vous a donné en abondance, vous a demandé d’en donner une petite part, et vous a promis compensation et bénédiction. L’aumône légale est obligatoire pour tout musulman libre qui possède le montant minimal requis (An-Nisâb) en pleine propriété depuis une année complète. Les biens soumis à l’aumône légale se répartissent en quatre catégories :
La première catégorie : Les bêtes qui pâturent parmi les troupeaux de bestiaux :
Pour les camélidés, le « Nisâb » minimal est de cinq, ce qui implique de donner une brebis. Pour les bovins, le « Nisâb » minimal est de trente, nécessitant de donner un veau ou une génisse d’un an. Pour les ovins, le « Nisâb » minimal est de quarante, impliquant également de donner une brebis. Un musulman qui posséde ce type de biens doit consulter les gens de science à ce sujet.
La deuxième catégorie : Elle concerne la Zakât sur les produits de la terre, comme les grains et les fruits. Le seuil minimum est fixé à cinq « Awsuq », soit trois cents « Ṣâ’ » selon la mesure du Prophète ﷺ. Le taux est de la moitié du dixième si l’irrigation se fait à l’aide de norias, de machines ou d’autres dispositifs similaires, et d’un dixième complet lorsque l’eau provient de la pluie ou des sources. Quiconque possède ce type de biens doit consulter les gens de science.
La troisième catégorie : Elle concerne l'or et l'argent, ainsi que les billets de banque, comme : les riyals, les dirhams, les dollars, les lires et autres types de billets de banque. Si la valeur de ces billets atteint le seuil imposable de l'or ou de l'argent et que l'année lunaire s'est écoulée, il devient alors obligatoire de verser l'impôt légal purificateur (Az-Zakâh) les concernant. Le seuil imposable de l'or est de vingt mithqals, ce qui équivaut à quatre-vingt-douze grammes. Quant à l'argent, son seuil imposable est de deux cents dirhams, équivalant à cent quarante mithqals, et son seuil en grammes est d'environ six cent quarante-quatre grammes. Si la valeur des billets de banque ou des pièces de monnaie atteint le seuil imposable de l'or ou de l'argent, alors la Zakâh est due ; en effet, leur jugement est identique à celui de l'or et de l'argent. Le montant obligatoire sur l'or et l'argent est le quart du dixième, c'est-à-dire : deux et demi pour cent, et vingt-cinq pour mille, et ainsi de suite.
La quatrième catégorie de biens : Elle concerne les marchandises commerciales, c’est-à-dire : tout ce qui est destiné à la vente ou à l’achat dans un but lucratif, comme les biens immobiliers, les animaux, la nourriture ou les outils. Un quart de dixième doit être prélevé sur ces marchandises après une année écoulée. Elles sont évaluées en monnaie, et la Zakât est due sur leur valeur si celle-ci atteint le Nisab, calculé selon la valeur de l’or et de l’argent. Cette évaluation se fait à la fin de chaque année.
Et sachez, ô serviteurs d'Allah, que l'aumône légale (Az-Zakâh) est un droit d'Allah (Élevé soit-Il), et qu'il n'est pas permis de la donner à ceux qui ne la méritent pas, ni de chercher à en tirer un avantage personnel ou de repousser un mal, ni de protéger ses biens ou de se soustraire à une critique par son biais ; il faut plutôt s'en acquitter envers ses ayants droit, en recherchant l'agrément d'Allah et Sa rétribution.
Voilà donc, et priez sur la meilleure des créatures d'Allah : Muhammad ibn 'AbdaLlah.
***
Titre du sermon
Le jeûne [du mois] de Ramadân
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, le Noble, le Généreux Donateur ; Il a gratifié Ses serviteurs de l'Islam, de la foi et de l'excellence, et leur a légiféré le jeûne, les prières nocturnes et la lecture du Coran. Nous Le louons de la louange des reconnaissants, et nous implorons Son pardon comme le font les repentants. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; Il a distingué cette communauté par le mois de Ramadan, y a fait descendre le Coran, et en a fait un champ de course et un marché pour l'accomplissement des bonnes œuvres, la diversification des actes d'obéissance et l'acquisition des bonnes actions. Et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager ; il se réjouissait de l'arrivée du Ramadan et en annonçait la bonne nouvelle à ses Compagnons. Que la prière, la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui, sur sa famille, ses Compagnons et ceux qui les suivent avec bienfaisance jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du premier sermon
Craignez Allah (Élevé soit-Il) et obéissez-Lui, et accueillez le noble mois par le renouvellement du repentir, la purification des cœurs, la préparation des âmes, et la ferme résolution de tirer bénéfice de Ramadan en multipliant les actes d'obéissance, en évitant les interdits, en préservant les membres, en protégeant le jeûne, et en excellant dans la récitation et les prières nocturnes. Car ce ne sont que des jours comptés qui s'achèveront ; sera alors heureux grâce à Ramadan celui qui en tire profit, et malheureux celui qui y est perdant. Montrez donc à Allah le meilleur de vous-mêmes. {Vous qui croyez ! Le jeûne vous est prescrit - de même qu’il fut prescrit aux nations qui vous ont précédés - afin de vous préserver du péché. 183 } [La Vache, 2 : 183].
Ô musulmans : aucun serviteur n’adore Allah (Élevé soit-Il) sans souhaiter que son oeuvre soit acceptée, que son effort soit reconnu et qu’il reçoive la récompense la plus conséquente. Ainsi, quiconque veut l'acceptation de n'importe laquelle de ses œuvres — que ce soit le jeûne et la prière nocturne — alors qu'il garde bien à l'esprit six affaires essentielles et s’efforce de les obtenir :
La première : La sincérité pour Allah (Élevé soit-Il) dans le jeûne, la prière nocturne, et l'ensemble des œuvres ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Un livre leur ordonnant simplement d’adorer Allah en Lui vouant un culte exclusif et sincère...} Et le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque jeûne [durant le mois de] Ramadan avec foi et dans l’espoir d’obtenir la récompense divine ses péchés passés lui seront pardonnés, et quiconque passe la Nuit du Destin en prière avec foi et dans l'espoir d'obtenir la récompense divine ses péchés passés lui seront aussi pardonnés. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée)].
La deuxième : La sincérité pour Allah (Élevé soit-Il) dans son jeûne et le reste de ses œuvres ; en raison de la parole du Prophète ﷺ : « La religion, c’est la sincérité ; la religion, c’est la sincérité ; la religion, c’est la sincérité. Ils demandèrent : Envers qui, ô Messager d’Allah ? Il répondit : Envers Allah, Son Livre, Son Prophète, les imams des croyants et les croyants en général. » Rapporté par Muslim (n°55) et Ahmad (n°16945) dont c'est l'expression.
Parmi le conseil sincère pour Allah (Élevé soit-Il) figure le fait de parfaire chaque oeuvre accompli pour Lui. Ainsi, lorsqu’on jeûne, on préserve son jeûne de tout ce qui pourrait l’annuler ou le ternir ; lorsqu'on prie, ou on invoque, ou on lit le Coran, ou on évoque Allah (Élevé soit-Il), alors on le fait avec méditation et recueillement ; et lorsqu’on donne l’aumône, ou on nourrit, ou on dépense, alors on offre ce que l’on aime le plus parmi ses biens, tout en évitant de rappeler son geste, de nuire, ou de tomber dans l’ostentation et la vanité. {Vous n’atteindrez la piété que lorsque vous offrirez par charité les biens qui vous sont les plus chers...} Et ainsi, dans chaque œuvre que la personne ccomplit, il doit garder à l'esprit la sincérité pour Allah (Élevé soit-Il) et s'efforcer de la perfectionner.
La troisième : Le suivi du Prophète ﷺ dans son jeûne, sa prière nocturne, son aumône, sa 'Umrah et l'ensemble de ses oeuvres ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Dis : « Si vous aimez véritablement Allah, suivez-moi ! Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Allah est Très Clément et Très Miséricordieux. » 31 } [La Famille d'Imrân, 3 : 31]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Vous avez un bel exemple à suivre dans le Messager d’Allah, exemple édifiant pour quiconque espère la récompense d’Allah ici-bas et dans l’au-delà, et invoque fréquemment Son nom. 21 } [Les Coalisés, 33 : 21]. Et il ﷺ a dit : « Attachez-vous à ma Tradition. » Rapporté par Abû Dâwûd (n°2676) et Ahmad (n°17144). Et authentifié par Al Albânî.
Il recherche la Tradition (As-Sunnah) du Prophète ﷺ dans son jeûne et ses oeuvres, questionne à son sujet et l'apprend pour les mettre en pratique.
La quatrième : Se sentir surveillé par Allah (Élevé soit-Il) ; ainsi, il jeûne en sachant qu’Allah (Élevé soit-Il) le surveille et il accomplit ce qu'il accomplit comme œuvres vertueuses durant [le mois de] Ramadan en se sentant surveillé par Allah (Glorifié soit-Il) dans tout ce qu’il accomplit ou délaisse ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...Allah vous surveille en permanence.} Et il ﷺ a dit : « La bienfaisance consiste à ce que tu adores Allah comme si tu Le voyais ; en effet, si tu ne Le vois pas, alors Lui te voit. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
La cinquième : Avoir à l'esprit la faveur d'Allah (Élevé soit-Il) sur soi dans ce que l'on accomplit ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Allah a certainement comblé les croyants de Ses faveurs en suscitant l’un des leurs comme Messager chargé de leur réciter Ses versets, de purifier leurs cœurs et de leur enseigner le Livre et la Sagesse, eux qui étaient auparavant manifestement égarés. 164 } [La Famille d'Imrân, 3 : 164]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Ils te rappellent leur adhésion à l’islam comme si c’était une faveur de leur part. Dis : « Ne me rappelez pas votre adhésion à l’islam, si vous êtes sincères dans votre foi. Votre conversion est au contraire une faveur d’Allah qui vous a fait la grâce de vous guider vers la foi. » 17 } [Les Appartements, 49 : 17]. Ainsi donc, Allah (Élevé soit-Il) est Celui qui a guidé le serviteur vers la foi et les oeuvres qui en découlent, comme : la prière, l’aumône légale, le jeûne, le pèlerinage et le reste des œuvres. Sans Lui (Glorifié soit-Il), certainement il se serait égaré, comme la plupart des hommes se sont égarés. Le Prophète ﷺ a dit : « Par Allah ! Si ce n'était Allah, nous n'aurions pas été guidés, ni donné l'aumône, ni prié… » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Allah (Élevé soit-Il) est Celui qui a enseigné au serviteur l'obligation du jeûne et ses règles, ainsi que l'ensemble des lois et des actes d'adoration. Sans l'enseignement d'Allah (Élevé soit-Il), il n'aurait pas su comment L'adorer (Élevé soit-Il) : {...Souvenez-vous d’Allah, rendant ainsi grâce au Seigneur de vous avoir enseigné ce que vous ignoriez. 239 } [La Vache, 2 : 239].
Et de même, le fait de se remémorer la faveur d'Allah (Élevé soit-Il) envers les serviteurs concernant ce qu'Il a fait découler du jeûne et de l'ensemble des obligations et des œuvres vertueuses en termes de récompense et de rétribution ; comme dans le Hadith Qudsi : « Le jeûne M'appartient et c’est Moi qui en rétribue [le jeûneur]. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après le hadith d'Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée)]. En effet, Allah (Élevé soit-Il) a guidé le serviteur vers la foi et le jeûne, lui a appris les préceptes et les lois, et l’a aidé à les suivre et à les appliquer. Puis, c’est Lui (Glorifié soit-Il) qui lui accorde la plus grande des récompenses pour cela. Ainsi, toute la grâce et la faveur reviennent à Allah (Élevé soit-Il).
La sixième : La conscience qu’a le serviteur de sa propre défaillance dans chaque œuvre qu’il accomplit ; car il connaît la grandeur d’Allah (Élevé soit-Il) et sait que, quelles que soient les œuvres pieuses qu’il puisse accomplir, elles ne sauraient jamais égaler la grandeur de son Seigneur (Glorifié soit-Il). Bien plus, chaque œuvre pieuse accomplie par le serviteur n’égale pas un seul des bienfaits dont Allah (Élevé soit-Il) l’a comblé. Comment en serait-il autrement, alors que les œuvres pieuses elles-mêmes sont un bienfait d’Allah (Élevé soit-Il) envers Son serviteur, puisqu’Il lui a accordé la réussite de les accomplir, et que sans Lui glorifié soit-Il – il n’aurait accompli aucune œuvre pieuse. Ainsi, lorsque le serviteur prend conscience de sa défaillance dans ce qui est dû à Allah (Élevé soit-Il), en raison de Sa grandeur (Glorifié soit-Il) et des bienfaits dont Il (Exalté et Magnifié soit-Il) l'a comblé, son œuvre lui paraît insignifiante et il ne la considère pas comme immense, ce qui le pousse à en faire davantage et non moins. Il garde alors une bonne pensée de son Seigneur (Glorifié soit-Il), et une mauvaise opinion de lui-même et de son œuvre, se préoccupe de son acceptation et craint son rejet.
Nous demandons à Allah (Élevé soit-Il) de nous faire atteindre Ramadan et de nous y accorder la réussite dans le jeûne, la prière nocturne et les œuvres vertueuses.
Je dis ces paroles-ci et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous de tout péché. Implorez donc Son pardon, certes Il est le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, d'une louange bonne, abondante et bénie comme notre Seigneur l'aime et l'agrée. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, le préserve et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons et quiconque suit leur voie jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du deuxième sermon
Ceci dit : Craignez donc Allah et obéissez-Lui, et rapprochez-vous de Lui par les œuvres vertueuses ; pour que vous les trouviez devant vous. {Celui qui, mû par la foi, accomplira de bonnes actions ne sera jamais privé de la récompense de ses œuvres que Nous consignons, au contraire, avec la plus grande précision. 94 } [Les Prophètes, 21 : 94].
Ô Musulmans :
Le croyant doit donc bien veiller à ces six affaires dans chaque oeuvre vertueuse qu’il accomplit et s’efforcer de les parfaire pour qu’elle soit acceptée. Il s’agit de : la sincérité dans l’oeuvre, la sincérité du conseil pour Allah (Élevé soit-Il), le suivi du Messager ﷺ, la présence de la vision de la bienfaisance (Al Ihsân), la vision de la faveur d’Allah (Élevé soit-Il) sur lui, et la vision de ses propres manquements.
Ramadân est à nos portes ; c'est un vaste champ pour les œuvres vertueuses, une immense opportunité pour le croyant, et il renferme de très nombreux mérites. D'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : « Le jeûne M'appartient et c’est Moi qui en rétribue [le jeûneur] ! Il délaisse son plaisir, sa nourriture et sa boisson en Ma faveur. Le jeûne est un rempart et le jeûneur a deux joies : une joie au moment où il rompt [son jeûne] et une joie au moment où il rencontrera son Seigneur. Et vraiment l'haleine qu'exhale la bouche du jeûneur est plus agréable auprès d'Allah que l'odeur du musc. » Rapporté par les deux Cheikhs [C'est-à-dire : Al Bukhârî et Muslim].
Il convient donc aux gens de la foi de se préparer au mois de Ramadân, de s'attacher au Coran et de multiplier les œuvres pieuses. Et de ne pas se laisser entraîner par ceux qui leur corrompent leur Ramadân dans les assemblées de divertissement, d'insouciance et de perdition, ou derrière les écrans qui diffusent les interdits et projettent les viles ambiguïtés et les passions ; car en effet, celui qui leur soumet sa personne, sa religion, son cœur et sa raison, aura subi une perte manifeste. Et quiconque leur soumet sa famille et ses enfants les a certes trompés et n'a pas préservé le dépôt d'Allah (Élevé soit-Il) à leur égard. Le Prophète ﷺ a dit : « Il n'est pas un serviteur à qui Allah confie la responsabilité d'un groupe, ensuite il meurt alors qu'il fait preuve de tricherie à l'égard de celui-ci, sans qu'Allah ne lui interdise le Paradis. » Rapporté par les deux Cheikhs [C'est-à-dire : Al Bukhârî et Muslim].
Craignez donc Allah, votre Seigneur, concernant vos personnes, vos familles et vos enfants. Soyez de bon conseil pour eux, inculquez-leur la grandeur [du mois] de Ramadân et guidez-les vers les œuvres vertueuses durant ce mois ; pour qu’ils soient pour vous une source de réjouissance.
Ô Allah ! Bénis pour nous Ramadan et accorde-nous-y la réussite dans la piété, la bonté et la bienfaisance.
Titre du sermon
L'accueil du mois de Ramadân
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, qui gratifie Ses serviteurs de saisons de voies du bien pour leur pardonner à travers cela leurs péchés, expier leurs mauvaises actions, multiplier par celles-ci leur rétribution et les élever en degrés. Je témoigne qu’il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah, Seul, sans associé, aux vastes dons et aux abondantes faveurs ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, la meilleure des créatures. Qu’Allah prie sur lui, sa famille, ses Compagnons et quiconque les suit en toute vertu. Et qu.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit : Ô vous les gens ! Craignez Allah votre Seigneur, adorez-Le, remerciez-Le pour ce qu’Il vous a accordé, et louez-Le. Reconnaissez Son bienfait sur vous à travers les saisons de bienfaits qui se renouvellent pour vous chaque année, afin que se renouvellent sur vous la faveur et les grâces d’Allah, et que vous raviviez votre zèle pour accomplir les œuvres vertueuses et éviter les péchés.
Serviteurs d'Allah : Un mois immense est venu à vous, une saison bénie dans laquelle les bonnes actions sont multipliées et les mauvaises actions rendues plus graves. C'est le mois de Ramadan dans lequel le Coran fut révélé. C'est le mois du jeûne et de la prière nocturne, le mois des aumônes, de la piété et de la bienfaisance ; un mois durant lequel Allah a favorisé cette communauté par cinq caractéristiques qui n'ont été accordées à aucune autre communauté :
La première caractéristique : L'haleine qu'exhale la bouche du jeûneur est plus agréable auprès d'Allah que l'odeur du musc.
La deuxième : Les Anges implorent le pardon d'Allah en faveur des jeûneurs jusqu'à ce qu'ils rompent leur jeûne.
La troisième : Chaque jour qui passe, Allah embellit son Paradis.
Le quatrième : Les diables rebelles sont entravés, de sorte qu'ils ne sont pas délivrés comme ils sont délivrés en dehors [de ce mois].
La cinquième : Allah pardonne à cette communauté lors de sa dernière nuit. C'est un mois lors duquel quiconque le jeûne avec foi et en espérant la récompense divine, ses péchés précédents lui seront pardonnés, et quiconque le veille [en prière] avec foi et en espérant la récompense divine, ses péchés précédents lui seront pardonnés. Un mois où les portes du Paradis sont ouvertes et où les portes des Feux sont fermées. Et, dans les Deux Recueils Authentiques, d'après le Prophète ﷺ, ce dernier a dit : « Tout oeuvre du fils d'Adam lui appartient, la bonne action est de dix à sept cent multiples. Allah (Élevé soit-Il) a dit : « Excepté le jeûne ; en effet, il est à Moi et c'est Moi qui le rétribue. Certes, le jeûneur a délaissé son désir, sa nourriture et sa boisson pour Moi. Le jeûneur a deux joies : une joie au moment où il rompt son jeûne, et une joie au moment où il rencontrera son Seigneur. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim]. Il se réjouit au moment de rompre son jeûne du fait d'avoir complété le jeûne du jour qu'Allah, par Sa grâce, lui a permis d'accomplir et pour lequel Il l'a renforcé, ainsi que de pouvoir prendre la nourriture et la boisson qu'Allah lui a rendues licites ; et il se réjouit lors de la rencontre avec son Seigneur pour la récompense du jeûne qu'il trouvera préservée pour lui auprès de son Seigneur.
Serviteurs d'Allah : Certes, le mois de Ramadan est un mois de gain et de profit, saisissez-le donc par l'adoration, la multiplication de la prière, la lecture du Coran, l'évocation d'Allah, le pardon envers les gens et la bienfaisance ; et faites disparaître l'hostilité, la haine et la rancune entre vous. Car les œuvres sont présentées à Allah le lundi et le jeudi : Il pardonne à celui qui demande pardon et Il accepte le repentir de celui qui se repent, et Il renvoie les rancuniers avec leur rancune jusqu'à ce qu'ils se repentent et se réconcilient. Multipliez durant le mois de Ramadan quatre pratiques : deux par lesquelles vous satisferez votre Seigneur, et deux dont vous ne pouvez vous passer. Quant aux deux par lesquelles vous satisferez votre Seigneur, ce sont : l'attestation qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah, et la demande de pardon. Et quant aux deux dont vous ne pouvez vous passer, ce sont : demander le Paradis à Allah et chercher refuge auprès de Lui contre l'Enfer. Veillez à invoquer au moment de rompre le jeûne, car il est rapporté dans le hadith que le jeûneur a, au moment de sa rupture, une invocation qui n'est pas rejetée.
Sachez que le jeûne n'a été légiféré que pour que l'être humain se pare de piété et qu'il préserve ses membres des interdits d'Allah. Il délaisse ainsi tout acte interdit comme la tricherie, la tromperie, l'injustice, la fraude dans les poids et mesures, le déni des droits, le regard interdit et l'écoute de chants interdits - car l'écoute de chants diminue la récompense du jeûneur - ainsi que toute parole interdite comme le mensonge, la médisance, le colportage des propos, l'injure et l'insulte. Et si quelqu'un l'injurie ou l'insulte, qu'il dise : « Je jeûne » sans lui répondre de la même manière. Ne faites donc pas, ô musulman, que votre jour de jeûne et votre jour où vous ne jeûnez pas soient semblables. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque ne délaisse pas la parole mensongère et l'oeuvre qui en découle ainsi que l’ignorance, alors Allah n’a nul besoin qu’il délaisse sa nourriture et sa boisson. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1903).
Faites jeûner vos enfants, garçons et filles, s'ils sont capables de jeûner, afin de les habituer à cela. En effet, les Compagnons (qu'Allah les agrée) faisaient jeûner leurs enfants dès leur jeune âge ; si l'enfant en venait parfois à pleurer de faim, ils lui donnaient un jouet pour le distraire jusqu'à la rupture du jeûne. La récompense du jeûne leur revient personnellement, mais les parents ou les tuteurs ont la récompense pour l'éducation et l'orientation.
Qu’aucun d’entre vous ne jeûne à titre surérogatoire un ou deux jours avant Ramadan, excepté quiconque a pour habitude de jeûner et dont le jeûne coïncide avec un ou deux jours avant le mois ; dans ce cas, il n’y a pas de mal à ce qu’il jeûne.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Vous qui croyez ! Le jeûne vous est prescrit - de même qu’il fut prescrit aux nations qui vous ont précédés - afin de vous préserver du péché. 183 } [La Vache, 2 : 183].
Qu'Allah mette la bénédiction pour moi et pour vous dans le Coran Majestueux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Celui qui dispense Ses faveurs avec générosité et bienfaisance, qui comble Ses serviteurs de grâces que nul ne saurait dénombrer. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Il a envoyé avec la guidée et la religion de la vérité pour la faire prévaloir sur toute autre religion. Qu'Allah prie sur lui, sur sa famille et sur ses Compagnons qui l'ont secouru et assisté – et quels excellents partisans et aides ils furent ! – ainsi que sur ceux qui les suivent en toute vertu tant que se succéderont les âges et les temps, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du second sermon
Ceci dit : ô gens : Craignez Allah (Élevé soit-Il) et soyez-Lui reconnaissants pour les bienfaits abondants et généreux dont Il vous a comblés, particulièrement en ce noble mois, le mois de Ramadan. Car c'est en son sein qu'Allah a révélé Son Livre explicite, comme une miséricorde pour les mondes, une lumière pour ceux qui cherchent à s'éclairer, un guide pour les pieux, et une leçon pour ceux qui méditent. Un Livre dont les versets ont été rendus parfaits, puis clairement exposés, émanant d'un Sage, Parfaitement Connaisseur, que le faux n'atteint ni par-devant ni par-derrière. C'est une révélation émanant d'un Sage, Digne de louange. Il contient le récit de ce qui vous a précédés, l'annonce de ce qui viendra après vous, et le jugement de ce qui vous concerne. Quiconque s'y attache est sauvé, quiconque y cherche la bonne direction est guidé, et quiconque s'en détourne tombe dans la perdition et la ruine. Quel malheur donc pour ceux qui s'en détournent et se perdent
C'est au cours de ce mois qu'eut lieu la grande bataille de Badr, au cours de laquelle Allah secourut les armées de la foi et les soldats du Tout-Miséricordieux, et mit en déroute les soldats de Satan ainsi que les partisans du polythéisme et de la tyrannie. C'est durant ce mois béni qu'Allah permit la Conquête de La Mecque, la Cité sûre, par l'intermédiaire de Son ami intime et Prophète, Muhammad, le meilleur des Prophètes, et la purifia des idoles et des polythéistes. C'est aussi durant ce mois béni qu'Allah accorda à Ses serviteurs la prescription du jeûne, et Il en fit l'un des piliers de l'Islam. Et Il a fait que la rétribution de quiconque jeûne ce mois en ayant la foi et escomptant la récompense [divine] est l'expiation de ses péchés précédents.
En ce mois béni, Allah a gratifié Ses serviteurs en leur prescrivant la veillée nocturne ; quiconque donc la veille en ayant la foi et en escomptant la récompense [divine], alors ses péchés précédents lui seront pardonnés, et quiconque veille avec l'imam jusqu'à ce qu'il se retire, alors il lui sera écrit la veillée d'une nuit.
Et en ce mois béni, Allah a gratifié cette communauté de la Nuit du Destin, qui est meilleure que mille mois réunis ; quiconque la veille en ayant la foi et en escomptant la récompense [divine], alors ses péchés précédents lui seront pardonnés.
Les bénédictions de ce mois sont nombreuses et abondantes ; louez donc Allah pour ce dont Il vous a comblés en ce mois, et gardez-vous de gâcher les occasions de ses jours et de ses nuits, car si vous saviez ce qu'elles renferment, vous auriez souhaité que l'année entière fût le mois de Ramadan.
***
Titre du sermon
La lecture du Coran et les bonnes manières du jeûne
Introduction du premier sermon :
{Louange à Allah pour avoir révélé à Son serviteur le Coran qui, par Sa grâce, ne s’écarte jamais de la vérité. 1 Il est, au contraire, un livre d’une parfaite cohérence et sans aucune contradiction, destiné à avertir les hommes d’un terrible châtiment venant du Seigneur, à annoncer aux croyants qui font le bien qu’ils obtiendront une immense récompense. 2 dont ils jouiront à jamais, 3 et à mettre en garde ceux qui prétendent qu’Allah s’est donné des enfants. 4 Ils n’en ont aucune preuve, pas plus que n’en avaient avant eux leurs ancêtres. Quel odieux blasphème et quel infâme mensonge profèrent-ils ! 5 } [La Caverne, 18 : 1 à 5]، Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé à Lui, dont la science a embrassé toute chose et qui a parfaitement dénombré toute chose ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah le couvre d'éloges, ainsi que sa famille, ses Compagnons et les Successeurs qui les ont suivis en toute vertu, et qu'Il les salue pleinement.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : ô gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il) et lisez abondamment le Coran durant ce mois ; Allah vous accordera ainsi une grande récompense, car pour chaque lettre du Coran, il y a dix bonnes actions. Des hadiths rapportent les mérites de la récitation du Coran en général, ainsi que de certaines sourates en particulier. En effet, dans le Recueil Authentique de Muslim, Gabriel (paix sur lui) a dit au Prophète ﷺ : « Reçois la bonne nouvelle de deux lumières qui t’ont été accordées et qui n’ont été données à aucun prophète avant toi : l’Ouverture du Livre et les derniers versets de la sourate : La Vache. Tu ne liras pas une seule lettre sans qu’elle te soit accordée. » Rapporté par Muslim (n°806). Et il ﷺ a dit : « Satan n'entre pas dans la demeure dans laquelle est récitée la sourate : La Vache. » Rapporté par Muslim (n°780).
Usayd ibn Hudayr (qu'Allah l'agrée) récitait de nuit la sourate : La Vache. Son cheval était attaché près de lui et son fils se trouvait à proximité. Le cheval se mit à s'agiter, alors il interrompit sa récitation, et la bête s'apaisa. Il poursuivit sa récitation, et le cheval s'agita une deuxième fois. Il s'interrompit, et la bête s'apaisa. Puis, il poursuivit sa récitation, et le cheval s'agita une troisième fois. Il craignit que l'animal ne blesse son fils, alors il s'arrêta. Il leva ensuite la tête vers le ciel, et c'est alors qu'il vit une sorte d'obscurité dans laquelle il y avait comme des lampes ; elle s'éleva jusqu'à ce qu'il ne la voie plus. Le lendemain matin, il en informa le Prophète ﷺ qui a alors dit : « Sais-tu ce que c'était ? » Il répondit : Non. Il répondit : « C'étaient les Anges qui s'approchèrent pour écouter ta voix. Et si tu avais continué de lire, alors au matin les gens les auraient vus, et ils ne se seraient point dérobés à leur vue. » Rapporté par Al Bukhârî (n°5018).
Le Prophète ﷺ a informé que les sourates : La Vache et La Famille d'Imrân ombrageront leur compagnon au Jour de la Résurrection et argumenteront en sa faveur. Rapporté par Muslim (n°805). La sourate : Les Bestiaux fut révélée au Prophète ﷺ à La Mecque [avant l’Hégire]. Soixante-dix mille Anges descendirent avec elle et l'accompagnèrent. Ils emplissaient tout l’horizon. Leurs glorifications résonnaient avec fracas, la terre tremblait sous leur présence et le Messager d’Allah ﷺ disait : « Gloire à Allah, le Majestueux. » Rapporté par Al Bayhaqî dans : Chu'ab Al Îmân" (n°4) et par At-Tabarânî dans : Al Mu'jam Al Awsat (n°3317). Ibn Hajar [Al Asqalânî] l'a déclaré bon dans : Natâ'ij Al Afkâr (3/228). [Et Ahmad Châkir l'a authentifié dans son livre : 'Umdah At-Tafsîr].
Et il est bien établi [de manière authentique] que le Prophète ﷺ a dit : « Certes, {Dis : Il est Allah, l'Unique.} équivaut au tiers du Coran. » Un homme lui a dit : « Je l'aime. » Il répondit : « Ton amour pour elle t'a fait entrer au Paradis. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim]. Et un autre homme a dit : « Certes, elle est la description du Tout-Miséricordieux, et moi j'aime la lire. » Alors, le Prophète ﷺ a dit : « Informez-le qu'Allah l'aime. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim]. Le Prophète ﷺ a dit à un homme parmi ses Compagnons (qu'Allah les agrée) : « Ne t'enseignerais-je pas les deux meilleures sourates que les gens récitent ? Ce sont : {Dis : « Je me réfugie auprès du Seigneur de l’aube naissante. 1 » } et {Dis : « Je me réfugie auprès du Seigneur des hommes. 1 » } Rapporté par : An-Nassâ'î dans : « As-Sunan Al Kubrâ » (n°10725) ; Ahmad (n°17296). Et Al Albânî l'a déclaré bon.
Lisez donc le Coran avec méditation et compréhension. Lorsque vous passez par un verset de miséricorde, alors demandez à Allah de Sa grâce. Lorsque vous passez par un verset de menace, alors cherchez refuge auprès d'Allah contre Son châtiment. Et lorsque vous passez par un verset de prosternation, alors prosternez-vous à n'importe quel moment, car la prosternation de la récitation n'est pas interdite, parce qu'elle suit la récitation. Et lorsque vous vous prosternez, proclamez la grandeur d'Allah, et dites dans la prosternation : « Gloire à mon Seigneur, le Plus Haut ! (Subhâna Rabbî Al A'lâ !). » Et lorsque vous vous relevez de la prosternation, ne proclamez pas la grandeur d'Allah et ne faites pas la salutation ; car cela n'a pas été rapporté du Prophète, que la prière et le salut d'Allah soient sur lui, sauf si le lecteur se prosterne alors qu'il est en prière, car il proclame alors la grandeur d'Allah pour la prosternation et pour s'en relever.
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Ceux qui récitent le Livre d’Allah, qui accomplissent la prière et qui, discrètement ou publiquement, offrent par charité une partie de ce qu’Il leur a accordé, peuvent espérer des gains impérissables. 29 par lesquels Allah les récompensera pleinement pour leurs œuvres tout en leur ajoutant de Ses faveurs. Il est Très Clément et Très Reconnaissant. 30 } [Le Créateur, 35 : 29-30].
Ô Allah ! Bénis pour nous le Coran Majestueux
Introduction du second sermon
Louange à Allah qui a légiféré pour Ses serviteurs les lois pour de profondes sagesses et des secrets, et qui a établi pour le jeûne de Ramadan et ses prières nocturnes, accomplis avec foi et en espérant la récompense, le pardon des péchés et des fardeaux. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] en dehors d'Allah, Seul et sans associé, le Souverain, le Grand Pardonneur. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, l'Élu, le Choisi. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons, et ceux qui les suivent en toute vertu, nuit et jour, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit : Ô Gens ! Adorez votre Seigneur, accomplissez vos prières obligatoires et jeûnez durant votre mois prescrit. Sachez que parmi les sagesses et les secrets du jeûne, il y a une aide pour le serviteur dans son obéissance à Allah et sa piété. Ainsi donc, il s’efforce dans l’accomplissement des voies du bien et l'évitement des interdits. Quiconque donc ne délaisse pas la parole mensongère et l'oeuvre qui en découle, alors Allah n’a pas besoin qu'il délaisse sa nourriture et sa boisson. Remplissez les moments de ce mois émérite par le rappel d’Allah, la lecture [du Coran] et la prière. Recherchez les faveurs du Maître en multipliant les invocations, l'abondante bienfaisance envers les créatures et le pardon à leur égard. En effet, Allah aime les bienfaisants et Il aime pardonner à ceux qui commettent des fautes. Soyez généreux envers les pauvres durant ce mois par l'aumône légale et les aumônes surérogatoires. En effet, Allah est généreux et Il aime la générosité. Et assurément, notre Prophète ﷺ était le plus généreux des hommes, et il l'était encore plus durant le mois de Ramadan lorsque Gabriel le rencontrait pour lui enseigner le Coran. Le Messager d’Allah ﷺ était alors encore plus généreux que le vent porteur. Ne dénigrez donc rien comme bien même de manière infime et prémunissez-vous du Feu, ne serait-ce que d'une pellicule de datte. En effet, il se peut qu'un homme donne en aumône l’équivalent d’une datte provenant d'un gain licite, alors Allah la fait fructifier pour lui jusqu’à ce qu’elle devienne semblable à une montagne. Et sachez - qu’Allah vous fasse miséricorde - que le jeûne possède des traditions qu’il convient d’observer, parmi lesquelles : la collation matinale. En effet, le Prophète ﷺ l’a ordonné et a dit : « Prenez une collation matinale ! En effet, il y a une bénédiction dans la collation matinale. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Il est préférable de retarder la collation matinale jusqu'à la fin de la nuit. Et si l'un d'entre vous avance sa collation matinale, a terminé avant le lever de l'aube et a l'intention de jeûner, puis désire manger, il n'est pas répréhensible qu'il mange jusqu'à ce que l'aube se lève ; en raison de la parole d'Allah (Élevé soit-Il) : {... Mangez et buvez jusqu’au moment où se distingueront clairement les premières lueurs de l’aube dans l’obscurité de la nuit... } [La Vache, 2 : 187]. Le fil blanc est le jour et le fil noir est la nuit. Le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Bilâl appelle à la prière alors qu'il fait encore nuit. Par conséquent, mangez et buvez jusqu'à ce qu'Ibn Oummi Maktoûm appelle à la prière. Il n'appelait à la prière que lorsque l'aube se levait. » Rapporté par Al Bukhârî (n°622). Une fois l'aube avérée, il n'est plus permis au jeûneur de consommer quoi que ce soit qui rompt le jeûne. Il est du devoir des muezzins de s'assurer de l'heure et de ne faire l'appel à la prière que lorsque l'aube se lève. Si l'un d'entre vous rompt son jeûne, qu'il le rompe avec des dattes ; s'il n'en trouve pas, qu'il le rompe avec de l'eau ; et s'il n'en trouve pas non plus, qu'il ait alors l'intention de rompre le jeûne par le cœur. Par exemple, si le soleil se couche alors qu'il se trouve en dehors de la ville, sans nourriture ni boisson, il formulera l'intention de rompre son jeûne. Il n'est pas nécessaire pour cela qu'il se suce le doigt, comme le prétendent certains parmi les gens du commun. Il convient également, au moment de la rupture du jeûne, de s'adonner aux invocations, car le jeûneur bénéficie, au moment de rompre son jeûne, d'une invocation qui n'est pas rejetée.
Et demandez à Allah (Élevé soit-Il) d'accepter vos œuvres, car c'est sur cela que l'on compte. Abraham, l'Ami intime, et son fils Ismaël, alors qu'ils élevaient les fondations de la Maison, disaient : {Notre Seigneur ! Accepte de notre part ! Certes, c'est Toi l'Oyant, l'Omniscient.} L'un des signes de l'acceptation est que le serviteur soit guidé vers la piété, car Allah n'accepte que des pieux. Ainsi donc, quiconque craint Allah (Élevé soit-Il) en apparence et en son for intérieur, est plus à même d'être exaucé.
Sachez que parmi les choses qui rompent le jeûne, il y a le fait de manger, de boire et d'avoir un rapport sexuel ; l'extraction de sang par la Hijâmah — en effet, celui qui la pratique et celui qui se la fait faire auront tous deux rompu leur jeûne — ; et le vomissement provoqué intentionnellement. Cependant, si du sang s'écoule du corps autrement que par la Hijâmah, comme lors d'un saignement de nez, d'une extraction dentaire ou d'une blessure, cela n'annule pas le jeûne. Le jeûne n'est pas non plus annulé par un vomissement involontaire, ou si l'on se soigne un œil ou une oreille, ou que l'on y instille des gouttes.
Une femme interrompt son jeûne si ses règles surviennent pendant qu’elle jeûne, et si elle retrouve son état de pureté dans la journée, elle devra rattraper ce jour plus tard. Utiliser le siwak ne rompt pas le jeûne, et il est conseillé de s’en servir, comme pour tout le monde, à n’importe quel moment, que ce soit au début ou à la fin de la journée.
Nous demandons à Allah de nous aider dans l'accomplissement du jeûne, la prière nocturne et la récitation du Coran, et qu'Il accepte de nous nos oeuvres vertueuses.
***
Titre du sermon
Les annulatifs du jeûne
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, le Seigneur des mondes, Qui a fait du jeûne [du mois] de Ramadan l'un des piliers de l'Islam, et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, Celui qui a appelé Ses serviteurs et a dit : {Vous qui croyez ! Le jeûne vous est prescrit... } [La Vache, 2 :183]. Et j'atteste que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager, le meilleur de quiconque a prié et jeûné ; qu'Allah prie sur lui ainsi que sur sa famille, les nobles bons et qu'Il le salue abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il) et remerciez-Le pour le bienfait de l'Islam. Certes, Allah (Glorifié et Élevé soit-Il) a rendu obligatoire le jeûne du mois de Ramadân pour cette communauté, et en a fait un des piliers de l'Islam. Le jeûne [du mois] de Ramadân est une obligation pour chaque musulman, pubère, doué de raison, du début du mois jusqu'à sa fin. {...Quiconque parmi vous est présent en ce mois devra donc le jeûner...} [La Vache, 2 : 184]. Pendant le mois de Ramadan, les situations diffèrent selon les personnes : celui qui est en bonne santé et réside sur place doit jeûner chaque jour. En revanche, la personne malade pour qui le jeûne est pénible ou qui doit le rompre peut le faire, à condition de rattraper plus tard les jours manqués. De même, le voyageur autorisé à raccourcir la prière — c’est-à-dire celui dont le trajet atteint au moins quatre-vingts kilomètres — peut rompre son jeûne et devra également rattraper ces jours, en raison de a parole d’Allah (Élevé soit-Il) : {...Quiconque parmi vous est malade ou en voyage est dispensé de jeûne, mais devra le compenser par un nombre équivalent de jours...} [La Vache, 2 : 184]. Quant à celui qui est incapable de jeûner en raison de son grand âge ou d'une maladie chronique, et qui ne peut le rattraper à l'avenir ; dans ce cas, il nourrit un pauvre pour chaque jour. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...Quant à ceux qui, pouvant le supporter, préfèrent s’en dispenser, ils devront en compensation nourrir un nécessiteux...} [La Vache, 2 : 184]. Tels sont les cas des gens vis-à-vis du jeûne.
Linguistiquement, le jeûne signifie : l'abstinence. Et quant à son sens religieux : c'est le fait de s'abstenir avec une intention des choses qui rompent le jeûne, qu'elles soient d'ordre sensoriel ou spirituel, du lever de la deuxième aube jusqu'au coucher du soleil. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...Mangez et buvez jusqu’au moment où se distingueront clairement les premières lueurs de l’aube dans l’obscurité de la nuit, puis jeûnez jusqu’à la tombée du jour...} [La Vache, 2 : 187]. Et l'intention est obligatoire tout au long de la journée, du lever de l’aube jusqu’au coucher du soleil, et elle doit demeurer présente en la personne en permanence ; en raisonde de sa parole ﷺ : « Quiconque n'a pas préparé son intention dès la nuit, alors il n'a pas de jeûne. » Et dans une version : « Quiconque n'a pas rassemblé son intention avant le lever de l'aube, alors il n'a pas de jeûne. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°730), An-Nassâ'î (n°2334) et Ibn Mâjah (n°1700)], Il est donc obligatoire d'avoir l'intention pour le jeûne, car si une personne s'abstient de la nourriture, de la boisson et de ce qui rompt le jeûne sans intention, alors elle n'est pas considérée comme jeûneuse d'un point de vue religieux.
Et sachez, qu'Allah vous fasse miséricorde, que le jeûne a des annulatifs qu'il incombe au jeûneur d'éviter :
Premièrement : Tout ce qui est introduit dans la cavité corporelle, quelle que soit la voie d'entrée, annule le jeûne, comme le fait de manger et de boire volontairement. Quant à quiconque mange ou boit par oubli, alors son jeûne reste valable et il est excusé, en raison de sa parole ﷺ : « Quiconque mange ou boit par oubli, alors qu’il jeûne, qu'il complète alors son jeûne ; en effet, c’est Allah qui l’a nourri et abreuvé. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après le hadith d'Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée)]. Parmi les actes qui annulent le jeûne, on trouve la prise de médicaments avalés ou injectés atteignant l'intérieur du corps, comme les comprimés, les liquides ou les solutions médicales. Les perfusions nourricières rompent aussi le jeûne, car elles sont assimilées à de la nourriture ou de la boisson, tout comme les injections intraveineuses qui se mêlent au sang et circulent dans le corps. En revanche, les injections sous-cutanées ou intramusculaires n’ont pas d’impact sur le jeûne. Le fait de provoquer le vomissement et d’expulser volontairement le contenu de l’estomac annule également le jeûne, tandis qu’un vomissement involontaire ne l’affecte pas.
L’éjaculation fait aussi partie des actes qui annulent le jeûne, qu’elle résulte d’un rapport sexuel, de la masturbation ou même d’un simple regard, comme fixer une femme à plusieurs reprises jusqu’à provoquer l’éjaculation. C’est en quelque sorte un rapport sexuel, puisqu’il s’agit de satisfaire son désir par sa propre action. L’avoir assouvi de son plein gré annule donc le jeûne, car le désir compte parmi les choses dont on s’abstient pendant le jeûne. Dans un hadith divin, à propos du jeûneur, Allah (Élevé soit-Il) a dit : « Il délaisse son désir, sa nourriture et sa boisson pour Moi. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim d'après le hadith d'Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée)]. Tout comme il délaisse la nourriture et la boisson, de même il délaisse l'assouvissement du désir ; car celui-ci fait partie des choses qui rompent le jeûne et le rendent invalide.
De même, la saignée (Al Hijâmah) fait partie des choses qui annulent le jeûne ; c'est-à-dire le prélèvement de sang dans un but thérapeutique, car elle affaiblit le jeûneur et lui ôte ses forces. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque pratique la Hijâmah et celui qui en bénéficie ont rompu le jeûne. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°774) et Ahmad (n°15866). Et plus d'un savant l'a authentifié. Le prélèvement de sang par des moyens médicaux pour sauver un malade ou en faire don est comparable à la Hijâmah et annule le jeûne, car, comme pour la Hijâmah, une grande quantité de sang est retirée. En revanche, un petit prélèvement, comme pour une analyse, n’a aucun effet sur le jeûne.
De la même manière, le sang des menstrues qui affecte la femme fait partie de ce qui invalide le jeûne. En effet, il affaiblit la femme et diminue sa force. C'est pour cette raison qu'Allah lui a interdit le jeûne et lui a imposé le rattrapage. {...un nombre équivalent de jours...} [La Vache, 2 : 184]. Les métrorragies, qui désignent un écoulement de sang survenant chez la femme en dehors de sa période habituelle, n’affectent pas la validité du jeûne. Une femme dans cet état continue donc à jeûner, car elle est considérée comme en état de pureté. De même, si une personne se blesse et saigne, alors cela n’a aucune incidence sur son jeûne, car c’est involontaire. Préservez donc votre jeûne – qu’Allah vous accorde Sa miséricorde – de tout ce qui pourrait l’annuler.
De même, il est impératif pour le jeûneur de maintenir l'intention, comme nous l'avons mentionné. Si le jeûneur a l'intention de rompre son jeûne, son jeûne est invalidé, même s'il n'a rien consommé. S'il a l'intention de rompre un jeûne obligatoire, alors son jeûne est invalidé pour avoir interrompu l'intention, et ce, même s'il n'a ni mangé ni bu. Alors, craignez Allah, serviteurs d'Allah, et préservez votre jeûne de ce qui l'invalide ou en diminue la récompense. Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé. {Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous est imposé, tout comme il l’a été aux générations avant vous, afin que vous soyez préservés du péché. 183 Il est prescrit de jeûner pendant un nombre limité de jours. Ceux qui sont malades ou en voyage en sont dispensés, mais devront rattraper le même nombre de jours plus tard. Quant à ceux qui peuvent jeûner mais choisissent de ne pas le faire, ils devront nourrir une personne dans le besoin en compensation. Celui qui donne davantage agit pour son propre bien. Jeûner reste toutefois préférable pour vous, si seulement vous le saviez ! 184 C’est pendant le mois de Ramadan que le Coran a été révélé, guidant clairement les hommes vers le salut et leur permettant de distinguer le vrai du faux. Toute personne présente durant ce mois doit donc jeûner. Ceux qui sont malades ou en voyage peuvent rattraper un nombre équivalent de jours. Allah souhaite vous faciliter la tâche, et non vous la compliquer, afin que vous puissiez accomplir le jeûne complet et célébrer Sa grandeur en signe de gratitude pour Sa guidance. 185 } [La Vache, 2 183 à 185].
Qu’Allah nous accorde Sa bénédiction, à moi comme à vous, dans le Coran Majestueux, et qu'Il nous fasse bénéficier du rappel explicite et sage qu'il contient. Je prononce cette parole-ci et j'implore le pardon d’Allah pour moi, pour vous et pour l’ensemble des musulmans pour tout péché. Implorez donc Son pardon, certes Il es le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa grâce et Sa bienfaisance, et je Le remercie pour Son assistance et Ses faveurs. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit : Serviteurs d’Allah ! Craignez Allah (Élevé soit-Il). Parmi les actes qui annulent le jeûne figurent aussi ceux liés à la dialyse rénale ou au lavage gastrique, comme les solutions introduites dans la cavité abdominale puisées ; cela invalide le jeûne. De même, le jeûneur doit s’abstenir de la médisance, la calomnie, l'injure, l’insulte, la parole mensongère, etc. Il doit préserver sa langue de toute parole pouvant entacher son jeûne, car le jeûne ne consiste pas simplement à délaisser la nourriture, la boisson et les choses permises, mais aussi à délaisser les interdits qu’il est obligatoire de délaisser en tout temps. Et cela est encore plus impératif pour le jeûneur, car ces actes nuisent la validité de son jeûne, réduisent sa rétribution ou font disparaître sa récompense partiellement ou totalement ; de sorte que sa part de jeûne ne sera plus que la faim et la soif, sans aucune récompense, faute d’avoir préservé sa langue de ces affaires. Il en est de même de la préservation de son ouïe en s’abstenant d’écouter des instruments de musique, de prêter l’oreille à la médisance ou à la calomnie, ainsi qu’à tout ce détourne du rappel d’Allah (Exalté et Magnifié soit-Il), notamment ce qui est diffusé et propagé dans les médias comme : les séries dégradantes et moqueuses. Il ne doit donc pas perdre son temps avec de telles choses, car ce serait commettre un péché. De même, il lui incombe de préserver sa vue et de baisser le regard devant ce qu’Allah a interdit, comme les images et les scènes tentatrices diffusées sur les écrans et les chaînes satellitaires qui exposent des femmes nues ou à moitié-nues. Il doit donc préserver son regard de tout ce qui pourrait entacher son jeûne. Craignez donc Allah, ô serviteurs d’Allah, et préservez votre jeûne de tout ce qui le rabaisse ou le corrompt. Et sachez que la meilleure parole est celle du Livre d’Allah et la meilleure guidée est celle de Muhammad (paix et salut sur lui). Et les pires choses sont les innovations, et toute innovation est un égarement Attachez-vous à la communauté, car la main d’Allah est avec elle, et quiconque s’en écarte, alors il s'écarte vers le Feu. {Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui croyez ! Bénissez-le et saluez-le vous aussi ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56]. Ô Allah ! Que Tes prières et Ton salut soient sur Ton serviteur et Messager, notre Prophète Muhammad. Ô Allah ! Agrée ses Califes bien-guidés et les Imams vertueux : Abû Bakr, ‘Umar, ‘Uthmân et ‘Alî ainsi que l’ensemble des Compagnons, des Successeurs et de quiconque les ont suivis en toute vertu jusqu'au Jour de la Réssurection. Ô Allah ! Accorde la gloire à l’Islam et aux musulmans, rabaisse le polythéisme et les polythéistes et détruit les ennemis de la religion. Fais de ce pays un lieu de sécurité et de sérénité, ainsi que tous les autres pays musulmans, ô Seigneur des mondes. Ô Allah ! Quiconque veut du mal à l’Islam et aux musulmans, occupe-le par lui-même, détourne de nous ses ruses, fais que sa ruse se retourne contre lui et que sa machination cause sa propre perte. Certes, Tu es Capable de toute chose. Ô Allah ! Protège-nous du mal des tentations, qu’elles soient apparentes ou cachées. Ô Allah ! Préserve-nous notre religion dans laquelle il y a la protection de notre affaire, réforme-nous notre vie d'ici-bas dans laquelle il y a notre subsistance, et réforme-nous notre au-delà dans lequel il y a notre lieu de retour. Ô Allah ! Réforme nos dirigeants et fais d'eux des guides bien-guidés, ni égarés, ni égareurs. Ô Allah ! Fais que nous soyons gouvernés par quiconque Te craint, Te redoute et suit Ta satisfaction, ô Seigneur des mondes. Ô Allah ! Réforme leur entourage et éloigne d'eux les mauvais conseillers et les corrupteurs. Ô Allah ! Fais d'eux des guides bien-guidés, ni égarés, ni égareurs. Ô Allah ! Réforme les dirigeants des musulmans en tout lieu, ô Seigneur des mondes. Ô Allah ! Repousse de nous les calamités que nul autre que Toi ne peut repousser. Nous nous réfugions auprès de Toi contre la soudaineté de Ta calamité, contre la cessation de Ta protection et contre toutes les formes de Ton courroux. Il n'y aucune divinité [digne d'adoration] excepté Toi. Tu es notre Maître, quel excellent Maître et quel excellent Secoureur ! Allah nous suffit, et quel excellent Garant.
Serviteurs d'Allah {Allah prescrit l’équité, la bonté et la charité envers les proches, et Il proscrit tout acte infâme, tout comportement répréhensible et toute forme d’injustice. Allah vous exhorte ainsi à bien agir. Mais saurez-vous y réfléchir ? 90 Soyez fidèles à vos engagements contractés envers Allah et les hommes. Ne violez pas les serments que vous avez solennellement prêtés en prenant Allah à témoin de votre bonne foi. Allah connaît parfaitement vos agissements. 91 } [Les Abeilles, 16 : 90-91]. Souvenez-vous d'Allah, Il se souviendra de vous ; remerciez-Le pour Ses bienfaits, Il vous ajoutera. Et le rappel d'Allah est vraiment plus grand, et Allah sait ce que vous faites.
***
Titre du sermon
La Nuit du Destin et les décrets de l'aumône de la rupture (Zakât Al Fitr).
Introduction du premier sermon :
Louange à Allah, Celui qui a octroyé à Ses serviteurs la faveur des saisons de bienfaits, et a accordé le succès à qui Il a voulu parmi eux pour profiter de ces saisons en accomplissant de bonnes œuvres, et a délaissé qui Il a voulu parmi eux, si bien que leur part fut la négligence, la perte et les regrets. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Seigneur de la terre et des cieux, le Vaste en générosité, en munificence et en dons. Et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, la meilleure des créatures. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille, ses Compagnons et ceux qui les suivent avec bienfaisance à travers les âges et les temps ; et qu'ils soient abondamment salués.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Craignez Allah et tirez profit des saisons du bien en les consacrant à ce qui vous rapproche de votre Seigneur. Prenez garde au manquement et à la négligence, car vous regretterez votre manquement et votre négligence.
Ô mes frères ! Quiconque ne tire pas profit de ce mois béni, quand donc en profitera-t-il ? Quiconque ne revient pas repentant vers son Maître, quand donc reviendra-t-il vers Lui et se réformera-t-il ? Quiconque ne cesse pas de faire preuve de lourdeur dans les voies du bien, quand donc atteindra-il la droiture et réussira-t-il ? Hâtez-vous donc, qu’Allah vous fasse miséricorde, à saisir les opportunités offertes par ce mois avant qu’elles ne vous échappent, et préservez vos âmes de ce qui pourrait causer leur malheur et leur destruction. N'est-pas que votre mois béni a commencé à décliner et ses nobles nuits ainsi que ses précieux jours sont sur le point de s’achever et de disparaître. Profitez donc, ô musulmans, de ce qu’il en reste par des oeuvres vertueuses, et empressez-vous de vous repentir de vos péchés auprès du Détenteur de la Grandeur et de la Majesté. Sachez que les œuvres se jugent selon leurs fins. Veillez donc à parfaire votre fin. Certes, les deux tiers de ce mois béni se sont déjà écoulés, et il n'en reste qu’un tiers : celui des dix dernières nuits empreintes de bénédictions. Saisissez donc les opportunités avec des résolutions véridiques, en accomplissant le bien et en répandant la bienfaisance. Levez-vous dans l’obscurité de ces nuits pour votre Seigneur, humblement soumis et espérant Sa bonté et Ses faveurs, escomptant être préservé de Son châtiment et Sa punition en L'implorant et en cherchant refuge auprès de Lui. En effet, Il est (Élevé soit-Il) le plus Généreux des généreux et le plus Miséricordieux des miséricordieux, et Il est Celui qui a dit : {Que ceux de Mes serviteurs qui Me questionnent sachent que Je suis tout près et que J’exauce quiconque M’appelle avec sincérité. Qu’ils choisissent donc la voie du salut en respectant Mes commandements et en plaçant leur foi en Moi. 186 } [La Vache, 2 : 186]. Chaque nuit, Allah descend au ciel le plus proche, au moment où il ne reste que le dernier tiers de la nuit, alors Il accorde à Ses serviteurs de Sa largesse, Sa générosité et Son pardon, et dit : « Qui M’invoque pour que Je l'exauce ? Qui Me demande pour que Je lui donne ? Qui implore Mon pardon pour que Je lui pardonne ? »
Parmi ces dix nuits se trouve la nuit bénie du Destin, durant laquelle tout décret sage est arrêté et consigné, et où est prédestiné ce qui adviendra au cours de l'année, par la permission du Tout-Puissant, de l'Omniscient, du Sage. Les anges y descendent du ciel, et les bienfaits, les avantages et les grâces y abondent. Celui qui la passe en prière avec foi et en espérant la récompense verra ses péchés passés pardonnés. Quant à celui qui la néglige et se voit privé de son bien, il est le blâmé, le véritable perdant. Allah (Élevé soit-Il) l'a dissimulée au sein de ces dix nuits et n'a pas révélé laquelle c'est précisément, afin que les gens s'adonnent à la prière nocturne, à la lecture du Coran et à la bienfaisance durant toutes ces nuits, et afin de distinguer ainsi celui qui est zélé dans la recherche du bien de celui qui est paresseux. En effet, si les gens connaissaient sa date exacte, la plupart d'entre eux se limiteraient à l'animer en prière, à l'exclusion des autres nuits.
S'ils en connaissaient la date précise, la perfection de l'épreuve qui distingue les hautes aspirations des plus basses ne se réaliserait pas. Recherchez-la donc, qu'Allah vous fasse miséricorde, avec ardeur et sincérité, et demandez à Allah d'y acquérir le butin de la piété et des bonnes œuvres, et la préservation de la faillite. Ainsi, lorsque vous passez par un verset de miséricorde, demandez à Allah de Sa grâce ; et lorsque vous passez par un verset de menace, cherchez refuge auprès d'Allah contre Son châtiment. Multipliez dans votre inclinaison la glorification du Détenteur de la Grandeur et de la Majesté. Quant à la prosternation, efforcez-vous, après la glorification, d'y multiplier les invocations pour ce que vous aimez, car le serviteur n'est jamais aussi proche de son Seigneur que lorsqu'il est prosterné. Il est permis à la personne d'invoquer pour elle-même, pour ses parents, sa descendance, ses proches et ceux qu'elle aime parmi les musulmans. Prolongez le redressement après l'inclinaison et la position assise entre les deux prosternations afin que les piliers de la prière — la station debout, l'inclinaison, la position assise et la prosternation — soient proportionnés. Le redressement après l'inclinaison est un moment de louange et d'éloge ; multipliez-y donc la louange et l'éloge. La position assise entre les deux prosternations est un moment d'invocation pour le pardon et la miséricorde ; multipliez-y donc les invocations. Commencez la prière de nuit par deux unités légères ; car le diable noue trois nœuds sur la nuque du serviteur lorsqu'il dort. S'il se lève et évoque Allah, un nœud se défait ; s'il se purifie, le deuxième se défait ; puis, s'il prie, le troisième se défait. Cependant, si l'un de vous arrive à la mosquée alors que l'imam a déjà commencé la prière, qu'il le rejoigne, même s'il n'a pas commencé par deux unités légères, car suivre l'imam est plus important. Il y a ici un point auquel il convient d'être attentif, à savoir que certaines personnes laissent un espace dans le rang pour le muezzin ou le récitateur après le début de la prière. Ceci est contraire à ce qui est légiféré. En effet, ce qui est légiféré est de combler les espaces dans les rangs et de se serrer les uns contre les autres lorsque la prière commence. Ainsi, lorsque le muezzin ou le récitateur arrive, qu'il entre là où le rang se termine.
Je me refugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé. Au sujet du mérite de la Nuit du Destin, Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Nous l’avons révélé au cours de la Nuit des décrets divins. 1 Mais qui pourrait t’indiquer ce qu’est la Nuit des décrets divins ? 2 La Nuit des décrets divins est plus bénie que mille mois réunis. 3 Porteurs de tous les arrêts divins, les anges et l’Esprit descendent sur ordre de leur Seigneur au cours de cette nuit. 4 C’est une nuit remplie de paix et de bénédiction jusqu’à l’apparition de l’aube. 5 [Le Destin, 97 : 1 à 5].
Qu'Allah bénisse le Coran Majestueux pour moi et pour vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Celui qui nous a comblés de Sa grâce par la législation de l'Islam, et qui nous a légiféré ce qui nous rapproche de Lui parmi les œuvres pieuses. Et louange à Allah, Celui qui nous a gratifiés en nous facilitant le jeûne et les prières nocturnes, et qui a fait de la récompense de celui qui accomplit cela une expiation pour les fautes et les péchés. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, le Détenteur de la Majesté et de la Noblesse. Et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le meilleur de ceux qui ont prié, se sont acquittés de l'aumône légale, ont accompli le pèlerinage et ont jeûné. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille, ses Compagnons et quiconque les suit en toute vertu, et qu’Il les salue abondamment.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il) et méditez sur votre situation : Qu’avez-vous accompli durant votre noble mois ? En effet, c’est un noble invité qui est sur le point de disparaître, proche de s’achever et de s’en aller. Il sera un témoin pour vous ou contre vous, selon les œuvres que vous y aurez déposées. Empressez-vous donc, ô musulmans, de profiter de ce qu’il en reste pour accomplir les bonnes œuvres, vous repentir à Allah et Lui demander pardon ; peut-être que cela réparera les manquements et la négligence qui ont eu lieu. Certes, les journées de ce noble mois étaient emplies par le jeûne, l'invocation et la lecture du Coran, et ses nuits illuminées par la prière et les veillées, et l’état des pieux y était des plus louables. Ces journées resplendissantes et ces nuits précieuses se sont donc écoulées comme une heure en plein jour. Quel regret pour ces nuits et ces jours ! Les moments de notre mois se sont écoulés rapidement, et beaucoup d’entre eux furent perdus dans la négligence. Nous demandons donc à Allah (Élevé soit-Il) de nous compenser pour ce qui en est passé, de bénir pour nous ce qu’il en reste, et de sceller notre mois par le pardon, l’absolution, l’acceptation, l’affranchissement du Feu et l’atteinte de nos espoirs. Et qu’Il nous le fasse revivre de nombreuses fois dans le bien, la sécurité et la foi.
Ô musulmans : À la fin de ce mois, notre Seigneur nous a prescrit de sublimes adorations qui augmentent notre foi, complètent nos adorations et parfont Ses bienfaits sur nous. Il nous a prescrit l’aumône de la rupture du jeûne, la proclamation de Sa grandeur et la prière du 'Îd. L’aumône consiste en un « Sâ' » de nourriture : que ce soit du seigle, du riz, des dattes ou d’autres aliments de base. Abû Sa’îd (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le Messager d'Allah ﷺ a imposé l’aumône de la rupture du jeûne (Zakât Al Fitr) d'un « Sa’ » de nourriture. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim]. Plus ces denrées seront de bonne qualité et profitables aux pauvres, meilleure sera l'aumône et plus grande sera la récompense. Acquittez-vous-en donc de bon cœur et donnez-la à partir des meilleures denrées que vous possédez, car vous n’atteindrez la piété que lorsque vous dépenserez de ce que vous aimez. Il s’agit, et la louange est à Allah, d’une quantité modique qui n’est obligatoire qu’une seule fois par an. Comment, dès lors, une personne ne veillerait-elle pas à choisir la meilleure qualité, alors que c’est ce qui est préférable auprès d’Allah et ce qui procure la plus grande récompense ? Il est permis de distribuer l'aumône due pour une personne à plusieurs pauvres, et de donner à un seul pauvre l'aumône due pour deux personnes ou plus ; car le Prophète ﷺ a fixé la mesure de cette aumône à un « Ṣa’ », sans préciser le nombre de bénéficiaires, ce qui indique que la question est sujette à une certaine largesse. Par conséquent, si les membres d'un foyer mesurent la quantité totale de leur aumône, la rassemblent dans un seul sac, puis en prélèvent pour la distribuer sans la mesurer à nouveau, il n’y a aucun mal à cela.
La Zakât Al Fiṭr est une obligation pour tous les musulmans, qu’ils soient jeunes ou âgés, hommes ou femmes. Elle doit être versée pour soi-même et pour ceux dont on a la charge, comme l’épouse ou les proches. Il n’est pas obligatoire de la donner pour un fœtus, mais cela reste recommandé. L’idéal est de s’en acquitter le jour de l’Aïd avant la prière, mais il est permis de le faire jusqu’à deux jours avant. Après la prière de l’Aïd, elle n’est plus valable, sauf pour celui qui ignore la règle, comme si l’Aïd arrivait de façon imprévue ou qu’il pensait pouvoir la retarder. Dans ce cas, elle reste acceptée après la prière. La Zakât Al Fiṭr n’est valide que si elle est donnée aux pauvres, et elle doit leur parvenir, ou parvenir à leur représentant, dans les délais.
Quant à la proclamation de Sa grandeur, certes Allah (Élevé soit-Il) l'a ordonné dans Son Livre. En effet, Il a dit : {...et vous permettre de jeûner le mois en entier et de célébrer, en signe de reconnaissance, Sa grandeur pour vous avoir guidés...} [La Vache, 2 : 185]. C’est-à-dire : pour la réussite qu'Il vous a accordée de pouvoir accomplir le jeûne, les prières nocturnes et les autres actes d'obéissance de ce mois. Ô Musulmans ! Proclamez donc la grandeur d’Allah depuis le coucher du soleil la veille du ‘Îd jusqu’à la prière, en disant : « Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand. Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah. Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand, et la louange appartient à Allah. » Proclamez-le à voix haute dans les mosquées, sur les marchés et dans les maisons, à l'exception des femmes, qui le proclament à voix basse et non à voix haute.
Quant à la prière, le Messager d’Allah ﷺ a ordonné que même les femmes y assistent. Sortez donc – qu’Allah vous fasse miséricorde – pour la prière, hommes et femmes, jeunes et âgés. Que les femmes sortent sans s'être embellies ni parfumées, et que celles qui sont en état de menstrues se tiennent à l'écart du lieu de prière ; car le lieu de prière du ‘Îd a le statut de mosquée. Quant aux hommes, la Sunnah est qu'ils sortent parfumés, vêtus de leurs plus beaux habits, après s'être lavés et purifiés. Il est également de la Sunnah que l'on mange des dattes en nombre impair avant de sortir pour la prière : trois, cinq, sept, ou tout autre nombre impair.
Nous demandons à Allah d'accepter de nous tous nos actes d'adoration en ce mois béni et de nous pardonner tous nos faux pas et nos péchés. Certes, Il est le Maître de cela et Capable de tout, et Il est Digne d'être craint et le Détenteur du pardon. Et la louange appartient à Allah, Seigneur des mondes.
***
Titre du sermon
Le jour du 'Îd et les jours de Tachrîq
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange appartient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos oeuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, seul et sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager.
{Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence. 1 } [Les Femmes, 4 : 1]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! 70 Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. 71 [Les Coalisés, 33 : 70-71].
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Je vous recommande ainsi qu'à moi-même la crainte d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il). Arrêtez-vous à Ses limites et exaltez Ses interdits sacrés. {Voici donc ce qui vous est prescrit. Quiconque respecte les rites institués par Allah et les bêtes destinées au sacrifice témoigne ainsi que son cœur est rempli de la crainte du Seigneur. 32 } [Le Pèlerinage, 22 : 32].
Ô musulmans, à peine les jours connus, avec leurs bienfaits, leurs bénédictions et leurs bonnes actions, se sont-ils achevés, qu'Allah les a fait suivre du jour du 'Îd, qui est la conclusion des dix jours, puis des jours déterminés de Tachrîq. Le Prophète ﷺ a dit : « Le plus immense des jours auprès d'Allah est le Jour du Sacrifice, ensuite le Jour d'Al Qarr. » Rapporté par Abû Dâwud (n°1765), Ibn Khuzaymah (n°2917). Et Al Albânî l'a authentifié.
Le jour du sacrifice est considéré comme le plus grand des jours auprès d’Allah, qu’Il a nommé dans Son Livre « le jour du Grand Pèlerinage », car il rassemble pour les pèlerins l’ensemble des rites du Hajj. Ce jour-là ont lieu la lapidation de la stèle d’Al-‘Aqabah, le rasage ou la coupe des cheveux, le sacrifice de l’offrande, le Tawâf Al-Ifâdah et le Sa‘y. Les habitants rejoignent aussi leurs frères pèlerins pour accomplir la prière de l’‘Îd, le sacrifice des bêtes, le Takbîr et l’évocation d’Allah ﷻ.
Quant au jour d'Al Qarr, c'est le premier des jours de Tachrîq, les jours où les pèlerins achèvent les rites de leur pèlerinage et égorgent leurs offrandes, et où les résidents égorgent ce qui reste de leurs sacrifices ; tous mangent alors et boivent, et évoquent Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) pour la subsistance qu'Il leur a accordée et pour les avoir guidés. Il ﷺ a dit : « Les jours de Tachrîq sont des jours de manger, de boire et de rappel d'Allah. » Rapporté par Muslim (n°1141).
Pendant les jours de Tachrîq, il est recommandé aux musulmans de se rappeler d’Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) après les prières obligatoires par la proclamation de la grandeur d'Allah restreint, juste après le salut final ; Son rappel par la proclamation de Son nom et Sa grandeur lors de l'égorgement rituel, qu’il s’agisse d’un sacrifice ou d'une offrande ; ainsi que de Le mentionner en mangeant et en buvant, en prononçant Son nom au début et en Le louant à la fin. En effet, dans un hadith, il est rapporté du Prophète ﷺ : « Certes, Allah agrée vraiment serviteur qui Le loue lorsqu'il mange une bouchée ou qui Le loue lorsqu'il boit une gorgée. » Rapporté par Muslim (n°2734).
Parmi les façons de se rappeler d’Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) durant ces jours bénis, il y a le fait d’accomplir les rites qui s’y déroulent, comme la station dans les lieux sacrés, le Tawâf, le Sa’y, la lapidation des stèles, le séjour nocturne, ainsi que d’autres rites semblables. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Afin de bénéficier des bienfaits du pèlerinage et d’invoquer, en des jours déterminés, le nom d’Allah au moment de sacrifier les bêtes qu’Il leur a attribuées. Mangez donc une partie de leur viande et nourrissez-en les pauvres dans le besoin. 28 } [Le Pèlerinage, 22 : 28].
Et Il (Glorifié soit-Il) a dit : {Invoquez le nom d’Allah un nombre limité de jours. Quiconque s’empresse de quitter Mina après deux jours seulement ne commet aucun mal, pas plus que celui qui préfère s’attarder, à condition de se préserver du péché. Craignez Allah et sachez que c’est vers Lui que vous serez rassemblés. 203 } [La Vache, 2 : 203].
Et Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Une fois les rites du pèlerinage achevés, glorifiez et louez Allah de la même manière que vous louez vos ancêtres, voire avec plus de ferveur...} [La Vache, 2 : 200]. Il convient donc pour nous, ô serviteurs d'Allah, lorsqu'Allah nous a gratifiés de ces immenses bienfaits – tels que la saine croyance, la sécurité dans nos patries, la santé de l'esprit et le bien-être du corps, ainsi que l'abondance de faveurs et de bienfaits qui ne peuvent être dénombrés – il convient donc pour nous de nous souvenir de nos frères musulmans en tout lieu, par une invocation sincère afin qu'Allah leur donne la victoire sur leurs ennemis mécréants, ou par une aumône que nous dissimulons et rendons sincère pour la Face d'Allah. Car la véritable et parfaite reconnaissance consiste à unir la parole de la langue, l'aveu du cœur, et l'utilisation des bienfaits pour obéir au Bienfaiteur (Glorifié soit-Il). Quant à l'utilisation des bienfaits dans la désobéissance, quelle qu'elle soit, elle constitue une mécréance envers le bienfait et un reniement du Bienfaiteur. Alors, persévérons dans le rappel d'Allah et dans Sa reconnaissance en ces jours comptés, et prenons garde à l'insouciance à l'égard du rappel, ainsi qu'au détournement de l'obéissance et de la reconnaissance. Partageons avec les pèlerins la quête de la récompense et la recherche du salaire divin, car les portes du bien sont nombreuses et abondantes, et le don d'Allah est encore plus grand et plus abondant. Le doué de raison est celui qui profite des saisons des bienfaits et des bénédictions, qui les remplit d'actes d'obéissance et de bonnes œuvres, qui multiplie les actes surérogatoires et recommandés, et qui s'éloigne des péchés et des mauvaises actions. Et dans le hadith Qudsi, Allah (Élevé soit-Il) a dit : « Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par quelque chose que J’aime davantage que lorsqu’il accomplit ce que Je lui ai ordonné. Et il continue de se rapprocher de Moi par les œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. Quand Je l’aime, Je deviens alors son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main par laquelle il prend et son pied par lequel il marche. S’il Me demande, Je lui accorde, et s’il cherche refuge auprès de Moi, Je lui accorde refuge. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6502).
Je me réfugie auprès d'Allah contre Satan le lapidé : {Nous avons assigné à chaque communauté un rite sacrificiel afin que ses membres invoquent le nom d’Allah au moment d’immoler les bêtes du cheptel qu’Il leur a attribuées. Votre Dieu est un dieu unique. Soumettez-vous donc à Ses commandements. Fais heureuse annonce à ceux qui Lui obéissent humblement, 34 ceux dont les cœurs frémissent de peur à la seule évocation du Seigneur, qui supportent patiemment les épreuves qu’ils subissent, accomplissent assidûment la prière et offrent par charité une partie de ce que Nous leur avons accordé. 35 Nous avons fait pour vous des chamelles des bêtes sacrificielles où vous trouvez bien des avantages. Prononcez donc sur elles le nom d’Allah lorsqu’elles sont sur le point d’être immolées. Puis, lorsqu’elles gisent sans vie sur le flanc, vous pouvez vous nourrir de leur chair sans oublier d’en distribuer une partie aux nécessiteux qui s’abstiennent de quémander comme aux mendiants. Nous vous les avons ainsi soumises afin que vous vous montriez reconnaissants. 36 Ni leur chair, ni leur sang ne parviendront à Allah. Seules Lui parviennent les œuvres que vous accomplissez dans le but de Lui plaire. C’est ainsi qu’Allah a mis ces bêtes à votre disposition afin que vous Le glorifiiez pour vous avoir guidés. Fais donc heureuse annonce aux adorateurs sincères du Seigneur. 37 } [Le Pèlerinage, 22 : 34 à 37].
Introduction du second sermon
Louange à Allah ; je Le loue, je recherche Son aide, j'implore Son pardon et je sollicite Sa guidée. Je crois en Lui, je m'en remets à Lui et je ne mécrois pas en Lui ; et je suis hostile à quiconque mécroit en Lui. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Quiconque obéit à Allah et Son Messager, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a certes été bien-guidé ; et quiconque leur désobéit s'est certes égaré et s'est fourvoyé dans un lointain égarement.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Craignez donc Allah (Élevé soit-Il) comme Il doit être craint, et empressez-vous vers Son pardon et Son agrément. {... Allah ménagera toujours une heureuse issue à celui qui Le craint 2 et pourvoira, de la manière la plus inattendue, à ses besoins... 3 } [Le Divorce, 65 : 2-3].
Ô Musulmans ! Vous êtes en des jours où il est recommandé de manger et de boire, afin de vous fortifier pour le rappel d'Allah et Son obéissance. C'est pour cette raison qu'il a été interdit de les jeûner. Il ﷺ a dit : « Ne jeûnez pas ces jours. En effet, ce sont des jours de nourriture et de boisson. » Rapporté par An-Nassâ`î dans : As-Sunan Al-Kubrâ (n°2883), Ibn Mâjah (n°1719) et Ahmad (n°10664). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et Al Bukhâri rapporte, d'après 'Aïcha et Ibn 'Umar (qu'Allah les agrée tous les deux) qui ont dit : « Il n'est pas permis de jeûner pendant les jours de Tachrîq excepté pour quiconque n'a pas trouvé d'offrande. »
Mangez et buvez, échangez des cadeaux et faites l’aumône ; entretenez les liens, soyez miséricordieux les uns envers les autres, rendez-vous visite et pardonnez-vous mutuellement. Respectez vos liens de parenté et gardez-vous de les rompre. Faites de vos jours de fête des jours de joie, de bonheur et d’allégresse, et ne laissez pas ce bas-monde vous tromper, ni vous distraire, ni vous diviser ; car il n’est qu’une demeure de passage et de transit.
Ô frères, certes, notre Seigneur (Exalté et Magnifié soit-Il) est d'une grâce immense et d'une générosité infinie ; Sa faveur n'est pas limitée et ne se circonscrit ni à un lieu ni à un temps. Ainsi, celui qui n'a pu accomplir le Pèlerinage en raison d'un empêchement, qu'il s'attache aux autres piliers et préceptes. Et celui qui a manqué la station en ces lieux sacrés grandioses, qu'il se tienne avec Allah en permanence. Et celui qui ne s'est pas tourné vers la Maison en pèlerin, qu'il se tourne vers Lui à tout moment avec humilité, et L'invoque à toute heure avec crainte et révérence. Et qu'il perfectionne sa relation avec son Seigneur, ainsi que sa relation avec les créatures ; en effet, {... La miséricorde d’Allah est toute proche des hommes de bien.} [Les Murailles, 7 : 56].
***
Titre du sermon
Les décrets de l'offrande
Introduction du premier sermon :
Certes, la louange appartient à Allah. Nous Le louons, demandons Son aide et implorons Son pardon. Nous nous réfugions auprès de Lui contre les maux de nos âmes et de nos mauvaises actions. Quiconque Allah guide, nul ne peut l’égarer et quiconque Il égare, nul ne peut le guider.
Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, Son élu, Son ami intime, le dépositaire de Sa révélation et le meilleur de Sa création. Qu'Allah le couvre d'éloges, ainsi que sa famille et ses Compagnons — les imams de la guidée et les flambeaux dans l'obscurité — et quiconque les suit et se contente de cela. Et qu'Il les salue abondamment jusqu'au Jour de la Rétribution.
{Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence. 1 } [Les Femmes, 4 : 1]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! 70 Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. 71 } [Les Coalisés, 33 : 70-71]
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah, serviteurs d’Allah ! Certes, Sa crainte (Exalté et Magnifié soit-Il) est l’un des plus sublimes états spirituels et des plus immenses degrés. C’est une recommandation dont on ne se lasse jamais, qu’on aime entendre et répéter. C'est la recommandation de notre Seigneur (Glorifié et Élevé soit-Il) qu'Il a nous a adressé : {... Nous avons ordonné à ceux qui ont reçu les Ecritures avant vous et à vous-mêmes de craindre Allah... } [Les Femmes, 4 : 131].
Qu’Allah me compte ainsi que vous parmi Ses pieux serviteurs et Ses vertueux alliés ; certes, Il est Celui qui entend et exauce.
Ô mes frères en Allah : Étant donné que la condition pour qu'il soit permis de manger l'animal terrestre est qu'il soit sacrifié selon le sacrifice religieux, et que ce qui n'a pas subi ce sacrifice est considéré comme une bête morte et illicite ; l'étude du sacrifice et la connaissance de ce qui lui est nécessaire sont donc d'une très grande importance.
L'égorgement consiste à ôter la vie de l'animal terrestre dont la viande est licite à la consommation, en le sacrifiant au bas du cou s'il s'agit de chameaux, ou en l'égorgeant à la gorge s'il s'agit de bovins, d'ovins ou d'animaux semblables, ou en le blessant en n'importe quelle partie de son corps, comme pour le gibier ou la bête en fuite que l'on ne peut maîtriser autrement.
La sagesse de l'abattage rituel :
Manifester sa soumission à Allah (Élevé soit-Il) en la sacrifiant en Son nom, manifester sa reconnaissance pour ce bienfait, purifier l'animal des humeurs et excrétions nuisibles (comme le sang et ce qui s'y apparente), et le distinguer de la bête morte.
Les conditions de l'abattage rituel et ses bienséances :
L’abattage rituel obéit à des conditions et à des pratiques précises qu’il est important de suivre et de respecter ; la licéité de l’animal abattu repose sur certaines de ces règles, notamment :
Premièrement : Il faut avoir l’intention de procéder à l'abattage rituel (At-Tadhkiyah), à savoir : le sacrificateur doit être doté de discernement et de raison de sorte à formuler l'intention d'abattage ; en raison de la parole d'Allah (Élevé soit-Il) : {...excepté celle que vous avez pu égorger alors qu’elle était vivante...} [La Table Servie, 5 : 3]. Une personne incapable de formuler une intention, comme : un vieillard sénile, un enfant ne distinguant pas les choses, quelqu’un privé de raison, une personne ivre ou quiconque leur ressemble, ne peut avoir l’intention de sacrifier ; ainsi, l’animal qu’elle immole n’est pas considéré comme licite.
Deuxièmement : Le sacrificateur doit être musulman, qu’il s’agisse d’une femme, d’un pécheur dont la faute ne relève pas de la mécréance, ou d’un adepte des religions du Livre ; en raison de Sa parole (Élevé soit-Il) : {Toute nourriture pure et saine vous est donc désormais autorisée, de même que vous sont autorisées les bêtes égorgées par les gens du Livre, qui peuvent eux-mêmes consommer les animaux que vous avez sacrifiés.... } [La Table Servie, 5 : 5].
De nombreux savants affirment que les musulmans s’accordent sur la licéité des bêtes abattues par les Gens du Livre, sauf lorsque leur méthode d’abattage contrevient clairement à la loi religieuse.
Troisièmement : Le sacrifice ne doit être destiné qu’à Allah, et non offert aux idoles, statues ou autres pratiques similaires des polythéistes ; cela est interdit, même si le nom d’Allah a été prononcé ; en raison de Sa parole (Élevé soit-Il) : {Vous sont défendus la bête morte... } Jusqu'à Sa parole : {... Les bêtes immolées sur les autels païens... } [La Table Servie, 5 : 3].
Et il est bien attesté [de manière authentique] que le Prophète ﷺ a dit : « Qu'Allah maudisse quiconque égorge pour autre que Lui. » Rapporté par Muslim (n°1978).
De même, tout ce sur quoi a été prononcé le nom d’un autre qu’Allah, qu’il s’agisse d’un Prophète, d’un saint, d’un chef ou d’une personnalité éminente, est interdit, même s’il a été abattu rituellement ; en raison de Sa parole (Élevé soit-Il) : {Vous sont défendus la bête morte...} jusqu'à Sa parole : {...Et tout animal sacrifié aux fausses divinités...} [La Table Servie, 5 : 3]. Et Ibn Kathîr a rapporté l'unanimité sur l'interdiction de ce qui a été consacré à un autre qu'Allah. Tafsîr Ibn Kathîr (3/17).
Quatrièmement : Le Nom d’Allah doit être prononcé sur l’animal à sacrifier ; en effet, le Prophète ﷺ a cité le Nom d’Allah et proclamé Sa grandeur, comme l’attestent les hadiths authentiques. Assurément, Allah (Élevé soit-Il) a dit : {...Mangez donc des bêtes sur lesquelles le nom d’Allah a été prononcé...} [Les Bestiaux, 6 : 118]. Et Il (Élevé soit-Il) a dit : {Gardez-vous de manger des bêtes sur lesquelles le nom d’Allah n’a pas été prononcé, car vous commettriez une grave transgression...} [Les Bestiaux, 6 : 121]. Et d'après Râfi' ibn Khadîj (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Ce qui fait couler le sang et sur lequel le nom d'Allah est mentionné, alors mangez-en ! » Rapporté par Al Bukhârî (n°2488) et Muslim (n°1968). Il y a deux conditions à la licéité de la consommation :
• Le jaillissement du sang : c'est faire couler le sang.
• Et la mention du nom d'Allah sur lui.
Il est clair que ce sur quoi le nom d’Allah n’a pas été mentionné, même par ignorance ou par oubli, n’est pas permis à la consommation. De la même manière, le sacrifice de celui qui n’a pas fait couler le sang, que ce soit par ignorance, oubli ou volontairement, n’est pas licite, tout comme celui qui omet de mentionner le nom d’Allah au moment de l’égorgement.
Cinquièmement : L’immolation doit se faire avec un instrument tranchant, comme : un couteau, une pierre ou un objet similaire (autre que la dent et l’ongle) ; en raiosn du hadith rapporté par Râfi’ ibn Khadîj (qu’Allah l’agrée) dans lequel le Prophète ﷺ a dit : « Ce qui fait couler le sang et sur lequel le nom d'Allah est mentionné, alors mangez-en ! Mais n’utilisez pas les dents, ni les ongles. »
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance, et à Lui la reconnaissance pour Son assistance et Sa faveur. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, en exaltation de Sa grandeur ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, celui qui appelle à Son agrément. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ceux qui le suivent, et qu'Il les salue abondamment jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du deuxième sermon
Ô Musulmans : nous poursuivons ce que nous avons entamé dans le premier sermon au sujet des conditions et des convenances de l'abattage rituel ; nous disons donc, et la réussite ne provient que d'Allah :
Sixièmement : Le sang doit jaillir (c’est-à-dire : il doit s’écouler avec force et abondance), et ce point demande un développement :
1- Si la bête que l'on veut sacrifier est maîtrisée et peut être amenée pour l'abattage, il faut alors faire couler le sang en un lieu précis, qui est le cou, comme cela a été mentionné précédemment. Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit : L'immolation se fait au niveau du cou pour les bovins, les ovins et ce qui s'y apparente ; et au niveau du haut du poitrail pour les chameaux. Rapporté par Al Bukhârî, en commentaire (7/93). Et 'Atâ' a dit : « Point d'abattage rituel ni d'immolation, si ce n'est au lieu de l'abattage et au lieu de l'immolation. » Rapporté par Al Bukhârî de manière suspendue (7/93). Par la coupure ou une blessure grave de chacun de :
• Le pharynx : C’est le passage de la respiration.
• L'œsophage : C'est le passage de la nourriture et de la boisson.
• Les deux jugulaires : Ce sont deux grosses veines qui entourent le pharynx et l’œsophage.
En cela réside l'évacuation du sang duquel dépend la vie de l'animal, et la purification de son corps de la rétention de sang et autres humeurs nocives et viciées.
2- Si l'animal que l'on veut sacrifier n'est pas à portée de main, parce qu'il s'est enfui, qu'il est tombé dans un puits, que l'avant de son corps est entré dans une grotte, ou dans toute autre situation similaire qui empêche d'atteindre son cou pour l'égorger, il suffit alors de faire couler son sang depuis n'importe quel endroit de son corps jusqu'à ce qu'il meure. Et le mieux est de chercher l'endroit de son corps qui hâtera le plus sa mort ; conformément à la parole d'Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) : « Ce qui te domine parmi les bêtes que tu possèdes est alors comme le gibier. Et au sujet d'un chameau qui est tombé dans un puits : immole-le de l'endroit où tu peux l'atteindre. » Rapporté par Al Bukhârî, en commentaire (7/93).
Son argument à ce sujet est ce qui est rapporté dans le Recueil Authentique : le Prophète ﷺ et ses Compagnons (qu'Allah les agrée) étaient en expédition militaire et prirent des chameaux et des moutons. Un chameau s'échappa d'entre eux - c'est-à-dire : il prit la fuite - ; un homme lui lança une flèche et l'immobilisa. Le Prophète ﷺ dit alors : « Certes, parmi ces chameaux, il y en a qui ont des natures sauvages semblables à celles des animaux sauvages ; ainsi, si l'un d'entre eux vous domine, alors agissez avec lui comme ceci. » Rapporté par Al Bukhârî (n°5503) et Muslim (n°1968).
Nous demandons à Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) de nous instruire dans la religion, et qu'Il nous accorde de suivre la Tradition (As-Sunnah) du Maître des Envoyés ﷺ.
Et priez et saluez votre Prophète Muhammad ibn 'AbdiLlah ; en effet, votre Seigneur vous l'a ordonné dans Son Livre. Allah (Exalté soit-Il) a dit : {Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui croyez ! Bénissez-le et saluez-le vous aussi ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
Et il a dit ﷺ : « Quiconque prie sur moi une seule fois, Allah prie sur lui dix fois. » Rapporté par Muslim (n°384).
****
Titre du sermon
Les jugements du voyage
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, Il a créé les créatures pour qu'elles L'adorent, et leur a accordé leur subsistance pour qu'elles Le remercient. Je Le loue (Glorifié soit-Il) pour Ses immenses bienfaits, et je Le remercie pour Ses faveurs successives. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, les trésors des cieux et de la terre sont entre Ses Mains. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager ; il n'est de bien vers lequel il n'ait guidé sa communauté, et il n'est de mal contre lequel il ne l'ait mise en garde. Qu'Allah le couvre d'éloge et le préserve, ainsi que sa famille, ses Compagnons, et quiconque suit leur bonne voie jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : Ô gens ! Craignez Allah (Élevé soit-Il), obéissez-Lui et soyez conscients qu'Il vous observe, que vous soyez résidents ou en voyage ; en effet, Il (Glorifié soit-Il) est l'Observateur de toute chose, et Il est Omniscient de toute chose. {Que vous révéliez vos intentions ou que vous les dissimuliez, Allah a une parfaite connaissance de toute chose. 54 } [Les Coalisés, 33 : 54].
Serviteurs d'Allah : on constate chez les gens un empressement pour les déplacements et les voyages, particulièrement en période de vacances. Certains d'entre eux préparent leurs bagages pour un long périple, qui occupera peut-être la majeure partie de l'été. Et notre sermon d'aujourd'hui sera l'occasion de marquer un temps d'arrêt sur ce sujet ; car le voyage a ses bonnes manières et ses décrets :
Premièrement : Quiconque décide de voyager doit corriger son intention et son objectif concernant ce voyage. Celui qui réfléchit bien concernant la situation des voyageurs trouvera une chose et une différence étonnantes dans leurs buts : certains d'entre eux voyagent dans l’obéissance d'Allah, tandis que d’autres le font dans la désobéissance. Il y a un monde entre celui qui recherche le bien et ce qui est convenable, et celui qui s’oriente vers des agissements blâmables et équivoques ; il n'y a rien à voir entre les deux. Parmi les voyageurs d’aujourd’hui, certains cherchent à travers leurs voyages la satisfaction d’Allah et la demeure éternelle. Ils orientent leurs montures vers tout ce qui est beau et conforme à la bonne guidée. L’amour de la beauté et du tourisme ne les conduit pas à sortir vers des lieux d’actes répréhensibles ni à s'assoir en compagnie de personnes corrompues ou plongées dans les péchés destructeurs. Leur tourisme est ainsi guidé par les enseignements de l’Islam et ses bons comportements, et ses bonnes manières font partie des bonnes manières du Coran. Dans leurs voyages, ils veillent à accomplir tout bien et toute bonne voie. Le programme de leur voyage inclut la visite des proches et le maintien des liens familiaux. Durant leurs voyages, ils alternent entre divers actes d’obéissance et participent à l'accomplissement dans les voies du bien, en étant plongés dans tout ce qui est bien et permis tout en escomptant la récompense d’Allah dans cela. Ils sont donc comme une pluie bienfaisante où qu'elle tombe et ils répandent le bien partout où ils passent. Félicitations à eux du fait que leur tourisme est dans la satisfaction d’Allah et les limites de la Loi divine et ses bienséances.
Malheureusement, il existe une autre catégorie de voyageurs : des personnes qui se sont écartés du droit chemin et dont les intentions se sont perverties. Ils ont parcouru le ciel d’Allah et foulé Sa terre, non pas pour Lui obéir... Oh que non... ! Leur but dans leur voyage est de Lui désobéir ! Ils se sont rendus dans d’autres contrées pour y multiplier la corruption. Le but de leurs voyages est uniquement de satisfaire leurs désirs dans ce qui n'agrée pas le Seigneur des cieux et de la Terre. Durant ceux-ci, ils ont abandonné la prière, suivi leurs passions et sont tombés dans les péchés destructeurs. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre la situation de ces gens-là qui, durant leurs voyages, ont perdu à la fois leur religion et leur vie ici-bas.
Ô Voyageurs ! Sachez que le Feu est entouré par les désirs. Ne laissez donc pas Satan affaiblir votre religion sous prétexte de loisirs ou de tourisme dans des lieux risqués, remplis de tentations et d’ambiguïtés. Craignez Allah aussi bien durant vos séjours que lors de vos déplacements. Établissez votre religion comme votre Seigneur aime et non commes vous aimez. Soyez assidus à vos obligations religieuses et éloignez de ce qu’Allah a interdit, où que vous soyez. Sachez que rien de ce qui vous concerne n’échappe à Allah (Élevé soit-Il) en tout lieu et à tout moment. Réfléchissez bien sur la parole d’Allah (Magnifié soit Sa majesté) : {Ce jour-là, lorsque vous vous présenterez, rien ni personne ne pourra être caché. 18 } [L'Inéluctable, 69 : 18].
Ô serviteurs d'Allah : Sachez que la Législation islamique a institué pour les voyageurs des bonnes manières et des décrets que chaque voyageur se doit de connaître avant son voyage.
Parmi ces bonnes manières et ces décrets, il y a :
Premièrement : Soyez assidus à l’invocation du voyage, à l’aller comme au retour, conformément à ce qui est bien attesté [de manière authentique] de la part du Messager d’Allah ﷺ : lorsqu’il montait sur son chameau pour partir en voyage, il proclamait trois fois la grandeur d’Allah (At-Takbîr), ensuite il disait : « Gloire à Celui qui nous a soumis cela alors que nous n’étions pas capables de le maîtriser. Et c’est vers notre Seigneur que nous retournons vraiment. Ô Allah ! Nous Te demandons pour ce voyage la bonté, la piété et toute action qui Te plaît. Ô Allah ! Rends ce voyage apaisant et raccourcis-nous-en la distance. Ô Allah ! Tu es notre compagnon en route et le protecteur de nos familles. Ô Allah ! Je me réfugie auprès de Toi contre les fatigues du voyage, contre toute vue qui attriste, et contre tout mal pouvant nous atteindre à notre retour dans nos biens et auprès de nos proches. » Et lorsqu'il revenait, il disait la même chose et ajoutait : « Nous sommes de retour, repentants, dévoués à notre Seigneur et Le louant. » Rapporté par Muslim (n°1342).
Deuxièmement : Il convient au voyageur de ne pas oublier le rappel d’Allah tout au long de son voyage, plus particulièrement lorsqu’il se trouve sur des hauteurs ou dans des lieux plus bas. Jâbir (qu’Allah l’agrée) a dit : « Lorsque nous montions, nous proclamions la grandeur d’Allah, et lorsque nous descendions, nous Le glorifiions. » Rapporté par Al Bukhârî (n°2993).
Troisièmement : Le voyageur doit profiter de sa situation d'être en voyage pour multiplier les invocations en invoquant pour lui-même, sa famille et tous les musulmans. En effet, comme vous le savez, l'invocation du voyageur est exaucée, comme rapporté dans le hadith : « Trois invocations sont exaucées, sans l'ombre d'un doute : l'invocation du parent, celle du voyageur et celle de l’opprimé. » Rapporté par Tirmidhî (n°1905), qui l’a déclaré bon.
Quatrièmement : Lors d’un voyage, le voyageur peut raccourcir les prières de quatre unités à deux, et regrouper le Dhuhr avec le ‘Asr, ainsi que le Maghrib avec le ‘Ichâ’, selon ce qui lui est le plus simple, en regroupement anticipé ou différé. Quant aux prières surérogatoires habituelles, il est recommandé de les laisser de côté en voyage, comme le faisait le Prophète ﷺ.
Cinquièmement : Parmi les règles, le voyageur peut accomplir des prières surérogatoires sur sa monture. Pour l’inclinaison et la prosternation, il se contente d’en imiter les gestes. Il doit essayer de se tourner vers la Qiblah lors du Takbîr d’ouverture (Takbîrah Al Ihrâm), puis un changement de direction ne lui causera aucun tort.
Sixièmement : Parmi les décrets liés au voyage, on trouve la permission pour celui qui jeûne de rompre son jeûne, ainsi que la possibilité d’essuyer sur les chaussons en cuir ou les chaussettes pendant trois jours et trois nuits, au lieu d’un jour et une nuit pour le résident. Ces règles, ainsi que d’autres propres au voyage, s’appliquent dès que l’on quitte les dernières habitations de sa ville avec l’intention de voyager.
Et quiconque a achevé son voyage, qu’il s'empresse de retourner auprès de sa famille ; en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Le voyage est une partie du châtiment qui empêche l'un d'entre vous de dormir, manger et boire. Alors, lorsque l'un d'entre vous a fini ce pour quoi il est parti, qu'il s'empresse donc de rentrer auprès de sa famille. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1804) et Muslim (n°1927).
Il est conseillé à celui qui revient de voyage de passer d’abord par la mosquée avant de rentrer chez lui. C’est une tradition (Sunnah) souvent délaissée et que peu de personnes pratiquent. En effet, selon Ka'b ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ : « Lorsqu'il revenait de voyage, il passait d’abord par la mosquée pour y accomplir deux unités de prière. » Rapporté par Al Bukhârî (n°3088) et Muslim (n°2769).
Lorsqu'un voyageur a longtemps été absent de sa famille et souhaite rentrer, alors il ne doit pas les surprendre par son retour. Plutôt, il convient qu'il les prévienne à l’avance. En effet, le Prophète ﷺ a interdit de procéder ainsi. « Pour que celle dont les cheveux sont en bataille se coiffe et que celle dont le mari était absent se rase. » Rapporté par Al Bukhârî (n°5079) et Muslim (n°715).
Voici quelques bonnes manières et décrets pour les voyageurs, par lesquelles je me fais un rappel ainsi qu'à vous. J'implore Allah de nous accorder, ainsi qu'à vous, la bonne compréhension de la religion. Je dis ces paroles que vous entendez et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous ; implorez donc Son pardon, car Il est certes le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du deuxième sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance, et le remerciement Lui est dû pour Son réussite et Ses faveurs. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du second sermon
Serviteurs d'Allah ! Il incombe au voyageur de garder à l'esprit, durant son voyage, la crainte d'Allah (Glorifié soit-Il) dans ce qu'il entreprend et délaisse. Il lui incombe également d'avoir une bonne intention, une compagnie pieuse, d'être généreux envers ceux qui l'accompagnent et de leur apporter de la joie. Que son voyage soit un voyage d'obéissance par lequel il se rapproche d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) et qu'il prenne garde d'un voyage menant à la désobéissance d'Allah, ou de séjourner dans des lieux qu'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) répugne.
Ô vous les hommes ! Il convient que quiconque a l'intention d'entreprendre un voyage dans ce bas monde, que ce voyage soit long ou court, se souvienne par là du long voyage vers l'au-delà. Qu'il médite sur sa destination à l'issue du voyage de ce bas monde, et qu'il se rappelle, par ce biais, la destination finale après le voyage de l'au-delà : sera-ce un Paradis aussi large que les cieux et la terre ou un Feu ardent ? Nous nous réfugions auprès d'Allah contre l'Enfer et son châtiment. Il nous incombe à tous de nous alléger de nos péchés et de nos fautes, de demander pardon à ceux que nous avons lésés et de restituer leurs droits à qui de droit avant le voyage de l'au-delà ; en effet, dans un hadith, il est dit : « Quiconque a fait du tort à son frère, que ce soit en portant atteinte à son honneur ou quoi que ce soit d'autre, doit s'en délier dès aujourd’hui, avant qu’il ne reste ni or ni argent. S’il possède des oeuvres vertueuses, on lui en prendra en proportion de son injustice, et s’il n'a pas de bonnes actions, alors on prendra une partie des mauvaises actions de la personne et on les lui chargera. » Rapporté par Al Bukhârî (n°2449).
Ceci dit, priez sur le meilleur des pieux et le maître des Envoyés, et saluez-le comme vous l'a ordonné l'Omniscient, le Bien-Informé. En effet, Le Très-Haut Locuteur, l'Omniscient, a dit : {Allah et Ses anges bénissent le Prophète. Vous qui avez la foi, bénissez-le et adressez-lui vos salutations ! 56 } [Les Coalisés, 33 : 56].
Et il a dit ﷺ : « Quiconque prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois. » Rapporté par Muslim (n°384).
Titre du sermon
Le souvenir de la mort
Introduction du premier sermon :
La louange appartient à Allah ; je Le loue, je recherche Son aide, j'implore Son pardon et j'implore Sa guidée. Je crois en Lui, je m'en remets à Lui et ne mécrois pas en Lui, et je prends pour ennemi quiconque mécroit en Lui. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Il a envoyé avec la guidée, la religion de vérité, la lumière et l'exhortation, après une interruption des Messagers et un long intervalle de temps, à une époque de peu de science et d'égarement des gens, alors que l'Heure approchait et que le terme était imminent. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager ﷺ a certes suivi la voie de la rectitude ; et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager s'est certes égaré, a été négligent et s'est égaré d'un lointain égarement.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Je me recommande à moi-même, ainsi qu'à vous, la crainte d'Allah ; car la meilleure recommandation que le musulman puisse se faire à lui-même et à son frère est de l'inciter à se préoccuper de l'au-delà et de lui ordonner la crainte d'Allah. Prenez donc garde à ce dont Allah Lui-même vous a mis en garde, car il n'est pas de meilleur conseil que celui-là, ni de meilleur rappel. C'est en vérité une piété pour celui qui œuvre avec crainte et appréhension, et un soutien véritable pour ce que vous recherchez des affaires de l'au-delà. Celui qui améliore la relation qui le lie à Allah en secret et en public, ne recherchant par cela que la Visage d'Allah, aura une mention honorable dans sa vie présente, et une provision pour l'après-mort, lorsque l'homme aura besoin de ce qu'il a avancé. Quant à ce qui est en dehors de cela ; {... Il voudra rester séparé pour toujours. D’une infinie bonté envers Ses serviteurs, Allah les avertit de Son châtiment.} [La Famille d'Imrân, 3 : 30].
Celui qui est véridique dans Sa parole et qui tient Sa promesse sans jamais faillir à elle ; en effet, Il (Élevé soit-Il) a dit : {Mes décisions ne peuvent être changées, et mes serviteurs ne doivent pas être punis injustement. 29 } [Qaf, 50 : 29].
Ô gens :
Craignez Allah dans votre affaire immédiate et future, en secret et en public ; en effet, Allah (Élevé soit-Il) a dit : {... Allah ménagera toujours une heureuse issue à celui qui Le craint 2 et pourvoira, de la manière la plus inattendue, à ses besoins. Allah sera toujours d’un soutien suffisant à celui qui s’en remet à Lui. Allah, qui a assigné une mesure et un terme à toute chose, exécute toujours Ses décrets. 3 } [Le Divorce, 65 : 2-3]. Et il a dit : {... Allah facilite toujours les choses à ceux qui Le craignent.} [Le Divorce, 65 : 4]. Et Il a dit : {...Allah effacera les mauvaises actions de ceux qui Le craignent et leur accordera une immense récompense.} [Le Divorce, 65 : 5].
Certes, la crainte d'Allah protège de Son aversion, Sa punition et Son courroux ; elle blanchit le visage, agrée le Seigneur et élève le degré.
Ô gens :
Repentez-vous à votre Seigneur avant de mourir ! Empressez-vous d'accomplir les bonnes œuvres avant d'être préoccupés. Maintenez le lien entre vous et votre Seigneur par Son obéissance et la multiplication de Son invocation, vous connaîtrez le bonheur. Multipliez les aumônes, vous recevrez les biens. Ordonnez le convenable, vous prospérerez, et interdisez le blâmable, vous serez secourus.
Ô gens :
Certes, le plus intelligent d'entre vous est celui qui se rappelle le plus la mort, et le plus prévoyant, celui qui s'y prépare le mieux. Certes, l'un des signes de la raison consiste à se détourner de la demeure de l'illusion, à revenir à la demeure de l'éternité, à se munir de provisions pour le séjour dans les tombes, et à se préparer pour le Jour de la Résurrection.
Ô gens :
Parez-vous de l’obéissance et revêtez le voile de la crainte. Consacrez vos efforts à votre demeure finale, et sachez que vous partirez sous peu et que c’est vers Allah que vous retournerez. Là-bas, rien ne vous sera d’aucun secours, si ce n’est une œuvre pieuse que vous aurez avancée ou une belle récompense que vous aurez acquise. En vérité, vous ne trouverez que ce que vous aurez préparé et vous serez rétribués uniquement pour vos actes passés. Ne vous laissez donc pas leurrer par les ornements d’un vil bas monde, au détriment des hauts degrés du Paradis. Car ce sera comme si le voile était déjà levé, le doute dissipé, et que chaque être rejoignait sa demeure finale, connaissant ainsi son lieu de séjour et de repos.
Ô gens :
Saisissez votre part et ne soyez pas négligents envers Allah ; en effet, Allah vous a enseigné Son Livre et Il vous a tracé Sa voie. {... Allah distinguera de cette manière ceux qui sont sincères des menteurs.} [L'Araignée, 29 : 3].
Soyez bienfaisants comme Allah a été bienfaisant envers vous, et prenez pour ennemis Ses ennemis ; {... Luttez de toutes vos forces pour la cause d’Allah. C’est Lui qui vous a choisis, ne vous imposant aucune gêne dans l’exercice de votre religion, celle de votre ancêtre Abraham. C’est Lui qui vous a désignés comme les « soumis »... } [Le Pèlerinage, 22 : 78].
{Vous aviez alors installé votre campement sur le versant de la vallée le plus proche, tandis que l’ennemi campait sur le versant le plus éloigné et que la caravane se trouvait en contrebas. Si vous vous étiez donné rendez-vous, vous l’auriez certainement manqué, mais le décret d’Allah devait être exécuté afin que celui qui devait périr périsse sans aucune excuse et que celui qui devait survivre vive en connaissance de cause. Allah entend tout et sait tout. 42 } [Les Prises de Guerre, 8 : 42].
Et il n'y a de puissance que par Allah. Multipliez donc le rappel d'Allah, et œuvrez pour ce qui vient après la mort ; en effet, celui qui réforme ce qu'il y a entre lui et Allah, Allah lui suffira pour ce qui est entre lui et les gens. Et ce, parce qu'Allah décrète sur les gens et qu'ils ne décrètent pas sur Lui, et qu'Il règne sur les gens et qu'ils ne règnent pas sur Lui. Allah est le plus Grand, et il n'y a de puissance que par Allah, le Très-Haut, Le Majestueux.
Ô gens :
Le repentant attend d'Allah la Miséricorde, et celui qui est imbu de sa personne attend l'aversion. Et sachez, ô serviteurs d'Allah, que toute personne qui œuvre sera confrontée à son œuvre, et ne quittera pas ce bas-monde avant d'avoir vu le bien et le mal de son œuvre. En effet, les œuvres ne valent que par leur fin. Et la nuit et le jour sont deux montures, parcourez-les donc de la meilleure des manières.
Qu'Allah me bénisse ainsi que vous par le Coran Majestueux, et nous fasse tous bénéficier de ses versets et de son sage Rappel.
Je dis ces paroles-ci et j'implore le pardon d'Allah, l'Immense, le Sublime, pour moi ainsi que pour vous de tout péché. Implorez donc Son pardon, Il vous pardonnera. Certes, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, d'une louange abondante, pure et bénie, telle que notre Seigneur l'aime et l'agrée. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah le couvre d'éloge, le préserve et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons, et quiconque suit leur voie jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du deuxième sermon
Ô gens :
En vérité, celui qui est en ce bas monde n'est qu'un invité, et ce qui est entre ses mains, un prêt. L'invité est de passage, et le prêt doit être restitué. Sachez que ce bas monde est un bien éphémère dont jouissent le vertueux comme le pervers, tandis que l'au-delà est une promesse véridique où règnera un Roi Dominateur. Qu'Allah fasse miséricorde à une personne qui veille sur son âme et prépare sa tombe, tant qu'il est encore libre d'œuvrer, avant que son terme n'expire et que son œuvre ne soit interrompue.
Fils d'Adam :
Modère tes désirs, et la pauvreté te sera aisée. Diminue tes péchés, et la mort te sera facile. Fais précéder tes biens, et tu te réjouiras de les retrouver. Contente-toi de ce qui t'a été octroyé, et ton Jugement sera allégé. Ne te laisse pas distraire des obligations qu'Allah t'a prescrites par ce qu'Il t'a déjà garanti. En vérité, ce qui t'est destiné ne saurait t'échapper, et tu n'atteindras jamais ce qui t'a été refusé. Ne t'épuise donc pas pour ce qui est voué à disparaître, mais œuvre pour un royaume qui ne périt point, dans une demeure que l'on ne quitte jamais. En effet, ce bas monde et l'au-delà sont tous deux poursuivants et poursuivis : celui qui recherche l'au-delà est lui-même recherché par ce bas monde jusqu'à ce qu'il ait reçu l'intégralité de sa subsistance ; et celui qui recherche ce bas monde est pourchassé par l'au-delà jusqu'à ce que la mort le saisisse au cou. Il se retrouve alors dans les entrailles d'une terre désolée et poussiéreuse, plongé dans une obscurité ténébreuse, incapable d'ajouter la moindre bonne action à son compte ou d'en retrancher la moindre faute. Puis, il sera ressuscité et rassemblé, soit pour un Paradis dont les délices sont éternels, soit pour un Feu dont le châtiment est sans fin.
Ô Allah ! Prie sur Muhmmad et sur la famille de Muhammad.
***
Titre du sermon
L'incitation à acquérir le gain licite et à s'éloigner du gain illicite.
Introduction du premier sermon
Certes, la louange appartient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous nous repentons auprès de Lui. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses Compagnons.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô vous les croyants, serviteurs d'Allah, craignez Allah, car celui qui Le craint, Il le protège et le guide vers ce qu'il y a de meilleur pour sa religion et sa vie d'ici-bas. Sachez ensuite – qu'Allah vous préserve – que les bienfaits d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) sur nous sont si nombreux qu'on ne peut les dénombrer, ni les recenser. Et parmi Ses bienfaits (Glorifié soit-Il) : le fait d'avoir établi Ses serviteurs sur la terre et d'avoir mis à leur disposition toutes sortes de subsistances et de bons fruits dont ils se nourrissent et qui alimentent leurs corps ; afin qu'ils consomment de ce qui est bon et licite, qu'ils louent le Seigneur Généreux et Le remercient pour Sa faveur, Ses dons et Sa grâce. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Nous vous avons établis sur terre où Nous avons placé votre subsistance. Mais vous montrez bien peu de reconnaissance. 10 } [Les Murailles, 7 : 10]. Dans ce domaine, il incombe au musulman de bien comprendre cette réalité et de savoir que le Seigneur, le Généreux, le Pourvoyeur, le Bienfaisant (Glorifié soit-Il) a établi sur cette Terre les moyens de gains licites et les formes de subsistances permises, en leur traçant les voies. Allah (Magnifié et Élevé soit-Il) a dit : {C’est Lui qui a rendu la vie sur terre plus facile pour vous. Explorez donc ses terres et profitez des bienfaits offerts par le Seigneur. C’est vers Lui que vous retournerez tous. 15 } [La Royauté, 67 : 15]. Arrête-toi ici, ô musulman, pour méditer sur la façon dont Allah (Béni et Élevé soit-Il) a conclu ce verset par Sa parole : {... C’est vers Lui que vous serez rassemblés.} [La Royauté, 67 : 15]. C'est-à-dire : le retour et la destination finale. En effet, dans cette vie, ton terme est limité et ton temps est compté, après quoi tu retourneras auprès d'Allah, tu te tiendras devant Lui et Il t'interrogera sur ce que tu as accompli. Et parmi les choses sur lesquelles Allah t'interrogera au Jour de la Résurrection, il y a tes biens, ta nourriture et ta boisson ; Il t'interrogera sur tout cela lorsque tu te tiendras devant Lui. D'ailleurs, dans un hadith, il est rapporté de manière authentique que le Prophète ﷺ a dit : « Au Jour de la Résurrection, les pieds du serviteur ne bougeront pas jusqu'à ce qu'on l'interroge concernant quatre choses » Et il mentionna parmi elles : « son argent, d'où il l'a acquis et dans quoi il l'a dépensé. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2417) et Ad-Dârimî (n°537). Et déclaré bon par Al Albânî. Ô musulman avisé et croyant sincère, réfléchis à ta propre conduite dans cette vie avant de te présenter devant Allah (Magnifié et Élevé soit-Il). Prépare une réponse claire et juste à la question qui te sera posée. En effet, par Allah, tu devras en rendre compte devant Lui.
L’un des bienfaits qu’Allah a accordés à Ses serviteurs, ô communauté de croyants, est d’avoir mis à leur disposition différents types de bonnes acquisitions et de profits permis, en rendant clair ce qui est licite et ce qui est illicite. Réfléchis bien à cela à travers ce qui est rapporté dans les Deux Recueils Authentiques, d’après le hadith d’An-Nu’mân ibn Bachîr (qu’Allah l’agrée) qui a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Certes, le licite est évident et l’illicite est évident. Entre eux, il existe des affaires ambigües que nombre de gens ne connaissent pas. Quiconque donc s'est prémuni contre les ambigüités, alors assurément il a préservé sa religion et son honneur ; quant à quiconque est tombé dedans, il est tombé dans l'illicite comme le berger qui fait paître son troupeau autour d’un enclos. Peu s’en faut qu’il l’y fasse paître. Or, chaque roi dispose d’un enclos. Et l’enclos d’Allah, ce sont Ses interdits. Certes, dans le corps, il y a un morceau de chair : s’il est sain, alors tout le corps sera sain. Et s’il est corrompu, alors tout le corps sera corrompu. Et ce morceau est le cœur ! » Unanimement Reconnu Authentique. [C’est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Serviteurs d'Allah :
Ce hadith est vraiment remarquable, son exposé est splendide, et les conseils, indications et orientations qu’il renferme sont parfaits ! Le Prophète ﷺ y a classé les affaires en trois catégories :
Une catégorie de ce qui est nettement licite, c'est-à-dire : ce que chaque musulman reconnaît comme licite et dont le statut n'est ambigu pour personne ; c'est-à-dire : son caractère licite est clair et sans ambiguïté.
La seconde catégorie, ô serviteurs d'Allah : Le Prophète ﷺ l'a décrite comme étant ce qui est illicite de manière évidente. C'est-à-dire : ce dont le caractère illicite est clair pour chacun, et ne prête à aucune ambiguïté pour un musulman. Cela englobe les types d'interdits dont les preuves, dans le Livre d'Allah et la Tradition de Son Prophète ﷺ, attestent de la prohibition, tout en mettant en évidence la gravité de leur danger et leurs funestes conséquences. Ce sont donc des affaires illicites dont l'interdiction est évidente.
Une troisième catégorie, ô serviteurs d'Allah, est celle que le Prophète ﷺ a décrite comme étant ambiguë. Ambiguë, non pas pour l'ensemble des gens, ni pour la totalité des musulmans, mais elle est plutôt ambiguë pour un grand nombre de gens. Il s'agit de choses ambiguës et équivoques que beaucoup de gens ne connaissent pas ; ce sont les ignorants parmi les musulmans, le commun d'entre eux, et ceux qui n'ont ni science, ni compréhension, ni clairvoyance dans la religion d'Allah. En effet, pour de telles personnes, certaines affaires deviennent ambiguës et certaines choses leur sont confuses, au point de ne pas savoir s'il s'agit du licite manifeste ou de l'illicite manifeste. Et c'est là, ô serviteurs d'Allah, qu'apparaissent le rang des savants, leur statut élevé et la faveur d'Allah sur eux par la dissipation de l'ambiguïté et la clarification des affaires, ôtant toute confusion. La parole : « beaucoup de gens ne les connaissent pas » signifie qu'il y a parmi les gens ceux qui les connaissent, et ce sont les savants bien enracinés et les juristes-théologiens véridiques, dont les musulmans ne peuvent se passer de leurs conseils, de leurs éclaircissements, de les interroger, de solliciter leurs avis juridiques et de se laisser guider par leur science et leur compréhension. Combien est grand leur impact sur les gens et combien est vaste leur bienfait ! Et comment en serait-il autrement, alors qu'ils sont les héritiers des Prophètes (paix sur eux tous).
Serviteurs d'Allah :
Le Prophète ﷺ a expliqué dans ce hadith la bonne voie et l’attitude à adopter lorsque les situations deviennent floues et confuses, montrant ainsi vers quoi l’être humain doit se tourner et comment agir. Il ﷺ a dit : « Quiconque donc s'est prémuni contre les ambigüités, alors assurément il a préservé sa religion et son honneur ; » « Qui donc s'est prémuni contre les ambigüités » C'est-à-dire : Il s'en éloigné et ne s'en est pas approché, alors par cela il a préservé sa religion, c'est-à-dire : ce qu'il y a entre lui et Allah, et son honneur, c'est-à-dire : ce qu'il y a entre lui et les gens ; en d'autres termes, il recherche l'intégrité pour sa religion et son honneur. Par cela, on apprend, ô communauté des croyants, que la recherche de l'intégrité pour l'honneur et la religion ne s'obtient qu'en se prémunissant contre les ambigüités et en s'en éloignant. Quant à quiconque commet des choses ambigües, les prend à la légère et en minimise l'importance, alors, un jour ou l'autre, celles-ci l'entraîneront inévitablement vers l'illicite manifeste et le feront tomber dans son enclos, comme le Prophète ﷺ l'a dit : « Quiconque s'est prémuni contre les ambigüités, alors assurément il a préservé sa religion et son honneur ; quant à quiconque est tombé dedans, il est tombé dans l'illicite. » C'est-à-dire : Les ambiguïtés mènent celui qui tombe dedans à l’illicite évident. « Quant à quiconque est tombé dedans, il est tombé dans l'illicite comme le berger qui fait paître son troupeau autour d’un enclos. Peu s’en faut qu’il l’y fasse paître. Or, chaque roi dispose d’un enclos. Et l’enclos d’Allah, ce sont Ses interdits. » L'enclos d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) désigne les interdits sacrés qui sont les affaires qu'Allah a interdit à Ses serviteurs. Faire preuve de sagesse, d'intelligence et de perspicacité consiste à ce que le serviteur s'éloigne le plus possible de ces interdits, ainsi que des moyens et des causes qui conduisent à tomber dans l’illicite. Parmi cela, il y a le fait de faire peu de cas des affaires ambigues.
Serviteurs d'Allah :
Certes, la jurisprudence relative à ce chapitre est d'une impérieuse nécessité, surtout à notre époque où le vrai s'est confondu avec le faux et où de nombreuses affaires sont devenues ambiguës pour les gens. Le devoir du musulman est de toujours veiller à la pureté de sa religion et de son honneur pour qu'il encontre Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) dans une bonne condition et qu'il s'éloigne des interdits, ainsi que de leurs causes et de leurs moyens. Dans Son Musnad, l'Imam Ahmad rapporte que Wâbiṣah ibn Ma'bad (qu'Allah l'agrée) a dit : « Je suis venu trouver le Prophète ﷺ, alors il a dit : » « Tu es venu interroger sur la bonté ? » Je répondis : « Oui, ô Messager d’Allah. » Il a dit : « Consulte ton cœur ; la bonté est ce qui apaise l’âme et tranquillise le cœur, et le péché est ce qui tourmente l’esprit et sème le doute dans la poitrine, quand bien même les gens te donneraient une fatwa. » Rapporté par Ahmad (n°18028) et Ad-Dârimî (n°2533). Cheikh Al Albânî l'a déclaré bon par d'autre (Hasan Li Ghayrihi).
Et l'imam Muslim a rapporté d'après An-Nawwâs Ibn Sam'ân (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « La bonté, c’est le bon comportement. Quant au péché, c’est ce qui te tourmente l’esprit et que tu craindrais ou répugnerais que les gens apprennent. » Muslim (n°2553).
Et, ô croyant, lorsque tu doutes au sujet d’une chose, te demandant si elle relève du licite manifeste ou de l'illicite manifeste, alors délaisse ce qui suscite en toi le doute pour ce qui n'en suscite pas, comme cela est confirmé dans le hadith du Prophète ﷺ. En effet, At-Tirmidhî et An-Nasâ'î rapportent, d'après le hadith d'Abû Muhammad Al Hassan ibn ‘Alî, le petit-fils du Messager d'Allah ﷺ (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père), qui a dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : » « Délaisse ce qui suscite en toi le doute pour ce qui n’en suscite pas. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2518), An-Nassâ'î (n°5711) et Ahmad (n°1723). Al Albânî l'a authentifié.
Ô Allah ! Accorde-nous la compréhension de Ta religion, éclaire-nous sur la Tradition de Ton Prophète ﷺ. Accorde-nous la réussite, ô Allah, pour obtenir un bon bien et un gain autorisé, éloigne-nous des choses illicites, accorde-nous la réussite pour nous écarter des choses douteuses, et fais de nous, ô notre Dieu, de ceux qui consomment des choses pures, qui Te louent pour Tes bienfaits et Te remercient pour Tes dons et Tes faveurs ; certes, Tu es Celui qui entend l'invocation, Tu es digne de toute espérance, et Tu nous suffis et quel excellent Garant.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, l'Immense en bienfaisance, Vaste en faveur, en générosité et en bienfaits. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Allah prie sur lui et le salue, ainsi que sa famille et tous ses Compagnons.
Texte du deuxième sermon
Cela étant dit : Ô serviteurs d’Allah !
Et cela fait partie de la perfection de la condition des Compagnons dans ce domaine ce qu'a rapporté Al Bukhari dans son Recueil Authentique, d'après la mère des croyants 'Aïcha (qu'Allah l'agrée), qui a dit : « Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) avait un esclave qui lui donnait une partie du fruit de son labeur, et Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) en consommait. Un jour, il lui apporta quelque chose et il en mangea. Une fois qu'Abû Bakr (qu'Allah l'agrée) eut fini de manger, l’esclave lui dit : « Sais-tu d’où cela vient ? C’est un bien que m’a donné un homme pour qui j’avais fait des prédictions au temps de l’époque du paganisme préislamique (Al Jâhiliyyah), alors que je ne savais pas le faire et que je ne fis que le tromper. Ensuite, il m’a donné ce bien, et c’est de cela que je t’ai donné. » Lorsqu'Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) entendit cela, il introduisit son doigt dans sa bouche / sa gorge et vomit tout ce qu’il avait dans l’estomac. » Rapporté par Al Bukhârî (n°3842).
Observez cette scène : une chose, à l'origine licite et permise, est entrée dans son ventre. Mais lorsque son caractère illicite et la nature de ce bien lui ont été dévoilés, il l'a expulsé de son ventre et l'a vomi. Que dire alors de ceux qui engloutissent des biens dont ils connaissent le caractère illicite et dont l'interdiction leur est manifeste ? Ils les font entrer dans leurs ventres et en remplissent les leurs, ainsi que ceux de leurs enfants et de leurs familles. Ne craignent-ils donc pas Allah ? Ne craignent-ils donc pas Allah ?
Ô Allah ! Purifie nos revenus. Ô Allah ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad.
***
Titre du sermon
Les bonnes acquisitions et les acquisitions prohibées
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Son pardon et nous implorons Sa guidée. Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, personne ne peut l'égarer ; et quiconque Il égare, personne ne peut le guider. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille et ses Compagnons, et qu'Il les salue abondamment..
{Vous qui avez la foi, craignez Allah comme Il le mérite et restez pleinement soumis à Lui jusqu’à la fin de vos jours. Vous qui croyez, craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui fidèles jusqu’à votre dernier souffle. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 :102].
Texte du premier sermon
Cela étant dit : Ô croyants…
Il est vrai que l’amour de la richesse fait partie de la nature humaine, une inclination qui lui est propre depuis toujours ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Dans le cœur des hommes s’est éveillé l’amour pour les plaisirs convoités de cette vie : les femmes, les enfants, les trésors d’or et d’argent, les chevaux racés, les troupeaux de bétail et les terres fertiles...} [La Famille d'Imrân, 3 : 14].
Et certes, la recherche de la subsistance licite, bonne et pure est un ordre religieux ; Allah (Élevé soit-Il) a dit : {C’est Lui qui vous a facilité la vie sur terre. Parcourez donc ses contrées et nourrissez-vous des dons du Seigneur. C’est vers Lui que vous serez rassemblés. 15 } [La Royauté, 67 : 15].
D'après Al Miqdâm ibn Ma'dî Karib (qu'Allah l'agrée) : le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Nul n'a jamais mangé de nourriture meilleure que celle procurée par le travail de ses mains. Certes, le Prophète Dâwud (paix sur lui) ne mangeait que le fruit du travail de ses mains. » Rapporté par Al Bukhârî (n°2072).
Le fait de parcourir la Terre et de rechercher sa subsistance est une chose louable, mais elle n’est louable que si celui qui la recherche emprunte les voies légiférées et évite les voies interdites.
Certes, le Messager d'Allah ﷺ, ses Compagnons et les pieux de sa communauté se préservaient d'acquérir ce qui est ambigu, et à plus forte raison ce qui est illicite.
Al Bukhârî et Muslim rapportent d'après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : « Al Hasan ibn ‘Alî (qu'Allah les agrée tous les deux) prit l'une des dattes réservées à l’aumône et la mit dans sa bouche. Alors, le Prophète ﷺ a dit : « Berk ! Berk ! Qu’il la jette ! Ensuite, il a dit : Ne sais-tu pas que nous ne mangeons pas les aumônes ? » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Aṣ-Ṣiddîq, Abû Bakr (qu’Allah l’agrée), reçut de son esclave quelque chose et il en mangea. L’esclave lui a alors dit : « Sais-tu ce que c’est ? J’ai fait des prédictions à quelqu’un du temps du paganisme préislamique (Al Jâhiliyyah), sans pour autant savoir le faire, et je l’ai trompé. Là, il vient de me rencontrer et c'est pour cela qu'il m’a donné ce que tu viens de manger ! » Alors, Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) introduisit ses doigts dans sa gorge et vomit tout ce qu’il avait dans l’estomac.
Et dans une version, il a dit : « Même si tu ne serais sortie qu'avec mon âme, certainement je t'aurais expulsée. Ô Allah ! Certes, je me désavoue auprès de Toi de ce que les veines ont charrié et qui s'est mêlé aux entrailles. » Rapporté par Al Bukhârî (n°3842).
Un jour, 'Umar ibn 'Abd Al 'Azîz (qu'Allah lui fasse miséricorde) surprit son fils en train de prendre une pomme destinée au partage entre les Musulmans. Il la lui retira aussitôt. L’enfant, en larmes, alla se plaindre à sa mère. Quand son épouse lui reprocha son geste, il répondit : « Par Allah ! Je l'ai arrachée comme si je l'arrachais de mon cœur, mais j'ai répugné à causer ma perte auprès d'Allah (Éxalté et Magnifié soit-Il) pour une pomme provenant du butin sans combat (Al Fay) des musulmans. »
Et voici une femme vertueuse qui fait une recommandation à son mari, alors que celui-ci part en quête de sa subsistance. Elle lui dit : « Ô toi ! Crains Allah pour ce qui concerne notre subsistance ; en effet, nous pouvons patienter sur la faim, mais nous ne pourrons pas patienter sur [le châtiment de] l'Enfer. »
C'est ainsi que les croyants font preuve de scrupule : pour préserver leur religion, par piété envers leur Seigneur, et pour s'éloigner des ambiguïtés, à plus forte raison des interdits.
Que dire alors de celui qui recourt délibérément à l'illicite pour en remplir son ventre et celui de sa famille, qu'Allah nous en préserve !?
Le Prophète ﷺ a dit : « Il viendra un temps aux gens où l'individu ne se souciera pas de ce qu'il aura acquis, que ce soit issu de ce qui est licite ou d'illicite. » Rapporté par Al Bukhârî (n°2059).
Ô croyants...
Que pensez-vous de cet homme que le Prophète ﷺ a mentionné et a dit à son sujet : « Un homme effectue un long voyage, tout ébouriffé et couvert de poussière, il étend les mains au ciel et dit : « Ô Seigneur ! Ô Seigneur ! » Tandis que sa nourriture est illicite, sa boisson est illicite, son habit est illicite et il a été nourri par de l’illicite. Comment donc pourrait-il être exaucé !? » Rapporté par Muslim (n°1015).
Assurément, cet homme a réuni en sa personne des qualités d'humilité et de soumission, de besoin et de pauvreté qui suscitent la pitié pour sa condition, confirment l'intensité de son indigence et le rendraient apte à l'exaucement de son invocation. Son voyage s'est en effet prolongé et il s'est retrouvé loin des siens... Cependant, il a rompu son lien avec Allah et s'est privé du soutien de son Créateur et Maître, de sorte que son invocation n'est quasiment pas exaucée ; car il a consommé de l'illicite, bu de l'illicite, s'est vêtu de l'illicite, et sa chair a crû de l'illicite. Ses mains furent donc renvoyées déçues, et toute chair qui a crû de l'illicite, le Feu en est plus digne. - Nous demandons à Allah la préservation -.
Ô croyants..
Veillez à rechercher la subsistance licite et à éviter ce qui est illicite et ambigu, afin de préserver votre religion et votre honneur.
Préservez les droits des gens, acquittez-vous de leurs tâches, et respectez les contrats et les engagements.
Et évitez la tricherie dans tous ses types et sous toutes ses formes ; en effet, le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque nous trompe n'est pas des nôtres. » Unanimement Reconnu Authentique [C’est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Celui qui vend des marchandises contrefaites en les faisant passer pour authentiques a commis une tricherie envers nous.
Celui qui place la bonne nourriture au-dessus et la mauvaise en dessous, assurément il nous a trompés.
Gardez-vous de la tricherie ; en effet, le Messager d’Allah ﷺ a maudit aussi bien le tricheur que celui qui en bénéficie.
Gardez-vous de l'intérêt, qu'il soit peu ou beaucoup ; en effet, Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Vous qui croyez ! Craignez Allah et renoncez, si vraiment vous avez la foi, à ce qui vous reste du produit de l’usure. 278 Sinon, soyez sûrs qu’Allah et Son Messager vous déclareront la guerre. Mais si vous vous repentez, vous récupérerez votre capital, sans léser personne et sans être lésés vous-mêmes. 279 } [La Vache, 2 : 278-279]
Gardez-vous de consommer les biens des orphelins ; en effet, Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Ceux qui s’approprient injustement les biens des orphelins ne font en réalité que remplir leur ventre de feu. En guise de châtiment, ils brûleront dans les flammes de l’Enfer. 10 } [Les Femmes, 4 : 10].
Gardez-vous de frauder dans les mesures et les pesées. Allah (Élevé soit-Il) a dit : {Malheur aux fraudeurs 1 qui, pour eux-mêmes, exigent la pleine mesure, 2 mais qui trichent lorsqu’ils mesurent ou pèsent pour autrui. 3 [Les Fraudeurs, 83 : 1 à 3].
Gardez-vous de commettre l'injustice envers les gens et de consommer leurs biens de manière illégitime. Allah (Élevé soit-Il) : {Vous qui croyez ! Que les uns ne s’emparent pas sans droit des biens des autres...} [Les Femmes, 4 : 29].
Et le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque s'accapare le droit d'un musulman par le biais d'un serment (c'est-à-dire : un juron mensonger), alors assurément Allah le condamne à l'Enfer et Il lui interdit le Paradis. » Alors, un homme demanda : « Et même s'il s'agit de quelque chose d'insignifiant, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Même pour un bâton d'arâk ! » Rapporté par Muslim (n°137).
Gardez-vous de retarder le remboursement des dettes ; en effet, c'est une injustice et une transgression, et le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque prend les biens des gens avec l’intention de s’en acquitter, Allah s’acquittera pour lui. Et quiconque les prend avec l’intention de les dilapider, Allah le ruinera. » Rapporté par Al Bukhârî (n°2387).
Gardez-vous de ne pas retarder le paiement des salaires des travailleurs et des employés ; le Prophète ﷺ a dit : « Donnez au salarié son salaire avant que sa sueur ne sèche. » Rapporté par Ibn Mâjah (n°2443) et Al Albânî l'a authentifié.
Serviteurs d'Allah..
Certes, la quête de la nourriture licite, ainsi que l'éloignement de l'illicite et de l'ambigu, font partie des plus grandes qualités dont se pare le croyant.
Le Prophète ﷺ a dit : « Il y a quatre bribes, si elles se trouvent en toi, alors tu n'as pas à te soucier de ce que tu as manqué de ce bas monde : 1- Être véridique dans ton propos. 2- Préserver le dépôt. 3- Avoir un bon comportement. 4- Consommer une nourriture licite et pure. » Rapporté par Ahmad (n°6652) et At-Tabarânî (n°14120) et authentifié par Al Albânî. C'est-à-dire : S'attacher au licite dans la nourriture et la boisson.
Ô Allah ! Suffis-nous de Ton licite au détriment de Ton illicite, et enrichis-nous de Ta grâce en dehors de quiconque.. Je dis ces paroles et j'implore le pardon d'Allah pour moi et pour vous.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, Seul, et que la prière et le salut soient sur celui après qui il n'y a plus de Prophète, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons..
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Ô vous les croyants…
Dans son livre [Al Wâbil As-Sayyib], l'Imam Ibn Al Qayyim a dit : « Au Jour de la Résurrection, l'injustice auprès d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) sera dans trois registres : 1- Un registre dont Allah ne pardonnera rien, c'est le polythéisme / l'association à Lui ; en effet, Allah ne pardonne pas que l'on Lui associe quoi que ce soit.
2- Un registre dont Allah (Élevé soit-Il) ne laissera rien, qui correspond à l'injustice [commise] des serviteurs les uns envers les autres ; en effet, Allah (Élevé soit-Il) l'exigera entièrement.
3- Un registre dont Allah ne tiendra pas rigueur, qui est l'injustice du serviteur envers lui-même et son Seigneur (Exalté et Magnifié soit-Il). En effet, ce registre est le plus léger des registres et le plus prompt à être effacé ; car il s’efface par le repentir, l'imploration du pardon, les bonnes actions qui effacent, les malheurs qui expient et ce qui ressemble à cela. À la différence du registre du polythéisme / l'association, qui ne s'efface que par l'Unicité. Quant au registre des injustices, il ne s’efface qu’en s'acquittant de ces injustices auprès de ceux qui les ont subies et en leur demandant de s'en délier. » Fin de citation (qu'Allah lui fasse miséricorde).
Ô croyants..
Sachez - qu'Allah vous fasse miséricorde - que la porte du repentir est ouverte pour toute personne qui a désobéi à Allah, si ses conditions sont remplies. Allah (Élevé soit-Il) dit : {Quiconque, après avoir lésé autrui ou s’être fait injustice à lui-même, implore le pardon d’Allah trouvera Allah Très Clément et Très Miséricordieux. 110 } [Les Femmes, 4 : 110]. Et Il (Élevé) soit-Il : {Quiconque, cependant, se repent de son forfait et s’amende verra certainement son repentir accepté par Allah qui, en vérité, est Très Clément et Très Miséricordieux. 39 } [La Table Servie, 5 : 39].
Les conditions du repentir comme les savant les ont mentionnées sont :
- Renoncer au péché.
- Regretter ce qui a été commis par le passé.
- Être résolu de ne plus y revenir à l'avenir.
- Et si l'affaire est rattachée aux droits des gens, que ce soit dans leur argent, leur honneur, ou leurs corps, la personne doit demander pardon à celui qu'il a lésé, ou restituer les droits à leurs détenteurs.
Nous demandons à Allah (Élevé soit-Il) qu'Il nous protège de l'injustice sous toutes ses formes, et qu'Il nous compte parmi ceux dont les musulmans sont à l'abri de leur langue et de leur main.
Ensuite, priez sur celui qu'Allah vous a ordonné de prier et saluez-le.
***
Titre du sermon
Les affres du Jour de la Résurrection
Introduction du premier sermon
Certes, la louange revient à Allah ; nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous implorons Sa guidée, et nous nous réfugions auprès d'Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres. Quiconque Allah guide, alors il est le bien-guidé ; et quiconque Il égare, tu ne trouveras alors pour lui ni allié, ni guide. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, et je témoigne que Muhammad est le serviteur d'Allah et Son Messager. Que la prière d'Allah soit sur lui, sa famille, tous ses Compagnons et ceux qui les suivent, et qu'Il les salue abondamment.
{Vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il le mérite et demeurez-Lui entièrement soumis jusqu’à la mort. 102 } [La Famille d'Imrân, 3 : 102]. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être avant de créer de celui-ci son épouse et, de ce couple, une multitude d’hommes et de femmes qu’Il a dispersés sur terre. Craignez Allah au nom de qui les uns implorent les autres et gardez-vous de rompre les liens du sang. Allah vous observe en permanence.} [Les Femmes, 4 : 1]. {Vous qui croyez ! Craignez Allah ! Tenez des propos justes ! 70 Il vous rendra vertueux et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager jouira d’une immense félicité. 71 } [Les Coalisés, 33 : 70-71].
« Ceci étant dit : Le meilleur discours est le Livre d'Allah, la meilleure guidée est celle de Muhammad ﷺ et les pires affaires sont celles nouvelles. Et toute nouveauté est une innovation, toute innovation est un égarement, et tout égarement est dans le Feu. »
Texte du premier sermon
Ceci étant dit : {Ô hommes ! Adorez votre Seigneur - qui vous a créés vous et vos devanciers - afin de vous préserver de Son châtiment. 21 } [La Vache, 2 : 21].
Ô Musulmans ! Le Jour de la Résurrection est un Jour immense, aux affres terribles et aux événements épouvantables. Et s’il ne devait s’y produire que la transformation de ce monde, dans ses hauteurs comme dans ses profondeurs, alors cela suffirait certainement. Que dire alors de la Comparution et du Jugement, de la Résurrection et du Pont, des Balances et du Bassin, du déploiement des registres et des affres de l’Enfer, lorsqu’il sera amené dans toute son immensité jusqu’à la Station, traîné par des anges rudes et puissants ; en une scène terrifiante et un spectacle effroyable. Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Et que l’on fera venir la Géhenne...} [L'Aube, 89 : 23]. Et il a dit ﷺ : « Ce Jour-là, on amènera la Géhenne, elle possèdera soixante-dix mille brides, et chaque bride sera tirée par soixante-dix mille Anges. » Rapporté par Muslim (n°2842).
Au Jour de la Résurrection – ô Musulmans – le ciel se fendra et se déchirera, les étoiles perdront leur éclat et les planètes seront dispersées, les mers s’enflammeront et déborderont, ceux qui sont dans les tombes seront ressuscités et éparpillés, et à ce moment-là, chaque âme saura ce qu'elle aura accompli et ce qu'elle aura délaissé. {Lorsqu’il sera soufflé, une seule fois, dans la Corne, 13 que la Terre et les montagnes seront soulevées et, d’un seul coup, pulvérisées, 14 ce Jour-là se produira l’Evénement inéluctable 15 Le ciel se fendra, ce Jour-là, pour être totalement déchiré, 16 tandis que les anges se tiendront sur ses confins. Huit d’entre eux porteront, ce Jour-là, le Trône de ton Seigneur au-dessus d’eux. 17 Lorsque, ce Jour-là, vous comparaîtrez, rien ni personne ne pourra être dissimulé. 18 } [L'Inéluctable, 69 : 13 à 18].
Le Jour de la Résurrection, la couleur du ciel changera : il deviendra comme un cuir écarlate, puis fragile et faible comme du métal en fusion. Le soleil et la lune seront enroulés puis s’éteindront, et les autres étoiles chuteront. Ensuite, les cieux seront pliés. {Le Jour où Nous plierons le ciel comme le scribe replie un parchemin... [Les Prophètes, 21 : 104]. {Lorsque les yeux seront exorbités, 7 que la lune aura perdu toute clarté 8 et que le soleil et la lune seront rassemblés 9 l’Homme, ce Jour-là, dira : « Où fuir ? » 10 } [La Résurrection, 75 : 7 à 10]. Certes, Il veut le salut et recherche la délivrance, mais il n'y a ni fuite ni refuge pour personne en dehors d'Allah. {Nulle part ! Il n’y aura, en effet, aucun refuge. 11 C’est à ton Seigneur, ce Jour-là, que tous feront retour 12. L’homme sera, ce Jour-là, informé de ses actes les plus insignifiants. 13 } [La Résurrection, 75 : 11 à 13]. Quel immense jour que celui où les chamelles les plus précieuses seront délaissées, où les bêtes sauvages seront rassemblées pour que justice soit faite entre elles, où le Feu sera attisé et le Paradis préparé et rapproché. C'est le Jour où les regards se figeront et s'humilieront, où les cœurs se videront et seront saisis d'effroi, s'asséchant sous l'effet de l'angoisse, de l'affliction, de la peur et de la terreur qui les environneront. {Ne crois surtout pas qu’Allah soit inattentif aux agissements des impies, auxquels Il accorde simplement un sursis jusqu’au Jour où les regards des hommes resteront figés 43 et où ces derniers se précipiteront vers le lieu de leur jugement, têtes dressées, yeux exorbités et cœurs désemparés. 44 } [Abraham, 14 : 44]. {Le Tout Miséricordieux disposera seul, ce Jour-là, de l’autorité suprême. Ce sera, pour les mécréants, un jour affreux. 26 } [Le Discernement, 25 : 26].
Et, malgré tout cela, le Jour de la Résurrection est un jour long, d'une durée de cinquante mille ans. Et, durant ce jour, le soleil s’approchera des créatures jusqu’à n'être qu'à la distance d’un « mile » au-dessus de leurs têtes ; ils seront alors plongés dans une sueur abondante, à des niveaux différents en fonction de leurs œuvres. Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Au Jour de la Résurrection, le soleil s’approchera des créatures au point de n’être d’elles qu’à la distance d’un « mile ». Les gens baigneront dans leur sueur selon leurs œuvres : certains jusqu’aux chevilles, d’autres jusqu’aux genoux, d’autres encore jusqu’aux hanches, et certains leur sueur atteindra leur cou. » Rapporté par Muslim (n°2864).
Outre les bouleversements qui se produiront dans les cieux et parmi les étoiles, la terre et les montagnes perdront également toute stabilité, car elles seront alors agitées, anéanties et violemment secouées. Allah (Glorifié soit-Il) a dit : {En vérité, lorsque la terre sera secouée et entièrement rasée, 21 [L'Aube, 89 : 21]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Lorsqu’il sera soufflé, une seule fois, dans la Corne, 13 que la Terre et les montagnes seront soulevées et, d’un seul coup, pulvérisées, 14 ce Jour-là se produira l’Evénement inéluctable. 15 } [L'Inéluctable, 69 : 13 à 15]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Ils t’interrogent au sujet des montagnes. Réponds-leur : « Mon Seigneur les réduira en poussière, 105 laissant à leur place un sol totalement uniforme 106 où ni dénivellation, ni relief ne sera visible. » 107 } [Ta-Ha, 20 : 105 à 107]. Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Le Jour où la Terre et les montagnes trembleront et que ces dernières ne seront plus que dunes de sable mouvant. 14 } [L'Enveloppé, 73 : 14]، Et Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a dit : {Le Jour où le ciel sera comme du métal en fusion 8 et les montagnes seront comme de la laine 9 } [Les Voies d'Ascension, 70 : 8-9].
Quelles terribles affres et quels événements accablants ! Des montagnes bien ancrées au sol seront pulvérisées jusqu'à devenir comme de la laine ou du sable. C'est auprès d'Allah que l'on cherche le secours – ô serviteurs d'Allah – car au Jour de la Résurrection, tout sera transformé : les gens ne seront plus ceux qu'ils étaient et la Terre ne sera plus celle qu'elle était. {Ce Jour-là, les hommes s’éparpilleront comme des papillons, 4 et les montagnes auront, des flocons de laine cardée, la légèreté. 5 } [Le Fracas, 101 : 4-5]. {Ce Jour-là, les hommes répondront sans détour à l’appel qui leur sera lancé. Les voix s’abaisseront devant le Tout Miséricordieux, seuls des murmures se feront entendre. 108 Aucune intercession ne sera acceptée ce Jour-là sans l’autorisation du Tout Miséricordieux. 109 Il sait ce qui se trouve devant eux comme ce qui se trouve derrière eux, tandis qu’eux ne peuvent Le cerner de leur science. 110 Les visages s’humilieront devant le Dieu Vivant et Eternel. Seront perdus tous ceux qui porteront le poids de leur iniquité. 111 } [Ta-Ha, 20 : 108 à 111]. Et il suffit, pour décrire les affres du Jour de la Résurrection, de ce qui est mentionné dans le Coran : c'est un jour austère et terrible, dont le mal se propagera partout ; c'est un jour lourd, qui rendra les enfants chenus ; et ce sera le Jour du Regret et le Jour de la Grande Perte. {Lorsque la terre subira une violente secousse, 1 au point de rejeter ses fardeaux à sa surface 2 et que l’Homme se demandera ce qui lui arrive 3 ce Jour-là, elle livrera l’ensemble de ses secrets 4 se pliant ainsi à la volonté de ton Seigneur. 5 Ce Jour-là, les hommes quitteront séparément le lieu de leur rassemblement afin que chacun découvre la rétribution de ses œuvres. 6 } [La Secousse, 99 : 1 à 6]. Ne devrions-nous donc pas craindre Allah – frères dans la foi – ? En effet, l'issue n'est que l'une des deux. {Quiconque aura accompli une once de bien le verra. 7 Et quiconque aura commis une once de mal le verra. 8 } [La Secousse, 99 : 7-8]. {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur. Les affres et le tremblement qui accompagneront l’Heure sont terrifiants. 1 Le Jour où vous devrez les affronter, toute mère en oubliera le nourrisson qu’elle sera en train d’allaiter et toute femme enceinte mettra bas l’enfant qu’elle portera en son sein. Et les hommes sembleront ivres alors qu’il n’en sera rien, car le châtiment d’Allah est terrible. 2 [Le Pèlerinage, 22 : 1-2]. Et je prononce ces paroles et j'implore le pardon d'Allah ; implorez donc Son pardon ; en effet, Il est grand Pardonneur vis-à-vis des grands repentants.
Introduction du second sermon
Louange à Allah, d'une louange bonne, abondante et bénie, comme notre Seigneur aime et agrée. Et je témoigne qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Qu'Allah prie sur lui, le salue et le bénisse, ainsi que sa famille, ses Compagnons, et quiconque suit leur guidée jusqu'au Jour de la Rétribution.
Texte du second sermon
Ceci étant dit : Craignez donc Allah (Élevé soit-Il), obéissez-Lui et ne Lui désobéissez pas.
Ô Musulmans ! La description du Jour de la Résurrection, avec les épreuves et les affres qu'il contient, est fréquente dans le Livre d'Allah. Et Il (Exalté et Magnifié soit-Il) a informé qu'il s'agit d'un jour sur lequel il n'y a aucun doute, afin que se renforce la certitude des gens en la rencontre d'Allah. Ainsi, les cœurs s'éveillent et les consciences sont ravivées, les poitrines se remplissent de la crainte révérencielle d'Allah et de la peur de Lui, l'homme s'arrête aux limites d'Allah sans les transgresser, il peuple la terre par l'adoration d'Allah, et poursuit sa vie en suivant la voie d'Allah, jusqu'à ce qu'en ce Jour immense, et au milieu de ses terribles affres, il soit placé sous la miséricorde d'Allah et à l'ombre de Son Trône. Et jusqu'à ce que ce Jour, dont la durée est de cinquante mille ans, lui soit allégé au point de devenir comme quelques instants ou quelques heures.
Il [Le Prophète] ﷺ a dit : « Pour les Croyants, le Jour de la Résurrection sera comme la durée entre le Dhuhr et le 'Asr. » Rapporté par Al Hâkim (n°283), et par Ad-Daylamî dans : Al Firdaws (n°8993). Et Al Albânî l'a authentifié.
Le Prophète ﷺ a dit : « Sept personnes seront ombragées par Allah sous Son ombre le jour où il n'y aura aucune ombre excepté Son ombre : un dirigeant [littéralement : un imam] juste ; un jeune qui a grandi dans l'adoration d'Allah ; un homme dont le cœur est attaché aux mosquées ; deux hommes qui se sont aimés en Allah, se sont rassemblés pour Lui et se sont séparés pour Lui ; un homme qu'une femme de haut rang et belle l'a invité [à la fornication], alors il a dit : « Certes, je crains Allah ! » ; un homme qui a fait une aumône qu'il a cachée au point où sa main gauche ne sait pas ce que sa main droite a dépensé ; un homme qui a mentionné Allah en étant seul et s'est mis à pleurer. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Et il a dit ﷺ : « Lisez le Coran ! En effet, au Jour de la Résurrection, il viendra intercéder pour ses compagnons. Lisez les deux lumineuses (Az-Zahrâwayn), c'est-à-dire : la sourate : La Vache et la sourate : La famille d'Imrân ; en effet, au Jour de la Résurrection, elles viendront sous la forme de deux nuages, ou de deux ombres, ou comme deux rangs d’oiseaux étendant leurs ailes, qui plaideront en faveur de leurs compagnons. » Rapporté par Muslim (n°805).
Parmi les actes qui, par la miséricorde d’Allah, préservent des affres de ce Jour, il y a le fait d’honorer ses vœux et ses engagements, de donner de la nourriture, de multiplier les aumônes, et d’accorder un délai à ceux qui sont dans la difficulté en les soulageant de leur dette, en accomplissant tout cela pour plaire à Allah. Il (Glorifié soit-Il) en décrivant les pieux parmi Ses serviteurs : {Ils étaient en effet fidèles à leurs engagements, redoutaient un jour dont le mal se propagera inexorablement 7 et offraient de la nourriture, pourtant si chère à leurs yeux, au nécessiteux, à l’orphelin et au captif, 8 disant : « Nous vous nourrissons uniquement pour plaire à Allah, n’attendant de vous ni récompense, ni reconnaissance. 9 Nous redoutons l’avènement d’un jour, décrété par notre Seigneur, si terrible que les visages en seront contractés de terreur. 10 Allah les préservera donc des affres de ce Jour, leurs visages seront éclatants de beauté et rayonnants de joie. 11 } [L'Homme, 76 : 7 à 11]. Le Prophète ﷺ a dit : « Toute personne sera sous l'ombre de son aumône, jusqu'à ce que l'on juge entre les hommes. » Rapporté par Ahmad (n°17333), Ibn Khuzaymah (n°2431) et Ibn Hibbân (n°3310). Et Al Albânî l'a authentifié. Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque accorde un délai à une personne en difficulté ou l’acquitte de sa dette, Allah l'ombragera au Jour de la Résurrection, sous l’ombre de Son Trône, le Jour où il n’y aura d’autre ombre que la Sienne. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°1306) et Ahmad (n°8711) avec une chaîne de transmission authentique.
De même, fait partie de la miséricorde d'Allah envers les croyants de cette communauté en particulier que soixante-dix mille d'entre eux entreront au Paradis sans jugement. Ainsi donc, ne devrions-nous pas craindre – ô frères dans la foi –, oeuvrer vertueusement, s'attacher fermement à notre religion et à notre croyance et être assidu à nos prières. Craignons donc Allah dans notre intimité, obéissons aux ordres d'Allah et de Son Messager, et prenons garde de diverger de ce qui est rapporté dans le Livre et la Tradition. Gardons-nous avec la plus grande prudence des innovations et des nouveautés religieuses, ainsi que du fait de renoncer à la vérité après l'avoir acceptée ; en effet, cela fait partie des causes du châtiment et de la privation. Le Prophète ﷺ a dit : « Certes, je serai au Bassin pour regarder qui de vous viendra à moi. Par Allah ! Des hommes seront très certainement écartés de moi, alors je dirai : Ô Seigneur ! Ils sont de ma communauté ! Alors, on dira : Certes, tu ne sais pas ce qu'ils ont innové après toi. Ils n'ont pas cessé de revenir sur leurs talons ! » Rapporté par Muslim (n°2294).
***
Titre du sermon
Rappel de l'agonie [de la mort].
Introduction du premier sermon
Louange à Allah, le Seul à détenir la pérennité, Détenteur de la gloire et de la louange, de la grandeur et de la majesté. Je Le loue pour Ses bienfaits et j'implore Son aide face à l'épreuve. J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Créateur de la Terre et des cieux, Celui qui a fait la lumière et les ténèbres. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le guide des monothéistes et le maître des pieux. Qu'Allah le couvre d'éloge et le préserve, ainsi que sa famille, ses Compagnons, et quiconque suit leur voie et les imite en excellence.
Contenu du premier sermon
Ceci étant dit : Craignez donc Allah, Ô serviteurs d'Allah. {Vous qui croyez ! Craignez Allah et que chacun considère les œuvres qu’il a accomplies pour le salut de son âme. Craignez Allah qui est parfaitement informé de ce que vous faites. 18 } [Le Rassemblement, 59 : 18].
Ô croyants ! Ce bas monde n'est que quelques heures limitées et des souffles comptés, qui passent et s'achèvent rapidement. Ses jours sont des étapes ; chaque étape nous livre à la suivante jusqu'à ce que nous nous tenions au bord d'une demeure et au seuil d'une autre. Alors, viendra pour nous l'heure que nous ne pourrons ni avancer ni retarder ; c'est l'heure de l'agonie, de l'arrivée de la mort, du départ de l'âme, de l'adieu à ce bas monde et de l'accueil de l'Au-delà. Allah l'a décrite d'une manière qui fait trembler les cœurs et verser les larmes, en disant : {Viennent alors les affres de la mort dévoilant toute la vérité : « Voilà ce à quoi tu voulais échapper ! » 19 } [Qâf, 50 : 19]. Et il a dit : {Si seulement, lorsque l’âme remonte à la gorge, 83 tandis que, tout autour de lui, vous regardez, 84 - Nous sommes alors plus proche du mourant que vous sans que vous vous en aperceviez - 85 si seulement donc, si vous pensez ne jamais devoir être jugés, 86 vous faisiez revenir cette âme, si vous dites la vérité ? 87 } [L'Inéluctable, 56 : 83 à 87]. Et il a dit : {Lorsque l’âme du moribond remonte à la gorge, 26 et que ceux qui l’entourent demandent si quelqu’un peut le sauver, 27 tandis que le mourant est convaincu qu’il va quitter ce monde, 28 et que, aux affres de la mort, s’ajoutent les affres de l’autre monde, 29 c’est vers ton Seigneur, ce jour-là, que l’âme du mourant est menée. 30 } [La Résurrection, 75 : 26 à 30].
Ô Musulmans !
Les affres de l'agonie, d'une angoisse intense, submergèrent le Prophète ﷺ, qui introduisit alors sa main dans un récipient d'eau, s'en passa sur son noble visage et dit : « Il n’y a aucune divinité [digne d’adoration] excepté Allah. Certes, la mort possède des affres. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6510).
Et Ka'b Al Aḥbâr (qu'Allah lui fasse miséricorde) décrivit ces affres lorsque 'Umar ibn Al Khattâb (qu'Allah l'agrée) l'interrogea. Il répondit alors : « Parle-nous de la mort. » Ka’b répondit : « Oui, ô Commandeur des Croyants ! C’est une branche couverte d’épines que l’on introduit dans les entrailles d’un homme, et chaque épine s’agrippe à une veine. Ensuite, un homme d’une force extrême l’en arrache violemment. Il prend ce qu’il prend et il reste ce qu'il reste. » Rapporté par Ibn Abî Chaybah (n°36793).
Sufyân Ath-Thawrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « De toutes les épreuves, nulle n'est plus pénible pour moi que les affres de la mort ; je crains qu'elle ne s'intensifie pour moi, alors je demande l'allègement sans être exaucé, et que je ne faillisse. »
À l'intensité du moment de l'agonie s'ajoute la terreur de la vision après elle. Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit : « Je suis entré auprès de 'Umar (qu'Allah l'agrée) au moment où il fut poignardé, alors j'ai dit : « Réjouis-toi de la bonne nouvelle du Paradis, ô Commandeur des Croyants ! Tu as embrassé l'Islam lorsque les gens mécrurent et tu as lutté avec le Messager d'Allah ﷺ lorsque les gens l'abandonnèrent. Le Messager d'Allah ﷺ fut rappelé à Lui alors qu'il était satisfait de toi, personne ne contesta ton califat et tu as été tué en martyr. » Alors, il a dit : « Répète-moi [ce que tu as dit. » Je répétai donc mes paroles, alors il a dit : « Par Celui en dehors duquel il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] autre que Lui ! Si je possédais tout l'or et l'argent que la Terre contient, je le donnerais certainement en rançon contre l'effroi de ce qui m'attend ! » Rapporté par Ibn Abî Chaybah dans : Al Musannaf (n°34494) et Ahmad dans : Az-Zuhd (page : 154, et sa chaîne de transmission est authentique.
Al Hasan Al Basrî pleura au moment de sa mort, et a dit : « Une âme faible, et une affaire grave et immense ; certes, nous appartenons à Allah et certes, c'est vers Lui que nous retournons. »
Lorsque la mort se présenta à Sulaymân At-Taymî, on lui a dit : « Reçois la bonne nouvelle ! En effet, tu as fait des efforts dans l'obéissance à Allah, (Élevé soit-Il). Alors, il a dit : « Ne dites pas cela ; en effet, certes, je ne sais pas ce qui se manifestera à moi de la part d'Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) ; en effet, Il (Glorifié soit-Il) a dit : {... Mais ils découvriront, venant d’Allah, une réalité qu’ils n’avaient jamais soupçonnée. 47 } [Les Groupes, 39 : 47].
Serviteurs d'Allah :
Et de par l'intensité de l'heure de l'agonie, les œuvres sont scellées et la Résurrection en dépend ; le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Certes, les oeuvres ne valent que par leur fin. » Rapporté par Al Bukhârî (n°6493)، Et il a dit : « Chaque serviteur sera ressuscité dans l’état où il est mort. » Rapporté par Muslim (n°2878).
Cela est ce qui troubla les cœurs des vertueux, Durant une nuit, Sufyân At-Thawrî pleura jusqu'au matin. Au matin, on lui demanda : « Tous ces pleurs sont-ils par crainte des péchés ? » Alors, il prit un brin de paille du sol, et dit : « Les péchés sont plus légers que ceci ; en fait, je pleure par crainte de la mauvaise fin. »
Ibn Al Qayyim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Ceci fait partie de la plus immense compréhension [de la religion], à savoir : l'homme craint que ses péchés ne l'humilient au moment de la mort et s'interposent entre lui et la bonne fin. »
Ô frères en Allah :
Au moment de l'agonie, le voile se lève et se révèlent les réalités que le bas-monde a longtemps dissimulées par ses plaisirs et son ivresse. C’est pourquoi, les dernières recommandations des mourants sont des paroles précieuses, au sens profond et aux exhortations éloquentes, du fait qu'elles émanent d’une âme véridique et d'un regard perspicace.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance, et à Lui revient le remerciement pour Sa réussite et Sa faveur. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, en exaltation de Sa grandeur ; et j'atteste que notre Prophète Muhammad est Son serviteur et Son Messager, celui qui appelle à Son agrément. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du second sermon
Ô Croyants :
Certes, l'heure de l'agonie comporte des œuvres prescrites qui assurent une bonne fin et purifient l'âme. Parmi ces œuvres : la préparation à cette dernière demeure par les œuvres vertueuses, la préservation contre les injustices et les péchés, ainsi que la régularité dans le repentir et son renouvellement. Al Qa'qa' Ibn Hakîm (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Je me suis préparé à la mort depuis trente ans. » Alors que l'un des hommes vertueux était à l'agonie, son épouse se mit à pleurer, alors il lui a dit : « Qu'est-ce qui te fait pleurer ? » Elle répondit : « Je pleure sur toi. Il dit : Si tu dois pleurer, alors pleure plutôt sur toi-même. Quant à moi, assurément, j'ai pleuré en vue de ce jour depuis quarante ans. »
Et c'est en se préparant au préalable par des œuvres vertueuses que le croyant aime la rencontre de son Seigneur. Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque aime la rencontre d'Allah, Allah aime sa rencontre ; et quiconque répugne la rencontre d'Allah, Allah répugne sa rencontre ! » 'Aïcha (qu’Allah l’agrée) ou l’une de ses épouses dit : « Certes, nous répugnons la mort ! » Il répondit : « Ce n’est pas cela. Mais, le croyant, lorsque la mort se présente à lui, on lui annonce la bonne nouvelle de l’agrément d’Allah et Sa générosité, et rien ne lui est alors plus aimé que ce qui l’attend ; il aime la rencontre d'Allah et Allah aime sa encontre. Quant au mécréant, lorsque la mort se présente à lui, on lui annonce le châtiment d’Allah et Sa punition, et rien ne lui est alors plus répugné que ce qui l’attend ; il répugne la rencontre d'Allah et Allah répugne sa rencontre ! » Rapporté par Al Bukhârî et Muslim.
Et au moment de la venue de la mort, on fait prédominer l'espoir sur la crainte et on a la bonne pensée sur Allah (Élevé soit-Il). Le Prophète ﷺ a dit : « Qu'aucun d'entre vous ne meure sans avoir la bonne pensée sur Allah ! » Rapporté par Muslim (n°2877). Il [Le Prophète] entra auprès d'un homme qui était à l'agonie, alors il lui demanda : « Comment te sens-tu ? » L'homme répondit : « J'espère en Allah, ô Messager d'Allah ! Et certes, je crains mes péchés. » Alors, le Messager d'Allah ﷺ dit : « Ils ne se réunissent pas dans le cœur d'un serviteur en pareille circonstance sans qu'Allah ne lui donne ce qu'il espère et Il le met à l'abri de ce qu'il craint. » Rapporté par Tirmidhî (n°983) ; Ibn Mâjah (n°4261) ; An-Nassâ'î dans : As-Sunan Al Kubrâ (n°10901). Et Al Albânî l'a authentifié.
Et la prononciation de l'attestation de l'Unicité, que ce soit en la disant soi-même ou en se la faisant répéter, est la meilleure des œuvres de fin [de vie]. Le Prophète ﷺ dit : « Faites répéter à vos mourants : Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah. » Rapporté par Muslim (n°917). Et il ﷺ a dit : « Quiconque dont les dernières paroles en ce bas monde sont : « Il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah » entrera au Paradis. » Rapporté par Abû Dâwud (n°3116) et Ahmad dans : Al Musnad (n°22534), et authentifié par Al Albânî.
Nous demandons à Allah (Élevé soit-Il) de nous accorder une bonne fin, de nous pardonner et de passer outre [nos fautes] par Sa Grâce et Sa Générosité.
***
Titre du sermon
Le supplice de la tombe et son délice
Introduction du premier sermon
{Louange à Allah à qui appartient tout ce qui se trouve dans les cieux et sur la Terre et qui, dans l’au-delà, sera seul digne d’être loué par Ses serviteurs. Il est l’infiniment Sage, Celui qui connaît les réalités les mieux cachées. 1 } [Sabâ', 34 : 1]. Je Le loue, Lui le Très-Haut, pour les bienfaits, les honneurs et le bien abondant qu'Il a accordés. Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, sans enfant ni soutien ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, le flambeau lumineux, l'annonciateur de la bonne nouvelle et l'avertisseur. Qu'Allah couvre d'éloges Son serviteur et Messager Muhammad, ainsi que sa famille, ses Compagnons et quiconque suit sa voie vers Allah, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô hommes ! Craignez Allah de la crainte qui Lui est due, et hâtez-vous vers Son pardon et Son agrément. Car Il vous a créés pour une affaire grandiose et vous a préparés pour une tâche considérable. Il vous a créés pour Le connaître et L'adorer, vous a ordonné de professer Son Unicité et de Lui obéir, a pris à ce sujet vos engagements, a mis vos âmes en gage pour garantir Son droit, et a préposé sur vous. {Par de nobles scribes, des anges honorés 11 connaissant les actes que vous accomplissez. 12 } [La Rupture, 82 : 11-12]. Et ils écrivent ce que vous oeuvrez.
Ô Musulmans :
La foi au supplice de la tombe et à son délice, pour l'âme et le corps conjointement, ainsi qu'à l'interrogatoire des deux anges au défunt dans sa tombe, fait partie des points de la Croyance qui font l'objet d'un consensus auprès des Gens de la Tradition et du Consensus, comme le prouvent le Noble Coran, la Tradition Prophétique bénie, et le consensus des savants musulmans.
Dans ce sermon, si Allah le souhaite, nous parlerons de certaines preuves issues de la Tradition du Prophète ﷺ, car le Prophète ﷺ a rapporté que : « La tombe est la première des étapes de l’au-delà. » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2308) et Ibn Mâjah (n°4267) et Cheikh Al Albânî l'a authentifié. Et la tombe est la vision la plus horrible, la plus dure et la plus atroce en ce bas monde. En effet, le Prophète ﷺ a dit : « Je n'ai jamais vu de scène sans que la tombe ne soit plus horrible qu'elle ! » Rapporté par At-Tirmidhî (n°2308) et Ibn Mâjah (n°4267). Et Al Albânî l'a authentifié.
Serviteurs d'Allah : quarante-neuf Compagnons ont rapporté, d'après le Messager d'Allah ﷺ au sujet du supplice de la tombe et de ses délices.
Notamment : une Révélation a été faite au Prophète ﷺ à propos de l'épreuve de la tombe après l'Hégire ; en effet, d'après 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ est entré chez moi et il y avait avec moi une femme juive qui disait : « Te rends-tu compte que vous serez éprouvés dans les tombes ? » Elle a dit : « Alors, le Messager d'Allah ﷺ fut terrifié et a dit : Ce sont les juifs qui seront éprouvés ! » 'Aïcha a dit : « Nous sommes restés ainsi quelques nuits, ensuite le Messager d'Allah ﷺ a dit : Te rends-tu compte qu'il m'a été révélé que vous serez éprouvés dans les tombes ? » 'Aïcha a dit : « Après cela, j'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ chercher refuge contre le châtiment de la tombe. » Rapporté par Muslim (n°584).
Parmi celles-ci, le fait qu'il ﷺ ait informé avoir vu l'épreuve de cette communauté dans les tombes durant la prière de l'éclipse. Le Prophète ﷺ a dit : « Certes, je vous ai vus subir dans vos tombes une épreuve comme l'épreuve de l'Antéchrist. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1049) de façon concise et Muslim de façon détaillée (n°903).
Parmi celles-ci, il y a le fait que le Messager d'Allah ﷺ avait l'habitude de chercher refuge auprès d'Allah contre le châtiment de la tombe dans chaque prière, comme le rapporte 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Deux vieilles femmes juives de Médine entrèrent chez moi et dirent : « Certes, les occupants des tombes sont châtiés dans leurs tombes ! » Je les démentis et ne jugeai pas bon de les croire. Elles sortirent et le Messager d'Allah ﷺ entra. Alors, je lui ait dit : « Ô Messager d’Allah ! Deux vieilles femmes sont entrées et m'ont dit que... », et je lui rapportai leurs propos. Il répondit alors : « Elles ont dit vrai ! Ils sont châtiés mais seuls les animaux les entendent. » Après cela, jamais plus je ne le vis en prière sans qu’il ne se réfugie [auprès d'Allah] contre le châtiment de la tombe. » Unanimement Reconnu Authentique [C'est-à-dire : Rapporté par Al Bukhârî et Muslim].
Parmi celles-ci, son ordre ﷺ de chercher refuge auprès d'Allah contre le châtiment de la tombe lors du second Tachahud dans la prière ; en effet, d'après Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Lorsque l'un d'entre vous prononce le Tachahud, qu'il cherche donc refuge auprès d'Allah contre quatre choses et qu'il dise : Ô Allah ! Certes, je me réfugie auprès de toi contre le châtiment de la Géhenne, contre le châtiment de la tombe, contre l'épreuve de la vie et de la mort et contre le mal de la tentation du Faux-Messie. » Rapporté par Muslim (n°588).
Et d'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) : Le Messager d'Allah ﷺ leur enseignait cette invocation comme il leur enseignait une sourate du Coran et il disait : « Dites : » « Ô Allah ! Certes, nous nous réfugions auprès de Toi contre le châtiment de la Géhenne ; et je me réfugie auprès de Toi contre le châtiment de la tombe ; et je me réfugie auprès de Toi contre la tentation du Faux-Messie ; et je me réfugie auprès de Toi contre l'épreuve de la vie et de la mort. » Muslim ibn Al Hajjâj a dit : « Il m'est parvenu que Tâwûs a dit à son fils : As-tu prononcé cette invocation dans ta prière ? Il répondit : Non. Il a dit : Refais ta prière. Car Tâwûs l'a rapporté d'après trois ou quatre, ou comme il a dit. » Rapporté par Muslim (n°590).
Et notamment : le fait qu'il ﷺ ait mentionné la raison pour laquelle il n'invoquait pas de nous faire entendre le châtiment de la tombe, par crainte que cela ne nous amène à ne plus enterrer nos morts. En effet, d'après Zayd ibn Thâbit (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Alors que le Prophète ﷺ était dans une palmeraie des Banî An-Najjâr, sur une mule lui appartenant et en notre compagnie, sa monture fit un écart et faillit le projeter à terre. Il y avait là six, cinq, ou quatre tombes. Il demanda : « Qui connaît les habitants de ces tombes ? » Un homme répondit : « Moi ! » Il demanda : « Quand sont-ils morts ? » L'homme répondit : « Ils sont morts durant l'ère polythéiste. » Il déclara alors : « Certes, cette communauté est éprouvée dans leurs tombes. Si ce n'était la crainte que vous ne vous enterriez plus les uns les autres, certainement j'aurais invoqué Allah pour qu'Il vous fasse entendre une partie du châtiment de la tombe comme je l'entends. » Ensuite, il tourna son visage vers nous et a dit : « Réfugiez-vous auprès d'Allah contre le châtiment de l'Enfer ! » Ils dirent : « Nous nous réfugions auprès d'Allah contre le châtiment de l'Enfer ! » Il ordonna : « Réfugiez-vous auprès d'Allah contre le châtiment de la tombe ! » Ils dirent : « Nous nous réfugions auprès d'Allah contre le châtiment de la tombe ! » Il ordonna : « Réfugiez-vous auprès d'Allah contre les troubles, qu'ils soient apparents ou cachés ! » Ils dirent : « Nous nous réfugions auprès d'Allah contre les troubles, qu'ils soient apparents ou cachés ! » Il ordonna : « Réfugiez-vous auprès d'Allah contre la tentation du Faux-Messie ! » Ils dirent : « Nous nous réfugions auprès d'Allah contre la tentation du Faux-Messie ! » Rapporté par Muslim (n°2867).
Notamment, Il ﷺ mentionna [aussi] certaines causes du châtiment de la tombe. En effet, d'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ passa devant deux tombes, alors il a dit : « Certes, tous deux sont châtiés et on ne les châtie pas pour quelque chose de grave : celui-ci ne se prémunissait pas de son urine, tandis que celui-là calomniait ici et diffamait là. » Rapporté par Al Bukhârî (n°1361).
Introduction du second sermon
Certes, la louange appartient à Allah, nous Le louons et nous recherchons Son assistance. Quiconque Allah guide, alors il n'y a personne pour l'égarer et quiconque Il égare, alors il n'y a personne pour le guider. Et je témoigne qu'il n'est de divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé ; et je témoigne que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager.
Texte du second sermon
Ceci étant dit :
Ô Musulmans : Les pieux prédécesseurs ont été unanimes sur le fait que le supplice de la tombe et ses délices sont une vérité. Les savants, à travers les âges, ont affirmé cette réalité, l'obligation d'y croire, et ont réfuté ceux qui l'ont niée parmi : les athées, les philosophes, les hérétiques, ainsi que certaines sectes égarées et déviantes. Ils ont expliqué que cela implique de démentir ce que les textes religieux ont unanimement attesté, et ce sur quoi les musulmans ont été unanimes à le reconnaître et à y croire.
Serviteurs d'Allah :
La Tradition (As-Sunnah) a attesté que la tombe exerce une pression ou une contraction sur chaque défunt, petit ou grand. Ibn Hajar a dit : « Et il est authentifié que la tombe se resserre sur tout défunt. » (Fin de citation).
D'après Jâbir ibn 'AbdaLlah Al Ansârî qui a dit : « Un jour, nous sortîmes avec le Messager d'Allah ﷺ pour nous rendre auprès de Sa'd ibn Mu'âdh, au moment de son décès. Lorsque le Messager d'Allah ﷺ eut prié sur lui, qu'il fut placé dans sa tombe et que la terre fut nivelée sur lui, le Messager d'Allah ﷺ glorifia Allah, et nous Le glorifiâmes longuement. Ensuite, il proclama la grandeur d'Allah, et nous la proclamâmes également. On lui demanda alors : « Ô Messager d'Allah ! Pourquoi as-tu glorifié Allah, ensuite tu as proclamé Sa grandeur ? » Il ﷺ répondit : « Certes, la tombe de ce serviteur vertueux s'est resserrée sur lui jusqu'à ce qu'Allah l'en soulage. » Rapporté par An-Nassâ'î dans : As-Sunan Al Kubrâ (n°8224) et par l'Imâm Ahmad (n°14916). Et les correcteurs du Musnad ont déclaré sa chaîne de transmission bonne.
D'après Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) Le Prophète ﷺ a accompli la prière sur un jeune garçon ou une jeune fille, ensuite il a dit : « Si quelqu'un avait dû être épargné de l'étreinte de la tombe, alors certainement cet enfant l'aurait été. » Rapporté par AbdaLlah dans : As-Sunnah (n°1435) et At-Tabarânî dans : Al Awsat (n°2753). Et Al Hâfiz Ibn Hajar l'a authentifié.
Nous demandons à Allah (Élevé soit-Il) de nous accorder une bonne fin, de nous pardonner et de passer outre sur nos fautes, par Sa grâce et Sa générosité.
***
Titre du sermon
L'habit de la femme musulmane
Introduction du premier sermon
Louange à Allah qui fait suivre la louange par Ses bienfaits, et Ses bienfaits par la reconnaissance. Nous Le louons pour Ses bienfaits, comme nous Le louons pour Ses épreuves. Nous cherchons Son assistance contre nos âmes, paresseuses à accomplir ce qui leur est ordonné, et promptes à commettre ce qui leur est interdit. Nous implorons Son pardon pour ce que Sa science englobe et Son Livre a consigné ; une science qui ne faillit point, et un Livre qui n'omet rien. Il a créé l'Homme et l'a rendu clairvoyant quant au bien et au mal en cette vie. {Nous lui avons indiqué la voie à suivre, qu’il se montre reconnaissant ou ingrat. 3 } [L'Homme, 76 : 3].
Et j'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, qui a créé toute chose et l'a prédéterminée avec une parfaite mesure ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, qu'Il a envoyé à l'ensemble des hommes et des djinns comme annonciateur de bonnes nouvelles, avertisseur de menaces et prédicateur à Allah par Sa permission et tel un flambeau éclairant. Qu'Allah prie sur lui ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et qu'Il les salue abondamment.
Texte du premier sermon
Ceci étant dit :
Ô hommes ! Je vous recommande ainsi qu'à moi-même, la crainte d'Allah (Glorifié soit-Il). En effet, elle est une citadelle imprenable qui protège ses habitants et met en sûreté quiconque s'y réfugie. C'est par elle qu'est anéanti le venin des péchés ; elle est le salut de demain et la délivrance éternelle, par la grâce d'Allah.
Ô gens ! Certes, les êtres humains dans leur ensemble sont régis par des limites et des repères, fondés essentiellement sur la disposition naturelle dont Allah a doté les gens, et sur une Législation révélée qu'il leur a été ordonné de suivre avec guidance et clairvoyance. Or, il arrive qu'ils faiblissent devant ces limites et ces repères jusqu'à la défaillance née du laxisme et de l'indifférence, ou qu'ils s'acharnent à la poursuite des ornements de la vie d'ici-bas jusqu'à tomber dans la transgression : {Mais en vérité l’homme se montre hautain 6 dès qu’il se croit au-dessus du besoin 7 } [L'Adhérence, 96 : 6-7]. Il est demandé au croyant intelligent de faire preuve d'attachement et de en toute situation, car lorsque les instincts se dispersent çà et là, ballottés en tout sens par le vent de la passion, sans se soumettre docilement aux limites de la disposition naturelle (Al Fitrah) et de la Loi divine (Ach-Char’), ils finissent inéluctablement par mener leurs détenteurs à un grand malheur. En effet, le Créateur (Magnifié et Élevé soit-Il) n’a pas créé les instincts pour les enfants d’Adam pour qu’ils soient un moyen d’agression, de ruse ou d’atteinte à l’honneur d’autrui ; et Il ne les a pas non plus créés pour que certains pratiquent leur adoration en les mortifiant ou en les altérant, sans le cadre protecteur qui en régit les domaines.
Dans cette vie, l'être humain possède deux parties intimes qui lui deviennent apparentes, et dont il éprouve un besoin constant de les couvrir et de les dissimuler. {... La religion naturelle à laquelle Dieu a prédisposé les hommes... } [Les Byzantins, 30 : 30]. Et qui, ravivées et parachevées avec la vertu, sont des appels vivants de notre Législation resplendissante.
Partant de ce principe, l'être humain sain veille à cacher avec le plus grand soin ses deux parties intimes : sa partie intime physique et sa partie intime psychologique ou morale.
L'Humanité a pour origine deux nobles parents, avec qui commença l'épreuve de la nudité. Où cette épreuve eut-elle lieu ? Dans le Paradis de l'Éternité : {... et te permettra de posséder un royaume éternel} [Tâ-Hâ, 20 : 120]. {Voulant leur dévoiler leur nudité qui jusqu’ici leur était cachée, Satan leur souffla... } [Les Murailles, 7 : 20].
D'emblée, le Diable a veillé à anéantir le point névralgique et le siège de la pudeur, à savoir : le fait de se couvrir : {Adam et Ève mangèrent donc des fruits de l’arbre défendu. Leur apparut alors leur nudité qu’ils se mirent à couvrir avec les feuilles du Paradis... } [Ta-Ha, 20 : 121]. Ils se couvraient par gêne d'être dénudés puisque ne se dénude et ne se dévoile que quiconque a perdu sa disposition naturelle saine (Al Fitrah).
Et certes, Adam oublia, et sa descendance oublia aussi.
Ô Musulmans ! Le fait de se couvrir est une disposition naturelle qui fait que celui qui en est doté ne permet pas aux circonstances, quelles qu'elles soient, de l'exposer. Et si un jour il est contraint de dévoiler ses parties intimes physiques en raison d'un mal qui l'a atteint, ce sera avec une grande pudeur et une grande honte devant un médecin ou autre ; la nécessité étant ce qui se cache derrière sa résignation. Il en va de même pour les défauts intimes du cœur et les états honteux qui émanent de l'âme d'une personne, et qu'elle craint que d'autres ne découvrent, conformément à la parole du Prophète ﷺ : « Quant au péché, c’est ce qui provoque une gêne dans ta poitrine et que tu répugnerais que les gens soient au courant. » Rapporté par Muslim (n°2553).
Et ce qui regroupe l'essentiel de la question concernant les deux parties intimes, ô serviteurs d'Allah, est Sa parole (Élevé soit-Il) : {Fils d’Adam ! Nous vous avons pourvus de vêtements qui couvrent votre nudité et d’autres qui vous servent de parures. Mais rien ne vaut le vêtement de la piété. Ce sont là certains signes d’Allah qu’ils sauront peut-être méditer. 26 } [Les Murailles, 7 : 26].
Assurément, Allah (Exalté et Magnifié soit-Il) a fait une faveur à Ses serviteurs en leur octroyant le vêtement et la parure par le bien desquels ils dissimulent leur nudité.
En effet, c'est par le vêtement que la nudité est dissimulée au regard des fils d'Adam.
Par le vêtement, l'impétuosité du désir tyrannique est freinée, et le regard est empêché de se porter sur ce qui n'agrée pas Allah.
Ô gens ! Par le biais de l'habit, la femme préserve sa féminité et protège son être afin de ne pas devenir une proie offerte à la convoitise des prédateurs et aux mains des profanateurs. Elle devient ainsi une perle dans son écrin que seuls les privilégiés, à savoir : les époux, peuvent contempler.
Par le biais de l'habit et de la pudeur, l'individu s'engage ou se rétracte lorsqu'il aspire à demander une femme en mariage de manière licite.
Ô Musulmans ! C'est par le vêtement que se reconnaît le degré de pudeur, de droiture et d'attachement à la décence des hommes et des femmes, tant dans leur apparence que dans leur for intérieur. C'est également par ce biais que l'on distingue les familles préservées des autres.
Par le vêtement et la pudeur, un pilier fondamental est protégé ; celui-ci fait l'objet du consensus unanime des Prophètes et des Messagers, à savoir : la protection de l'honneur et de la filiation.
Ensuite, c'est par les parures et les beaux vêtements que la personne enjolive son apparence ; en effet, si l'habit est une des nécessités corporelles, les parures et les beaux vêtements font partie des embellissements et des suppléments dont l'individu jouit, conformément à ce qu'Allah lui a prescrit, sans outrance, dans la limite de sa parole ﷺ : « Mangez, buvez, habillez-vous et donnez l'aumône, sans vanité ni outrance car, certes, Allah aime voir l'effet de Son bienfait sur Son serviteur. » Rapporté par An-Nassâ`î (n°2559), ibn Mâjah (n°3605) dont l'expression [citée ici] est de lui, et Ahmad (n°6695). Al Albânî l'a déclaré bon.
Al Bukhârî (qu'Allah lui fasse miséricorde) l'a mentionné d'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) : « Mange ce que tu souhaites et porte ce que tu souhaites, tant que tu ne commets pas deux travers : l'outrance et la vanité. » Rapporté par Al Bukhârî en commentaire, au début du Livre de l'habit et rapporté par Ibn Abî Chaybah (8/405) ainsi qu'Ibn Mâjah (n°3605).
Il n'est donc pas étonnant - ô Musulmans - qu'en contrepartie du bienfait de l'habit et de la gratitude pour celui-ci, la louange soit prescrite à la personne pour ce qui couvre ses imperfections et dissimule sa nudité.
Et l'affaire - ô serviteurs d'Allah - ne se limite pas uniquement au fait de couvrir les parties intimes physiques. Bien au contraire, le vêtement de la piété et le voile de la piété sont la meilleure parure dont une personne puisse s'orner ; en effet, quelle utilité peut-il y avoir de couvrir le corps, si le cœur, lui, est dénudé !?
Un jour, le Messager d’Allah ﷺ se réveilla et s'exclama : « Allah est le plus Grand ! Combien de trésors ont été ouverts aujourd'hui !? Réveillez les habitantes des appartements ; en effet, il se peut qu'une femme soit vêtue en ce bas-monde mais sera nue au Jour de la Résurrection. » Rapporté par Al Bukhârî (n°5844).
Ô Musulmans ! Les dispositions naturelles et les âmes équilibrées répugnent par essence à l'exposition des parties intimes et veillent avec le plus grand soin à les dissimuler. Quant à ceux qui, dans leur suivisme, tentent de renier cette vérité — que ce soit sciemment ou par ignorance — à travers les appels qu'ils lancent par leurs paroles, leurs écrits et leurs moyens pour enraciner cette turpitude, ce sont eux qui veulent déposséder la nature innée de l'être humain de ses caractéristiques. Ce sont eux qui exécutent à la lettre les terribles desseins sionistes à travers leurs résolutions consignées, afin de propager la dépravation au sein des fils de l'Islam.
Et s’il est une chose qui semble étonnante - ô serviteurs d’Allah - c’est que les juifs furent les premiers à avoir mené une guerre visant à ôter le voile et à exposer la nudité. Cela commença le jour où deux d’entre eux complotèrent au marché des Bani Qaynuqa‘ pour arracher le voile d’une femme et dévoiler sa nudité. Alors que celle-ci était assise, ils nouèrent son voile à l’ourlet de sa robe, de sorte que lorsqu’elle se leva, sa nudité fut exposée à la vue de tous. Elle appela à l’aide ceux qui l’entouraient, et cet événement fut suivi par d’autres incidents similaires.
Dans son livre : Al Kâmil, Ibn Al Athîr rapporte que deux jeunes de Quraych virent une belle femme [de la tribu] des Banî 'Âmir au marché de 'Ukâz et lui demandèrent de dévoiler son visage, mais elle refusa. Alors, l'un d'eux l'outragea, elle appela alors sa tribu à l'aide, ce qui fut la cause du deuxième jour des célèbres guerres d'Al Fijâr.
La nudité – ô Musulmans – est une caractéristique animale et bestiale, et n'y est enclin que celui qui est d'un rang inférieur à celui de l'homme. Et lorsque la nudité et le dénuement sont perçus comme beauté, bon goût, progrès, et comme une façon de suivre le cortège des insouciants, alors dites adieu à la disposition naturelle. Que les oreilles se tendent donc pour entendre ce qui fait pleurer et attriste parmi les tragédies des troubles, les différentes formes de dépouillement et de reniement des valeurs de l'Islam, sans parler des conséquences funestes et honteuses. À ce moment-là, nous tomberons inévitablement dans ce dont le Créateur nous a mis en garde par Sa parole : {Fils d’Adam ! Que Satan ne vous séduise surtout pas comme il a séduit vos premiers ancêtres qu’il fit chasser du Paradis et auxquels il fit perdre leurs vêtements afin de leur dévoiler leur nudité... } [Les Murailles, 7 : 27].
Ô serviteurs d'Allah ! Chaque jour, des générations d’hommes et de femmes grandissent, tendres et délicats, sans que personne ne se charge de les abreuver ni de veiller sur eux, jusqu'à ce qu'un fléau les frappe, les faisant se dessécher et se faner. De même, les funestes conséquences de l'Occidentalisation, du reniement de son identité et du mimétisme aveugle anéantissent de profondes racines de pudeur et de décence qui ont longtemps offert leur ombre et leur subsistance, jusqu’à être extirpées, sans que nul ne les pleure.
Dans le même temps, les cœurs des deux sexes fleurissent, puis produisent un fruit mûr et doux ; si bien qu’il ne se trouve personne au sein d'une partie du public pour s’en réjouir qui soit à l’abri des piques de l’accusation de régression, et de l’opprobre de ce qu’ils nomment, selon leurs allégations : la marche en arrière !
Des générations se sont élevées qui ont renié leur passé et leurs origines que la Législation de l'islam avait enracinés et régis.
Des gens se sont immiscés dans ce domaine et ont soumis le jugement du bon et du mauvais aux pratiques de la civilisation occidentale et à sa frivolité. Le peseur a changé, mais la balance est restée déséquilibrée, son axe penché et ses poids perdus, à tel point que l'on trouve entre la mère et sa fille, ou entre le père et son fils, en matière d'habillement et ce qui s'y apparente, un fossé si vaste qu'il équivaut à un siècle entier.
Que de vivants parmi nous sont en réalité des morts !? Des hommes et des femmes portent un habit qui ne leur a été ni taillé ni mesuré, mais plutôt cousu pour d'autres ; ils le prennent sans aucun ajustement et marchent avec, tout joyeux, tel l'enfant dans l'habit de son père, qui trébuche dessus et fait des chutes qui font de lui un objet de rire et de dérision.
Le déséquilibre que connaît une partie des peuples musulmans en matière d'habillement et de pudeur trouve son origine dans des pratiques erronées quant à la manière d'aborder la civilisation moderne dans toutes les affaires de la vie quotidienne, ainsi que dans des conceptions fausses des significations véritables du progrès. Cela a entravé leurs talents et leurs capacités, les empêchant de les mettre en œuvre avec compétence, au point qu'ils ont rejoint le cortège des nations avancées par l'imitation et l'emprunt. Leur excuse à cela est qu'ils veulent faire sortir leur peuple et leur nation de l'ornière du sous-développement pour les hisser au rang des nations civilisées ; de sorte que, dans certains cœurs, la Charia et la disposition naturelle n'occupent plus qu'une place de principe.
Et lorsque tu vois l'habit de celui qui est séduit par eux ne couvrir qu'une partie de sa partie intime, sache alors que cela est une représentation du nouveau modèle qu'ils prônent.
Ce fléau lié à l'habillement n'affecte pas les musulmans au même degré. En effet, parmi eux se trouvent ceux chez qui le dévoilement, l'impudeur et l'imitation se sont propagés parmi les femmes et les hommes, ou du moins la majorité d'entre eux. Il y en a d'autres chez qui ce phénomène est apparu et s'est manifesté, sans pour autant s'être généralisé. Et, enfin, il y a ceux à la porte desquels il a commencé à frapper, y mettant déjà un pied, si ce n'est les deux.
Ô musulmans ! Parlez sans aucune crainte de l'engouement pour ce que l'on nomme dans le langage contemporain : la mode. Par elle, les créateurs de vêtements manipulent la psychologie des deux sexes pour attirer leurs regards vers chaque nouvel habit, aussi dépourvu soit-il des attributs de la virilité ou des traits de la féminité chaste et préservée. Il s'agit d'un gaspillage des biens, d'un mépris pour les gens du commun et d'une propagation de l'immoralité par tous les moyens, à travers l'exhibition des charmes et les procédés de séduction, au point que la mode est devenue pour de nombreux peuples un prétexte à l'enrichissement et à l'ensevelissement de la chasteté.
Et le temps se chargera d’entraîner la foule de ceux qui s'empressent d'accepter les innovations renouvelées, allant de la propagation de vêtements portés au-dessus ou en dessous du genou, ou de tenues fendues sur les côtés pour laisser paraître ce que le musulman préférerait mourir plutôt que de le voir un jour sur les femmes de sa famille ou ses proches, ni d'être la victime d'un spectacle qui agresse le regard au point de le faire sortir de ses orbites, le rendant avide d'enflammer les désirs latents tel un feu ardent dans la poitrine, désirs dont la dépravation se manifeste à travers les membres des insouciants.
C'est l'art de dissoudre les mœurs et de séduire les peuples par ce qui les éloigne de leur Seigneur et Créateur ; l'art d'habituer la femme à se montrer dévoilée et à se convaincre que sa vie et son avenir dépendent de la séduction qu'elle expose. C'est un art de mettre en valeur les formes du corps à travers les tendances d'une mode sans cesse renouvelée, avec laquelle il est peut-être plus difficile de marcher que sur une corde, tant elle est moulante, ou comme la démarche de celui qui est chargé de fers, au point qu'elle ne pourra monter une marche sans découvrir ses jambes. Quant à la femme voilée parmi elles, elle peut exceller dans l'art d'orner son voile pour en faire un objet de séduction plus grand que sa robe et son visage même. Que de fois certaines ‘abayas noires n'ont-elles pas troublé l'esprit des hommes ! Combien de ‘abayas sont, en réalité, celles qui ont le plus besoin d'une autre ‘abaya pour les couvrir ?
Quant aux jeunes hommes, que dire de leur dédain pour leur tenue masculine, eux qui en sont venus à imiter de manière honteuse l'habillement des artistes et des libertins. Au point que celui qui a le sens de l'honneur voit dans leur comportement de quoi se brûler la vue, encore et encore. Est-ce donc là la tenue de la jeunesse musulmane ?
Certes, l'un d'entre nous en vient à poser sa main sur son menton, frappé de perplexité, et s'interroge : pourquoi, et pour quelle raison les gens dédaignent-ils les appels de la disposition naturelle saine, les limites de la Législation d'Allah et Sa voie ?
La cause de tout cela revient à la perversion de la jeune fille et du jeune homme ; en effet, la plupart des professionnels des maisons de design et de mode dans les capitales de l'Occident sont des juifs. Ce sont eux qui détiennent les maisons de vêtements et en sont les créateurs, et ce sont eux les maîtres de l'embellissement et de ses boutiques.
Bien plus, ceux-là ne se sont pas contentés des adultes des deux sexes, au point que leurs desseins se sont étendus jusqu’à ceux qui sont en deçà de l'âge de la responsabilité religieuse, parmi les jeunes garçons et les jeunes filles. C’est ainsi que par le biais des vêtements pour enfants, répandus de par le monde et qui n’ont aucun lien avec la pudeur, on leur a inculqué toutes sortes de tenues : tantôt moulantes, tantôt dénudées, et à maintes et maintes reprises courtes et indécentes ! Ces vêtements sont remplis d'images ou d'expressions vulgaires, dont la majorité de ceux qui les portent ne saisissent probablement pas le sens. N’allez pas vous enquérir après cela de la condition de l'enfant, garçon ou fille, une fois devenu grand, car aucun d’eux n’a jamais été habitué à la pudeur vestimentaire prescrite par la religion.
En vérité, si le père et la mère sont par la suite dotés de la conscience et du souci de les couvrir pudiquement, ils éprouveront de l'amertume et une grande difficulté à les en convaincre. Nous disons donc aux parents :
Les deux mains ont scellé et la bouche a soufflé
Et lorsqu'on interroge les orgueilleux parmi eux, ils disent : « Que faire ?! C'est ainsi que les gens s'habillent et c'est ce que les gens veulent. » Et par la vie d'Allah - Ô Musulmans - combien le zélé et sincère passe de temps à chercher avec acharnement pour ses enfants, faisant les boutiques dans chaque centre commercial ; il lui est difficile de trouver des vêtements couvrants, et sa quête l'épuise. Allah est Celui dont on implore l'aide !
La dénonciation de ces concepts et de ces graves dangers par les réformateurs ne doit pas être comprise comme une volonté de leur part d'imposer des restrictions ou de maintenir l'ancien sous tous ses aspects ; au point que certains s'imaginent que l'objectif est d'imposer une adhésion à tout ce que portaient nos mères et nos aïeules, ou à nos pères et nos aïeux. Il n'en est rien.
La législation islamique n'a pas imposé cela, mais elle a plutôt interdit de découvrir les parties intimes, et de porter ce qui est contraire à la pudeur ou qui exhibe les attraits. Elle nous a laissé, de manière générale, le choix du vêtement qui nous convient et nous couvre, quelle que soit l'évolution de sa forme ; cependant, il nous incombe de ne pas considérer le fait de se couvrir comme un défaut, ni la chasteté comme une honte. Et qu'il nous suffise comme rappel de ne pas adopter la vision d'autrui, ni de regarder avec les yeux malades de notre ennemi.
Et un homme demanda à Ibn 'Umar : « Quels vêtements dois-je porter ? Il répondit : « Ce qui ne provoque ni le mépris des simples d'esprit, ni le blâme des sages. » Rapporté par At-Tabarânî dans : Al Mu'jam Al Kabîr (n°13051).
Sachez ensuite, ô Musulmans, que si nous réunissions un millier de jeunes gens et que nous leur amenions des dizaines de prédicateurs pour leur inculquer la préservation morale pendant une année entière, puis qu'on leur présente une femme vêtue mais nue exhibant ses charmes de toutes parts, elle détruirait en quelques secondes ce que ceux-là ont bâti en une année.
Craignez Allah, ô communauté des musulmans ! Et prenez garde ! Prenez garde de tomber dans la tentation du vêtement, de le détourner de son but et de sa finalité, et ne vous laissez pas tenter par Satan par des propos et des actes embellis et spécieux : {Dis : « Qui donc a interdit les vêtements et les nourritures pures et saines qu’Allah a mis à la disposition de Ses serviteurs ? » Dis : « Ils sont destinés aux croyants ici-bas et leur seront exclusivement réservés dans l’au-delà. » C’est ainsi que Nous exposons clairement Nos enseignements à des gens capables de les comprendre. 32 } [Les Murailles, 7 : 32].
Qu'Allah me bénisse ainsi que vous par le biais du Coran et la Tradition, et nous fasse bénéficier, moi ainsi que vous, de ce qu'ils contiennent comme versets, rappel et sagesse. Je dis ce que vous avez entendu : si c'est juste, alors cela provient d'Allah et si c'est erroné, alors cela provient de ma propre personne et de Satan ; et j'implore le pardon d'Allah.
Introduction du second sermon
Louange à Allah pour Sa bienfaisance et on Le remercie pour Sa réussite accordée et Sa faveur dispensée.
J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Seul et sans associé, en glorification de Sa majesté ; et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Messager, le prédicateur à Son agrément.
Texte du deuxième sermon
Ceci étant dit :
Craignez donc Allah - Ô musulmans - et sachez que le vêtement et la parure ont une grande importance dans la religion de l'islam. Les textes du Livre et de la Tradition à ce sujet occupent une place prépondérante dans les ouvrages et les traités. C'est pourquoi les savants ont consacré dans leurs livres des chapitres et des sections indépendantes dédiés uniquement au vêtement. Or, par l'étude inductive et l'analyse, il a été constaté que les causes motivant l'interdiction de certains vêtements se résument à l'un des points suivants :
Notamment, parmi cela : l'interdiction à cause de la tentation que cela entraîne :
Tel que le dévoilement de l'intimité de la femme, ou la description de son corps et de ses parties, ou le dévoilement des yeux, du visage ou des mains, ou toute chose semblable qu'elle a reçu l'ordre de couvrir, en application de Sa parole (Élevé soit-Il) : {Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux croyantes de rabattre sur elles une partie de leur grand voile. Voilà le plus sûr moyen de se différencier des autres femmes et d’éviter d’être offensées... } [Les Coalisés, 33 : 59]. Ibn Kathîr (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « L'habit ample et long (Al Jilbab) est l'habit par-dessus la voilette (Al Khimâr).
Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux, lui et son père) a dit : « Allah a ordonné aux femmes des croyants, lorsqu'elles sortent de leurs demeures par nécessité, de rabattre leurs voiles sur leurs visages depuis le dessus de leurs têtes, et de ne laisser apparaître qu'un seul œil. » Tafsîr At-Tabarî (20/324)
Par ceci, on sait – ô Musulmans – que le fait pour de nombreuses femmes aujourd'hui de se couvrir le visage tout en laissant voir les yeux et leurs alentours comme les sourcils, le bout du nez et une partie des joues, est complètement une erreur manifeste et une conduite répréhensible.
Par Allah ! Que reste-t-il donc de la beauté de la femme ? Car en agissant ainsi, elle a peut-être dissimulé ce qui est laid pour ne faire ressortir que ce qui est beau. Que le Sage Législateur lui a permis de dévoiler un œil afin qu'elle puisse voir son chemin, et non pour que les gens la voient sur le chemin.
Et une autre cause parmi les causes de l'interdiction : le fait d'agir pour la renommée, le faste et la vanité :
En raison de sa parole ﷺ : « Quiconque porte un vêtement d'ostentation ici-bas, Allah le vêtira d'un vêtement d'humiliation au Jour de la Résurrection. » Rapporté par Abû Dâwud (n°4029) ; An-Nassâ'î dans : As-Sunan Al Kubrâ (n°9560) ; Ibn Mâjah (n°3607) ; et Ahmad (n°6245). Et Al Albânî l'a authentifié.
Il en va de même pour le fait de laisser ses vêtements traîner sous les chevilles, que ce soit par arrogance ou non. Il ne convient pas de faire de distinction entre celui qui le fait par arrogance et celui qui le fait sans arrogance. La réponse correcte à ce sujet est que ce qui se trouve au-dessous des chevilles est voué au Feu, si cela n’est pas fait par arrogance. Par contre, si cela est fait par arrogance, le châtiment est alors plus sévère, en raison de sa parole ﷺ : « Au Jour de la Résurrection, Allah ne regardera quiconque aura laissé traîner son vêtement par vanité. » Rapporté par les deux Cheikhs [c'est-à-dire : Al Bukhârî et Muslim].] Et dans une version : « Tout ce qui est sous les chevilles est voué au Feu. » Ceci concerne l'homme ; quant à la femme, elle laisse traîner son vêtement de manière à couvrir ses pieds ; en effet, les pieds sont pour elle une partie du corps à couvrir.
Et une troisième cause de l'interdiction est la ressemblance : comme la ressemblance des femmes aux hommes et des hommes aux femmes dans l'habillement, ou la ressemblance aux étrangers et aux mécréants dans leur tenue. ‘AbdaLlah ibn ‘Amrû (qu'Allah les agrée tous les deux) a dit :
« Le Messager d'Allah ﷺ vit sur moi deux vêtements parfumés, alors il a dit : « Certes, ce sont les vêtements des mécréants. Ne les porte donc pas ! » Rapporté par Muslim (n°2077).
Et dans les Deux Recueils Authentiques, 'Umar (qu'Allah l'agrée) a écrit à ses gouverneurs : « Gardez-vous du luxe, de la tenue des polythéistes et du port de la soie. » Rapporté par Muslim (n°2096).
Parmi les dires des jurisconsultes : L'habit qui est contraire à la tenue des Arabes est interdit ainsi que celui qui ressemble à la tenue des non-Arabes et à leurs coutumes.
Et quelle excellente parole que celle de Cheikh Al Islâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) exposant cette règle grandiose lorsqu'il a dit : « Le partage d'une même apparence extérieure engendre une harmonie et une ressemblance entre ceux qui se ressemblent, ce qui conduit à une conformité dans les mœurs et les actes. Ainsi, quiconque porte les habits des gens de science, par exemple, trouve en lui-même une forme d'adhésion à eux ; il en va de même pour les habits des soldats combattants. Plus la ressemblance est grande, plus l'interaction dans les mœurs et les qualités est parfaite, au point que l'un ne se distingue plus de l'autre, si ce n'est par la vue seule. »
Dites-en de même - ô serviteurs d'Allah - quant à l'imitation des pervers, tels que les chanteurs et artistes mécréants, et d'autres qui ne sont pas sur le chemin de la vérité.
Craignez donc Allah, ô communauté de musulmans, et sachez que chacun a sa part de devoir et de responsabilité, qu’il s’agisse des gouvernants, des savants, des prédicateurs ou des chefs de famille. De même, une immense responsabilité incombe aux commerçants à cet égard ; car ils doivent proposer des alternatives licites et s’abstenir de vendre ce qui blesse la pudeur ou dévoile les parties intimes. Qu'ils prennent garde aux conséquences de leurs actes, et qu'ils sachent qu'ils porteront le péché de ce qu'ils vendent, ainsi que le péché de quiconque le portera jusqu'au Jour de la Résurrection, sans que rien ne soit diminué des péchés de celui qui le porte. Qu'ils prennent garde de compter, par cet acte, parmi ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants, et qu'ils sont responsables de leurs biens : d’où ils les ont acquis et en quoi ils les ont dépensés ?
Ô Allah ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad.
***
Related books
All books
L'Islam est la religion des Messagers d'Allah85 languesL'Islam est la religion des Messagers d'Allah
L'Islam, c'est la soumission à Allah, le Créateur et l'Agenceur de l'Univers. C'est le fait de se soumettre à Lui par amour et vénération. La base de l'Islam est de croire en Allah, qu'Il est le Créateur et que tout en dehors de Lui est une créature. Il est Celui qui mérite l'adoration, Seul et sans associé, et rien ni personne ne mérite d'être adoré excepté Lui. Il possède les plus beaux Noms, les plus hauts Attributs, de même qu'Il est caractérisé par la perfection absolue et sans aucun manquement. Il n'a pas enfanté, n'a pas été enfanté, rien ne Lui est égal, ni semblable. Il ne s'unit, ne…
الإسلام دين رب العالمين
كيفية صلاة النبي - صلى الله عليه وسلم -79 languesكيفية صلاة النبي - صلى الله عليه وسلم -
Cliquez pour voir les détails du livre.
الشهادتين78 languesالشهادتين
Si tu veux entrer en Islam, alors tu dois dire à haute voix l'attestation suivante : J'atteste qu'il n'y a aucune divinité [digne d'adoration] excepté Allah, Ach-hadou Al-Lâ Ilaha IllaLlah Et j'atteste que Muhammad est le Messager d'Allah